mardi 13 mai 2008

Treize Mai

13.05.58 - Ce fut la dernière révolte nationale ou nationaliste. Le régime du Ridicule (celui de l'Italie actuelle) s'effondrait d'un seul coup, d'un coup de pied ! De Gaulle au secours de Marianne
Il ne fallut pas même un coup d'état classique avec prise de la radiodiffusion et des édifices publics névralgiques de la capitale, une simple révolte du "corps expéditionnaire" français en Algérie pour mater une révolte indigène qui tournait à la guerre de décolonisation perdue, suffit.
Un fort coup de pied sur les planches de la scène politique et à 2000 kilomètres de distance, l'onde de choc brisait la IV° République, âgée de dix ans et vermoulue.

Malgré les cris d'orfraie des communistes et des porteurs de valises, la Nation applaudissait comme un seul homme le retour du plus haut de ses fils. Titi tiiii Ta Ta ! Il sauva la République et le peuple des veaux en colère, rassuré, continua à grandir jusqu'à devenir un jour celui des boeufs. De référendum en référendum, il coupa les ponts avec nos trois départements nord-africains qui le privaient de jouir de sa lâcheté.

Pile cinquante ans plus tard, le pouvoir drosophile qui ressemble à s'y méprendre à celui d'avril 1958, abandonné du peuple et de la Fortune, s'excite sur l'esclavage aboli depuis 160 ans, et sur la régulation comportementale des citoyens. Après leur avoir dit où et quand il les autorisait à fumer, il va détecter le taux d'alcoolémie au sortir des pubs et bars américains, avant sans doute d'obliger les voitures à ne démarrer qu'à l'haleine pure. Formidable ! Cela fera une "réforme" de plus pour le président !
Bien sûr, de dangereux contestataires émettent l'idée que si les taxis étaient nombreux la nuit, bien des gens ne prendraient pas leur voiture pour sortir et risquer un contrôle au retour. Erreur, mon cher Watson, on n'indispose pas la profession des cochers de fiacres, il y faudrait du courage, denrée rare et chère en points de sondages.

Hier, les péages autoroutiers étaient saturés par les RTTistes et ce matin, le RER, bondé de grises mines, aurait passé pour un convoi de mineurs chinois allant au coup de grisou. Les gens, qui pourtant vivent en démocratie, n'ont rien à dire, obéissent à la bureaucratie, paient amendes et impôts, et ne réagissent jamais si le ton monte. Il n'y a que les chiens qui s'accrochent à leur liberté, et continuent de saloper les trottoirs en toute impunité alors que la police urbaine est armée pour faire respecter la loi ! On fait payer la balle au propriétaire du chieur ou à Brigitte Bardot ? Glissons.

cortège de la Jeanne AFE 2008
Quelques poignées de courageux appellent au sursaut. Barrés des grands médias qui n'ont plus que la vocation de formater le cerveau du téléconsommateur pour acheter du CocaCola - merci monsieur Le Lay de l'avoir dit carrément -, ils ne sont pas écoutés, et même si leur message traverse le mur d'indifférence organisée, ceux qui le reçoivent ont dix fois mieux à faire que d'aller piétiner à quelques centaines à l'heure de la grasse matinée, sans être sûrs de passer sur FR3 pour que leur employeur les voit le soir.

La France est au fond.
Après avoir perdu sa substance industrielle, elle laisse partir sa matière grise alors qu'elle est sa dernière richesse dans un monde d'innovation continue. Mais l'innovation n'explose que dans un monde libre parcouru de flux financiers. Or le nôtre est partout compartimenté, grillagé, régulé à tous bons motifs qui d'ailleurs s'entrechoquent. Les niches fiscales, les privilèges corporatistes, les avantages acquis et une certaine paresse nationale héritée de la civilisation des loisirs pour ceux qui ont le chéquier conséquent, dévorent le capital accumulé, puis perdu par les guerres, accumulé encore, puis dilapidé dans la soviétisation, accumulé de nouveau et maintenant remis entre les mains des hospices où se trouvent les plus nombreux électeurs.

Avant d'arriver à la réserve d'indiens promise, les gens comptent leurs points de retraite, refusent obstinément d'intégrer entre leurs deux cornes qu'ils pillent le capital de leurs enfants, refusent les vraies réformes et reparlent du Lundi de Pentecôte pour sauver les vieux. Sabotez les clims !
La belle race a été impeccablement alignée sous des croix blanches dans les cimetières militaires du Nord et de l'Est. Nous sommes leurs bâtards.

cimetière militaire


Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

3 commentaires:

  1. Le garde des Sceaux Dati a fait bonne impression aux fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans dimanche dernier :
    "Après une messe solennelle, la ministre a assisté, devant la cathédrale, au défilé des provinces de France, dont le charme désuet semble avoir conservé un certain attrait aux yeux de la population. Entourée du maire UMP tout juste réélu, Serge Grouard, et des autorités civiles, religieuses et militaires, la ministre de la Justice a salué de la main les Bretons joueurs de binious, les Martiniquaises en robes à volants ou les accordéonistes en sabots. En début d'après-midi, elle a assisté, sous un soleil de plomb, au défilé militaire, puis a suivi le cortège, derrière une ravissante Jeanne d'Arc en armure, perchée sur son cheval." (source Le Figaro)

    RépondreSupprimer
  2. Il est de coutume que le président de la république nouvellement élu, se rende la première année aux Fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans.
    D'accord, il faut ressentir un petit quelque chose de la patrie au fond du coeur pour se plier à ce "protocole".
    Sans doute était-il en RTT avec madame.

    RépondreSupprimer
  3. Le "13 mai" n'est pas un sursaut du peuple mais le réflexe de se jeter dans les bras de l'homme providentiel.
    L'autocratie est le dernier recours de la démocratie. Pourquoi persister dans ce régime qui n'est jamais sauvé que par son contraire ?

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont modérés. On peut utiliser les balises a, b et i dans leur rédaction. Pas de commentaires "anonymes".

Printfriendly