De ci de là chemine la réprobation des positions pro-ukrainiennes de votre blogue préféré, du moins l'était-il encore il y a peu. Le Piéton serait tombé du côté obscur de la Force, ne voyant pas à l'évidence l'affirmation impérialiste des Etats-Unis qui emportent les Etats-moutons européens dans leur projet de destruction de la Russie éternelle même resoviétisée. Mais, par chance, les atrocités explicites des forces russes en Ukraine (ne regardez pas le reportage complet fait par le New York Times sur Boutcha) privent nos contempteurs du nécessaire plaidoyer en faveur de Vladimir Poutine. Dur, dur de rehausser au niveau de Staline et de ses millions de morts, un tyran réélu par un peuple unanime, qui peine à faire tuer deux cent mille soldats en une seule année de guerre. Il ne reste à ceux-là que de crier comme des cabris "la paix, la paix à tout prix" fut-ce à celui de la capitulation des victimes pour promouvoir leur préférence. Je vais donc vous dire le fond de ma pensée en l'affaire d'Ukraine.
Déjà sur l'Ukraine nation :
Les explications historiques brandies par les explicateurs pro-russes (c'est un tropisme de droite que de fonder le futur sur l'histoire) ne servent plus à rien maintenant. La nation qui se bat contre l'Ours mongol est nouvelle, enfantée en 2014 par l'Euromaïdan et accouchée le 24 février 2022 par l'invasion brutale de l'armée russe. Inutile d'y chercher des gènes anciens, le bébé est tout neuf. A preuve, la dérussification fait rage jusqu'au niveau des ploucs des colonies et la lutte anti-corruption n'a plus rien à envier aux opérations mains-propres chinoises. Les colons russes de Crimée et ceux des districts conquis au Donbass caltent. Bientôt ce sera pour eux la valise ou le cercueil. Il faut donc regarder cette nation encore en construction et lâcher les pogroms d'Odessa de 1905 ou les exactions bandéristes d'il y a 80 ans (quatre-vingt). Un peuple du Mélange européen* fait aujourd'hui nation contre une civilisation régressive arriérée qui veut l'asservir à sa loi. Quoi de plus simple ?
Et la Russie dans tout ça ?
Il est bien loin le temps de Pouchkine, Dostoïevski, Tchaïkovski, Tolstoï, Pasternak ou Boulgakov. Sauf à s'en être échappé, le peuple russe de la Fédération de Russie est composé, hors les trois villes emblématiques, de familles au cerveau rincé par une propagande de tous les instants depuis vingt ans. Parvenir à leur faire accroire que la Russie est attaquée quand aucun ennemi n'a franchi la frontière, vaut toute longue démonstration. Et ils applaudissent au bombardement des quartiers résidentiels ukrainiens ! Il en reste quelques-uns quand même à aller fleurir en province des statues en hommage aux tués de Dnipro. Le délire impérial de la nomenklatura-mafieuse au pouvoir à Moscou remet une pièce dans le jukebox de la nuisance russe éternelle, la marche au soleil couchant d'un Tamerlan de légende ne stoppera donc jamais ? Et tous ses voisins autrefois sous le joug soviétique ne s'y sont pas trompés une seconde qui font bloc aujourd'hui derrière Kyiv !
L'Incorrect remet les pendules à l'heure concernant le péché originel de l'Occident dans l'affaire d'Ukraine, ce qui va désoler le ramas de russophiles compréhensifs derrière un Luc Ferry par exemple (la bande passante est trop étroite pour les citer tous). Raphaël Chauvancy (officier-écrivain engagé) y dit que « la Russie n’est pas une victime. Elle a joué une partie qui visait à rétablir son statut de très grande puissance en réaffirmant son influence en Europe. Seulement, elle l’a perdue parce que ses forces ne sont plus suffisantes pour compenser le manque d’attractivité de son modèle ». Thibault Muzergues (International Republican Institute) y dit que « c’est la Russie qui a choisi de faire de l’OTAN son ennemie, pas l’inverse. Rappelons que jusqu’au début de l’invasion de l’Ukraine en 2014, les deux parties avaient construit un Partenariat pour la Paix (PPP) et il n’est pas venu à l’esprit des Russes de dénoncer l’élargissement de l’OTAN lorsqu’il s’est produit en 1997 – il aura fallu l’invasion de la Crimée en 2014 pour que le PPP prenne fin » et Julien Ravalais Casanova (de l'UNESCO) y dit qu'« un dialogue entre l’OTAN et la Russie a été mis en place, avec l’Acte Fondateur de 1997 et le Conseil OTAN-Russie qui a fonctionné de 2004 bon an mal an jusqu’en 2014, année de l’annexion de la Crimée. Pour mémoire, l’Acte Fondateur de 1997 stipule "le respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de tous les États et de leur droit inhérent de choisir les moyens d’assurer leur sécurité". C’est donc la Russie qui a renié ses engagements en envahissant l’Ukraine, pas l’inverse ».
Qui ne voit le plan américain de destruction de la menace russe ?
Perso, je le vois parfaitement et j'en souhaite son succès. Et si nous avons loupé le rendez-vous au Traité de Versailles de 1919 en ne démembrant pas le Deuxième Reich en autant de royaumes et principautés qu'il en avait naturellement, il ne faut pas louper le coche cette fois encore et démembrer la Fédération de Russie selon ses frontières intérieures à quelques exceptions près de territoires non viables en autonomie. L'Empire russe nous emmerde depuis des siècles et les nations non-russes de la Fédération ne veulent pas continuer à vivre sous le joug moscovite. Stop donc !
Reste à régler la question de la force de dissuasion nucléaire qui s'avère être une force d'agression potentielle à laquelle s'adosse un chantage pervers. Tout semblant de victoire de Poutine risque de susciter des vocations de bouclier atomique chez tous ceux qui aimeraient régler leurs problèmes de voisinage de la même façon. Quoiqu'il en soit, des amis américains m'ont dit qu'il y avait des protocoles de sûreté qui laisseraient à la Russie nouvelle sa capacité de dissuasion, la maintenant dans le cercle atomique et au Conseil de sécurité des Nations Unies, tout cela en souvenir du grand sacrifice de la Seconde Guerre mondiale. Mais pour cela, il faut changer d'interlocuteur à Moscou ou attendre qu'il meure. Qui s'y colle à l'œilleton ?
Quant à la fabuleuse amitié franco-russe que célèbrent les littéraires nostalgiques du tragique russe et tous les idiots utiles français et autres otaries battant des nageoires à l'apparition du mâle slave ceinture noire de judo qui chevauche des ours, je la laisse au cercle des poêtes disparus. Il ne me semble pas qu'elle ait joué quelque rôle que ce soit le 23 août 1939 quand fut signé le pacte Molotov-Ribbentrop, pas plus que lors de la guerre d'Indochine, encore moins dans les événements algériens ni aujourd'hui dans l'espace francophone africain. Il faut être aveugle ou gaulliste pour y croire. Qu'une classe russe éduquée aime la civilisation française n'oblige pas à réciprocité, sans pour autant en faire l'ennemi héréditaire. La place est prise par la perfide Albion. De toute façon comme nous le suggère Sergueï Lavrov, il faut une bonne fois pour toutes régler la question russe.
Et s'il fallait un slogan pour terminer cette guerre, je choisirais :
Déjà sur l'Ukraine nation :
Les explications historiques brandies par les explicateurs pro-russes (c'est un tropisme de droite que de fonder le futur sur l'histoire) ne servent plus à rien maintenant. La nation qui se bat contre l'Ours mongol est nouvelle, enfantée en 2014 par l'Euromaïdan et accouchée le 24 février 2022 par l'invasion brutale de l'armée russe. Inutile d'y chercher des gènes anciens, le bébé est tout neuf. A preuve, la dérussification fait rage jusqu'au niveau des ploucs des colonies et la lutte anti-corruption n'a plus rien à envier aux opérations mains-propres chinoises. Les colons russes de Crimée et ceux des districts conquis au Donbass caltent. Bientôt ce sera pour eux la valise ou le cercueil. Il faut donc regarder cette nation encore en construction et lâcher les pogroms d'Odessa de 1905 ou les exactions bandéristes d'il y a 80 ans (quatre-vingt). Un peuple du Mélange européen* fait aujourd'hui nation contre une civilisation régressive arriérée qui veut l'asservir à sa loi. Quoi de plus simple ?
Note*: le territoire actuel de l'Ukraine est un précipité de vieilles "nations" de souche ou de déportation au gré des changements de frontières qui amalgament Ukrainiens, Ruthènes, Houtsoules, Russes, Roumains, Moldaves, Tatars, Biélorusses, Bulgares, Hongrois, Polonais, juifs et Karaïtes, Arméniens, Tcherkessogaïs, Grecs, Roms, Azéris, Géorgiens, Allemands, Gagaouzes plus 1% indéfini du total recensé (source)
Et la Russie dans tout ça ?
Il est bien loin le temps de Pouchkine, Dostoïevski, Tchaïkovski, Tolstoï, Pasternak ou Boulgakov. Sauf à s'en être échappé, le peuple russe de la Fédération de Russie est composé, hors les trois villes emblématiques, de familles au cerveau rincé par une propagande de tous les instants depuis vingt ans. Parvenir à leur faire accroire que la Russie est attaquée quand aucun ennemi n'a franchi la frontière, vaut toute longue démonstration. Et ils applaudissent au bombardement des quartiers résidentiels ukrainiens ! Il en reste quelques-uns quand même à aller fleurir en province des statues en hommage aux tués de Dnipro. Le délire impérial de la nomenklatura-mafieuse au pouvoir à Moscou remet une pièce dans le jukebox de la nuisance russe éternelle, la marche au soleil couchant d'un Tamerlan de légende ne stoppera donc jamais ? Et tous ses voisins autrefois sous le joug soviétique ne s'y sont pas trompés une seconde qui font bloc aujourd'hui derrière Kyiv !
L'Incorrect remet les pendules à l'heure concernant le péché originel de l'Occident dans l'affaire d'Ukraine, ce qui va désoler le ramas de russophiles compréhensifs derrière un Luc Ferry par exemple (la bande passante est trop étroite pour les citer tous). Raphaël Chauvancy (officier-écrivain engagé) y dit que « la Russie n’est pas une victime. Elle a joué une partie qui visait à rétablir son statut de très grande puissance en réaffirmant son influence en Europe. Seulement, elle l’a perdue parce que ses forces ne sont plus suffisantes pour compenser le manque d’attractivité de son modèle ». Thibault Muzergues (International Republican Institute) y dit que « c’est la Russie qui a choisi de faire de l’OTAN son ennemie, pas l’inverse. Rappelons que jusqu’au début de l’invasion de l’Ukraine en 2014, les deux parties avaient construit un Partenariat pour la Paix (PPP) et il n’est pas venu à l’esprit des Russes de dénoncer l’élargissement de l’OTAN lorsqu’il s’est produit en 1997 – il aura fallu l’invasion de la Crimée en 2014 pour que le PPP prenne fin » et Julien Ravalais Casanova (de l'UNESCO) y dit qu'« un dialogue entre l’OTAN et la Russie a été mis en place, avec l’Acte Fondateur de 1997 et le Conseil OTAN-Russie qui a fonctionné de 2004 bon an mal an jusqu’en 2014, année de l’annexion de la Crimée. Pour mémoire, l’Acte Fondateur de 1997 stipule "le respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de tous les États et de leur droit inhérent de choisir les moyens d’assurer leur sécurité". C’est donc la Russie qui a renié ses engagements en envahissant l’Ukraine, pas l’inverse ».
Qui ne voit le plan américain de destruction de la menace russe ?
Perso, je le vois parfaitement et j'en souhaite son succès. Et si nous avons loupé le rendez-vous au Traité de Versailles de 1919 en ne démembrant pas le Deuxième Reich en autant de royaumes et principautés qu'il en avait naturellement, il ne faut pas louper le coche cette fois encore et démembrer la Fédération de Russie selon ses frontières intérieures à quelques exceptions près de territoires non viables en autonomie. L'Empire russe nous emmerde depuis des siècles et les nations non-russes de la Fédération ne veulent pas continuer à vivre sous le joug moscovite. Stop donc !
Reste à régler la question de la force de dissuasion nucléaire qui s'avère être une force d'agression potentielle à laquelle s'adosse un chantage pervers. Tout semblant de victoire de Poutine risque de susciter des vocations de bouclier atomique chez tous ceux qui aimeraient régler leurs problèmes de voisinage de la même façon. Quoiqu'il en soit, des amis américains m'ont dit qu'il y avait des protocoles de sûreté qui laisseraient à la Russie nouvelle sa capacité de dissuasion, la maintenant dans le cercle atomique et au Conseil de sécurité des Nations Unies, tout cela en souvenir du grand sacrifice de la Seconde Guerre mondiale. Mais pour cela, il faut changer d'interlocuteur à Moscou ou attendre qu'il meure. Qui s'y colle à l'œilleton ?
Quant à la fabuleuse amitié franco-russe que célèbrent les littéraires nostalgiques du tragique russe et tous les idiots utiles français et autres otaries battant des nageoires à l'apparition du mâle slave ceinture noire de judo qui chevauche des ours, je la laisse au cercle des poêtes disparus. Il ne me semble pas qu'elle ait joué quelque rôle que ce soit le 23 août 1939 quand fut signé le pacte Molotov-Ribbentrop, pas plus que lors de la guerre d'Indochine, encore moins dans les événements algériens ni aujourd'hui dans l'espace francophone africain. Il faut être aveugle ou gaulliste pour y croire. Qu'une classe russe éduquée aime la civilisation française n'oblige pas à réciprocité, sans pour autant en faire l'ennemi héréditaire. La place est prise par la perfide Albion. De toute façon comme nous le suggère Sergueï Lavrov, il faut une bonne fois pour toutes régler la question russe.
Et s'il fallait un slogan pour terminer cette guerre, je choisirais :
"La justice avant la paix"
Postscriptum athlétique :
La volonté russe explicite de détruire systématiquement les habitations et les infrastructures essentielles à la population d'Ukraine doit disqualifier les athlètes russes au J.O. de Paris, quel que soit le drapeau sous lequel ils concourraient, parce que toute médaille pseudo-russe sera accrochée sur la poitrine de Poutine. Et Anne Hidalgo (qui n'est pas ma copine ni ma cousine) a bien raison de dire niet. Désolé les mecs, revenez quand il sera mort !
La volonté russe explicite de détruire systématiquement les habitations et les infrastructures essentielles à la population d'Ukraine doit disqualifier les athlètes russes au J.O. de Paris, quel que soit le drapeau sous lequel ils concourraient, parce que toute médaille pseudo-russe sera accrochée sur la poitrine de Poutine. Et Anne Hidalgo (qui n'est pas ma copine ni ma cousine) a bien raison de dire niet. Désolé les mecs, revenez quand il sera mort !
