mercredi 5 mars 2008

Les Confessions reloaded

saint AugustinOffririez-vous les Confessions de saint Augustin à la Fête des Pères ou des Mères, Grand-Mères ? Ou pour l'anniversaire de votre rejeton ? A priori pas ! Vous avez tort. Les Confessions viennent d'être décapées à l'acide par un latiniste de choc, Frédéric Boyer, qui traduit chat par chat et nous rend la vitesse du texte original en le débarrassant des scories accumulées par l'augustinisme, titres, intertitres, notes de marketing canonique ; 416 pages au final. C'est moins que toutes les éditions précédentes (599p. en Folio poche), mais s'il y a moins, il y a tout ; édition intégrale des XIII livres. La lecture coule sans tous ses petits barrages de casuistique ou érudition qui hachent l'intérêt. Reste l'essentiel, la traduction serrée de l'esprit de l'ouvrage.
L'original latin est ici.
On retrouve enfin la vigueur de l'expression augustinienne : ainsi l'invocation de saint Augustin à Dieu, « Non ego vita mea sim : male vixi ex me, mors mihi fui ; in te revivisco» est rendue par « Je ne suis pas ma vie. Je vis mal de moi. J’ai été ma mort. En toi je revis ». Le texte sec remise dans le carton d'ampoules le classique « Mon âme n’est pas elle-même la vie dont elle vit. Elle a bien pu dans ses désordres se donner la mort à elle-même, mais en toi je revis ». C'est une "confessio", nous l'avions oublié en laissant dans les textes précédents ces pitons où pouvait s'aggriper notre indulgence ...

Frédéric Boyer« Traduire les textes anciens est un exercice nécessaire qui nous fait retourner à l'origine perdue ou fantasmée de toute culture ou de toute langue. Une forme de délocalisation de la pensée, de la littérature, de nos récits. Ces livres, même imprimés et traduits dans notre langue maternelle, paraissent souvent parler une langue morte. Il faut abandonner l'idée d'une lecture juste et définitive d'un original qui, depuis longtemps s'est perdu dans les interprétations, traductions et conjectures de sa longue réception. Chaque nouvelle lecture d'un texte ancien est une entreprise de justification et/ou de contestation de notre propre présent (F. Boyer, en préface aux Aveux - 2007) ».

Comme le dit l'auteur, il s'agit de bouleverser notre réception des textes anciens. Mais Frédéric Boyer, normalien responsable, ne voulant pas "écraser" les éditions antérieures, a décidé de titrer l'ouvrage "Les AVEUX". Ainsi pourra-t-on gloser dans le futur sur les Confessions et les Aveux.

Compilation de critiques littéraires publiées par Mark Hunyadi dans Le Temps, Sébastien Lapaque dans Le Figaro, Fabrice Pliskin dans Le Nouvel Obs, Nathalie Crom dans Télérama, Marcel Neusch dans La Croix et Eric Loret dans Libé :

Saint Augustin remastérisé : Dans la nouvelle traduction des "Confessions", saint Augustin s'adresse à vous avec l'étrange proximité d'un compagnon d'Abribus. C'est la nuit. Un inconnu asthmatique d'origine maghrébine est assis près de vous et il vous parle, comme s'il attendait avec vous on ne sait quel Noctambus pour l'enfer ou le paradis. Ce bavard est mort il y a mille cinq cents ans mais il continue de râler superbement. Cette bête d'aveu semble ne rien vouloir vous cacher de ses doutes et de ses dégoûts. Il tonne contre "cette pute, d'âme humaine". Il se mord les doigts d'avoir "tout dépensé par l'amour des putains". Parfois, il sonne comme un pauvre hère de Samuel Beckett : "Cherchez ce que vous cherchez : ça n'y est pas." Par moments, vous vous dites que ce type manque cruellement de centre et de concentration, qu'il a tendance à perdre le fil : "Assis chez moi, je suis facilement hypnotisé par un lézard qui gobe des mouches." Ou bien il plonge ses yeux dans les vôtres et vous craignez même pour votre vertu, car il vous semble reconnaître chez votre frère d'Abribus la rhétorique d'une homosexualité masquée. "Aimer et être aimé m'était plus agréable si je pouvais jouir du corps amant. Je me suis rué dans l'amour. J'ai voulu être une proie", dit-il, comme s'il sortait d'un sauna. D'autres fois, sa voix enfle et Augustin l'Africain sonne comme Césaire l'Antillais : "Fils d'hommes jusqu'à quand le coeur lourd ?" Au bout du bout du rouleau, il s'en veut des errances idéologiques, des utopies dangereuses, des "bla-bla puérils" où donna son esprit "débile". "Ces mirages vides ne me nourrissaient pas et me rendaient toujours plus vide." Ces mirages, pour lui, furent le manichéisme, les horoscopes ou la numérologie. Pour d'autres, ce fut le communisme ou l'art contemporain.

Une traduction incisive des "Confessions" : Pourquoi Augustin ? Pourquoi Les Confessions ? Certainement par amour du latin, de l'Italie. Sans doute aussi en vertu d'une émotion d'adolescence. Le premier contact de Frédéric Boyer avec le texte de l'évêque d'Afrique du Nord, c'est alors qu'il était lycéen qu'il eut lieu : « Je me souviens avoir été emballé par le ton de cette voix, sa violence, son emportement. » Ecrit à la première personne et considéré comme le texte fondateur de la littérature autobiographique, le livre dans lequel Augustin raconte sa vie, son enfance, sa jeunesse emplie de « débauches », finalement sa conversion chrétienne, est un récit tout sauf lisse et édifiant. Un texte stylistiquement complexe, nourri notamment de Virgile et des Psaumes. Une confession brûlante et tourmentée, et même « un livre de combat ».

Un regard neuf : Parmi toutes les qualités qu’on doit reconnaître à Frédéric Boyer, il sait à merveille faire sentir le rythme haletant d’Augustin dans sa recherche de Dieu : « Ne laisse pas ma part obscure me parler. Je me suis dispersé là-bas. Je suis obscur. Mais là, même là, je t’ai aimé à la folie, je me suis perdu, et je me suis souvenu de toi… Maintenant je reviens vers la source. En feu. Le souffle coupé. Personne pour m’en empêcher. Je vais la boire. Je vais en vivre. Je ne suis pas ma vie. Je vis mal de moi. J’ai été ma mort. »

Fort en thèmes et en version : Il y a quelque chose d'incandescent, dans la prose de l'évêque d'Hippone telle que l'écrivain nous la donne à lire en français : «Ni la beauté d'un corps ni le charme d'un temps ni l'éclat de la lumière, amie de mon regard, ni les douces mélodies des cantilènes sur un mode ou un autre, ni le parfum des fleurs, des essences et des aromates, ni la manne ou le miel, ni les membres enlacés dans les étreintes physiques ce n'est pas ce que j'aime quand j'aime mon Dieu.»

Un long corps à corps : Ainsi retrouve-t-on, sous la poussière des siècles, l'accent primitif, sauvage et beau d'un intellectuel nord-africain de l'Empire romain qui s'est fait connaître sous le nom d'Aurelius Augustinus, a vécu à Carthage, Rome et Milan, a reçu le baptême à trente-trois ans, est devenu prêtre et évêque du diocèse d'Hippone dans l'actuelle Algérie, est mort en 430 et a laissé derrière lui une œuvre immense.
Romancier, essayiste, poète, familier des éditions P.O.L., couronné par le prix du livre Inter en 1993, Frédéric Boyer a mis cinq années à traduire les treize livres du chef-d'œuvre de saint Augustin. Ce fut un long corps à corps avec une langue latine qu'il n'a jamais vraiment quittée depuis sa sortie de l'École normale supé­rieure de Saint-Cloud. « Contrairement à un certain nombre de mes pairs, qui affichent volontiers leur prédilection pour le grec ancien, j'aime beaucoup le latin et le monde romain. J'aurais pu traduire L'Enéide ou Les Métamorphoses. Le latin est une langue importante, qu'on enseigne mal. Je le préfère au grec, où je suis assez moyen. Comme saint Augustin ! » C'est dans le livre I que le fils de sainte Monique fait cet aveu : « Pourquoi ai-je tant détesté les cours de grec dont je fus abreuvé dès ma petite enfance ? » Plus loin, il se repend d'avoir pleuré au récit de la mort de Didon que fait Virgile et confesse avec honte avoir préféré les fictions à la réalité. «Ce n'était que fumée et vent.»

Des anecdotes croustillantes : C'est une œuvre que tout le monde connaît, mais que personne n'a lue ou presque, ce qui caractérise un classique selon Ernest Hemingway. Mais vient l'heure de lire saint Augustin comme si son livre venait de nous arriver et que l'encre n'avait pas séché. Vient l'heure de retrouver les anecdotes croustillantes des livres II et III le vol de poires, la dissipation de la seizième année, le flirt dans les églises, la « poêle des amours scandaleux » à Carthage , le célèbre épisode du jardin de Milan rapporté au livre VIII, la voix angélique qui commande tolle, lege, «attrape et lis», la terrible majesté du livre X, les interrogations sur le temps du livre XI. En intitulant sa traduction nouvelle Les Aveux, Frédéric Boyer retrouve la force brute et première du mot confessio. Le chef-d'œuvre de saint Augustin n'est pas un misérable petit tas de secrets lâchés dans l'ombre d'un confessionnal. C'est une confessio fidei, une profession de foi, et une confessio laudis, une louange faite à Dieu.

Saint Augustin rendu à son audace : Heureux lecteur, toi qui vas découvrir cette nouvelle traduction des Confessions de saint Augustin, rebaptisées pour l'occasion Les Aveux! Heureux, toi qui ne les as jamais lues, et qui vas les découvrir d'un œil aussi neuf que leurs lecteurs de l'époque, estomaqués de tant d'audaces littéraires! Mais plus heureux encore, toi qui les as déjà lues, sans doute dans les traductions appliquées de tel latiniste érudit, et qui vas les relire comme tu ne les as jamais lues! Car tu te diras alors que tu ne les as jamais lues, ces Confessions, jamais lus, ces Aveux d'une âme qui s'adresse à Dieu pour mieux s'interpeller elle-même, faisant fi des convenances langagières et ignorant tout du biographiquement correct, délivrant son tumulte de pensées vautrées dans la fange pour davantage en appeler au Seigneur immense.

Avant Boyer : "La douleur que j'en ressentis enténébra mon cœur. Tout ce que je voyais n'était que mort. La patrie m'était un supplice, la maison paternelle un lieu d'étrange infortune. Tout ce que j'avais mis en commun avec lui, sans lui se changeait en un cruel tourment. Mes yeux le demandaient partout, et il leur était refusé."
Après Boyer : "Cette douleur a noirci mon cœur. Dans tous mes regards, il y avait la mort. La patrie était mon supplice et la maison paternelle un étrange malheur. Tout ce que j'avais eu en commun avec lui se retournait sans lui en torture monstrueuse. Mes yeux le réclamaient partout et on ne me le donnait pas."

Saint Augustin, on le sait, est une source inépuisable de réflexion philosophique, de méditation existentielle, de questionnement religieux. C'est pourquoi il faut être infiniment reconnaissant à Frédéric Boyer de nous restituer son texte dans la force vivante qui l'a fait surgir bien avant que son auteur ne fût saint, père ou docteur - toutes choses qu'il devint et qui, jusqu'à aujourd'hui, l'avaient comme momifié.

Vigueur et zigzag : A l’inverse de ce que nous nommons aujourd’hui autobiographie ou autofiction, où chaque narcissisme trône un flingue à la main, les Aveux d’Augustin s’arrachent à lui, à eux-mêmes, sont l’exercice d’un péril et non d’une reconnaissance. Ils racontent l’errance et la cure d’un chrétien accablé par «le doux poids du monde» et affligé d’une libido taraudante. Africain, berbère, venu enseigner la rhétorique à Rome puis à Milan, Augustin erre à la recherche de la vérité sans comprendre que celle-ci n’est pas un objet sur un étal de marché, mais une expérience. Sous le figuier d’un jardin ami. Il s’y est réfugié seul, «pour le travail des larmes» après une crise de honte, d’angoisse d’être humain : «J’entends alors une voix depuis la maison voisine. Un chant répétitif et récurrent. Une voix d’enfant, garçon ou fille, je ne sais plus. Attrape et lis. Attrape et lis. Aussitôt mon visage a changé, perplexe. Etait-ce une rengaine quelconque que les enfants avaient l’habitude de chanter en jouant ? Non. Ça ne me disait rien.» Il attrape donc son codex et lit au hasard, tombe sur la Lettre aux Romains. «Ce fut comme si une lumière réconfortante se déversait dans mon cœur. Et toutes les ombres du doute se sont évanouies.»

Les Aveux de St Augustin par F. Boyer
Boyer distingue «interpellations, confidences, exhortations, aveux, micronarrations, souvenirs, hymnes, fictions, louanges…» qui sont la vérité elle-même, en tant que cheminement. Commentant la liste de ses œuvres, Augustin notera dans ses Rétractations finales que l’excitation à connaître et aimer Dieu n’est pas le but des Aveux, mais «l’effet qu’ils ont produit en moi quand je les ai écrits, et qu’ils produisent en moi quand je les lis». D’où le choix du mot «aveu» plutôt que «confession» par Boyer, où l’on entend la voix, l’appel, plutôt que l’achèvement : «l’aveu est humain, note-t-il dans sa préface. Preuve et opérateur d’humanité. Et être humain c’est manquer de Dieu ; manquer de Dieu c’est manquer de soi. La confessio est paradoxalement l’aveu du soi manquant à lui-même.» Augustin se plaint beaucoup d’avoir longtemps considéré Dieu comme une étendue, comme un corps, comme limité. D’où sa réponse à ceux qui demandent ce qu’Il faisait avant la Création : rien, il était Création. De même, l’aveu est cette alliance de l’homme et de Dieu, «la reconnaissance d’être appelé à ne plus être soi», un pur mouvement, un désir, une vie.

L'ouvrage, 416p. chez P.O.L. 24€

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mardi 4 mars 2008

RAP le rappel

Le premier billet de Royal-Artillerie sur le rap français (NTM), doublé d'un sujet de discussion ouvert sur le forum ViveLeRoi (Kery James), n'a pas déçu. Voici donc la première piqure de rappel.
Les royalistes dans leur grande majorité refusent d'entendre, et peut-être de lire même les partitions proposées qui sont jugées "... de merde, plein de poncifs, aucune intelligence ...". Cet art est crasseux. Peut-être. A-t-on lu le reste de la production discographique non-rap ? Les chansons yé-yé ? Débile le rap ? Sans doute pas. Bien que je n'écoute pas du rap en boucle, je sais qu'il exprime un faisceau de sentiments, un perception sociale, laisse une trace historique mais qu'il est destiné d'abord à la vente ! Ce qui indique aussi que les thèmes et la façon de les délivrer doivent correspondre à l'attente d'un public solvable. C'est la base de tout art de masse. Aussi sulfureux que NTM, voici Sinik sur son titre ironique "Une époque formidable". Il a un site de fans ici.



Les 100 meilleures ventes de disques 2007 publiées par l'IFOP montrent que le rap, hip-hop et dérivés sont rémunérés par le marché. On peut cliquer ici pour s'en rendre compte.

Revenons à nos moutons, pure laine à chèche : Le réflexe de rejet préalable d'une couche sociale importante - que les Français-de-souche rêveraient de voir partir, dit-on, mais qui ne partira pas - donne les limites de la perception du pays réel par le mouvement royaliste. Ce pays réel ne peut-il être que celui qu'on aime ? D'aucuns hurlent chez nous que les "racailles" sont l'armée du pays légal ! Sommes-nous envahis de malades mentaux ? Je le crains dès fois. De boulets sans doute !

Quand nous serons décidés à faire de la politique, de la vraie politique les pieds au sol et pas des conférences pour trente convaincus sur des sujets convenus d'avance, nous devrons analyser alors le champ de manoeuvre - le théâtre d'opérations extérieures pour les plus guerriers - et y repérer les fossés, les parcours faciles mais aussi les portions effondrées ou dangereuses. A défaut de quoi nous en resterons trois ou quatre, à prendre notre petit Lipton Yellow de chez Franprix, le petit doigt bandé vers le Ciel qui se marre !

Thomas Gérard Idir, alias SinikAvant de vous passer le texte (full size) du clip ci-dessus, je fais une digression. Certains professeurs des collèges opérant (on ne peut pas dire enseignant dans ce cas) en zones d'éducation prioritaire, s'avisèrent un jour de mettre certaines classes "défavorisées" au latin-grec. Le résultat ne se fit pas attendre : non seulement l'offre de savoir "chic" fut très bien reçue par les élèves, plus facilement que par leurs parents sans doute forcés à l'utile en conscience, et les notes de toutes les autres matières remontèrent. Digression 2 : un chef de fabrication d'une importante usine de roulements à aiguilles me confiait un jour que le ressort de la paix sociale dans un atelier est la considération que l'on porte aux ouvriers. Avons-nous de la considération pour la population politique que nous devons fatalement ensemencer ?

Les royalistes qui méprisent ou insultent les jeunes des cités pris en bloc parce qu'ils sont rassurés de n'avoir pas à analyser ou trier leurs comportements par ce réflexe de rejet, se trompent lourdement s'ils prétendent pousser à la roue d'un projet politique. Finalement ils vont au camp des saints, celui des vieilles inutilités, alors que personne ne les y pousse ! C'est leur choix, mais il ne faut pas compter faire de la politique à partir d'un camp retranché. On est hors du siècle ou dans le siècle, pas dans l'entrebaillement de la porte.

[Une époque formidable]

L'histoire commence aux Ulis en 1984,
Petit et peace dire que cette ville allait changer ma life ;
J'en suis marqué j'ai débarqué un soir d'hiver,
Cité des Hautes Bergères, tout à l'air grand mais faudra bien s'y faire ;
J'avais 4 ans mais les souvenirs me sont restés intacts
Ainsi débute ma vie entre les ter- inspec et le terrain vague ;
De jour en jour mes nouveaux potes seront mes nouveaux frères
Peut être qu'on est sur terre mais seul l'enfer me sera offert !
A cet instant, j'ignore encore que les mâtons m'attendent
Vas dire à ta maman que je suis un bon, que j'ai déjà ma bande !
88, on a 8 piges et tout roule,
Avec mes potes on joue au foot, de la tour Février à la tour Août,
A l'école ça se passe mal, je me sens mal, je vis mal, je dors mal,
Et quand j'en parle j'ai mon coeur qui s'emballe ;
Tous les 25 décembre, il faut trouver les mots,
L'argent nous fait défaut et par sa faute le Père Noël est mort !

{Refrain:}

Rappelle-toi, on était jeune, on n'avait pas la haine, on n'avait pas de label,
Dix ans plus tard certains manquent à l'appel !
Un peu plus tard j'aurais ma ville comme soutien,
Soudain j'écrirais ça pour que tu saches d'où je viens, les Ulis,
Pour que tu saches que toute ma life a un goût de flingue,
Pour pas que t'oublies après Bergères rajoute jungle !
Pour que tu saches à quel point tout ça me manque !
Que tu comprennes mon histoire tout simplement !

J'ai peur de rien sauf de mon père et ses putains de colères,
De ce putain de collège, des profs et des bulletins scolaires.
Ca se dégrade, doucement mais sûrement, et tard le soir sur le banc
J'entends les grands pousser des hurlements !
2 années passent et les premiers soucis s'amassent très vite,
La chance m'évite, alors après la classe, on casse des vitres !
J'aimais le son mais quand je rentrais j'apprenais pas mes leçons,
Petit mais paresseux trop parisien mais bon n'ai-je pas raison ;
90, j'ai 10 ans je commence à faire le mac et même à parler mal
Parce que j'ai pas cette putain de paire de Nike !!
Je traîne de plus en plus et aime de moins en moins
Hier quand je suis rentré, j'ai vu des jeunes rouler des joints dans le coin.
J'aimais l'été avec les potes le soleil sur l'épaule,
Du rap et du football, pendant que les grands déssoulaient sous les halls ;
J'encaisse les coups quand j'ouvre ma gueule, ou j'ai un mot
Hors de la norme, encore un homme caché dans le corps d'un môme !
Anéanti car mes parents n'ont jamais su mentir,
L'huissier m'appelle fiston parce que ce fils de pute m'a vu grandir !
Doucement je commence à rentrer tard pour admirer les tours,
J'ai 12 ans et l'école me casse les couilles alors je sèche les cours !
Je te l'ai pas dit à cette époque la rue m'inspire,
Et à 13 ans j'écrivais des petits bouts de phrase qui ne voulaient rien dire,
1er chapitre les Ulis pour adresse,
1er couplet de 84 à 93

{Refrain}

L'histoire reprend violement, année 1.9.9.4.
A une époque, mon pote, où les carreaux éclatent et les keufs claquent,
Mauvaises fréquentations entraînent les tentations,
Désordonné selon la conseillère de désorientation !
L'école c'est mort ! Je redoute que ma rue doute !
Dans le fond c'est rien à foutre,
Parce que plus tard je serais une star du foot !
Mes premiers vols, mes premières tapes, mes premières liasses,
Mon premier pote qui meurt, mon premier flingue devant ma première tasse,
Du haut de ma tour je vis en hauteur avec ma benne autour,
Ce putain de monde est sourd, personne m'entend lorsque j'appelle au secours !!
95, avec mes potes ça va de plus en plus mal,
Haineux pour la plupart, me calcule pas, je m'endors de plus en plus tard
J'ai l'air d'un gosse fait pour la tèce et les biz des tron-li,
Les grands m'ont dit "fais gaffe, les keufs te soulèvent dans ton lit" !
Effectivement les keufs te sautent pour te faire déraper,
J'avais 16 ans quand j'ai gravé malsain en G.A.V.
Encore trop jeune pour travailler, plus d'école,
Alors on traîne et on déconne, ici c'est le hall qui distribue les rôles ;
J'aimais rapper, mes potes pas trop, mais j'ai tenté ma chance.
C'était la première fois que des bouts de phrases pouvaient quitter ma chambre
Les miens m'écoutent et ne me suivent pas dans mon délire,
Tandis qu'aux Amonts y'a du flow déjà très tôt c'est ce que j'entendais dire,
C'est avec eux que je pète le mic et toutes les carotides,
Que tous les carreaux tilts qu'on baise la ville de façon chaotique,
A part le son 2 ans plus tard, j'ai grillé toutes mes cartes,
Et j'ai soufflé mes 18 bougies aux D4 !
En ressortant je me suis pas dit que j'avais eu tort mec,
C'est pour le simple fait mais ça ne te rend ni plus faible ni plus fort !
J'ai du tirer ma première taf un putain de soir d'été,
Puis j'ai compris que c'était mal et je commence à regretter,
Entre temps j'ai du replonger 2, 3 fois,
La police veut m'avoir le rap est love de ma Voix !!!

{Refrain}x2


Du nuage où il se penche pour admirer le progrès des villes et la lamentable stagnation des âmes, François Villon bat la mesure en écoutant le rap des cités.
Lui, comprend. A vous les studios !


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dimanche 2 mars 2008

Servir d'abord !

armes de FranceLe Lien Légitimiste 19 est paru ; avec presque retard ; ma réclamation allait partir ; j'avais failli m'ennuyer. Après avoir dévoré le "réconfort du sybarite" de Luc Boisnard sous le titre "Comme une fraîcheur picoteuse et cyriabèle" (p.5), j'ai fait connaissance avec Michel de Roumanie, roi balkannique au pays de Dracula. Bigre ! J'attelais mes quatre chevaux noirs et filait comme l'éclair au château noir sous un ciel noir de chauve-souris, avant que le RER n'atteigne l'Etoile.
Je vous confie que je lis le Lien légitimiste dans mon train sur les conseils militants de Jean-Philippe Chauvin. Qu'il me pardonne.

Flaubert disait « chacun de nous a dans le coeur une chambre royale; elle est murée mais pas détruite » Les Roumains sont dans ce cas. Les Bulgares d'une autre manière aussi. Michel Ier de RoumanieL'article de Sanlis nous décode le retour du roi Michel à Bucarest de manière précise et complète, puisque j'y ai appris des choses tout en ayant des amis roumains, discuteurs frénétiques de politique. Un million de personnes vint accueillir le roi de retour un jour de Pâques, justifiant la belle formule qu'on ne peut trouver que dans Le Lien :« La fidélité à la monarchie est de ces feux qui couvent, dont le foyer nourri par un millénaire d'histoire ne peut s'éteindre par le souffle d'une tempête politique. Quoique, hors de l'exercice du pouvoir, en exil même, la succession continue sans qu'elle ne se consume. »

La Roumanie post-communiste, moins coincée que notre République tétanisée sur ses "valeurs universelles", a décidé de faire fructifier son capital monarchique. Et bien que la dynastie que représente Michel de Hohenzollern n'ait régné que depuis 1881, l'Etat roumain lui a attribué une résidence officielle, trente millions d'euros de dédommagements et l'usufruit des résidences royales inscrites désormais au patrimoine national. Mais la meilleure idée n'est-elle pas de valoriser le prince par un statut spécifique qui l'implique dans les difficiles négociations européennes - comme d'ailleurs le csar Siméon II de Bulgarie - ou dans le conseil et la consultance d'Etat.
Le pouvoir roumain ne saurait s'arrêter en si bon chemin et a pris comme représentant spécial aux affaires étrangères le prince de Hohenzollern-Veringen, époux de la fille aînée du roi Michel, et le missionne aux quatre coins du monde quand les intérêts de la Roumaine l'y appellent. Je me souviens que De Gaulle, président, avait envoyé le comte de Paris en mission dans les pays arabes pour y expliquer sa politique, préférant le missi dominici à l'ambassadeur.
C'est peut-être plus sûr que Bernard Kouchner ou Philippe Douste-Blazy.

Quelle agitation dérisoire en France sur la "monarchie élective" de notre hyperprésident, comparée à l'intelligence de la perception roumaine qui dispose d'atouts majeurs à faire fructifier. Ils ont un roi ? Quelle chance ! Ils le savent !

armes royales de Roumanie
Michel de Roumanie n'a cependant pas franchi le pas de la "démocratie" comme a choisi de le faire son cousin voisin bulgare. Il est resté au-dessus de la mêlée afin d'incarner un jour ces « institutions solides orientées vers l'avenir » dont son pays a un cruel besoin. Ceux qui s'intéressent aux modes de restauration de la monarchie sont invités à parcourir dans le Lien cet article fouillé de Louis-Evrard de Sanlis ; 3 colonnes sur presque 3 pages.

bannière du Lien légitimiste
Sous une présentation de bulletin amical, le Lien est un bimestriel ultrachic dans son esprit. Au menu de la dernière livraison :

  • À propos d’un Janvier (p.1), l'éditorial de l’actualité vue sous l’angle légitimiste par Jacques Rolain.

  • Chronique d’un fidèle (p.3), journal de mon voyage à Frohsdorff et Goritz, 5ème partie, par Gérard Guillotel.

  • Comme une fraîcheur picoteuse et cyriabèle (p.5): Dis-moi comment tu manges, une chronique de Luc Boisnard annnoncée en tête de ce billet.

  • Actualité (p.7) :La Roumanie, un exemple de royauté en devenir, par Louis-Évrard de Sanlis

  • Mélanges (p.10) : À propos de choses diverses qui courent ci ou là… Louis XVI, Alphonse et Sarkozy, par Gérard de Villèle.


La notice biographique du défunt prince Alphonse placée dans ces "Mélanges" court sur cinq colonnes et se lit d'un trait. Ceux qui en doute encore comprendront sa francité. J'ai moins aimé l'extrait du blogue ILikeYourStyle sur le pas de clerc présidentiel à l'endroit des enfants juifs de France disparus lors de la seconde Guerre mondiale.

S'abonner est facile, un message à gerard@villele.com, et le chèque à suivre à l'adresse indiquée ci-dessous, établi à l'ordre du Lien Légitimiste. L'abonnement annuel (6 numéros) est à 20€, 10€ pour les jeunes et les prêtres tridentins. Faites déjà un essai ultra en commandant un exemplaire gratuit, vous serez conquis.

MM. Picard, Rolain & de Villèle
10, place Foire-le-Roi
37000 TOURS


Pour amortir le prix de l'encre cybernétique, je signale le forum roumain Monarhist où vous pouvez creuser ces questions en français.



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samedi 1 mars 2008

Dimanche 12h44

Lundi 3 mars 2008.

A défaut de compte-rendu de la manifestation de dimanche à la République, la rédaction vous passe une vidéo métal sur le thème :

le KOSOVO c'est la SERBIE




affiche de la manifestation du 2 mars

vendredi 29 février 2008

PMG : Choc de Titans

monde électrique
Les Manants du roi publient une chronique du général Gallois titrée "Le Choc des Titans". C'est une longue synthèse géostratégique qui tourne autour de la globalisation des activités humaines et en fouille tous les recoins jusqu'à bien expliquer la puissance des nouveaux fonds souverains générés par ce succès planétaire de l'émergence des "pays milliardaires". Il serait avisé de la part des Manants de faire un tiré à part de ce dossier sous "pdf" afin de pouvoir l'archiver en l'état car le travail accompli par l'auteur est conséquent. Beaucoup d'informations sourcées, de tableaux clairs, intelligemment mis en perspective. Avant de continuer ce billet de Royal Artillerie, le mieux est bien sûr de lire cet article de Pierre-Marie Gallois en cliquant ici.

pierre-marie GalloisA la fin de cet article magistral j'ai réalisé que les empires chinois et indien reprenaient tout simplement le rang qu'ils occupaient à l'aube de la révolution industrielle occidentale. Ce qui ne veut pas dire qu'ils n'aient jamais eu d'industries. La Chine par exemple connaissait la production de série depuis le haut empire, à preuve les soldats de l'armée de terre cuite, qui peut-être sont dix fois plus nombreux que le carré qui a été déblayé à Xian, ont été produit dans des "usines" qui pratiquaient le taylorisme ... en l'an 200 avant JC. On a retrouvé les repères d'assemblage et les poinçons de traçabilité.
L'Inde a beaucoup donné dans les temps anciens à l'Occident, sinon même presque tout, alphabet, astronomie, métallurgie, agronomie ... Et la colonisation anglaise lui a redonné le goût des grandes manufactures, goût dont elle tire parti aujourd'hui dans tous les domaines jusqu'à venir faire de l'acier chez nous. La Chine est bien différente mais un empire de tous temps réputé pour la force de travail de la race han. Si des coolies chinois ont participé à des travaux publics ou des récoltes agricoles dans le monde entier, cela nous indique que ce peuple a une prédisposition. Lui donner les "outils" de son développement comme la globalisation les lui a apportés a suffit. Soit dit en passant, si le char de la République chinoise de 1912 n'avait pas versé dans le maoïsme en 1948, le surgissement qui nous effraie aujourd'hui aurait eu lieu à la fin des années soixante !
Je remets en ligne l'image de la cité-état de Chongqing au coeur de la Chine pour que l'on mesure ce que veut dire "émergence" :
Chong Qing
En fait on doit considérer que les "empires milliardaires" avaient été coulés par le choc de civilisation des XIX et XX° siècles, et qu'ils émergent à nouveau d'un océan économique où nous pensions qu'ils avaient coulé. Les Titans² dormaient. Les potentialités perduraient, inemployées. D'ailleurs les manuels scolaires de géographie des années 50-60 ne leur donnaient aucune chance de développement. Tout était promis aux pays neufs et communistes, et rien à ces magmas populeux misérables sans rentes minières ni autres talents que ceux de l'exotisme. On mesure où conduit l'endogamie des sociétés de géographie vivotant dans une idéologie. En est-il pareil de l'Afrique aujourd’hui ? un peu.
L'article du général Gallois décrit très bien "Le choc". Il garde sans doute pour un prochain billet l'exposé de notre contre-attaque occidentale. Sans attendre, nous allons l'esquisser et nous verrons un jour si nous convergeons.

J'ai relevé quelques rares approximations qui résultent sans doute d'un raccourcissement de paragraphe ou de correction de texte, mais qui n'affaiblissent pas la portée du discours (exemple cf. nota 1.).

On peut dire que nous avons une vingtaine d'années de tous les dangers devant nous, ou un quart de siècle. Le temps nécessaire à ce que les niveaux de vie asiatique et occidental se rapprochent, le développement des marchés intérieurs "milliardaires" engloutissant l'essentiel de leurs propres productions. Il ne peut en être autrement pour une simple raison : La communication planétaire instantanée jusque dans la dernière yourte mongole, indique à chacun l'écart à rattraper pour vivre "normalement".
La bonne volonté que montrent les cohortes ouvrières chinoises n'est portée que par la rémunération de leur travail, elle-même destinée à l'amélioration de leur position socio-économique. Les générations qui triment paient la pension de leurs vieux parents mais surtout le font pour améliorer l'avenir de leurs enfants. Les autorités chinoises le savent parfaitement, même si parfois ils nous laissent l'impression de cyclistes dévalant le Tourmalet sans freins. Rien ne peut continuer sans sécurité sociale ni si le rêve de l'ascenseur social se brise. D'autant que le souvenir de l'époque maoïste reste pour beaucoup celui de l'égalité des chances au départ, et surtout de la sécurité d'emploi et vieillesse - c'est d'ailleurs ce modèle social ce qui a coulé les Corporations d'Etat.

Ils nous rattraperont d'autant plus vite que notre niveau de vie va baisser. Ce n'est pas un souhait, mais un résultat arithmétique. Un pays moyen de 63 millions d'habitants disposant de 28 millions d'actifs potentiels dont 4 millions de fonctionnaires non hospitaliers, qui laisse au chômage 2 millions de travailleurs plus 2 millions à tiers-temps, plus tous ceux qui sont sous les radars sociaux, ne peut maintenir longtemps son train de vie général, surtout quand on sait que son gouvernement emprunte chaque semaine, pour faire vivre les rouages de son organisation et la protection sociale de tous.

AttaliLes réformes nécessaires sont trop coûteuses en termes électoraux, et surtout heurtent de front la nomenklatura. Et comme la démocratie n'a que le génie du compte, l'entropie universelle fera chez nous tous les ravages annoncés, sauf "révolution". A voir l'accueil du rapport Attali dans les allées des pouvoirs parlementaires on mesure la dureté Brinell de l'ossification de nos structures politiques. Après la révolution, nous pourrons renaître, un peu comme les Asiatiques sont revenus à la surface.

Oui, nous sommes bien les pays "anciennement industrialisés", mais il n'est pas écrit que nous soyons voués à la désertification. Plus de la moitié des produits ou services consommés sur la planète à l'échéance de vingt ans sont réputés inconnus aujourd'hui. Il faut donc mettre le paquet sur la recherche, et la matière grise. Par exemple les Américains et les Européens tiennent la dragée haute depuis des lustres au reste du monde dans la R&D informatique. On passe même sur le ventre des Japonais ! Etudions pourquoi, et appliquons les résultats à d'autres secteurs. Les soucis de l'espèce humaine sont en train de muter de la consommation à outrance de produits éphémères vers une consommation consciente. Creusons ! Dit en passant, les Américains viennent sur les questions environnementales depuis qu'ils y ont détecté du profit à faire en quantités énormes. Et ils vont réussir car c'est le pays de l'Innovation à outrance. Ne nous laissons pas distancer.
nanotechnologies
Explosons l'Etat pachydermique sans grâce ni talent qui enfle de sa gangrène gazeuse, crée une taxe chaque mois, et se croit autorisé à tout couper et trancher ; même le prix du lait ou celui de la baguette de pain que l'on envoie des ministres noter chez les détaillants ! Que partent ces gens ! Que partent ces saltimbanques et qu'on vide la piscine politique pour en jeter au fumier leurs métastases, la relève. Ils ne servent à rien, bavassent, biaisent, trompent et s'engraissent de nos déficits à compte des enfants à naître. Faudra-t-il arriver à la ruine de la nation pour s'apercevoir de cette vampirisation ?

Dans le concert occidental de la renaissance attendue, nous ne pourrons jouer aucune partition en l'état si nous laissons les fauteurs de déclin aux commandes ou dans les sphères d'influence. Il faut des hommes neufs, intelligents, jeunes, au moins d'esprit comme Pierre-Marie Gallois, ouverts au monde, capables d'appréhender les axes forts du Futur sur lesquels nous tracerons notre route sans complexes ; et qui ne se retourneront pas sur un passé bien moins glorieux qu'on ne le raconte, à peine de nous changer tous en statues de sel.
Faut-il répéter que nos enfants vivront dans la "France de demain" ? A entendre le tapage des arriéristes de service, cramponnés aux mangeoires républicaines, hurlant à l'euro, je crois que oui.

: Nota 1. L'auteur dit : « L’appareil industriel des Etats-Unis subit le choc de la surproduction à bas prix des « milliardaires en vies humaines ». General Motors est en difficulté, Ford procède à de nouveaux licenciements après avoir perdu 2.7 milliards de dollars au 4ème trimestre de 2007. Les milliardaires Chine et Inde n'exportent pas de voitures aux Etats-Unis ; la concurrence vient du Japon et surtout des usines japonaises implantées aux Etats-Unis. En outre les trois grands de Detroit exportent peu et les productions indiennes font epsilon sur les marché du Tiers-monde solvables. La Chine n'exporte quasiment rien, pour l'instant.

: Nota 2. Mythologie grecque, les Titans en cliquant ici
.


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mercredi 27 février 2008

Don Sarkozi

Sarkozy en mai
"Casse-toi, machin truc !" Charles Martel à Poitiers ? François Ier au Connétable de Bourbon ? Le général Cambronne à Waterloo ? La Garde meurt et va te faire f... ! Mais non, c'était le petit reître au Salon de l'Agriculture, protégé par une double enceinte mobile de G-men, qui prenait son bain de foule à la gaullienne. Les circonstances sont inintéressantes, le rallye des cireurs de pompes sur les étranges lucarnes qui sont sensées faire l'Opinion, l'est bien plus, et le chagrin de voir ce pauvre Barnier, la brosse à fumier à la main, s'escrimer sous une permanente immaculée pour sauver son maroquin promis au vicomte de Villiers, m'a terrassé. Pas moins d'ailleurs que la compassion goguenarde du bossu du Poitou qui ne porte chance à personne !

Le président de la République française est un cavalier démonté, disons qu'il mime le canard. Sa diction travaillée sur les fortifications et sa démarche à la Donald m'avaient interloqué lors de la campagne car je ne voyais pas un avocat accoutré selon l'usage du barreau, avancer au prétoire, l'hermine pendante et le pas chaloupé, coin-coin, risquer de se prendre les pieds dans la robe, quoi ! On me l'a montré au Guilvinnec au milieu de ses licteurs défiant un pêcheur contestataire - je ne savais pas qu'il faisait aussi du judo comme Poutine, quoa ! Ce qui m'a achevé n'est pas le "pôv'con" du Salon mais que le président gratte sur les courses. A Bucarest, il a réclamé le Mont-Blanc qu'on venait de lui passer pour signer quelque accord, le trouvant à son goût ; c'était vraiment "petit".

Doit-on le juger uniquement sur les résultats comme il aime à le faire de ses collaborateurs ? Laisser de côté ce côté "nouveau riche à compte d'autrui", les montres, les Rayban miroir et tout le clinquant, ou son penchant pour les femmes d'occasion qu'il expose comme des trophées de guerre tel un général romain revenant de campagne ? Le problème est qu'il n'y a pas de résultats. Aucun ! On me dit de Matignon que c'est trop tôt. François FillonM. Fillon a fait son "pro domo" dans Le Figaro, énonçant la liste des réformes. C'est du pipi de chat. Même le chômage est truqué depuis que l'Insee a révélé que deux millions de travailleurs sortis des statistiques n'étaient employés en moyenne que 13 heures par semaine, ce qui ferait un revenu mensuel moyen de 460€. Cela n'empêche nullement le bienheureux des sondages d'annoncer les lendemains qui ne peuvent que chanter ; 5% de chômeurs bientôt ! Vieux refrain démagogique ; je ne te croyais pas si menteur, François.

Le pays coule, sûrement. Tous les compteurs sont au rouge et même l'ami Balladur s'alarme jusqu'à trouver le petit vraiment court ! Car il ne se passe rien dans la sphère du réel quotidien, sinon d'encombrer les journaux de bons mots, de frasques, d'annonces, d'alcôves. Le second du Titanic va-t-il invoquer la clause de démence ou la jaculation précoce du commandant pour s'assurer de la passerelle avant le déchaînement de tous les dangers ? La constitution le lui interdit tant que l'autre n'est pas tombé du train en pleine nuit en pyjama, la grand croix de commandeur épinglée au revers de la veste !

J'ai déjà prévenu notre distingué lectorat contre la prise de pouvoir européen au premier juillet 2008 par notre hyperprésident. Bien sûr qu'il ne déclarera pas de guerre, ni ne coulera la Commission au canon comme il aimerait le faire du Conseil constitutionnel à Paris. Il lancera de grands projets fumeux et non financés comme savait en parler le général De Gaulle, son modèle. Mais outre le fait que nos voisins ne s'armeront que de patience, nous risquons clairement la motion de défiance de nos principaux partenaires dans le domaine financier.
Ils sont déjà excédés de ces manipulations vulgaires de leurs débats devant la presse, ces effusions de rencontre - on s'appelle par le prénom en public - et au même moment constatent notre incapacité foncière à remettre les finances françaises en ordre. Or depuis la monnaie commune, nous ne sommes plus seuls à pâtir de notre propre incurie. L'effacement des déficits par la dévaluation dévoreuse de l'épargne, nous est dorénavant interdit. Nous sommes dans l'obligation d'être sérieux, autrement dit du jamais vu sous la République depuis la dévaluation Poincaré. D'ailleurs les vrais républicains hurlent contre l'euro pour le retour du franc, pauvre piastre à gogos, mais si utile en politique et lâcheté.

Même M. Balladur reprenait Serge Moati à l'émission Ripostes de ce dimanche, en affirmant qu'il n'attendait pas un plan de rigueur après les Municipales mais simplement un plan de "sérieux" ; et d'ajouter qu'il y avait 500.000 surnuméraires dans la fonction publique et territoriale. M. Sarkozy va-t-il se séparer de 500.000 agents inutiles au motif que le service public n'y a rien gagné depuis dix ans que l'on mesure cet accroissement ? Certainement non ! Il est déjà incapable de brider les taxis, les buralistes, les "racailles", ni de réquisitionner les milliers de logements laissés vides par la spéculation foncière, alors qu'il dispose des lois pour le faire.

Il veut accomplir ses cinq ans et plus si affinités, comme son prédécesseur voulait faire les siens, quoiqu'il advienne, cohabitation honteuse, référendum perdu. M. Chirac se réfugiait dans la diplomatie décrétée américanophobe et l'inertie à l'intérieur, le tout enveloppé dans une bonhomie franchouillarde qui plaisait en Corrèze. On nous promettait la rupture ! M. et Mme Sarkozy M. Sarkozy a donc renversé les alliances, sans frais, et à défaut de bonhomie franchouillarde - il aurait bien du mal à s'y mettre - masque le confort intellectuel de son inertie par le tourbillon médiatique permanent. On parle de lui, de sa femme, de l'ouverture à gauche, de son chien - non, il n'a pas de chien -, de son fils, de l'ouverture à droite, de sa femme, l'autre, de sa barrette de chanoine, de sa rolex, du petit juif, du pauvre con, et de ... la politique de civilisation d'Edgar Morin - mazette - avant de se lancer dans la transcendance du prêtre ! Le pays va mal mais la télé flamboie.

Il n'a ni Ferrari, ni Porsche, ni Corvette et pas non plus son brevet de pilote privé, ni ne fait du scaphandre, pas plus que du trekking ; skie-t-il ? A-t-il lu feu Robbe-Grillet ? Il y a encore des domaines à explorer pour nous tenir en haleine jusqu'à la Noël. Pour 2009, il sera bien temps de contacter la NASA ou Richard Branson.

Dans son blogue "Pour le Roi", Yves-Marie Adeline regrette que nous n'ayons pas de chef d'Etat. C'est affaire de mots. Si l'Etat est l'individualisation d'un corps de la nation constitué de plusieurs membres hiérarchisés entre eux à l'effet d'administrer le territoire et ses habitants, dans notre pyramide mentale, il a besoin d'un chef : une sorte d'adjudant-major du régiment France. C'est le chef de l'Etat. Donald Sarkozi est ce chef. Mais prétendre qu'il serait le chef de la Nation comme le laisse croire la formule "président de tous les Français" est un leurre. Un chef élu par une partie de la population sur un contrat à durée déterminée ne peut être le chef de la Nation. Il assume la fonction précaire de chef de son administration ; assez mal en plus ! M. Sarkozy n'est que chef de l'Etat. Ses collègues étrangers savent parfaitement qu'il n'est pas le Chef de la France. Ca se voit comme le nez au milieu de la figure. Il en est parmi eux qui parlent un meilleur français que lui.

La nation ne s'incarne que dans un roi, voire un grand chef catholique ou quelque sage de la montagne comme il nous en passe un par siècle.



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lundi 25 février 2008

Kosovo 4/ƒ

blason onusien du KosovoNous ne laisserons pas Mitroviça sous le feu des canons albanais ! Comme le disait Albert Sarraut de Strasbourg à la remilitarisation de la rive gauche du Rhin par la Wehrmacht, la diplomatie russe manie le bâton dialectique, à défaut de pouvoir forcer une décision favorable à son allié serbe. Moscou envoie à Belgrade son vice-premier ministre et futur président Medvedev en compagnie du ministre Lavrov chargé des affaires étrangères. Il ne peut être question que de bloquer l'accès du Kosovo aux enceintes internationales et de discuter du futur oléoduc Mer Noire - Adriatique qui devrait traverser la Serbie, le tout enveloppé de la plus sincère chaleur humaine slave. Mille regrets, les divisions russes sont engluées en Tchétchénie.

Que la Russie mette désormais des bâtons dans les roues occidentales n'est pas pour déplaire à bien des pays, d'abord aux Grecs, et, gouvernement mis à part, à bien des Français également. Les Accords de Dayton de 1995 qui cessaient la guerre intra-yougoslave, ne prévoyaient pas la sécession de la province kosovare, pas plus que la Résolution 1244 du Conseil de Sécurité de l'ONU de 1999, spécifique au Kosovo. On peut dire que c'est bien l'aggravement par les Albanais de l'insécurité de la province onusienne qui a conduit les pays engagés au Kosovo à s'en débarrasser. « La situation y est intenable », disait récemment un diplomate allemand. Il aurait pu rajouter "ras le bol" et sa pensée aurait été complètement exprimée.

Les Russes annoncent des réactions en chaine. Nous avons déjà dit ne pas croire à l'effet dominos. Mais le jeu de dominos intéressant directement l'affaire kosovare n'est-il pas déjà manipulé par le tandem serbo-russe, dans un sens offensif, puisqu'il n'est question pour eux que de dénoncer les républiques albanaises en devenir ? Vallée de Preshev en Serbie méridionale, Macédoine occidentale, districts albanais du Monténégro. A les entendre, ces cantons albanais enkystés au flanc d'états multi-ethniques "sans problèmes" sont sous la coupe de la mafia albanaise - les Russes savent de quoi ils parlent - et deviendront des abcès d'incendies racistes. En faudra-t-il beaucoup de poudre pour les allumer et prouver ainsi le bien-fondé de la "théorie des dominos" ? La suite nous le dira.

arson US embassy Beograd
Car il y aura une suite. Non par l'intervention musclée de la Russie qui est barrée de partout pour intervenir physiquement, si tant est qu'elle le veuille sincèrement. Elle a retiré son bataillon en zone d'occupation allemande (quelle ironie !) en 2004. La suite viendra plus probablement de l'irrédentisme serbe des cantons extérieurs qui peuvent légitimement user des mêmes ruses pour s'agglomérer à la mère-patrie quand celle-ci leur donnera le feu vert. Ce qui ne serait que justice. Les ruses des uns feront les ruses des autres. Et les Albanais de l'extérieur embrayeront à leur tour. D'ailleurs les esprits forts ne préconisent-ils pas le reclassement ethnique, chacun chez soi et les moutons etc. A oublier que si les chiens et les chats se détestent dans la même ferme, le fermier lance la fourche. Mais rien ne garantit qu'une fois reclassées dans des Etats homogénéisés, les ethnies ne profitent des moyens que procurent un Etat légal pour entrer tout simplement en guerre ouverte. La solution même difficile des conflits inter-ethniques au sein d'Etats multi-ethniques est souvent préférable à la solution de conflits ouverts d'état à état légalement constitués. Les Balkans héritent de frontières les traversant en tous sens, ferments d'autant d'Etats, prétextes à séparer les antagonismes. En vain ! C'est sans fin.

Jusqu'à se demander combien de décennies faudra-t-il pour régler la Question ottomane. L'homme malade de l'Europe, disait-on. Mais qui était vraiment malade ? Tout est parti du Congrès de Berlin (1878), en l'absence des Turcs et des Balkaniques qui n'auraient jamais pu s'entendre sur rien, notons-le, et 130 ans plus tard, en 2008, le processus reste inachevé ! Centre trente ans d'histoire qui couvrent 1300 pages, écrit petit ! Les Américains n'ayant pas eu le temps de les lire, il est normal qu'ils aient privilégié des solutions apparemment simples. En fait, il n'y a pas de solution. C'est le syndrome du bâton merdeux, plus facile à prendre qu'à lâcher.

C'est très frustrant pour un esprit cartésien. Mais il faut parfois accepter ses limites comme on le fait des mystères qu'on révère. Les Balkans n'offrent aucune solution de paix durable "à l'intérieur de frontières sûres et reconnues". Quelle n'était pas notre chance de profiter à deux pas de chez nous de l'Union soviétique et de la Yougoslavie qui se partageaient la police de cette région ! Et nous rêvions, béats, aux plages enchantées de la Roumanie de Ceausescu ou au paradis de l'autogestion titiste, en moquant le parapluie bulgare. Nous n'avions que des compliments à leur faire. Est-ce à dire que la botte de fer serait le seul principe de gouvernement convenable ? Les Serbes l'ont très longtemps cru. [soupir]

En passant, remarquons que les Turcs sont imbriqués dans les affaires européennes depuis bien trop longtemps et avec plus d'intérêts qu'il n'en ont poursuivis au Moyen Orient où seul l'irrédentisme kurde les a convoqués, pour que nous traitions la question turque, héritière de l'autre, par dessous la jambe.

carte Europe nuit

PS : A y regarder de près on verra que la procédure de reclassement des dominos n'aura pas été initiée par l'Etat kosovar, pour la simple raison que c'est un état-refuge qui veut maintenant consommer les crédits internationaux promis et se faire oublier, pour les raisons que donnait le général italien Fabio Mini dans un billet précédent. La Grande Serbie orthodoxe fera-t-elle face un jour à la Grande Albanie musulmane ?

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En attendant, marchons ensemble :
affiche de la manif Kosovo du 2 mars

vendredi 22 février 2008

RAP

Joey StarrLisez du Rap !
Pour deux raisons, ce sont les textes que vos enfants écoutent ; ils sont écrits généralement en bon français avec finalement peu de verlan - un vieux dialecte d'apaches quand même !
Aujourd'hui Royal-Artillerie vous offre vidéo et paroles de "Laisse pas traîner ton fils" du groupe sulfureux NTM emmené par l'inimitable Joey Starr et son complice Kool Shen.

Pourquoi sur Royal-Artillerie ? C'est un écho au plan banlieue de Mme Fadéla Amara. A faire de la politique, il serait temps de s'intéresser au pays réel, vous savez, le terreau politique de demain ...
C'est page suivante ...



A l'aube de l'an 2000
Pour les jeunes c'est plus le même deal
Pour celui qui traîne, comme pour celui qui file
Tout droit, de tout façon y a plus de boulot
La boucle est bouclée, le système a la tête sous l'eau
Et les jeunes sont saoulés, salis sous le silence
Seule issue la rue même quand elle est en sang
C'est pas un souci pour ceux qui s'y sont préparés, si ça se peut
Certains d'entre eux même s'en sortiront mieux
Mais pour les autres, c'est clair, ça s'ra pas facile
Faut pas s'voiler la face, il suffit pas d'vendre des "kil"
Faut tenir le surin pour le lendemain
S'assurer que les siens aillent bien
Eviter les coups de surin
Afin de garder son bien intact
Son équipe compacte, soudée, écoute de scanner pour garder le contact
Ou décider de bouger, éviter les zones rouges, et
Surtout jamais prendre de congés
C'est ça que tu veux pour ton fils ?
C'est comme ça que tu veux qu'il grandisse ?
J'ai pas de conseil à donner, mais si tu veux pas qu'il glisse
Regarde-le, quand il parle, écoute-le !
Le laisse pas chercher ailleurs, l'amour qu'y devrait y avoir dans tes yeux.

Refrain :
Laisse pas traîner ton fils, laisse pas traîner ton fils
Si tu ne veux pas qu'il glisse
Qu'il te ramène du vice
Laisse pas traîner ton fils, laisse pas traîner ton fils
Si tu veux pas qu'il glisse.


Putain, c'est en me disant :"J'ai jamais demandé à t'avoir !"
C'est avec ces formules, trop saoulées, enfin faut croire
Que mon père a contribué à me lier avec la rue
J'ai eu l'illusion de trouver mieux, j'ai vu
Ce qu'un gamin de quatorze ans, avec le décalage de l'âge
Peut entrevoir, c'était comme un mirage
Plus d'interdit, juste avoir les dents assez longues
Pour croquer la vie, profiter de tout ce qui tombe
La rue a su me prendre car elle me faisait confiance
Chose qui avec mon père était comme de la nuisance
Aucun d'entre nous n'a voulu recoller les morceaux
Toute tentative nous montrait qu'on avait vraiment trop d'ego
Mon père n'était pas chanteur, il aimait les sales rengaines
Surtout celles qui vous tapent comme un grand coup de surin en pleine poitrine
Croyant la jouer fine. Il ne voulait pas, ne cherchait même pas
A ranger ce putain d'orgueil qui tranchait les liens familiaux
Chaque jour un peu plus
J'avais pas l'impression d'être plus coté qu'une caisse à l'argus
Donc j'ai dû renoncer, trouver mes propres complices
Mes partenaires de glisse
Désolé si je m'immisce.

Refrain

Que voulais-tu que ton fils apprenne dans la rue ?
Quelles vertus croyais-tu qu'on y enseigne ?
T'as pas vu comment ça pue dehors
Mais comment ça sent la mort ?
Quand tu respires ça, mec, t'es comme mort-né
Tu finis borné
A force de tourner en rond
Ton cerveau te fait défaut, puis fait des bonds
Et c'est vraiment pas bon quand t'en perd le contrôle
Quand pour les yeux des autres, tu joues de mieux en mieux ton orle
Ton orle de "caï-ra", juste pour ne pas
Qu'on te dise : "Voilà tu fais plus partie de la "mille-fa" d'en bas"
C'est dingue mais c'est comme ça
Sache qu'ici-bas, plus qu'ailleurs, la survie est un combat
A base de coups bas, de coups de "tom-ba"
D'esquives et de "Paw !" de putains de "stom-bas"
Laisse pas traîner ton fils
Si tu veux pas qu'il glisse
Qu'il te ramène du vice
Non, laisse pas traîner ton fils.

Refrain et fin.

Laisse pas traîner ton fils, à peine de devenir, un jour tard comme moi (ndlr):

Joey Starr



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