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vendredi 9 mars 2012

Le crime du clivage

Il est un procédé dont usent les partis majeurs de gouvernement dans une élection présidentielle, c'est de briser l'électorat en deux morceaux presque égaux, pour à la fin l'emporter de justesse à 50 plus un. Cliver est la consigne. Le président en fonction ne s'en cache pas, qui a décidé de rompre l'ouverture et de constituer un bloc de droite homogénéisé. Il y est du matin au soir : "on va faire du gros rouge qui tache" répète-t-il à son équipe.
Exit les propositions passerelles comme le mariage des folles (car il faut l'être un peu pour songer au mariage juste avant l'Ecroulement), l'exaltation du jeune communiste Guy Môquet, les zonzons, Blum, Jaurès, les zozos missionnés, les nègres qui font le clown blanc, le casting "Enfants de la Télé"; on va taper dans le programme de zinc bien beauf, dose pour grand malade. On appelle ça le terrain des valeurs. Ouste le régalien qui rassemble, on passe au sociétal qui clive. Ainsi au soir du 6 mai, une moitié de la France aura perdu et détestera l'autre. Chapeau ! Un corps coupé en deux ne survit pas.

La tête haute et le cul en arrière, l'impétrant gravira les marches de la Bonbonnière, ébloui par les reflets du soleil sur les sabres de la Garde. Mais pour faire quoi ? Préparer les élections législatives ! C'est à plein temps, chère Médème, la République.

François Bayrou a tout à fait raison de dénoncer les "naufrageurs" qui enfument l'Opinion de mesures de progrès social hors de portée de nos finances, hors de portée d'une croissance rêvée, hors de portée des conditions de la concurrence mondiale en voie d'agravation. Nos comptes publics sont intenables et l'autisme de la classe politique, complètement omnibulée par la défense de ses positions patrimoniales, fait peur. Attend-t-on de contempler la Grèce renouer avec son africanité ptolémaïque sous la seule industrie du soleil, pour prendre conscience du Mensonge. Il n'est pas d'avenir à un Etat cumulant les déficits primaires publics et commerciaux. « Si un pays est en déficit primaire, il s’enfonce dans la dette et ne peut se mettre en défaut (et donc cesser, au moins pour quelques années, de contracter des prêts) qu’en licenciant immédiatement une partie de ses fonctionnaires et en cessant de financer en partie armées, prestations sociales, écoles et hôpitaux » (Jacques Attali).

Avec une croissance zéro ou epsilon, tout l'ouvrage électoral de quelque bord qu'il soit, va s'effondrer. L'occupation majeure des gouvernants - malheur aux volontaires désignés - sera chaque semaine de faire l'échéance chez France-Trésor. Que se passera-t-il dans le pays d'une société "clivée" ? Ayant expérimenté de longtemps l'incivisme d'une frange significative de la population habituée aux feux de camp, de joie, de détresse, au feu tout simplement, subodorant la réaction des "chasseurs" et déplorant l'assuétude de la majorité au silence peureux, le chaos est à portée.

Seul vaudrait un programme de rassemblement fondé sur des vérités indéniables, portées par des ouvreurs au-dessus de la mêlée, comme la Cour des Comptes et l'Insee. Où est-il ce programme ? Plus fort, j'entends pas !






En guise de cours du soir, vous irez passer dix bonnes minutes à comprendre comment on gagne une élection nationale sur le Blog de Turgot, où Bertrand Lemennicier nous propose une démonstration magistrale.
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