mardi 28 juin 2005

Un Etat aux chairs fermes

Jules Schneider à qui l’on demandait sur un forum de la cause royaliste de se déterminer quant à la pérennisation des avantages acquis par les masses laborieuses et démocratiques, nous fit l’honneur de reprendre à son compte une parabole déjà ancienne pour notre distingué lectorat.

Pour sauver ce qui peut l'être des avancées sociales obtenues de haute lutte, il faut passer à l’offensive politique et économique ! Mais essayez de courir avec des galoches de 45 sans lacets si vous ne chaussez que du 42. La "guerre économique" ne peut être menée que si le pays légal, l'Etat, est re-proportionné au pays économique réel. Mais pour y atteindre, il y aura forcément de la détresse sociale qui s'apparentera au sevrage de l'héroïnomane. Et pourtant il n'y a pas d'autre voie, à peine de voir la France en tant que nation disparaître assez vite (25 ans peut-être) des écrans radar planétaires. Le grand business français survivra bien sûr, mais ailleurs !

C'est une transformation inévitable à étudier de très près pour ceux qui auront la tâche de la conduire. Poursuivre une politique de "justice sociale" implique un dégraissage de l'Etat. Peut-il être obtenu en freinant simplement le renouvellement des effectifs inscrits au Budget ? Certes non. Par la réorganisation des services ? Non plus puisque les agents occupants les postes coupés sont mutés le plus souvent sur des postes créés ailleurs, au motif de l'expression de nouveaux besoins par la société. Pas plus que ne pourrait être digérée par le corps social une réduction drastique des avantages acquis, qui de premier effet, couperait les flux économiques intérieurs.
L'Etat doit être démonté et remonté.
A l'Etat central, les pouvoirs strictement régaliens. Aux provinces, les réponses quotidiennes aux souhaits exprimés par les citoyens qui votent leurs budgets.

Jean-Philippe Chauvin nous explique cela très bien.

Un État “dégraissé”

Dans le cadre d’une “Monarchie active”, celle que Charles Maurras n’a cessé d’appeler de ses vœux et celle qui nous apparaît comme le moyen d’un équilibre institutionnel viable, le Roi apparaît comme l’incarnation d’un État libre, non pas étatiste, mais souverain et “allégé” d’un certain nombre de tâches rendues aux régions, aux administrations ou aux forces économiques.
Cet État “dégraissé”, « cet État aux chairs fermes », selon l’expression du sociologue Eric Denmat, s’avère alors la meilleure incarnation politique de la nation et de son unité.
Alors qu’en République, fût-elle “monarchique”, la décentralisation n’est pas toujours contrôlée au mieux et devient le “tremplin des féodaux”, elle trouve en la monarchie un État fédérateur, point d’unité et d’ancrage des régions à la nation et garantie des libertés provinciales. Alors que la République craint les États dans l’État, la monarchie, véritable trait-d’union entre les communautés de la nation, n’hésite pas à libérer les énergies et, surtout, à les ordonner pour l’intérêt commun.

Par la succession héréditaire, la monarchie inscrit son œuvre dans la durée et permet une politique à long terme. Elle accompagne le temps sans le dépasser, elle en fait un allié quand la République use les gouvernements et les présidences en quelques années... Cette maîtrise politique du temps assure ainsi la possibilité du renouvellement du personnel dirigeant, sans rupture brutale, comme on peut le constater aujourd’hui dans les monarchies marocaine ou jordanienne, par exemple.
D’autre part, la succession, le plus souvent prévisible par la simple connaissance des règles de succession du royaume, permet la préparation du futur souverain au “métier de roi”. Quand en République, les politiciens s’épuisent à conquérir le pouvoir, le futur roi, en monarchie, s’occupe à apprendre son métier, l’esprit libre et sans nécessité de manœuvre...


Prendre son temps

Dans un monde de plus en plus “pressé”, la monarchie offrirait à notre temps l’avantage de “pouvoir prendre son temps”. Elle rendrait aussi au Politique (aujourd’hui écrasé par l’Économique) sa dignité et son efficacité, sa fonction d’assurer la sûreté, la justice et les libertés. Sans être une solution miracle, elle permettrait à la France, puissance moyenne mais d’influence et d’équilibre, de retrouver les moyens de sa politique et le temps nécessaire pour l’assumer...
Reste à “faire la Monarchie”, tâche rude mais devant laquelle toute personne soucieuse de l’unité française et des libertés publiques ne peut s’abstenir. Conquérir peu à peu le “champ des possibles” commence par un travail humble de réflexion et d’action, par le service des autres et la diffusion des idées royalistes.Et ne perdons pas de vue les Princes qui incarnent, non pas nos seules espérances, mais celles des générations françaises à venir...

JP Chauvin Posted by Hello


Biographie succincte du candidat

Juillet 1980 - Entrée en royalisme : découvre par hasard à Saint-Lunaire (35) le journal Aspects de la France. Prend contact avec le siège de l'Action française.
Fin 1980 - Devient militant royaliste à Rennes : vente du journal, collage d'affiches et cercles d'études.
1982 - Elu étudiant à l'Université de Rennes I (droit).
1987 - Création et essor de la Fédération royaliste de Bretagne autour d'Henry Le Bal et de Luc Robet, camelot du Roi et ancien résistant déporté.
1988 - Candidat royaliste aux élections cantonales sur Rennes-Nord (35).
1989 - Elu étudiant au Conseil d'administration et au conseil de l'UFR d'histoire à l'Université de Rennes II.
1992 - Fondateur de la Confédération des professeurs royalistes, aujourd'hui discrète mais toujours vivante.
1995 - Candidat royaliste à l'élection législative partielle de Rennes Est-Vitré (77 communes) face à Méhaignerie. 232 voix.
2005 - Après avoir enseigné neuf ans dans un collège des Mureaux (78) classé en ZEP, professeur d'Histoire-Géographie depuis quelques années dans un lycée public de Versailles.
- Candidat royaliste à l'élection législative partielle de la 13ème circonscription des Hauts de Seine face à Devedjian.

 

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