lundi 26 décembre 2016

"Boxing" Day 2016 !

C'est cadeau ! Box ou boxe ? La trêve des confiseurs est la période la plus attendue des pouvoirs publics, en ce qu'ils y recherchent une indulgence des peuples à leur endroit. En musique ce serait un soupir. Qu'ils ne comptent pas sur nous, ils sont bien trop mauvais pour nous endormir. Au moment où les malheurs partagés rapprochent la France et l'Allemagne, tous les indicateurs sont au vert pour... leur divergence.
Deux entraves majeures désunissent le couple franco-allemand, le Brexit et la pétrification jugée irrémédiable de la nation française. Le Conseil des Cinq sages teutons¹ pronostique une rupture entre la social-démocratie française à compte d'autrui et la Rhénanité libérale allemande, la France devenant la Reine des Gitans ou dit autrement, la présidente du Club EU-Med (sic) ! D'un autre côté, des experts confirmés comme le professeur Pierre-André Buigues (Toulouse Business School) réitèrent le constat d'un décrochage français dans tous les compartiments du jeu.

La rupture de l'attelage sera la conséquence la plus directe du Brexit. Jusqu'à présent, l'Allemagne lourde (le qualificatif est plus parlant que "réunifiée") se tenait à équidistance du groupe des économies dirigées et de celui des économies libres. La deuxième économie (ou troisième selon le change) du marché commun quittant les instances politiques de l'Union européenne, ce rôle d'arbitre disparaît et oblige la Chancellerie à creuser son propre sillon sans camouflage. La puissance des industriels allemands (souvent propriétaires en titre de leurs affaires) nous laisse penser qu'ils vont renforcer le pôle libéral au Conseil plutôt que d'aider la France, à faire quoi d'ailleurs, ils se le demandent encore tant elle apparaît bloquée.

La France, puissance moyenne mais à capacité mondiale encore, est à la merci de ses propres désordres qui sont grands et elle aura bien du mal à imposer son leadership aux pays méridionaux qui luttent déjà contre le cancer latin avant d'en importer une sur-dose. Car la grande sœur est très malade et son déclin plus sûr que celui de l'Italie, parce qu'elle pèse bien plus lourd et que le poids n'est pas un avantage dans la pente.

En écoutant monsieur Buigues² on obtient la liste de tout ce qui ne va pas, mais le canon qui nous vise est déjà chargé à boulets rouges par la remontée des taux d'emprunts de refinancement de notre dette publique, causée par la hausse des taux américains.

(i) La création individuelle de richesse est en France inférieure à la moyenne européenne et l'écart avec l'Allemagne se creuse par l'inertie du chômage structurel français ; de 2 points en l'an 2000 cet écart est passé à 16. (Ndlr: C'est la mesure la plus sûre du décrochage à long terme).

(ii) Nos capacités d'exportation sont effondrées quand on les compare aux allemandes. L'écart de 2,6 points en 2000 est monté cette année à 16,7 points. Le World Economic Forum classe la compétitivité française à la 22è place (RFA 4è). Nos productions sont chères (aux prix scandinaves) pour une qualité moyenne (au standard latin). C'est toute l'organisation du travail et sa fiscalité qu'il faut revoir. S'agit-il encore de réforme ou de reconstruction ? Bon courage !

(iii) Notre industrie est déclassée tant par un grave déficit de formation (en dépit de 30 milliards de crédits de formation dépensés chaque année) et par un sous-investissement en robotisation. On compte en France 1,20 robot acheté pour 1000 salariés contre 1,32 en Espagne ; 1,60 en Italie et 2,80 en Allemagne. (Ndlr: où trouver les capitaux que par ailleurs on fait fuir ?)

M. Buigues termine ainsi : « Certains économistes sont sceptiques sur la capacité de la France à relever ces défis, mais si la France n’accepte de profondes réformes que pouvons-nous attendre du futur pour notre pays ? Un déclin qui se perpétue, une faillite si les taux augmentent ».


Le Piéton du roi ne sent pas l'immense colère nécessaire parmi les candidats à l'élection présidentielle. Finalement nous subissons le gouvernement des gnomes, plus ou moins fats, plus ou moins déconnectés des réalités et toujours contents d'eux-mêmes. Les écuries d'Augias sont sous un mètre de merde et il ne suffira pas de détourner le fleuve. Autant les passer au bulldozer ! Il faut chasser les prébendiers de la République, leurs familles, leurs porte-plumes, leurs porte-flingues, leurs loges, La Casta enfin ; et rebâtir à neuf une pyramide dont les faces convergeront au sommet pour capter l'aimantation nécessaire à la Nation avec la seule intention de faire le bonheur du peuple ; mais d'un peuple éduqué, redevenu intelligent.
Le rêve passe. Je demande le Temps !


share

10 commentaires:

  1. Ce Pierre-André BUIGUES m’a l’air d’un bon européiste qui découvre sur le tard les vertus de l’industrie nationale. Son parcours nous montre qu’il a bien pantouflé à la Commission européenne et n’a jamais dirigé la moindre entreprise même une supérette.

    C’est donc un bon conseilleur qui prend toutes les précautions pour ne jamais être un payeur. Il est caractéristique de notre élite très douée pour les concepts et les idées et d’une nullité crasse quand il s’agit de réalité.

    Le CV de cet homme est au surplus bien imbibé de culture anglo-saxonne et c’est justement là que le bât blesse. Depuis un demi-siècle, nos « élites » ne voient dans la modernité et la réforme que des méthodes et des pratiques utilisées aux Etats-Unis et dans les pays anglo-saxons.

    De fait, nous tournons le dos à notre génie national. Il s’agit donc de redevenir Français en renouant avec notre culture et notre identité qui n’ont à voir avec celles des anglo-saxons. La France doit d’abord redevenir elle-même. Sans ce retour sur soi, il n’y aura point de salut et de redressement possible.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On ne demande pas aux profs d'économie politique de faire trois ans chez Franprix, mais on pourrait l'exiger de ceux qui sortent des écoles pour gouverner.
      Pour le reste, nous développons notre génie propre dans certaines entreprises de pointe mais pour le tout-venant nous sommes dépassés, non par inintelligence mais parce que les capitaux français à de rares exceptions près, ne visent qu'à partir.
      La sous-capitalisation française est un mal latin qui provient de la méfiance générale de ceux qui ont réussi vis à vis de sociétés gravement infectées par le socialisme.

      Les Anglo-saxons "rendent" volontairement, comme ils disent, une partie de leurs revenus dans des fondations et des activités caritatives nombreuses ; les Latins voient leurs gains préemptés par l'Etat dans de plus grandes proportions, sans connaître d'une année sur l'autre la valeur de ce qui leur sera arraché.
      Il y a un problème avec les entrepreneurs ici. Ils se sentent menacés !
      Allez donc convoquer le génie national dans cette ambiance.

      Supprimer
  2. Il n'est pas question pour moi de nous chercher des excuses sur la pitoyable tenue de notre économie mais il y a quand même quelque chose que je veux relever dans le "french bashing" généralisé que l'on entend partout et à propos de tout!

    N'oublions pas que sur ce continent d’émasculés, nous sommes encore les seuls à prendre un minimum nos responsabilités. Notre pays ne s'est pas défilé au Sahel, nos troupes sont présentes en Syrie (ainsi qu'en Libye, en Irak et en Tunisie, mais chut....!)

    Pendant ce temps la , nos donneurs de leçons nordistes sont au chaud dans leurs pantoufles à contempler bourgeoisement leurs relevés d’épargne en faisant la morale! Qu'ils en profitent...Si les choses viennent à changer du coté du terrorisme salafiste ou des agités du Dombass, je me demande comment ils vont gérer cela ?

    Parce qu'on ne me sorte pas que les allemands et leurs affidés sont des pragmatiques efficaces et durs au mal, aptes à s'adapter à toutes circonstances! Je rappelle juste qu'en Afghanistan, 3% des militaires allemands engagés en Afghanistan ont souffert du syndrome post traumatique, alors qu'ils n'ont jamais quitté leurs casernements !(1% pour nos Français qui EUX ont été au contact)

    J'attends donc avec impatience un réveil du coté obscur de la Force du coté du Dombass ou de la Baltique pour voir comment le peuple qui est passé des bottes en cuir aux sandales-chaussettes , (tout en conservant son arrogance moralisatrice) va gérer le truc?

    C'était mon petit sursaut patriotique (et germanophobe) de fin d'année!

    Joyeux Noël et bonne année tous nos soldats en opex! Merci les mecs, on est fiers de vous!



    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Camisard,
      Merci pour ce commentaire d'après-Noël :) mais il n'est question ici que d'économie, donc d'argent, donc du nerf de la guerre. Combien de temps pourrons-nous tenir, non pas un rang, c'est risible, mais au niveau des menaces dirigées contre nous. A engraisser encore une fonction publique pléthorique et peu occupée, et tous les assistés sociaux de France et d'ailleurs, il sera difficile de renouveler des véhicules rapiécés de 40 ans d'âge, des armes collectives usées jusqu'à la corde etc...

      Le moral reste élevé au niveau du rang et les cadres français de contact sont remarquables et remarqués au sein de l'OTAN par leur professionalisme et leur adaptabilité immédiate au contexte, mais nos armées souffrent aussi de carriérisme parce qu'il y a bien plus d'étoiles que de postes à pourvoir. C'est toujours cette question récurrente des surnuméraires de la République.

      Je ne compte pas sur les Allemands pour nous défendre, j'essaie de comprendre leurs fondamentaux économiques. Les chiffres sont explicites.

      Supprimer
  3. Je suis tout à fait d'accord avec le contenu de votre article. Je voulais juste mettre en évidence que dans certains domaines nous gardons une petite flamme, une trace de fidélité à un lointain passé, définitivement révolu chez d'autres. Quelque chose, donc qui me fait espérer. En 2016, nous avons perdu deux des derniers survivants du commando Kieffer (il n'en reste plus que 5): souvenons nous que ce pays a produit et peut produire aussi de vrais bonhommes! Courage, à défaut d'espoir, il nous reste l’espérance ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Intervenir c'est historiquement notre rôle et tout le monde est content que nous le fassions hors d'Europe. Le Proche Orient était aussi à nous, mais la situation est intenable pour aucune diplomatie et les erreurs de Chirac sont irrémédiables.

      D'autres peuples européens restent motivés, je pense aux Néerlandais et aux Danois et plus loin aux Pays baltes menacés de finlandisation. Je ne sais que penser des Polonais et des Tchèques...
      Un pays proche voisin fait aussi beaucoup d'efforts sans grandes récompenses, c'est l'Italie.
      Tout n'est pas si noir au plan du moral :)

      Supprimer
    2. After the boxing day 2016, boxing month in january 2017 ?

      http://cril17.org/

      Supprimer
    3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

      Supprimer
    4. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

      Supprimer
  4. Sur Telos on peut lire un autre article intéressant tiré des conclusions du Conseil des Cinq Sages sur l'évolution de l'Europe :
    L'Europe selon le Conseil allemand des sages (Rémi Lallement).

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont modérés. On peut utiliser les balises a, b et i dans leur rédaction. Pas de commentaires "anonymes".

Printfriendly