Index alphanumerique

mardi 27 mars 2012

Ne auzel ne rato-pennado


crédit La Boîte Verte

Dites-vous chat et l'on vous saura chat, d'où l'expression "appeler chat un chat"... mais chauve-souris, ou rat-empenné comme on dit en languedocien, c'est déjà plus difficile. Esope ne s'y était pas trompé dans sa fable restée commune : De la Chauve-Souris et de la Belette.

Une Chauve-Souris étant tombée à terre fut prise par une Belette, et, sur le point d'être mise à mort, elle la supplia de l'épargner. La Belette répondit qu'elle ne pouvait la relâcher, étant de sa nature ennemie de tous les volatiles. L'autre affirma qu'elle était non pas un Oiseau, mais une Souris et fut ainsi remise en liberté.
Plus tard elle tomba une seconde fois et fut prise par une autre Belette. Elle lui demanda de ne pas la dévorer, et comme la Belette lui répondait qu'elle était l'ennemie de tous les Rats, elle affirma qu'elle n'était pas un Rat, mais une Chauve-Souris et elle fut une deuxième fois relâchée.
Voilà comment en changeant deux fois de nom elle assura son salut. Cette fable montre que nous non plus ne devons nous tenir aux mêmes moyens, attendu que ceux qui se transforment selon les circonstances échappent souvent au danger. 

Je ne sais si la leçon figure au programme élémentaire des madrasa, mais lorsque le "télévangéliste" Youssef el-Karthaoui prône l'obéissance aux lois laïques aux musulmans résidant en Europe occidentale, il n'a pas besoin d'ajouter : "...et n'en pensez pas moins" ; il suffit de suivre son émission Sharia et Vie sur la chaîne qataouie El-Jaezeera pour l'entendre. Il est l'exemple même de la chauve-souris. Ces imprécations contre Bachar el-Assad, pour Saddam Hussein, contre Mouamar Kahdafi, contre Nasser, pour les kamikazes du Hamas, contre Khamenei, sont éminemment politiques et les mauvaises langues disent que l'émir du Qatar, bien propre sur lui, utilise l'aura médiatique du prêcheur pour contrôler l'effervescence salafiste à son profit. L'implication active de l'émirat dans les affaires sunnites le laisse croire.

Nous avons convenu en Europe de trier les musulmans par deux épithètes, islamiques et islamistes. On aurait pu ajouter une troisième catégorie, non pratiquants, il y en a beaucoup. Mais la frontière est poreuse comme on le sait sans se l'avouer. L'autre soir, le délégué en Midi-pyrénées du Conseil français du culte musulman plaidait pour un enterrement islamique de la dépouille de Mohamed Merah. Lavage rituel du corps, enveloppement dans un linceul et mise en fosse dans un carré musulman, voire une inhumation en terre islamique, en Algérie si la famille y consent. De même la tombe peut être signalée ou anonyme, mais la dalle de marbre funéraire ne serait pas halal.
Pour le délégué, ce tueur au nom d'Allah, et pourquoi pas "fou de Dieu" tant qu'on y est, est un soldat perdu pour le djihad (guerre sainte) mais un soldat quand même, et ce n'est pas l'avalanche de "félicitations" provenant de sa communauté qui le dégradera au rang de l'ordure. Les quartiers bruissent déjà de l'exploit. C'est un moudjahidin, mort en héros les armes à la main dont on va taguer le nom et le visage dans les halls d'immeuble et les caves, comme on le fit d'Oussama ben Laden.

D'autres (in Le Figaro), comme l'ancien patron de la DST, suspecte le héros d'être une balance de la DCRI infiltrée à dessein et qui aurait viré sa cuti de honte ! Cette hypothèse éclaire bien des points comme la promesse de tuer son "officier traitant", et la liberté de ton utilisée par lui dans les négociations de sa reddition en détaillant le programme inachevé, reddition impossible en ce cas, sauf à ruiner la réputation de tous ses semblables au cours du procès. Cette hypothèse expliquerait aussi pourquoi il ne fut pas ciblé dès Montauban puisqu'il était supposé toujours en laisse.

Tant le CFCM que le CRIF tambourinent sur le tam-tam pour interdire (mais à qui?) tout amalgame entre les crimes impardonnables de Merah, les fidèles du Prophète et la guerre asymétrique du Proche-Orient. Ils sont relayés par les ligues morales apparentées aux deux courants sémitiques, MRAP et LICRA, qui ont marché en silence à la Bastille dimanche dernier avant de connaître tenants et aboutissants de l'affaire.

Au final, la "chauve-souris" morte n'est plus qu'un rat crevé, mais au Paradis grand ouvert !

Eyes wide shut !
Print Friendly and PDF

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires sont modérés. On peut utiliser les balises a, b et i dans leur rédaction. Pas de commentaires "anonymes".