Index alphanumerique

jeudi 15 mars 2012

Passer de 20% à 15% !

 

Si les sociétés de sondage d'opinion ne corrigent pas outrancièrement leurs résultats primaires, il apparaît que la candidate du Front national régresse dans les intentions de vote de cinq points depuis le début de l'année. C'est beaucoup.
On peut l'attribuer aux carences polémologiques de son équipe de campagne, si tant est d'ailleurs qu'elle l'écoute. Comme aux échecs il faut jouer deux coups d'avance. Sinon on passe aux petits chevaux. C'est le volet économique du programme qui est le maillon faible, pour ne pas dire la mine d'autodestruction, mais il y a aussi des incohérences héritées de la "famille".

Prenons le cas de l'euro dont le Front veut s'affranchir et voyons comment le projet est-il reçu. Les épargnants, dans une large classe d'âge de 50 à 90 ans ou plus, n'échangeront pas leurs avoirs libellés en euromarks contre de nouveaux eurofrancs. Les plus anciens ont vécu le temps des dévaluations du dimanche et savent que la monnaie nationale n'a jamais fait carrière hors des frontières. Ils en parlent aux plus jeunes. Ils ont aussi connu un contrôle des changes nord-coréen pour pallier le déficit de confiance des Français en leur monnaie. Cela suffit pour en dissuader beaucoup de donner leur voix à un candidat qui brandit pareil fanion que sortir de l'eurozone. Si elle passe, elle le fera c'est sûr !

Autre proposition un peu galvaudée
Le programme de blindage des frontières leur semblait plutôt sympathique, tant sur le plan des intrus que du dumping commercial. A creuser un peu, ils doutent. Aucun économiste sérieux ne vient sur ce registre et les mêmes mesures proposées plus adroitement par M. Sarkozy, qui obtient plus de retour médiatique sur ce plan, sont critiquées dans le détail où se niche qui vous savez. Si le blindage sarkozien, certes praticable, est de nulle efficacité, que dire de celui de Mme Le Pen qui est à l'économie ce que M. Jourdain est à la prose ? L'accession d'aubaine du Front national aux affaires (c'était possible à 20% d'intentions au premier tour) allait-elle déclencher une dévaluation de 20 à 25% de la nouvelle devise, l'ostracisme européen, un renchérissement insupportable des taux d'emprunts hebdomadaires, annuler d'avance tout concours du FMI (comme pour la Hongrie) ? Faut-il "mourir" pour des idées, se disent certaines gens plus à l'aise que d'autres.

Des soutiens scabreux
Après que M. Jean-Marie Le Pen ait, comme SAR Sixte-Henri de Bourbon-Parme, soutenu le défunt Guide libyen - il en avait fait autant pour Saddam Hussein - la famille a apporté son soutien aux Assad de Syrie, à des motifs filandreux sur la préservation d'une cohabitation des cultes, mais surtout parce que ces braves gens affrontent l'ire anglo-américaine. Tous les jours les écrans déversent hélas des images tristes, parfois poignantes, sur la guerre civile de Syrie, et c'est demander beaucoup à l'électeur lambda de surmonter son écoeurement pour le salut de la géopolitique frontiste.
Que ces gens, fréquentés jadis par le pouvoir parisien, soient fréquentables dans un bain de sang me laisse perplexe, et les électeurs sûrement autant.


Finalement, le drainage des intentions de vote frontistes entamé par le président-candidat fonctionne pour le moment. Le hold-up est à portée. Il est en plus capable de se contredire dans la même semaine avec une conviction telle qu'elle emporte l'adhésion des niais, ceux qui en démocratie font le succès. Oublier la bêtise commune dans l'élaboration des programmes est une erreur de débutant, mais oublier l'épargnant est plus grave dans une optique de conquête du pouvoir. S'il ne s'agit que de revendre son succès entre les deux tours (comme M. Mélenchon) c'est autre chose.




Revue de sondages récents :

SOFRES (12 mars): 16% contre 17% le 27 février
CSA (5 mars): 15% contre 17% le 20 février
BVA (3mars): 14% contre 15% le 16 février
IPSOS (3 mars): 17,5% cvontre 16% le 25 février
LH2-Yahoo (3 mars): 15% contre 14% le 18 février
Print Friendly and PDF

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires sont modérés. On peut utiliser les balises a, b et i dans leur rédaction. Pas de commentaires "anonymes".