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lundi 20 juin 2022

Macron brise la glace

Macron
Comme Jésus marchait sur l'eau du lac de Tibériade, Emmanuel Macron marchait sur le plafond de verre du front républicain. Il est passé à travers !
C'est sa pratique de la fonction qui a aminci la glace au point qu'elle se rompe. Le Rassemblement national est entré à la chambre basse du parlement, et sans doute pour longtemps. Le vieux Menhir en avait rêvé, sa fille l'a réalisé.

Menacé de calamités, méprisé, battu et moqué, la moitié du corps électoral a envoyé une assemblée plus représentative du pays, autant du moins que le mode de scrutin trafiqué au bénéfice des sortants au prétexte de majorité, l'a permis. L'autre moitié de ce corps a abandonné toute illusion électorale (+).

Ce qu'il se passera demain dans la production des lois de la République ne sera pas différent de ce qu'il se passe chez tous nos voisins. Notre exception démocratique (visant à atténuer la celticité de nos intérêts locaux) se fracasse sur le Mécontentement général. Mais la condescendance, le mépris, l'arrogance jusqu'à l'insulte du président n'ont pas peu fait pour ruiner la clef de voûte du régime : une majorité obéissante. Son ressemelage devient inutile. Le processus législatif basé sur "le bloc permanent" devient inopérant - la garde-chiourme Ferrand-Castaner est déjà débarquée - et nous allons assister aux fractures politiques habituelles entre les vizirs potentiels, coalisés jusqu'à hier. La majorité présidentielle devrait éclater en trois groupes, dont celui d'Edouard Philipe déjà en selle pour 2027. La coalition hétéroclite du cartel des gauches va en faire autant, aidée en cela par les divergences internes non pontables. Voici de gauche à droite les cartes à jouer probables par groupes (les deux seuils importants sont à 15 et 60 députés) :
  • PCF : 12
  • LFI : 72
  • EELV : 26
  • PS : 23
  • LREM : 170
  • Rad. : 3
  • MoDem : 46
  • HORizon : 26
  • UDI : 3
  • LR : 61
  • RN : 89
  • Solde et divers : 46
C'est maintenant que va apparaître d'une part l'incapacité génétique de M. Macron a négocier en continu, et d'autre part l'inutilité d'un premier ministre-collaborateur aux ordres comme Mme Borne. Il va falloir plus de finesse en politique que la caporalisation qui a prévalu jusqu'à hier ; et comme l'intelligence à Matignon deviendra vite insupportable au locataire de l'Elysée, cette chambre sera dissoute à la rentrée après le gros échec annoncé de la réforme des régimes de pensions. A l'issue de ces quatre tours électoraux, on notera la mort de tous les traîtres, à la notable exception de l'inoxydable Eric Woerth. Marion Maréchal peut se reconvertir, elle appartient au passé. Pour finir, une mention spéciale pour Jordan Bardella qui a montré tout au long de l'exercice une maturité politique rare à son âge, exprimée clairement dans une dialectique posée et articulée. Tiens, personne n'a parlé de restaurer le roi. Reste à jauger la perte d'influence dans les enceintes européennes d'un président français battu. Le tour français s'achève le 30 juin, la Tchéquie lui succèdera avec un agenda très différent ; puis ce sera la Suède, membre influent de l'Europe sérieuse agacée. Que du bonheur pour les cigales !

mercredi 15 juin 2022

Dimanche, dérailler le train !

Emmanuel Macron en TGV
Sans bilan auquel s'adosser, sans campagne présidentielle, sans campagne législative, monsieur Macron croit dur comme fer que les EHPAD de la République vont lui donner la chambre mauve qui le sauvera du compromis humiliant. Le despotisme mal éclairé du patchwork d'Ensemble! doit être barré d'accès, sauf à verser le pays au ravin, à commencer par le ravin de la dette abyssale. Pour ce faire, pas une voix ne doit aller à un candidat de la majorité présidentielle, mais s'il y a une possibilité de ne pas voter pour La France insoumise (bien vérifier les allégeances au sein de la Nupes), saisissez-la. En cas de duel Ensemble!-LFi, saisir les gaules et partir aux esches.

Approfondissons un peu. Touter majorité relative des partis macroniens ruinera l'omnipotence jalouse du narcisse de l'Elysée. Il s'est plu à gouverner cinq ans dans le secret des soupentes du Château ou au milieu du cercle étroit des conseils de défense ; dans l'entre-soi des copains et assistants dévoués à sa personne plus qu'à sa fonction. Il ne supportera pas les rebuffades des oppositions prêtes à négocier leur visibilité au Palais Bourbon dans l'optique d'une législature écourtée ; parce qu'il est impensable que le mari de Brizitte supporte longtemps que soient brisés sur les bancs de l'Assemblée ses "visions européennes" et ses caprices d'enfant gâté.

Quelle sera la situation du pays ce lundi 20 juin ?

Les dix plaies d'Egypte ! A commencer par un budget primaire de l'Etat fortement entamé par la remontée des taux d'intérêt des bons placés chez nos prêteurs. Le taux français à 10 ans est passé au-dessus des 2,5% (Italie à 4%). L'arbitrage entre la gabegie sociale et le service de la dette ne pourra que lever un fort mécontentement dans le pays, autant que le groupe bolivarien de liquidation de l'économie libérale sera puissant à l'Assemblée nationale.

Les faibles marges de manœuvre de Bercy seront annihilées par les déficits augmentés partout (commerce extérieur, pensions, sécurité sociale) soit par la remontée des taux soit par le débondage de promesses électorales visant à contenir les mécontents chez eux. Mais même avec de l'argent, il n'est pas sûr que les gens s'apaisent. Le pays se détourne du pouvoir (70% d'abstention sur la classe d'âge 18-35) qu'il juge coupable en tous domaines, même ceux dans lesquels il n'est coupable de rien ou si peu. Augmentation du prix du caddy, hausse du plein, hausse des loyers, hausse de tarif des services contraints lourdement taxés (eau, gaz, électricité, fuel domestique), hausses des prix de transport... et de "tout le reste" ! La chose est entrée dans les têtes et il ne sert à rien de sortir des chiffres officiels contredisant ces assertions-réflexes, la messe est dite. S'y ajoute la révélation que nos armées ne font pas le poids dans le monde des grands. En quarante ans, nous avons perdu toute la masse critique de la puissance militaire nécessaire à nos engagements, mais pas la masse de képis étoilés. On en voit même devant la caméra de BFMTV pour un chien écrasé quand notre armée mexicaine a trois jours de munitions devant elle en combat intensif. Alors les gens n'écoutent plus les politiques et ne croient plus à rien, sauf à eux-mêmes !

Avec seulement vingt pour cent des inscrits avec lui au premier tour de la présidentielle, et 12.5 % aux législatives, que va faire notre Mickey national devant l'effondrement de sa crédibilité ? Le paon ! la roue ! Au CNR et dans tous les Ségur, Grenelle, conventions citoyennes et autres happenings destinés à noyer les revendications sous des promesses intenables sans argent ? Une majorité simplement relative à la chambre basse sera une terrible punition. Il faut arrêter le train Macron avant qu'il ne percute l'insurrection qui vient !

mardi 7 juin 2022

Résistons!

Jean Lassalle

Le parti de Jean Lassalle lance une cinquantaine de candidats dans le jeu de quilles de la députation dimanche prochain. Ce parti, son leader mais surtout les idées qu'il promeut ont la préférence du piéton du roi. Il refonde l'Etat sur la chaîne et trame communale. Résistons! est littéralement le parti du bon sens et de l'empirisme organisateur. Son programme, bien plus développé que ne le disent ses adversaires qui le cantonnent aux municipalités, peut se résumer en trois phrases :

- Commencer par écouter les gens du commun, les actifs surtout, leurs attentes, leurs intuitions ;
- Recentrer la réflexion et la production politique au niveau du citoyen (ndlr: ce que Macron a tenté par deux fois dans le marathon des maires et la convention citoyenne mais sans succès);
- Reprendre la main à la technocratie hors-sol.

En fait, il ne s'agit pas moins que de se séparer de la bourgeoisie d'Etat qui a mis le pays en coupe réglée à son profit. Il serait avisé de ne pas se priver de la brutalité nécessaire qui calmerait l'envie de manœuvrer des pouvoirs hiérarchisés contre le peuple, ainsi qu'on l'a vu au moment des gilets jaunes sur les ronds-points. La porteuse du programme c'est peut-être la justice avant le droit. Ce parti d'enracinés mériterait d'avoir son groupe à l'Assemblée nationale.

Le CV de chaque candidat est sur la page des circonscriptions investies par le parti en cliquant ici.
  • Alpes maritimes 6ème : Cagnes s/Mer - Philippe Touzeau-Menoni
  • Aube 1ère : Troyes et Bar - Lydie Pieplu
  • Aude 2ème : Troyes - Gérard Lenfant
  • Aveyron 1ère : Rodez-Espalion - Antoine Da Cruz
  • Aveyron 2ème : Villefranche et Decazeville - Florian Barthe
  • Aveyron 3ème : Millau - Jean-Marie Daures
  • Finistère 6ème : Châteaulin - Tiphaine Beaulieu
  • Finistère 7ème : Douarnenez - Jacques Tanguy
  • Gard 3ème : Bagnols et Villeneuve - Christophe Prévost
  • Gard 4ème : Alès à Pont-St Esprit - Dominique-Richard Passieu
  • Gard 5ème : Le Vigan à Anduze - Antoine Capaldi
  • Gironde 4ème : Bordeaux-Talence - Christine Gaillard
  • Gironde 6ème : Mérignac - Franck Bonhomme
  • Haute Garonne 5ème : Toulouse-Grenade - Jérôme Piques
  • Haute Garonne 6ème : Colomiers - Sylvie Bonnemaison
  • Haute Garonne 7ème : Muret - Angelique Eymond
  • Haute Garonne 8ème : Saint-Gaudens - Wilfried Serre
  • Haute Garonne 10ème : Revel - Baptiste Marquie
  • Hérault 4ème : Lodève à Ganges - Jean-Noël Fleury
  • Hérault 5ème : Clermont-l'Hérault - Charles Salvaing
  • Jura 2ème : Saint-Claude - Jérôme Linda
  • Landes 1ère : Mont-de-Marsan - Sébastien Cazaubon
  • Landes 2ème : Dax - Sophie de Brosses
  • Landes 3ème : Aire-sur-Adour - Christelle Lassort
  • Loire-Atlantique 5ème : Châteaubriant - Romain Vincent
  • Lozère 1ère : Mende à Villefort - Christophe Castan
  • Maine & Loire 2ème : Angers-sud - Miguel Lys
  • Maine & Loire 6ème : Angers-ouest - Bruno Ciofi
  • Nord 10ème : Tourcoing - Marcellin Brazon
  • Nord 12ème : Dunkerque - Ludovic Lussiez
  • Hautes Pyrénées 1ère : Lannemezan - Pierre Claret
  • Hautes Pyrénées 2ème : Tarbes - Jean-Marc Dabat
  • Paris 4ème : Ternes à Chaillot - Jérôme Perreau
  • Paris 10ème : Chinatown-Montsouris - Jacqueline Deneuve
  • Paris 13ème : Javel-Vaugirard - Mickaël Marinho
  • Paris 14ème : Auteuil à Dauphine - Christine Kratz
  • Pyrénées atlantiques 1ère : Pau - Jacques-Henri Soulere
  • Pyrénées atlantiques 2ème : Pontacq - Emilie Lassus-David
  • Pyrénées atlantiques 4ème : Mauléon - Julien Lassalle
  • Pyrénées atlantiques 5ème : Bayonne - Hélène Susbielle
  • Pyrénées atlantiques 6ème : Saint-Jean de Luz - Marielle Goitschel
  • Pyrénées orientales 1ère : Perpignan - Anthony Chiffre
  • Pyrénées orientales 3ème : Prades - Henri Guitart
  • Rhône 1ère : Lyon - Célina Vuarin-Appa Plaza
  • Rhône 9ème : Caluire & Cuire - Alexandre Chavanne
  • Rhône 10ème : Saint-Genis-Laval - Fatiha Chanelet
  • Bas Rhin 1ère : Strasbourg - Yamina Grosjean
  • Seine & Marne 9ème : Combs-la-Ville - Pierre Moretti
  • Seine-Saint-Denis 5ème : Bobigny - Sonia Airouche
  • Tarn 2ème : Albi-Carmaux - Corinne Darmani
  • Tarn & Garonne 1ère : Montauban - Dylan Perrinaud
  • Val de Marne 6ème : Vincennes - Benoît Willard
  • Yonne 2ème : Avallon-Vezelay - Florian Frayer
  • Amérique du Nord : NYC à LA - Emmanuel Itier

lundi 25 avril 2022

Les jeux sont faits, rien ne va plus!

Une défaite comme succès, telle est la lecture du résultat de la présidentielle par Marine Le Pen, battue avec 41,5% des suffrages exprimés validés. D'un autre côté, voir un "Le Pen" à 42% n'est pas banal.

Malgré l'habillage démocratique de la procédure, le président élu n'a pas le socle pour terminer les réformes sensibles mais plus grave encore, pour affronter et résoudre les défis attendus dans des domaines en péril comme les comptes publics, les crédits militaires d'une guerre annoncée, la réorientation énergétique avec le découplage allemand, le service accru d'une dette non gagée sur des investissements qui rapporteraient quelque chose.

roulette monégasque

Les élections législatives dont tout le monde parle ce matin sont les métastases de cette procédure de reconfirmation qui va être entravée de désordres sociaux, lesquels n'attendront pas le mois de juin pour contrer le résultat d'hier. La France est fracturée entre gilets jaunes et gilets brodés d'une part, entre jeunes et vieux de l'autre !

Commentaire laissé sur la Charte de Fontevrault :
Pour élire un premier ministre, il faut plus de 289 sièges de députés au palais Bourbon. Les quatre fantastiques du pôle populaire peuvent y arriver en convertissant certaines citrconscriptions en sièges où Mélenchon a fait de gros scores, et avec les sortants PS, PCF et LFi ; à condition d’enclencher une dynamique dès le premier tour pour rallier les déçus du résultat d’aujourd’hui. Or les fourches caudines plantées par Mélenchon vont atténuer ce ralliement à gauche au premier tour des législatives. Les désistements réciproques du second tour ne suffiront pas.

Le bloc bourgeois (dont le champion est réélu) est un syndicat d’intérêts personnels en vue de la distribution des pouvoirs au sein de l’Etat impermanent renouvelé. Si le quorum de 290 députés n’est pas atteint en juin et s’il ouvre donc un mandat de cohabitation, la queue de trajectoire explose en vol. Ainsi les partis, même à demi ruinés par l’exercice, vont retourner à leurs affaires de souillarde politique et deviendront une opposition, morcelée en plus par leur ressentiment contre E. Macron qui les a tués : la destruction méthodique de leurs positions afin de mettre “l’électeur raisonnable” devant un non-choix, revient à refuser l’alternance traditionnelle aux professionnels de la politique. Les rancunes vont ressortir au grand jour.

Le pôle de la droite dure quant à lui, va affronter le tropisme gaulois d’un village, un chef ! Il n’y a pas de leader incontestable même si le groupe en voie de reconstitution dispose de personnalités remarquables. Les deux pointures sont Jordan Bardella et Marion Maréchal, le reste est usé (pour rester sympa) !

L’affaire va donc se jouer aux législatives, élections fondées sur un mode de scrutin truqué par le Système au bénéfice de majorité, lequel peut se retourner contre lui.


cul de lampe

Première base de recomposition politique pour les Législatives de juin 2022 après le 1er tour de la Présidentielle :


    Bloc bourgeois:
  • LREM + MoDem + Agir + Horizon : 9.785.578 voix soit 20,07% des inscrits
  • Les Républicains + UDI : 1.679.470 voix soit 3,45% des inscrits
  • Total : 11.465.048 voix et 23,52% des inscrits
    Pôle droite dure:
  • Rassemblement national : 8.136.369 voix soit 16,69% des inscrits
  • Mouvement Reconquête : 2.485.935 voix soit 5,10% des inscrits
  • Debout la France : 725.356 voix soit 1,49% des inscrits
  • Total : 11.347.660 voix soit 23,28% des inscrits
    Pôle populaire:
  • La France insoumise : 7.714.949 voix soit 15,83% des inscrits
  • Europe Ecologie-LV : 1.628.337 voix soit 3,34% des inscrits
  • Parti communiste français : 802.615 voix soit 1,65% des inscrits
  • Parti socialiste : 616.651 voix soit 1,26% des inscrits
  • Total : 10.762.552 soit 22,08% des inscrits
    Non-classés:
  • Résistons : 1.101.690 voix 2,26% des inscrits
  • Nouveau Parti anticapitaliste : 268.984 voix soit 0,55% des inscrits
  • Lutte ouvrière : 197.184 voix soit 0,40% des inscrits
  • Total (pour somme): 1.567.858 voix soit 3,21% des inscrits
    Absence de choix:
  • Abstentions : 12.824.135 électeurs soit 26,31% des inscrits
  • Votes blancs : 543.638 voix soit 1,12% des inscrits
  • Votes nuls : 237.023 voix soit 0,49% des inscrits
  • Total (pour somme): 13.604.796 soit 27, 92% des inscrits
    Grands totaux:
  • Electeurs inscrits : 48.747.914
  • Suffrages exorimés : 35.143.118 soit 72,09% des inscrits
(chiffres de l'Intérieur)

lundi 18 avril 2022

Pour la fille du pirate dimanche !

Je vous raconte ma vie. Mais non, ne zappez pas, une tranche, étroite en plus. Je vous raconte ma vie : hier au commissariat pour une procuration électorale, je croise l'épouse du chef de cabinet d'un ministre important que je connais. Ça peut arriver. Elle s'est plantée en ligne et vient déverser sa mauvaise humeur sur la policière au comptoir. On se parle, ça l'apaise, on va faire le formulaire de procuration ensemble. J'ai un stylo. Pour qui votes-tu, lui demandé-je ? « Pour celle qui ne gagne jamais !»

Moi aussi ! J'entends Macron faire le grand écart quotidien entre les mesures de droite, de gauche et du centre et reconnais le type à qui j'ai donné sa chance en 2017 au motif de la fraîcheur d'idées et de la promesse de culbuter la vieille oligarchie qui s'appelle elle-même "noblesse d'Etat". Puis j'ai vu au long du mandat tout le contraire de la promesse initiale et la suffisance du peigne-cul. Pas deux fois !

Marine Le Pen
Les points qui accrochent au sein du parti prétendu de la Raison dans le programme de Marine Le Pen sont au nombre de quatre :

- l'Etat de droit menacé par des tas de droits comme le rappelait Philippe Bilger ici ;
- la sortie du commandement intégré des armées au SHAPE ;
- l'Europe des nations niant l'Union européenne dans son état présent ;
- la stratégie eurasiatique.

Sans faire long, voici mes quatre réponses : l'Etat de droit est modifiable dans les règles, c'est ce qui s'appelle "changer de régime". Si le peuple y consent - ce n'est pas moi qui aie inventé la souveraineté du peuple - la constitution sera modifiée comme en 1958, 1962 ou 2000. L'OTAN est le seul système de défense crédible sur étagère malgré quelques inconvénients plus moraux que techniques. S'en extraire demandera de doubler deux fois le budget français de la Défense en sabrant le modèle social que le monde nous envie sans jamais oser nous le copier. Procès purement électoraliste donc. L'Europe des nations est celle de "Visegrad". Il faudra trancher une bonne fois et solennellement entre "confédération" et "fédération" au lieu de laisser faire une fédéralisation rampante, à bon motif toujours. L'Eurasie est le champ d'exercice de toute stratégie européenne. Sauf qu'avec Poutine et ses bandits, il est impraticable aujourd'hui. Dispute artificielle.
Voili, voilou !

Les commentateurs abonnés aux plateaux télévisés et les commandeurs de la morale républicaine derrière Badinter ont décidé dans leur grande majorité que Marine Le Pen n'entrait pas dans le costume, alors que notre Justin Trudeau zozotant l'avait sur mesure. Pour ne pas me faire avoir deux fois, je voterai sans illusions pour la fille du pirate.


Postscriptum du 24 avril 2022
Voter Macron c'est entrer dans la perversité de son jeu électoral qui a consisté à détruire toute alternance pour l'électeur raisonnable, une reformulation de la menace célèbre : « Moi ou le chaos !».
Son premier mandat étant globalement négatif, Macron n'a pas la légitimité d'un autocrate éclairé pour enjamber l'élection de cette manière. L'électeur réveillé votera aujourd'hui CONTRE MACRON.

vendredi 8 avril 2022

La lettre-programme de Jean-Paul Brighelli

Je ne me lancerai certainement pas dans l’énumération inutile de tous les domaines dont je compte m’occuper prioritairement — parce qu’il n’y a que des priorités. Ni de tous ceux dont le sort me préoccupe au premier chef — parce qu’il n’en est pas dont je me désintéresse. Je vois mes concurrents distiller de vagues promesses que les jeunes, les femmes, les handicapés, les retraités, saisissent au vol — et chacun de partir jalousement avec ses lambeaux de phrase. Ce n’est pas de la politique, c’est de l’alimentation de volailles.

Je vous parlerai de la France.


JP Brighelli
Notre pays est un grand cadavre à la renverse. Dépecée au gré des intérêts d’un libéralisme mondialisé et sans âme, la nation qui fut naguère l’un des phares de l’humanité est aujourd’hui réduite au rôle de camp de vacances pour les populations laborieuses et méprisantes du nord de l’Europe. Terrain de jeu pour Allemands, est-ce encore un destin ?

Ravalée très loin dans les classements internationaux, la France fait sourire nos anciens amis et rire nos nouveaux ennemis. Nous n’existons plus qu’entre la condescendance des uns et la goguenardise des autres. On montre du doigt, en se gaussant, notre système éducatif impuissant à produire autre chose que des sous-doués, notre culture réduite à éditer Virginie Despentes ou Edouard Louis, nos revendications syndicales qui confondent systématiquement le toujours plus et le beaucoup mieux. Nous avions la première école au monde, nous voici à la traîne, loin des tigres asiatiques ; nous étions un phare culturel, nous en sommes réduits à balbutier notre langue et à nous excuser d’exister ; nous avions des chercheurs remarquables, et la France de Pasteur n’a pas été fichue de trouver un vaccin à la première épidémie venue.

Sans doute l’argent n’est-il pas allé là où il fallait…

Nous ne nous sommes pas suicidés, n’en déplaise à certains : nous nous sommes vendus. Ce qui frémit encore dans ce pays bien-aimé, c’est notre conscience d’esclaves, qui se rappelle encore un peu la liberté.

De ce frémissement je veux faire un espoir.

Aujourd’hui, la France est morte. Je vous propose de la ressusciter. Ce n’est pas de réformes ni de révolution que nous avons besoin, c’est d’une renaissance. Si nous avons aujourd’hui une ambition, c’est d’entrer dans la dimension des miracles. Lève-toi, Lazare ! Lève-toi et marche !

Oh, ça ne se fera pas en un instant, ni en un jour — ni même en cinq ans. Ça ne se fera pas en regardant dans le rétroviseur. La connaissance du passé, le respect de nos ancêtres, n’ont de sens que s’ils nous fournissent les matériaux de notre propre reconquête. Inutile de pleurer sur notre grandeur passée, ni sur les blouses que portaient jadis les élèves. Il faut changer de méthode — et mon discours n’a d’autre objet.

Nous sommes des jacobins au petit pied, des bonapartistes d’opérette qui avons élu Napoléon IV, parodie d’une caricature dénoncée jadis par Hugo ou par Marx. Mais nous sommes aussi des girondins honteux, qui avons laissé prospérer dans nos régions des caciques gonflés de leur importance, habiles à reconstituer dans leur basse-cour les fastes élyséens : tout pour l’image, et aucun fond.

Il faut passer par-dessus la tête de ces petits coqs du village global qui s’époumonent pour exister. Passer par-dessus la tête des administrations centrales qui gèrent nos biens au mieux des intérêts des autres. Dénoncer ceux de nos partenaires européens qui se sont appuyés sur nous pour se redresser — et qui désormais nous passent par-dessus la tête pour aller quêter une improbable alliance outre-Atlantique. Comme si les États-Unis se souciaient en quelque façon de l’Europe, sinon pour légiférer dans nos entreprises au nom du dieu Dollar, et vendre leurs armements en regardant de loin les conflits qu’ils allument sur notre sol. Et pourquoi pas, dénoncer cette Europe qui n’est plus un concert des nations, mais un patchwork d’appétits concurrents. Il ne s’agit pas de nous draper dans un superbe isolationnisme. Il s’agit de mettre le feu à Bruxelles, où tant d’administratifs et de lobbyistes œuvrent au mieux des intérêts des autres. Toujours les autres, jamais pour nous.

La France est petite, comparée aux empires qui nous regardent. Mais la grandeur ne se mesure pas en kilomètres carrés. Elle se mesure à la créativité, à l’influence, au dynamisme dont une nation est capable. Elle se mesurera à notre capacité à retenir sur notre sol les jeunes gens les plus doués, qui aujourd’hui s’exilent dans des pays plus attractifs que le nôtre. Pas même par intérêt, mais par désespérance. Nous avons déçu l’espoir de nos enfants, en dilapidant l’héritage de nos parents.

Nous voyons filer nos élites, remplacées par des malheureux sous-qualifiés en quête de protection sociale. L’immigration a longtemps été une chance pour la France : qui parmi nous n’a aucun ancêtre venu jadis en France, attiré par la lumière ? Elle est désormais un fardeau, ce ne sont plus les Lumières qui nous illustrent, c’est notre incurable naïveté. La générosité fonctionne désormais à sens unique : l’étranger qui vient a des droits, et on ne lui impose aucun devoir. Du coup, il se croit libre d’apporter avec lui sa part d’ombre — et même sa part de nuit.

Fini ! Faire renaître la France, c’est rallumer l’ambition, le travail, le mérite. C’est reconstruire ici les usines que nous avons imprudemment délocalisées ailleurs — et former les hommes qui y travailleront. C’est imaginer un système éducatif qui permette à chacun d’aller au plus haut de ses capacités. Et pas seulement à quelques privilégiés, qui se sont tout juste donné la peine de naître et d’habiter les beaux arrondissements, et se croient les légitimes héritiers des oligarques qui nous gouvernent. Ou plutôt, qui font semblant de gouverner, alors qu’ils se contentent d’obéir aux consignes que leur donnent leurs maîtres étrangers. Nous en sommes là : nos chefs d’État sont depuis des années les petits commissionnaires de leurs maîtres.

Le véritable danger, ce ne sont pas quelques milliers de malheureux qui ont tout quitté pour venir chez nous, et que nous intègrerons dès que nous aurons décrété la tolérance zéro. Ce sont les tyrans camouflés derrière les logos de compagnies et de banques avides, installées ailleurs, mais qui prétendent régenter notre cher vieux pays. Nous avons été pillés ? Faisons rendre gorge à ceux qui nous exploitent, débarrassons-nous de ceux qui nous piétinent. Nous avons des dettes ? Eh bien, ma dette, Monsieur du FMI, mets-la dans ta poche, et ton mouchoir par-dessus !

Je ne viens pas vous proposer la paix, mais la guerre. La guerre aux profiteurs, la guerre aux incapables, la guerre aux idéologues qui se parent de belles vertus pour mieux contenter leurs vices. La guerre aux fainéants, aux exploiteurs de générosité, aux menteurs, aux voleurs, et aux médias complices.
Cela fait beaucoup de monde. Mais en face, il y a un peuple — et c’est bien davantage. Vous êtes là deux cents, deux mille, dix mille, et le 10 avril, vous serez des millions. Si vous le voulez, vous le pourrez.

Car à la différence de toutes les autres puissances, la force du peuple réside dans son imagination. Et lorsque monte la colère, lorsque revient l’envie de ressaisir ses avantages et de planter des têtes au bout des piques, cette imagination donne au peuple la capacité de réaliser tout ce qu’il a imaginé. Et ce peuple, il est là, devant moi, deux cents, dix mille, et des millions bientôt.

Jean-Paul Brighelli
26 mars 2022


Le discours que nous attendîmes en vain des candidats parrainés. Commentaires ? Analyse ? Rien ! Tout y est. Merci à lui.

La source en cliquant sur le portrait de l'auteur.

jeudi 3 mars 2022

Nouvelles du front intérieur

L'Assemblée générale des Nations Unies, l'enceinte souveraine de l'Organisation, a condamné hier l'invasion russe de l'Ukraine. Le résultat est impressionnant : 141 pays ont voté la condamnation, 3 pays dictatoriaux de quatrième division ont voté contre (Corée du Nord, Syrie et Erythrée), 47 avaient piscine (dont la Chine). Les deux pays visés ont eu l'inélégance de voter contre la résolution (Russie et Biélorussie qui auraient pu s'abstenir) mais on n'en attendait pas moins d'eux. Changeons d'épaule la kalash :

Marion Maréchal déclare sa flamme à Eric Zemmour, du moins officialise-t-elle une affection rentrée pour le petit juif berbère de Montreuil qui fut son mentor quand elle accéda à l'hémicycle. Ce faux "coming out" lui permet d'envoyer du bois à sa tante dictatrice qui chassa tous ses fans du parti - la vengeance est un plat qui se mange bien froid -; de réfuter tout soupçon d'antisémitisme, des fois que ; de prendre une position marquée sur le besoin existentiel d'une reconquista par chartérisation ; et de former prochainement un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale au mois de juin. Parce qu'on ne vous l'a pas dit, l'élection présidentielle est bouclée. Un peu de suspense pour les éditorialistes politicardisés sur le premier tour pour avoir l'ordre d'arrivée à inscrire dans les annales, mais d'intérêt pour le second, point !
Les 11 et 12 mars, le président sortant recevra la crème du gotha politique à Versailles pour dénoncer la guerre et agraver les sanctions anti-russes. Une photo en pied du mari de Brizitte dans la Galerie des Glaces tuera le match ! Avouons que les "autres candidats" n'ont rien montré de supérieur à lui dans la guerre par procuration que nous menons à la Russie : le "oui mais" l'emportant ! On n'y reviendra pas, après avoir compris comment les choses avaient pu se passer en 1938. Tous les motifs sont bons chez certains aujourd'hui pour se coucher devant les bouffées délirantes du tsar nucléaire. Même l'Ecole de Pensée (AF) se vautre dans des schémas anciens qui n'ont plus prise sur les réalités du moment. Des esprits autrefois grands, s'égarent dans la recherche d'équilibres par des moyens de soutien ou de coercition qui n'existent plus. S'en dégage un infinie tristesse à voir se renouveler des erreurs qui à l'identique jadis ont coulé le mouvement durablement, le transformant en petit cénacle de ronchons. De honte, je ne mets pas le lien.

Alain Bauer
Ce matin, Alain Bauer qu'on ne présente plus, déployait tout son talent chez Apolline de Malherbe (BFMTV), sous la forme d'une vision christique (à la mode mormone) du nouveau Grand Jeu. La tectonique des plaques géostratégiques est en mouvement - on le savait déjà - mais les effets de choc sur les nations européennes inorganisées, contrairement aux trois empires dominants, sont déroulés par emboîtement ; on sent le talent du prof ! Pour nous démoraliser plus encore, Bauer soutient que les sanctions, aussi dures soient-elles, ne freineront pas la bille dans le flipper russe. Emission à archiver tant qu'elle est en ligne.
La crise à laquelle sont confrontés tous les pays d'Europe occidentale - les orientaux se sont méfiés - rompt le paradigme des régimes sociaux étendus qu'ils ont privilégiés. Le Bonheur est en danger de mort. Il y va de notre survie maintenant. Le monde simple ou archaïque est de retour, le moment des rapports d'équilibre n'est pas le droit international, les droits, les libertés, la gay-pride et la démocratie, mais celui de la force brute. Ce qui entraîne à brève échéance (enfin, après les élections) la redéfinition du périmètre providentiel, donc du rôle de l'Etat dans la société : renforcement de l'Etat central (profond), débandage des satrapies territoriales coûteuses et empilées (c'est mon souhait), réarmement moral et militaire de la nation en danger. Bauer ne croit pas en la bureaucratie grasse et surpayée mais à la résilience des acteurs de terrain, et il déteste les comptables publics (il a dû avoir un contrôle fiscal).
De plus on aura froid !

Les rapports parlementaires tombent sur les tables qui, tous, dénoncent l'insuffisance avérée de nos moyens militaires hors de la chasse aux freux. Nos stations d'outremer sont quasiment démilitarisées, il faut doubler les moyens navals partout (et les effectifs embarqués). L'armée de mêlée est en dessous de l'étiage (on en a déjà parlé). Ce n'est pas avec 10 ou 15% d'augmentation du budget des armées sur cinq ans qu'on va remédier aux arbitrages calamiteux d'hier (bonjour Bercy : quid de la dépense publique ?) et la loi de programmation militaire en cours n'y suffira pas. Les candidats à la présidentielle n'en parlent jamais, qui agitent le tapis avec les foutaises démagogiques habituelles, et tous le font. Voici quelques rapports parlementaires à lire sur la question Défense :

mercredi 23 février 2022

Lassalle président !

En 2017, Jean Lassalle avait convaincu 435364 électeurs de voter pour lui au premier tour de la présidentielle, plus un, moi. C'est le score à battre en 2022. L'homme n'est plus à présenter, et les raisons de le soutenir n'ont pas changé depuis la dernière fois, qui sont :
  • Il avance sur des principes de pleine application et pas sur des promesses de plein vent ;
  • Son projet de régime refonde le gouvernement du pays (au sens large) sur la mosaïque ancienne des communes qui sont la chaîne et trame de la France ;
  • Il a un souci permanent du bien commun et le distingue bien des intérêts majoritaires ;
  • Il identifie parfaitement les lobbies industriels et financiers dont l'agenda est étranger au projet "France";
  • La république vertueuse (c'est le plus grand défi de la démocratie qui est par essence perverse) est son modèle indépassable ; il est donc adaptable ;
  • Son approche accouplant l'autorité naturelle en haut aux libertés basses est tout à fait maurrassienne mais il ne le sait pas, ce qui ajoute à sa sincérité ;
  • Il a un vrai tempérament, il est dur au mal et a su gagner sa vie, il bénéficie d'un vrai parcours professionnel et politique d'expérience.
Hâbleur et roublard comme un Béarnais ensouché depuis la nuit des temps, c'est moins le programme que l'homme qui me va. Il faut dire que la détestation des politocards qui ont hanté ce quinquennat en nous laissant une montagne de dettes et des déficits partout monstrueux, facilite le choix d'un député sincère et compréhensible par tous. Certes, j'en connais ses limites et quelques dissimulations mais le plaisir de l'aventure Résistons! l'emporte, jusqu'à vous engager aujourd'hui à lire son programme... depuis qu'il a obtenu ses cinq cents parrainages. Ben voyons !

Jean Lassalle

Le programme est fait de douze chapitres qui sont présentés sur le site officiel 2022 en cliquant ici. Nous allons en prendre deux, sans faire de la théorie ; restons "paysan", gens de pays :

(1) Décentraliser par subsidiarité ascendante

Pour une intercommunalité à taille humaine : abroger les lois NOTRe et Maptam :
La commune doit retrouver le choix d’intégrer ou non une intercommunalité à taille humaine et sans fiscalité directe ;
Restaurer les compétences des communes ainsi que leur autonomie financière et fiscale.

Reprendre la réflexion sur les régions budgétivores et peu efficaces :
S’orienter vers des Provinces historiquement, politiquement, économiquement et culturellement cohérentes ; ceci afin de valoriser les produits, les savoir-faire, les savoir-être et les langues patrimoniales. Ces provinces permettront enfin les vrais choix territoriaux de demain.

Rétablir les mandats de député-maire et sénateur-maire afin de renouer le lien entre les territoires et la représentation nationale.


La réorganisation technocratique des territoires a abouti à l'accroissement sensible de la distance entre décideurs et administrés à tel point qu'elle a créé par les communautés urbaines (mais dans les intercommunalités c'est pareil) une nouvelle caste de caporaux-chefs, crispés sur des pouvoirs bien plus étendus que leurs capacités propres. Mon exemple :
Ma ville de 35000 habitants est entrée (sans qu'on ne mette ça au vote des intéressés) dans une CU de soixante-treize villes, bourgs et villages pour un total recensé de 408000 habitants. Ayant subi un accident de voiture par la faute entière d'un chantier communal, j'ai pris langue avec le service juridique municipal pour être couvert de la franchise appliquée par ma compagnie d'assurance (avec le renfort de leur service juridique). Je fus renvoyé au service juridique de la CU qui a tout fait pour ensabler mon petit dossier (il n'était pas à la hauteur de leurs diplômes), mon assurance jetant l'éponge devant tant d'inertie 'apparemment' calculée. Serait-il resté à portée dans la commune où, depuis le temps, je connais du monde, que le dossier aurait été traité et finalisé sans problème entre gens de bonne compagnie ; j'en ai la preuve d'expérience. Je comprends donc tout à fait ce que Jean Lassalle veut dire.

Quant aux provinces historiques, je les prends tout de suite. J'ai vécu dans la Septimanie de Georges Frêche et je puis affirmer que l'historicité du territoire était un puissant moteur de dévelopepment, à vouloir redevenir Wisigoth et lui, roi Georges. Paix à son âme.

(2) La justice avant le droit

Renforcer la médiation dans le domaine de la justice :
Soutenir les modes alternatifs de règlements des différends (MARD) pour développer la négociation, la conciliation et la médiation, existant en trop petit nombre. Anciens juges, militaires, gendarmes, commandants de police, responsables syndicaux, cadres…, les médiateurs mettront leur savoir-faire au service de la France en permettant à la société de retrouver davantage d’harmonie. Plus nombreux, ils peuvent devenir les nouveaux juges de paix, qui intervenaient au niveau du canton jusqu’au milieu du siècle dernier. Le médiateur, tout en désengorgeant la justice, apporte une réponse non violente et non juridique à bien des conflits en restaurant le lien humain et en réparant le tissu social.

Augmenter le nombre de magistrats effectifs dans le tribunaux :
Organiser autrement leur recrutement et leurs détachements, à hauteur d’un tiers des promotions par concours et deux tiers par passerelle (sur concours 3e voie et/ou dossier), réservée à des praticiens des professions judiciaires ayant au moins quinze ans de pratique. S’agissant des magistrats administratifs, éviter le développement d’un corporatisme déjà présent.

Lancer un plan de construction de prisons afin de garantir que les peines courtes seront appliquées et que les conditions d’hygiène et sécurité seront respectées :
Elles devront être à taille humaine. Les TGI pourraient y contribuer, permettant de préparer une éventuelle reconversion.

Améliorer le dispositif de l’aide juridictionnelle :
La formation en prison doit faire l’objet de partenariats plus importants avec le monde professionnel. Il s’agit de former les détenus et de préparer leur reconversion en association avec les entreprises.

Légaliser le cannabis, en encadrant strictement sa vente et en dédiant une grande part des recettes à la lutte contre l’addiction.


Revenir aux juges de paix qui n'avaient pas démérité, comme les avoués d'ailleurs, désengorgerait les couloirs judiciaires autant qu'elle nourrirait la Chicane qui semble en avoir besoin. Remonter nos effectifs de magistrats en prétoires au niveau de nos voisins européens ne serait pas dommage. Que du bon sens ! Pourquoi ne le fait-on pas ? Pour garder ailleurs des crédits d'assistance sociale clientéliste ? Le pognon de dingue serait mieux placé à apaiser les temples du droit en France. Reste à traiter la question de la production législative ininterrompue qui noit tous les codes de la république. Je vais lui en parler.

Quant à la légalisation du cannabis : c'est par là.

vers Lourdios-Ichère

Est-ce bien utile de voter pour un candidat qui peine à percer dans les sondages d'opinion à cinquante jours du scrutin ? A quoi je répondrais : est-ce bien utile de voter ?
L'assemblée nationale est devenue le bureau des pleurs, un guichet, ma tante ! Le président élu s'époumone à mentir devant le mur de l'impossible. Le protocole de choix d'un chef d'Etat est faussé par l'essence même de la démocratie, relisons Tocquieville et Proudhon. Alors profitons de l'attention qu'y portent les Français pour faire avancer quelques idées simples en attendant que les loges royalistes décident de descendre dans l'arène et d'entrer en mêlée.

dimanche 13 février 2022

Vertige du chaos LR

En attendant la guerre d'Ukraine, la vente des promesses continue. Si Poutine déclenche les hostilités - il est cornérisé et son ego souffre : Biden va lui piquer sa carte bleue - la campagne électorale française sera terminée. Le président sortant rempilera au dernier jour du délai légal et passera au premier tour avec 75% des voix ! Le peuple ne va pas risquer un débutant au bruit du canon.

V. Pécresse
Sur la guirlande à bouffons, c'est Valérie Pécresse qui tient le pompon. Après le meeting au Zénith de Paris, ce dimanche après-midi, il n'y a plus de discussion possible, l'égérie des Républicains de gouvernement est nulle à l'oral. Pas de spontanéité, sauf un peu à la fin puisqu'on lui avait dit de parler d'elle. Pas d'enchaînements, pas d'aisance naturelle, un micro de tête pour marcher sur tout l'estrade et prendre l'auditoire à témoin, mais elle est restée planquée derrière le pupitre, une récitation de slogans lus et relus en groupe de travail, récitation hachée par les chœurs de groupies qu'elle écoute six fois avant de redémarrer jusqu'au prochain arrêt. Certes, les mesures ne sont pas mauvaises pour la France, autant qu'on pourra quand même les payer après l'atterrissage, mais il ne s'agit pas de ça : la course au second tour se joue à trois plus un. Et plus que jamais, il s'agit de la rencontre d'un "homme" et de la Nation. Ces trois-là plus l'autre doivent enthousiasmer l'auditoire, emporter les gens dans un rêve construit, certes crédible mais qui les emballe aussi. Ce que savent faire Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon ; Marine Le Pen un peu moins mais de mieux en mieux. Une heure de récitations écrites par M. Stéfanini et de dérapages contrôlés par Eric Ciotti fut une purge. C'était chiant ont dit certains.
Et pourtant, qui pouvaient lui donner du courage, peu nombreux les caciques absents : Rachida Dati fit le voyage pour bien montrer que ses critiques n'étaient que techniques, François Baroin surprit par sa présence (il était au Trocadéro), les quatre concurrents du congrès LR étaient tous là qui parlèrent, mais qui, habitués des meetings politiques, ne furent certainement pas convaincus. Gérard Larcher. J'ai comme bien d'autres la perception qu'elle est manipulée par des marionnettistes, on voit les fils en plus, et que malgré sa détermination à être la cheffe, elle n'a pas brisé le moule de terre cuite du congrès de décembre pour voler de ses propres ailes. Et cela, je crois, tous les téléspectateurs s'en sont rendus compte.

Avant ce meeting pour rien ou pas grand chose sauf en factures, 40 millions de clandestins ont passé la frontière de Schengen l'an dernier : Valérie Pécresse ne comprend pas ce qu'elle dit, elle ne lit pas ce qu'on lui tend, elle ne vérifie pas. Elle n'a pas vu l'hénaurmité du chiffre. Le vrai chiffre est de 0,2 millions. L'emploi visé me semble au-dessus de ses capacités. Je ne veux pas d'une forte-en-thème à l'Elysée dans les griffes de ses conseillers ou ministres rusés qui passeront la journée à avancer leur propre agenda. Si elle semble réussir à la tête de la région Ile-de-France, elle n'a pas l'épaisseur politique de l'incarnation attendue - on a déjà donné avec François Hollande - elle n'a pas le look de l'emploi, ni la voix, ni le regard... ni le discours. D'ailleurs, elle avait quitté le parti des Républicains parce qu'elle refusait les thèses radicales de Laurent Wauquiez et d'Eric Ciotti, thèses qu'elle embrasse aujourd'hui après avoir repris sa carte pour concourir. Elle avait même créé un parti à sa main, Soyons Libres ! Valérie Pécresse n'est qu'ambition.

Si elle n'accède pas au second tour (et s'il y en a un) le parti ne résistera pas aux forces carriéristes centrifuges qui commencent à le disloquer. Et Sarkozy n'est pas venu, qui a jugé dès le début - ça a fuité - qu'elle ne ferait pas l'affaire. Si sa volonté est de faire battre l'extrême-droite à tout prix avant d'entrer au quartier VIP de la Santé, il se déclarera sans honte pour Emmanuel Macron aussitôt que Pécresse sera dans les décors, et peut-être même avant (la grâce présidentielle ça existe aussi). Les téléphones LR vont sonner ce soir, les effluves du chaos.

Aussi terrible que cela puisse paraître, en période de fortes turbulences - normalement ça devrait péter mercredi prochain sur la frontière ukrainienne si l'on croit les agences - nous allons reconduire le même, par précaution. Il est vrai qu'aucun de ses contempteurs ne donne confiance. J'aurais vu un Barnier, de la tête et des épaules, mais les casques à pointe des LR lui ont préféré Ciotti. Erreur tragique, il va nous rester Justin Macron. Les peuples en démocratie ont les chefs qu'ils se donnent !

jeudi 3 février 2022

Offre de soutien AF aux candidats

La grille de soutien de l'Action française aux candidats à la présidence de la République est publiée (clic). Le Bureau politique jugera de l'intérêt de chacun sur la base de neuf intentions précises (le découpage est de Royal-Artillerie):
bannière AF

  • l'indépendance programmée du pays en sortant à terme de l'Union européenne ;
  • la sortie de l'OTAN ;
  • le retour à une monnaie nationale ;
  • la souveraineté juridique en proclamant la prééminence des cours françaises sur toute cour extérieure au pays ;
  • la restauration des libertés basses en déjudiciarisant l'expression d'opinions et la recherche historique et en supprimant les passes ;
  • le retour de l'éducation des enfants à la sphère familiale ;
  • le réaménagement du territoire en stoppant la métropolisation ;
  • la réindustrialisation du pays ;
  • brider l'immigration et combattre le communautarisme.
Le communiqué du BP se termine ainsi :
« L’Action française n’ignore pas que le régime républicain, indépendamment de la bonne volonté de patriotes sincères, interdit toute politique efficace de long terme dans ces domaines. Elle soutiendra toutefois tout candidat qui fera siennes ces exigences d’intérêt national, puis tout dirigeant politique qui les mettra en œuvre dans le souci du Bien commun. Elle n’en continuera pas moins de lutter pour préserver l’héritage et ramener l’héritier, la monarchie royale étant seule à même d’assurer une politique pérenne garantissant le salut de la nation et la prospérité des Français.»

fleurdelis AF

Commentaire :

Nous pourrions évaluer le "programme d'action" point par point mais nous préférons le mettre en situation.

Aucun des candidats déclarés à ce jour ne promeut le Frexit ni de quitter l'Eurogroupe. Les difficultés que rencontre la Grande Bretagne dans la mise en œuvre du Brexit, alors qu'elle est une île britannique déjà séparée de l'Union, anticipent l'impossibilité géopolitique de la sécession. Concernant la monnaie, les candidats ont compris le refus catégorique de tous les peuples gitans d'abandonner l'euro en 2008, aucun n'ayant confiance dans une piastre nationale locale. Les Français, pareil ! Aucun candidat ne propose non plus de sortir de l'Alliance atlantique ; les plus téméraires exigent de sortir du commandement intégré de l'OTAN, ce qui dénote un défaut d'analyse du sujet "défense". A priori donc, l'Action française n'adoubera personne, sauf à marquer son intérêt à l'occasion pour telle proposition de l'un, telle proposition de l'autre ; faudra-t-il encore disposer des moyens de se faire entendre.

Nous aurions préféré que l'AF fasse à grand bruit la démonstration concrète, rapide et actualisée de l'impérieuse nécessité d'un retour de la monarchie sur le domaine régalien, qui est le plus maltraité par le pouvoir et le plus essentiel pour l'Etat ; plutôt que d'égrener des mesures, pour un tiers infaisables, pour les deux tiers noyées dans le vacarme de la propagande électorale dont les chaînes bombardent l'opinion, car ils sont nombreux les candidats à la réindustrialisation dans un réaménagement du territoire. A défaut de le voir paraître dans la presse mainstream dans les jours qui viennent (pour le 6 février ?), nous penserons que ce communiqué est à usage interne, même s'il est déjà référencé chez Google-actualités par la clé de recherche "action française".

samedi 1 janvier 2022

En attendant les meutes...

L'Insurrection-Qui-Vient rattrape son retard. Elle va même entrer en gare avec un peu d'avance. Le battement d'aile du papillon sera peut-être l'obligation du port du masque dehors en ville, parangon de la soif de pouvoir des petits marquis de la macronie, qui jouissent de se voir obéis selon leur humeur du matin. Ouvrez vos fenêtres en grand pour aérer plusieurs fois par jour - et les prescripteurs se gardent bien de laisser leur adresse où envoyer sa facture de gaz - mais si vous sortez de chez vous, mettez le masque, l'air est pourri de variants grecs et l'amende donnée vaut 135 euros !

émeute Paris

D'où viennent les pulsions de meurtre qui traversent la nation après que tout le possible ait été accepté par les gens pour passer les vagues de coronavirus chinois les unes après les autres ? Certains ont payé cher, surtout les confinés en appartement, les vieux séquestrés en EHPAD pour leur bien, les parents de jeunes enfants scolarisés et leurs rejetons responsabilisés à outrance, les télétravailleurs forcés déconnectés de leur boîte et la masse immense des petits entrepreneurs et libéraux lâchés en rase campagne avec quelque viatique, pour agoniser en silence sitôt les subsides retenus. Côté nation le contrat a été rempli, la proportion de gens vaccinés et le commerce des autotests le prouvent. Mais côté Etat, là, non ! J'entends encore les savants consentir à m'expliquer tant je suis con, qu'on ne forme pas un réanimateur en quelques semaines, et qu'il faut du temps pour armer les lits adaptés. MAIS ÇA FAIT DEUX ANS MAINTENANT QUE VOUS AVEZ DIT ÇA ! Où sont les lits nécessaires à surmonter les vagues épidémiques ? Vous recommencez à déprogrammer des opérations chirurgicales, prouvant par là que le secteur hospitalier public est toujours aussi indécrottable. Arrêtez vos réformes technocratiques arrogantes, donnez les clefs aux professeurs chefs de service ! Et pour commencer, débandez ces équipes administratives surnuméraires qui font vivre neveux obèses, salopes et malins aux dépens des soignants qui se crèvent ?

Nous subissons la présidence du verbe, de la réthorique, de la logorrhée, les voeux présidentiels nous l'affirment. Le foutriquet finissant, reteint en blond, monte à Bruxelles faire la roue, nous laissant aux bons soins de l'impayable monsieur Castex de Prades. Ce représentant en apéritif va finir par faire sortir tout le monde à l'assaut des sous-préfectures. A leur place, je me méfierais, les Gilets Jaunes n'étaient qu'un galop d'essai.


A comme anarchie

vendredi 17 décembre 2021

Le croquemort tropical

Comme nous le supposions dans notre rubrique nécrologique, la Gauche est à la rue. C'est sûr ! La dernière pitrerie de l'ancienne Garde des Sceaux qui devance l'appel à primaire et "envisage" sa candidature à la présidence de la République française pour la mi-janvier, nous le prouve. Si, si ! Quoiqu'elle puisse revendiquer un curriculum vitae enviable et une bonne formation universitaire, elle n'a jamais percé en métropole hors des couloirs dorés parce qu'elle ne répond pas aux soucis réels des Français et ramène sur le tapis des causes exogènes qui ne les intéressent pas. Le mariage de quelques homosexuels entre eux, la commémoration de l'esclavage où aucun Français vivant aujourd'hui n'a jamais trempé, la réforme pénale compassionnelle alors que l'insécurité n'est plus un "sentiment", ses thèmes n'ont jamais intéressé les gens. Son successeur à la chancellerie évoquera pour sa part une "justice sinistrée"; ce qui ne la privera d'aucune fierté.
Elle se présente aujourd'hui comme la vestale que le temple attend. Comme en 2002 ? En se présentant au titre du parti croupion des Radicaux de gauche, elle fit trébucher Lionel Jospin de 2,32% laissant le favori trotskyste sur le carreau pour la plus grande gloire de Jean-Marie Le Pen qui la vomissait ! Réveillée après six ans de léthargie politique, la belle au bois dormant fait toujours 2% dans les enquêtes d'opinion, mais sent vibrer en elle la mission de sauver la France et la Gauche d'abord. Son clip de proto-candidate (clic), passant le projecteur sur toutes les clientèles, fait tourner la noria des valeurs de gauche dans les mots-valises habituels, les mêmes que brandit d'ailleurs Anne Hidalgo sans succès. Elle-même est à 3%, sans doute à 2,5 aux fêtes de fin d'année.

Christiane Taubira

Yves Yannick Jadot, qui se bat comme un beau diable pour décoller de la vase répandue sous ses pieds par sa co-listière imposée, la catastrophique Sandrine Rousseau, ne décolère pas d'entendre l'annonce faite à Christiane par les voix de Domrémy. Jean-Luc Mélenchon ne l'a pas encore insultée, mais s'est contenté de l'envoyer jouer avec sa pelle et son seau dans le petit bac à sable socialiste pour lui foutre la paix. Des instituts, peu nombreux certes, le donnent à 11 et 12%, il y croit. Le communiste Roussel, qui est lui-aussi à 2%, ne voit pas à quel titre il retirerait sa candidature pour faire de la place à la Guyanaise. Seul Arnaud Montebourg, qui semble n'avoir rien compris au film, reste ouvert à toute proposition ; il est vrai que c'est à n'y rien comprendre finalement. A moins que ! A moins que la minorité agissant dans l'orbite woke ne diffuse en continu l'avantage que nous aurions à élire une noire et femme de surcroît. Tout est possible dans ce pays, et même que Mme Taubira rentre dans ses frais.

A moins que bis, au mois de janvier, des caciques socialistes touchés dans leur gloire d'éléphant ne reprennent les dés pour les confisquer et lancent la candidature de l'un d'entre eux au nez et à la barbe des instances du parti mourant de M. Faure. Un nom pareil et finir aux chiottes ! On devine ceux qui ont déjà gouverné le pays et ne sont pas passés encore dans le camp du Gamin. Manuel Valls, Jean-Christophe Cambadélis, Bernard Cazeneuve, Vincent Peillon, Ségolène Royal, Stéphane Le Foll et pourquoi pas Carole Delga qui a plus de pêche que la mégère Hidalgo. Le piéton ne comprend d'ailleurs toujours pas comment fut élue cette gourde, menacée par Bercy pour sa gestion opaque et dispendieuse de la ville de Paris, classée partout "ville sale" et encombrée de trafic automobile, avec des points officiels de deal de crack, la totale !

Je ne sais qui, ce mois-ci, a sorti du chapeau Christiane Taubira ; sans doute au PS, un ami qui lui veut du bien, en vue de futures obsèques.

[1997]

mardi 14 décembre 2021

Macron l'Européen

MM. Macron et Orban

Avec la visite d'Emmanuel Macron à Budapest hier chez Viktor Orban, la PFUE (ça ne se prononce pas sinon ça fait pfffuuu...) est lancée. Le 9 décembre dernier le président a présenté le grand catalogue des actions européennes de la France à la barre, il va enfin revêtir la toge écarlate de César, la couronne fermée de Charlemagne ou le bicorne de Napoléon, au choix, et il tutoie déjà le pape qui n'est pas son cousin.

Si l'on devine à peu près bien le contour des interventions françaises dont la mutualisation de la dette est la fréquence porteuse, on ne voit pas dans ces présentations la France réparer l'Union européenne ni dans son travers technocratique que va renforcer le fédéralisme allemand, ni dans son affirmation campée face aux défis très dangereux qu'elle affronte au sein du camp occidental. Parler de "souveraineté européenne" est ajouter un sous-ensemble flou à tous les autres. L'Europe liquide dont l'horizon recule à mesure qu'on avance va rester à l'état de chimère jusqu'à ce que sa viabilité même soit mise en cause.

M. Macron va prendre les dossiers, les augmentera et les reclassera autrement, mais le cadre général institutionnel sera laissé en l'état, déliquescent et sans but. En fait non ! Il y en a un, celui de la bureaucratie bruxelloise qui est de fédérer l'Union pour accroître, s'il en était encore besoin, son pouvoir technocratique. On parle de nouvelles dévolutions dans des secteurs émotionnellement sensibles comme la santé, l'énergie propre ou même les semi-conducteurs. Homogénéiser les sociétés nationales pour atteindre à l'hégémonie, semble être l'objectif des dirigeants européistes. MM. Macron et Scholz donnent, chacun à sa manière, l'illusion d'une superposition des cibles mais le fédéralisme de l'un et de l'autre n'est pas identique. Si la France cherche à noyer sa gabegie dans une société de secours mutuel, l'Allemagne vise à lisser les aspérités économiques et financières des pays de l'Europe sérieuse, la seule qui lui importe, pour fluidifier les sous-traitances du commerce inter-industriel ; l'Europe rieuse n'étant qu'un assemblage des marchés de proximité pour son industrie exportatrice.

Face à eux-deux, l'Europe orientale libérée du joug soviétique qui ne compte pas en subir un autre. Elle est carrément contre l'entropie réglementaire des institutions européennes et veut conserver son libre-arbitre, quoi que ces pays aient signé jadis pour entrer dans la Communauté européenne de peur que ne revienne le Béhémot russe. C'est d'ailleurs cette peur qui les a jetés dans les bras de l'OTAN. Ces pays ne sont pas seuls. Deux pays occidentaux au moins suivent de près leurs réticences et les expriment quand on le leur demande, ce sont les royaumes de Danemark et des Pays-Bas. Le premier dispose de dispenses opt-out à l'anglaise ; le second a voté "non" à la constitution Giscard de 2005. Ces pays sont mûrs pour une "Confédération européenne" laissant aux nations la responsabilité de tous les domaines qui s'avèrent mieux gérés au plan national qu'au niveau fédéral. A l'inverse et depuis le départ du Royaume-Uni, ils craignent l'expression concrète d'une volonté de puissance européenne qui, le croient-ils, serait captée par la France en protection de ses intérêts propres (usines d'armement, bases africaines) au prétexte d'une défense européenne que personne ne sait décrire de la même façon. Tiens, la Finlande neutre vient de choisir des F-35 ! Les Cabris du général sont pour l'instant plus nombreux que les confédérés, mais ceux-ci sont au front, ce qui leur donne un levier puissant à porter leurs revendications dans les bureaux de Berlaymont.

Que va faire M. Macron devant leur détermination qui ne faiblit pas ? Incanter sur les "valeurs" ? Menacer les subsides ? Provoquer des jugements ? Ou va-t-il gentiment se coucher dans l'attente du résultat du second tour de la présidentielle le 24 avril, pour ne pas perdre en chemin les alouettes du souverainisme ?

Comme sur la défense européenne qui serait le moment de gloire du quinquennat, il est probable que l'Allemagne d'Olaf Scholz lui demandera de lever le pied en attendant la fin de son petit mandat de six mois (quatre ?), l'Europe sérieuse se chargeant du dossier de la rebellion de Visegrad pour le traiter en considération des intérêts économiques spécifiques, les grandes idées pouvant attendre. Et nul ne troquera le parapluie nucléaire américain contre des engagements fermes des Français : Munich-1938 est dans toutes les mémoires de l'Est. Macron n'a pas de convictions, disaient ses concurrents en 2017 ; il est le vide et le néant, assène Zemmour depuis son pupitre de Villepinte ; je crois qu'on va s'en rendre compte à le voir s'ensabler dans les difficultés qu'une logorrhée sans aucune prise sur elles, ne pourra masquer. Mark Rutte (NL) est près de ses sous, et la plupart des autres aussi, qui ne vont pas ensemencer le champ des illusions françaises de leur bel et bon argent. En l'état de dégradation de notre Etat total, nous ne pouvons avoir aucune crédibilité à demander que changent les choses. Les gérer entre les gnomes de Bruxelles et les gnomes de l'Elysée sera déjà un exploit. Aussi minime soit-il, s'en drapper sera utile pour les législatives du 12 juin 2022. Mais nous aurons raté la fenêtre d'opportunité de rebâtir en dur une Europe des nations qui est la seule qui vaille.

Plus sur Royal-Artillerie : L'Europe nouvelle est arrivée ?


[1996°]

dimanche 12 décembre 2021

Mort de la Gauche ?

Dans la campagne électorale pour la présidentielle de 2022, le "bloc" des gauches peinerait à cumuler un quart des votants, ce qui ne le prive pas de cultiver un fractionnisme de bon aloi puisqu'ils sont sept candidats* à s'en réclamer, comme les Sept Nains.

Anne Hidalgo
La figure de proue de l'escadre, qui se prend pour une sirène, s'est laissé dire par les instituts qu'elle ne rentrerait pas dans ses frais. Enfin, son parti irait à fonds perdus à la bataille ! Le bureau national du Parti socialiste est aux cent coups parce que l'hémorragie de militants cotisants ne lui laisse aucun espace pour manœuvrer et que le score lamentable annoncé en prédit un bien pire, celui des législatives à suivre au mois de juin, qui déterminent les subsides publics auxquels les partis politiques ont droit au prorata des voix obtenues au-dessus d'un certain seuil puis au nombre d'élus (loi du 11 mars 1988).

Réclamer l'union de la gauche plurielle quand on est au seuil de la banqueroute frise le ridicule qui, par chance, chez nous ne tue pas ! La plus mauvaise candidate possible, élue à la primaire socialiste contre Stéphane Le Foll, nous indique la mort cérébrale de ce parti historique envasé dans le néant de sa réflexion. Il aurait dû suffire d'entendre la maire de Paris ânonner les banalités socialistes de toujours (hi han !) pour se convaincre de l'inanité de ce choix. Mais non, le mystère des couloirs est plus épais que jamais. Ils doivent être vraiment à la rue pour choisir comme candidate une femme politique ayant conquis une municipalité sur le tapis vert du troisième tour sans gagner aucun arrondissement ! Ils avaient un type bien, sérieux et propre en toutes circonstances qui aurait provoqué pas mal d'urticaire à ses concurrents, Bernard Cazeneuve. Le Foll était pour sa part un battant avec l'entregent nécessaire dans cet exercice. Mais non, la chèvre andalouse et ses mignons l'ont emporté. Il faut être du sérail pour comprendre.
* Les comptes agrégés Datapolitics du 11/12/21 donnent : JL Mélenchon (LFi) 9.18%, Y. Jadot (EELV) 6.86%, A. Hidalgo (PS) 5.07%, A. Montebourg (Remontada) 1.84%, F. Roussel (PCF) 2.08% : Sigma hors NPA,LO = 25.03% (source - il y a d'autres agrégateurs)


On voit fleurir sur la Toile de longues analyses sur ce surprenant déclin dont la meilleure, à mon avis, est celle de Gérard Grunberg dans Telos. A sa question-titre, du PS ou de la gauche qui est le mort ?, je répondrais sans hésiter le parti de M. Faure. Et c'est amplement mérité ! La culture délétère des "courants" a ruiné toute solidarité entre le groupe parlementaire et l'exécutif sous le mandat Hollande et l'irruption en 2017 d'un candidat psychologiquement retardé qu'était et demeure Benoît Hamon, actait l'infarctus politique de la non-représentation du président sortant sur lequel ce parti s'était acharné pendant cinq ans. Sans avoir la soi-disant culture du chef, un parti ayant porté les siens aux plus hautes fonctions de l'Etat ne fronde pas. Certes M. Hollande fut malhabile en toutes choses, obsédé par ses premiers ministres et par sa page d'histoire qu'il écrivait avec tant de ratures (le livre de Davet & Lhomme est terrible), mais les socialistes auraient dû respecter la fonction et l'esprit de la Constitution de la Cinquième en se gardant bien de lui faire barrage. Ils l'ont abattu, ils ont chu avec lui, ouvrant un boulevard à Emmanuel Macron, qui les a rachetés un par un et pas cher et pas tous.

La Gauche ne disparaitra pas pour autant. Elle a de nombreux élus aux étages territoriaux et les valeurs revendiquées de gauche se vendent encore bien dans le secteur public et parmi les classes assistées. Tout simplement, les "gens" ne veulent plus de ceux-là même qui s'en réclament, les jugeant menteurs, médiocres, sournois, douteux dans leurs mœurs privées et outrageusement prévaricateurs quand ils eurent tout loisir de mettre l'Etat en coupe réglée à leur avantage. En fait le corps électoral se secoue pour ôter de son dos les puces socialistes qui le sucent. Ce sont des parasites qui aussi loin qu'on remonte, n'ont rien réussi et toujours lesté le pays de leur générosité à compte d'autrui. Exeunt ! Amen !

[1994]

vendredi 10 décembre 2021

Paris-Berlin, un vieux couple fatigué !

 

Kanzler Olaf Scholz

Ceux qui on suivi la conférence de presse d'Olaf Scholz et d'Ursula von der Leyen à Bruxelles ce vendredi ont compris s'il en était besoin où se situe le barycentre européen. Le tour d'horizon des défis qu'affronte l'Union fut complet, ne laissant dans l'ombre aucune menace ou tentative hégémonique comme celles venues de l'est. Le chancelier insista sur le majorat allemand en Europe qui lui donnait des devoirs, des responsabilités à protéger le bien-être de ses partenaires, ce qu'il entend accomplir en exécution du pacte de coalition. Après l'exposé de chacun, le micro fut tendu aux journalistes et le premier, un Allemand, posa en termes mieux choisis que je ne le fais, la question qui tue : comment concilier l'approche dépensière française et le pacte de stabilité et croissance.
Il lui fut répondu par l'un et l'autre que l'assouplissement constaté n'avait aucun autre motif que la pandémie, dans des termes approchant ceux du ministre Lindner au Spiegel. Commission et chancellerie allemandes sont sur la même longueur d'onde, rigueur et durabilité des finances nationales. M. Macron avec sa dette, ses déficits et sa sébille, est déjà rangé dans le camp des nudistes. On le supportera quatre ou six mois, pas plus !

On a parlé aussi de la taxonomie européenne - classification des activités durables induisant une nomenclature des activités économiques selon leur contribution au changement climatique - pour signaler que l'énergie nucléaire n'était pas pour l'instant éligible aux financements durables. A priori le crochet du chancelier par Paris ce matin fut protocolaire et de courtoisie. Les sujets de fâcherie sont assez nombreux pour que, connaissant le caractère cassant de Scholz, il y ait de la friture sur la ligne dès le premier de l'an et une rupture en certains domaines à la Saint-Jean. Il faut comprendre quand même qu'il est lié par un pacte de coalition passé avec un parti très libéral (ultra ne veut rien dire), capable d'intervenir au niveau de la BCE pour stopper la perfusion des malades, et d'un parti écologiste anti-nucléaire primaire hostile aux Français. Il serait étonnant qu'on ne s'étouffe pas d'un bretzel ! Le communiqué de l'Elysée à la suite de cet impromptu est particulièrement bateau (clic).

Jeudi passé, notre djeune et fringant président s'est exercé à la conférence de presse du modèle gaullien, la deuxième de son mandat ! Il s'agissait de présenter au monde son agenda européen pour la présidence du Conseil qui s'ouvre le 1er janvier 2022. Pour ce faire les propos de l'oracle ont été retransmis en anglais sur le site de l'Elysée. Et Le Maire dénie à Zemmour de parler du déclin français ! Furent traités en vrac, l'harmonie des 27, les frontières et Schengen, la boussole stratégique, la défense européenne et la "souveraineté européenne", le renouveau de la relation UE-Union africaine et un contrat (moral) de paix et prospérité avec les Etats africains, la pacification des Balkans, l'emploi et le chômage de masse, un plan Europe 2030, le marché unique du numérique, le SMIC européen et l'égalité salariale homme-femme, la défense des "valeurs européennes", un service civique européen, être intraitable avec la Pologne, faire parler l'Ukraine avec la Russie, dépolitiser l'olympisme, résoudre la crise anglaise par la bonne foi de Londres (on rit), petite incantation sur le jour d'après en Nouvelle Calédonie et refus d'engager sa candidature au moment !(source).
Tout ça débattu à 27+ et lancé en six mois ?
Ce n'était qu'un exercice de style. Un de plus ! Ursula attendra que cesse le vacarme macronien le 30 juin prochain pour revenir aux fondamentaux, rigueur et fédération ! Elle et Scholz ont l'agenda et, c'est le cas de le dire, parlent la même langue.

Postscriptum : le nouveau pouvoir allemand est analysé dans le Guardian. Cliquer ici pour lire l'article complet.


[1993]

lundi 6 décembre 2021

Zemmour aux Ecuries d'Augias

Le meeting de Villepinte fut un succès technique et politique pour le candidat Zemmour, y compris la râclée donnée aux agitateurs de la gauche encore active venus mettre le binz pour faire des images à colporter ! Le bretteur des plateaux est devenu un candidat présidentiable et un tribun, au costard coupé grand certes, mais c'est la loi du genre. Deux choses aujourd'hui, le défi, le programme.

En cas de victoire, le défi du président Zemmour sera d'affronter l'Etat de gauche. Depuis le gouvernement provisoire de 1945, la Gauche a investi l'Education nationale, les universités, plus généralement la fonction publique au niveau des cadres A et le service public d'émission. On entendra parler de troisième tour en boucle, la Gauche n'acceptant de victoires que les siennes. Que le peuple - ce fantôme, aurait dit Proudhon - choisisse son maître à droite qu'il ne sera déjà plus le peuple. Pour la Gauche, le "peuple souverain" est toujours celui qui défile de la Bastille à la Nation. Et ne parlons pas des ligues anti-fachistes qui naîtront du premier tour de l'élection présidentielle si Zemmour vire en second ou en tête. On a vu en 2002 se lever le rideau de fer contre Jean-Marie Le Pen. La "guerre civile" dont certains parlent tout le temps n'est-elle pas celle qu'ils aimeraient provoquer, si bien sûr d'autres qu'eux-mêmes se chargent d'y combattre.

Pour arriver jusque-là, il faudra aussi vaincre l'Etat profond qui va se mettre en branle aussi vite que monteront les sondages en faveur d'Eric Zemmour. Et les coups de ce bord ne peuvent être rendus, on le sait depuis l'accident de moto. La liberté d'opinion qui sévit dans notre petite Union soviétique nous interdit de développer. Du programme qui émerge lentement, rien ne me choque, mais il y manque le Guantanamo chiottien à la française. On peut en discuter sans tabou. Un exemple : le royaume de Danemark, peuplé de seulement cinq millions trois cent mille Danes, est plus sensible à la submersion démographique que d'autres. Il a parqué depuis 2018 les migrants indésirables et autres étrangers douteux sur l'île de Lindholm (source) en attendant leur expulsion. A noter en passant que c'est la reine elle-même qui, dans un discours remarqué en Europe et à Bruxelles plus encore, avait demandé en 2016 au gouvernement de durcir les conditions d'accès au royaume, et aux immigrés acceptés de se fondre dans la masse s'ils voulaient rester au pays (source).

Eric Zemmour

Le seul point de divergence entre Royal-Artillerie et M. Zemmour, mais il s'en remettra, est le retrait du commandement intégré de l'OTAN. Nous ne revenons pas sur l'intérêt d'en être, Sarkozy l'avait bien vu et ce blogue en a déjà parlé, mais sur la posture corne-cul gaullienne d'en être sans y être. En 1966, au motif d'une indépendance diplomatique et militaire adossée à la bombe atomique française, le président Charles de Gaulle sortit du commandement intégré, et la France paya le déménagement des forces atlantiques déployées sur son territoire (sauf pour trois agences industrielles où elle trouvait son avantage). Mais de préciser aussitôt que nous restions de fidèles alliés dans l'Alliance atlantique, dont l'article 5 est la cheville ouvrière. Supercherie gaullienne de plus ! Les accords Ailleret-Lemnitzer retiraient déjà nos troupes du front de Bohème. Nos partenaires occidentaux n'ont jamais accepté cette participation à la carte, un pied dedans, un pied dehors, d'autant que l'espace géographique français renationalisé diminuait considérablement les arrières du théâtre d'opérations. Tous les exercices OTAN postérieurs à cette décision furent dédoublés pour tenir compte de l'hypothèque du « French Denial », ce qui signifiait à tous que l'allié n'en était pas un, à quelqu'article du pacte qu'on se réfère. Et les dirigeants français ont accepté dans tous les exercices OTAN les deux hypothèses, signifiant s'il en était besoin, qu'ils ne viendraient pas automatiquement dans un conflit eu Europe occidentale. Cette félonie est encore présente dans les esprits anglo-saxons qui ont vécu cette époque.

Depuis 1966, l'OTAN a beaucoup changé, et depuis 2003 les Etats-Unis ne convoquent plus leurs alliés. Les pays guerriers sont désormais en Europe orientale et la profondeur de champ française est moins importante même si elle compte. On se battra sur la Baltique au lieu de reculer derrière l'Elbe. Il n'est pas sûr que les alliés acceptent à nouveau notre retrait du commandement intégré de concert avec la réassurance de notre implication dans l'Alliance. Beaucoup de pays pouraient exiger qu'on nous foute dehors carrément pour ne pas compliquer plus encore la stratégie européenne. Et nous serions seuls ! Complètement seuls. Je ne sais jusqu'où Eric Zemmour a creusé la question atlantique ou s'il a seulement repris une posture gaullienne qui lui fabrique l'image de l'homme de Londres. Il faudra cependant qu'il comprenne que le retrait du SHAPE ne sera pas une décision ponctuelle mais l'allumage d'une mèche lente qui va courir très loin, depuis nos usines d'armement jusqu'à nos outremers sans doute. Surtout s'il y ajoute des grâces envers le pouvoir poutinien et une certaine compréhension de la famille Assad. Il aura créé dix fois plus de problèmes avec ce retrait qu'il n'avait d'avantages à en retirer. Résumons-nous, soit nous discutons avec l'administration Biden-Harris d'un meilleur réglage de l'intégration militaire (avec les collatéraux de l'industrie stratégique européenne), comme le font Macron, Le Drian et Parly, soit nous coupons le cordon et essayons de survivre à notre isolement... en doublant le budget de la défense nationale par transfert de crédits sociaux. Vais-je adresser l'argument au directeur de campagne ?

Brisons là. A Villepinte hier, le portrait de Macron était saisissant de cruauté mais assez fidèle. Nous nous autorisons à le replacer en conclusion, au prononcé sans les effets de manche :

« En 2022 ce n'est pas seulement la personne d'Emmanuel Macron que nous allons vaincre, mais mieux, son idéologie, ce système dont il est le porte-drapeau, le porte-parole et l'exécutant. La personne Emmanuel Macron ne nous intéresse pas parce qu’elle est fondamentalement inintéressante. Trouvez-moi un seul Français qui puisse expliquer la pensée d’Emmanuel Macron. Un seul ! Il n’y en a aucun, pas même lui. Personne ne sait qui il est parce qu’il est personne. Derrière le masque de la parfaite intelligence technocratique, derrière la montagne d'idées superficielles, derrière les slogans contradictoires, derrière le "en-même-temps" synonyme de désordre et le "quoiqu'il-en-coûte" synonyme de ruine, il n'y a personne, il n'y a rien ! Macron a vidé de leur substance notre économie, notre identité, notre culture, notre liberté, notre énergie, nos espoirs, nos existences, il a tout vidé parce qu'il est à lui tout seul le grand vide, le gouffre. En 2017 la France a élu le néant et elle est tombée dedans. Mes amis, il est temps de sortir notre pays et notre peuple de ce puits sans fond. Nous laisserons dans sa vitrine ce mannequin de plastique, cet automate qui erre dans un labyrinthe de miroirs, ce masque sans visage qui défigure le nôtre. Nous laisserons cet adolescent se chercher éternellement. Oui, laissons-le, avec son obsession pour lui-même.»


A partir de maintenant, le candidat Zemmour doit observer attentivement la couleur des feux de trafic avant de s'engager sur un passage-piétons. Notons que la course à l'audience a fait retransmettre tout le discours de Villepinte sur les chaînes d'info en continu. Pareillement pour Mélenchon à la Défense qui le précédait. En feront-ils autant pour le meeting d'Anne Hidalgo le 12 décembre à Perpignan ? Ne pas se moquer !


[1989°]

samedi 4 décembre 2021

Pécresse en lice !

Plus aucun candidat de centre-droit pendu aux cordes à linge ! La menace la plus grande pour Emmanuel Macron vient de poser ses pieds sur un socle partisan de plusieurs milliers d'élus des territoires et d'une grosse centaine de milliers de militants actifs. Le seul parti politique survivant du quadrille démocratique traditionnel est mis au défi de ne pas déconner d'ici le mois d'avril 2022. Contrairement à nos prévisions qui donnaient Barnier sur le pavois pour la gueule d'abord, l'expérience internationale ensuite, Valérie Pécresse entre en lice pour le compte des Républicains. Des cinq qui se sont avancés pour recueillir les suffrages du Congrès LR, elle est désormais le concurrent le plus redoutable pour Emmanuel Macron à divers motifs, dont le genre qu'elle affirme de galante façon n'est pas le moindre.

Valérie Pécresse
Ginette, HEC, l'ENA dans la botte, maître de requêtes au Conseil d'Etat, elle grimpe toujours, prof de droit constitu à SciencesPo, plusieurs fois élue, ministre, elle a le bagage, même s'il lui manque le Commando Hubert ! Elle dispose du soutien actif des grands élus franciliens, dont le président du Sénat Larcher, les barons Jacob, Baroin, Woerth, Copé et plus loin, Xavier Bertrand, Hortefeux, les présidents LR de Conseils départementaux de la zone Nord. Le chef en cuisine s'appelle Patrick Stéfanini, préfet et conseiller d'Etat, fin connaisseur des problèmes migratoires, un habitué de l'exercice puisqu'il était directeur de campagne de Jacques Chirac. Ce qu'en pense Sarkozy n'a aucun intérêt, on a compris qu'il hésitait à prendre la carte d'Horizons, le mini-parti d'Edouard Philippe au sein de la Maison de tolérance commune.
Le Programme Pécresse est imprimé partout, nous vous en faisons grâce. D'aucuns le disent "ultra-libéral" faute de savoir ce que libéral veut dire. Les censeurs de la Gauche caviar affûtent les coûteaux contre celle qui a rayé des listes le parrain Bartolone, président de l'AN, puis qui une seconde fois a ridiculisé les miquets-miquettes Autain, Bayou, Pulvar, Saint-Martin dans le même scrutin régional. Attendre donc le shitstorm habituel de la basse police médiatique, France Inter et consorts. Mais comment va-t-elle s'insérer dans la course de chars est plus intéressant que d'insulter le service public qui le mérite bien.
Ils sont quatre concurrents désormais en Poule A : Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Valérie Pécresse et Eric Zemmour. Le champ de manœuvre est fermé, camp clos ! Le ticket d'entrée au second tour est aujourd'hui à 16,75% sur un tirage de 1+3 et de 14,5% sans Macron (voir plus bas). Pour intéresser la partie, il y aura aussi une course en division 2 pour ceux des candidats capables de se faire rembourser les frais de campagne avec plus de 5% des suffrages : Hidalgo, Jadot, Mélenchon. Puis derrière eux, les inévitables candidats témoins de leur idéologie crépusculaire ou de leur projet individuel comme Jean Lassalle, la division 3 que personne ne regardera. Ce qui est jouissif est que la Gauche a complètement disparu da la Poule A. Mis à part Arnaud Montebourg en apiculteur sincère, elle se ridiculise avec des sous-ordres, sans idées neuves, sans crédibilité, sans charisme, obligés d'aboyer à l'esstrème-droate avant de convoquer leurs antifas aux basses œuvres !

Au dernières nouvelles, nous avions pour le premier tour 2022 de l'élection présidentielle (source):
  • Macron à 23-24%
  • Le Pen à 19-20%
  • Zemmour à 13% (avant sa déclaration de candidature)
  • Pécresse à 11% (avant sa qualification)

Le réservoir de voix de la Division 2 convertibles pour partie en votes utiles est de 22-23%.
Le réservoir de voix de la Division 3 captives des partis bloqués est de 10-11% ; elles seront perdues sauf à extraire les 2% d'Arnaud Montebourg du magma.
L'abstention est par hypothèse calée à 50% des inscrits, mais l'intensité du match peut mordre dessus si les électeurs de la droite populaire croient l'heure des quatre vérités venue. A l'opposé, le retard pris par les trois candidats de gauche peut démobiliser des électeurs qui comptaient sur eux.
Dans tous les cas de figure et à la date d'aujourd'hui Emmanuel Macron l'emporterait aisément au second tour.

Macron est stable en intentions de votes depuis le début, ce qui devrait aussi l'inquiéter. La lutte à trois derrière lui se dédouble comme suit :
- un combat Le Pen-Zemmour entre deux programmes très proches mais des personnalités que tout oppose au milieu d'un vivier électoral de 32 à 33% des votants, peu susceptible de s'agrandir (MLP avait fait 33,90% au second tour en mai 2017). On pourra deviner que certains militants soutiens d'Eric Ciotti renforceront Eric Zemmour dans le Sud au lieu de voter pour la Versaillaise.

- deuxième opération, le siphonnage par Valérie Pécresse d'une fraction du centre-droit rallié par intérêt à la macronie et celui de la Division 2, une récupération de quelques électeurs républicains qui se sont déportés sur Eric Zemmour, le tout assorti d'une conquête des femmes abstentionistes et celles du parti de l'ordre. Elle a 4 à 5% à remonter dès le départ (ce week-end) pour coller au bloc éligible au tour suivant, à augmenter ensuite pour virer en second derrière le favori des sondages ! C'est haut ! Elle compte agréger le centre-droit encore libre mais les traîne-lattes du marais ont déjà un œil sur les maroquins 2022 que Macron offrira, s'ils se rallient à temps. Aussi engageront-ils leur propre électorat à entrer dans la Maison Commune en passant le message de bouche à oreille. Nous ne les citerons pas car nous ignorons la météo politique du mois de janvier 2022 et parce que c'est une question de vent.
Des sondages réalisés le 2 ou le 4 décembre après les résultats LR pourront donner des chiffres légèrement différents, mais pour Pécresse, c'est faisable, sans être acquis. C'est sur Patrick Stéfanini qu'elle doit compter pour y arriver.

A partir de maintenant, le défi pour chacun des trois poursuivants est de créér une "dynamique". Les pronostics de Royal-Artillerie pour le premier tour : concurrencée dans son pré carré, Marine Le Pen restera sous son plafond de verre habituel. Eric Zemmour a déjà créé son mouvement brownien et devrait osciller entre 13 et 16%. Valérie Pécresse est la nouveauté du match, ça peut lui profiter, autant qu'elle saura habilement dramatiser sa participation (sans trop de minaudage mais elle semble avoir banni ce travers). Elle a beaucoup travaillé sur son programme et elle bosse à fond son ambition, à ce que dit Florence Portelli, sa jolie porte-parole. La position politique atteinte par Pécresse en tant que challenger officiel du président sortant ne s'obtient qu'une fois dans la vie depuis que nous avons américanisé notre démocratie où les battus vont disparaître ; aussi y mettra-t-elle tout son courage. C'est maintenant la course de fond, un marathon de dix-huit semaines ! Il faudra rester en forme physique et mentale mais elle est entourée. Pour cent raisons que nous distillerons jusqu'au mois d'avril si Dieu et ses plaies nous prêtent vie, Valérie Pécresse est sans doute le moins mauvais choix pour succéder à Emmanuel Macron qui de toute façon doit partir pour le bien du pays ! Puisque ce n'est pas un candidat monarchiste qui le chassera, il faudra s'en remettre à meilleure fortune.

[1987°]

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