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lundi 17 juillet 2023

Emile et le loup

les estives du Vernet

Le drame du Haut-Vernet a convoqué en commentaires tout ce que la république compte de canaux de presse, et bien au-delà, puisque on a vu des journaux de haute tenue comme le Guardian de Manchester mettre son écot au pot commun. C'est terrible à dire, mais le malheur fait plus d'audience que le bonheur et les tarifs publicitaires des chaînes s'en ressentent tellement qu'il faut entretenir la flamme jusqu'à la dernière extrémité, quand elle vacille et diminue jusqu'au désintérêt du public, soufflée par un malheur plus grand ou la mort du dalaï lama.

Malgré la meilleure volonté des autorités compétentes et la sincérité pétrie de bon sens du maire de la commune, on ne put rien donner de plus que "rien" en pâture à la presse avide de sensations communicables ; jusqu'au jour où le maire, redoutant les camping cars et les pique-niques du crime dans les prairies du hameau, ne décide de barrer la route par arrêté municipal pour le week-end. C'est à ce moment que les chaînes d'information en continu pétèrent un câble pour continuer à nourrir le moloch de la Pub.

On sut alors que le père de l'enfant était "autoritaire et directif" en battue, dirigeant les autres (c'était son gosse quand même !), certainement d'Action française, et pire si possible, du bastion social dissous à Marseille par Christophe Castaner en avril 2019. Qui pis est, le mec s'était inscrit sur une liste électorale de soutien à Zemmour. Pour bien enfoncer le clou, la famille était présentée comme fermée (sectaire), nombreuse et, circonstance aggravante, pratiquante à la mode traditionnelle. Messe à la chapelle du hameau, messe dominicale à l'église paroissiale. Deux messes, rendez-vous compte ? Les témoignages positifs des voisins infirmant cette dérive n'étaient pas pris en compte parce que moins vendeurs. Et s'il n'y avait que ça ? Pensez donc que la mère avait invoqué Benoîte Rencurel, la voyante du Laus tout proche pour qu'elle lui ramène son petit. La maison des grand-parents était remplie par la parentèle - ce qui en creux nous signale que c'est le meilleur moment pour un gamin de disparaître. Qu'y faisaient-ils tous ? Des prières ? Et là, le maire ferme la route aux connards :
« Que nous cache-t-on ? Que se dit-il maintenant derrière les volets clos de ce hameau si chargé de mystères ?» (Dominique Rizet - BFMTV)

On n'a pas osé ressortir le crash de l'A320 de la Germanwings à proximité en 2015. Les fouille-merde auront tout essayé, jusqu'à la Bête du Gévaudan ou la louve qui aurait capturé le petit Remus pour remplacer l'un des siens (penser aussi à L'enfant-loup de l'Aveyron ici) ; sauf que les saint-hubert ne l'ont pas sentie. Alors c'était un aigle, un grand aigle royal, de ceux qui enlèvent un jeune chamois jusqu'à l'aire, ce qui expliquerait l'absence de piste olfactive et d'indices matériels. Mais la quête circulaire d'un aigle se voit en campagne ou en montagne comme le nez au milieu de la figure. Et nul ne l'a vu. N'en déplaise aux journalistes, il n'y a aucune nouvelle à mâcher, le "scandale identitaire" a fait pschit, et les hypothèses les plus diverses sont confinées à l'intérieur du cercle des enquêteurs.

Alors, on est bien obligé de laisser sa chance à l'hypothèse du tiers extérieur, même si le Haut-Vernet est un cul-de-sac. La même disparition s'est produite à Ganagobie en 1989 avec la même absence de conclusion. Le gosse s'appelait Yanis et ce village est à une heure de route du Vernet. On sent la réplique (le copycat comme on dit dans les séries américaines), on ne l'explique pas. Par chance, une canicule atroce attaque le sud et en son for intérieur M. Macron a dans la main la pelotte de chamboule-tout ! Schiappa ? Ndiaye ? Borne ? On commençait à s'emm...

Normalement, le billet devrait se terminer par un vœu. J'adresse aux parents de l'enfant l'expression la plus sincère de tout mon soutien jusqu'à bonne conclusion de ce drame terrible. Malgré les insinuations délétères de la presse à fric, qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls.

jeudi 30 juin 2022

Impair, passe et manque !

Préambule d'actualité

Le sommet de l'OTAN à Madrid s'est achevé sur l'incorporation de deux pays neutres au commandement intégré de l'Alliance. La Suède et la Finlande ne font plus confiance aux locataires actuels et futurs du Kremlin et rejoignent l'Ost ! Ce sera dans l'histoire moderne la plus grosse défaite de Poutine que d'avoir fait avancer la ligne de crise sur sa propre frontière occidentale ; n'y était jusqu'ici exposée que l'enclave de Kaliningrad, qu'il avait fallu surarmer pour faire croire à ses habitants qu'ils étaient menacés par l'ogre Sam, ce qu'ils espéraient secrètement. La Turquie pour sa part, a obtenu la modernisation de son armée de l'air et la répression du parti communiste kurde en Scandinavie. On verra s'il elle a aussi les mains libres au Rojava syrien. Pour le moment elle s'affiche comme convoyeur de grains parce que le crédit russe ne peut pas laisser pourrir le grain ukrainien dans des entrepôts bombardés en même temps que s'annonce une famine au tiers-monde, dernier vestige de l'influence de Moscou sur terre, depuis son expulsion de la zone OCDE.

T72

Pendant ce temps ils ont bien du mérite, les blogmestres de la droite dure, de trouver une balistique stratégique à la guerre russe d'Ukraine. Si l'intention du petit csar est claire et répétée, pour ne pas dire assénée en continu, la non-prise en compte des collatéraux laisse accroire que le lt-colonel du KGB de Dresde n'était qu'un employé aux tampons, alors qu'il est un génie dont le dossier de canonisation avance dans les comptes bancaires du patriarche Kirill. Celui qu'une frange majoritaire de la droite française voyait jusqu'ici comme le saint sauveur de la race blanche né de la tradition la mieux ancrée dans les valeurs du passé, le dispute à Gribouille dans l'exécution de son projet ouvertement impérial. Il ne faut pas être très hostile pour prédire la ruine de l'ouvrage en faisant la liste des résultats attendus par tout ce que le monde compte de compteurs.

L'économie d'abord !

A la Noël russe, si une économie marchande de pénuries survit à la guerre par des échanges licites avec les grands pays émergents et la contrebande sur le marché du double-usage, elle aura perdu le marché de proximité de sa première valeur d'exportation : gas, pétrole, houille russes auront disparu des marchés européens et nippons. Certes ils pourront les revendre au tiers-monde, mais ces matières à prix d'ami se substitueront à des flux antérieurs qui par la force des choses devront être détournés où on les attend : le marché de l'énergie est à somme nulle dès lors que tout écart entre offre et demande est ajusté par le prix de marché. La Russie de M. Poutine aura diversifié sa production vers des pays tiers, moins solvables, moins disants. Et le Kremlin aura perdu son tout premier levier de chantage sur l'Europe, le plus facile, on-off !

Chat échaudé... les investissements étrangers dont la Russie a tant besoin pour relever le niveau de vie général de sa population, seront mesurés voire adossés à des garanties métalliques tels que les Etats en exigent des pays en guerre, surtout bien sûr s'ils en ont en réserves. Mais c'est moins l'argent que les connaissances qui se tarissent ; le transfert des technologies avancées est stoppé pour longtemps, les pays émergents n'y suppléeront pas. Le déclassement technologique de la Russie est affiché pour au moins deux générations ; ce qui va sortir les gens du Kremlin de la cour des grands. Trop d'usines sont à l'arrêt faute de composants ou de sous-ensembles pour que l'embryon d'industrie russe puisse redémarrer avec des alternatives chinoises ou indiennes (et à quel prix ?). En attendant ils clouent leurs avions au sol et ne livrent ni voitures modernes ni biens d'équipement domestique.

La force ensuite

On dit que la Russie bénéficie des stocks énormes de l'Union soviétique, suffisamment pour n'avoir pas à s'inquiéter de leur consommation dans le temps. Mais vu le taux de coulage des crédits militaires d'entretien depuis trente ans, nul ne sait, et peut-être le Kremlin pas plus que d'autres, ce qui est bon de guerre dans ces stocks et ce qui est bon de casse ! Et comment entretenir correctement une missilerie de précision sans les cartes électroniques de rechange ? En les faisant faire en Chine populaire au prix fort ? qui pis est, le produit est consommable par définition. Ils en reviendront - c'est déjà fait - aux missiles non guidables d'ancienne génération qui cherchent un effet de masse et de terreur sur des cibles au juger et maintiendront au plus haut niveau la réprobation de l'opinion internationale.

L'aviation russe ne combat pas, elle bombarde, et on aimerait voir ce que ses démonstrateurs de foire feront dans le vrai ciel contre des aéronefs occidentaux. Quant à l'arme blindée, elle semble inépuisable, moins quand même que les équipages qui n'en voit pas le bout. On est loin de la Percée de Sedan ! Les destructions sont impressionnantes (des deux côtés) même après deux gorgées de vodka.

La nouvelle stratégie ?

Les objectifs naturels de la Russie à son occident sont la rive gauche du Dniepr pour reconquérir la terre historiquement slave, et le corridor de Suwalki qui relie l'enclave russe de Kaliningrad à la Biélorussie occidentale par la Lituanie. Les trois pays baltes à forte minorité russe seraient alors coupés de l'Union européenne par la terre (mais pas par mer). A supposer que l'enclave ne soit pas devenue cible légitime de guerre et qu'ils y parviennent au prix de moults renoncements ou désaccords occidentaux, ce serait pour en faire quoi ? Pour battre la carte au mur de la baguette magique devant une assistance médusée ? L'Union soviétique revenue serait probablement dès lors ostracisée comme elle ne le fut jamais du temps de l'URSS et sa désorbitation conduirait certains pays comprehensifs à l'être moins, selon leurs intérêts bien compris.

Quelle joie s'emparerait alors des peuples ukrainiens et baltes libérés par la Russie, à reprendre les bonnes habitudes des queues alimentaires et des tickets de rationnement ! De la pénurie de tout et de tissus. Tous en gris dans la crasse de la Bêtise d'Etat ! Allez à la messe, c'est gratuit !

Comment tenir longtemps une position aussi exposée avec une économie effondrée sous perfusion indienne et chinoise ? Au prix exorbitant de compensations insoupçonnées jusque là. Les Indiens sont assez tordus et cupides pour extraire le meilleur avantage possible de la position de faiblesse de la Russie. Mais si on a parlé de la rive gauche du Dniepr, on pourrait maintenant parler de la rive droite de l'Oussouri et de l'Amour. Ce territoire dont les Russes sibériens ne font rien, faute de capital-risque et de courage au labeur, intéresse de plus en plus la Chine populaire dont la population du Dongbei piaffe d'impatience à mettre en valeur des terres autrefois chinoises qui leur manquent aujourd'hui.

En conclusion...

La guerre d'Ukraine n'est pas gagnée, loin s'en faut. Mais une chose est sûre, l'Europe réarme. Et ce réarmement se fait sur des armes de prochaine génération apportant aux pays décisifs dans l'affrontement une puissance de feu inégalée depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. L'Allemagne projette à l'horizon de vingt ans la première armée conventionnelle du continent. Ils ont les usines à niveau et le savoir-faire. La France sera obligée de suivre, en distrayant des crédits de ses prestations sociales, sauf à disparaître de l'échiquier européen. La Grande Bretagne se saignera aux quatre veines pour tenir ses atterrages orientaux et le Détroit de Danemark qui la contourne. La clique mafieuse de Moscou n'aura plus qu'une réponse à faire, brandir ses ogives nucléaires. Bonne nuit les petits !

cul-de-lampe grenouilles

Que la paranoïa de Poutine apprenne aux chroniqueurs de tous les bords à ne pas se fier aux analystes payés au mois en matière de soviétologie et à laisser passer les vrais kremlinologues devant, qui eux, lisent entre les lignes, tendent les fils au bon endroit et comprennent l'état des lieux dans un monde complexe et irrationnel. C'est le charme russe ! Alors quand d'aucuns émettent un doute sur les qualités profondes de Poutine et déconstruisent sa mission salvatrice - qu'on lui paie des milliards - il serait prudent dans les rédactions de droite au moins, de lever un sourcil et de s'interroger. On en est moins ridicule ensuite, à chercher à rattraper le coup de manière fort piteuse, quand ce n'est pas de se jeter dans des théories du complot des services américains, des illuminatis et autres rose-croix qui font rire les gens sensés. Que cela serve !

dimanche 14 mars 2021

Agonie de la presse, et après ?

La Librairie Arthème Fayard a publié début janvier 2021, une Histoire des médias de Jacques Attali. C'est un pavé de cinq cents pages ; 415 de rédactionnel, 11 pages de graphiques, 46 pages de bibliographie classée, index des noms propres et table des matières etc. Autant dire que c'est une bible, à jour puisqu'elle va jusqu'en 2100. Ça se lit d'une traite et les royalistes tentés par la communication seraient bien inspirés de l'acquérir et de l'analyser. La recension que nous en faisons est brève, nos commentaires sur la situation du Roycoland sont plus longs. Ce billet fut publié à l'origine sur Le Million du Roi, blogue dérivé de Royal-Artillerie, qui regroupe des contributions à la communication du mouvement monarchiste. Voici déjà la quatrième de couverture du bouquin par l'auteur :

Une histoire de l'information et de ceux qui la font des origines à nos jours, et jusqu'aux enjeux de demain.
« Depuis toujours, l’homme a besoin de savoir ce qui le menace, ce qui nuit aux autres ou les sert. Et pendant longtemps, seule une poignée de puissants, souverains, religieux, marchands, ont eu le monopole de l’information, de sa fabrication à sa circulation. Une information libre, diffusée par des médias accessibles à tous et établie par des professionnels cherchant la vérité est le fruit d’une histoire récente, inattendue, fascinante. Et elle est à présent terriblement menacée.
  • Comment distinguer le vrai du faux, l’information de la distraction ?
  • Quel rapport entre informer, convaincre, enseigner, distraire ?
  • Comment la démocratie résistera-t-elle aux formes de censure et de surveillance ?
  • En quoi le déluge actuel et à venir d’informations, vraies ou fausses, influera-t-il sur notre façon de gérer les grands problèmes d’aujourd’hui et de demain ?
  • Les réseaux sociaux, outils de surveillance généralisée, qui font de chacun le journaliste de lui-même, seront-ils balayés par une vague technologique plus puissante ?
  • Les journalistes seront-ils remplacés par des automates ou resteront-ils des acteurs irremplaçables de la démocratie ?
Tels sont les sujets de ce livre. Encore une fois, comme pour tous les autres domaines dont j’ai tenté jusqu’ici de prévoir le devenir, celui des médias, vertigineux, ne peut être imaginé et maîtrisé qu’en remontant très loin dans son histoire, ou plutôt ses histoires. Ses passionnantes histoires. » J. A.


Attali
Jacques Attali, à qui l'on n'apprend rien, utilise l'empirisme organisateur d'un bout à l'autre du livre, avec cette formule heureuse qui resservira une autre fois : « Quelle que soit l'immensité des changements technologiques, démographiques, culturels, économiques, politiques et historiques, rien d'essentiel n'a changé depuis des millénaires ; du passé, on peut toujours extraire des lois, valables pour l'avenir.» Ceux des lecteurs qui sont pressés peuvent obéir à l'injonction de l'auteur : lire tous les intertitres des dix premiers chapitres en s'arrêtant aux paragraphes qui les interrogent, puis lire in extenso les trois derniers chapitres pour en tirer les conséquences. Je n'ai pas obéi et j'ai tout lu. Bien m'en a pris, j'en ressors différent.

Attali n'assène pas, il démontre, que tous les supports actuels d'information vont mourir, et à échéance de deux ou trois générations, on communiquera de cerveau à cerveau. D'ici là il faut briser le monopole de l'information orientée par les GAFA (et les BATX chinois), en les démantelant, mieux encore en leur interdisant de phagocyter les innovateurs qu'ils rachètent très cher pour les incorporer à leur hégémonie et pour étouffer toute concurrence dans leur juteuse prédation. Leur agenda est monétisé par le vol de données personnelles des gens connectés, données revendues sur le marché du marketing direct massifié, et par le captage des informations émises par des médias tiers qu'ils intègrent dans leurs segments "news" pour accroître leur audience.

Quel que soit le canal de transmission de l'information, les utilisateurs devront être éduqués à la consommation de nouvelles pour être capables de les trier et de les comprendre dans un contexte utile. Mais la masse en circulation laissera du champ aux fausses nouvelles, rumeurs, incantations jusqu'aux complots d'opinion dans lesquels s'abîmeront les naïfs et les gens peu éduqués qui, malheureusement, formeront les gros bataillons du lectorat. Les informations critiques de première main seront cryptées et diffusées aux décideurs sur abonnements (très chers), comme ce fut le cas des avvisi de la Renaissance italienne, afin d'anticiper les faits et conséquences qui leur rapporteront beaucoup d'argent. Voilà, il faut lire ce livre.

3 grenouilles sur un jonc

Quand on regarde maintenant la situation de la communication royaliste, on ne peut s'empêcher de craindre sa disparition dans le grand maëlstrom promis. Les organes proprement royalistes sont rares et minces quand ils sont imprimés. On citera la revue Politique Magazine de Jean Viansson-Ponté, le bulletin Le Bien Commun de l'Action française, Royaliste de la NAr (Bertrand Renouvin) et c'est à peu près tout. Une mention spéciale pour une revue légitimiste imprimée par une rédaction de qualité consacrée à l'histoire, Savoir de la Vendée militaire. Tout le monde regrette Les Epées et dans un registre différent, Le Lien Légitimiste. Le grand journal royaliste de kiosque n'existe plus mais il y a une raison à cela, outre l'obsolescence du format "journal d'opinion" : les rédacteurs royalistes, parfois contrariés par les chapelains, ont été accueillis dans les rédactions de revues papier comme Causeur, Valeurs Actuelles, et même jusqu'au Figaro ou au Point où ils sont plus libres que dans les organes militants et peuvent propager l'idée du roi sur un public plus large. D'aucuns intègrent des médias plus marqués à droite comme Rivarol ou Présent. Il n'empêche que tous ces supports subissent le reflux de la presse écrite qu'ils tentent d'endiguer à s'adossant à des sites Internet et à des applications pour smartphone ; ils font passer toute la réclame pour leur titre par les publications sœurs, les émissions polémiques de télévision, des newsletters sur abonnement et par les réseaux sociaux où les Community Managers doivent veiller J7H24. Ceux qui en sont exclus ne durent pas. La presse à papa est déjà bien loin. Le reste est diffusé numériquement. A quelques exceptions près, les sites royalistes sont des revues de presse qui compilent des articles déjà publiés partout ailleurs pour les commenter, voire les présenter sous un bref chapeau d'orientation, parce que ces sites n'ont pas de rédaction en propre. Les deux "Faute-à-Rousseau" sont de ceux-là. Les exceptions notables sont peu nombreuses finalement : le blogue du "Conseil dans l'espérance du roi" de Jean-Yves Pons qui est tous les jours rédigé mais se limite à l'indignation ; "Vexilla-Galliae" est aussi un site rédigé mais à angle étroit, réservé aux purs blancs. Le nouveau blog du cybermilitant Frédéric de Natal consacré aux nouvelles du Gotha commentées avec alacrité, rédige. Mention spéciale pour le blog de la Charte de Fontevrault qui rédige de temps en temps mais dans la sphère exiguë du providentialisme. On ne met pas dans le panier "presse" des sites confidentiels de fonds comme "Vive-le-roy" de l'UCLF, celui du Groupe d'Action royaliste, essentiellement social, ou le blog de Jean-Philippe Chauvin, qui produisent de la qualité mais sont limités à un lectorat acquis d'avance et qui, malgré leur niveau intellectuel, ne seront jamais cités dans la presse écrite. Pourquoi, je n'en sais rien. On en vient maintenant à la fabrication de l'information.

La presse royaliste résiduelle, numérique ou papier, crée très peu d'information originale. Son champ de prédilection est comme on l'a dit plus haut, de commenter en extrayant du champ médiatique une nouvelle déjà publiée. La presse royaliste n'a pas de journalistes à l'extérieur, pas de reporters, sauf si le parti manifeste dans la rue ; mais des penseurs, beaucoup ! Les raisons en sont le manque d'argent et la faiblesse des effectifs abonnés. Le second provoque le premier. Il n'y a pas non plus de moteur central. Malgré la profusion de sites monarchistes personnels et ceux publiant des avis de messe (sur blogs ou dans des pages Facebook), il n'y a pas d'agence de presse monarchisante qui produirait des inédits propres à la cause. S'informer de la querelle opposant le comte de Paris à la Fondation Saint-Louis dans Le Parisien libéré en dit long sur notre repli. On peut dès lors prédire la disparition du média typé royaliste, même si les idées royalistes continueront à se diffuser sur des supports extérieurs à la cause mais les "hébergeurs" garderont l'imprimatur au marbre. Oublions déjà toute possibilité d'une campagne de presse pro domo en période de rupture de paradigme constitutionnel. Des rédacteurs monarchistes ne pourront promouvoir leur champion dans un journal dominé par le Front national qui roulera pour le sien propre. Dans un jounal souverainiste, pareil. Cette marginalisation à l'œuvre depuis la disparition du quotidien L'Action française (1908-1944) est une malédiction dès lors que soixante-quinze ans plus tard, la situation n'a pu être rétablie ; au plus haut, ce fut l'hebdomadaire La Nation Française (1955-1967) de Pierre Boutang. Dans le monde de la communication future, les émetteurs royalistes, bien trop sûrs d'eux aujourd'hui, resteront à la traîne des évolutions telles que les pressent Jacques Attali. Il ne suffira plus d'ouvrir des comptes Facebook, Instagram ou TikTok pour participer à l'embolie médiatique jusqu'à la folie de la transmission de cerveau à cerveau, d'autant que ces supports sont tous mortels. Pour qu'existe un éclairage royaliste (ou simplement monarchiste) de l'actualité de nos sociétés dans l'avenir, il faudra complètement repenser le système de communication du mouvement en tenant compte des anticipations que la profession est en train d'explorer. Lire le livre. Sont-ils nés les producteurs d'avvisi numériques de demain, les monarchistes de la télépathie ?


lundi 4 septembre 2017

Une simple remarque aux chapelles


Que les chapelains se rassurent, nous ne parlerons pas d'argent. Ouf ! Nous allons parler de communication. Ah, quand même ! Ben oui, aux jours d'aujourd'hui il ne sert à rien d'avoir raison tout seul dans son galetat et de l'écrire dans son carnet intime pour que change le monde. Internet a propulsé les idées de tout un chacun sur la planète par le vecteur des blogues, les groupements d'intérêts ou d'opinion en font autant par le moyen de sites en ligne, Partout on diffuse beaucoup, ce qui ne veut pas dire que l'on communique si bien que ça. Les supports internétiques royalistes sont moches, souvent empoussiérés, à l'exception de... il y a si peu d'exceptions. Chaque taulier se contente de mettre en ligne comme on étendrait du linge sur la corde du jardin pour croire sa mission de propagande accomplie. En fait nul ne percute vraiment l'Opinion. Prenons l'exemple du camp Maxime Real del Sarte de l'Action française où se pressent chaque année des contributeurs de qualité pour apporter la bonne parole aux militants royalistes.

Il n'y a pas de vrai plan de communication au sein du CRAF organisateur. Lors de la préparation de l'édition 2017, le site officiel ne donnait pas accès facilement aux éléments basiques (dates, prix, programme) et il valait mieux passer par les algorithmes de Google pour faire monter la page pertinente à l'écran, ce qui est très décevant quant aux capacités de communication. Pendant le camp, il y eut quelques efforts méritoires d'Antoine Berth sur Twitter pour relayer les conférences, mais le réseau n'est pas un support d'affichage, juste un tapis roulant d'informations et réactions. La vie du tweet est très courte.

La semaine qui suit le camp d'Ailly aurait pu être consacrée à la mise en page et diffusion des interventions magistrales, en privilégiant l'écrit qui est beaucoup plus maniable que la vidéo amateur. A part trois brèves qui publient trois questions (factices) à trois intervenants, le site du CRAF ne donne rien de plus à lire de ce camp d'été (pour l'instant). En plus l'accès aux questions n'est pas direct, il faut deviner que dans la barre de navigation c'est l'onglet "Vie du mouvement" qui est la porte d'entrée vers un autre onglet de rang 2. Vous l'avez ici directement par la vignette noire "Questions" ci-contre. On est au niveau du blog rose de Skyrock ! Donc après le CMRDS, on ne communique pas, on digère ! A croire que (censuré)...
Passons au matériau.

Depuis sa création ou pas loin, le blogue Royal-Artillerie a promu chaque année le camp Maxime Real del Sarte. Pour ce faire, le blogue utilise le flyer du CRAF s'il existe, sinon il doit créer des images plus ou moins suggestives suscitant des clics vers la page ad hoc de l'Action française ; certaines années, le Piéton s'est fendu en plus d'un ou deux billets. A noter en passant qu'il n'y a jamais eu de remerciement d'aucune sorte de la vieille maison, même sous une forme cavalière du style "salut! sympa!" à l'exception d'un eurosceptique désabusé qui fit rebond de Maurras à moto, l'an dernier. Le Piéton ne recherchait pas non plus de reconnaissance.

S'il y avait une équipe de communication active dans cette chapelle - et c'est vrai pour toutes -, elle fabriquerait des fenêtres d'accès intégrables sur les blogues amis, royalistes ou pas. Seraient bienvenus au minimum une bannière (avec deux dimensions pour coller en tête ou en pied de site), deux ou trois vignettes attrayantes avec des tailles de caractères permettant les compressions, pour intégrer dans les sidebars de blogues. Plus compliqué serait une vidéo de présentation (sans speaker playmobil, de grâce, c'est démodé).

Pour bien montrer de quoi on cause, voici quelques vignettes simples de filles crées par Royal-Artillerie à cette occasion - une équipe affûtée aurait fait mieux sans forcer. Il y en eut aussi mais plus funèbres, pour la retraite au flambeau de Louis XVI ; même problématique. On va malgré tout commencer la liste par un flyer CRAF très réussi pour 2016 :

Affiche_CMRDS2016



fille canon





Les sites d'Action française ne sont pas les seuls à pâtir d'amateurisme dans le domaine de la propagande, le parti de l'Alliance royale, la réunion des cercles légitimistes, les fédérations provinciales de toute obédience, le mouvement bourbonien, les "groupements individuels" aussi, sont complètement dépassés sur ce plan ! Mention rectificative pour le Groupe Action royaliste* qui est dans un réel effort d'affichage de ses activités et pour le site La Couronne** qui promeut la maison d'Orléans avec talent ; et dans un autre genre, le Conseil en l'espérance du roi*** qui publie quotidiennement à gros débit sur une maquette mono-couloir qui malheureusement bride sa diffusion.

Quand donc les chapelles royalistes découvriront-elles la communication professionnelle destinée au plus grand nombre ? C'est ici que le principe adjudanesque prend toute sa vertu s'il est médité par des gens qualifiés qui privilégieront le choc du discours iconographique à l'inondation tiède des avis de supériorité, en gardant à l'esprit le souci d'atteindre le plus grand nombre directement et indirectement par les relais d'informations extérieurs au microcosme :


En faire peu !

Le bien faire !

Le faire valoir !


* GAR
** La Couronne
*** CER

jeudi 8 juin 2017

Le Lien légitimiste nouveau n'attend que vous

Gérard de Villèle par Madame sous le noyer de Petit-Prix
C'est une opportunité rare pour un mécène de la cause royaliste. Coup de tonnerre, Gérard de Villèle appelle à candidater pour la reprise du Lien légitimiste dont il ne veut plus assurer la publication pour des raisons personnelles (santé). L'organe de référence de la Légitimité est un bimestriel de vingt pages sous format demi-tabloïd qui a une réputation de sérieux et d'indépendance, d'aucun le jugeant même trop libéral pour être lu à la veillée de la crypte ! Pensez donc, il a promu au fil des éditions l'économiste monarcho-anarchiste Hans Hermann Hoppe. Disert sur l'histoire de l'Ancien régime dans ses recoins oubliés et expert de la Restauration pour la raison que l'on devine, le Lien légitimiste est aussi un journal d'actualités du microcosme sachant critiquer discours et postures s'il y a lieu, et soutenir toujours la maison de Bourbon.

Le repreneur ne peut être seulement un bénévole motivé par l'incandescence de sa foi en le roi. Le média doit évoluer pour suivre la marche du temps, passer au format tabloïd sinon même berlinois, accroître sa pagination, pouvoir ultérieurement soutenir une périodicité mensuelle et se promouvoir par un site professionnel sur internet, etc etc... Si les bonnes volontés compétentes sont bien sûr un renfort utile dans toute démarche de communication, le défi - et c'est l'avis individuel et portatif de votre rédacteur préféré - ne peut être relevé que par une personnalité en capacité de distraire les fonds nécessaires à la rénovation du support pour exploiter la mine légitimiste jusqu'au bout, le bout étant bien sûr l'établissement du prince Louis de Bourbon dans le paysage quotidien des Français.

Le Piéton du roi, ne répondant pas aux critères proposés, sans pistoles et refusé au triste privilège de l'âge, ne peut remporter l'adjudication malgré son vif désir de voir continuer ce canal d'opinion de haute qualité qui lui fit l'honneur insigne d'accepter dans ses colonnes ses libres réflexions. De tout ce qui précède il n'est rien qui engage la publication ou sa rédaction, le présent billet étant une initiative personnelle et non sollicitée. Voici le scan du dernier numéro du Lien légitimiste raccourci à deux pages. Tout y est utile.


Joindre la direction du journal pour manifester ses intentions et s'informer sur les détails techniques indispensables à la reprise, c'est facile par courrier, courriel ou téléphone. A défaut, l'onglet Contact de ce blogue reste un moyen d'accès indirect.

M. Gérard de Villèle
Le Lien légitimiste
2 Le Petit-Prix
37240 La Chapelle Blanche Saint-Martin

✉ gerard 'chez' villele.com
☎ .... ... ...

Yapuka !


Catoneo


vendredi 13 janvier 2017

Une presse condamnée à la vérification


Quand on pense que des géostratèges pondent des thèses de six cents pages sur l'équilibre impossible du monde et que le blogue du Piéton les ignorent pour écouter Fanny Ardant, on se dit que l'espace-temps s'est considérablement compacté. C'était donc sur Arte-28 minutes - émission intéressante d'Elisabeth Quin quand M. Askolovitch n'y vient pas promener sa judéité affligée - que fut invitée la cinéaste Fanny Ardant pour son film Le Divan de Staline. On ne connaissait pas son coup de revers à la raquette en fonte mais ces messieurs du penser-bien ont empli leur musette, jeu, set et match, en moins de temps qu'il n'en fallut pour envoyer les balles. Que du bonheur et c'est ici (cliquer sur l'image):


Le fond de son argumentaire est l'ancillarité de la presse qu'elle traite de "laquais", avec leur goût de l'alarme ad hitlerum et leurs champions bien propres sous les cheveux. Elle plaide pour des contre-pouvoirs à l'hégémonie. Sans le dire mais elle le sait, elle défend la multipolarité de la puissance. On ne peut qu'applaudir puisque l'impérium non contré n'a bénéficié aux hommes qu'un fois sur terre, une seule, à l'époque de l'Empire romain qui mit en musique la supériorité grecque sur Mare Nostrum. Tout le reste de l'histoire est un long hurlement de terreur dans des guerres de conquête ! Puis la bombe atomique vint ! L'espèce humaine théorisa enfin la menace de la foudre jupitérienne qu'elle inventa pendant les RTT de Vulcain. Chacun désormais se regarde, laissant ci et là quelques attardés s'entretuer, et les boutiques ouvrent chaque matin à 8h30, dimanche compris bientôt !

Cette menace de désintégration du noyau, comme disent les assureurs de la trouille, n'a pas prévenu le grand désordre des esprits libérés qui renaissent quand la gangue officielle commence à se fendiller. Ainsi a-t-on des révélations parmi les vedettes à plateaux qui sans sortir leurs tripes, parlent d'eux-mêmes et non plus selon le programme. Inimaginable, il y a seulement un an. L'effet Trump ? Citons Yves Calvi qui accuse réception en direct de l'enfumage des agences dans l'affaire d'Alep, Bruno Roger-Petit qui distingue le Maréchal auquel François Mitterrand prêta serment de la Collaboration à laquelle il ne participa pas, de Pascal Praud qui sur iTélé laisse percer le bon sens tout court à contre-courant, de Sonia Mabrouk qui se lâche en beauté... Et toutes les chèvres retraitées de la vieille presse parisienne, les Levaï, Elkabbash, Okhrent, Sinclair, Labro et autres fabricants de "valeurs" de nous prévenir que "la parole se libère". Ah bon !

A peine la puissance stratégique se redistribue-t-elle entre les continents que le consensus du quatrième pouvoir monolithique se brise. C'est là que ça devient intéressant. Ne cherchons pas qui lance les dés, il n'y a pas beaucoup d'acteurs libres de leurs décisions sur la planète. Zéro même si on inventoriait les contraintes internationales. Mais on distingue des intérêts affirmés et non convergents entre les Etats-Unis d'Amérique, la Chine et la Russie. Le reste joue en division II, III et Nationale. La presse va devoir tout de suite se spécialiser dans l'étude approfondie des trois grands précités pour ne pas se louper devant les réseaux sociaux, et ne plus se satisfaire de petites phrases ou d'informations bidonnées par les communicants ayant leur rond de serviette chez le marquis. Vu le niveau général des stagiaires, il va y avoir des morts dans le journalisme.

Tout ceci pour dire que l'apparition du dictateur Poutine et de l'imprécateur Trump au balcon du monde change du tout au tout les méthodes d'information depuis qu'est déclarée la guerre hybride. Hybride ou triple comme on veut : la guerre ouverte ; la cyberguerre ; la guerre de désinformation. Le prêt-à-penser est cuit ! On est entré dans l'ère de l'infusion, du goutte à goutte. Il faut maintenant que ces messieurs de l'intelligence quotidienne décortiquent l'information servie par les canaux de communication pour en extraire une vérité. De puissants moyens numériques l'altèrent ou la fabriquent, et ne survivront dans la presse de demain que les analystes. Fini les atlas géopolitiques, les instituts de pensée formatés, les sondeurs payés au pourcentage ! Comme on le disait au cabinet de Versailles dans les salons de Vergennes :La plus grande erreur dans le maniement des affaires extérieures est de partir inflexiblement de certaines idées fixes qui ont fait leur temps. A chaque époque appartiennent ses difficultés, les caractères, les incidents qui lui sont propres. Tout vient de changer. Réactivité donc ! Instantanéité du doute, gros doute ! Bienvenue aux Anonymous, aux hackers, au mecs qui en ont entre les oreilles, aux geeks acharnés. Les autres feront Le Jeu des Mille Francs à l'Alcazar de Rodez. Terminé les miquets brevetés de l'école de journalisme, on peut fermer ces structures de propagande qui ressemblent de plus en plus à ce que fut l'Ecole des Cadres du parti communiste ! Tout se fait au garage maintenant, comme le rock ! Les madrasas gauchistes vont se vider. Et qu'en est-il des madrasas royalistes ?

Pour répondre présent dans le domaine de l'information criblée, le mouvement royaliste peut balayer devant sa porte avant que d'autres ne le fassent à ses dépens (Acrimed, Mediapart, Le Canard Enchaîné...) et s'entraîner tout de suite à purger ce qu'il diffuse. Voulez-vous des exemples ? Cherchez et vous trouverez. Tout se vérifie, tout se sait.

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jeudi 29 décembre 2016

Bon voyage, Monsieur Victor


Chuut ! Mais chuuuut ! Le Dessous des cartes était la seule émission télévisée sur laquelle je réclamais le silence de mon entourage. On n'en pouvait perdre une miette tant le discours était dégraissé, compact, intelligent. Digne fils de Paul-Emile Victor, Jean-Christophe Victor a produit un format inédit de vulgarisation géopolitique qui valait bien des thèses délayées de la profession. Tout y était, net et précis, élégant.
Il nous quitte à 69 ans, beaucoup trop tôt.

Condoléances sincères à sa famille.

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mardi 5 février 2013

6 février 2013

Il n'y a rien à changer au billet du 6 février 2012. Le IV° Reich avance comme au Sahel le désert, sans murmures ni reproches, sans bruit. Mais un blogue monarchiste ne peut se contenter de recopier un texte d'occasion, il doit témoigner. Témoignons ! L'émeute du 6 février 34 fut un assaut antiparlementaire contre la démocratie de représentation qui avait basculé dans la prévarication, la concussion et tous les synonymes de la corruption. Le "tous-pourris" déjà. Si le 79ème anniversaire ne verra pas l'assaut des colonnades du Palais Bourbon, le 80ème pourrait être moins calme, à voir à quelle vitesse la spirale de la République perfore les réalités d'un déclin maintenant sûr avec les mêmes. Si notre économie a de gros problèmes qui ne sont pas tous politiques, notre Etat réclamé en faillite pour la deuxième fois par un ministre important n'assure plus ses fonctions régaliennes, et le régime qui le commande cache son impéritie derrière des disputes clivantes sur le sexe des anges, le trou des démons, l'élevage des foetus, le recyclage des vieux en biscuits protéinés et la liberté de chacun d'enculer ses chèvres avant de les épouser. Au motif d'un abrutissement décadent, le pays qui se brandit valeur morale illuminant le monde, patrie des droits, empire de la loi (en chinois), argue d'avancées sociétales chez ses voisins pour abolir deux millénaires d'une civilisation construite patiemment sur le droit naturel. Quel progrès !

La représentation nationale est utilisée aujourd'hui pour parer le coup décisif que serait un référendum populaire sur la question de l'homoparentalité ; et bien que les dispositions projetées convoquent la liberté de conscience, le groupe majoritaire demande la discipline de vote au péril d'investiture. L'apparatchik Le Roux, chef des godillots socialistes, n'y va pas par quatre chemins : Quand on a été élu avec le soutien du Parti socialiste, on respecte les promesses de la campagne présidentielle. Il faut assumer et être cohérent. Que les pouvoirs exécutifs et législatifs soient séparés ne l'impressionne pas ; pas plus que les râleurs de la chiourme. On dit que le suppléant de Benoît Hamon ne votera pas l'homofolie. Un homme.
En face de quoi, les arguments de l'opposition ne sont pas d'un niveau qui tranche vraiment ; mais on savait déjà, pour avoir suivi la bagarre de cour de récréation entre MM. Fillon et Copé, qu'élever le débat aurait été surhumain. Alors, je suis allé chercher de l'intelligence comme on va à la pêche avec une bouteille à bouidelles. Elle s'appelle Sylviane Agacinski, agrégée de philosophie, intéressée par le rapport des sexes, épouse d'un premier ministre au teint de lavabo qui n'avait pas trop démérité sachant d'où il procédait. L'homoparentalité pour elle, c'est niet. Il faut revenir à un article qu'elle avait donné au Monde le 21 janvier 2007 ; c'est du lourd :

Sylviane Agacinski
Déjà homoparentalité et mariage homosexuel c'est du pareil au même, un mot-valise où se nichent plusieurs questions différentes qui toutes s'affrontent à l'éthique de la race humaine. Pour bâtir ce concept il faut lui créer une opposition, d'où la naissance des hétérosexuels auxquels on va rapporter les droits existants. L'institution du mariage n'est pas une construction étrangère à la sexuation et à la génération mais complètement dédiée à la bilatéralité de la création. "En résumé, si l'ordre humain, social et symbolique, donne aux individus une filiation double, mâle et femelle, ce n'est pas en raison des sentiments qui peuvent lier les parents entre eux, des désirs qui les animent ou des plaisirs qu'ils se donnent, c'est en raison de la condition sexuée de l'existence humaine et de l'hétérogénéité de toute génération dont la culture a jusqu'ici voulu garder le modèle".

Dans le doute permis, je préfère suivre l'avis de Mme Agacinski ou M. Gilles Bernheim que celui d'un type comme Pierre Bergé qui, avec juste un baccalauréat de couturière, loue du ventre comme une chambre de bonne. Il se vante d'en avoir tous les moyens, il devrait monter un gynécée pour homos durs avec les poules en batterie.

Mais passer le débat de la rue au parlement produit l'effet inverse de celui prévu par le modèle. On s'attendrait à y trouver plus de sagesse et un niveau plus élevé d'arguments. Au lieu de quoi, l'opposition dépose plus de cinq mille amendements de pilonnage qui n'expliquent rien, et la majorité édicte une règle de présence obligatoire pour conserver plus de voix que les autres en hémicycle. Facile, plus de la moitié des députés de l'opposition ne prendront même pas la peine de siéger en séance plénière. Le "grand" débat sociétal tourne à la foire d'empoigne politicienne, CQFD : ce parlement est inutile et cher. Les privilèges parlementaires sont devenus insupportables à l'aune du travail rendu. Quant à "justifier" un projet par le pourcentage de soutien qu'il reçoit de l'Opinion, ce n'est pas exactement le profil de ce blogue qui se méfie de la loi du Nombre. A refaire un six-février, il ne faut pas s'arrêter en chemin.

Il n'y a plus de races !

Cette commémoration de l'émeute de la Concorde est le troisième marronnier royaliste (galette, messe, 6-février) et il nous faudra attendre le quatrième pour dire à nouveau quelque chose d'utile (enfin, j'essaie !) : le CMRDS du mois d'août. Puis nous patienterons jusqu'à la galette des rois 2014. Ceci pour suggérer affectueusement qu'à ce rythme, le roi d'au-delà des mers peut faire la planche et dériver jusqu'au Gulf Stream, nous ne sommes pas pressés. Nos chapelles se "battent" courageusement contre des avancées sociétales qui confirment le pourrissement général, mais le peuple, lassé de la logorrhée extravagante d'un pouvoir hystérisé par son renouvellement aux prébendes juteuses, s'est choisi un gouvernement normal qui lui ressemble. Médiocre donc ! Et si d'aventure, l'emploi et un peu d'argent à dépenser se trouvaient sous un caillou, il le laisserait gouverner comme bon lui semble. Ce qu'il fait finalement. Téléphonez-moi si des préfectures brûlent.

Pour le mouvement royaliste, la participation à ces batailles de société, si elle occupe les militants, ne fait pas propagande des principes monarchistes qui pourraient sauver le pays, noyés que nous sommes dans le Nombre et la tonitruance ambiante. Les réformes de société passeront au parlement puisque le gouvernement a les deux majorités, aussi est-il revenu le temps de s'occuper d'autre chose, de revenir à nos "fondamentaux".
Par "chance" ces fondamentaux sont attaqués. Il s'agit des pouvoirs régaliens de l'Etat laissés aux ambitieux, aux lobbies, aux circonstances électorales quand ce n'est pas aux étrangers prétendument européens. Passons un pacte avec la nation de restaurer nos pouvoirs régaliens à l'excellence afin de libérer et décentraliser les pouvoirs publics. Quelle belle réputation ce beau pays retrouverait-il avec une police inflexible et formée, une justice démaotisée, juste et sévère, une armée indépendante des soutiens alliés, une diplomatie ramassée sur l'essentiel, une politique monétaire de bon sens, et un chef d'Etat détaché de toute coterie, parti, loge ou ligue, qui promènerait ses gosses au jardin du Luxembourg ! Il ne resterait qu'à le faire savoir ! Vous souvenez-vous du Million du Roi (clic) ?






AVIS DE MESSE

L'Action française fera dire une messe
à l'intention des victimes du 6 février 1934
en la chapelle de la Crypte de la Madeleine à Paris,
ce mercredi 6 février 2013 à 18h30
(entrée latérale)

mercredi 12 décembre 2012

La Veuve Noire et "1984"

Cray Black Widow
C'est le site Numerama qui a détecté des choses pas nettes à la réunion de l'Union internationale des Télécommmunications (UIT) à Dubaï cette semaine, après qu'un traître de l'UIT ait passé un document de travail confidentiel à Cory Doctorow chez BoingBoing. La réunion, sous l'égide des Nations Unies, s'apprêterait à policer l'Internet sur le modèle de la NSA américaine (National Security Agency/Central Security Service) par l'adoption généralisée du système d'analyse profonde de paquets transmis (DPI) par la mise en vigueur d'une norme onusienne lancée sous la cote ITU-T Y.2770 relativement bénigne mais qui renvoie à des détails de mise en application où se cache un sacré démon. C'est ce document qui a fuité : ses 96 pages sont accessibles en cliquant ici. Ce billet est un peu plus technique mais les chaînes virtuelles le sont toujours plus que les chaînes physiques.

On comprend bien que la traque aux terroristes et aux pédophiles motive une surveillance plus étroite des transmissions sur Internet, mais à tout le moins cette lutte légitime est le wagon de tête d'un train bien plus long qui officialise une surveillance inavouable au bénéfice  des ayant-droits sur contenu (ils sauveront la Hadopi) mais surtout bien évidemment à celui des polices les plus basses. Médiapart peut s'inquiéter.
Si la propriété intellectuelle dans un monde aussi maillé que le Village Global reste un vaste débat, le flicage à grand débit d'Internet n'en est plus un, à voir ce qui se passe dans des pays équipés comme la Chine et la Russie. Voici quelques exemples triés par Korben tiré du draft de l'UIT :
  • Détecter et bloquer des protocoles comme Bittorrent ;
  • Détecter et bloquer la transmission de fichiers contenant des digital rights management (DRM) (gestion des droits numériques) ;
  • Détecter et bloquer la transmission de fichiers en provenance d'une personne ou d'un serveur ciblé ;
  • Détecter et bloquer la transmission de messages Session Initiation Protocol (SIP) contenant certains mots clés (protocole standard de gestion de sessions en télécommunications multimédia) ;
  • Identifier certains serveurs en analysant les paquets qui circulent sur le réseau (pour probablement pouvoir le bloquer ensuite ou envoyer la police le débrancher) ;
  • Mesurer le trafic engendré par certaines applications ou protocoles, pour le filtrer, le bloquer ou mettre de la qualité de service (QoS) ;
  • Détecter et bloquer certains paquets de logiciels ou de jeux précis ;
  • Identifier les gros uploaders de fichiers sur Bittorrent ;
  • Identifier et bloquer la voix sur protocole Internet (VoIP) en peer to peer (P2P) selon certains critères ;
  • Détecter un utilisateur précis de VoIP en P2P
  • .


Pour mieux comprendre il faut aller voir la NSA. Disons déjà que ce n'est pas un service secret puisque ses activités ont fait l'objet d'un reportage fouillé sur Arte le 24 novembre (clic). Au pire ce serait un service discret. La batterie de supercalculateurs Cray Black Widow abrités par l'agence permet de filtrer toutes les conversations provenant des Etats-Unis ou venant des Etats-Unis. On cible un interlocuteur, un réseau, un lieu, on enregistre tout, on écoute à l'envi, on note, on détruit, puis on patrouille les communications sur la base de mots-clés, comme le réseau Echelon en Europe, Essaim en France. Les supercalculateurs vous trient des millions de conversations par seconde en moins de temps qu'il n'en faut pour appuyer sur un bouton. C'est ce traitement super-efficace, le DPI, que viennent vendre à l'UIT des professionnels de l'espionnage que sont Alcatel-Lucent par exemple. L'intérêt des pouvoirs publics est tel qu'il semble plus facile de lutter contre le réchauffement de la planète que contre le flicage généralisé de nos conversations. On assiste à une mondialisation du Patriot Act de George W. Bush.

Pour faire bon poids, signalons aux naïfs qu'un portable éteint dans leur poche peut être activé à distance par l'opérateur et servir de micro ou de GPS à l'envers. L'imagination humaine est sans limites et la puissance cérébrale de l'espèce vaincra l'Ordre à la fin, mais avouons que ce sera sacrément dur. Pendant ce temps, passent dans les lucarnes de petits journalistes, affairés à de petites histoires dérisoires qui sentent le pipi, et tellement contents d'être là. Ils trahissent d'une certaine façon.

On attend avec intérêt la contribution et la décision de Mme Fleur Pellerin, ministre en charge de l'économie numérique auprès d'Arnaud Montebourg, qui jusqu'à récemment plaidait pour une confidentialité accrue des données personnelles transitant sur Internet et pour garantir la fameuse neutralité du Net. Elle prépare un texte d'application en France, mais avec la meilleure volonté du monde il sera sans valeur à l'autre bout du fil : « Je pense que nous pouvons nous engager à proposer au Parlement dans le courant de l'année 2013, vraisemblablement au premier semestre, un projet de loi sur ces questions, sur un corpus de règles qui permettrait de garantir la protection des données personnelles et la vie privée sur Internet ». Par chance, elle est capable et motivée. Fin de la session à Dubaï le 14 décembre.

dimanche 2 décembre 2012

Petit break !


Aujourd'hui c'est la St Austerlitz. Pouce ! Je passe ! Le défi du mois écoulé était d'atteindre avant le premier décembre, 3000 lectures par semaine du blogue le moins cher à l'ouest du Pecos. Pour cela la cadence de publication a été augmentée à un post/jour, en vain. Le meilleur chiffre affiché au compteur installé en colonne de droite fut brièvement de 2700 et des poussières. Le régime de croisière 2012 de Royal-Artillerie est de 2000 lectures par semaine ±10% avec 3 billets hebdomadaires. Passons maintenant au rapport Analytics du 30 novembre qui va du 30/10/12 au 29/11/12, ce que je fais rarement :
  • a. Visites: 3 439
  • b. Visiteurs uniques: 2 464
  • c. Pages vues: 12 379
  • d. Pages/visite: 3,60
  • e. Durée moyenne de la visite: 00:02:25
  • f. Taux de rebond: 3,02 %
  • g. Nouvelles visites: 68,51 %
  • h. Visites réitérées: 31,46%
Légende Analytics:

(a) Une visite correspond à un groupe d'interactions qui se produisent sur le site Web au cours d'une période donnée. Par exemple, une visite peut inclure plusieurs pages vues, événements, interactions sur les réseaux sociaux, variables personnalisées et transactions de commerce électronique (full size).
(b) Nombre d'internautes ayant visité le site une seule fois pendant une période spécifiée. Google Analytics calcule le nombre de visites et de visiteurs de votre compte. Les visites représentent le nombre de sessions individuelles initiées par l'ensemble des visiteurs de votre site. Si un internaute est inactif sur votre site pendant au moins 30 minutes, toute activité ultérieure sera considérée comme une nouvelle session. S'il quitte votre site et y accède de nouveau moins de 30 minutes après, Google Analytics ne comptabilise qu'une seule session. La session initiale déclenchée par un internaute au cours d'une période donnée est considérée comme une visite et un visiteur supplémentaires. Toute session ultérieure du même internaute au cours de la période définie est considérée comme une visite supplémentaire, mais pas comme un visiteur supplémentaire.
(c) Nombre total de pages consultées. Les visites répétées d'un internaute sur une même page sont prises en compte.
(d) Nombre moyen de pages consultées pendant une visite sur le site. Les visites répétées d'un internaute sur une même page sont prises en compte.
(e) Durée moyenne d'une session.
(f) Pourcentage de visites d'une seule page, c'est-à-dire les visites lors desquelles l'internaute a quitté le site dès la page d'entrée.
(g) Pourcentage de premières visites, c'est-à-dire les visites d'internautes accédant pour la première fois au site.
(h) Pourcentage des autres (100 - g).

Les bons chiffres sont la durée moyenne de lecture de 2min 25sec, le très faible taux de rebond (seulement 3% n'entrent pas dans le blogue) et le retour de 31% des lecteurs. On a vu pire. Difficile par contre de juger précisément combien d'habitués suivent ce blogue. Autour d'un millier au pif ! Pas de progression extraordinaire, un lectorat stable depuis presque le début de l'aventure.


Origine des visiteurs (mois de novembre 2012):

France 83,34% - Belgique 3,02% - Canada 1,83% - Suisse 1,66% - Maroc 1,10% - Allemagne 0,90% - Algérie 0,76% - Tunisie 0,64% - et cinq douzaines d'autres pays qui lancent aussi des robots. Nous avons relevé des durées moyennes de lecture importantes en Australie, Bulgarie, Cambodge, Japon, Suède, Tchéquie et Ukraine.


Ce post est le onze cent cinquantième de Royal-Artillerie
Fin du petit break, ce samedi 8 décembre


BOXE !



Postscriptum 20h: Par un caprice du hasard, 3004 lectures ont été comptées par Blogger sur les dernières 168 heures le dimanche 2 décembre à 20h02. Pari gagné mais trop tard, l'échéance était le 30 novembre à minuit. Pour être juste, avouons que le mot-clé "Fleur Pellerin" a tapé 218 fois ce blogue pour la seule journée de dimanche, sans que je puisse avancer la moindre explication, sinon sa jupe indiscrète sur les marches de L'Elysée publiée dans le billet "Cahuzac" ou pour une lecture de ce post qui, lui, est monté 388 fois aujourd'hui.


lundi 19 novembre 2012

GIs de France

Le reportage de Canal+ sur les Zids annoncé par le site Nissa Rebella est passé dimanche midi dans le segment du "Supplément" dirigé de main de maître par Maïtena Biraben. On se doute un peu qu'il n'y a pas d'empathie entre eux et les journalistes de Canal+, ce qui se fait de plus formaté sur la planète Médias ; néanmoins 8 minutes et 17 secondes in situ ont été diffusées, reprenant les déclarations des militants sans hachage grossier et ces jeunes gens ont dit ce qu'ils avaient sur le coeur. Pour fermer le sujet, fut appelé sur le plateau M. Martin Weill, reporter en hijab qui a fait son coming out. Il a pris 1 minute et 9 sec à démonter toute sympathie malencontreuse qu'aurait suscité son travail, en débinant le groupe observé, supplétifs bannis du Front mariniste, et incidemment en réduisant à rien la petite agence Novopress qui bien sûr parle d'eux plus souvent que ne le font les grandes. Malgré l'ostracisme dont font preuve les journalistes diplômés à son endroit, la pseudo-agence Novopress a fait son trou dans la sphère médiatique de réinformation et elle est citée souvent car elle brasse beaucoup de matériau sur le bon axe.

Après le chahut de la mosquée de Poitiers, Poitiers qui reste quand même un symbole pour tous ceux qui ont usé leur patience en classe d'histoire non expurgée, le reportage adroitement reçu par les Zids niçois et honnêtement monté par les studios de Canal, a montré un certain savoir-faire en communication dont on peut s'inspirer. Les suites données à l'affaire de Poitiers par un pouvoir pavlovien antiraciste peuvent, malgré le déroulement pacifique de la manifestation, aboutir à quelques incarcérations qui ne manqueront pas de surprendre nos voisins de plus en plus étonnés de ce qu'ils découvrent ici derrière la gastronomie et les cosmétiques de luxe. Il suffira à la Chancellerie de bien choisir la procédure et d'éviter les Pieds nickelés comme dans celle de Tarnac. S'il se trouve un juge pour envoyer ces garçons en prison dans un procès carrément politique, souhaitons que le confinement soit propice à l'édification de leurs compagnons de cellule quant à la fierté d'être soi-même, entièrement et sans complexes. Ces quelques semaines désagréables ne seront alors pas perdues.

Nous allons maintenant laisser la parole à Arnaud Delrieux qui s'exprimait à la Convention identitaire 2012 à Orange.


Il y a deux semaines, Génération Identitaire occupait le toit de la future mosquée de Poitiers.
Il y a deux semaines, les médias et le gouvernement socialiste étaient pris de panique à l’idée de ne pas pouvoir maîtriser l’ensemble du débat politique français.
Il y a deux semaines, Génération Identitaire faisait une entrée fracassante dans la vie politique française.
Depuis deux semaines, les reportages sur notre mouvement vont bon train. Tout le monde y va de son analyse, de son commentaire.
Qu’est-ce que Génération Identitaire ? C’est de cela dont je vais vous parler maintenant.
Génération Identitaire est née de la volonté de doter les jeunes activistes identitaires, jusque là organisés au sein du réseau de l’Autre Jeunesse, d’un outil unifié sur le plan national. Même nom, même couleur, mêmes méthodes. Cela va nous permettre de renforcer notre influence, et de bénéficier d’une vraie dynamique nationale. Pilier de l’activité du mouvement identitaire dans son ensemble, la jeunesse a trouvé l’outil adapté pour faire entendre pleinement sa voix.
Génération Identitaire est plus qu’un simple mouvement politique. Génération Identitaire est une communauté de combat au service de la défense de notre identité, par la Reconquête.
Une communauté, car ses membres sont animés par une forte volonté d’entraide et de solidarité, qui ont généralement déserté notre société actuelle. Une communauté, car nous sommes conscients que notre destin est étroitement lié à notre capacité à gagner le combat politique que nous avons engagé. Une communauté dont le but est d’éveiller les nôtres, et de les guider vers la Reconquête, avant qu’il ne soit trop tard.
S'habiller boutique, c'est chez GI :)
Une communauté de combat, car pour nous la vie est un combat. Nous sommes la première génération à avoir été livrée à elle-même dans nos banlieues, gangrenées par la racaille et le racisme anti-blanc. Nous avons également constaté que la justice ne nous ferait pas de cadeau. Elle a assigné nos porte-parole à résidence, allant même jusqu’à leur interdire toutes participations à des activités politiques identitaires. Belle leçon de démocratie.
L’action politique au service de la Reconquête est un combat. C’est la raison pour laquelle, dès septembre, nous avons déclaré la guerre à nos élites politiques qui, depuis 30 ans, œuvrent à la destruction de notre identité.
Notre ambition est de faire de Génération Identitaire un mouvement majoritaire auprès des jeunes français. Majoritaire car nous savons que nos idées sont dans toutes les têtes. Nous savons que les questions d’immigration et d’islamisation sont des sujets de préoccupations légitimes pour les jeunes. Un récent sondage indique que 76% des français pensent que l’Islam est une menace, et 56% pensent qu’il y a trop d’immigration en France. Cela prouve bien l’importance et la légitimité de notre combat.
Génération Identitaire est le porte-parole de la jeunesse qui résiste face à l’invasion, alors que les politiques n’en ont que pour les néo-français et les racailles, auxquels on réserve les emplois d’avenir.
Pour doter la jeunesse d’un vrai mouvement politique efficace, Génération Identitaire ne se posera aucune limite. Le combat pour la Reconquête est partout, et nous voulons être partout maîtres chez nous. C’est la raison pour laquelle, en plus du militantisme classique dans la rue ou dans nos maisons de l’identité, nous investirons le combat culturel à travers la musique ou le sport. Nous serons également présents dans les facs et dans les lycées. Je peux d’ores et déjà vous annoncer que nous aurons prochainement des élus dans le milieu universitaire.
Depuis l’occupation symbolique du chantier de la mosquée de Poitiers, notre secrétariat est submergé de demandes d’adhésions. Notre mouvement se développe. La jeunesse attendait un signal fort, et elle l’a eu.
Communauté de combat, optique majoritaire, Génération Identitaire est également force de proposition. L’exemple de la mosquée de Poitiers en est le révélateur. Jamais la proposition d’organiser un référendum n’aura suscité autant de réactions.
L’une de nos grandes forces a été, en plus d’imposer les thèmes du débat (l’islamisation et l’immigration), d’imposer les termes du débat, chose beaucoup plus difficile. En règle générale, les débats sur l’immigration sont menés avec les termes suivants: « intégration », « diversité », « tolérance ». Grâce à notre action, pour la première fois en France, le débat sur l’immigration a été traité avec un vocabulaire favorable aux Français: «Reconquête», «Charles Martel», «732». Quelle bouffée d’air frais, et quel revers pour les médias adeptes de la désinformation.
Il est certain qu’avec ce gouvernement anti-identitaire, nous aurons de nombreuses autres occasions d’être une force de proposition. L’emploi des jeunes, la législation sur la consommation de drogues, le mariage, la famille, sont également des sujets sur lesquels nous nous sentons le devoir d’intervenir. Génération Identitaire est le bouclier des jeunes en faveur de la promotion d’un mode de vie identitaire et enraciné.
Je vous parlais tout à l’heure de «communauté de combat». Je vais donc appeler tous les membres de cette communauté de combat, qui étaient présents sur le toit de la future mosquée de Poitiers à me rejoindre sur la scène. Je vous demande de leur faire l’ovation qu’ils méritent. Nous avons également une forte pensée pour nos quatre camarades que le système a décidé de cibler: Alban, Benoit, Julien, Maxime. Leur contrôle judiciaire leur interdisant de sortir de leur département, de rentrer en contact avec nous et de participer à n’importe quel évènement identitaire, est la cause de leur absence. Néanmoins, nous savons qu’ils sont ici avec nous par la pensée.

Nous sommes la Génération Identitaire. Nous sommes de cette génération à qui l’on a tout volé: mémoire, fierté, courage. Contrairement à certains de nos concitoyens, nous avons fait le choix de ne plus reculer. Nous avons fait le choix du sursaut, du réveil. Nous avons retrouvé la mémoire de notre passé, et donc la possibilité d’un avenir, conscient que l’homme du futur est celui qui aura la plus longue mémoire.
Nous avons réactualisé nos modèles. Les valeureux guerriers des Thermopyles, ceux de Poitiers en 732, ceux des remparts de Vienne ou encore les héros de la Sainte Ligue lors de la bataille de Lépante sont nos références.
Nous avons fait le choix de la Reconquête de notre identité, et de déclarer la guerre à ses ennemis. À l’immigration-invasion, et aux lobbys de la guerre culturelle qui nous est déclarée, nous disons ceci : assez de soumissions, assez de compromissions.
Nous sommes conscients de nous engager dans un combat à mort. Le mondialisme tuera l’identité, ou l’identité tuera le mondialisme. Il n’y a pas d’autres issue possible.
J’appelle donc tous les jeunes français et européens de moins de 25 ans à nous rejoindre. Nous avons le courage des résistants, et l’insouciance de la jeunesse. L’engagement militant est l’une des dernières aventures qui vaille vraiment la peine d’être vécu aujourd’hui.
Ensemble vers la Reconquête de notre identité, de nos patries, de nos vies.
Ensemble, déclarons la guerre à nos élites politiques soumises. Nous pouvons sereinement leur dire: Nous sommes demain, vous êtes hier: nous sommes la Génération Identitaire.
Merci.
Arnaud Delrieux

Le Piéton du Roi signale le Projet Apache des Zids franciliens. Certains royalistes, sans doute fatigués des disputes dynastiques stériles entre chapelains, ont jeté la perruque poudrée et rejoint les rangs des GIs pour embrasser une stratégie de lutte nationale qu'ils n'ont pas trouvée dans nos structures vieillissantes. Les GIs ont des résultats, leurs chefs y veillent, qui se savent jugés par leur troupes dont ils tirent leur seule légitimité.

Extrait du Qui-sommes-nous de Génération Identitaire :
« Chez nous, la jeunesse commande à la jeunesse. Nous sommes des camarades, des amis, des frères, un clan. Plus qu’un mouvement de jeunesse, nous sommes la jeunesse en mouvement. »







jeudi 19 avril 2012

Bisou de la campagne

Attendu que l'élection d'un président chef d'Etat au suffrage universel est l'incarnation du fabliau ésopien des grenouilles demandant un roi, mais avec le ridicule d'un combat éructif ramenant la procédure au niveau de la mare où coassent les connes du Portique, j'enfreins la solidarité de la lutte groupusculaire appelant au moindre mal (DA) ou au pire détonnateur de crise (MLP) pour que chantent enfin de royalistes lendemains - rires sur les bancs - et je donne mon choix.

Aucun des candidats sélectionnés par le régime, pas plus d'ailleurs que ceux qui prétendirent s'aligner avant d'être rejetés par la nomenklatura, n'est en mesure d'arracher le pays à l'ornière de la social-démocratie mafieuse, si tant est que nous ne soyons pas déjà au bord de l'abîme comme nos soeurs latines méditerranéennes ! Quand bien même un seul aurait-il les idées claires sur l'état de décrépitude de notre société génétiquement ratée et sur l'extrême vulnérabilité de notre régime inapte, - et je pense à François Bayrou - faudrait-il encore que celui-là ait le tempérament d'un capitaine de pirates pour imposer au front uni des corporatismes la destruction et la reconstruction du régime sur des bases saines. Ces rationnaires des crédits publics dévorant les espérances des générations à naître devront être alignés aux buttes parce qu'il n'y aura aucun sursaut sans épuration, et il faut la foi d'un Tamerlan pour y réussir. Le seigneur devrait être un saigneur et M. Bayrou est trop policé. L'élection présidentielle au suffrage universel direct est par essence incapable de résoudre les problèmes du pays ; c'est une couillonnade ! Mais il n'est pas interdit de jouer !

Les Anglais parient sur notre élection chez leurs bookmakers, les gnomes de Francfort jouent sur notre défaut souverain - quels salauds ! -, les sondeurs jouent leur réputation - Mélenchon-Hollande au second tour serait un gag atroce pour les "professionnels" de la profession, les abstentionnistes font du mauvais esprit, mais nous n'en étions pas la fois dernière quoique nous le dussions en vrais royalistes ; et les agences de notation hésitent ; auraient-elles peur d'être en retard sur les marchés ?
On peut voter aussi au coup de coeur, comme ça, sans aucune conséquence, le chien déjà crevé dérive au fil de l'eau. A nul effet !

J'élimine les deux bouffons-chefs, vendus en prêt-à-voter par les faiseurs d'opinion, idem pour le chaviste sanguinaire qui soutient l'écrasement du Tibet par le PCC et dont la jubilation tribunicienne emporte l'enthousiasme de la foule à la plage. Je ne voterai pas non plus pour le playmobil du pouvoir sortant destiné à rogner le résultat de la fille du Menhir, pas plus que je ne voterai pour elle comme je l'explique à la fin, même si sa victoire me réjouirait pour l'explosion provoquée, mais jouir n'est pas jouer. Il en reste cinq :

Un grand merci à François Bayrou, candidat de bon sens, pour avoir ouvert les yeux de l'électorat sur le combat de coqs des favoris clivants alors que le pays devra battre le rappel de toutes les compétences d'où qu'elles viennent pour se sauver. Malheureusement sans meilleur caractère qu'un ego envahissant, et sans groupe centriste fort à la Chambre, il ne pourrait rien faire malgré un diagnostic impeccable.
Un coup de chapeau à Eva Joly, si mauvais candidat qu'on se demande quel complot l'a choisie ; lâchée par les siens qui seront riches sans elle dans quelques semaines avec 60 investitures transformables, elle fait preuve d'une résilience et d'un courage que je salue !
Nathalie Arthaud est une sorte de chimère de cauchemar échappée de la fabrique idéologique du bon docteur Jekyll, prof d'économie au lycée le jour et trotskyste du modèle élémentaire le soir, j'en reste coi protégé par mon collier d'aux.
Je ne dirai rien du phénomène Chaminade qui dépasse mon entendement et par manque de temps aussi, mais je dirai beaucoup de Philippe Poutou qui m'est sympathique. Le regard franc comme de l'or et le discours sincère nous emmène loin du métier qu'il ne pourra jamais faire : politicard. Son clip de campagne est le plus réussi de la série, carrément tordant, et si je ne partage aucune de ses idées sauf peut-être le dégoût des "représentants permanents" de la classe laborieuse, ainsi que son aversion pour les petits merdeux diplômés des directions lointaines, je voterai, si je vote, pour la "conception radieuse et amusée" qu'il incarne de la propagande et qu'il pratique au plus près de l'électeur, et... "Merde à Vauban !".



Le candidat de Royal-Artillerie est donc
PHILIPPE POUTOU
Qu'on se le dise !



- un poutou de Rihanna -







Pourquoi je ne voterai pas pour mademoiselle Le Pen ?

Comme dénoncé moultes fois, et dans le billet précédent sur la démocratie lamentable, j'ai le Système en sainte horreur car je le crois à l'origine de notre déclin depuis la Libération, et pour demain, le pressens enclin à "bien gérer" notre abaissement plutôt qu'à nous convoquer à Denain derrière les étendards de Villars. Le Système broie les gens honnêtes pour survivre. Or toute la démarche politicienne de la duchesse de Montretout est de placer à la bourse des valeurs politiques le capital électoral acquis par son père, incapable d'accéder en l'état, afin d'obtenir la prébende qui savonnera le vilain. N'ayant rien gagné par elle-même - elle n'a aucun mandat politique personnel malgré des années de campagne et un nom connu - elle fait fructifier avec un sens inné du "métier" les atouts de la firme familiale dont elle a hérité.
Combattant le Système, le piéton du roi serait bien l'idiot utile s'il promouvait la cause de quelqu'un dont la seule ambition est d'y faire carrière. Et voilà pourquoi votre fille est muette, chère médème.

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