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jeudi 31 mai 2012

En attendant Ségolène et son knout...


... on glande !

Notre beau pays n'est plus gouverné depuis quatre mois au moins, la faute à ce cadeau du Ciel maçon qu'est la Démocratie. La houle de la crise se creuse de plus en plus nous signifiant que la tempête accourt. Ces messieurs du pouvoir, les meilleurs comédiens de mai, sont totalement bloqués dans leur répétition de la Générale en attendant que les 577 spectateurs prévus emplissent la salle. Que reprocher à qui ne fait rien ? C'est l'alpha et l'omega de la ligne politique socialiste jusqu'au second tour des législatives, le 17 juin 2012 ; et avec les délais d'installation, la formation de la coalition, les chaises musicales dans les ministères, questures et secrétariats, nous pourrons dire que le navire France aura couru sur son erre pendant cinq mois. Peu de déclarations sinon lénifiantes, quelques décrets populistes puisque le vent souffle de là, aucune décision en aucun sens, si ! Un peu de politique étrangère, ça ne mange pas de pain (électoral). Commençons justement par là.

Les débuts normaux du président normal dans les enceintes décisionnelles internationales (on lui a pardonné quelques mauvais réglages non significatifs s'ils ne se répètent pas) ont fait place à l'eau tiède des convictions à débattre. Mais peut-être est-on revenu à une diplomatie aussi discrète que pugnace ? J'en doute. L'entourage s'accorde à dire que M. Hollande est allergique aux décisions qui fâchent.
Deux axes mous :

Syrie : le film d'horreur déroule sa bobine sans qu'on en voit la fin. Or celle-ci est entre les mains de la Chine et de la Russie. Est-il impossible que les pays de l'OCDE mettent en pointillés missions et déplacement officiels vers ces deux Etats en le faisant savoir ? Pas de grands mots ; ne parlons pas de rupture diplomatique ou d'embargo, mais une simple ostracisation bénigne du genre : « je ne voudrais pas que mes enfants sachent que je parle aux deux bouchers de Damas ». Tant Poutine que Hu ont un sacré pédigree dans le métier, l'un qui pacifia le Tibet de la manière que l'on sait, l'autre la Tchétchénie, en pire. On peut certes oublier l'histoire par convenances diplomatiques, sauf s'il y a récidive.

Mali : l'autre point chaud du silence français est l'Azawad. Un pays ami jeté aux chiens fous du salafisme incandescent. Inutile d'épiloguer, notre retenue nourrit un cancer. La très forte communauté malienne en métropole doit se sentir trahie.

De retour en métropole, nous arrivons chez la belle aux bois dormants. La liste est longue des points qui fâchent :

L'Allemagne ne collaborera pas à la mise en œuvre des émotions de préaux du candidat Hollande. Et le coup de pied de l'âne vient de l'ancien chancelier socialiste Schroeder qui se moque ouvertement de son programme. Ce qui veut dire que les esprits allemands vont se tourner vers leur orient et seront moins enclins à se rapprocher de nos demandes. Le patronat français dans son ensemble n'investit plus, la situation réglementaire de ses activités n' a pas encore décanté et le maintien d'une simple croissance zéro n'est pas sûr. Bruxelles s'émeut des déficits publics qui se creusent à défaut de « mesures rapides, solides et concrètes » pour la réforme des structures étatiques et sociales, et M. Barroso laisse entendre que les investisseurs pourraient s'en inquiéter, ce qui est déjà un pronostic auto-réalisateur. Or Bruxelles est au cœur du dispositif de contrôle et d'aide aux pays en difficulté et ne tient pas à y inclure demain la France inerte. La Cour des Comptes de Paris présidée par le socialiste Migaud commence à paniquer sur la bombe à retardement des pensions publiques¹ et les délais incompréhensibles dans la mise en œuvre d'une « stratégie de réduction ou de suppression des dispositifs les moins efficaces » dans les charges de l'État². L'OCDE vient de réitérer sa recommandation pressante de réforme de la fiscalité, de l'éducation et du marché du travail.
Rien n'y fait, rien ne bouge. On attend que Ségolène Royal accède au perchoir !





(1) Situation nette des régimes publics de pensions
- Fonction publique : -505 Mds€
- Régimes spéciaux des transports : -195 Mds€
- La Poste : -108 Mds€
- Régimes particuliers (ouvriers des arsenaux, anciens combattants,...) : -52 Mds€
(2) L'actif patrimonial de l'État français est court de 835 Mds€ s'il avait à couvrir son passif.
Voir les rapports 2011 de la Cour des Comptes
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