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mercredi 16 janvier 2013

Un voyage aux EAU pour quoi faire ?

la cambrure est un peu surjouée, mais bon...
M. le Président et son ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Guerre empêché s'excusant, sont allés aux EAU. Abou-Dhabi et Dubaï étaient au menu des quêtes. Il ne s'agissait pas moins que de lever des fonds auprès des émirs du Golfe pour exterminer leurs clients, empêtrés désormais dans une guerre ingagnable, malgré l'avis tranché de M. de Villepin. Le projet de prendre un Etat du Sahel, comme al-Qaïda l'avait réussi en Afghanistan, est pour le moins ensablé depuis que la France a dit "non, je t'emm..." aux narco-islamistes. Ce d'autant plus que les résidents complices ont débouclé brêlages et cartouchières pour se remettre à la vaine pâture et soigner leurs chameaux. Les guerriers touaregs qui ne sont pas passés en Mauritanie se sont ralliés aux successeurs de l'Escadron Blanc ! Taratata, c'est le clairon qui sonne...

Les "experts", s'ils décrivent très bien les canaux sunnites de soutien à la "fratrie salafiste" dans sa globalité¹, y compris les enfants terribles du terrorisme, ont du mal à emboîter cette vérité dans la diplomatie pro-occidentale de tous les gouvernements du Golfe, coincés entre un royaume wahhabite soupçonneux de toute contradiction le mettant en péril sur la Péninsule heureuse et un Iran chiite qui cuisine une bombe atomique à leur mettre sur la serviette² au premier coup de vent d'est. Il est reconnu au salafisme une réelle capacité d'entraînement des communautés sunnites contre l'hégémonie chiite. Les émirs étant au coeur de cet affrontement tant comme cibles que comme acteurs, une certaine promiscuité est "naturelle" entre ces pouvoirs despotiques qui ne boivent que de l'eau et la préconisation de rites absolus auxquels ils font semblant d'abonder pour prévenir de sales réactions chez eux. Quand il leur faut s'arracher à la tenaille cléricale et respirer un peu de Famous Grouse, ils prennent l'avion ! Humer n'est pas pécher.

Des Mirage 2000 à la base française d'Abou Dhabi



Le voyage aux Émirats était depuis longtemps prévu d'affaires. Les industriels français rencontraient les hommes d'affaires du Golfe et d'ailleurs à l'occasion du Sommet international sur les Energies du futur. Il est devenu l'occasion unique de vérifier l'état de préparation de notre base aéro-navale d'Abou-Dhabi et de parler de lutte anti-terroriste, ce qui est toujours scabreux en pays arabe tant la logique est en désordre dans le maillage oriental des relations et des intérêts. On peut néanmoins penser que le constat d'échec de l'Islam coincé, qui a débondé l'esprit entrepreneurial des anciens pirates de la Côte éponyme, les poussera à nous comprendre, jusqu'à prendre le train géopolitique qui va bien au teint et au porte-monnaie, le train occidental.
Laurent Fabius semble jouer à pile ou face les effets de son voyage en souhaitant la présence nombreuse des émirs à la Conférence des donateurs qui aura lieu fin janvier à Addis-Abeba en marge du sommet de l’Union africaine, afin de discuter du financement de l’opération militaire lancée contre les terroristes qui occupent le nord du Mali. Il est bien évident que les armées africaines n'ont pas le moindre peso à mettre sur la nourriture et les munitions de leurs soldats et qu'autant leur sera apporté d'Europe, d'Afrique et du Moyen-Orient, autant de moins sera fourni par le budget français en capilotade.


Ce billet est l'occasion de faire un sort par pure justice à la légende du mou du genou attachée à François Hollande. Quand il fut appelé avec sa classe d'âge aux "trois-jours" il fut réformé ! Très déçu, il demanda un contre-examen médical et fut déclaré bon pour le service. Sursitaire, il fit les EOR à Coëtquidan et son application à l'Ecole du Génie à Angers, puis son temps d'aspirant au 71è Régiment du Génie à Oissel (77). A la même époque, son prédécesseur tuait son temps de bidasse à la caserne Balard du 15è arrondissement de Paris ! Ceci étant dit, notre président a quand même les bases, au moins les éléments de langage puisqu'il a poursuivi dans la réserve jusqu'au grade de lieutenant-colonel. Le reste s'appréciera en temps utile. Pour le moment RAS. GO !



(1) "Le salafisme est une vision de l’islam qui privilégie le Coran, la sunna et l’imitation des pieux ancêtres (salaf sâlih) assimilés aux compagnons du Prophète Muhammad dans la période idéalisée de la première communauté de Médine (622-661). Il s’agit donc d’une lecture fondamentaliste, voire littéraliste des textes de l’Islam, hostile à l’intervention de la raison dans l’interprétation du message divin” (François Burgat & Mu‘hammad Sbitli)
(2) allusion fine à l'accoutrement officiel des "towel-heads".
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