mercredi 17 juin 2009

Wargame

Sortez sur le balcon le barbecue en fonte, les merguez, le romarin, les oignons roses, quelques côtelettes premières d'agneau et ces merveilleuses petites tomates en branche, j'entends les F-16 de Tsahal qui approchent, le repas sera vite prêt, si vous habitez Téhéran.
président iranienLa réélection obligatoire de Mahmoud Ahmadinedjad par les Ayatollahs de Qom oblige à faire bientôt le plein de JP4 sur les bases israéliennes, puisqu'il va falloir se résoudre à incinérer les usines atomiques de la sanglante théocratie. Elle conforte Netanyahou dans sa bunkérisation en refusant le bâton merdeux que lui tend Obama, au simple motif qu'il est le seul bras armé du Pentagone sur zone à pouvoir stopper la bombe chiite. Le sale boulot est pour Tsahal, le vidangeur c'est Bibi. Obama est bloqué. Son discours du Caire n'a eu aucun effet décisif en Iran et l'encre à peine sèche, peut être brûlé dans l'âtre aux utopies. Les Juifs ne veulent pas prendre la bombe atomique sur la gueule ! Le reste est académique...

Les baisés comptez-vous : ce sont toujours les Palestiniens qui encaissent le choc, il n'est jamais temps de les écouter entre deux bombardements. Bill Clinton a attendu l'extrême limite de son mandat pour laisser une trace inutile dans le dossier de Palestine. Georges W. Bush a prétexté la guerre aux terroristes pour imprimer une feuille de route succinte et laisser les parties se débrouiller entre elles en attendant la démocratisation générale du Moyen Orient ! Obama croit en Dieu et aux Bisounours, mais dix jours après l'homélie au croissant, il est mort debout dans le dossier.

Iran airforceLa détermination du pouvoir iranien d'aboutir ne laisse aucun doute. Elle renforce celle du pouvoir israélien de lui couper la route. Ces deux nations se nourrissent l'une de l'agenda de l'autre et vont de conserve comme deux cavaliers de l'Apocalypse. Le pire n'est jamais sûr, encore faut-il être toujours en ce bas-monde pour le dire ! Il vaut mieux d'entrée intégrer le paramètre du pire absolu et assuré : la guerre éclate au Moyen-Orient dans ses modèles conventionnel et asymétrique, et le Golfe persique devient la mer de feu. "Quand" est la seule incertitude.

Abou Dhabi ! Nous y sommes.
frégate US exocetiséeLes accords de défense passés entre la République française et les Emirats arabes unis ne prévoient rien moins que nous jetions toutes nos forces en secours de nos amis attaqués (CLIC). Par qui, on s'en doute un peu ! Des observateurs bien informés relèvent la précarité de notre ancrage au sol dans le Golfe, le peu de pertinence d'une base navale derrière le détroit d'Ormuz et le doublon constitué avec notre grosse base de Djibouti planquée en Mer Rouge. Il y a du vrai. Nous risquons effectivement d'être impliqués au premier jour dans le conflit arabo-persique ouvert, et il est temps de nous y préparer et d'y réunir les moyens de contre-attaque majeurs attendus par les Arabes.

Attendus ? Et oui. Nous proclamons urbi et orbi notre retour au front. L'opposition nationaliste française n'a de cesse d'exalter la grandeur de notre nation, l'immensité de nos intérêts et cette vocation universelle unique que nous ne saurions partager ; si j'ai bien lu les experts en grandeur comme le général Gallois. C'est le moment, c'est l'instant, tournez manège ! On va avoir "notre" vraie guerre avec des avions ennemis, des missiles hostiles, des troupes amphibies ennemies, des parachutistes ennemis, plein de trucs sortis des mémoires depuis 1945 !
On a chassé les va-nu-pieds viets, les fells armés du fusil de traite, les nègres en kalash-machette et au moment les égorgeurs talebs en paquets de vingt. Dès lors, plus question de commandos de chasse aux fellouzes dans la vallée d'Uzbin. L'Armée française n'a pas fait la guerre pour adultes consentants depuis 65 ans, si l'on excepte Tempête du Désert, désertée par le ministre français de la Défense d'alors car c'était trop dur pour lui.
On va savoir ce que valent les crédits que nous avons dépensés sur la piste aux étoiles. Nous avons un contigent mexicain d'officiers généraux capable de commander la Grande Armée napoléonienne. Il serait souhaitable pour la santé de notre budget de les mettre devant.

mirage PAFReste la question à dix balles : le Américains seront-ils attaqués en même temps que les Emirats ? Car si nous sommes moralement alliés sur le Golfe, nous ne sommes pas articulés en coalition offensive avec les Américains et les Britanniques, nous partageons seulement les secteurs de patrouille maritime. Peut-être le président de la République va-t-il énoncer la coagulation des forces alliées sur le Golfe lundi prochain à Versailles et rappeler les réserves si l'on veut être à l'heure ?

Et puis, de vous à moi, la guerre est toujours la meilleure sortie de crise, le plus tôt sera le mieux. En 39, elle avait déjà trop tardé. Pensez : destruction de la Dette par celle de l'épargne, rénovation générale de l'économie, nationalisation de l'effort de reconstruction et réédition des codes et modèles sociaux. La retraite à 100 ans ! P... taing, je cours à Aubagne !

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2 commentaires:

  1. Les choses se décideront en fonction de la réponse iranienne aux propositions d'ouverture de Barack Obama.
    L'Europe est déjà "out", car c'est trop grave !!!

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