vendredi 13 janvier 2017

Une presse condamnée à la vérification


Quand on pense que des géostratèges pondent des thèses de six cents pages sur l'équilibre impossible du monde et que le blogue du Piéton les ignorent pour écouter Fanny Ardant, on se dit que l'espace-temps s'est considérablement compacté. C'était donc sur Arte-28 minutes - émission intéressante d'Elisabeth Quin quand M. Askolovitch n'y vient pas promener sa judéité affligée - que fut invitée la cinéaste Fanny Ardant pour son film Le Divan de Staline. On ne connaissait pas son coup de revers à la raquette en fonte mais ces messieurs du penser-bien ont empli leur musette, jeu, set et match, en moins de temps qu'il n'en fallut pour envoyer les balles. Que du bonheur et c'est ici (cliquer sur l'image):


Le fond de son argumentaire est l'ancillarité de la presse qu'elle traite de "laquais", avec leur goût de l'alarme ad hitlerum et leurs champions bien propres sous les cheveux. Elle plaide pour des contre-pouvoirs à l'hégémonie. Sans le dire mais elle le sait, elle défend la multipolarité de la puissance. On ne peut qu'applaudir puisque l'impérium non contré n'a bénéficié aux hommes qu'un fois sur terre, une seule, à l'époque de l'Empire romain qui mit en musique la supériorité grecque sur Mare Nostrum. Tout le reste de l'histoire est un long hurlement de terreur dans des guerres de conquête ! Puis la bombe atomique vint ! L'espèce humaine théorisa enfin la menace de la foudre jupitérienne qu'elle inventa pendant les RTT de Vulcain. Chacun désormais se regarde, laissant ci et là quelques attardés s'entretuer, et les boutiques ouvrent chaque matin à 8h30, dimanche compris bientôt !

Cette menace de désintégration du noyau, comme disent les assureurs de la trouille, n'a pas prévenu le grand désordre des esprits libérés qui renaissent quand la gangue officielle commence à se fendiller. Ainsi a-t-on des révélations parmi les vedettes à plateaux qui sans sortir leurs tripes, parlent d'eux-mêmes et non plus selon le programme. Inimaginable, il y a seulement un an. L'effet Trump ? Citons Yves Calvi qui accuse réception en direct de l'enfumage des agences dans l'affaire d'Alep, Bruno Roger-Petit qui distingue le Maréchal auquel François Mitterrand prêta serment de la Collaboration à laquelle il ne participa pas, de Pascal Praud qui sur iTélé laisse percer le bon sens tout court à contre-courant, de Sonia Mabrouk qui se lâche en beauté... Et toutes les chèvres retraitées de la vieille presse parisienne, les Levaï, Elkabbash, Okhrent, Sinclair, Labro et autres fabricants de "valeurs" de nous prévenir que "la parole se libère". Ah bon !

A peine la puissance stratégique se redistribue-t-elle entre les continents que le consensus du quatrième pouvoir monolithique se brise. C'est là que ça devient intéressant. Ne cherchons pas qui lance les dés, il n'y a pas beaucoup d'acteurs libres de leurs décisions sur la planète. Zéro même si on inventoriait les contraintes internationales. Mais on distingue des intérêts affirmés et non convergents entre les Etats-Unis d'Amérique, la Chine et la Russie. Le reste joue en division II, III et Nationale. La presse va devoir tout de suite se spécialiser dans l'étude approfondie des trois grands précités pour ne pas se louper devant les réseaux sociaux, et ne plus se satisfaire de petites phrases ou d'informations bidonnées par les communicants ayant leur rond de serviette chez le marquis. Vu le niveau général des stagiaires, il va y avoir des morts dans le journalisme.

Tout ceci pour dire que l'apparition du dictateur Poutine et de l'imprécateur Trump au balcon du monde change du tout au tout les méthodes d'information depuis qu'est déclarée la guerre hybride. Hybride ou triple comme on veut : la guerre ouverte ; la cyberguerre ; la guerre de désinformation. Le prêt-à-penser est cuit ! On est entré dans l'ère de l'infusion, du goutte à goutte. Il faut maintenant que ces messieurs de l'intelligence quotidienne décortiquent l'information servie par les canaux de communication pour en extraire une vérité. De puissants moyens numériques l'altèrent ou la fabriquent, et ne survivront dans la presse de demain que les analystes. Fini les atlas géopolitiques, les instituts de pensée formatés, les sondeurs payés au pourcentage ! Comme on le disait au cabinet de Versailles dans les salons de Vergennes :La plus grande erreur dans le maniement des affaires extérieures est de partir inflexiblement de certaines idées fixes qui ont fait leur temps. A chaque époque appartiennent ses difficultés, les caractères, les incidents qui lui sont propres. Tout vient de changer. Réactivité donc ! Instantanéité du doute, gros doute ! Bienvenue aux Anonymous, aux hackers, au mecs qui en ont entre les oreilles, aux geeks acharnés. Les autres feront Le Jeu des Mille Francs à l'Alcazar de Rodez. Terminé les miquets brevetés de l'école de journalisme, on peut fermer ces structures de propagande qui ressemblent de plus en plus à ce que fut l'Ecole des Cadres du parti communiste ! Tout se fait au garage maintenant, comme le rock ! Les madrasas gauchistes vont se vider. Et qu'en est-il des madrasas royalistes ?

Pour répondre présent dans le domaine de l'information criblée, le mouvement royaliste peut balayer devant sa porte avant que d'autres ne le fassent à ses dépens (Acrimed, Mediapart, Le Canard Enchaîné...) et s'entraîner tout de suite à purger ce qu'il diffuse. Voulez-vous des exemples ? Cherchez et vous trouverez. Tout se vérifie, tout se sait.

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3 commentaires:

  1. En matière d’information, il faut être prudent pour ne pas tomber de la propagande actuelle qui nous incite à créer une « contre-propagande ». En cela, il faut suivre Jean-Yves Le Gallou qui réalise un travail remarquable.

    Il faut déceler la propagande, certes, et s’employer à restituer la réalité et la vérité des faits. De notre côté, on peut obtenir des informations nous aussi mais il faut bien prendre garde de les vérifier avant de les diffuser et s’il s’avère qu’elles sont fausses, il faut tout simplement le dire.

    Il faut tendre en quelque sorte vers une forme d’autogestion de l’information qui suppose un minimum de sérieux. Ceci est d’autant plus vrai que l’information officielle sombre devant nos yeux. Les media subventionnés deviennent la caricature d’eux-mêmes.

    Le témoignage de Fanny Ardant est intéressant non au sens où elle nous apprend quelque chose. On voit et on entend un exemple magnifique de l’artiste gaucho-bobo se repentir du mensonge organisé par sa propre classe sociale. Elle crache dans la soupe socialiste mais elle a au moins le courage de le faire.

    Il faut se réjouir mais pas trop. Il faut juste en prendre acte et continuer notre combat.

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    1. Les médiats ne sont pas aussi "socialistes" que vous le pensez. Le quinquennat Sarkozy nous a appris que toute la presse couchait avec le pouvoir. C'est une spécificité française que cette collusion, infidèle par essence, puisque à chaque alternance la presse alterne aussi.
      Fanny Ardant dénonce la putasserie des éditocrates et la veulerie des rédactions qui n'analysent pas le flux d'informations servi par les agences ou leurs confrères avant de les mettre en consommation. Tout est (était) repris dans la journée sur tous les plateaux, que ce soit vrai ou faux. Quelles que soient les convictions intimes de l'actrice, c'est le message délivré l'important.
      Saluons Elisabeth Quin qui a laissé passer cette dénonciation.

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  2. Application de nos recommandations : Sur KTO TV, Emmanuelle Dancourt - sans doute stagiaire licenciée de BFMTV - reçoit Louis de Bourbon et l'annonce comme descendant de Louis XVI. Si, si ! Cliquer là :KTO-TV
    Ne vérifiant toujours rien, elle ajoute la fonction de Vice-président international du Banco Occidental de Descuento, poste qui n'existe pas. Le prince n'est qu'administrateur suppléant (3è position de la liste). Voir l'organigramme du BOD.

    Cela n'enlève rien à l'aîné des Capétiens mais beaucoup à la journaliste si prisée par ailleurs.

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