vendredi 22 juin 2007

Jusqu'où l'Europe

Le comte de Paris a fait une déclaration récente sur l'Europe qui a eu un certain retentissement. Après cette semaine de tous les raccomodages à Bruxelles, est venue l'occasion d'en parler.

Déclaration du 30 mai 2007

Depuis plus de trente ans, je n'ai pas varié dans ma conception de l'Europe. J'ai une vision capétienne pour l'édification et la stabilité de ce continent.

Géographiquement l'Europe s'étend de l'Oural à l'Atlantique. De la mer du Nord à la Méditerranée ainsi qu'à la mer Noire. Au sud de cette ligne nous nous trouvons soit en Asie Mineure, soit en Afrique du Nord. L'union Méditerranéenne fait partie des projets sur lequel je me suis engagé depuis trente ans. Mais si l'Europe et l'union Méditerranéenne se côtoient, elles ne peuvent se confondre.

Politiquement il est nécessaire que chaque nation, au sein de l'Europe puisse développer son identité propre et conserver les attributs essentiels de sa souveraineté, qu'il faudra bien renégocier. Pour ce qui concerne la France, commençons par la langue française qui doit redevenir le langage vernaculaire des instances de Bruxelles et de Strasbourg ainsi qu'il en était convenu par le traité de Rome. Ce devrait être un impératif, un préalable au retour de la France dans la construction de l'Europe.

Ma vision capétienne de l'Europe s'oppose également aux concepts d'une politique impérialiste telle que la pratiquait le Saint Empire Romain Germanique qui privilégiait l'union économique et douanière. Souvenez-vous du ZOLVEREIN de Bismark et de ses conséquences désastreuses. Toute compétition économique se convertit tôt ou tard en guerre économique puis en véritable conflit. Tandis que les Capétiens, mes ancêtres ont toujours tenté de privilégier la culture, l'art, les sciences comme ciment entre les peuples, mais également comme moyen d'échange pacifique entre les nations.

L'Europe a eu de la chance d'être née et d'avoir été forgée dans un même creuset, notre civilisation Chrétienne. Affirmer sa vérité avec force pour ne pas vouloir l'imposer aux autres exige une sérieuse mise à jour des axes fondamentaux de notre propre religion. Si nos racines spirituelles sont communes avec les religions juives et islamiques, les axes de leurs développements sont différents et cette différence touche notre identité culturelle, spirituelle et vitale, fondements de notre identité sociale et politique.

Ne l'oublions jamais.

Paris le 30 mai 2007
Henri
Comte de Paris, Duc de France


Cette déclaration est une mise au point sur des axes connus. Terre chrétienne, souverainetés, francophonie, compartimentage des économies protégées, libre-échange culturel. Nous nous limiterons aujourd'hui au périmètre.

Puisque Monseigneur nous parle dès l'abord d'édifier, nous devons comprendre que nous ne pouvons nous contenter de la juxtaposition des nations parfaitement indépendantes - qui ne le sont plus -, mais que celles-ci doivent concourir à la stabilité du continent. La coordination des actions ne devant se fonder que sur la convergence des intérêts voire leur proximité, le débat sur quelque chose de commun et permanent entre nous tous n'est pas interdit. A tout le moins un conseil de famille.

C'est la définition de l'arrière-ban de la famille qui pose problème. Comme M. le président de la République, Monseigneur exclut l'Asie Mineure de notre géographie. C'est faire moindre cas des sources héllenistiques de notre civilisation comme du premier ancrage de la chrétienté dont il reste de nombreuses communautés jusqu'en Mésopotamie, communautés très menacées actuellement. Plus au nord, pousser l'Europe jusqu'aux Monts Oural est peut-être extravagant, même si l'effet rhétorique est assuré depuis les déclarations mythomaniaques du général De Gaulle. Les arguments abondent pour ou contre la Russie et la Turquie. Ce sont les nécessités lourdes de la géostratégie qui finiront par trancher notre indécision quand notre influence aura diminuée au pantographe du monde nouveau.

Europe physique
Jusqu'où l'Europe ? Pourquoi ne pas essayer de définir "notre" Europe en suivant le cheminement naturel des géographes qui distribuent l'espace en fonction des bassins drainants ? Sont dès lors en Europe tous les territoires arrosés par les fleuves qui naissent en son coeur. Et surprise tout s'éclaire à la lecture d'une carte de géographie physique. Si les Balkans y sont bien grâce au Danube, la Russie n'y est pas, non plus que la Turquie à l'exception de la Thrace, ni les pays caucasiens. On pourrait se défaire aussi de Chypre qui est très à l'est de Constantinople ! On voit aussi que la question est réglée pour la Biélorussie, l'Ukraine orientale (celle qui pose problème) et ces malheureux pays baltes. Et que Finlande et Suède sont des intrus ! Malgré ces déceptions, le continent coordonné devient cohérent !
L'angle géographique ne semble tout de même pas le bon pour certains pays très européens comme la Suède, voire la Norvège d'où provint le papa de Guillaume le Bâtard conquérant ! Sans parler des Iles britanniques qui font partie de notre chair !

L'angle historique est-il meilleur ? Nous sommes quelque chose entre le roi Arthur et Alexandre le Grand en longitude, et en latitude nous montons de saint Augustin jusqu'à Charles XII. Finalement il n'y a pas de limites que l'on ne puisse discuter ! Bien leur en aurait pris aux pères fondateurs de la Communauté de marquer le territoire de leurs ambitions européennes en nous transmettant le code source. Peut-on le remplacer par l'empreinte religieuse ?

Commençons par la strate celtique. Ben oui ! Si l'on arrête l'empreinte quand la transhumance est stabilisée, on couvre la moitié de l'Europe occidentale, des finisterres du couchant aux Alpes balkaniques. Les Celtes ont en orange comme le MoDem de Bayrou.
Celtes

Deux masses nous observent, les Nordmans et les Germains. Si l'on agrège tout ça, l'empreinte formée indique comme limite orientale le 20° méridien qui descend de Stockholm à Corfou.
Vient la strate romaine qui nous montre aussitôt que M. Sarkozy a la vista impériale puisqu'on y voit son Union méditerranéenne de Gibraltar à l'Euphrate. Elle englobe les trois pays latins. Nous faisons partie de facto de l'Union méditerranéenne !
Rome
La carte des Barbares puis venus est intéressante (merci Hong Kong university) car on y découvre qu'ils n'ont eu de cesse de s'établir dans notre Europe des Douze.
400
De là à dire que Bougres et Ogres sont des vestiges de la Grande Invasion qui devraient rester au-delà des limes ... !

Nous arrivons à la chrétienté revendiquée par le prince et les pontifes !
Le mouvement chrétien fut universel - on trouve même des Nestoriens en Chine intérieure - , et heureusement que nous avons l'Océan atlantique à l'ouest pour border notre épure. Mais où s'arrêter à l'est ? La Russie est chrétienne jusqu'au Kamchaka, et le Caucase jusqu'en Arménie. Les racines en sont au Proche Orient.
Dire comme le prince que l'Europe est terre chrétienne est agréable à entendre mais faut-il encore indiquer la période. La vague de la nouvelle religion a couvert d'autres religions, son reflux actuel laisse à découvert une terre arable pour des philosophies nouvelles, de pacotille parfois, mais proliférantes.

La stabilisation continentale du Congrès de Vienne de 1815 à l'apogée de l'Occident, donne une carte qui en vaut une autre, puisque c'est celle de la paix. Elle durera 50 ans jusqu'à ce qu'un Poméranien ne décide de faire de son roi l'empereur de cette belle Europe. La région allait être mise à feu et à sang pour 80 ans par l'imperialisme prussien, avec des soubresauts tardifs jusque à la dernière guerre yougoslave. La voici, cette carte, c'était l'époque des moutons bien gardés. No comments.
1815
Reste la "vision capétienne".
Je croyais que le projet de l'ancienne monarchie était de tenir, sur les bases du Serment de Strabourg, de la mer au Rhin, en se désintéressant de l'Empire s'il se contenait outre-Rhin. Le roi de France, quel qu'il fût, n'eut de cesse de contenir et de faire reculer les "débordements" bourguignons et lorrains en deça du fleuve et se désintéressa du destin de l'Empire sur son territoire d'Europe centrale. François Ier dédaigna les dangers courus par la chrétienté lors du siège de Vienne par les Turcs de Soliman en 1529 ; Louis XIV ne fit rien pour la bataille de Vienne en 1683 contre les mêmes. Nos guerres étaient d'abord en Flandre et Hollande, zones d'influence naturelle française ! Nous aurions dû nous en contenter et ne pas dépasser Anvers.

Reste une dernière clef géographique que j'ai trouvée dans l'Atlas historique de Ramsay Muir : La distribution de l'index céphalique et de la pigmentation dermique en Europe. Les brachycéphales sont majoritaires et les dolicocéphales marquent l'avancée des armées du Prophète. On me dit dans l'oreillette de laisser tomber que ce n'est plus à la mode ! OK !
Soyons pratiques et, comme les musiciens, restons en là !

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