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mardi 24 mai 2011

Du Prince et des Français

A l'issue de la messe pontificale du 800° anniversaire de la fondation de la cathédrale Notre-Dame de Reims qui a réuni dimanche 15 mai trois mille fidèles, Mgr Louis-Alphonse de Bourbon a partagé avec les Français la charge d'une dette historique que le pays contracta avec le Ciel au moment du baptème de Clovis. Sous la bénédiction du nonce apostolique, il s'est adressé aux autorités civiles et religieuses venues l'entendre au Palais du Tau, à ses cousins de Parme et aux nombreux invités de la municipalité.
(Extrait de l'allocution du Tau¹) :
« J'ai reçu un héritage, que j'assume, mais je ne suis pas seul à le porter. Oui, vous chers amis, vous le peuple de France, vous aussi c'est votre héritage, notre mémoire commune, nos fondations, nos racines. Autant que moi, vous y attachez cette importance particulière qui n'échappe à personne aujourd'hui. France, qu'as-tu fais des promesses de ton baptême ? Interrogeait ici il y a plus de vingt ans un bienheureux homme qui fit se rencontrer les peuples. Aujourd'hui la France se souvient, la France s'anime, la France respire. Oui, ce monument du passé, ce monument d'unité, est aussi un monument d'avenir : Celui que nous sauront transmettre à nos enfants, pour qu'ils puissent aussi être fiers de leurs racines, de leur pays, de la France ».

La formulation a été pesée non pour revendiquer une place qui n'en est pas vraiment une dans la réalité quotidienne, mais pour appeler à un élan national. Notre avenir serait donc dans l'unité des Français en capacité de transmettre la force de leurs racines aux générations montantes. Et cet héritage commun est un capital à faire fructifier autant qu'il représente notre dernière ligne de défense dans ce monde globalisé que le prince connaît si bien de par son métier².

L'allocution de Reims renforce les termes de l'entretien de New-York que nous avions évoqué ici. Qu'est le prince sans le peuple ? Un dictateur romain chargé des pleins pouvoirs pour dévier le pays de sa ruine ? C'est peut-être ce dont nous aurions besoin à voir l'apathie de notre classe dirigeante à combattre le déclassement de ce pays, piqué au penthotal de la crise financière. Même si je préjuge qu'il saurait le faire - il faut faire confiance à un prince athlète qui maîtrise son mental en toutes circonstances - il n'est pas attendu dans la fonction pour cela et ne le veut sans doute pas. Il reste disponible. A nous, à la Nation de s'en "servir".

C'est donc bien la monarchie constitutionnelle l'axe ! Un attelage du peuple et du roi, ce rêve fusionnel rarement concrétisé dans notre histoire où les malins et les puissants s'interposèrent de tous temps entre le roi et ses peuples, pour tirer avantage de l'un et des autres. Les périls ou un surplus d'affect jetèrent parfois le pont entre eux, mais cet accord parfait qui est le socle vrai d'une monarchie pérenne fut toujours éphémère, et les rois eux-mêmes ne surent pas toujours l'emprunter. Charles X aurait-il joué carrément le peuple contre l'oligarchie pour lâcher les fourches sur la Banque et la Presse qu'il n'aurait pas abdiqué à Rambouillet. Fallait-il être malgré tout un peu plus "politique" aussi !

Nous convoquant au Projet, le prince pose sur nos épaules une lourde responsabilité : celle de l'appeler en dernier recours, non pas à assumer son héritage, mais à faire confiance au principe monarchique qu'il incarne pour continuer la capitalisation entreprise par nos quarante rois et interrompue par le règne du Nombre jusqu'au plus haut niveau de l'Etat, insulte tragique à l'intelligence humaine.
Si le principe n'est pas revivifié, il restera un "prince de vitrail", de belle prestance certes, mais le jouet de la lumière qui le traverse. Sommes-nous capables, et en position, de le faire accéder quand viendront (vite) les jours les plus sombres qui s'annoncent ? Le prince dans son discours du Tau mutualise la caution de gouvernance apportée par la monarchie moderne puisque le relèvement du pays est assigné à nous tous, sans avoir à compter sur la facilité gauloise de l'homme providentiel qui tirera seul le char du royaume.


Mais savons-nous bien les exigences dissimulées par la rénovation de notre société ? C'est une véritable purge de notre modèle social, une rénovation drastique de toute notre justice, et l'amputation de vingt pour cent au moins de notre niveau de vie qui nous guettent. Il ne suffira peut-être pas d'un solide consensus avec notre roi revenu pour faire accepter enfin des codes sociaux raisonnables dans un pays de cocagne.

La question qui n'est pas soulevée là est celle de l'impréparation des royalistes.
Il faudra en parler bientôt !


Note (1): l'allocution complète a été publiée sur le forum Vive Le Roy (clic)
Note (2): Le prince Louis est licencié en sciences économiques et représente à Madrid le Banco Occidental de Descuento, une grosse banque vénézuélienne appartenant à son beau-père, soutien de Hugo Chávez.
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1 commentaire:

  1. Une analyse pertinente de ce discours de Reims par Le Muscadin en cliquant ici.

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