lundi 19 février 2007

Les Cinq Cents

stylo-plumeParrainages. Comme dans toutes les grandes confédérations humaines, le prétendant, qu'il brigue l'Elysée, l'UEFA ou le titre redoutable de capo di tutti capi, doit s'abonner au consensus. Dès lors peuvent apporter leur soutien aux candidats qui les solliciteront, ceux dont les fonctions sont listées ci-dessous à l'exclusion de tous autres ; et même s'ils ne sont pas toujours les meilleurs, ils peuvent quand même risquer le poteau médiatique !
membres du parlement (assemblée nationale et sénat)
conseillers régionaux
conseillers généraux
conseillers de Paris
maires
maires d'arrondissement de Lyon ou de Marseille
élus de l'assemblée des Français de l'étranger
élus des assemblées territoriales d'Outremer
soit ... 47289 élus décomptés ce matin !

N.B. : Une candidature ne peut être retenue que si, parmi les signataires de la présentation, figurent des élus d'au moins trente départements ou territoires d'outre-mer, sans que plus d'un dixième d'entre eux puissent être les élus d'un même département ou territoire d'outre-mer (loi 62-1292 du 6 nov 62)
A mesure que s'approche la date de la remise de la liasse des parrainages au Conseil constitutionnel l'agacement des petits candidats est palpable. D'aucuns comme Nicolas Dupont-Aignan - qui devrait réunir les siens - prédisent un séisme si l'ostracisme électoral laisse, sur le banc des observateurs, des pointures comme Le Pen. D'autres comme Yves-Marie Adeline tempêtent contre ce pseudo-tour électoral à main levée qui fait le tri entre les candidats de consensus institutionnel et ceux de convictions.

Quand Winston Churchill déclarait que "la démocratie était le pire régime à l'exclusion de tout autre" ne voulait-il pas signifier que la justice élémentaire ou l'équité étaient hors de portée du genre humain, pis encore d'un système forcément dominé par des castes ou des partis qui s'y retrancheraient ? Mais sauf en s'enliser dans la démocratie directe, la démocratie représentative doit être réglée pour tout simplement fonctionner. Et finalement tout est bon, même "a-" voire "i"mmoral.

La démocratie américaine, beaucoup plus sévère que la nôtre à l'endroit de ses élus, laisse la sélection des candidats aux bons soins des subsides privés que chacun saura obtenir au sein d'un cadre partisan ou non, à charge pour lui de convaincre les donateurs. Ces subsides sont généralement connus en détails. Ils proviennent de la défense étroite d'intérêts catégoriels, plus ou moins reluisants. Qu'importe, le tri est fait.

L'élection présidentielle au suffrage universel a dû s'affranchir très tôt des charlots. Puis le dispositif de 1962 s'est perverti "ad hominem" pour ségréguer le champion populiste en accroissant le nombre de parrains pour chacun. Comme cela ne semblait pas suffire, le pouvoir en place a modifié le parrainage institutionnel en parrainage d'opinion par la publication du nom des parrains de chacun. Au motif qu'il ne s'applique jamais à lui-même - sauf Canard Enchaîné - celui de la transparence.
Mais là encore, qu'importe ! Le tri est fait.

YMAManier le système démocratique ne demande aucune vertu spécifique, et moins encore d'en y chercher une sur la base d'incantations démagogiques d'un autre temps, comme l'égalité d'accès aux estrades ou la liberté de pensée porteuse de tout message même iconoclaste. A dire vrai, on pourrait s'étonner que le système fasse litière de permissions accordées à ceux qui viseraient son effondrement. Néanmoins dans ce grand monde où les nations s'observent en permanence, on ne peut faire moins que de laisser parler tout le monde de temps en temps. Surtout dans la patrie des droits de l'Homme ! Profitons en, mais la queue de trajectoire doit être parfaitement ciblée. Tous les moyens d'y placer le projectile sont valables. La voie électorale réglementaire est une voie, à péage. Il y en a d'autres. Le prétexte électoral pour faire passer des idées par exemple.

Beaucoup s'y engouffrent avec raison et talents, et parmi eux des professionnels de la préparation d'artillerie médiatique par le scandale, comme le mari d'agricultrice Bové Joseph. Qu'avec l'égalité républicaine de traitement, on accède ou pas à la campagne officielle, cette période est une chance unique chaque cinq ans, d'excaver des propositions politiques aussi saugrenues que le retour des héritiers du roi Louis XVI. Il suffit d'aguicher les médias. C'est un travail professionnel de communication. Les outils évoluent très vite.
Remarquons que l'équipe de campagne du président de l'Alliance Royale nous fait la démonstration d'aptitudes certaines à communiquer assez largement. Ce qui en comparaison peut ringardiser les manifestations émouvantes des cercles de mémoire qui s'en agacent.

Souhaitons quand même que dans le petit mois qui reste, Yves-Marie Adeline puisse effeuiller l'oie de ses plumes pour en réunir cinq cents dans sa main. Il a des choses surprenantes à dire aux Français.

plumes d'oie

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2 commentaires:

  1. http://unhumainunevoix.com
    Bonjour
    voila pour moi la meilleur façon de mettre en place la démocratie.
    Merci de faire passer.
    cordialement.

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  2. C'est bien ce que montre notre billet Expression démocratique qui privilégie suffrage universel et proportionnelle.
    Salut.

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