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vendredi 21 septembre 2018

Pornographie du Brexit

Teresa M. in the Mirror
La crémière s'appelle Angela Kasner pour les repentis communistes, Merkel pour les croyants. Theresa Brasier, à ne pas confondre avec Teresa May qui est une pompeuse de nœuds recherchée dans les nuits londoniennes, s'appelle aussi May. Theresa est plus grande qu'Angela même sans talons, mais ne l'impressionne pas, ça la voûte. A vouloir le beurre et l'argent du beurre, elle a eu le dessous lors du sommet informel de Salzbourg. Pourquoi vous parlé-je de ça ? Parce que notre avenir se joue entre elles-deux. Si elles ne s'entendent pas (ce qui est pour moi improbable vu l'imbrication des industries) nous perdrons beaucoup dans le commerce trans-Manche depuis que les Anglais ne produisent plus grand chose et que nous leur fournissons beaucoup. Si elles s'entendent, ce sera sur notre dos, je veux dire le dos des gitans européens du Club Med. C'est nous !
Ce qui est en jeu, au-delà des incantations de messieurs Macron et Juncker qui ne veulent pas pervertir les "valeurs" du marché unique par un accord à la con avec le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, c'est la zone de libre-échange ouest-européenne. Des pays que finalement nous connaissons mal (entendre Mélénchon parler de l'Allemagne nous signale le bougnoule qui n'est jamais sorti de chez lui) tiennent à cette ZLE comme à la prunelle de leurs yeux, parce que d'expérience et non par idéologie, elle représente la construction économique la plus florissante. Elle induit en outre des États à budget maîtrisé pour détourner le moins possible de flux et alléger le ballast sous l'activité marchande. De cette zone, nous n'en sommes pas !

Il est à parier que les intérêts bien compris des Pays-Bas, du Danemark, de l'Allemagne et de la République d'Irlande vont inventer les moyens inédits d'un accord avec la Première britannique parce que le commerce domine tout, l'expression des "valeurs" n'étant que son explication pour les demeurés. Business first ! laissons aux Latins l'émotion !

Le marché de la zone libre-échangiste précitée (on ne parle plus de Teresa là) représente 184 millions de consommateurs, hautement solvables. Autour de ce noyau mercantile, tournent les sous-traitants de la République fédérale (Tchéquie et Hongrie) et le groupe scandino-balte aux mœurs libre-échangistes. Avec la Norvège pétrolière, ces pays rajoutent 64 millions au bloc de départ.

La contestation du dogme macronien de solidarité radioactive regroupe donc 248 millions de consommateurs, soit presque la moitié la plus riche de l'Union européenne élargie, ensemble contigu que nous avons appelé plusieurs fois "l'Europe sérieuse". Etonnez-vous de ce que le Premier ministre néerlandais ait refusé le majorat français lors du dernier sommet de Bruxelles ! Commencez par réparer votre pays de cigales avant d'appeler les fourmis à contribution, a-t-il dit en dialecte !

Premier néerlandais Mark Rutte

Macron, Barnier, Tusk, Juncker et Moscovici peuvent aller se rhabiller, le Nord ne va pas se couper du marché britannique, non plus que de la City. Le désaccord intra-continental n'est pas intervenu tant que les négociations euro-britannique avançaient. Theresa May vient de déclarer au retour de Salzbourg qu'elle est dans une impasse. Faute d'accord dans un délai proche, elle va donc normalement vers un Brexit dur. L'Europe sérieuse, quoiqu'en disent ses représentants devant les objectifs, n'en veut pas, et de l'Endive de Savoie (Barnier) non plus. La crise possible dégagerait l'horizon en créant deux zones, l'Europe sérieuse et l'Europe rieuse, sans transferts compensatoires entre elles comme on le fait dans une vraie fédération. Chacun nettoie sa merde !

La France est incapable de se réformer pour toutes les raisons que l'on sait. Mais l'Italie si, qui dispose d'un excédent primaire avant service de sa dette et d'un gouvernement pugnace. L'autre gitane est l'Espagne dont le déficit rapporté au PIB est inférieur au nôtre et qui a des marges de progression en l'absence de contestation du camp retranché des "spéciaux". Ce qui nous pend au nez, c'est de nous retrouver seuls. La France seule disait Charles Maurras, mais jusqu'ici c'est l'Europe et l'euromark allemand qui servent de cache-misère. Nous sommes en déficit dans absolument tous les compartiments du jeu*. Notre classe politique est un ramas de couards et la technocratie n'a aucun poids politique. On va bouffer des rutabagas... à crédit !


Note (*): Dans le rapport Rapport 2017 de la Banque de France on lit : « La position extérieure de la France, qui reflète le patrimoine financier net de la Nation vis-à-vis de l’étranger, est débitrice à hauteur de 461 milliards d’euros à fin 2017, soit 20,1 % du PIB. C’est en-deçà de la limite européenne (35 % du PIB)». On doit donc être contents !

Postscriptum du 24.09.2018
Ceux des lecteurs, qui préfèrent un commentaire autorisé de la réunion de Salzbourg, feront leur profit des lumières d'Elie Cohen en cliquant ici sur Telos.


samedi 25 novembre 2017

Angela Merkel nous plante !

L'hémicycle du Bundestag d'octobre 2017 ci-dessous montre à l'évidence que la coalition de Mme Merkel est très minoritaire, et plus encore si l'on sait que seulement 200 sièges sur 709 lui appartiennent en propre, 46 étant détenus par la CSU bavaroise. Si elle demande de nouvelles élections c'est parce qu'avec un noyau dur de 28,21% elle ne peut "menacer" aucune formation concurrente et qu'elle espère améliorer sa communication de campagne sur les thèmes qui bloquent, dont l'invasion consentie n'est pas le moindre. La démocratie parlementaire dans tous ses états.

Voir l'analyse des services du Bundestag en cliquant ici

Croit-elle améliorer ses positions dans un nouveau scrutin qui ne pourrait intervenir avant Pâques ? Rien ne l'assure d'expérience puisque la République fédérale n'a jamais été confrontée à cet émiettement démocratique depuis le régime de Weimar, et sous le regard amusé d'une extrême-droite à 92 sièges dont les motifs d'élection n'ont ni disparu ni faibli. D'aucun pensent à l'inverse qu'avec une participation très honorable de 76% en septembre, de nouvelles élections ne feront pas bouger les lignes suffisamment pour relancer les dés. Une reconduction de la coalition sortante ne produira pas la même politique car Martin Schulz n'y est pas à l'aise. La CSU sera tentée de durcir le ton et le SPD de se gauchiser pour offrir une réelle alternative au régime patriarcal rhénan. Une coalition reconduite, malgré l'hémorragie des voix, pourrait s'entendre sur toute une série de mesures mais devrait aller au Bundestag pour arbitrer librement les antagonismes qui surgiront immanquablement au conseil des ministres. Ce ne sera plus du tout la même gouvernance. Il faudra en permanence convaincre, démontrer, prouver, ce qui affaiblira la chancelière.

Le pronostic est que la carrière d'Angela Merkel est en phase terminale. Elle n'est plus la solution mais le problème¹. Le doute à ce niveau est un ferment de désintégration de la coalition démo-chrétienne où vont s'éveiller des sauveurs. Quoiqu'il en soit le charme est rompu et avec lui l'autorité naturelle de la Chancelière, tant au plan intérieur qu'au niveau européen.

Mutti devrait avoir la sagesse de quitter la scène et laisser les autres s'arranger sans elle, bien que la politique soit toute la vie de ce parfait caméléon, opportuniste en diable², élevé et marié deux fois dans le monde universitaire, sans enfants à elle. On devine le crèvecœur que représente ce genre de décision à seulement 63 ans. Quant à l'Allemagne ?
Les tirages augmentent, les radios-télévisions montent le son, mais la Deutschland AG s'en bat lec ! L'usine tourne à fond, les carnets de commande sont pleins, le chômage est au taquet, les soutiers affluent de partout, le fric rentre comme jamais. Alors la politique, vous savez... L'Allemagne n'ira pas plus mal, de quoi pousser Jean-Luc Mélenchon au bouillon de ciguë !


Mais c'est bien à Paris que les choses se compliquent. "Houston, on a un problème !".
Le plan Macron, qui malgré un savant emballage ne visait rien d'autre que l'émission d'eurobons de mutualisation des pertes sous une forme sophistiquée, est plus qu'en péril. Les Libéraux n'en veulent pas, mais pas qu'eux. Pourquoi dépenser le bon argent teuton à sauver la république des cochons français qui se vautrent dans leur bauge collectiviste ? D'autant que les promesses de redressement structurel se font attendre. Même Bruxelles en doute de plus en plus, qui annonce la non-conformité du projet de budget 2018 et suppute un magouillage futur pour sortir de la procédure de déficit excessif, qui nous est appliquée comme aux mauvais élèves de la classe européenne.

Si l'Allemagne fait défaut sur l'engagement merkélien, le château de cartes de la réforme européenne qui sauverait la France par injection de crédits européens d'investissement s'écroule, puisqu'il était convenu d'amorcer quelque chose à Paris pour pouvoir revenir à Berlin aux petits-déjeuners de la Chancellerie du Reich. La complicité, feinte ou réelle, entre les deux parrains de l'Europe n'aboutit pas. Encore moins si les Libéraux du FDP entraient dans la coalition jamaïcaine. Et on ne va pas tarder à ressentir un frisson d'excitation chez le groupe de Visegrád renforcé de l'Autriche, comme en éprouvent des colonies avant l'indépendance ; mais aussi chez les bons élèves efficaces en gestion publique, négligés pour leur moindre taille par la team'com de l'Elysée, que sont les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et la Finlande, la vieille Hanse en sorte.

En résumé et pour la France, qui est, je le répète, notre souci, les réformes courageuses du code du Travail et du système de formation professionnelle ne sont, vues d'ailleurs, que du simple bon sens qui a bien trop tardé chez le "pays qui sait tout". Elles ne peuvent cacher longtemps la perpétuation du cancer français avec son armée de feignants sur crédits publics, ses régimes communistes spéciaux, ses caisses vides. L'aura du sémillant président que le monde nous envie pourrait rapidement pâlir sans le soutien de l'Allemagne. Si le pronostic du retrait définitif d'Angela Merkel se confirmait, son successeur se ferait, n'en doutons pas, un plaisir de remettre en cause les facilités accordées au beau baratineur français, notre Justin Trudeau à nous, pour replacer la France face à sa gabegie éhontée. Contrairement à bien d'autres pays européens (Grèce comprise) nous n'équilibrons même pas notre budget primaire (avant service de la Dette) en écrasant le pays d'impôts et taxes ; de quoi recevoir un jour à la table du Conseil européen le fameux ¡cállate!³ du roi d'Espagne à Hugo Chavez. Ainsi disparaîtrions-nous du cercle décisif comme sous la présidence Hollande et nous n'accéderions même pas à la couronne de Reine des Gitans, lesquels sont bien meilleurs en gouvernance sans nous ! Ciel sombre pour une République soviétisée toujours en retard sur ses voisins !
(vendredi 24.11.2017)

Note (1):
Le président SPD Steinmeier consulte à tout va mais la répartition des sièges parle d'elle-même : tous les groupes sont en position de chantage. Les voici par ordre décroissant :
  • CDU (démocratie chrétienne) : 200
  • SPD (gauche sociaux-démocrates) : 153
  • AfD (extrême-droite) : 92
  • FDP (libéraux) : 80
  • Die Linke (gauche radicale) : 69
  • Les Verts (RFA charbon et RDA lignite) : 67
  • CSU (sous-groupe démo-chrétiens bavarois): 46
  • Non-inscrits : 2
  • Total 19è législature : 709 sièges
On remarque que l'alliance hypothétique des gauches et des verts (153+69+67=289) dépasse l'alliance CDU+CSU (=246). La majorité étant à 355, chaque coalition convoquerait 66 sièges dans le premier cas et 109 sièges dans le second. Plutôt que la coalition jamaïcaine de Mme Merkel menacée du chantage permanent des Libéraux, c'est un gouvernement minoritaire des gauches qui serait logique avec les résultats électoraux de septembre. Que fait M. Steinmeier ? Cherche-t-il 66 réponses ou 109 ? Ou les 153 permettant de reconduire la coalition sortante ?

note (2) : lire l'article d'Odile Benyahia Kouider dans L'OBS en cliquant ici.

Note (3) : La ferme !

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