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dimanche 12 juillet 2020

Action française, de l'antisémitisme au sionisme, une trajectoire inouïe

Avertissement. Ce 12 juillet on peut commémorer la mort du capitaine Alfred Dreyfus en 1935 ainsi que l'arrêt de cassation du jugement qui le réhabilite un 12 juillet également, en 1906. C'est l'occasion pour le piéton du roi de placer un article longtemps retenu, qui devait répondre aux accusations d'antisémitisme visant régulièrement l'Action française de la haute époque dans le milieu journalistique. Je demande pardon à ceux qui ne soupçonnaient pas cette trajectoire intellectuelle et en seront meurtris dans leur intime conviction de la culpabilité de Dreyfus !

Le chef de bataillon Alfred Dreyfus en 1934


C'est une affaire controversée que l'antisémitisme de l'Action française et on a beaucoup écrit sur le sujet, les tenants de l'antisémitisme d'Etat réfutant laborieusement la thèse de l'antisémitisme pavlovien du premier parti royaliste. Tous les arguments pour et contre existent dans l'océan de la production Action française de la haute époque (1899-1945) mais jamais au même moment. L'antisémitisme instinctif du Chemin de Paradis a muté, il s'est usé par le frottement des personnalités du Tout-Paris parmi lesquelles figuraient autant d'israélites et de convertis qu'aujourd'hui*, jusqu'à devenir une posture comme l'écrivait Bernanos d'Hitler, un type qui avait "déshonoré" l'antisémitisme par sa vulgarité. S'inventa à la fin l'expression précitée d'antisémitisme d'Etat, porte de secours offerte par les quatre Etats confédérés, qui laissait fermée celle de la dénonciation ad hominem du petit juif de la Rue Pavée.

Ce billet n'a évidemment pas l'ambition de clore le débat mais revient sur le laboratoire philosophique maurrassien que décrit si bien Eric Vatré*, pour montrer quelques bases de l'antisémitisme du martégal, et dans une seconde partie, porte témoignage de la persistance de l'effluve malgré un immense repentir déclenché par l'histoire.

Très tôt chez Maurras, tout ce qui touche à l'hébraïsme participe de la barbarie, même si les communautés israélites s'établirent sur le territoire devenu français depuis l'époque romaine et se seraient facilement intégrées ensuite sur tout le midi sans l'ostracisme du clergé catholique alors tout-puissant. Il n'est pas concevable pour Charles Maurras de mettre sur un pied d'égalité les ordres grecs, le monde hébraïque et le classicisme français. Cherchez l'intrus. L'intrus menace, comme il le fait comprendre dans la RAF du 1/2/1908. Sauver l'Occident (déjà !) des périls jaune (Japon), sémitique (l'Internationale juive) et islamique convoque pas moins qu'une croisade, avant d'endiguer le grouillement des contingents noirs qui vont nous assaillir. Au-delà des arcanes bibliques qu'il apprit à l'école des pères, on ne peut comprendre sa répulsion des juifs si on ignore son refus du monothéisme qu'ils incarnent par l'élection. Peuple élu, peuple dominant. Pour Maurras le Dieu unique est une centralisation hégémonique, totalitaire, et comme il le confiait à Gustave Thibon dans les bureaux lyonnais du journal : « N'est-ce pas plus doux de croire aux dieux sans nombre de la mythologie, depuis Apollon, père des arts, ou Vénus, mère de l'amour, jusqu'aux petits lares qui protègent nos foyers ? un Dieu unique, cette centralisation !»

Le monde hébraïque incarne à la perfection le monothéisme et ses travers, d'ailleurs il est à l'origine de tous les monothéismes. Ne dit-on pas que l'islam est né des pactes passés entre les Bédouins et les Juifs de Médine ? Le polythéisme quant à lui signe l'Europe primitive, et l'Eglise du Dieu seul eut fort à faire pour l'assimiler. Elle inventa la communion des saints qui en fut le succédané gagnant, à voir l'usure des pieds de plâtre de leurs statues !

Le jeune Maurras n'y va pas de main morte sur le nouveau testament en parlant des apôtres comme un "convoi de bateleurs, de prophètes, de nécromants, d'agités et d'agitateurs sans patrie" (Anthinea). Jacques Bainville de son côté moquera la maxime "ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fît" comme sortie des vapeurs bitumineuses du Jourdain. Frénésie, communisme, anarchie jalonnent les saintes écritures et c'est bien tout le mérite de l'Eglise romaine d'avoir stérilisé le venin des évangiles et l'imbécilité du sermon de la montagne.

Charles Maurras naît au monde philosophique et littéraire parisien dans la compagnie ou le souvenir récent de grosses pointures antisémites telles qu'Arthur de Gobineau (†1882) qui exalte le génie indo-européen, Ernest Renan (†1892) pour qui le judaïsme n'est que du lest dans le christianisme, Edouard Drumont (†1917), talentueux polémiste viscéralement anti-juif et tant d'autres qui ciblent à chacun son tour les grands israélites de la place et les petits fourreurs aux enseignes imprononçables. Charles Maurras en gardera l'empreinte jusqu'au bout, jusqu'à ce cri de dépit à l'énoncé du verdict de Lyon : « C'est la revanche de Dreyfus !» On comprit alors qu'il n'avait rien digéré de la réhabilitation du capitaine juif, et que l'accumulation des malheurs d'autrui avaient sédimenté jusqu'à masquer le fond. Le cri du 27 janvier 1945 faisait remonter le fond. L'Action française ressortait du procès durablement entravée, marquée au fer pour des générations, jusqu'au risorgimento tenté par Pierre Boutang sur une dialectique complètement différente mais peut-être trop savante pour agréger en masse.

Cette veine antisémite produira à jet continu dans tout le pays jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Elle se tarira à l'ouverture des grilles des camps nazis d'extermination quand le monde saura qu'à prendre les mots à la lettre pouvait conduire finalement à la mort industrialisée d'un peuple pour ce qu'il est. Mais il faut être borgne comme la Gauche actuelle pour ignorer que les partis ouvriers de l'entre-deux-guerres étaient antisémites plus violemment encore que les ligues, ne voyant dans la forge et la banque que la main apatride du juif assoiffé du labeur des humbles.

Si l'antisémitisme, explicite jusqu'à l'injure, disparut des interventions et textes du mouvement royaliste d'après-guerre, quoique les expressions "cosmopolitisme" ou fortune anonyme et vagabonde visassent toujours les mêmes, le mépris du juif et la dénonciation des positions indûment acquises continua sous le manteau de la respectabilité, jusqu'à récemment, quand au quarantième anniversaire de la mort de Xavier Vallat (†1972), Haut-commissaire aux questions juives du régime de Vichy, un clash retentissant déstabilisa l'équipe rédactionnelle du journal L'Action Française 2000 par le départ tempétueux de Michel Fromentoux chez Rivarol, et le lancement d'une sorte d'Action française canal orthodoxe menée par Maître Elie Hatem pour continuer d'exalter le souvenir du maréchal Pétain (si si !).

Mais ceci a moins d'intérêt que l'engouement qui, dans le milieu royaliste, naquit dans les années cinquante pour Israël à l'occasion de sa contribution victorieuse à l'expédition franco-anglaise de Suez (1956), les capacités militaires d'une nation étant une valeur importante au catalogue ! La guerre des Six Jours dix ans plus tard en apportera la confirmation. Cette nation savait se battre ! Elle méritait notre alliance.

Le génie de l'Occident et de la race européenne s'accommodèrent alors fort bien des origines bibliques du Déluge puisque nous devenions raccord avec la légende de Japhet, fils de Noé et frère de Sem (la tige d'où poussera le rameau abramique) et de Cham qui peuplera les pays de la Mer Rouge. On verra sur cet axe des intellectuels comme Pierre Boutang et des chevaliers comme Serge de Beketch. Dans un droit de réponse au mensuel de la Restauration nationale, Le Bien Commun, Olivier Véron dénonce l'antisémitisme rampant d'un rédacteur sous couvert d'antisionisme. Le contre-feu est assez étonnant parce qu'il lie les deux concepts de manière aussi adroite qu'érudite, reprenant l'amalgame officiel du CRIF :

« À quoi bon étudier ou prôner l’histoire, les lettres, la philosophie et même la Politique et prétendre en maintenir le vague prestige parmi les lecteurs perdus de l’Action française si c’est pour leur ôter définitivement le goût ou le flair, avec des remugles d’Égalité et Réconciliation ? »

Vient ensuite la volée de bois vert sur le dos d'Olivier de Lérins que l'on pourra déguster ici. Pour vous la faire courte, mais le texte mérite d'être lu jusqu'au bout, Israël défend sa peau au bout du fusil sur la terre que Dieu lui a donnée avec tous les moyens que réclame la disproportion des forces engagées sur zone, quand les penseurs nationalistes français déclament par monts et salons en conférences qu'il faudra bien un jour gagner le pouvoir par tous moyens même légaux en évitant soigneusement d'en saisir aucun ! C'est vache, mais que dire d'un mouvement échoué sur la grève des hésitations depuis cent vingt ans. Olivier Véron en remet une fine couche vers la fin de son pamphlet :
« Est-ce que vous condamnez moralement la résistance désespérée mais belle menée par Bar Kochba et qui s’acheva dans le carnage des suicides de Massada, en un tragique défi de la liberté à la Rome impériale ? Elle a pourtant servi de précédent aux révoltes "inutiles" du ghetto de Varsovie et de plusieurs camps de concentration nazis, et elle sert encore d’ultime avertissement à tous les soldats israéliens qui jurent "plus jamais ça". Car l’efficacité de cette question pour les défis du XXIe siècle est évidente, mais ce sont les élèves officiers d’Israël qui l’étudient dans le tremblement des écoles de préparation à l’endurance et à l’intelligence bibliques et militaires ». Et de terminer sur les vingt-huit rois d'Israël qui se tiennent debout sur la façade de Notre-Dame de Paris.

Roger Peyrefitte insère dans l'ouvrage cité** plus bas la dialectique fondamentale de notre bel Occident : « Les juifs sont les épices, le grain de sénevé, le ferment indispensable du monde chrétien. Israël nous prouve que le monde chrétien est encore plus indispensable aux juifs pour épanouir leurs qualités »

L'antisémitisme d'Action française est officiellement mort, emporté par l'histoire des scandales monstrueux du XXè siècle, bien qu'il persiste en bruit de fond dans la société française, et maintenant à l'extrême-gauche surtout, en soutien des revendications palestiniennes. Si ce n'est plus un "marqueur" pertinent de la mouvance d'Action française, les rédacteurs qui se réclament de cette école de pensée devraient quand même faire attention à ne pas laisser déteindre une humeur trop vive, voire justifiée, à l'endroit de telle ou telle personnalité de confession ou d'origine juive, parce que la critique comme la banque ne prête qu'aux riches.

Ceux de nos lecteurs qui descendent de camelots du roi connaissent l'antisémitisme transmis dans leurs gènes intellectuels. Il est très difficile de s'en défaire, et des réflexes peuvent trahir inopinément le fond de leurs convictions. Il est un bon remède à cela pour casser la malédiction : se faire un ami juif. Ça marche !


Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite se dessèche ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie ! (psaume 137 des vêpres catholiques)


*Charles Maurras, un itinéraire spirituel (Nouvelles Editions Latines, 1978)
**La meilleure sociologie des juifs de France se trouve dans Les Juifs de Roger Peyrefitte, Flammarion 1965

dimanche 8 juillet 2018

Maurras, les juifs...

Ch. Maurras à l'âge du procès Dreyfus
L'antisémitisme de Charles Maurras n'est pas douteux, n'en déplaise aux besogneux de l'amphigouri. Pour s'en convaincre il suffit de naviguer sur Internet où Google vous renvoie 240 entrées pertinentes pour les deux mots-clés associés (Maurras, antisémitisme). La radiation du livre des commémorations 2018 par la ministre belge de la Culture n'y est pas pour rien non plus ! Ceci étant posé, replaçons ce choix politique dans son contexte sans indulgence pour autant.

La France de Charles Maurras (1868-1952) est antisémite, mais elle l'était depuis longtemps comme bien des pays voisins. Se considérant eux-mêmes "à part", les Juifs furent toujours considérés "à part" par les pouvoirs successifs. Il faudra l'holocauste industriel allemand pour déclencher à leur endroit une réaction positive des sociétés où ils vivaient. Diviser une nation par deux finit par secouer l'intelligence la moins réceptive.

Jusque là, l'antisémitisme de l'Action française était un parti-pris politique (clic), respectable diront certains, parmi eux Bernanos, qui dénonçait Hitler pour avoir « déshonoré » l'antisémitisme. En Afrique du nord (alors française), l'antisémitisme était par contre viscéral, en plus exacerbé par le décret Crémieux de 1870 qui les favorisait outrageusement au dépens des musulmans dont certains avaient combattu dans les régiments de Turcos du Second Empire. Le mépris le céda alors à la haine, comme le montre ce texte orientaliste de 1887 de Guy de Maupassant :

Les Mozabites et les Juifs sont les seuls marchands, les seuls négociants, les seuls êtres industrieux de toute cette partie de l’Afrique.
Dès qu’on avance dans le sud, la race juive se révèle sous un aspect hideux qui fait comprendre la haine féroce de certains peuples contre ces gens, et même les massacres récents. Les Juifs d’Europe, les Juifs d’Alger, les Juifs que nous connaissons, que nous coudoyons chaque jour, nos voisins et nos amis, sont des hommes du monde, instruits, intelligents, souvent charmants. Et nous nous indignons violemment quand nous apprenons que les habitants d’une petite ville inconnue et lointaine ont égorgé et noyé quelques centaines d’enfants d’Israël. Je ne m’étonne plus aujourd’hui ; car nos Juifs ne ressemblent guère aux Juifs de là-bas.
À Bou-Saada, on les voit, accroupis en des tanières immondes, bouffis de graisse, sordides et guettant l’Arabe comme une araignée guette la mouche. Ils l’appellent, essaient de lui prêter cent sous contre un billet qu’il signera. L’homme sait le danger, hésite, ne veut pas. Mais le désir de boire et d’autres désirs encore le tiraillent. Cent sous représentent pour lui tant de jouissances !
Il cède enfin, prend la pièce d’argent, et signe le papier graisseux.
Au bout de trois mois, il devra dix francs, cent francs au bout d’un an, deux cents francs au bout de trois ans. Alors le Juif fait vendre sa terre, s’il en a une, ou sinon, son chameau, son cheval, son bourricot, tout ce qu’il possède enfin.
Les chefs, Caïds, Aghas ou Bach’agas, tombent également dans les griffes de ces rapaces qui sont le fléau, la plaie saignante de notre colonie, le grand obstacle à la civilisation et au bien-être de l’Arabe.
Quand une colonne française va razzier quelque tribu rebelle, une nuée de Juifs la suit, achetant à vil prix le butin qu’ils revendent aux Arabes dès que le corps d’armée s’est éloigné.
Si l’on saisit, par exemple, six mille moutons dans une contrée, que faire de ces bêtes ? Les conduire aux villes ? Elles mourraient en route, car comment les nourrir, les faire boire pendant les deux ou trois cents kilomètres de terre nue qu’on devra traverser ? Et puis, il faudrait, pour emmener et garder un pareil convoi, deux fois plus de troupes que n’en compte la colonne.
Alors les tuer ? Quel massacre et quelle perte ! Et puis les Juifs sont là qui demandent à acheter, à deux francs l’un, des moutons qui en valent vingt. Enfin le trésor gagnera toujours douze mille francs. On les leur cède.
Huit jours plus tard les premiers propriétaires ont repris à trois francs par tête leurs moutons. La vengeance française ne coûte pas cher.
Le Juif est maître de tout le sud de l’Algérie. Il n’est guère d’Arabes, en effet, qui n’aient une dette, car l’Arabe n’aime pas rendre. Il préfère renouveler son billet à cent ou deux cents pour cent. Il se croit toujours sauvé quand il gagne du temps. Il faudrait une loi spéciale pour modifier cette déplorable situation.
Le Juif, d’ailleurs, dans tout le Sud, ne pratique guère que l’usure par tous les moyens aussi déloyaux que possible ; et les véritables commerçants sont les Mozabites. Quand on arrive dans un village quelconque du Sahara, on remarque aussitôt toute une race particulière d’hommes qui se sont emparés des affaires du pays. Eux seuls ont les boutiques ; ils tiennent les marchandises d’Europe et celles de l’industrie locale ; ils sont intelligents, actifs, commerçants dans l’âme. Ce sont les Beni-Mzab ou Mozabites. On les a surnommés les "Juifs du désert".
(Au Soleil, récit d'un voyage en Algérie publié dans Le Gaulois par épisodes, Victor Havard Paris, 1884)

Concernant Charles Maurras, on peut dire à la lecture de ses nombreux pamphlets dans l'Action française, que les suites du combat perdu contre Dreyfus avaient transformé une hystérie lamentable qu'il s'est sans doute reproché sur le tard, en un antisémitisme logique comme le montre la coupure de journal ci-dessous saluant en 1941 le nouveau Commissariat général aux Questions juives (CGQJ) qui va traiter la complexité de leur séparation du reste de la société civile (il faut lire lentement) :

 - Extrait de l'Action française du Mercredi 2 avril 1941 -


Que l'antisémitisme maurrassien soit d'Etat, nul n'en doute, mais il aurait bien été le seul Français à ne pas éprouver également ce racisme social, alors que passé les boulevards des maréchaux, l'immense majorité des gens méprisait les Juifs et leurs spécificités visibles. Il suffit d'avoir connu des contemporains de Maurras pour s'en convaincre. Au triste privilège de l'âge, le Piéton a cet avantage.
Ça ira jusqu'à l'obsession quand on l'entendra s'écrier au verdict du procès de Lyon en 1945 : « C'est la revanche de Dreyfus ». En fait, la vraie revanche était passée par les cheminées du III° Reich en ce qu'elles sanctifiaient par le martyre et pour longtemps les descendants du peuple hébreu et assimilés, mais il ne pouvait déjà plus le comprendre, enfermé dans un système de combat obsolète, incapable de réévaluer un demi-siècle de polémiques lancées par lui-même. Qui l'aurait pu ?

Même si l'esprit de Charles Maurras n'était pas occupé du matin au soir par la question juive, tout ceci entame le crédit de l'œuvre mais ne l'anéantit pas, comme le voudrait la bien-pensance en cour. Des quatre tomes des Œuvres Capitales, un seul est consacré à la politique (le deuxième) et il contient des bases inexpugnables pour l'étude de la physique sociale. Si l'œuvre de Maurras est un océan, l'antisémitisme n'en est que sa mer noire. Il y a tout le reste, qui sans être de la meilleure fraîcheur en 2018, apporte bien des réponses aux défis qu'affronte aujourd'hui notre pays, comme se plairont à le démontrer les orateurs du camp Maxime Real del Sarte à venir. Il serait peut-être temps d'éditer le programme, chers amis !


En conclusion, défendre l'antisémitisme strictement d'Etat de Charles Maurras est contreproductif, une faiblesse dialectique. Il faut en convenir carrément pour désamorcer la mine et passer à autre chose selon le vent du moment. Faire attention quand même aux amalgames douteux, aux financiers cosmopolites, à la banque sans frontières, capital apatride et autres substituts sémantiques qui ne trompent personne mais affaiblissent le débat public et la communication de celui qui le mène. Que l'on déplore ou qu'on minimise l'antisémitisme de Charles Maurras, il nous faut faire avec, car il est bien là. A nous de trouver voies et moyens de le contourner pour accéder à la monarchie raisonnée du nationalisme intégral, dépouillée des scories qui l'encrassent. Il ne peut y avoir d'atermoiements, d'excuses, de coupable compréhension, l'image du Martégal dut-elle en souffrir.
Il faut prendre la crème du meilleur et jeter le reste sauf à vouloir entrer dans le tunnel des études comportementales du racisme ordinaire dans la France profonde de la Belle Epoque... Bon courage et temps perdu pour le futur !


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