lundi 3 août 2009

Barroso doute

barroso content de luiBarrosino est aux cent coups. Le maospontex gominé "qui s'y voyait déjà" va peut-être pointer aux Assedics des intermittents de la politique. Je ne vous dis pas le niveau d'indemnité, vous feriez une attaque. Mais de "pouvoirs", de jets, de croupions aguicheurs au secrétariat, plus aucun. Même pas de juteuses conférences où ne sauraient s'étaler que ses racolages médiocres. Ainsi, le bouillant rouquin de mai 68 aura gagné son pari qui était de faire mordre la poussière au grand libéral mou pour lui substituer un fédéraliste couillu. Plus fort : il lui a mis les joyeuses dans la tenaille du hongreur et Royal-Artillerie qui ne cesse de scooper, vous explique comment tout ça pourrait finir... sans nous !

Candidat par dépit des chefs d'états et de gouvernements ayant apprécié une nullité qui ne leur faisait aucun ombrage, José-Manuel Barroso fut surpris d'un accord à 27 et s'enthousiasma aussitôt pour une ratification dans la foulée par la nouvelle chambre européenne. Handicapé par son avidité à "faire carrière" - il commença à se placer dans l'axe dès la Révolution des Oeillets - le président de la Commission donne ainsi prise aux objurgations nationales qui ne cessent de le contrarier pour le mener par le bout du nez de son ambition. C'est aussi le réflexe du Parlement !

On comprend bien que le godillot vorace mais lambda qui va manger à ne rien faire pendant cinq ans puisse réclamer de la considération et d'abord, le temps de la réflexion. Réfléchir fait plus riche ! La décision sera prise sur pièces. Le petit baratin mal ficelé que les nègres du président ont donné dans une lettre de 58 lignes au président tchèque en exercice du Conseil, ne pouvait suffire à des fatcats universitaires qui méritent mieux que ces billevesées de commis de cuisine¹.
Au parlement européen, la session d'ouverture est close depuis le 16 juillet. La ratification n'est pas même inscrite à l'ordre du jour de la rentrée. Barrosino doit fournir maintenant un vrai dossier de candidature aux élus, qui prendront tout le temps nécessaire de l'éplucher. Et c'est là que Cohn-Bendit a armé le piège à con.

Cohn-BenditSoutenu par le parti godillot (PPE), le plus nombreux de l'hémicycle mais pas majoritaire à 50% malgré le succès cosmique d'Yves Bertrand en France, le candidat sortant doit présenter un programme qui entre dans les cadres idéologiques de la droite libérale. Or le battage est incessant du côté de la gauche sur la faillite du régime libéral anglo-saxon, et une majorité hétéroclite se dessine pour "jacobiniser" les institutions européennes et aboutir à une fédération totale dans le droit fil du Traité de Lisbonne que les Irlandais vont ratifier le 2 octobre, à peine d'être virés de l'Union.
Barroso qui ne fait aucun sport pour éviter le coma vagal, se retrouve en position de grand-écart entre le néo-libéralisme du PPE (265 députés), le confédéralisme des eurosceptiques du CRE (55) et l'europhobie des ELD (32). La majorité est à 369 voix si Lisbonne est ratifié le 2 octobre par Dublin. Donc il doit convaincre en face.

En face, vous trouvez les socialistes (184), les centristes de la ALDE (84) et les Verts (55), tous fédéralistes pur jus mais anticapitalistes notoires, du moins doivent-ils le devenir au prétexte de la Crise, pour rallier leur électorat décimé par le retournement des économies européennes ! Reste un flottant de 61 députés alimentaires qu'il faudra bien se résoudre à acheter avec quelques zizigougous.

Convaincre tout ce joli monde en un même dossier de candidature est un travail surhumain. Mais le caméléon² Barroso qui fut maoïste avant de finir georgebushien, s'y essaiera. Le dernier succès du genre fut celui de Giscard d'Estaing qui arriva à faire approuver son traité institutionnel, cible de tous les gouvernements jaloux de leurs prérogatives. Il y parvint ... et Chirac le coula ! Damned ! Barroso sera-t-il aussi fort que le pharaon de Chamalières ? J'en doute.

passerelle du parlement de Bruxelles
Sachant que la nouvelle Commission présentée par son futur président sera acceptée ou refusée en bloc, on imagine à peine le sac de noeuds dès lors que pour plaire à certains commettants offusqués du "grand-écart", Barroso serait obligé de nommer un ou deux commissaires susceptibles de déplaire au Parlement.
Débouté provisoirement par le nouveau parlement européen, sans aucune considération ni politesse, il eut été digne de sa part de donner sa démission en attendant sa réélection, ce qui aurait eu pour premier effet de couper les canaux de pression sur la Commission. Il préservait l'institution qui sinon passera en remorque des bateleurs institutionnels. Mais c'est beaucoup demander à ce genre d'arriviste étanche à toute élégance politique et vivant la boule au ventre du déplaisir qu'il pourrait causer aux puissants dans son combat pour l'avoine. Le Parlement réouvre le 14 septembre en session plénière, dix-huit jours seulement avant le référendum de tous les dangers en Irlande. Faut pas être cardiaque !

Reste à savoir lequel crabe du panier favoriserait le mieux une évolution confédérale à titre de contrefeu. Aucun pour le moment ! Personne ne semble être sur cette longueur d'onde. Le Parlement est très majoritairement fédéraliste. Normal, les europhobes le boudent, sauf à vouloir s'y nourrir !


Note (1): L'eau tiède barrosinienne est oecuménique au possible : Lui qui a refusé durant cinq ans toute réglementation des marchés financiers en fait désormais l’une de ses priorités. Il défend aussi l’idée d’une Europe « clairement déterminée à protéger et promouvoir les intérêts européens dans le monde » tout en refusant « toutes les formes de protectionnisme ». Il affirme « croire profondément dans une Europe en tant que projet politique » et proclame son attachement à « l’économie sociale de marché ». Et, pour complaire à Paris, il veut promouvoir le « développement de notre secteur agricole », alors que le budget agricole n’est sanctuarisé que jusqu’en 2013…(source Jean Quatremer)
Note (2): Schulz du PSE dit de lui : "Quand il parle aux socialistes, il est socialiste. Quand il parle aux libéraux, il est libéral. Il dit aux gens ce qu'ils veulent entendre."



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