mercredi 24 janvier 2007

Penser global

VendômeVoeux des maisons ? Pas de voeux avant le nouvel an lunaire peut-être ; c'est le 18 février et ce sera l'année du cochon d'or. Le dernier qui m'ait dit quelque chose c'est le duc de Vendôme dans Valeurs Actuelles du 19 janvier. Un dossier de six pages sur les royalistes, ça mérite d'être relevé dans la presse généraliste. Ceux qui ont oublié de l'acheter le retrouveront sur la table basse dans la salle d'attente de leur médecin-référent.

"Penser global, agir local".

Un prince français qui accepte la mondialisation sinon le monde tel qu'il devient, est plutôt rare. L'ouverture au monde lui a prouvé que la libéralisation des échanges poursuivie par les pays de la zone OCDE depuis 59 ans ce mois-ci, a finalement déclenché l'arrachement de pays immenses à la misère, comme prévu. Affaissement des coûts de fabrication par la production de masse exigée par de marchés décloisonnés, baisse générale des prix soutenant la demande de biens, appel massif à la main d'oeuvre des pays décapitalisés, flux rémunérateurs en retour permettant le décollage par accumulation de capitaux, puis création d'un classe moyenne en expansion sur un marché porté par sa demande domestique.

La séquence d'amorçage originale était même plus simple : abaisser les barrières douanières pour booster l'investissement moteur de croissance, ce qui accélèrerait la consommation par un écrasement des prix. Si tous les compteurs se synchronisaient, on devait obtenir un taux monétaire très bas sans inflation notable par l'écrasement des coûts obtenus grâce à la mise en concurrence générale. C'est ce qui s'est produit.

C'est l'Asie qui a décollé. Le continent perdu des prévisionnistes des années cinquante : populations innombrables à nourrir, déficit grave de ressources alimentaires, carences en ressources minières, religions contemplatives, moeurs économiques dépravées, disait-on alors. On avait oublié l'exemple déjà ancien du Japon. Le continent promis était l'Afrique pour toutes les raisons inverses.
Qui voudrait revenir là-dessus avec la moindre chance d'être entendu ?

Je suis bien aise de cette prise de position qui contraste avec les billevesées altermondialistes que nous servent ceux des candidats souverainistes qui, à court d'arguments, se dressent contre la globalisation, l'euro et les Arabes. Manifester contre la globalisation est aussi bête, me disait un ami hongkongais malappris, que de marcher ici en foules contre les typhons. Le monde économique est globalisé. C'est fini. Next point !

Dès lors qu'on ne perd plus son temps à gémir sur nos impérities, on peut agir localement pour "relever les défis de la mondialisation" (sic).

Maintenir le rôle de la France n'est pas un but en soi, mais remonter au classement par la mise en oeuvre de politiques convenables, à commencer par le dynamitage de la chape soviétique française, puis la proposition d'axes de développement acceptables à nos entreprises qui ne sont pas toutes gouvernées par des crapules de la Corbeille, sera le résultat de la remise en route des chaudières françaises.

A l'étage de l'Etat, remettre de l'ordre dans nos finances et réarmer moralement le peuple ne sont pas des objectifs insurmontables si on parle vrai, sincère, honnête. Et localement libérer la créativité et valoriser sa récompense sont des leviers puissants, utilisés par nos voisins, voisins qui ne nous épient plus depuis qu'ils ont compris qu'il n'y avait rien à retenir de longtemps de notre modèle social archaïque et dispendieux.

Perdons donc cette habitude de proclamer la voie à suivre par l'Europe, par les Etats-Unis, par le Proche Orient ... nous qui sommes incapables de mettre notre maison en ordre, nos idées au clair, nous, pauvres benêts qui sommes envahis comme jamais par les marauds étrangers en quête de prestations gracieuses que nous ne pouvons fournir qu'à crédit sur la tête de nos enfants à naître, nous incapables d'assurer le suivi de nos rodomontades onusiennes, nous qui nous sommes exclus des instances dirigeantes européennes qui, malgré tous nos moulinets de Tartarin, débitent cinquante pour cent de nos lois !

Je ne regrette qu’une chose, que Jean d’Orléans se prépare à lancer une entreprise pour la promotion du patrimoine. J'aurai préféré une entreprise offensive. Mais peut-être le deviendra-t-elle, après tout.

Même si elle est patrimoniale, il a une juste vision de ce que fut la France dans les temps puissants, à l'image de la cathédrale de Chartres comme il le dit dans l'article précité, plongeant ses fondations dans la terre riche de Beauce et lançant sa flèche vers le ciel "dans le seul élan qui sache un peu monter" (Ch. Péguy). Il en faudra des peines et soins pour faire relever la tête aux Français afin qu'ils aperçoivent l'espérance désignée par la flèche de Chartres.

Bon courage, Monseigneur.

Chartres

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