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lundi 11 juin 2012

Décodage


Ce n'est pas la fleur aux dents que nous allons aux résultats, comme on dit au champ de tir. Le pourcentage le plus fréquent sur les circonscriptions visées par l'Alliance royale tourne autour de 0,20%. Certains seront contents d'exister dans les statistiques du ministère de l'Intérieur, oubliant un peu vite la raison de ce combat : notoriété et subsides. Si impossible n'est pas français, nul n'y est tenu non plus, et c'est abuser les jeunes militants que de les embarquer sur le frêle esquif du parti royaliste si par ailleurs les responsables nationaux ne se donnent pas préalablement tous les moyens de leurs légitimes ambitions. Nous faisons ce décodage le coeur un peu serré, mais certaines choses ne pourront être dites que de l'extérieur du parti. [Liste des circonscriptions investies].

L'échec de l'Alliance royale tient plus à la mise en musique loupée d'une stratégie qui se défend qu'à un défaut d'axe. Le renouvellement des corps élus de la république est bien une période propice à l'entendement des masses, et de ces masses le royalisme aura demain besoin. On avait bien compris que sur les cinq tours¹ de la procédure, le parti royaliste devait être présent à trois au moins pour remplir le contrat.

* Première phase : franchir la sélection de candidatures à l'élection présidentielle ;

** Deuxième phase : campagne officielle télévisée à égalité de temps et premier tour de l'élection présidentielle profitant de la diffusion d'une profession de foi royaliste à tous les inscrits ;

*** Troisième phase : campagne officielle et premier tour des élections législatives profitant... ditto ci-dessus .... des circonscriptions investies ; et rémunération des voix obtenues par subsides publics à hauteur de 1,70 euro la voix².

Le dispositif, à notre avis, n'est pas tronçonnable. La phase 2 lance la roue pour améliorer l'accès aux subsides publics de la phase 3. Sur chaque phase Royal-Artillerie a donné son analyse sans qu'on ne lui demande rien d'ailleurs, mais c'est la dure loi de l'Ouest numérique.

On comprend bien que la mise à feu du dispositif est primordiale puisque toute l'affaire est de communication. La notoriété est de la communication. Communiquer efficacement est éreintant. C'est pourquoi il faut décharger le candidat de l'intendance en lui adjoignant un directeur de campagne et un chargé de communication qui verront mieux les choses avec un peu de recul. A défaut d'un homme politique connu, c'est un prince ou un duc qui devrait se déclarer pour faire le buzz, car il ne s'agit que de cela.

Sortir un parti de l'anonymat convoque beaucoup de moyens financiers avant toute chose, mais aussi beaucoup d'idées électoralistes afin de capter l'attention du public qui signalera à son tour aux édiles qu'il y a quelque chose d'intéressant de ce côté.
Sur ces deux points, il y a défaut.

La deuxième phase étant ruinée, la troisième est en péril
La maintenir quand même répond à deux exigences : soutenir l'esprit combatif des militants et tâcher d'atteindre le seuil de reconnaissance de l'électorat qui déclenche les subsides publics afin d'améliorer les dotations du coup suivant cinq ans plus tard. C'est ce que font tous les partis trotskystes.
Etant compris que la fenêtre médiatique de chaque circonscription sera juste entrouverte, que les réunions électorales feront courir le danger de la salle vide, la recherche d'une notoriété rémunérée ne peut passer que par le tractage au marché, les discussions en voirie, le collage et in fine la distribution gratuite par la préfecture des professions de foi à tous les inscrits de la circonscription. C'est ce qui a été fait presque partout. Un soin extrême doit donc être apporté à ce matériel décisif de propagande. Nous ne revenons pas sur les couacs inadmissibles en queue de trajectoire. Mais avec seulement 34 candidats on passe à côté du coup décisif³ (sauf arrangements collatéraux).

Un chef, des moyens, une stratégie
Du triptyque ne reste aujourd'hui que la stratégie. Elle ne pourra être jugée pertinente ou inutile à la cause royaliste que le jour où le contrat des trois phases aura été exécuté complètement. S'il faut relancer les dés pour 2017 il vaudrait mieux s'y mettre tout de suite. Cinq ans c'est court pour la masse de travail à abattre. Avec qui ? Avec quoi ? De l'argent et une cohésion sans faille...


(1) parrainages et deux fois deux tours
(2) le parti qui recueille au moins 1% des suffrages dans 50 circonscriptions de métropole au minimum recevra env. 1,70 euro par voix, par an et pendant cinq ans.
(3) sur le concept novateur de démocratie liquide le Parti pirate a présenté 101 candidats dans ce but (qu'il a raté) mais avec plus de 75 candidats il a pu accéder aux écrans de la campagne officielle. La stratégie du PP a été définie lentement dans le courant de 2011 et dans les circonscriptions où il a eu les moyens de militer il a fait 2%.
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3 commentaires:

  1. Charles-Philippe d'Orléans a fait 3,05% sur la 5ème circonscription étrangère, soit 15 fois plus que le candidat AR moyen d'une circonscription métropolitaine.
    Le prince-duc est donc bien privilégié par son état de "célébrité".
    C.

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  2. Pour moi, le problème vient de la stratégie en elle-même :tenter le tour de force de faire connaître et faire adhérer au royalisme en quelques mois une majorité de personnes est une oeuvre infaisable...

    Par contre, l'élection devrait couronner une mécanique militante régulière, permanente et investie localement, chose que l'AR n'a pas prévu de faire. Ainsi, elle envoie tous les cinq ans de nombreuses bonnes volontés à l'abattoir politique en refusant de militer sur le terrain les 58 mois restants... Dommage, ô grand dommage...

    Sans compter les torquemada royalistes qui se font un immense plaisir de tirer sur l'AR.

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    1. Au Roycoland, dès que vous sortez des messes en latin vous êtes critiquable :)
      D'accord avec vous pour la mise en culture du terrain sur 60 mois ; mais ça les regarde, eux. On ne peut que le leur suggérer.

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