samedi 16 mai 2009

Alourdir l'empreinte nationale

hexagoneLa section AF de Meaux nous signale un rapport parlementaire pour projet de loi visant à renforcer les signes explicites de la République française dans le domaine public. Ce projet soumis à M. Besson, ministre de l'identité nationale, est porté par quatre députés UMP, Maurer (Bas-Rhin), Hostalier (Nord), Irles (Pyrénées-Orientales) et Meunier (Rhône), qui furent outrés par le match France -Tunisie où l'hymne national fut sifflé par la banlieue.
Il y est question de marquer fortement l'école et les édifices publics des "valeurs" de la République. Je vous renvoie à l'article de Meaux.

C'est aussi dans le cadre d'une lutte contre le communautarisme radical islamique que ces parlementaires veulent alourdir l'empreinte nationale partout où c'est possible, même si le projet est de portée générale et assumé par une revendication de laïcité intransigeante. Suivant l'exemple des Etats-Unis, planterons-nous des mâts dans le jardin de devant du pavillon pour hisser les trois couleurs le matin ? Les élèves en feront-ils autant à l'école ? Chanteront-ils la Marseillaise en rang par quatre la main sur le coeur ? Je ne serais pas contre bien sûr, parce qu'au fond ce ne sont pas tant les valeurs intrinsèques à la Convention qu'il s'agit de défendre mais les signes distinctifs spécifiques à la republica.

A siffler les hymnes, je me suis transporté grâce à la matinale de Canal + au stade de Valencia mercredi dernier, où se disputait la finale de football de la Coupe du roi entre l'équipe catalane de Barcelone et l'équipe basque de Bilbao. A leur arrivée, le roi Juan-Carlos et la reine Sofia furent conspués, et l'hymne espagnol qui suivit, copieusement sifflé par l'assistance au point que la régie de télévision a zappé ce moment de la retransmission. Un immense banderole (voir l'image) fut déployée par les indépendantistes qui s'étaient pour une fois entendus, jusqu'à ce que le police monte la récupérer.

banderole indépendantiste
Certes, la manifestion n'avait rien de spontané, mais on sait dans les deux provinces qu'il n'y aura le moment venu que deux catégories de Catalans ou de Basques, les activistes et les indifférents ou silencieux. Aucun ne se lèvera pour l'Espagne. En ce sens le régime est en péril, d'autant que ce sont les deux moteurs économiques du pays qui se détachent de la carlingue. A l'inverse, la République française sait adroitement se métamorphoser avant putréfaction, et reconnaissons-lui de savoir se défendre.

Tout ceci pour dire qu'il est vain de vouloir imposer une architecture politique à un pays qui n'en veut pas. L'héritage franquiste interdisait la sécession, mais les souvenirs terribles de la guerre civile obligèrent à une large autonomie qui fait plus que préfigurer une indépendance future. L'Espagne avance vers son éclatement en plusieurs Etats "nationaux" dans le giron européen.
Nous n'avons pas à craindre cette révolution en France où il n'y a pas de bastion autonomiste capable d'amorcer une évolution, même en Corse. Les "nations" dessinées sur les cartes sont des constructions folkloriques bâties par des professeurs de chant bridés dans une fonction sociale médiocre. Par contre la peste de la division peut être contractée de l'étranger.
Renforcer les signes de la nation est une sage précaution quand on détecte sur notre sol une infestation virale comme le communautarisme exotique (il n'y a pas que l'islam radical). Mais cela ne suffit pas.
hijab bleu blanc rougeLe régime quel qu'il soit doit être assimilé par les gens à commencer par les écoliers et collégiens, ce que propose le rapport parlementaire. Encore faut-il que les valeurs transmises soient de vraies valeurs et pas des vessies de porc ! Et là, nous constatons que beaucoup de celles que véhiculent les faiseurs d'opinions dans notre société ont du mal à cacher une exaltation de l'égocentricité individuelle contre le vivre ensemble, jusqu'au déchaînement du sacrifice d'autrui pour son propre bénéfice ou simple confort. C'est invendable aux jeunes qui ne sont pas si abrutis que le croient les pédagogistes.

De notre côté, il y a aussi du boulot pour faire coïncider la doctrine sociale de l'Eglise et les droits de l'Homme et du citoyen dans leurs développements modernes, même s'ils dérivent vers ce que nous considérons comme une lente décadence de l'Occident !
Il faut ensemencer l'Opinion de graines susceptibles de produire. C'est aux fleurs qu'on juge les graines, c'est aux fleurs qu'on mesure les modifications génétiques apportées pour l'amélioration de l'espèce considérée. Les graines ne germent pas dans du sable sec, on les y stratifie.
L'aggiornamento de la doctrine est convoqué au parloir dans l'intention de la faire produire.




Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

1 commentaire:

  1. Gesticulations de ces neo-primaires qui n'ont rien compris ! Preuve que ce système est au-delà de la décomposition ! Les choses sont en mouvement, rien ne les arrêtera !

    Quant à l'Espagne, elle se noiera dans ces deux erreurs que sont le caméléonisme vers les régimes prêts-porter de la dictature des états de l'Europe actuelle, et dans la surdité, héritage typiquement Bourbon, aux signes extérieurs de mécontentement et aux revendications lorsqu'elles sont justes.

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont modérés. On peut utiliser les balises a, b et i dans leur rédaction. Pas de commentaires "anonymes".

Printfriendly