samedi 7 novembre 2009

GMM, grande mosquée de Marseille

gaudin avec le projet sous verreLou Ravi de Marseille a ciré l'imam en grandes pompes pour la permission triomphale de construire la mosquée aux Abattoirs Saint-Louis, après huit longues années de cent-dix mètres haies. A l'origine, c'était d'ailleurs le projet des bouchers marocains. M. Gaudin, au président Moussaoui du Conseil Français du Culte Musulman : « À Lyon, à Montpellier, à Lille, il y a une grande mosquée, Marseille doit avoir la sienne. C'est une marque de reconnaissance envers les musulmans et tous ceux qui ont laissé leur vie pour que la France soit libre. Mais assurez-vous d'avoir les moyens de réussir avant de détruire le bâtiment existant ».

Pour réunir les vingt millions d’euros de budget nécessaires à la réalisation de la Grande Mosquée et ses annexes¹, qui doit être édifiée dans le 15e arrondissement de Marseille (nord), l’association GMM qui conduit le projet, compte en effet solliciter les pays musulmans. L’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, la Mauritanie, les Comores (?), la Turquie et l’Arabie Saoudite ont été approchés. Les engagements arrivent. Algérie, Maroc et Comores ont répondu avec des chiffres. Une souscription va être lancée sur les Bouches-du-Rhône.

La mosquée sur papier a déjà son site : www.lamosqueedemarseille.org, duquel est extraite la vidéo architecturale en 3D ci-dessous, avec muezzin :


On peut apporter son tapis


Deux cent cinquante mille fidèles musulmans attendent cet édifice qui reconnaîtra la spécificité de la cité phocéenne, à l'histoire de laquelle ils ont contribué ; puisque c'est à Marseille que fut scellée l'alliance de François Premier et de Soliman le Magnifique entre les mains de l'émir al-bahr (amiral) Kheir-ed-Din Barberousse² ("bienfaiteur de la religion"), qui débarqua le 20 juillet 1543 au Vieux port, après avoir encaissé 1.200.000 ducats du Sultan pour armer sa flotte et s'enrôler au côté du roi de France contre Charles-Quint.
statue de l'amiral Barberousse à IstanbulSi la chiourme de sa flotte était turque, le pont était sous le commandement de renégats chrétiens et juifs, marins de fortune expérimentés, par moment chasseurs d'esclaves et toujours à l'affût d'aubaines en professionnels de la course, qui pullulaient alors en Méditerranée.
Le corps expéditionnaire "turc" avoisinait les trente mille hommes, de sacs et de cordes, et les Phocéennes furent l'objet premier de leurs occupations. Marseillais de souche, doutez ! L'inconséquence du Valois lui coûtera 800.000 écus pour faire rembarquer les "Turcs" dont finalement il n'avait pas l'usage, et dont la présence encombrante en revendications et frais d'entretien était perçue comme une provocation gratuite par les princes européens. [cf. La piraterie barbaresque en Méditerranée de Roland Courtinat, Ed.Gandini, 12€].

Ce petit clin d'oeil étant fait, l'analyse (rapide) des motifs d'acceptation de cette construction exotique montre qu'ils sont proches de ceux qui ont présidé à la construction de la Grande Mosquée de Paris en 1926, en aboutissement d'un projet de Napoléon III : les Troupes d'Afrique. Lyautey, Mangin et la Grande guerre étaient passés par là. Dans son allocution, Jean-Claude Gaudin mentionne expressément le sacrifice des musulmans. Dans sa logorrhée démocratique, le sénateur-maire agrège aux musulmans "tous ceux qui ont laissé leur vie pour que la France soit libre", sans qu'il soit sûr que sous les croix de bois de nos cimetières militaires, on ait caressé le rêve de la grande mosquée de Marseille. L'exploit verbeux de circonstance d'un tribun de pacotille ne diminue pas deux réalités :

(1) Soixante garages pour deux cents mille fidèles du Prophète, ça ne va pas. Ces gens ont droit de construire un lieu de culte. Ils ne demandent rien de plus qu'un permis de construire et, même si on peut disputer les dispositions avantageuses du bail emphytéotique donné par la mairie sur de vieux abattoirs excentrés - facilités qui motivent le recours des partis MNR et FN devant les tribunaux avant les élections régionales - la vocation méditerranéenne de Marseille s'y voit affirmée. Mais ça peut ne pas plaire quand l'islam est le vecteur de cette mutation, parce qu'il charrie "génériquement" un modèle social intolérant.
vue d'oiseau de la mosquée de marseille

(2) La nature est à l'esprit ce que le vide est à l'idée. L'une et l'autre en ont horreur. Et si la bonne pipe fait le bon "opium", le ralliement à la République ordonné par Léon XIII par le truchement du cardinal d'Alger trouve ici une conséquence tardive, démontrant que le dit-pape s'est vautré en choisissant la mauvaise... pipe. La République est laïque et ne protège de rien, pas plus de la déchristianisation du pays que de son islamisation. Après le désastre de la Révolution, au déclenchement de laquelle l'histoire convoquera l'Eglise, il eut peut-être mieux valu rester dans la transcendance et même y revenir intégralement, au lieu de se jeter dans le siècle et sa corruption mentale. Le repère serait resté visible de tous, lisible par tous, indiscutable. Au lieu de quoi, les catholiques derrière les clercs se sont lancés sur le marché du "Charity business" pour s'y faire doubler.
Avec quatre pour cent du peuple qui va à la messe, il est vain de vouloir inverser la tendance, ou même stopper la crue. L'oecuménisme pontifical se chargeant lui-même de détruire les digues, quand il "égalise" les religions du Livre, il n'est pas loin de les "légaliser". C'est ce qui se passe sous nos yeux.

Jamais plus royaliste que le roi, j'attends des "identitaires" à la manoeuvre qu'ils choisissent bien l'axe de propagande en dehors de la religion puisque aucun prélat ne moufte, du moins publiquement. Je sais qu'ils n'invoqueront pas les racines judéo-chrétiennes mais plutôt les vraies racines gréco-romaines de l'Europe. Son nom lui-même n'est pas hébreu.
Un monde avance qui ne me plaira pas.


Note (1): village touristique musulman avec un restaurant, une bibliothèque, un amphithéâtre et une école théologique et son marché aux esclaves blondes dévêtues (euh... non, j'entends les croquenots de la Halde).
Note (2): Au Timgad de la rue Brunel à Paris, il y a une très belle fresque de l'amiral Barberousse attaquant le Peñon d'Alger où succombera le 27 mai 1529 la garnison du marquis Don Martin de Vargas, après deux semaines de bombardements réciproques. Les Espagnols finirent à 53 ! (petit signal de fumée sur l'ancienneté de cette maison connue des légitimistes)



Une faute d'orthographe, de grammaire, une erreur à signaler ? Contactez le piéton du roi à l'adresse donnée en bas de page et proposez votre correction en indiquant le titre ou l'url du billet incriminé. Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

17 commentaires:

  1. Si je peux me permettre, pour des raisons techniques et d'autres qu'il n'est pas nécessaire de développer :

    http://groups.google.fr/group/louisxvii-info-2/web/du--dialogue--avec-lislam

    Je vous laisse toute liberté de supprimer ce message, s'il s'affichait à votre insu !

    RépondreSupprimer
  2. Utilisez la balise (a) pour rendre votre lien actif, car d'expérience les internautes ne copient pas les url dans leur fenêtre de navigation.

    RépondreSupprimer
  3. "À Lyon, à Montpellier, à Lille, il y a une grande mosquée, Marseille doit avoir la sienne. C'est une marque de reconnaissance envers les musulmans et tous ceux qui ont laissé leur vie pour que la France soit libre"

    Très évocateur...Mais si vous êtes tous pour la reconnaissance envers les musulmans de cette façon, il faut aller jusqu'au bout de votre dette : prenez vos affaires et partez. Ou devenez musulman.
    Ca va être chiant à détruire dans les années à venir...Ca pousse comme des champignons...vénéneux.

    RépondreSupprimer
  4. A qui vous adressez-vous ??

    RépondreSupprimer
  5. A tous ceux qui lisent et qui pensent que construire des mosquées dans un pays comme le nôtre est une bonne chose.

    Ce passage m'a interpellé ...froidement. Et j'avais envie de le dire.

    Pas de souci quant au fait que je donne un petit avis, finalement sans importance... ?

    Méro.

    RépondreSupprimer
  6. Ce billet ne promeut pas la construction de mosquées en France, mais donne l'information et la commente, en évitant l'hystérie contre-productive ambiante et en essayant de recadrer le motif de mécontentement.

    A lire peut-être plus lentement et jusqu'au bout.
    :)

    RépondreSupprimer
  7. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  8. En suivant votre aimable recommandation j'avais pu afficher en aperçu un message avec un lien opérationnel entre les 2 balises http://groups.google.fr/group/louisxvii-info-2/web/du--dialogue--avec-lislam, mais celui-ci a disparu à l'affichage définitif d'où ma suppression immédiate ...

    RépondreSupprimer
  9. J'ai lu lentement et jusqu'au bout...

    C'est vraiment un sujet délicat à lire lorsque l'on est d'une autre religion, parce que cela nous ramène indubitablement à cette idée "d'invasion" musulmane.

    Mais je suis capable de mettre de côté mon aigreur pour comprendre que la religion ne peut servir, à elle seule, de propagande. Elle peut même mener à l'effet inverse voulu.
    Sauver l'identité de notre pays par le biais des racines gréco-romaine de l'Europe me semble bien plus objectif, je le conçois. C'est certain que ce sera plus "entendable" et jouable. Mais après ?

    "Un monde avance qui ne me plaira pas." Forcément !

    :)
    Méro

    RépondreSupprimer
  10. Méro,

    C'est un sujet très délicat parce que la religion est le plus sûr ferment de guerre. Et les guerres de religion sont toujours atroces. Le récent démembrement de la Yougoslavie entre catholiques croates, orthodoxes serbes et musulmans bosniaques fut un must !
    Choisir les vraies racines (au sens littéral) est la seule voie ouverte depuis que les papes ont légalisé les trois religions du livre, parmi lesquelles l'islam. La prière de Benoît XVI à la Mosquée Bleue d'Istanbul (après Jean Paul II qui avait prié dans la mosquée des Omeyyades à Damas) signale aux catholiques romains que l'islam est parfaitement fréquentable, ce qui motive peut-être le silence assourdissant de la Conférence des évêques français contre la GMM. A quoi fait écho un communiqué récent de la Conférence que vous pouvez lire ici.
    Le billet de RA aurait pu attaquer sous cet angle.
    Mais pour aboutir à quoi ?

    RépondreSupprimer
  11. Le communiqué de la Conférence est sain et très chrétien et à la limite je l'approuve. Mais cela n'a de valeur que dans un monde où les religions ne cherchent pas la domination au nom de la Vérité. Vous auriez donc abouti à une conclusion très simple et banale : guerre de religion en France dans les mois à venir. Or cela n'est pas suffisant pour convaincre les français de vouloir une monarchie (c'est même, comme je le disais, l'effet inverse), car le but n'est plus de montrer les failles en attisant la haine, mais bien de trouver des solutions autres que religieuses pour rétablir la monarchie.

    J'ai bien aimé cet article : concernant mon évolution intellectuelle, avec vous, je gagne du temps ;)

    Méro.

    RépondreSupprimer
  12. Nourredine Cheikh, chevillard retraité du bizness halal et président de l'association GMM, lance le Mosqueton pour ramasser les 22 millions nécessaires à la construction de la mosquée-cathédrale et de son environnement néo-mozarabe.
    Une goutte d'humour dans un océan de haine.
    Il sera intéressant de lire les prospectus de la collecte.
    A+

    Méro : mp sur VLR

    RépondreSupprimer
  13. Une analyse dépassionnée de l'offre cultuelle musulmane à Marseille :

    La ville compte 62 lieux de culte, offrant aux fidèles plus de 13 000 places. Outre les six grandes mosquées pouvant accueillir plusieurs centaines de fidèles, c'est "l'islam paroissial" qui signale le dynamisme de la pratique, ces petites salles de quartiers pour que les musulmans prient là où ils résident.
    Mais aménagés au rez-de-chaussée d'immeubles, dans d'anciens garages ou de vieux entrepôts, deux tiers des salles de prière occupent moins de 250 m2. Seule la mosquée Daoua du centre-ville répondrait à toutes les normes de sécurité.
    "On n'a pas besoin d'une grande mosquée, mais de petites mosquées de quartier décentes", assure Nassurdine Haidari, imam comorien, deuxième communauté musulmane après les Algériens.
    "Il est virtuel de penser que l'ouverture d'une grande salle va entraîner la fermeture des petites", juge aussi Azzedine Aïnouche, responsable de la mosquée Al-Islah sur le site du grand marché aux puces. (ndlr : il y a aussi la crainte d'un siphonage du bizness des petites salles par la grande mosquée)
    L'exemple des Grandes Mosquées de Lyon ou de Paris, dont le rayonnement théologique au sein de la communauté musulmane locale demeure limité, inspire des craintes. "Ce projet apparaît comme une aspiration venue du haut et notamment de la mairie, juge Youssef Mamri, ancien membre actif de l'islam local. Il risque d'être une "mosquée de Paris bis" où les enjeux cultuels passeront après les enjeux politiques."
    Deux autres écueils risquent de compromettre l'aboutissement du projet : la délicate désignation d'un recteur et d'un imam qui soient acceptés par l'ensemble des sensibilités de la communauté musulmane marseillaise, et le financement (ndlr : les pays bailleurs de fonds font pression pour favoriser leur obédience).
    Avant d'en arriver là, les fonds doivent être collectés. Les porteurs du projet comptent sur les fidèles pour trouver les millions d'euros nécessaires aux travaux en sus du mécennat islamique étranger. "Je ne vois pas comment ce projet peut aboutir, juge M. Mamri. On n'a même pas de quoi payer les factures d'électricité ou les imams dans les mosquées !"
    [source]

    RépondreSupprimer
  14. La France républicaine a un comportement ambigüe. Elle accueille et favorise l'islam en France. Mais à côté, elle ne verse pas un centime, ne serait-ce que pour la sécurité de l'être humain. Je déplore l'attitude envers les catholiques, mais il y a des raisons que l'on connait tous. Concernant les islamiques, aucune. La France aurait-elle peur de ne plus maitriser ce qu'elle préconise tant ?
    J'avais déjà constater auparavant cette attitude. A qui est la faute ? Aux musulmans à qui on a fait croire qu'ils étaient libre de pratiquer en toute sécurité leur culte ? Où à la France qui s'est perdue...
    Sous une monarchie, les lieux de cultes seraient limités, mais corrects.
    Je sais bien que les musulmans en France ne s'y sentent pas bien.On les reçoit mal.

    Dit en mettant de côté mes convictions religieuses...

    Méro

    RépondreSupprimer
  15. Je mûris un billet sur l'islamisation depuis quelques temps, mais c'est un sujet grave où l'on doit éviter l'improvisation et le sectarisme facile, tout blanc, tout noir.
    Je suis un enfant de l'Union Française et j'ai certaines perceptions, un peu délaissées aujourd'hui.
    A suivre ... :)

    RépondreSupprimer
  16. J'ai reçu un marseillais hier soir à qui j'ai posé quelques questions.
    Il s'avère que le projet aux abattoirs St Louis ne soulève aucune passion intra muros.

    Par contre une certaine agitation "politicienne" a pris naissance dans les communes avoisinantes.
    Il a noté que les dernières affiches du Front National dans les quartiers nord n'ont pas même été déchirées par les riverains.
    En fait pour les marseillais, c'est un non-évènement, non financé. Un truc de gaudin. Pour l'instant.

    RépondreSupprimer
  17. On verra bien. De mon côté, je me suis laissé dire que la construction de grandes mosquées favorise l'immigration. La concentration de musulmans à un endroit précis (grandes villes) favoriseraient aussi la délimitation d'un territoire leur appartenant.

    Alors est-ce une bonne chose que le gouvernement se refuse d'aider financièrement ?
    Sous une monarchie, les mosquées sont gérables ainsi que l"immigration car il y aurait des règles strictes, pas comme sous la république. Nous ne savons pas nous faire respecter et respecter les étrangers.
    De toute manière le temps qu'ils récoltent des fonds, qu'ils construisent leur grande mosquée...

    Méro

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont modérés. On peut utiliser les balises a, b et i dans leur rédaction. Pas de commentaires "anonymes".

Printfriendly