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jeudi 29 mars 2012

L'Empathie des religions du Livre

Ce billet est soumis à une convention divine qui l'exclut de l'espace-temps. Tout y est actuel quelle qu'en soit la date puisque les "vérités "sont éternelles.

L'écume du communautarisme turbide retombe et le piéton de se sentir un peu comme le dernier des Mohicans car il ne sent pas sous ses pieds sa propre commmunauté. Les appels à la cohésion sociale sont des prouts médiatiques, il n'y a pas, et de longtemps dans notre beau pays, de cohésion sociale mais de multiples fractures. Et la fracture religieuse n'est pas la moindre. L'immigration effrenée de populations expulsées de chez elles par la crasse islamique a importé chez nous (ça veut dire quoi maintenant "chez nous" ?) la guerre fratricide des deux fils d'Abraham. Leurs descendants nourrissent leur querelle d'un contentieux millénaire sur des disputes de nomades dont le débat ne nous a jamais tenté. Leurs histoires sont emplies de tumultes au désert, de décapitations, égorgements, sacrifices rituels, massacres de masse, martyrs de toutes façons et les plus horribles d'abord, pour dévier d'un côté sur les ambigüités du message évangélique primant les pauvres et les malades sur toute régime de civilisation dans l'ordre ; le sentiment prime la raison ; et finir de l'autre côté en assujétissant les consciences à des rites minutieux et des imprécations mortifères visant à l'éradication d'autrui, du moins sa mise en servitude. Quels programmes !

La greffe
Fille des civilisations grecque et latine, la France a été déviée de ses axes par la dictature des codes sémitiques importés par l'Eglise catholique. Chez les peuples de la forêt, des rus à milliers et rivières languides, des fontaines-oratoires et des champs blonds ou verts, jouissant d'un climat tempéré par un soleil doux, ami des bêtes et des gens, chez les peuples des montagnes et des vastes plaines qui labouraient l'épée à la ceinture et se nourrissaient sans tabou du fruit de leur travail, on a transplanté dans leur imaginaire l'aridité du désert stérile et brûlant, la mythologie d'un peuple barbare "élu", inconnu, content du joug de préceptes obscurs, incapable d'exprimer une civilisation autrement que par l'écriture. A quoi s'ajoutèrent le récit de mœurs bédouines en forme de paraboles, et pour emblème spirituel, un cadavre accroché au bois de supplice dont on raconte chaque année la terrible Passion. De Son destin cruel, voulu par les hommes de ce temps, là-bas, nous devons nous repentir, ici ! Nous naissons coupables et resterons pécheurs toute notre vie, sans quoi nous n'obtiendrons aucune commisération du Ciel ! Le convoi de bateleurs, de prophètes, de nécromants, d'agités et d'agitateurs sans patrie (C. Maurras, Anthinéa) est sinistre, mais le voyons-nous tel qu'il est ? Il accompagne la fureur des conquêtes inexpiées des deux autres livres, ancien testament et coran, conquêtes que les temps modernes associeraient à des génocides. Un regard étranger à notre hémisphère est frappé de sidération quand il accède à nos fondamentaux exotiques. Pour un bouddhiste, l'affaire commence par la culpabilisation de l'humanité coupable de curiosité, et finit après des torrents de sang - la Bible n'est que meurtres - par le martyre de main d'homme du Dieu révélé aux hommes, dont on mange le corps en souvenir, sous forme d'hostie, pour en prendre de la force, comme les Papous consommaient leurs valeureux vaincus ! L'empreinte mentale est si forte qu'aucun chrétien ne réagit à ce raccourci.

L'hégémonie et ses disputes
Des générations inlassables cherchant à établir leur pouvoir sur les âmes n'eurent de cesse de vouloir anéantir le « miracle esthétique et politique de la thalassocratie grecque » dans son universalité dangereuse ; de détruire la propension humaine à défier son destin tragique par la certitude de pouvoir changer les choses en modelant le monde par ses codes propres ; en étant son propre médiateur entre sa race fille du Ciel et les contradictions vulgaires de la Terre, une définition de la philosophie. Marquer la "Création" de sa propre métaphysique en construisant l'ordre sur le chaos naturel, c'est de l'autonomie, un blasphème. A défaut de parvenir à extirper complètement les résistances, les dictateurs de conscience récupérèrent la partie utile de la grécité pour la propagande de la "nuit" judéo-chrétienne. Puis vinrent les guerres de religions... on y retourne !

Il n'est pas étonnant, après que leur pouvoir ait été gravement entamé pendant la seconde moitié du XX° siècle en Europe, que les hiérarques du clergé chrétien soient en osmose aujourd'hui avec ceux des deux autres religions cousines, jusqu'à faire consciemment le lit du communautarisme honni pour sauver leur propre communauté.
Les trois religions du Livre veulent imposer leur propre fonds comme socle social, socle sur lequel seront assis leurs particularismes. La vieille religion catholique quand elle put dominer s'est imposée par le fer et le feu chaque fois que sa progression était entravée ou ses acquits menacés. La religion judaïque vaporisée par l'Empire romain a préservé son identité par de nombreux ancrages disséminés partout et elle sut prendre des gages dans certaines professions mieux adaptées au génie de ses ouailles, jusqu'à nos jours en politique, dans les médias et les cercles d'influence ; la dernière venue, ou revenue, le religion musulmane, revendique la liberté d'impacter les us et coutumes de territoires où elle est majoritaire - définition de la démocratie locale directe - en y versant les codes sociaux extraits de son livre de prières ; la plus à la traîne parce que la plus combattue par l'athéisme maçon, la religion catholique, ne s'oppose pas à cette sécularisation active des deux autres, pensant y regagner un jour la sienne propre.

Le communautarisme final et son désordre
Il faut ouvrir les yeux, lire les précautions sémantiques des faiseurs d'opinion, le communautarisme est là, à l'anglaise, définitivement. La République a échoué, le communautarisme va la détruire. Par le jacobinisme, elle a brisé une fédération de terroirs liés par une forte identité nationale dont les croyances importées font partie. Afin d'imposer la dictature égalitaire du gouvernement des atomes-individus, plus faciles à influencer avec une propagande rodée, elle a déclaré la guerre à la religion dominante qui la contrait depuis la Révolution, pour finalement plier le genou devant l'assaut d'autres mœurs exogènes qu'elle n'a pas voulu convertir aux nôtres puisqu'elle les refusait. Vide de sens inné, la République accapare des valeurs naturelles essentielles qu'elle fait siennes, mais qu'elle ne sait pas défendre parce que ses règles sociales tracées sur la comète sont contradictoires comme les ordres criés sur le chantier de la tour de Babel. La République d'aujourd'hui sécrète le désordre.

Elle laisse voir à marée basse le chaos de ses infrastructures morales, culbutées l'une par-dessus l'autre. Et tout au fond du paysage, deux centaines de Mohamed Merah, le pois-chiche ravagé de haine, reçoivent cinq-sur-cinq le prétexte de leur non-intégration pour se déchaîner et faire le dernier film de leur vie. La société exonère d'avance les imams de toute assignation pour manipulation des imbéciles, en inventant un mot qui les décharge de toute responsabilité : l'auto-radicalisation. Il fallait y penser.

Il n'y a pas de solution politicienne,
il faut retourner à Athènes


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7 commentaires:

  1. Le grand inconvénient étant que, pour faire Athènes, il faut des Athéniens...

    Il y aurait beaucoup à dire sur tout ce qui est évoqué, et beaucoup de vrai dans cet article dont je partage surtout la fin.

    Quand on entend certains clercs de formation très traditionnelle, et si on prend un peu de recul, on s'aperçoit qu'on a affaire, dans l'absolu donc sans comparaison avec d'autres Livres, à des fanatiques. La grande difficulté est de conserver à l'esprit le dépôt vivant en le dissociant de ceux qui le véhiculent.

    L'installation du Christianisme n'a pu se faire qu'avec des armées de moinillons têtus et iconoclastes, mais aussi avec les chevaliers descendus de ces peuples libres, et de leurs frères placés aux postes de l'Eglise. La greffe dont vous parlez, sans aborder sur le fond ce que vous en dites, n'a pu exister qu'avec tous ceux là.

    Contre le communautarisme, je ne vois qu'une solution que l'on pourrait qualifier dans un sens moral de providentielle, celle de l'Empire ! Avec Napoléon, pas de communautarisme... Avec une solution large, inspirée du principe d'un empire (sans référence ici à Napoléon), cette idée serait contenue ou grandement facilitée.

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    1. Je vous remercie de contribuer à ce sujet épineux.
      Les peuples de Gaule ont été pris en tenaille entre l'armée des moinillons comme vous le dites et la pression de leur aristocratie, dès que l'Eglise comprit qu'elle ne parviendrait à s'imposer qu'en convertissant le noyau suprême du pouvoir. Les jésuites firent la même démarche en Chine sans succès car le taoïsme est inexpugnable.

      Lorsqu'il apparut que les peuples ne mordaient pas à l'hameçon, on inventa une religion plastique moins intellectuelle qui reprit les superstitions anciennes et épousa jours et contours des religions aborigènes pour faire une conversion soft des masses. Jusqu'à ce que se croyant victorieuse l'Eglise se transforme en tyrannie, et provoque les réactions historiques que l'on sait.

      Sur le communautarisme, la France est au milieu du gué mais n'avance pas. Mon sentiment étant que le communautarisme est effectif, il serait préférable de le déclarer officiellement afin que les communautés averties s'organisent en conséquence. au lieu de quoi, on fait la part belle aux communautés les plus actives à la subversion de la république laïque, laissant les autres dans l'illusion d'une unité et égalité de conditions qui n'existent plus.

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  2. A 3 semaines du scrutin, les gens qui squattent le pouvoir s'aperçoivent du danger islamiste et font la Rafle ! Quelle dérision depuis la séquence du karcher !

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  3. Quand les hiérarchies ecclésiastiques parlent des trois religions du Livre elles sous-entendent un pacte de non-agression, donc non-conversions.
    La Vérité serait donc la fille de cette "union". On mélange tout et c'est exécrable.

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  4. Le terme "religions du livre" est faux! Une invention pour essayer de creer une affinité qui n'existe pas! Car de quel livre parle t on?? La Bible n'est pas le Coran! (Les musulmans considerent la Bible comme une revelation non aboutie)! De plus le fondement de la revelation du Judaisme et du Christianisme est "la Parole": le Dieu des Juifs et des Chretiens est "antropomorphique", il parle à son Peuple!La seule analogie entre ces trois religions est qu'elles sont monotheistes!

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  5. Le terme "religions du livre" est faux! Une invention pour essayer de creer une affinité qui n'existe pas! Car de quel livre parle t on?? La Bible n'est pas le Coran! (Les musulmans considerent la Bible comme une revelation non aboutie)! De plus le fondement de la revelation du Judaisme et du Christianisme est "la Parole": le Dieu des Juifs et des Chretiens est "antropomorphique", il parle à son Peuple! La seule analogie entre ces trois religions est qu'elles sont monotheistes!

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    1. Ce sont les hiérarques catholiques et protestants qui désignent ainsi les trois religions monothéistes (déclinées en de nombreuses variantes...). Je ne sais pas ce que disent les orthodoxes ou l'Eglise copte. Les musulmans parlent aussi des religions du Livre dans le Coran.
      Les Juifs sont au-dessus de tout ça puisqu'ils proclament une religion d'élite peu adaptée aux autres et réservée au Peuple élu. En cela ils sont cohérents avec les Ecritures et logiques.

      Perso mais sur un plan strictement intellectuel, je condamne l'empathie (que montrent les deux derniers papes) et l'oecuménisme qui réduit la "doctrine" à néant, pour seulement prendre la pose "moderne".

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