lundi 27 novembre 2006

Audiences

Messe tridentine


Excellent reportage de Portemont à la Mutualité pour les Manants du Roi. Dit en passant, que ferions-nous, royalistes, sans les Manants du Roi ?
Le 20 novembre, à l'invitation de l'Institut du Bon Pasteur, la salle louée réunissait de 7 à 800 personnes attirées par le débat sur le Motu Proprio espéré de Benoît XVI pour le retour de la messe de saint Pie V dans la liturgie ordinaire de l'Eglise.
Nous vous renvoyons à l'article annoncé par le titre "La Route sera-t-elle encore longue ?"

Nous volons aux Manants ce raccourci de l'abbé de Tanoüarn pour nous assurer qu'il reste bien sur son sillon :
« Je crois que le dialogue n’est pas un instrument de conversion… Tout le monde pensait la même chose sans le savoir. Le temps des antiquités théologiques est passé. » Pour ou contre la mondialisation ? « Il s’agit d’être contre la globalisation des esprits. Les années 70 ? Globalité mentale ! C’est une fantaisie de « l’homme blanc ». Accepter les différences, là, le dialogue est plus difficile. Le dialogue de la différence. Ratisbonne. Loin de l’utopie d’une certaine lecture du Concile. »

L'article étant déjà fait et bien fait, nous n'allons pas en remettre, mais seulement faire un constat : Sept à huit cents personnes un soir pluvieux à Paris, à l'appel plutôt discret du Bon Pasteur, c'est un vrai score ! Bien sûr que le "mouvement" du pape déborde la simple question liturgique, et les intervenants au débat ont largement dépassé le retour du latin sous les voûtes des églises. Mais la question n'est ni essentielle ni urgente par rapport à d'autres questions infiniment plus préoccupantes pour notre pays, à commencer par le déclin avéré de notre nation dont les valeurs ont été décapées à blanc par trente ans de déculturation et de lâcheté des élites. L'aboutissement de cet abandon général de l'essentiel de notre patrie est la confusion des esprits la plus nouée, qui pousse les gens à se réfugier dans la consommation quand ils le peuvent, ou dans une rancoeur universelle sinon, le moins pire étant le désintérêt pour tout.

Face à cet effondrement moral, le spectacle que nous donne en version non stop la classe politique française, appelle un sursaut national dont le premier acte devrait être le congédiement général des pilotes et le retour à une professionnalisation de l'Etat sur ses axes majeurs. La seule queue de trajectoire doit être la pérennisation de l'espace France au XXIè siècle. Parce que cette France peut encore apporter autour d'elle et au plus loin aussi, ses valeurs intellectuelles et culturelles spécifiques, et son génie scientifique aussi, et dans le même élan, ce quelque chose d'indéfinissablement français qui nous fit aimer autrefois, mais que les cuistres au pouvoir ont remplacé par de la suffisance.

Royalistes, nous avons les arguments pour convaincre nos concitoyens de repenser complètement notre Etat en arrachant la pointe de la pyramide au jeu de massacre démocratique, et de remettre à cette place éminente, un roi indépendant.

L'ampleur du changement politique que nous proposons, comme l'urgence de bouger toutes les limites avant que la Nation ne connaisse ce destin portugais que le général De Gaulle craignait tant, devrait convoquer la foule en nombre à la Mutualité. Il n'en est rien. Les meilleurs scores que nous faisons sont sans rapport à celui obtenu quasi-spontanément par la messe en latin.
Pourquoi ?

Parce que la prétention monarchiste est ressentie - quand elle est connue - comme un échappatoire de doux dingues face aux "problèmes sérieux" ; du même tonneau que le transbordeur raélien vers Alpha du Centaure. Presque !

Deusio, parce que le principe que nous savons si bien démontrer n'est pas explicitement incarné.
Pourquoi ?

L'offre politique restera du domaine fumant tant que nous ne serons pas passé par la construction théorique de l'Etat préconisé et que nous ne l'aurons pas affichée haut et clair. Qu'est-ce qui empêche de le faire ? Aucun système précis n'est évident et en l'absence d'indications précises des prétendants, chacun peut échafauder à bon compte sa petite monarchie personnelle. Ceux qui nous approchent pour découvrir une offre politique "originale" sont vite déçus de constater que nous ne sommes pas d'accord entre nous, sur la base même de l'épure. Sans parler de la querelle dynastique qui décrédibilise le mouvement dès le moment où l'on envisage une mise en application.
Schéma étatique. C'est à se demander quelquefois si les prétendants ont une réponse claire à cette question centrale. On a beaucoup l'impression que les circonstances guideront le nominé, et comme la probabilité d'accession se fonde pour la plupart de nos experts sur un désordre insupportable et généralisé dans le pays, on comprend vite que nous devons dare dare nous mettre au braille pour les suivre. Ici, le Dauphin nous raconte que la monarchie républicaine est le bon précipité politique, oui mais encore ? ; là, il suffit à l'Aîné "d'être" et d'attendre, pour faire quoi ? on n'en sait rien véritablement. Souhaitons que ces jeunes gens gardent leur portable ouvert au cas où nous aurions besoin d'eux. Mais leur impérieuse nécessité commence à se discuter.

Ainsi donc, un système politique assez vaseux en dehors de ses trois grands principes, incarné par des timides, ne peut pas réunir au pied levé, un public aussi nombreux qu'une simple messe en latin, malgré l'enjeu.

Il faudrait peut-être communiquer de manière lisible par tous, en s'appuyant sur un candidat intéressé.

RIPOSTES ?

le MenhirCe dimanche, l'émission de Serge Moati était consacrée à Jean-Marie Le Pen. Il a été plutôt meilleur que bon et certains de son camp doivent se dire que s'il ne s'était pas enlisé dans les "détails" il y a vingt ans, il aura fait une autre carrière que celle de poubelle aux mécontents. L'émission fut un catalogue de diagnostics. Le vieux leader du Front a dénoncé les contraintes insoutenables d'un Etat souteneur, l'incapacité des dirigeants actuels d'appliquer leurs propres décisions, la prébende générale aux dépens des travailleurs et notre déclin. Les intervenants ont convenu du même diagnostic en refusant chaque fois par principe celui énoncé par JLMP pour finir à la fin de leur intervention par abonder au tonneau national.
L'émission a dû faire une bonne audience. Et sans être surexcité devant mon poste et même un peu distrait par moment par le train ma maison, j'en ai retenu sans effort l'essentiel. Et bien plus que "l'immigration zéro" qui faisait bondir l'agent d'ambiance de François Bayrou, complètement largué dans le débat.
C'était une bonne leçon de communication, donnée par un vieux leader de 78 ans, qui a tenu toute l'émission sans une note. "Pense clair" dit La Royale. Il faudrait rajouter pour les temps actuels :

" Parle clair !"

3 commentaires:

  1. Les quelques principes royalistes (durée de l'action, fin des partis-machines électorales, libertés locales...) qui ont cours ne sont-ils pas des pistes qui peuvent déjà attirer les curieux ? Une construction plus solide est souhaitable, cependant beaucoup dépendra des conditions de restauration-instauration ! Connaissez-vous un groupe essayant de travailler sur un tel projet de construction institutionnelle ?
    Je partage néanmoins votre énervement face au retrait des prétendants, qui n'est pas bien explicable.

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  2. Je ne peux prétendre que les chapelles royalistes (quelle horreur de devoir parler comme ça) n'ont pas de schéma institutionnel précis, mais je peux constater qu'elles ne le diffusent pas.
    A l'exception notable de l'Alliance Royale qui s'est mouillée, mais qui faute de contradiction constructive me semble piétiner dans son projet, j'ignore les grandes lignes de la "charte" qui nous sera "octroyée".
    Or le militantisme avec une canne blanche, c'est pas mon truc.

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  3. Les 3 principes sont ceux que cite Franphil ? Je croyais qu'ils représentaient les conséquences des principes monarchiques.
    ??

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