jeudi 5 juin 2008

D-Day


Omaha Beach, Utah Beach, Gold Beach, Juno Beach, Sword Beach : Clap de la 65è demain !

Demain claqueront au vent de la Manche les bannières alliées saluant les mânes des étrangers et français morts pour la France en Normandie.
Bien que toutes les unités ayant participé au 6 juin soient à l'honneur, nous nommons ici les unités amphibies qui les premières prirent pied sur les plages :
- Le US 116th Infantry Regiment et le US 16th Infantry Regiment, à Omaha Beach (St Laurent s/Mer). Les huit premières compagnies seront décimées.
- Le US 8th Infantry Regiment et le US 70th Tank Battalion de la 4th Division, à Utah Beach (Pouppeville).
- Le UK 6th Green Howards, le UK 4th/7th Dragoons et le UK 1st Hampshire, à Gold Beach (Arromanches).
- Le CAN Royal Winnipeg Rifles, le CAN Regina Rifles Regiment, le CAN 1st Hussards (50% de pertes pour les trois premiers) et le UK 48th Royal Marines Commando, à Juno Beach (Bernières s/Mer).
- Le UK 1st Lancashire (décimé), le UK 2nd East Yorkshire, le 1er Bataillon de fusiliers marins commandos Kieffer, à Sword Beach (St Aubin s/Mer, Ouistreham)
- Le US 2nd Rangers battalion à la Pointe du Hoc.

Le site de l'US Navy dédié à l'opération Neptune qui est l'action navale et appui-feu du Débarquement donne une tonne de détails intéressants pour caler le programme. Prendre sa journée et Cliquer ici.

croquis du débarquement
Ainsi commence le premier jour du retour des démocraties sur le continent, quatre ans après l'évacuation de Dunkerque. A la fin de ce mardi 6 juin, les Alliés ont prise sur le continent : Ont débarqué par mer 133000 hommes. S'y ajoutent 15000 Américains, 7000 Britanniques et 32 Français projetés au sein du dispositif adverse par 2395 avions et 867 planeurs. En dépit du Mur de l'Atlantique, plus de 155000 hommes foulent le sol de France après le premier jour de campagne. Les pertes éprouvées sont de l'ordre de 2500 tués au premier assaut sans compter les noyés, et 9000 blessés, plus un millier de disparus dont certains seront retrouvés les jours suivants.

Omaha
Quelques forces françaises ou composées de Français participèrent à l'opération Overlord mais sous commandement direct anglais ou américain. On doit quand même les citer d'autant qu'elles furent remarquables :
(1) Croiseur Montcalm, croiseur Georges Leygues refondu à Philadelphie en 1943, corvette anti-sous-marine La Roselys et torpilleur La Combattante (Glascow 1942), participent à l'Opération Neptune, sous commandement allié, Western Task Force.
(2) Escadrille Guyenne et Tunisie de bombardiers quadrimoteurs Halifax dans la 2nd Tactical Air Command.
(3) Groupe bombardiers légers de nuit Lorraine (342° French Squadron) sur bimoteurs Douglas Boston III, 6 avions descendus.
(4) Groupes de chasse sur Spitfire, Île-de-France (340° French Squadron) , Alsace (341°) et Cigognes (329°) du 145th Wing RAF.
(5) Commando Kieffer (178 h) appartenant au 8th Troop du 10th Allied Commando, qui portait son béret vert à l'anglaise - petit détail irritant - et qui finira la guerre sous commandement anglais à Flessingue (Hollande).
(6) 4e bataillon français du Special Air Service (SAS) qui parachutera 32 h. en Bretagne le 5.

Le Montcalm
Compte tenu de la position internationale de la France officielle depuis juin 1940 et de la prise en considération uniquement de fait de la France Libre, la France combattante du général De Gaulle était un mouvement et non un gouvernement allié reconnu, statut que recherchait précisément le Général, obsédé de politique. Le débat stratégique, on le sait, avait été depuis 1943 strictement anglo-américain : la France n’y occupait même pas la place de partenaire politique d’arrière-plan ou de référence comme Staline pour l’Union soviétique ; elle était un espace comme l’Italie ou les Balkans, estimé en fonction de sa position sur les théâtres d’opérations en Europe (source ISC). De Gaulle fut tenu à l'écart du Débarquement ; onze mois plus tard, un officier français servira de témoin "local" à la capitulation allemande de Reims où la France n'était même pas convoquée.

Douglas Boston III
Si les Français qui ont combattu se sont fort bien battus à côté des alliés sinon même individuellement dans les unités anglaises et américaines (on les a oubliés car ils dépareillaient la légende), l'effort de guerre titanesque a été assumé par deux pays qui parlaient la même langue. Pourquoi perdre des heures de disputes avec un général 2 étoiles sans commandement réel - l'Armée d'Afrique n'était pas à ses ordres - et qui énonçait des prétentions prématurées alors que GI's et Tommies continuaient à mourir au contact de la Wehrmacht qui, en deux mois et demi (6-6-44/21-8-44), perdra 340000 hommes dans la bataille de Normandie, dont 50000 tués indentifiés, 80000 blessés et 210000 disparus ; résultat obtenu sans épidémie de peste mais au prix de 209000 tués et blessés chez les Alliés ! Bilan global effroyable !
Avait-on vraiment le temps d'examiner les requêtes pressantes du nouveau chef français ? De Gaulle garda une dent aux alliés pour avoir manifesté ce pragmatisme anglo-saxon qui lui faisait comprendre qu'il ne pesait rien tant que la guerre ne serait pas terminée. Le général Bradley lui fit cadeau d''une libération prématurée de Paris par la 2°DB et basta ! Son orgueil incommensurable en souffrit et ses dons de metteur en scène dont on eut un échantillon au balcon de l'Hôtel de Ville de Paris, ne furent pas employés. Il se rattrapera plus tard.

mitrailleur allemand
Au même moment, d'autres aussi français que lui mais les pieds au sol (stricto sensu), jugeaient les choses avec réalisme. Ainsi le général de Lattre de Tassigny rappelait à ses commandants d’unités à la veille du débarquement de Provence, la dépendance logistique complète dans laquelle ils se trouvaient vis-à-vis des Anglo-saxons, et leur donnait pour instructions de suivre les directives et les ordres militaires alliés, obéissance et loyauté essentielles au succès de l’opération.

Finalement, pour des raisons relativement obscures, en 1966 en pleine guerre froide, le président de la République Charles De Gaulle retirera la France du commandement intégré allié, exposant son pays à l'aventure et au chantage. Nous n'y gagnâmes rien et les circonstances stratégiques qui suivirent ne permirent heureusement pas de tester la pertinence de cette rupture d'alliance. Les traces de ce refus de "combattre ensemble" demeurent depuis lors dans nos relations extérieures, elles s'appellent "The French Denial".
M. Chirac a fait une piqûre de rappel en 2003, pour "l'honneur" !

* Merci aux Alliés *
bannière des drapeaux alliés


A choisir un seul site en français décrivant la bataille de Normandie, je recommanderais Normandie 44. Pour la chronologie, celui-ci est bien fait.



pucelle Kieffer
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6 commentaires:

  1. Programme des commémorations de juin 2008 sur le site DDay-Overlord en cliquant ici.

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  2. "Pendant des années, personne n'a su que des Français ont débarqué en Normandie, si j'avais raconté tout cela, je pense qu'on ne m'aurait cru. A l'époque, les gens qui n'étaient pas au coeur des évènements l'ignoraient totalement !..De ce fait, je n'ai pas le sentiment d'avoir fait quelque chose sortant de l'ordinaire" (Jean Couturier - 1°BFMC - Kieffer).

    L'hagiographie officielle les a superbement ignorés car ils n'étaient pas sous commandement gaulliste, mais formés et incorporés dans des unités anglaises. En outre une demi-douzaine d'entre eux n'étaient pas français, ce qui montre que l'unité n'avait pas été constituée par l'état-major gaulliste. Après la bataille de Normandie, ils continueront la guerre "anglaise".

    La gloire fut réservée aux FFI. Même la guerre de l'Armée d'Afrique commandée par des têtes libres comme Leclerc et de Lattre fut minorée au profit de la Résistance. Il suffit de lister la filmographie sur cette époque.

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  3. Sur la Côte de Nacre il faisait froid ce matin et l'eau était à 11/12°.
    Merci pour ce billet commémoratif.

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  4. Un soldat français a témoigné que la difficulté de franchir la plage avec un sac de 60kg était aggravée par le manque d'air provoqué par le passage des salves d'artillerie de marine qui littéralement pompaient l'air ambiant.

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  5. Cette année la presse ne parle pas du débarquement de 44.
    Sans doute il n'y a aucune repentance à étaler !
    Donc c'est dde l'encre perdue.

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  6. Merci pour Lili. Mais elle va mieux en schpountz.

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