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mercredi 10 octobre 2012

Grexit ?

Terminal COSCO du Pirée
Il est trois "peuples de la mer" dans l'Union européenne, les Danois, les Hollandais et les Grecs. D'autres se mouillent sans "s'embarquer" comme la France ouverte sur quatre mers qui ne se défera pas de son fonds paysan quelque soit l'estran futur.
Il est à signaler que les Hollandais, anticipateurs de catastrophes nés, de par leur vie dans un batardeau géant, ont fait les comptes de leur lointain alter ego pour n'y trouver aucune planche de salut. La Grèce va quitter l'Eurozone et/ou mourir. Les grands bataves internationaux tels que Philips, Unilever et Heineken démontent donc leurs trésoreries athéniennes sans encore plier les gaules car l'heure du Big One n'est sue que de Dieu ou de Magus Anus.
Ces rois des moulins ont déjà envoyé 7,6 milliards d'euros aux Héllenes et sont convoqués à miser 40 milliards sur le MES (Mécanisme européen de stabilisation) dont 4,6 Mds cash et 35,4 Mds mobilisables à première demande (source). Pour des gens qui travaillent beaucoup dans la pluie et le vent, ça fait beaucoup d'argent pour que les Grecs bronzent ! Quand ils ne bronzent pas, ils défilent ! Ce sont du moins les images qu'ils nous renvoient.

Si la Chancelière de Prusse et son féal normal de France assurent à l'envi que les Grecs sont eurozonés ad vitam aeternam, de nombreuses voix pas moins autorisées doutent de tout quant à ce pays sans économie, qui n'exporte que du soleil. C'est maintenant les "gens du FMI" qui disent à haute voix qu'une dette à 180% du pib est insoutenable, surtout si la confiance des marchés dans la santé financière des pays européens (zonés ou pas) s'effrite, comme on le craignait à la dernière réunion du Fonds à Tokyo, ce qui relèverait le coût de résorbation de cette dette.

Il est un seul signal encourageant. Une frange de la population a jeté ses acquits aux orties et s'en est allée... travailler ! Des fois que ça marche à la fin. C'est ainsi qu'un reportage télévisé montrait, pour s'en offusquer bien sûr, les darses du Pirée à moitié vides. En fait, le terminal national est vide, et le terminal chinois est plein. Et parole fut donnée aux représentants syndicaux des dockers - une race de seigneurs comme chacun sait - pour qu'ils dénoncent les infractions au code du travail à la darse travaillante. Les coolies grecs interviewés ont paru peu pressés de répondre au contrôle médiatique, affairés qu'ils étaient aux chariots et aux portiques pour une vraie fiche de paie. Les mauvaises langues disent que les écoles du soir de chinois qui se sont ouvertes en ville refusent du monde. C'est horrible de pousser ainsi les gens à la sueur, du néo-colonialisme, chère médème, le retour du Grand Turc ! Et le pire est à venir.

Si les Grecs s'en sortent par un surcroît de travail moins bien payé qu'un poste de fonctionnaire, que vont devenir ces derniers qui, par le reflux des conditions socio-économiques, vont apparaître gras et lents dans un paysage peuplé de maigres agités ? Du lest ! Les salaires ne remonteront pas tant que la masse salariale de la fonction publique n'aura pas été ramenée à la portion congrue, libérant ainsi des moyens de productivité. Le clystère sera-t-il mis au fondement des Français, Espagnols, Portugais et autres ? Il n'est jamais bon de prouver quoique ce soit par le travail ! Dès fois que les Grecs s'en sortent un jour et donnent tout faux à la communauté des "experts" ?




Bien calé derrière mon clavier chauffé au bois, nous répétons sous une autre forme ce que nous avions suggéré ci et , savoir que la Grèce s'en sortira par un Projet : un projet national d'envergure capitalisant sur les atouts du pays qui n'en a pas tant que ça. Pour que ça marche il faut que le Projet dépasse les intérêts du seul pays et embrasse ceux de toute la région. A cette condition, il captera des financements pour les investissements nécessaires. Bon à savoir : il y a beaucoup d'argent grec expatrié qui n'attend que la sûreté d'un placement utile au pays, et en face de la diaspora hellène des entrepreneurs internationaux qui, à l'image de COSCO, ont lu les cartes.
Ce projet ne peut être autre chose qu'une hégémonie maritime sur le bassin oriental de la Méditerranée, zone d'effort historique du vieil Empire d'Orient. Il suffira d'y mettre les formes, en rappelant qu'au tonnage mouillé l'armement grec conserve la première marine marchande du monde. On l'oublie toujours...
Quelques pistes :
  • Construction civile et réparation navale (ils ont déjà la plus grande forme de radoub et pas de concurrents sérieux)
  • Arsenal militaire régional
  • Production de mécanique navale avancée
  • Hub maritime¹ des conférences qui passent le canal de Suez
  • Siège d'armements mondiaux (ils existent déjà)
  • Centre d'écologie marine
  • Vos idées peut-être en commentaires ci-dessous...

Le Zim Luanda sous pavillon maltais de l'armement grec Danaos construit par Samsung en Corée



Puisse l'appel être repris par plus gros et plus lu que ce blogue de petit calibre.
Amen.


(1) Hub : point de convergence du cabotage régional vers les lignes de haute mer (feedering) ; et dans l'autre sens, point d'atterrissage des voyages océaniques pour éclatement des cargaisons vers les ports secondaires de la région (plus ici).


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