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jeudi 24 février 2022

Les zélateurs du Kremlin n'avalent plus !

La guerre est la pierre de touche de la carrure d'un chef d'Etat comme le feu est la pierre de touche de l'or, aurait pu dire Nicolas Flamel. Les candidats qui s'opposent au président Macron ont réagi à l'invasion de l'Ukraine par les armées de Vladimir Poutine, chacun à sa manière. La sélection complémentaire que la guerre leur impose a vite fait d'éclaircir leurs rangs. Alors que les candidats postés aux extrêmes "comprenaient" jusqu'à dimanche dernier les objections du président Poutine qui justifiaient toute menace non suivie d'effet, la guerre ouverte a réveillé l'instinct de survie, sauf pour un, comme nous allons le voir.

Marine Le Pen condamne sans ambiguïté : « Aucune raison ne peut justifier le lancement d’une opération militaire contre l’Ukraine par la Russie qui rompt l’équilibre de la paix en Europe... »; elle appelle à une conférence internationale sous l'égide de l'ONU à Genève sans doute. Que peut-elle faire de plus après l'étalage des relations qu'elle a eues dans le passé avec les chefs du Kremlin pour booster et financer sa candidature ? A mesure que la menace se rapprochera, son patriotisme non feint prendra les commandes chez elle et nul ne peut douter qu'elle fasse bloc sous l'orage avec les pouvoirs français.

C'est plus dur pour Jean-Luc Mélenchon qui historiquement relayait en boucle la propagande russe contre l'OTAN dont la désintégration arrangerait bien les affaires de Vladimir Poutine. Et il en remettait une couche il y a peu en déclarant que dans cette crise, c'était l'OTAN l'agresseur ; et que la prise des républiques populaires du Donbass était une réponse logique (clic). On sent derrière ses grandes phrases d'aujourd'hui une terrible déception qu'il faut vite noyer dans des conférences de la paix qu'il sait inefficaces à retenir son mentor dans sa bataille des moulins. Ainsi faut-il « une réunion immédiate de l'OSCE » et une délibération d’urgence de l’Onu pour obtenir « un cessez-le-feu immédiat et un retrait de toutes les troupes étrangères d’Ukraine ». Bien sûr, il suppose que des bataillons américains ou polonais sont tapis dans les fourrés pour envenimer les choses. On ne se refait pas à si bref délai ! L'affaire restera dans les nuées diplomatiques et ça lui conviendrait plutôt (clac).

Eric Zemmour
Eclairé au gaz russe, Eric Zemmour proclame sa condamnation d'usage de l'invasion tout en adoptant les revendications du Kremlin qui la justifient. Il avait montré le bout de l'oreille lors de la reconnaissance des deux Etats croupions du Donbass (clic) ; il y va carrément aujourd'hui en réclamant de faire droit aux demandes russes dans le cadre d'une conférence internationale sur la sécurité en Europe. Il sort en même temps du commandement intégré de l'OTAN, au moment où nos faiblesses militaires justifient plus que jamais une défense en coalition. Définitivement, un rat de bibliothèque n'a pas la carrure de l'emploi, même s'il y a plus mauvais encore et moins excusable : François Fillon est sur la même ligne, à 180 degrés, la thune est en péril, on aura tout compris.

Valérie Pécresse, comme à son habitude, se paie de mots et critique la forme. En fait, sur le fond, elle ne sait pas quoi faire, mais condamne fermement et exige des réactions fortes. Lesquelles ? Bien en peine de les trouver au fond du crâne, elle n'a pas bossé le sujet. Limites de la technocratie !

Yannick Jadot, Chritiane Taubira, Anne Hidalgo condamnent la déclaration de guerre sans arrière-pensées, Jadot demandant même de soutenir l'Ukraine par l'envoi d'armement. La sphère communiste (NPA, LO et PCF) condamne du bout des lèvres et partage les responsabilités par la formule Ni OTAN, Ni Poutine, on s'en serait douté.

Entretemps, les sanctions prises par le camp occidental ne sont pas minces et les perroquets qui proclament qu'elles ont toujours prouvé leur inefficacité n'ont pas bien lu ou compris le discours de Joe Biden ce soir : un trillion quatre cents milliards de dollars d'actifs russes aux Etats-Unis ne leur parlent pas ! Les Occidentaux - je n'ai pas le détail des sanctions européennes - gardent comme dernière cartouche l'expulsion des banques russes de la chambre de compensation SWIFT qui flinguera complètement le commerce russe, pour le cas où le Kremlin ferait assassiner le président Zélensky que Poutine, tout à sa haine de qui n'est pas lui, méprise souverainement ; jusqu'à le faire liquider par ses spetnatz au prétexte qu'il leur aurait tiré dessus par exemple quand ils sont venus l'arrêter au siège de la présidence à Kyiv. Un peu comme on le fit d'Allende au Chili. On commençait à s'emmerder.

lundi 31 janvier 2022

L'heure de la "chouette"

L'affaire était annoncée à grand tapage, qui ne fut pas soutenu, aussi longtemps que l'actualité n'offre mieux, plus clivant, divisif, scandaleux. L'alarme et le scandale sont les deux mamelles de l'info en continu qui ne vit que d'audience. Demain ce sera le satyre assassin Lelandais !

Ainsi le jacassement insupportable de la pie Taubira parvint-il à couvrir dimanche le frou-frou des suavités sucrées de l'arrivée de Marion Maréchal dans la campagne présidentielle. "Back to the trees !" a-t-on envie de crier à la sorcière vaudoue, qu'on puisse entendre enfin les propos rassurants de l'égérie blonde des conservateurs totaux. Parce qu'on l'écoute, elle, contrairement à Valérie Pécresse que le téléspectateur zappe ! Parce que son charme dont elle sait si bien jouer avec sa coqueterie dans l'œil, est ce qui manque à Eric Zemmour pour éloigner la peur qui plane sur son programme radical quand il s'adresse à la droite classique et cocue d'avance.

Marion Maréchal

Que Marion Maréchal ne soutienne pas sa tante n'est un scoop pour personne, sauf pour le fond de panier des puceaux de l'école de journalisme, puisque les deux Le Pen ont rompu il y a cinq ans maintenant et que la fille du Pirate a procédé à des purges staliniennes au sein de son parti renommé RN, afin d'éliminer la concurrence de l'altière beauté au parler clair. Marion Maréchal ne "lâche" pas Marine Le Pen puisqu'elle ne l'a jamais "tenue". Elle a néanmoins un agenda.

Le projet de sa vie est un four ! Il n'a pas suffi d'un hall d'entrée très réussi, de communiquer abondamment et dans l'emphase sur les cursus de l'ISSEP à Lyon, pour que la nouvelle ENA prenne ses marques, obtienne la reconnaissance d'un diplôme et soit submergée de candidats-étudiants. Avec un effectif de cours de sténodactylographie, quelques profs de droite et un cycle de séminaires, la fusée du tradi-conservatisme français s'est crashée. Qui ne risque rien... bien sûr ! On devine ensuite que l'un des esprits les plus déliés de la classe politique française, savourant d'avance l'averse d'applaudissements à son discours de tribune, ne pouvait pas se reconvertir dans le mannequinat, quoique ! Elle aime la politique plus que les sciences politiques, c'est de famille. Arrivent en juin prochain les élections législatives, et il lui faut trouver chaussure à son pied dans une investiture jouable. Le nouveau parti Reconquête est le vecteur idoine sur cette trajectoire électorale. D'autant qu'Eric Zemmour fut un temps son mentor et qu'ils s'entendent bien en ville. Certes, elle ne dira jamais que Tonton Léon n'a aucune chance d'accéder au second tour, malgré le renfort de vieilles carnes attirées par la lumière médiatique, d'autant qu'il est probable qu'il ne le croit pas lui-même - il est trop intelligent - mais pour agréger la masse critique nécessaire à sa candidature à la députation elle se doit de faire semblant et de chanter avec les autres : "Elle est des nôtres, elle a bu son verre comme les autres !".

Marion Maréchal

Deux réflexions gratuites : l'arrivée de Marion Maréchal chez Reconquista n'aura qu'un effet booster limité, puisque ses supporters ont déjà décidé de voter Zemmour. Par contre le problème se pose au Rassemblement national : Marion Maréchal a gardé des partisans au sein du parti Le Pen qui pourraient trahir par sympathie, sinon par arrivisme. Il faut dire que beaucoup de cadres RN, et pas que les maréchalistes, regrettent qu'un discours mieux articulé, plus intellectuel et plus résilient sur une ligne de droite décomplexée, ne soit pas porté par leur candidate. Il y a des gens qui savent parler et débattre comme Jordan Bardella ou Nicolas Bay, mais il en faudrait bien plus pour déborder des bataillons "ras-le-front" vers ceux de la classe moyenne inférieure en quête de réformes (les gilets jaunes des ronds-points). Marion Maréchal parle à ces gens-là et dans le même mouvement à la fachosphère dont elle coche toutes les cases ! Bruno Mégret anticipe l'émiettement du parti, mais vu ce qu'il y a subi, on ne peut entièrement faire confiance en son jugement. Je ne sais ce qu'en pense le petit télégraphiste Ménard qui ne cesse de s'agiter dans l'imploration d'une réunion de gens qui se détestent. Se sent-il une vocation de sous-maîtresse au One-Two-Two de la droite forte organisant une partie carrée ? Ce type m'horripile. Carrément, mais son heure est passée, les candidats n'ont rien à foutre du petit maire de Béziers qui se croit un destin national. Bon ! On va de nouveau entendre Marion Maréchal, et c'est déjà l'effet kiss-cool.

lundi 6 décembre 2021

Zemmour aux Ecuries d'Augias

Le meeting de Villepinte fut un succès technique et politique pour le candidat Zemmour, y compris la râclée donnée aux agitateurs de la gauche encore active venus mettre le binz pour faire des images à colporter ! Le bretteur des plateaux est devenu un candidat présidentiable et un tribun, au costard coupé grand certes, mais c'est la loi du genre. Deux choses aujourd'hui, le défi, le programme.

En cas de victoire, le défi du président Zemmour sera d'affronter l'Etat de gauche. Depuis le gouvernement provisoire de 1945, la Gauche a investi l'Education nationale, les universités, plus généralement la fonction publique au niveau des cadres A et le service public d'émission. On entendra parler de troisième tour en boucle, la Gauche n'acceptant de victoires que les siennes. Que le peuple - ce fantôme, aurait dit Proudhon - choisisse son maître à droite qu'il ne sera déjà plus le peuple. Pour la Gauche, le "peuple souverain" est toujours celui qui défile de la Bastille à la Nation. Et ne parlons pas des ligues anti-fachistes qui naîtront du premier tour de l'élection présidentielle si Zemmour vire en second ou en tête. On a vu en 2002 se lever le rideau de fer contre Jean-Marie Le Pen. La "guerre civile" dont certains parlent tout le temps n'est-elle pas celle qu'ils aimeraient provoquer, si bien sûr d'autres qu'eux-mêmes se chargent d'y combattre.

Pour arriver jusque-là, il faudra aussi vaincre l'Etat profond qui va se mettre en branle aussi vite que monteront les sondages en faveur d'Eric Zemmour. Et les coups de ce bord ne peuvent être rendus, on le sait depuis l'accident de moto. La liberté d'opinion qui sévit dans notre petite Union soviétique nous interdit de développer. Du programme qui émerge lentement, rien ne me choque, mais il y manque le Guantanamo chiottien à la française. On peut en discuter sans tabou. Un exemple : le royaume de Danemark, peuplé de seulement cinq millions trois cent mille Danes, est plus sensible à la submersion démographique que d'autres. Il a parqué depuis 2018 les migrants indésirables et autres étrangers douteux sur l'île de Lindholm (source) en attendant leur expulsion. A noter en passant que c'est la reine elle-même qui, dans un discours remarqué en Europe et à Bruxelles plus encore, avait demandé en 2016 au gouvernement de durcir les conditions d'accès au royaume, et aux immigrés acceptés de se fondre dans la masse s'ils voulaient rester au pays (source).

Eric Zemmour

Le seul point de divergence entre Royal-Artillerie et M. Zemmour, mais il s'en remettra, est le retrait du commandement intégré de l'OTAN. Nous ne revenons pas sur l'intérêt d'en être, Sarkozy l'avait bien vu et ce blogue en a déjà parlé, mais sur la posture corne-cul gaullienne d'en être sans y être. En 1966, au motif d'une indépendance diplomatique et militaire adossée à la bombe atomique française, le président Charles de Gaulle sortit du commandement intégré, et la France paya le déménagement des forces atlantiques déployées sur son territoire (sauf pour trois agences industrielles où elle trouvait son avantage). Mais de préciser aussitôt que nous restions de fidèles alliés dans l'Alliance atlantique, dont l'article 5 est la cheville ouvrière. Supercherie gaullienne de plus ! Les accords Ailleret-Lemnitzer retiraient déjà nos troupes du front de Bohème. Nos partenaires occidentaux n'ont jamais accepté cette participation à la carte, un pied dedans, un pied dehors, d'autant que l'espace géographique français renationalisé diminuait considérablement les arrières du théâtre d'opérations. Tous les exercices OTAN postérieurs à cette décision furent dédoublés pour tenir compte de l'hypothèque du « French Denial », ce qui signifiait à tous que l'allié n'en était pas un, à quelqu'article du pacte qu'on se réfère. Et les dirigeants français ont accepté dans tous les exercices OTAN les deux hypothèses, signifiant s'il en était besoin, qu'ils ne viendraient pas automatiquement dans un conflit eu Europe occidentale. Cette félonie est encore présente dans les esprits anglo-saxons qui ont vécu cette époque.

Depuis 1966, l'OTAN a beaucoup changé, et depuis 2003 les Etats-Unis ne convoquent plus leurs alliés. Les pays guerriers sont désormais en Europe orientale et la profondeur de champ française est moins importante même si elle compte. On se battra sur la Baltique au lieu de reculer derrière l'Elbe. Il n'est pas sûr que les alliés acceptent à nouveau notre retrait du commandement intégré de concert avec la réassurance de notre implication dans l'Alliance. Beaucoup de pays pouraient exiger qu'on nous foute dehors carrément pour ne pas compliquer plus encore la stratégie européenne. Et nous serions seuls ! Complètement seuls. Je ne sais jusqu'où Eric Zemmour a creusé la question atlantique ou s'il a seulement repris une posture gaullienne qui lui fabrique l'image de l'homme de Londres. Il faudra cependant qu'il comprenne que le retrait du SHAPE ne sera pas une décision ponctuelle mais l'allumage d'une mèche lente qui va courir très loin, depuis nos usines d'armement jusqu'à nos outremers sans doute. Surtout s'il y ajoute des grâces envers le pouvoir poutinien et une certaine compréhension de la famille Assad. Il aura créé dix fois plus de problèmes avec ce retrait qu'il n'avait d'avantages à en retirer. Résumons-nous, soit nous discutons avec l'administration Biden-Harris d'un meilleur réglage de l'intégration militaire (avec les collatéraux de l'industrie stratégique européenne), comme le font Macron, Le Drian et Parly, soit nous coupons le cordon et essayons de survivre à notre isolement... en doublant le budget de la défense nationale par transfert de crédits sociaux. Vais-je adresser l'argument au directeur de campagne ?

Brisons là. A Villepinte hier, le portrait de Macron était saisissant de cruauté mais assez fidèle. Nous nous autorisons à le replacer en conclusion, au prononcé sans les effets de manche :

« En 2022 ce n'est pas seulement la personne d'Emmanuel Macron que nous allons vaincre, mais mieux, son idéologie, ce système dont il est le porte-drapeau, le porte-parole et l'exécutant. La personne Emmanuel Macron ne nous intéresse pas parce qu’elle est fondamentalement inintéressante. Trouvez-moi un seul Français qui puisse expliquer la pensée d’Emmanuel Macron. Un seul ! Il n’y en a aucun, pas même lui. Personne ne sait qui il est parce qu’il est personne. Derrière le masque de la parfaite intelligence technocratique, derrière la montagne d'idées superficielles, derrière les slogans contradictoires, derrière le "en-même-temps" synonyme de désordre et le "quoiqu'il-en-coûte" synonyme de ruine, il n'y a personne, il n'y a rien ! Macron a vidé de leur substance notre économie, notre identité, notre culture, notre liberté, notre énergie, nos espoirs, nos existences, il a tout vidé parce qu'il est à lui tout seul le grand vide, le gouffre. En 2017 la France a élu le néant et elle est tombée dedans. Mes amis, il est temps de sortir notre pays et notre peuple de ce puits sans fond. Nous laisserons dans sa vitrine ce mannequin de plastique, cet automate qui erre dans un labyrinthe de miroirs, ce masque sans visage qui défigure le nôtre. Nous laisserons cet adolescent se chercher éternellement. Oui, laissons-le, avec son obsession pour lui-même.»


A partir de maintenant, le candidat Zemmour doit observer attentivement la couleur des feux de trafic avant de s'engager sur un passage-piétons. Notons que la course à l'audience a fait retransmettre tout le discours de Villepinte sur les chaînes d'info en continu. Pareillement pour Mélenchon à la Défense qui le précédait. En feront-ils autant pour le meeting d'Anne Hidalgo le 12 décembre à Perpignan ? Ne pas se moquer !


[1989°]

lundi 29 novembre 2021

Le doigt de Zemmour

Poires d'Honoré Daumier
Petite fatigue dans la campagne zemmourienne qui se vautre à Marseille par la faute d'une opposition frontale à un discours imprécatoire contre l'islam, les renoi et les rebeu. Marseille ! Il n'a rien lu sur Marseille, ce con ce fada ? Il fallait envoyer quelqu'un avant, qui aurait fait un petit reportage depuis les escaliers de Saint-Charles vers la Porte d'Aix en direction du Panier via les Carmes. C'est juste cool, un peu crasseux mais finalement cool, le jour, pour un mec, sans attaché-case, ni Rolex, ni RayBan miroir. Salam ! Finalement, il dut affronter ce que tout candidat politique rencontre, des mécontents, voire des agitateurs malveillants. Ça se traite !

Les chaînes en continu étaient aux cent coups, le week-end était plat, venté, gris, pluvieux et on avait tout entendu déjà de partout quand, faute de tempête ou de crue décennale, on a eu le doigt de Zemmour et la bite à Hulot ! Sauvé ! Les rédactions étaient sauvées. Les "grands magazines" que je ne regarde jamais avaient quelque chose à mettre en bouche des grands fellateurs du PAF. Mais revenons aux classiques.

Ainsi donc, à l'insu de tous, même la nomenklatura verte se tape les stagiaires comme un vulgaire président des Etats-Unis. "Il est à gauche l'obsédé ?" me crie de la cour ma concierge qui verse un seau de lessive au pluvial (c'est interdit). C'est fou ce que les gens comprennent vite qu'il suffit d'en être pour avoir libre pratique du chibre. Que Pascale Mitterrand ait été déboutée en 2008 et 2018 au principe de prescription ne purgeait pas le casier moral de monsieur Hulot, particulièrement chargé au sein du microcosme médiatico-mondain. Pour que Jean-Michel Aphatie s'en mêle, c'est qu'il y avait du matériau pour son livre ! Hulot, le préféré des Français depuis la mort de l'abbé Pierre, disposait à ce titre du totem d'immunité ouvrant wide shut l'omerta médiatique jusqu'à ce qu'un des leurs, en recherche de scoop, sorte le linge taché de foutre de la panière. Comme le fit avant lui Olivier Duhamel qui démissionna de tous ses postes de mandarin dans l'heure, le Vert galant jusqu'à la garde a quitté prestement toutes fonctions appelant du public au motif bien connu de protéger sa famille. La prescription semblant sûre, je conseille à M. Hulot, qui a du bien garé à gauche, d'embarquer sa famille pour les Bahamas et d'y rester. Le seul problème est que le vaisseau Jadot vient de se prendre une torpille par tribord arrière en plein dans la salle des machines ; déjà qu'il ramait à 7%, la suite va devenir compliquée.

Le pitre compilateur savant pour sa part ne risque rien. Un doigt "bien profond" contre un doigt muet ne lui enlèvera aucun lecteur et peu d'électeurs. Pas plus qu'il n'en gagnera ! Il a jusqu'à dimanche prochain pour briller au milieu de ses groupies, jusqu'à la certification du candidat officiel de la droite bourgeoise. Après quoi sa popularité devrait s'effriter lentement par lassitude des gens autant que par défaut de toise. Candidat déclaré (cette semaine), il entre au champ clos* où tous les coups sont donnés quand bien même ils ne seraient permis. Par amitié pour certains de nos lecteurs qui ont donné la pièce pour aller l'entendre vendre ses idées adossées à une histoire reconstruite et tordue en tous sens, je ne donnerai pas les défauts de la cuirasse, mais si je les ai vus, d'autres s'y affairent sans doute. Zemmour va dérouiller, et il est seul sur scène, même si le back-office est apparemment staffé.
* relire Brantôme


Chacun peut avoir de bonnes idées - nous sommes en France, un pays intelligent - d'aucuns peuvent croire qu'ils en ont de meilleures, mais ici, l'habit fait le moine et la façon de les exprimer compte beaucoup. Fébrilité, entêtement, fabrications, insultes ne font pas bon ménage dans l'isoloir. Mon grand-père me racontait l'étonnement du général de Castelnau, le capucin botté, aux piètres résultats électoraux qu'il avait reçus comme une gifle, après avoir fait la tournée de toutes les salles des fêtes et cinémas de l'Aveyron, pleins à craquer, applaudissant debout. Dans l'isoloir, chacun avait préservé ses intérêts particuliers quand ils n'avaient pas répondus à des promesses personnelles sur l'empiètement du chemin communal ou le branchement du hameau aux égouts. Il eut du mal à accepter qu'il avait pris le melon, ce qui chez lui avait ouvert la vanne des outrances par lesquelles il traitait de haut tout contradicteur. S'ils en rient comme tout bon public, les paysans n'aiment pas ça. Ça leur rappelle la morgue des grands propriétaires fonciers qui tranchent et coupent sur leurs parcelles sans égards pour leurs voisins. Eric Zemmour aurait besoin de soutiens actifs. Ses outrances les repoussent. Ça lui sera fatal. Désolé !

[1983°]

mercredi 3 novembre 2021

Zemmour, au risque de fatiguer !

Eric Zemmour

Que la journée se passe avec ou sans... monsieur Zemmour, les chaînes d'infos en continu matraquent l'auditeur, à croire qu'il est une pépite médiatique comme on n'en faisait plus. Et la question légitime est de savoir s'il va se brûler aux feux de la rampe comme beaucoup l'ont vécu, sans rouler à moto. Certes il n'a pas suscité (encore) l'engouement du général Boulanger et sa bonne amie est en parfaite santé. D'aucuns mal intentionnés ont ressorti hier la formule du "plafond de verre" qui est la limite atteinte au rallye des gogos. Va-t-il fatiguer l'électorat ? La presse se retournera immanquablement quand les courbes de vente fléchiront et on la sait plus puissante dans la haine que dans l'hystérie, ridicule hystérie des petits animateurs de plateaux qui se prennent pour Larry King en faisant du Guy Lux.

A moins que les gnomes en soupentes n'ait inventé la vraie croix ! Sur laquelle ils voudront clouer le bon larron qui fera passer Jupiter au second tour de la présidentielle ! Car il leur rend plutôt service, monsieur Zemmour. Il a dîné, monsieur Zemmour. Il a plu. Il a détruit la menace MLP en abaissant de 25 à 15% le seuil pour revenir en deuxième semaine, et si par chance ou bonheur, c'est selon, il affrontait le sémillant Macron dans le débat du siècle, la lutte serait inégale, à moins de rejouer la pièce dans les tours de Notre-Dame. Ne soyons pas trop dur. Il est peu de pays ayant vu arriver une gargouille au faite de l'Etat. La Chine populaire peut-être, un poussah avec Deng Xiaoping ? Mais le pavois du Petit Timonier était porté à bout de bras par des millions de cadres communistes ! M. Zemmour a incontestablement de l'épaisseur et n'est pas seul (feuilleter Le Radicalisé d'Etienne Girard, petit dans son slip, de la veine Paris-Match, qui dénigre Sarah Knafo); mais les fabriques partisanes ont l'habitude de cheniller les outsiders, aussi vite qu'ils puissent courir.

Nous ne viendrons pas au fonds ce matin. Parce que toute analyse des chances d'Eric Zemmour est prématurée tant que le champion de la droite et du centre ne sera pas désigné par ses colleurs d'affiches. A partir du 4 décembre, le quadrille des lanciers sera en place. Tous les autres n'auront de souci plus gros que celui de faire cinq pour cent pour rentrer dans leurs frais. Evidemment ce sera la tuerie dans l'arène ! Plus encore s'il s'agit de sous.
  • Emmanuel Macron
  • Marine Le Pen
  • Michel Barnier
  • Eric Zemmour
c'est l'image qui flotte dans la boule de cristal de Royal-Artillerie, attention, en misant sur une révélation de Barnier lors du prochain débat télévisé LCI du 8 novembre pour le congrès LR, lequel apparatchik convaincrait les militants indécis de choisir l'Endive de Savoie de préférence au Chicon picard.

Et tout ça s'écrit sans avoir lu le programme d'Eric Zemmour qui n'existe pour l'instant qu'au sein du conseil de campagne. C'est un secret. Mettre les promesses économiques et sociétales jouables, en apparence au moins, en accord avec les principes gaulliens de l'histoire reconstruite, est plus difficile que de faire jaillir le lapin du chapeau. Ce diable de démon est enkysté dans les détails ! On comprend que ça puisse traîner encore un peu. Entretemps, nous vous passons le programme de Jean Lassalle. Non qu'il puisse troubler l'eau du marigot présidentiel, mais ses positions parfois bruyantes peuvent infléchir le programme des autres. Le sien par ici. Sa lettre aux élus mérite votre attention. La voici (les soulignements sont le tout de mon cru):


Jean Lassalle
Chers maires, chers élus,

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance mon intention d’être de nouveau candidat à l’élection présidentielle de 2022.
Comme vous le savez j’ai été maire de Lourdios-Ichère, dans les Pyrénées-Atlantiques, pendant quarante ans. En notre qualité de maires, et compte tenu des responsabilités que nous assumons dans un quotidien chaque jour plus difficile, nous sommes mieux placés que quiconque pour connaître la situation préoccupante de notre pays.
Depuis une trentaine d’années, un brutal changement de monde nous a pris au dépourvu. Nous avons perdu nos repères et notre pouvoir au nom du peuple souverain. Une fois encore nous n’avons pas su éviter le piège de l’hégémonie financière. Une terrible et profonde crise accable notre pays, suscitant le repli sur soi et générant une angoisse qui défait jour après jour nos liens sociaux, parfois jusqu’à l’intime.
Le déferlement de lois insensées a transformé en champ de ruines l’organisation politique et territoriale de notre pays. Il a distendu le lien entre le peuple et ses représentants. J’ai pu en prendre la mesure tout au long des six mille kilomètres parcourus lors de mon tour de France à pied, pendant neuf mois. Ces mots résonnent encore dans ma tête : « Nous avons perdu l’instituteur, le curé, le percepteur, le postier, le gendarme, le médecin, la maternité et même l’hôpital. Laissez-nous au moins le maire ! A qui ferons-nous appel demain dans ce désert politique et institutionnel ? ». Maires de villes, de banlieues et d’immenses campagnes, vous représentez aux yeux de nos concitoyens les plus de trente-cinq mille sentinelles encore debout, et l’ultime socle de stabilité de notre pays : la République et la Commune.
Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur ce que l’on peut attendre de la prochaine élection présidentielle et de son influence sur le cours de notre destinée. Lors de mon tour de France, avec les Cahiers de l’Espoir, j’ai pu mesurer combien nos compatriotes aspirent à être écoutés. J’ai aussi constaté la force et la richesse de leurs propositions lorsqu’ils sont sollicités.
Je suis convaincu qu’un nouveau dessein est possible, et qu’il s’impose à notre grand et beau pays. Notre temps exige plus que jamais notre capacité à rassurer, réconcilier et intégrer. Notre pays n’est jamais aussi fort que lorsqu’il est rassemblé et organisé autour des symboles forts qui l’ont fondé. Il nous faut reconstruire un État au service de nos compatriotes et redonner à l’espace public le pouvoir financier dont il ne dispose plus. La crise sanitaire que nous vivons depuis plusieurs mois nous a convaincu de l’impérieuse nécessité de refonder notre système de santé, et plus largement de repenser notre modèle de société.
Nous devons relancer la recherche, adopter et développer l’énergie solaire et celle de la mer. Notre pays, par sa configuration et son histoire, est un des mieux pourvus au monde en potentiel sur ces deux sources entièrement renouvelables. L’un des grands enjeux est de cesser de discourir à l’infini mais de prendre enfin dans ce domaine-là des décisions qui s’imposent et de se mettre au travail. Nous devons réapprendre à gérer en bien commun nos précieux territoires et nos merveilleuses cités.

Pour répondre à cette ambition de refondation et de régénération de la République, de sa démocratie au service de notre grand peuple, votre parrainage m’est nécessaire. Avec votre aide, je pourrai porter ce projet partagé, ce nouveau contrat social pour notre pays. Le parrainage d’une candidature est un acte républicain pour permettre le pluralisme des idées, pour faire vivre la démocratie. Il n’engage nullement le maire dans un quelconque soutien du candidat.
Pour parrainer ma candidature etc...
J.L.

jeudi 28 octobre 2021

Neuf défis pour la présidentielle

Deux lecteurs qui se reconnaîtront et que je remercie de leur assiduité m'ont demandé d'expliciter la séquence de défis que nous devons absolument affronter dans le futur et qui firent l'objet d'un paragraphe dans le billet "Notre bel avenir" du 9 octobre dernier :


Extrait :
Dérèglement climatique grave⓵, crise énergétique planétaire⓶, mise en tension géopolitique du monde entier⓷, migrations climatiques ou d'épuration⓸, endettement tragique de presque tous les pays⓹ (les prêteurs ne mourront pas tous) et plus spécifiquement : défi de la recherche quantique appliquée⓺ (un 1984 puissance 10), polémologie spatiale⓻, contrôle social planétaire⓼, guerre cybernétique⓽… Sur tout cela je n’entends rien d’Eric Zemmour. Ces sujets n’affectent pas les sondages ; serait-ce donc ça ? Sans doute y viendra-t-il plus tard… ou pas !
[fin de l'extrait]

autoroutes sélènes

➊ Dérèglement climatique grave

La COP26 de Glasgow sera l'occasion de renouveler la charge de terreur nécessaire à mouvoir les exécutifs et les parlements pour freiner le train de la catastrophe climatique jusqu'à l'arrêt peut-être, avant que l'espèce humaine ne s'approche de la sixième Extinction. Ce n'est pas une blague. Et ceux qui incantent pour la protection de la planète se fourvoient, la planète s'en sortira toujours, et plus probablement sans nous ! C'est de la perpétuation de l'homme sur terre qu'il s'agit. C'est suffisamment grave pour ouvrir un chapitre dédié à la crise climatique dans tout programme électoral au niveau de la présidence, a minima pour montrer à la population que le candidat a compris l'enjeu, accepte les résultats des projections du GIEC, a phosphoré sur l'application des mesures nationales participant de la lutte. Nous attendons M. Zemmour, mais pas que lui.

➋ Crise énergétique planétaire

Elle est corrélée au défi précédent mais elle a aussi sa propre synergie. La dispute est bruyante pour le choix des émetteurs d'énergie nécessaire à notre vie économique et il serait avisé de s'éloigner le plus loin possible des sources d'entraves et affrontements stratégiques que sont les minerais et les hydrocarbures que nous ne possédons plus. Si la mondialisation n'est pas l'enfer décrit par les attardés, elle exige une gestion fine et volontaire bien différente de la politique du chien crevé au fil de l'eau pratiquée par l'équipe au pouvoir. En résumé, nous trouverons notre meilleur intérêt dans la production domestique d'énergie dans un faisceau d'émetteurs diversifiés allant du réacteur nucléaire (fission, fusion) au barrage hydroélectrique, les mini-centrales au fil de l'eau, l'éolien ou le solaire en zone aride, les digesteurs de biomasse et l'hydrogène sans reformage de gaz naturel fossile. RTE nous confirme que "sans le nucléaire, nous n'avons aucune chance d'atteindre nos objectifs de neutralité carbone tout en sécurisant notre approvisionnement d'électricité". En liant ces deux premiers chapitres on soulève obligatoirement la question du niveau de consommation d'énergie, et les courbes projetées nous demandent d'anticiper une certaine frugalité dans nos usages énergétiques. Le point n'est pas traité par les candidats parce qu'il est contre-productif dans la gestion du Nombre (des électeurs).

➌ Mise en tension géopolitique du monde entier

Aucun dessin n'est utile. Chacun voit. A la limite, relire "Puissances en division 1" sur ce blogue et le billet à suivre celui-ci sur la division 2. Le défi est de savoir quelle est notre juste place dans le schmilblick. Prendre assez de place pour protéger nos intérêts, ne pas en prendre trop pour ne pas excéder nos moyens. Jusqu'ici et mis à part quelques vociféracions contre les Australiens, les candidats ne vont pas sur le terrain stratégique. Sans doute les conseilleurs jugent-ils l'effort inutile en termes de voix. Depuis longtemps Royal-Artillerie promeut une fermeté intraitable au plus près des limites de notre zone d'effort, mais sans débordement d'orgueil ou d'arrogance, ce qui est traduit par l'image de la galoche en 45 qui brime notre course si nous chaussons du 41. Mais nous devons pour commencer redevenir sérieux dans tous les domaines en abandonnant cette morgue endémique à la Vè République qui détourne de nous bien des amis excédés. C'est tout le paradigme qu'il faut changer ou réformer. Aux résultats sur ce qui dépend de l'Etat, on a tout faux... c'est donc facile !

➍ Migrations climatiques ou d'épuration

C'est le gros sujet électoral. Tous y viennent.Inutile d'épiloguer, sauf à faire remarquer qu'autant le climat se déréglera, autant les peuples touchés en premier se mettront en marche... à travers le chaos des pays résistants mais toujours menacés par la vision du désordre annoncé et vécu ailleurs. Si les dieux s'en mêlent ce sera le cauchemar !

➎ Endettement tragique de presque tous les pays

C'est un jeu à somme nulle à l'échelle du monde. Mais pas à l'échelle de la seule sphère financière. Les dettes sont dues et leurs intérêts plus encore, qui nourrissent la planète Fric dans des proportions devenues gigantesques, j'allais dire "pornographiques". Il est à prévoir que la pression des prêteurs augmentera sur les pays fragiles pour leur faire rendre gorge avant le big bang de clôture, et qu'en même temps, l'ingénierie financière de l'anglosphère trouvera voies et moyens de transformer les prêts aux pays "riches" en rente perpétuelle de faible taux. En attendant, les pays réputés pauvres dépensent cinq fois plus d'argent à servir la dette qu'ils n'en consacrent à réparer ou éviter les dommages du dérèglement climatique (source); et c'est sans compter les crédits cachés chinois auto-assurés par la capture des infrastructures financées. Le défi est de ne pas tomber dans la mauvaise catégorie ou de ne subir aucun châtiment du marchés des dettes pour payer la lâcheté de cette gabegie spectaculaire dont nous narguons le monde.

➏ Recherche quantique appliquée

Dans le renversement d'alliance australien trois domaines accompagnent la production de sous-marins nucléaires, qui sont en fait l'axe majeur du pacte AUKUS ; ce sont le Quantum, l'intelligence artificielle et la cybernétique. Commençons par l'ordinateur quantique. Pour son fonctionnement, je donne ma langue au chat de Shrödinger. Ce sont des mathématiques au-dessus de mon niveau mais les effets attendus, s'ils sont imparfaitement connus pour l'instant, promettent un accroissement des puissances de calcul tel, que par exemple le cryptage de données deviendra obsolète. Les algorithmes de l'intelligence artificielle seront puissants et accompliront la mission confiée à coup sûr ; enfin la guerre cybernétique changera de dimension pour aborder aux rivages de l'extermination des menaces. Le Quantum pour les nuls, c'est par ici, mais la Wikipedia se défend bien aussi (clic). Naviguez sur Internet si plus d'affinités, il y a matière en ligne.
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➐ Polémologie spatiale

Il n'a échappé à personne que l'état-major de l'Air a créé un Commandement de l'Espace il y a deux ans, dans le but évident de défendre nos réseaux de satellites orbitant autour de la terre. Mais les missions spatiales ne peuvent se limiter à ça. L'armée de l'air chinoise a testé cette année un planeur bombardier hypersonique sub-orbital à capacité atomique, dont la bombe a loupé sa cible de trente kilomètres, dit le Financial Times repris par Le Point. Mais l'engin a fait le tour du globe, quand même ! Les Etats-Unis conçoivent en ce moment des "autoroutes" spatiales entre la terre et la lune sur lesquelles orbiteront des stations de recharge et d'entretien pour les navettes passant dans le secteur (source). Il est évident qu'un dispositif NASCAR va augmenter le tonnage destiné aux stations lunaires que tout le monde veut construire sur notre astre mort. Ce projet est différent de l'autoroute NASA à péage qui est une réalité (source). Sans tomber dans la science-fiction, on a compris que la lune serait la base de départ (voire un jour d'assemblage) des vaisseaux destinés à la planète Mars. Ces investissements ont déjà besoin d'être défendus. Des chapitres 6 et 7 avez-vous entendu nos candidats parler ?

➑ Contrôle social planétaire

La pandémie de coronavirus chinois et la menace terroriste islamiste ont levé le tabou de la sphère privée inviolable. Des esprits mal tournés me disent dans l'oreillette que la police gaulliste s'était affranchie de toutes précautions déjà ! Ainsi a-t-on mis partout des caméras de surveillance sur la voie publique et les logiciels de reconnaissance faciale font florès, la Chine étant première hors-catégorie en établissant le contrôle social à points comme un permis de se conduire en société et chez soi ! Beaucoup de régimes mal assurés sont tentés d'y recourir mais j'attends avec gourmandise intellectuelle la production du motif imparable qui justifiera en France l'établissement d'un pareil espionnage de la circulation des gens et des mœurs. On phosphore dans les soupentes. Avez-vous entendu nos candidats en parler ? Ah si, le pass sanitaire ! justifiant la vaccination dont la dénonciation d'une atteinte aux libertés individuelles est à côté de la plaque !

➒ Guerre cybernétique

Ce n'est pas une blague. Les preuves irréfutables existent que trois pays au moins utilisent la cybernétique pour dévier, entraver ou détruire des capacités énergétiques, industrielles ou financières. Elles inondent aussi les réseaux sociaux d'alarmes, scandales, peurs destinés à faire réagir les gens connectés dans un sens voulu. Ces pays, mais il y en a d'autres certainement, sont pour l'instant la Russie, la Chine et Israël. Les usines à trolls des deux premiers sont identifiées en permanence par le renseignement occidental et il est probable qu'en cas de guerre ouverte ces sites seraient les premiers vitrifiés. A ma connaissance, aucune attaque de pirates informatiques provenant des Etats-Unis n'a été à ce jour documentée même si les procédures offensives y sont parfaitement connues et prêtes à l'emploi. Comment la France se défend-elle contre les cyberattaques ? A-t-elle les moyens de contre-attaquer ? Avez-vous entendu nos candidats se poser la question ?

Voili, voilou, c'est tout pour aujourd'hui.
A l'occasion d'un tractage ou d'un meeting, demandez-leur ce qu'ils en pensent.

samedi 9 octobre 2021

Notre bel avenir

Z
"Z" en tamazight

La campagne présidentielle prend des tours plus vite que prévu. A l'exception des Républicains mous, tous les partis se rangent en ordre de bataille et cherchent déjà à capter l'attention des électeurs, les yeux rivés sur les sondages quotidiens des instituts. Pour le moment, ce sont des individualités qui se pressent sur les plateaux de télévision et la dispute des mesures électoralistes va s'ouvrir : "mon programme est plus vendeur que le tien". C'est Anne Hidalgo, égérie et candidate du PS - ils avaient mieux en chute de rein que Lady Ratatouille ! - qui a ouvert les hostilités avec le doublement du traitement des profs. L'ont suivi des suceurs de roue comme X. Bertrand et V. Pécresse avec des SMIC revalorisés à 1500€ nets, sinon augmentation de 10% pour tout le monde, trains et savon à barbe gratuits, six EPR, le bonheur quoi, et pas que dans le pré ! Au surgissement de Zemmour-Philippulus, tous ou presque se sont engouffrés dans le grand remplacement pour appeler le peuple à trancher par référendum contre les étrangers, métèques, melons, rastacouères et autres poldèves voraces en allocations, qui nous ôtent le pain de la bouche en ayant l'incroyable culot de le cuire mieux que nous. Imaginez les programmes en cinquante ou cent points qui ne sont pas encore écrits !!! Sauf peut-être celui d'Edouard Philippe, mais c'est pour juin 2022 et pas avril 2022. La tête me tourne déjà, la fatigue démocratique commence à se faire sentir rien qu'à l'idée du RDC, le rallye des canards, dit on.

Tous ces politiciens, éprouvés ou stagiaires, évitent soigneusement les défis colossaux que nous allons affronter dans la décennie et celles qui la suivent. Qu'auraient-ils à dire de plus qui ne fâche pas et ne pèse pas sur la courbe du sondage ? Jusque ici, tous participent d’une rétrovision vers l’ancien monde avec les éléments de langage usés, les slogans éculés (attention à l'orthographe!) qui firent les succès de jadis : à fond la démagogie, il n'y a que ça qui plaise au peuple des veaux qui le mérite bien. Plus, toujours plus, nos gosses dussent-ils en crever !
Mélenchon refait la révolution de 1848 ; Jadot coincé sur sa gauche par l'hystérie de la déconstruction, essaie de planter sur son programme les pitons capables d'y accrocher la social-démocratie en perdition ; et si on plonge le bras très profond dans la jarre, on peut toucher F. Roussel du Parti communiste (si, si, en France), Montebourg qui termine son stage de troisième en entreprise, Dupont-Aignan, éternel cocu volé au coin du bois par toujours le même et dont le mouvement Debout Les Jeunes a plié bagages pour renforcer le même encore ! En dessous d'eux, collés au fond, les sociétaires de la Revolución o muerte qui mourront dans le lit de la CNAV. Arlette nous manque ! Dans le concert déconnant, une mention spéciale pour Gérard Larcher, vétérinaire réformé carrément lamentable, qui écoute Radio-Kaboul en cachette, pour se venger de qui ?
A l’évidence Eric Zemmour cherche à surplomber ce marais, mais ne me convainc pas. Il est le candidat mono-couloir d'une histoire de France un peu trop arrangée à ses goûts. Si d'aventure le débat s'élèvait au niveau pertinent, les obsessions de Cassandre ne pourraient suffire à emporter la décision :

Dérèglement climatique grave⓵, crise énergétique planétaire⓶, mise en tension géopolitique du monde entier⓷, migrations climatiques ou d'épuration⓸, endettement tragique de presque tous les pays⓹ (les prêteurs ne mourront pas tous) et plus spécifiquement : défi de la recherche quantique appliquée⓺ (un 1984 puissance 10), polémologie spatiale⓻, contrôle social planétaire⓼, guerre cybernétique⓽… Sur tout cela je n’entends rien d’Eric Zemmour. Ces sujets n’affectent pas les sondages ; serait-ce donc ça ? Sans doute y viendra-t-il plus tard… ou pas !
Non, je ne vous infligerai pas neufs paragraphes développés sur notre avenir sans futur, mais on peut utiliser les chiffres pour rédiger un commentaire. Chacun a compris ici que les vrais enjeux ne sont pas abordés par les compétiteurs de l'élection présidentielle. L'élection n'est qu'un rite. A Jupin les grenouilles demandent un roi qui les sauve de la grue actuelle ! Sera-ce un héron ou un saule pleureur ?


Z graffiti

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