vendredi 9 octobre 2009

Savoir et comprendre

Avertissement : Ce billet n'est pas la réfutation académique de la scholastique du pseudonné Lulo qui nous a abreuvé à la source de La Vérité dans des commentaires précédents, mais la mise en lumière de l'animation des faits opposée à la compilation des principes. Nous évitons le hachis-parmentier "j'ai dit - tu as dit - il a dit - nous avons dit...". Les lecteurs peu théseux seront bien avisés de revenir aux calendriers Aubade et Pirelli d'hier qui détaillent les rondeurs discrètes du Tiers-Etat.

titre de journalOn sait par accumulation, on comprend par intelligence. Le fondement religieux du légitimisme ne peut absoudre l'asservissement des âmes qui fut la démarche des églises chrétiennes de toutes obédiences. On dit asservissement quand la foi est obligatoire sous peine grave - les cathares convertis étaient contraints de manifester publiquement leur foi et de communier le dimanche à peine d'éveiller les soupçons de la Sainte Inquisition -; ou que la profession d'une foi différente est assimilée à un trouble à l'ordre public passible des pires excès de justice. Il fut un temps où même le silence était suspect ! Le Languedoc ayant toujours été une terre d'hérésies, son histoire explique bien cet asservissement et les turbulences provoquées.

enluminure wisigothiqueQu'on ne voit pas dans ce billet non-autorisé une charge contre l'Eglise catholique romaine. Pour ce qui nous occupe en Languedoc, ce fut une succession de persécuteurs qui commença avec les Romains pourchassant les druides, et plus tard les premiers chrétiens, les nouveaux ariens wisigothiques contre les nouveaux "catholiques", puis l'inverse, puis contre les Cathares ; plus tard les calvinistes persécutèrent les catholiques, puis l'inverse, et à nouveau les protestants qui se vengèrent à la fin sur les compagnies catholiques de la Garde de Nîmes en juin 1790... Merci mon Dieu !
S'il peut y avoir des raisons techniques d'instaurer une religion d'Etat (cf. le billet de Mickaelus sur ce blogue), la démarche intégriste de Lulo est une perversion des réciprocités constructives entre sceptre et goupillon. Pour faire court, cette idéologie est une posture intellectuelle gratuite, incapable d'aucune application dans notre monde. On ne met plus de collier de fer au laboureur, les Chinoises refusent qu'on leur bande les pieds, et le denier du culte ne peut être forcé.

miniature du sac de béziers 1209Lulo nous laisse entendre qu'aujourd'hui la liberté de conscience est interdite dans son schéma ultra-légitimiste. Bonne route. Vous avez bien de la chance de vous comprendre. Reste le péché de la "pensée autonome". J'avoue être allé à la pêche à ce péché. Est-ce remplacer une déférence débilitante par une indépendance réfléchie comme le dit James Wilkinson, sinon briser l'inhibition naturelle devant l'autorité pour que s'exprime la créativité inhérente à l'espèce, fameux roseau pensant ? Autonome ? Surement pas. La nature est le contraire du dessein de Dieu pour l'Homme. Brûlons Rousseau. Doit-on calibrer les cerveaux au berceau et contenir l'imagination tout au long de la vie, dès fois qu'elle arriverait au pouvoir ? Au fond, le confort du schéma lulesque - il ne sortira jamais du sanctuaire des idées reçues de peur de réfléchir et de "se perdre" - se développe à l'intérieur d'une cathédrale finie fermée, avec ogives, clefs de voutes et arc-boutants, on ne touche rien, ça tient comme ça. Passionnant.

crypteJ'ai le regret de lui dire qu'il peut voir de lui-même, s'il sort de la crypte en plein jour, ...que la vieille église catholique ne rassemble que quatre pour cent de notre population et qu'elle n'est plus en situation d'autorité pour longtemps, sauf à brosser le pouvoir dans le sens du poil ;
...que le préalable raspalien de rechristianiser l'Europe (dans sa composante catholique bien sûr) avant d'envisager une transcendance royale est une manière élégante d'avouer qu'à l'impossible nul n'est tenu et que tout restera un rêve de feu de camp scout ;
...que les hommes sont ainsi faits qu'aucun n'acceptera sauf de force, de mettre des chaînes à son libre-arbitre quelles que soient ses contraintes économiques ; et in fine
...que son royaume intégriste de cristal est celui de l'assujettissement des consciences à la doxa catholique qu'on est libre de refuser pour quelques années encore. Entre sa position d'intransigeance incandescente et celle des imans salafistes, il n'y a pas l'espace d'une feuille de papier Riz Lacroix.

buste allégorique de Théodoric en mairie de ToulouseVenons-en maintenant à la fable féodale vendue dans les contes de chevalerie. Il faut s'attarder un instant sur la fable. Les livres de la légende arthurienne sont de vrais thrillers, le roman d'Iseut pareillement. Best sellers en leur temps, ils étaient faits pour que les conteurs en vivent. Ainsi - ces temps étant plus durs que les nôtres - apportaient-ils du rêve, des châteaux de Camelot, de l'émotion à languir d'amour, de l'enthousiasme par l'identification, du chagrin par l'injustice, voire de l'épouvante par des forces occultes (la Tarrasque), et du sexe, recette complexe appliquée de nos jours encore. On ne racontait pas aux gens leur vie quotidienne sans intérêt ! L'intention était littéraire et mercantile, et ces ouvrages traduits en langue moderne continuent à plaire. Ne fondez pas le Moyen-Age sur les contes. Fin de la parenthèse.

livre d'heuresLe régime féodal instauré en France méridionale par les Wisigoths est une organisation territoriale hiérarchisée des pouvoirs dans une société évoluée. Ces barbares vinrent en peuple nombreux et pas seulement en bataillons. Que ce soit des barbares romanisés qui ait inventé ce régime n'en diminue pas la finesse de construction. De l'extérieur et quinze siècles après, on empile les vassaux et les suzerains dans un contrat de secours mutuel, puis on fait se battre tout ce beau monde au frais du laboureur pour faire de l'histoire, jusqu'à importer la trêve de Dieu et le jugement de Dieu qui règlent tout, laissant par là atterrir l'Eglise au milieu de la société féodale pour démontrer son "utilité", alors qu'elle fut trop souvent un ferment de désordre autant que le liant moral. Désolé ! Les motifs réputés supérieurs ne cachent pas les faits.

A l'examen des pays, on découvre, non pas la dispute incessante des éléments du puzzle mais le jeu des Justices, des Directes, des Fiefs et des Alleux, l'évaluation minutieuse des présages, la bataille des franchises municipales (importées du Nord) qui délaissaient malheureusement le droit des ruraux, le tout traduisant l'amour premier de la campagne, champs et forêts, sous le précepte définitif : pas de terre sans seigneur, donc pas de seigneur sans terre. De s'en être éloigné précipitera la chute du régime féodal, puis du royaume¹ lui-même.

castrum, siège de justice
Le cadastre wisigoth tiré du Fisc romain fut un des plus détaillés car il fallait doter tout le monde, et sa mise en exploitation convoqua tous les occupants du territoire, anciens et nouveaux. L'important était que les terres produisent en abondance et que chaque baronnie vive bien, jusques et y compris les serfs² qui représentaient l'énergie primaire. Dans les faits, toute la société barbare et résidente fut attachée à la glèbe. Dès cette époque furent codifiés les droits de mutation et ce que nous appellerions les taxes foncières et les impôts sur revenus, en même temps que les différentes propriétés devenaient cessibles librement sous quelques réserves et prix protégeant les barons et leurs seigneurs.
Deux billets féodaux ont paru sur Royal-Artillerie en juin 2006, La Justice du roi et Le Sou du roi. On y trouve les descriptions souhaitées.

foi et hommageLe volet "militaire" de la féodalité est second du volet cadastral. Le contrat moral de secours mutuel (foi & hommage) restera fort aussi longtemps que la centralisation despotique n'abaissera pas les maisons comtales. Les seigneurs firent d'abord fructifier leur bien avant d'aller razzier celui du voisin. Sur les quatre baronnies (ou seigneuries) que je connais bien (Hierle, Sauve, Meyrueis et Ganges) il n'y eut qu'une seule attaque de baron à force ouverte, ce fut celle de Bertrand de Pierre revenu en 1430 à Sumène reprendre son bien à Etienne de Saint-Martial du parti d'Armagnac, qui avait profité de son éloignement à l'armée de Charles VII (on a le texte de la transaction qui confirme les privilèges). Ceci ne veut pas dire que les populations n'aient pas enduré de ravages, mais ils ne furent pas le fait de la féodalité es qualité, toujours celui de bandes de demi-soldes organisées au pillage en période de troubles (rezzous maures, compagnies franches, routiers, tuchins, malandrins, compagnies de Jéhu ou vendéens...).

sarrasin chargeantAprès l'époque noire de la conquête sarrasine (752) succédant elle-même à l'invasion franque³ de Théodobert par la Valfrancesque (526), la centralisation carolingienne, qui renouait avec l'ère romaine des cités et le césarisme, finit en eau de boudin par la décomposition de l'empire germanique. Vers quoi retournèrent les territoires méridionaux quand s'allégea le joug impérial ? Vers le régime féodal wisigothique, la propriété individuelle, la liberté individuelle, l'amour des champs et lopins. Les sujets de ces contrées ne se considéraient pas entre eux comme des concitoyens ou même compatriotes. Leur inclination était la décentralisation, la justice de proximité et l'individualisme exprimé chaque fois que possible dans la propriété ou l'emphythéose. Chacun chez soi. Le cadastre de 419 est réactivé en 900 et durera jusqu'en 1789 !

St GillesLa question des responsabilités morales du Souverain pour le Bien commun de ses peuples est largement académique, elles n'avaient aucune prise au-delà des possessions directes de la couronne de France. Jusque vers 1200, un baron en Languedoc était souverain, au sens où ses administrés ne connaissaient aucune autorité supérieure à lui, sauf celle de l'évêque pour le spirituel. Les roturiers relevaient du Seigneur Justicier pour leur personne et du Seigneur Directe pour leurs biens. Des grandes maisons établies sur les territoires du vieux royaume gothique, seule la prestigieuse et puissante famille de Saint-Gilles (Haut-Languedoc, Narbonaise et Toulousain) était feudataire du roi de France à l'orée du XIII° siècle ; les Trencavel originaires de Toulouse ayant Justice de plusieurs villes du midi étaient vassaux soit du comte de Toulouse, soit du roi d'Aragon ; les comtes de Provence étaient vassaux de l'empereur germanique ; le Roussillon et les fiefs littoraux depuis Agde jusqu'à Mauguio (Montpellier inclus) était au roi d'Aragon, comte de Barcelone. On le sait encore de nos jours en Septimanie par les rues, places ou lycées d'Aragon !
Le récent comté de Toulouse créé par Charlemagne au sein du royaume d'Aquitaine pour tenir le flanc sud de l'Empire menacé depuis Roncevaux, ne refusa pas la suzeraineté du roi de France quand l'Aquitaine se liquéfia, non plus qu'il ne se montra jamais hostile, avant d'être attaqué gratuitement au prétexte que l'on sait. Pour faire court, on dira que la gouvernance franque ne fut pas celle du "bon père de famille", mais celle de l'avidité.

Les interventions hors de l'enclos ne pouvaient se justifier par le maintien de la paix civile chez autrui, lequel autrui était en charge et capable d'y parer. On remarquera d'ailleurs que la croisade des Albigeois initiée par le Saint-Siège n'avait aucun motif de désordres - la mort du légat dément mise à part - pour lesquels il aurait saisi le roi régnant, mais uniquement la confusion prétendue des âmes et le prosélytisme des Bons Hommes. Et accessoirement, la perte des dîmes qui occupaient tous les évêques à plein temps.

croix wisigothiqueA la fin de l'histoire, les confiscations qui procédèrent de la Croisade des Albigeois furent légalisées par Louis IX qui réunit le Languedoc à la couronne de France en 1270. Pure prédation qui ne parvint pas à dompter les populations rétives, jusqu'à ce que des missionnaires genevois viennent un jour leur faire croire en leur libération, et que plus tard les réformés forment l'essentiel des bataillons révolutionnaires.
Plus tard, le regain religieux de la Restauration fut instrumentalisé par de véritables fous de Dieu qui allèrent provoquer les "hérétiques" et les "voltairiens", plantant des croix aux plus petits hameaux, menaçant les acquéreurs de biens nationaux. Et pourtant le peuple d'Hierle regretta le départ de Charles X, le fit savoir et se battit sur les marchés, au motif de quoi on caserna un bataillon d'infanterie à Sumène pour prévenir l'insurrection !

cardabelle des caussesOn peut dire que l'alliance du trône et de l'autel ne porta pas bonheur à l'ancien régime. Les peuples vont naturellement à l'affect. L'Eglise, qui avait le monopole de l'instruction, l'en prévenait quand elle exaltait les héros républicains d'Athènes et Rome ; de même qu'elle montrait la mythologie païenne à ceux qui se destinaient au sacerdoce ! Attelée au centralisme royal qu'elle voulait au modèle du sien, elle sapait ! Il a suffit que les ambitions politiques d'un Tiers, prédateur plus puissant qu'eux deux réunis, soient ouvrables pour que la pyramide védique implose, montrant sous ses ruines la terrible boîte de Pandore que tenait la Bourgeoisie.
Comme disait Boiffils de Massanne, « sortie des entrailles de la féodalité, la dynastie capétienne avait le pressentiment que son oeuvre de destruction du Moyen Age était un suicide. 1789 se chargea de le lui prouver ! »

Je termine sur ce qui pour moi est une extravagance frisant le délire ; d'autres diront que ce délire-là est commun aux protestants : convoquer Dieu à la solution de nos impatiences.
L'agnostique ne refuse pas l'existence de Dieu, il avoue simplement que cette existence le dépasse, même s'il est parfaitement admissible que Dieu ait déclenché le précipité originel qu'on appelle big bang dans des termes mathématiques hors de l'entendement commun des savants d'aujourd'hui. Dans mon délire personnel, l'homme ne peut supporter d'être mis en présence de Dieu, pas plus qu'il ne peut se plonger dans une piscine de barreaux d'uranium sans s'y consumer. La Bible ne prétend-elle pas que “Nul ne peut voir Dieu sans passer” ?
Désespérés les ultras ? Prétentieux parfois, certains du moins !

YWH

Note (1) : la noblesse française envahie de nobles de robe et de cloche se déracina alors que l'aristocratie anglaise resta ancrée sur le foncier. Elle, existe toujours.
Note (2): la condition de serf était un progrès sur l'esclave gallo-romain en ce qu'elle attachait le domestique et sa famille à la terre qui en retour les protégeait en leur assurant gîte, couvert et soins élémentaires. Après 900, cette classe inférieure s'estompe devant celle des petits tenanciers, certes débiteurs de droits féodaux pour leurs lopins mais qu'ils pouvaient solder en abandonnant le fonds grevé de servitudes.
Il n'y eut pas en Languedoc de gens de pöesté corvéables à merci comme dans les provinces franques.
Note (3): on appelait les Francs par dérision : Fils aimés de l'Eglise.

Postscriptum :
le régime de commentaires suivi par Lulo étant indigeste, Royal-Artillerie le prie de bien vouloir laisser un seul commentaire sur ce blogue, puis d'ouvrir un fil ad hoc sur le forum de son choix. Nous fermerons derrière.



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12 commentaires:

  1. Au moment où on parle de réhabiliter la Monarchie de Juillet, marotte du prince Jean, il faudrait décortiquer la responsabilité de la bourgeoisie dans le naufrage du royaume de France.
    Avez-vous les éléments, Catoneo ?

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  2. J'avais lu Beau de Loménie sur les dynasties bourgeoises du 18 brumaire, mais il y a longtemps.
    J'ai quelques éléments d'avant 1789.
    Ce serait un billet assez lourd.
    ;)

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  3. Vous aviez écrit que je ne serais pas déçu... Je le suis quand même un peu, mais bon, ce développement de vos idées est quand même intéressant, même s'il ne brille pas par la nouveauté, à laquelle vous êtes pourtant si attaché!

    Avec l' "asservissement des âmes" par l'Eglise, vous commencez fort! Cette formule sous-entend que l'homme peut atteindre vérité et bonheur par ses propres forces, et surtout sans aucune norme extérieure imposée par une autorité qui lui est supérieure. C'est la définition exacte de l'autonomie.
    Ce serait juste, d'ailleurs, sans le péché originel, et sans la Révélation...
    Je ne crois pas que vous alliez au fond de vos idées, et c'est regrettable; sans cela, vous ne retomberiez pas dans les erreurs de Rousseau que vous dénoncez plus loin...

    La dignité de l'homme n'est pas constante (celle de l'assassin n'est pas la même que celle du petit enfant), la conscience n'est pas la norme suprême (elle peut être erronée, et n'est absolument pas supérieure à la volonté et aux passions): dès lors, on ne fonde rien de solide sur elles.

    La vraie Foi s'impose à tout homme, mais requiert une réponse libre. Ca ne veut pas dire pour autant qu'elle est dépendante du bon vouloir de chacun! La vraie liberté, celle de l'Evangile, est la "faculté de se mouvoir dans le bien" (Léon XIII), pas de décider soi-même ce qu'est le bien.

    Les cathares convertis étaient soumis, par définition, aux même règles que les autres. Vous faites un contresens avec les protestants du XVII°S. ...: au Moyen-Age, la communion fréquente n'existe presque pas!
    Dans le contexte de l'époque, les pouvoirs civil et religieux considéraient que l'hérésie est un crime social, donc à combattre, par différents moyens hiérarchisés: c'est curieux (et problématique) de passer sous silence les sept conciles, les milliers de prédicateurs dont St Bernard ("La foi doit être persuadée, non imposée") et St Dominique qui se sont intéressés au problème cathare entre 1119 et 1215...

    Quand au Languedoc "terre d'hérésies", les faits signalés sont justes.

    Ma démarche"intégriste" (je l'attendais, ce gentil vocable) est tout simplement celle qui a été recommandée par tous les papes, jusqu'à Pie XII, et obligatoire en conscience pour tous les catholiques. Mais apparemment, Catoneo est meilleur théologien qu'eux, pour avoir mieux saisi la doctrine des deux glaives?

    J'apprécie au passage l'idée de "raisons techniques d'instaurer une religion d'Etat", qui lorgne gentiment sur la "religion gardienne de l'ordre social" de la bourgeoisie voltairienne des XVIII°s. et XIX°s. ... De belles fréquentations!
    Et on touche au sommet avec la formule thèse/antithèse (c'est beau le règne social de NSJC mais c'est irréalisable...), on passe carrément à Lamennais, Montalembert et autres Mgr Dupanloup, la fine fleur du catholicisme libéral!

    Cher Catoneo, vous auriez décidément gagné à étudier le droit public de l'Eglise avant d'en parler: la notion traditionnelle de tolérance civile, si vous la connaissiez, vous aurait évité de dire des âneries.

    Votre analyse de la pensée autonome vous conduit à pieds joints dedans... La "déférence débilitante" est en fait la soumission indispensable à chacun au réel et à la Vérité, naturelle ET révélée.
    Chacun y est tenu, mais notre nature pervertie produit précisément une "inhibition naturelle devant l'autorité". "Naturelle", ou plutôt humaine, mais certainement pas légitime.
    L'"indépendance réfléchie", "la créativité inhérente à l'espèce" sont de jolis euphémismes habituellement contenus dans un seul mot: l'orgueil.

    Donc, autonome ? Certainement, puisqu'il s'agit de nier l'autorité extérieure à soi.
    La raison est d'ailleurs évacuée, puisqu'il ne faut surtout pas "contenir l'imagination"...

    La suite dans un instant!

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  4. Je dirais en réponse pour Aymeric de C. que la monarchie de Juillet se résume bien par "la Forge" et ...(je ne me souviens plus) comme l'a dit Catoneo récemment. Ces familles sont toujours en place, on voit le résultat...

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  5. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  6. La Forge et la Banque :)

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  7. Bien, reprenons!!!

    Bien navré, mais vu le nombre de choses relevées dans le message, je ne pouvais pas condenser!!!

    Cher Catoneo, vous parlez fort justement de "la fable féodale", qui est aussi vendue depuis cette époque par toute une ribambelle de théoriciens "réactionnaires", des Fénelon, St Simon, Boulainvilliers, tous grand pleureurs sur la chevalerie et la bonne monarchie médiévale pervertie par les Bourbons... Et il est fort curieux de voir que toutes leurs balivernes sont passés dans un certain royalisme (avec de très beaux spécimens sur le site de la RN), qui proclame bien haut le CONTRAT entre le Roi et la "Nation".

    Hier comme aujourd'hui, il ne s'agit que d'emballer derrière des grandes phrases ("défense de la nation contre l'arbitraire", "défense des libertés") tout un catalogue d'ambitions personnelles et oligarchiques: un bel exemple nous est donné par un parlementaire du XVIII°s., La Chalotais, qui déplorait l'extension par l'Eglise et la monarchie de l'instruction aux classes pauvres, comme ferment de destruction des castes aristocratiques... Vous avez dit bien commun?

    Aussi, quel beau conte que celui de la féodalité wisigothique! Le "contrat de secours mutuel" s'est bâti sur les ruines de l'autorité carolingienne, et il est grotesque d'attribuer à l'Eglise la responsabilité des guerres de "tout ce beau monde au frais du laboureur"...

    Votre explication de la féodalité est purement idéologique. Elle évacue complètement la notion d'institution:

    http://www.viveleroy.fr/article8.html

    Vous vous trompez lourdement dans vos interprétations, car vous avez un curieux préjugé contre l'autorité: le Roi ne peut être qu'une menace, contrairement aux gentils féodaux soucieux de bien commun...
    L'Histoire montre précisément le contraire (la situation rurale a beaucoup gagné à l'intervention directe de l'autorité royale, via les intendants, contre les égoïsmes des oligarques), mais là encore, le point de vue anthropocentrique, bien que faussé, vous sert admirablement...
    La monarchie ne s'est jamais éloigné du précepte "pas de terre sans seigneur": le Roi est le suzerain de tous les seigneurs, c'est un principe affirmé depuis le XII°s. au moins.

    Le bien commun ne peut sortir que d'une autorité légitime, et entière: la souveraineté appartient au Roi, et pas aux féodaux.

    Pour faire court, comme vous dites, vos propos sur le Languedoc médiéval en général, et les cathares en particulier sont gortesques, et ont été largement réfutés par les travaux d'historiens comme E. Leroy Ladurie:
    -Les cathares formaient à peine 10% de la population languedocienne: belle hégémonie!
    -Les féodaux se trouvaient fort marris d'avoir été privés, par la réforme grégorienne, des bénéfices ecclésiastiques...
    -L'intervention militaire de 1209 s'est faite à l'initiative de Rome, mais SANS le futur Louis VIII, à qui son père Philippe Auguste a interdit d'y aller.
    Le prétendu "impérialisme" du Nooord ne s'est manifesté qu'en 1226-1227, puis en 1244...
    -Quant aux populations: "Les envahisseurs ont rencontré sur place une formidable complicité de la plus grosse partie de la population" (Montaillou, village occitan)
    Michel Roquebert conclue: "La croisade victorieuse n'a pas été un génocide; économiquement et socialement, elle n'a pas mis le pays à genoux"...

    Alors, brisons là: vos fantasmes nationalistes occitans, qui sont bien commodes pour relier pêle-mêle cathares, camisards et anticléricaux, ne sont que pure fiction.

    La suite tout à l'heure!

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  8. Aneries, grotesque, fantasmes ... pas facile de ne pas s'énerver à vous lire et faire court. Ce billet, comme les deux autres où vous êtes venu mordre, n'est pas une thèse à soutenir ! Si l'agrégation se passait sur débat, vous le perdriez sûrement au défaut de courtoisie.

    Dans votre premier commentaire, vous arguez à mon endroit d'une méconnaissance du droit social de l'Eglise et des préceptes théologiques énnoncés par les papes et les conciles juqu'à Pie XII (après lui, on joue en deuxième division, je sais). Ils ne m'intéressent pas. Je livre des faits rapportés sur un territoire précis par des sources fiables, et je cherche à comprendre leur interaction et les ferments qu'ils font lever dans le futur.

    Dans les faits on ne peut croire que les cathares n'aient représenté que dix pour cent de la population (quelles sont les populations statistiques? les historiens modernes ont pris l'habitude de travailler par masses, alors que la vérité est au niveau de l'individu). Nombre de barons furent forcés par leurs sujets de se porter au secours de l'hérésie ! Même Raymond de Toulouse fut pressé de quitter la croisade après son début.

    Lorque vous me dites que la situation rurale a beaucoup gagné à l'intervention directe de l'autorité royale, je puis vous assurer que les populations des baronnies citées n'y ont vu que taxes et juges doublés, et que les confiscations successives de la Couronne ont provoqué beaucoup de désordre dans les droits féodaux qui étaient le liant social de base. Par contre, s'y sont retrouvés les roturiers qui purent acquérir des charges vénales créées pour abonder au Trésor, anoblissantes souvent, pour apâter.
    Il va sans dire que les Intendants firent un travail remarquable d'aménagement du territoire, ponts et chaussées, villes nouvelles etc... mais ce n'est pas intrinsèque à la royauté.

    Votre problème est que le Languedoc ne rentre pas dans le moule du "Projet des Quarante Rois" qui commence avec l'allégorie du pigeon à l'ampoule, et où, tout ce qui suit le baptème de Clovis est fait pour le bien de la France... France, terre de conquêtes à force ouverte ! C'est un peu gros mais une belle définition de l'hégémonisme de la Couronne en marche.

    Sur le reste, nous ne convergerons pas car je ne partage pas vos postulats mythologiques. Et tout le fatras anti-voltairien ... ou contre le catholicisme libéral... laissons tomber, hors-sujet.

    Pour finir quant au "grotesque" qualifiant la responsabilisation de Rome, je vous assure, demandez autour de vous, que l'Eglise a déclenché des guerres partout où elle avait le dessous ; que le grand cric me croque, mais les croisades ne sont pas des caravanes pacifiques de promotion de la vraie croix ! Les conquêtes au nom de Dieu se valent toutes. Elles sont pires que des guerres civiles !

    La monarchie est un concept politique intelligent et éprouvé. Elle ne commence pas dans les musées du légitimisme mais demain. Elle n'a pas besoin des béquilles de l'histoire ni des mythes fondateurs propres à chaque modèle national car sa construction intellectuelle tient debout seule avec quelques principes fondamentaux. L'empirisme organisateur maurrassien est un outil intéressant, utile mais non déterminant pour l'action, car il privilégie les rétroviseurs.

    Méditez avant de partir : la transcendance essentielle à la royauté passe-t-elle par une construction humaine telle qu'une Eglise ? Faites-en un topic chez Mickaelus. :) :)
    Bonsoir.

    PS: Le futur Louis VIII était au sac de Marmande en 1219. Mais je ne me souviens pas d'avoir écrit qu'il était entré en guerre en 1209.
    PPS : j'en profite que c'est gratuit. Aucun des modérateurs ou administrateurs du forum Vive Le Roy ne consulte le site légitimiste que vous citez abondamment, car ces gens ont usurpé le nom de notre forum qui était bien plus ancien, et se sont montrés arrogants voire grossiers lorsque gentiment nous leur en avons fait la remarque. Par souci d'équité, ce site est quand même inscrit au Roycoland de ce blogue. Fermons la parenthèse.

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  9. L'alliance du trône et de l'autel a porté au contraire beaucoup de bons fruits: elle a permis la sanctification de générations entières.
    Votre agnosticisme vous conduit là encore à d'immenses contrefaçons: la foi n'est pas un sentiment, c'est l'adhésion de l'intelligence à la vérité révélée. De là, vos théories ne valent rien: vous niez la transcendance qui est la clé de compréhension de l'Histoire, puisque celle-ci tourne autour du Christ.
    L'agnostique ne nie peut-être pas Dieu, mais il fait comme s'Il n'était pas là: la négation, même pratique, n'en est pas moins réelle dans votre "délire personnel". L'homme "peut supporter d'être mis en présence de Dieu" parce que, précisément, Il lui a parlé et s'est fait homme pour cela.

    Donc, nous ne sommes pas désespérés, loin s'en faut! Nous avons la satisfaction d'accomplir nos devoirs envers la Cité, dans le respect exact de la volonté divine.
    Et cela ne nous a pas mal réussi jusque là!
    Suis-je prétentieux? Peut-être... je répands la vérité comme je le peux, avec mes faiblesses.

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  10. Je ne suis pas là pour soutenir une thèse, mais pour rétablir une vérité que vous malmenez: la courtoisie ne signifie pas abonder dans le sens de l'erreur.

    Votre méconnaissance du droit social de l'Eglise, dont vous vous vantez, est une faute contre l'intelligence et la bonne foi: quand on n'est pas d'accord, on essaye au moins de savoir pourquoi, et on ne remplace pas l'étude par des préjugés: faire dire à l'Eglise ce qu'elle n'a jamais dit, par ignorance volontaire, n'est pas très glorieux.

    Vos sources fiables ne sont apparemment pas les mêmes que celles des historiens éprouvés... Gênant, quand on prétend faire de l'Histoire, et en remontrer aux spécialistes... Savez-vous qu'il existe des sources documentaires en histoire médiévale???

    De là, pour le contexte historique, social et religieux du Languedoc médiéval, vous nous permettrez de nous en tenir à Michel Roquebert (grand prix d'Histoire de l'Académie, et lauréat de plusieurs académies languedociennes) et à Emmanuel Le Roy Ladurie (membre de l'Institut) plutôt qu'à vos conclusions: le bon est accidentel, le mauvais intrinsèque à la pieuvre capétienne!
    Il y a apparemment, au moins, un problème de méthode!!!

    On se demande quand même pourquoi vous roulez pour "un" roi de France, et pas pour un roitelet d'Occitanie??? Quoi que, Jean d'Orléans s'en contenterait peut-être?

    Honnêtement, avec une telle idéologie nationaliste, je ne crois pas que vous soyez bien placé pour dénoncer les "postulats mythologiques"...
    Et puisque vous évoquez le "folklore" royal, il y a beaucoup de choses à distinguer, notamment ce qui est fermement assuré: la Franquerie n'est pas de nos auteurs préférés!

    Nous connaissons assez l'histoire de l'Eglise (et mieux que vous apparemment) pour savoir à quoi nous en tenir: la partialité de votre approche suffit à la rendre... grot...peu crédible: quid des persécutions islamiques, de la dhimmitude? Légitime défense?
    Votre acharnement contre l'Eglise est plus que curieux: on y retrouve bien des "arguments" développés par la Nouvelle Droite... Vous êtes abonné à la NRH, ou quoi?

    Très forte, votre idée d'une monarchie en tant que "concept politique intelligent et éprouvé" mais qui "n'a pas besoin des béquilles de l'histoire"... Donc, un régime expérimenté, fruit d'une longue expérience mais qui n'a pas besoin de l'Histoire, donc de l'expérience...!
    Sans commentaires!!!

    Le pivot de la monarchie est certes un ensemble de principes solides: les lois fondamentales. Sans elles, pas de bien commun en France.
    Pour comprendre cela, il n'est même pas nécessaire d'être catholique: des athées, des agnostiques, des juifs, des musulmans, des protestants sont d'excellents membres des cercles adhérents à l'UCLF. Sans doute parce qu'entre accepter la transcendance telle qu'elle est et la nier, il y a une marge.

    Pour ouvrir un "topic chez Mickaelus", avez-vous besoin qu'on vous tienne la main?

    PS: Pour les cathares, je ne dis pas que vous avez péché, si ce n'est par omission: vous avez extrait un petit bout de l'histoire, en vous gardant bien de tenir compte du début, de la fin et du contexte. C'est tout!

    J'ignorais que l'expression "Vive le Roy" était sous copyright... De toute manière, rassurez-vous, le site légitimiste éponyme est loin d'être une contrefaçon de votre forum!!!

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  11. Toujours ce ton de commandement à la limite de l'insulte.
    Vous êtes imbuvable en longueur, prétentieux et à l'occasion, petit.
    Pourquoi répondrai-je à un sourd mal embouché ?

    Aux lecteurs du blogue :
    Tous les légitimistes ne sont pas catholibans ni si rustres !

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  12. Que voulez-vous, je n'irai pas dans votre sens quand vous errez, et me complimentez!

    Pourquoi me répondre? Peut-être pour essayer de démontrer que je me trompe sur vos convictions... je ne demande que cela.

    Etant donné la profondeur de conviction des légitimistes que vous devez fréquenter, gardez-vous d'en donner un portrait-robot aux autres!!!

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