mardi 23 juin 2009

Des trous dans le Discours

GuainoLe discours au Congrès était bon, l'orateur pénétré de la solennité du moment, moins à l'aise que d'ordinaire, le président de l'Assemblée nationale avait le trac, l'assistance a joué le jeu. On n'a pas retrouvé la patte habituelle d'Henri Guaino dans le texte, et pour cause, il y a eu du rewriting pour éviter les chocs inutiles avec une opposition désorientée.
A cet égard, les déclarations "dell'arte" de Jean-Marc Ayrault devant la Salle du jeu de Paume à Versailles faisaient sourire de tant de convenu, mais moins que les commentaires d'après discours qui reprochaient au président de n'avoir pas emprunté la voie socialiste du redressement !
Pour cela, faut gagner les élections, chers petits, et vous en êtes très loin comme vous le serine Jack Lang tous les jours, qui semble désintoxiqué des méthodes ringardes mal réactualisées de la vieille SFIO.

Quant aux Verts de monsieur Mamère, ils reprochent rien moins au pouvoir actuel que de ne pas avoir réglé la Crise ! Je ne sais sur quelles bases ce type est régulièrement réélu. Il doit y avoir des fuites de dioxine à Bègles qui rongent les neurones de l'électeur.

bandeJ'avais attendu un paragraphe sur le rétablissement de la sécurité et la décision d'éradiquer les bandes par la déportation aux Kerguélen. Tant pis, je m'y ferai ! Le point crucial est à mon avis la Dette et l'emprunt. C'est là le trou noir !

Si les économistes acceptent de trier la dette en bonne, mauvaise et je-sais-pas, il n'en demeure pas moins que toute dette publique est mauvaise sauf d'investissements lourds et pérennes renforçant les capacités du pays. Exemple : l'Etat aurait pu s'endetter pour faire les canaux de Seine-Escaut, Seine-Moselle et Saône-Rhin en y basculant le trafic routier pollueur pour les rentabiliser. Ces ouvrages durent longtemps et exigent peu d'entretien et la voie d'eau est le chemin qui influence le plus son environnement dans le bon sens.

Reconnaissons qu'en l'état actuel des comptes publics et sociaux, il n'y a pas beaucoup de choix sauf à zigzaguer entre les excuses. Au final le pays approche d'un endettement pathologique qui pourrait s'avérer fatal si d'aventure les agences de notation déclassaient le crédit public français, renchérissant immédiatement le prix de nos emprunts sur le marché financier international jusqu'à assécher toutes nos contributions directes.
pénicheLe prochain gouvernement choisira-t-il l'emprunt de préférence au marché pour financer ses déficits exorbitants ? Oui, parce qu'il en retirera un bénéfice politique par le plébiscite caché de la souscription populaire. Mais comme il est prévoir, sauf révolution libérale à la chilienne, que les structures de la république continueront de phagocyter tous les moyens mis à sa disposition sans vraiment rapporter grand chose, le recours massif au marché suivra l'emprunt à bonne distance mais suivra. C'est à ce moment que le crédit public français sera analysé par les agences et nos prêteurs ; c'est à ce moment-là que la roue de la banqueroute pourrait commencer à prendre des tours.
Cette crainte d'un effondrement français est relativement partagée en Europe du Nord et en Allemagne, qui mesurent les extraordinaires réticences sinon le blocage franc des corporatismes de tous ordres à l'endroit de l'indispensable réforme de ce pays, qui sait tout faire ... ailleurs désormais. La réindustrialisation du pays exaltée dans le discours ne se décrète pas, car elle n'appartient pas au colbertisme gaulliste d'antan mais au Marché.
Le premier Airbus monté à Tien-Tsin, un A320, vient d'être livré à une compagnie chinoise. Le drainage de nos savoir-faire continue et la faiblesse endémique de la R&D ne le compense pas.
La recherche n'était pas non plus dans le discours au Congrès.


A-320 Tianjin
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