jeudi 27 décembre 2007

République des potes

bandeau de l'Elysée
Nous avons connu la République des gendres, celle des apatrides, celle des ruraux, puis la Haute République lorraine, et celle des Rothschild, la république Louis XV par les soupentes, la florentine du Bigame, la République aborigène de Pinarque, et nous voilà catapultés par le peuple souverain dans la République des Potes ! République tricéphale d'autant de lobes que de groupes. D'abord les potes politiques, ceux qui ont poussé à la roue du char Villepin-Chirac quand il était en équilibre au bord de la falaise de l'Impéritie ; il s'est crashé sous les hourras, et ces potes-là de se taper sur les cuisses en pillant les prébendes...

Un second groupe est celui des popupotes à paillettes qui va de Faudel (!), Johnny Halliday, les Visiteurs, à Max Gallo, grand compilateur d'histoires levées par d'autres afin de nourrir l'Histoire et sa fraîche immortalité, l'abbé Gilbert, curé des loubars à pins clignotants, et le grand "lâcheur de salopes" national qu'est Jean-Marie Bigard, redoutable pieux, ce que l'on a de plus fin en rayon, chère médème ! C'est dans ce deuxième groupe qu'on a tiré au sort pour faire la virée à Rome chez Bee-sixteen, avec un discours de Guaino dans la poche revolver pour lancer la fusée médiatique de la laïcité positive. Sioux ! Lou Ravi était content et même Bayrou a gobé le truc du maurrassien de service ! Quand il y en a pour six ... Mamma Bruni fut invitée à la basilique pour épater la promise toute neuve. On s'éclate !

Le troisième groupe est celui de la puissance fric. C'est le groupe des copains de Neuilly, celui qui prête les avions, le yacht, loue les villas et trie les escorts. Un petit gotha à lui seul. Inutile de les citer, rien ne s'efface sur Internet, ils sont cinq, pas un de plus, ils dirigent le pays, ils font préparer des lois de contention des opinions du même tonneau que les oukases patriotiques du nouveau csar de Russie, soyez prudents, ils tiennent la presse par les bourses, c'est plus sûr et moins décrié.
[soupir]
Après Pinarque le Prompté, comment en sommes-nous arrivés là ?
Quand il s'est agi de se faire une idée de la femme du Premier secrétaire du Parti socialiste qui se lançait comme Eva Péron dans l'arène, après deux minutes de sympathie, on tapait de l'ongle le buste rebondi de la Marianne pour s'apercevoir qu'il était en plâtre creux, et fuir.
Combien de Français ont-ils été freinés par l'imprévisibilité de M. Le Pen qui au seuil du succès, se jetait tête première dans les fours, "créait" des sidatoriums, ou exaltait "l'Occupation douce". Nous risquerions le ridicule à tout moment, pensaient-ils, si nous mettions ce bateleur à l'Elysée.
Alors de se rabattre tous sur le petit reître qui ferait ce qu'il avait promis, nettoyer les écuries d'Augias, trier les immigrés, remonter la bonne humeur des riches pour relancer le moteur de l'économie, et ressouder l'Alliance, dans un enchantement général.
Avec un agrégé-agriculteur-centriste à contremploi, c'était le carré final duquel le régime démocratique exigeait que l'électorat tire la courte paille.

Il gagna ! Enfin seul ! Et de s'éclater aussitôt avec les potes ! "On fait quoi demain ?" doit être le leitmotiv du team présidentiel au coeur de la télé-réalité nationale. Dernier avatar de la déesse Média, la résurrection de Cécilia avec 10 ans de moins. Pommettes saillantes, yeux de chat, mais la patte d'oie véloce signale une forte pression sur le casting des copains. Foin des jaloux, courons à Louxor pour les fêtes, ça tombe bien Vincent y va aussi !
- "T'as deux places dans le jet ? Quatre ? On prend Bernard et Christine ! Six ? On prend Louis et sa copine".

Nicolas et Carla à Louxor
Rue89 que je ne lis jamais sauf quand un moteur web m'y conduit, a réagi au mot-clef "kantorowicz". Mazette, les refioms de Libé font dans les deux corps du roi ? Il y a du nouveau sous le soleil d'hiver, surtout depuis que Régis Debray en fait beaucoup de son côté sur "l'Obscénité Démocratique" (Flammarion), à croire que les yeux de l'Intelligentsia se dessillent enfin sur la perversité systémique du régime, à devenir ... royalistes bientôt (humour). On a bien vu l'URSS verser au ravin sans prévenir ; la Rive gauche passera-t-elle le Pont des Arts ? Séisme !

Debray dénonce : « Nous ne tolérons plus d’être représentés par des hommes et des femmes d’exception, qui pourraient nous hisser un peu trop haut, nous exigeons des sosies à notre taille et semblance...C’est la norme tous azimuts...la saute d’humeur, la bouffée d’émotion deviennent, comme le torse nu et le nombril à l’air, des procédés rhétoriques d’accréditation. L’affect en sautoir sied à un univers où la liberté ne se définit plus comme autonomie réfléchie mais comme spontanéité reflétée, un "laissez-moi faire laissez-moi passer" et non une loi à soi-même donnée [....] C'est la scène républicaine qu'il faut sauver de l'obscénité, au moment où la politique devient le tout-à-l'ego d'un pays en proie aux tyrannies de l'audimat, de l'émotif et de l'intime. »
Plein cadre, citoyen Debray !

armes de la République
"Respectez les rites" disait Confucius aux pauvres, "ils vous enferment dans une obéissance de routine" pensait-il au fond de lui-même. Vous nous appelez au respect des valeurs, que dis-je, au retour des Valeurs, respectez les rites de la charge, Monsieur le Président, elle ne vous appartient pas ! Pour cela, soignez votre image. D'autres que vous iront après vous visiter des présidents, le pape, le dalaï lama, qui sais-je, et se passeront bien de références malheureuses. Si le ridicule ne tue plus en France depuis longtemps, il n'est pas sûr que tous les pays en soient indemnes. Surveillez jusqu'aux futilités protocolaires :

Ce n'était pas la peine de se présenter cet été chez la famille Bush fringué par Emmaüs Brothers avec la rosette de commandeur de la Légion d'honneur à la boutonnière, même si vous avez capturé leur directeur dans votre gouvernement, surtout que les Bush vous ont accueilli en Ralph Lauren's, sans breloques ni pins ! Dommage d'aller recevoir la barrette de chanoine de Saint-Jean du Latran en "Delaveine" pas même croisé, sans pochette blanche pour faire modeste et décontracté (excusez-moi deux secondes, j'ai un SMS). Vous n'êtes pas modeste, Bee-sixteen le sait parfaitement, qui s'intéresse depuis toujours à la France et fut un membre éminent de l'Académie des Sciences morales et politiques de Paris. Quel tact de lui avoir offert "votre" livre ; on aurait cru un auteur malheureux édité à son compte qui a deux cents exemplaires invendus dans sa piaule ! Vous prenez des poses amicales avec le président Poutine qui ne sourit jamais et qui ne vous aime pas, parce qu'il n'aime personne, c'est dans sa nature d'espion qui venait du froid. Le dernier télégramme de félicitations pour les élections russes enlevées au tampon bureaucratique était too much ; il ne vous rapportera rien, car vous n'êtes qu'un client, petit client.

Passée la divine surprise de votre retour au bercail atlantique, la presse yankee bien moins déférente que la nôtre, a commencé à se boyauter de suivre le barnum de l'escadrille présidentielle française, et va faire sous peu le rapprochement qui tue avec le regretté Silvio Berlusconi. Au faîte de la gloire vous risquez d'entrer dans la série universelle des Simpson !!!


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La chute du billet aurait pu être différente, à se réjouir de l'affaissement de la fonction présidentielle, affaissement qui rehausserait le prestige de l'alternative royaliste. Mais le pays est dans un tel état de délabrement moral qu'on ne peut souhaiter la ruine de son image pour l'avantage d'une idée.

2 commentaires:

  1. Michel Thomas de La Garde27 décembre 2007 à 23:08

    Content de vous voir mettre le lampion fébrile de service à sa juste place...

    Quant à la chûte... elle va de soi pour l'affaissement présidentiel et moral... Je ne suis pas certain qu'il faille encore sauver grand-chose du cadavre...

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  2. Si l'énergie du président parvient à réformer l'Etat français on lui passera son exposition médiatique peu reluisante.
    S'il échoue il disparaîtra de la scène politique française et ce sera une première dans le Microcosme .

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