jeudi 2 juillet 2009

Plaisir du texte

balai volantLe Monde a fait le meilleur scoop quand il a interviewé les "épiciers" de Tarnac, ceux qui feraient du roller la nuit sur les caténaires de voies ferrées. Ces gens-là savent écrire ... et ça fait trop longtemps qu'en politique on nous repasse le bouillon tiède du consensus où flottent les yeux cupides des prébendes promises pour que nous ne soyons pas, comment dire ... rafraîchis et choqués à la fois.
L'anarchie fait du beau texte, proche des gens en plus. Tant mieux, ça me convient les gens qui parlent vrai même s'ils ont tout faux. C'est la sincérité qui compte. Une denrée de plus en plus rare, qui vous fait passer pour bizarre. Oui, mon cousin ! Les interviews n'étant pas libres de droits surtout en reprises intégrales, je ne cite pour chacun que le passage qui m'a le plus accroché, et je vous engage à télécharger ces pages sur le site du Monde avant qu'elles ne passent en archives payantes. C'est leur combat, pas le mien. Pour tout le reste, rien à battre ... il y a des gens payés au mois pour traiter ces questions intelligemment. Où se cachent-ils ?......

[Yldune Lévy]
YlduneL'appareil d'Etat dans tous ses organes se dévoile peu à peu comme une monstrueuse formation de ressentiment, d'un ressentiment tantôt brutal, tantôt ultrasophistiqué, contre toute existence collective, contre cette vitalité populaire qui, de toutes parts, le déborde, lui échappe et dans quoi il ne cesse de voir une menace caractérisée, là où elle ne voit en lui qu'un obstacle absurde, et absurdement mauvais.
Mais que peut-elle, cette formation ? Inventer des "associations de malfaiteurs", voter des "lois anti-bandes", greffer des incriminations collectives sur un droit qui prétend ne connaître de responsabilité qu'individuelle. Que peut-elle ? Rien, ou si peu. Abîmer à la marge, en neutraliser quelques-uns, en effrayer quelques autres. Cette politique de séparation se retourne même, par un effet de surprise : pour un neutralisé, cent se politisent ; de nouveaux liens fleurissent là où l'on s'y attendait le moins ; en prison, dans les comités de soutien se rencontrent ceux qui n'auraient jamais dû ; quelque chose se lève là où devaient régner à jamais l'impuissance et la dépression. Troublant spectacle que de voir la mécanique répressive se déglinguer devant la résistance infinie que lui opposent l'amour et l'amitié.
(grand format ici)

[Julien Coupat]
CoupatQ.- Vous reconnaissez-vous dans les qualifications de mouvance anarcho-autonome et d'ultragauche?
JC.- Laissez-moi reprendre d'un peu haut. Nous vivons actuellement, en France, la fin d'une période de gel historique dont l'acte fondateur fut l'accord passé entre gaullistes et staliniens en 1945 pour désarmer le peuple sous prétexte d'"éviter une guerre civile". Les termes de ce pacte pourraient se formuler ainsi pour faire vite : tandis que la droite renonçait à ses accents ouvertement fascistes, la gauche abandonnait entre soi toute perspective sérieuse de révolution. L'avantage dont joue et jouit, depuis quatre ans, la clique sarkozyste, est d'avoir pris l'initiative, unilatéralement, de rompre ce pacte en renouant "sans complexe" avec les classiques de la réaction pure – sur les fous, la religion, l'Occident, l'Afrique, le travail, l'histoire de France, ou l'identité nationale.
Face à ce pouvoir en guerre qui ose penser stratégiquement et partager le monde en amis, ennemis et quantités négligeables, la gauche reste tétanisée. Elle est trop lâche, trop compromise, et pour tout dire, trop discréditée pour opposer la moindre résistance à un pouvoir qu'elle n'ose pas, elle, traiter en ennemi et qui lui ravit un à un les plus malins d'entre ses éléments. Quant à l'extrême gauche à-la-Besancenot, quels que soient ses scores électoraux, et même sortie de l'état groupusculaire où elle végète depuis toujours, elle n'a pas de perspective plus désirable à offrir que la grisaille soviétique à peine retouchée sur Photoshop. Son destin est de décevoir.
Dans la sphère de la représentation politique, le pouvoir en place n'a donc rien à craindre, de personne. Et ce ne sont certainement pas les bureaucraties syndicales, plus vendues que jamais, qui vont l'importuner ...
(la totale ici)

La lecture du bouquin anarchiste "L'Insurrection qui vient" est recommandée par l'Action française étudiante dans le cadre de son université d'été. Il est accessible en ligne par courtoisie de l'éditeur, en cliquant ici.


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