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lundi 21 juin 2021

Les Français jettent au loin le bouffon

J'ai une question au fond de la salle. Oui ?
- Que pensez-vous des résultats globaux aux cantonales et régionales d'hier ?
Je vous remercie, même si votre question me prend de court et j'insisterai sur un point particulier :

La victoire inespérée du parti abstentionniste (66% de moyenne) signale un désappétit des veaux pour la démocratie directe puisque ce sont des circonscriptions gestionnaires de notre quotidien qui recueillent les effets du désenchantement politique. Certes la participation augmente pour l'élection présidentielle, mais chacun sait qu'il y a toujours plus de parieurs au Grand Prix d'Amérique qu'habituellement ! Les Français aiment le show, vont aux arènes et manifestent bruyamment ! Mais peuple immature s'il en fut (dix régimes en deux siècles), il boude l'expression de ses choix quand on les lui demande. D'accord ! la classe politique n'est pas affriolante (un peu de charité chrétienne nous engage à ne pas poursuivre l'inventaire), et le mode de scrutin est compliqué à dessein pour faire émerger des majorités construites sur le trafic d'intérêts - inutile d'expliquer le truc à un étranger. Mais s'agissant de la gestion publique de notre vie intime dans les domaines les plus personnels, on aurait pu s'attendre à une affluence "normale", quelles que soient les difficultés de l'heure.

Deux résultats méritent un coup de lampe, qui vont à contre-courant des incantations en plateaux d'hier soir. La France insoumise et les partis révolutionnaires traditionnels se sont liquéfiés ; ce qui n'empêche pas les adeptes de M. Mélenchon de continuer à parader malgré le vacarme de la crécelle à lépreux qui les suit. Le Rassemblement national se vautre certes, malgré une présence médiatique soutenue pour les raisons propres au pouvoir central en vue de la présidentielle de 2022, mais il fait des scores raisonnables aux cantonales puisqu'il vire en tête dans de nombreux départements. Pour mémoire : dans le Nord, le Pas-de-Calais, l'Aisne, la Marne, l'Essonne, l'Aube, la Moselle, l'Yonne, la Côte d'Or, le Doubs, l'Alsace, le Cher, le Loir et Cher, la Gironde, les Pyrénées orientales, l'Hérault, le Gard, les Bouches du Rhône, le Vaucluse et le Var. Certes au second tour, leurs adversaires peuvent regrouper des voix pour passer devant et gagner les bonifications au premier arrivé. Mais c'est un signe.
Côté Bolivariens, c'est moins brillant. Par exemple en Aveyron : malgré les pressions énormes sur l'emploi industriel qui ont poussé un peu plus fortement qu'ailleurs les électeurs vers les bureaux de vote (56,72% d'abstention seulement), avec un déplacement tonitruant du lider Mélenchon à Viviez chez SAM, LFi fait 0,66% et la Gauche unie, 2,72% derrière le PCF à 3,35% ! La confiance n'est pas là. Et plus généralement il aura fallu le fin minois de Clementine Autain en région parisienne pour que les Insoumis se sortent le cul des ronces ! Cela augure mal de la suite pour le Ché dont personne ne veut, sauf les sondeurs !

On pourrait faire cent lignes sur le désintérêt des Français pour une démocratie confisquée par les appareils - ils sont les Gilets jaunes des ronds-points - mais il sera difficile aux tenants de la démocratie directe de réveiller les morts. Une démocratie sans électeurs tournera vite à la kleptocratie par le phénomène de l'entre-soi. Les Français dans leur grande majorité vomissent leur classe politique. Il faut dire qu'elle ruine le pays en continu, ne sachant ni le gouverner ni le réformer. Quoiqu'il en pense, le prestige de M. Macron en a pris un sacré coup dans les enceintes internationales (lire la presse étrangère), autant sinon plus que la gifle de Tain. L'indice de popularité extravagante créé par les instituts se transforme en indice d'hilarité !

jeudi 8 juin 2017

Premier tour


Les élections législatives de dimanche prochain ouvrent le dilemme crucial de notre démocratie : la procédure doit-elle représenter le pays ou bien gouverner le pays ? Tout dépend du jeu de miroir entre les organes exécutif et législatif. A quoi sert-il de représenter au parlement toutes les idées du pays, même idiotes, sinon à prévenir que l'opposition ne se transporte des chambres à la rue ? L'histoire nous apprend pourtant que confiner la contestation dans les hémicycles ne garantit pas la tranquillité en voirie. Sous le quinquennat Hollande, l'expression ouverte des oppositions de tous bords au palais Bourbon n'a pas diminué les manifestations de mauvaise humeur contre la loi "travail" du ministre El-Khomri, l'agitation étant quasiment professionnelle en France dès lors que la démocratie hurlante prime sur la représentation démocratique institutionnelle, on se demande à quoi servent toutes ces précautions constitutionnalisées. Les Frondeurs du Parti socialiste ont pourri tous les débats et n'ayant obtenu gain de cause ni pu renverser le gouvernement par crainte des résultats fâcheux d'une dissolution de l'Assemblée nationale, ils ont déporté la guérilla chez les centrales syndicales et les factieux.

La France dans ses trois déficits*, écrasée par une dette souveraine incommensurable, la bombe à retardement de la démagogie rampante, ne peut plus s'abandonner à ces gamineries extrémistes avant de commencer à réduire le périmètre étatisé qui la saigne. D'un côté le gauchisme bolivarien qui a partout échoué au prix d'une paupérisation extrême des classes populaires, de l'autre le parti de la cécité camouflant un trust politique familial dont la feuille de route est d'en vivre. En attendant que la Droite construise un parti conservateur fondé sur des principes solides et permanents, principes élaborés dans une doctrine politique capable de se battre à parité sur le théâtre du monde, le choix des électeurs responsables est limité à trois partis en capacité de gouverner sinon de débattre positivement sur la réforme nécessaire du pays : LREM, UDI, LR. Voter pour quiconque d'autre est perdre son temps. Que les éructations des démagogues en mal de prébendes ne fassent pas dévier le vote d'intelligence. Cerise sur le gâteux, le président Macron n'est pas hostile aux royalistes même s'il n'est pas monarchien encore.
(*) budgétaire, commercial et social

- LREM, la République en marche, est le centre-gauche du spectre politique utile et l'amalgame rare d'une large coalition non négociée pour la réforme. Il y a de tout, porté par la jeunesse d'esprit, un angle neuf, la lassitude de voir et revoir toujours les mêmes ; les observateurs lui promettent une large victoire en sièges dans le sillage de la présidentielle régénérante sous l'ombre du messie envoyé aux hommes par la haute bourgeoisie fatiguée des connards.

- LR, les Républicains, est devenu un syndicat de perclus dont le programme recouvre celui de LREM avec des exigences plus prononcées dans le domaine économique, quoique tempérées par des sondages défavorables, en fait c'est le plan Juppé. Des états d'âme dispersés fracturent le parti, tout au moins ont fortement entravé la propagande électorale en portant en avant disputes personnelles et scandales qui l'affaiblissent. Le premier ministre du gouvernement est issu de ses rangs, ainsi que les ministres de Bercy.

- UDI, l'Union des démocrates et indépendants est l'héritière du parti giscardien. C'est le centre-droit non-godillot et européiste clairement assumé. Force d'appoint, parti charnière, parti balance, la démocratie à la merci du nombre.

Tous ceux qui gravitent autour de ces trois partis viennent faire de la figuration, ou chassent les indemnités parlementaires, à la réserve près que dans chaque circonscription peuvent se rencontrer comme ci-dessous des personnalités politiques parfaitement recommandables et méritantes qu'il serait disgracieux de saquer !

Il demeure quand même une sorte d'exception française qui n'est peut-être pas innocente dans nos déboires démocratiques : à l'inverse de tous nos voisins et concurrents de l'OCDE, ce n'est pas le parlement qui forme le gouvernement mais le président élu au suffrage universel qui forme l'hémicycle susceptible de lui donner pouvoir. C'est du Jospin, quand il a choisi l'ordre des élections législatives et présidentielle au moment de l'instauration du quinquennat, mais c'est aussi une dérive monarchique mal comprise dans l'esprit supposé des institutions. Les textes parlent autrement. Ainsi dans la configuration d'aujourd'hui le président élu n'est pas issu d'un parti installé mais plébiscité. La rencontre gaullienne d'un peuple et d'un chef trouve sa pleine expression dans l'élection d'Emmanuel Macron. L'assemblée nationale semblerait superfétatoire avec cette prime populaire à l'exécutif mais il n'est pire danger qu'un gouvernement n'ayant à répondre de rien devant aucune représentation démocratique sauf à chercher le nihil obstat de l'autocrate.

La législature va être intéressante surtout dans sa résistance à la pression de la rue d'un côté et celle d'un président actif et intelligent de l'autre. Ne mettez pas n'importe qui sur les bancs, jouez les personnalités avant les programmes ! Mais attention : voter blanc en circonscription où généralement plus d'une douzaine de candidats s'offrent aux suffrages des électeurs est proprement débile. S'abstenir ou bouder c'est donner procuration à autrui, ne pas se plaindre ensuite. Et tant pis si aucun candidat royaliste ne peut percer ; c'était écrit dans le logiciel de préparation ; on y reviendra encore et encore.

Pliez les gaules, urnez dimanche !


Arnaud Richard (UDI), un vrai bosseur !


[ Postscriptum du 12.06.2017 : vidéo de collection ]


Législatives 2017 : la réaction de Jean... par larepubliquedespyrenees


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