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jeudi 16 avril 2020

De la brique élémentaire de notre civilisation, la famille

Le temps pascal, plus que le carême de souffrance, est propice à la méditation, une méditation enjouée. Dans un billet précédent, nous évoquions la légende d'une descendance du Christ pour regretter qu'elle n'ait point existé, et si oui, qu'elle ne se soit jamais manifestée même si les origines davidiques des rois de la première race ont été affirmées par le marquis de La Franquerie. Le beau roman que serait devenu l'Evangile ! Dieu s'est fait homme dans le Fils, dit le codex, pour souffrir et penser comme nous, à la superbe exception du mariage ! Dans son infinie science Jésus-Christ a certes su les difficultés, drames, tragédies ou passions de toutes sortes qui peuvent accompagner cette union fondamentale de l'espèce humaine, mais il ne les a pas connues. C'est en recevant un droit de réponse d'Olivier Véron, directeur des Provinciales, au mensuel Le Bien Commun de la Restauration nationale (on y reviendra) que j'ai découvert cette méditation sur la brique élémentaire de notre civilisation. Le texte, initialement destiné à Politique Magazine nous a été aimablement prêté par monsieur Véron. Dans sa présentation initiale on le trouve en cliquant ici en page 4 du document sous le brûlot Contre un article rétrograde publié par l’Action française.


Le Spirituel est charnel


Né au début des années soixante, dernier d’une famille de filles, j’ai pu tôt mesurer la défection à l’égard des pratiques religieuses puis l’implacable érosion du mariage au sein de la bourgeoisie de province. J’ai reçu en la matière un enseignement précoce, assidu et concordant, consciencieusement dirigé contre un sexe égoïste et brutal, sans aucun sens de la famille et inflexible aux sentiments : le mien.

Comme l’écrira beaucoup plus tard Pierre-André Taguieff : « Il faut reconnaître que le pouvoir hypermoral en place a généreusement offert une possibilité de rédemption au sexe maudit : le mariage homosexuel... La conversion à l’homosexualité devient une porte de salut pour les mâles soucieux d’échapper à la suspicion permanente... Mais cette méthode de salut ne fait pas l’unanimité dans la population, où persistent d’une façon regrettable des préjugés d’un autre âge...1 ». Je ne sais comment j’ai persisté dans une façon aussi peu recommandable et m’entêtais à me marier avec une femme et (lui) faire beaucoup d’enfants, mais lorsque après 1989 je m’insurgeai contre l’affa(d)issement de la société et commençai à vouloir identifier un ennemi et des griefs, je ne trouvai guère que cela qui me parut lourd de graves menaces : « Vous brisez les familles2 ». Par la suite, j’ai continué d’observer les ravages de cette vérité pas si naïve. Source de nombreuses névroses, dommage collatéral ou cible d’une vaste entreprise d’émancipation3, la famille, qui repose entièrement sur l’interdit de l’inceste, donc une forme originelle de chasteté4, est encore aujourd’hui davantage combattue que convoitée. Or c’est une institution fragile qui conditionne l’existence politique d’une nation5. On ne peut pas faire « l’injure aux chrétiens de penser qu’ils ne savent pas ce qu’est la Nativité », a dit Jean-Claude Milner, cependant peu de nos contemporains mesurent l’importance cardinale du mariage, institution légale qui encadre la naissance et lui donne sa portée politique.

Pierre Boutang a repris en métaphysicien et mis en évidence cette vérité maurrassienne qu’il formulait ainsi dès son premier livre, La Politique, la politique considérée comme souci (1948) : « Je nais ici, et non ailleurs, fils d’une famille, héritier d’un nom. Il ne dépend pas de moi que la spiritualité humaine et la civilisation ne se manifestent pas comme un système de volontés mais comme une histoire.» Quant à cette histoire, expliquera-t-il, « il n’est pas en elle de fait qui ne prenne sa profondeur dans un sentiment. C’est l’ensemble de ces sentiments qui constitue le domaine politique proprement dit, l’horizon présent de l’homme6.» L’Évangile certes nous dit : « si vous aimez ceux qui vous aiment, quel salaire aurez-vous ? les percepteurs même n’en font-ils pas autant7 ?» En dépit ou peut-être en raison de leur tendresse naïve, l’incapacité des familles à transmettre les vraies valeurs morales semble avérée. Les philosophes au moins depuis Platon, les religieux, les révolutionnaires et les législateurs ont cherché à établir ailleurs le fondement de leur République idéale. Aimer ses ennemis peut-être ? Encore faut-il savoir comment. Les catholiques ont tenté pendant quelques siècles de sanctuariser le mariage en assénant son irréversibilité, calquée sur la Nouvelle alliance, mais ils avaient inventé d’abord le célibat monastique et sacerdotal, qui semble avoir conduit ou prétendu à une sorte de primauté sur l’acte de chair et son domaine civique, la « primauté du spirituel ». Par la suite les psychanalystes ont découvert dans les tréfonds de la filiation le soi-disant complexe d’Œdipe, mais aussi que le besoin d’absoudre et la confession pouvaient se passer de sacrement8. Dès lors les plaies ont (re)commencé de saigner, les injustices, les vices et les lâchetés sans nombre qui émanent de la famille et du couple légitime, notre première société, sont apparus à tous sans rémission pour avoir engendré des traumatismes dont on ne se libère pas. Quelques nostalgiques n’ont pu éviter le procès sans appel qui a fait du refus de l’autorité du mariage unique et de la naissance (féminisme, jeunisme, islamisme) une règle bizarre, la seule. Les campagnes de scolarisation, le code civil, les divorces, les bourses d’État, le droit du sol, les lois fiscales, les avortements, les brochures des ministères, la pornographie, les réseaux LGBT, les programmes d’études internationaux, le préservatif, le mariage pour tous, les migrations, la procréation assistée, l’euthanasie réalisent le même but : non aider les familles à tenir (pour le meilleur et pour le pire), mais aider les citoyens à s’en émanciper.

Du « familles je vous hais » du pédophile Gide9 au « refus de continuer le monde » de l’antisioniste Genet10, en passant par le philosophe René Schérer dénonçant la mainmise de la famille bourgeoise sur l’enfance par l’interdit de l’inceste11, et le dominicain Marie-Dominique Philippe qui justifiait par « l’amour d’amitié » les abus sexuels dans le clergé, tout était déjà dans Sade12, et couvait puissamment contre l’amour conjugal détesté parce qu’il est la forme légale, triviale et contraignante qui donne à la naissance et aux sentiments qui s’y rapportent leur consistance politique nationale. Pour Sade « l’amour anal » est seul égalitaire, universel et transgressif. Cependant les centaines de procès et les quelques sanctions canoniques qui ont montré l’étrange et scandaleuse incurie de l’Église bien avant Sodoma (où un ancien catholique ayant fait son coming-out s’est rêvé en Jules Isaac pour homosexuels dans l’Église) ne nous ont pas persuadés que le moment était venu de liquider le mariage, au contraire : « Politique d’abord ! » Pourquoi une guerre aussi totale a-t-elle été livrée contre un principe aussi fragile, chétif, depuis l’humiliation tragique de la famille royale13 ? Voilà une vraie question. Celui-ci relève d’un sentiment fugitif de responsabilité qui a besoin d’être soutenu. Je le définirais par l’étonnante propension à rester auprès de la femme empêchée et le souci des enfants. Mais il est plus incertain et pas aussi universel qu’on l’imagine, car la culture gréco-hébraïque qui commence avec le rapt d’Hélène à Troie s’achève peut-être avec le valeureux Albert Cohen et n’a atteint un tel degré de puissance poétique et érotique qu’avec l’ensemble des raffinements culturels liés à ce que l’on appelle l’amour en Occident. Il commence, certes, avec l’instable et surpuissant noyau humain constitué par le désir charnel, mais il se prolonge en dépassant les pièges de la passion, se purifie peut-être par les refus de céder et se transmue en s’usant dans une descendance innombrable, dont le souci lui révèle sa propre nature historique et politique : procréation, éducation, répétition, progrès. La question n’est pas de savoir si l’homme a fait son Dieu à son image, mais d’où vient la force non seulement objective mais affective et symbolique de la paternité et de la filiation, qui provoque des névroses, certes, mais structure en profondeur (pour le meilleur et pour le pire) notre société.

N’est-ce pas d’abord une ruse de la nature qui implante puissamment en chaque individu le désir charnel, avec ce qu’il s’en suit pour proroger l’espèce ? On le croit, mais les plantes n’ont pas besoin d’un tel rituel pour croître et se reproduire. La puissance du désir chez l’animal et plus encore chez l’homme, dont les attentes s’augmentent des promesses de la psyché et de la culture, ne vient-elle pas alors équilibrer un autre principe structurant chez un être capable de se mouvoir et de s’enfuir, le libre arbitre ? L’égocentrisme est surtout dénoncé au préjudice du sexe mâle, mais la Bible (rédigée par des hommes) lui a confié la Loi, et c’est pourquoi elle affirme : « Ton élan sera vers ton mari et, lui, te dominera14.» Toute société reste établie sur l’attirance réciproque des contraires et ce qui en découle, la naissance, mais pour quoi ? Il semble que ce soit pour révéler par le fond de nos entrailles humaines l’acte de don gratuit qui est la manifestation même du Tout-puissant dans son geste créateur, et instituer en nous par tendresse infuse, à travers la durée des attachements terrestres, un attribut divin essentiel, l’amour. Cette capacité de se donner et de donner la vie est bien l’empreinte de Dieu en l’homme et n’est pas connaissable autrement que par les liens familiaux dont tout le monde (jusqu’ici) a l’expérience douloureuse : en se projetant et crucifiant hors de la fusion primitive, par le mariage précisément, ils deviennent le creuset de l’œuvre la plus infiniment précieuse et menacée de la Création, la seule pour laquelle nous avons un besoin impérieux de sainteté, l’enfance, don total et héritage public et absolu de Dieu.

Olivier Véron


NOTES
1. Pierre-André Taguieff, Des putes et des hommes. Tous coupables, toutes victimes chez Ring, 2016.
2. Cf. Les Provinciales (lettre) n°12, novembre 1990.
3. Cf. Pierre-André Taguieff, L’Emancipation promise au Cerf, 2019
4. L’emploi de ce terme mérite d’être développé, et nous tâcherons de nous y employer ultérieurement.
5. Cf Olivier Véron, « Le sens politique du mariage », in Dans le regard de Pierre Boutang. Babel ou Israël, chez Les Provinciales, 2019.
6. Pierre Boutang, La Politique. La politique considérée comme souci [1948], chez Les Provinciales, 2014, pp. 19 et 28.
7. Mtt V, 46.
8. « Pour le cérémonial tabou (...) la pénitence y est un élément plus originel que la purification », Sigmund Freud, Totem et tabou. Quelques concordances entre la vie psychique des sauvages et celle des névrosés, coll. « Connaissance de l’inconscient » chez Gallimard, 1993, p. 126
9. Cf. Simon Leys,« Protée : un petit abécédaire d’André Gide », in Protée et autres essais, Gallimard, 2001.
10. Cf. Olivier Véron, L’Avenir du printemps, Les Provinciales, 2014.
11. Cf « Le sens politique du mariage », art. cit.
12. Cf. Éric Marty, Pourquoi le XXe siècle a-t-il pris Sade au sérieux ? au Seuil, 2011.
13. Cf. Jean-Louis Bachelet, Sang Royal chez Ring, 2015.
14. Genèse, III, 16.

Mini postface. L'époque est au confinement international pour cause de pandémie. Les prosélytes de la famille sur-mesure, montable et démontable comme un meuble IKEA, qui demain marieront des bêtes, affrontent aujourd'hui les affres de la mondialisation du Lebensborn 2.0 : que faire des productions parvenues à terme si les clients où leurs mandataires ne peuvent plus venir en prendre livraison ? qui va payer les frais de garde et de nourrissement ? les gynécées tropicaux et les mères-maquerelles qui les gèrent, subiront-ils un délai de rétractation comme pour les ventes en ligne ? que faire du stock malade ? Autant de questions que les affranchis du mariage traditionnel se posent ! Et les adeptes du vieux principes de conception dans la joie d'en rire !

dimanche 14 avril 2019

Une famille comme on les aime


Les ducs d'Anjou nous offrent leur dernière photo de famille avec le petit dernier-né, Enrique de Jesús Borbón Vargas. Sous l'œil amusé de l'aînée, Eugénie, une très belle jeune fille de douze ans déjà, posent les deux jumeaux Louis et Alphonse, âgés de huit ans, tous les enfants étant nés aux Etats-Unis. Famille de classe naturelle comme on les aime au Roycoland, des parents attentionnés, sportifs, promouvant la famille traditionnelle, la vie, la foi chrétienne et le souvenir des ancêtres.

Certes, le prince Louis de Bourbon s'est engagé totalement dans la défense de son aïeul Francisco Franco dont les cendres devraient être exhumées de la basilique en Valle de Los Caïdos par le gouvernement socialiste et son chef dont il s'est fait un ennemi personnel à l'occasion des élections législatives espagnoles. Mais un prince en colère pour sauver sa nation, ça nous change un peu des postures raisonnées et raisonnables de la famille dite de France ici, qui s'embourbe dans la quête de faveurs de la République et dans les rancunes familiales. On peut suivre la guerre à Pedro Sánchez sur son compte Facebook. Un prince qui ne se prend pas pour le messie et ouvre la Semaine Sainte en ces mots, ça me va :

Con el #DomingoDeRamos iniciamos la #SemanaSanta, recordando la entrada triunfal de #Jesús a Jerusalén, aclamado por la multitud, días antes de su #pasión, #muerte y #resurrección.




Quelques photos sur Hola.com là.


lundi 1 octobre 2018

Au comptoir de l'Improbable

L'adresse au Congrès des familles de Chișinău par le prince Louis de Bourbon délivrée le vendredi 14 septembre 2018 (en anglais) restera dans les annales de la Légitimité pour trois raisons : il s'y présente dans un style direct comme le successeur des rois de France ; il évacue toutes dérives de la famille traditionnelle ; le texte est long (qui l'a écrit ?).

Je vous propose d'en reprendre la chair politique en laissant de côté les politesses et les accessoires rhétoriques, mais le texte peut être lu in extenso en français en cliquant ici. Nous ferons aussi l'économie de la revendication dynastique habituelle.

Nous y voyons trois chapitres, (1) la monarchie héréditaire de projet ; (2) la famille, cellule essentielle des sociétés humaines ; (3) le chaînage des générations. Le verbatim du prince est en caractères gras, les intertitres sont de mon cru.

I.- Le projet capétien est celui d'une famille


Je me trouve héritier d’une famille qui a régné durant plus de huit cents ans en France et qui, surtout, comme tous les historiens le reconnaissent, a fait d’un petit domaine un état puissant et rayonnant en Europe et au-delà. Cette œuvre a été possible parce qu’elle fut celle d’une famille, la famille royale, Ainsi, les lois fondamentales du royaume, la Constitution de l’époque, qui ont permis son développement, étaient à l’origine une loi de famille. Pour le plus grand bien collectif, ces lois organisaient la transmission du pouvoir royal de mâle en mâle par ordre de primogéniture. Elles garantissaient ainsi la stabilité du pouvoir et assuraient une dynastie nationale. Tel est le « miracle capétien ». Loi de famille mais tout autant loi sociale puisqu’elle était basée sur un ordre et qu’il en résultait des hiérarchies naturelles entre les personnes.

C'est l'exact fondement du régime de monarchie héréditaire dans le continuum d'un projet. Tous les royaumes n'en ont pas bénéficié, principalement ceux régis par des monarchies électives dont les intérêts pouvaient être distraits par des contingences extérieures. Deux monarchies européennes au moins sont l'archétype des monarchies de projet, la française et la prussienne. L'anglaise, une thalassocratie s'établissant sur un archipel ramassé est à part. La première fut mise en défaut pour n'avoir pas veillé suffisamment à la condition des peuples alors qu'elle agissait puissamment sur les théâtres extérieurs, la seconde est exactement l'inverse, soucieuse du bien commun à l'intérieur, c'est sa démarche d'hégémonie extérieure qui l'a tuée ; les deux ont disparu. L'exemple de monarchie de déconstruction par l'élection est celui de la Pologne. Nul royaume n'a connu pareils malheurs dans son histoire.
Concernant le modèle, nous rappellerons juste un paragraphe (le 6ème) de l'A-propos de ce blogue publié en 2008 auquel nous ne changeons rien :
Le roi est la clef de voûte idéale puisqu'il pérennise l'idée de Nation, l'incarne toute et la domine. Il sert de repère fixe dans les périodes de tumultes, apaise les contentieux, recherche le bien de chacun et de tous, et par éducation, est au fait de la chose publique très tôt dans sa vie. La charge de roi accumule l'expérience nécessaire à l'exercice de sa fonction pendant une période plus longue que la seule vie du titulaire au moment. Le roi dont le souci premier est le legs d'un héritage toujours mieux consolidé n'est prisonnier d'aucun dogme, d'aucune idéologie, d'aucune loi supérieure à celle qui le sacre. Le roi est enfin la garantie d'un rajeunissement périodique de la clef de voûte nationale quand s'ouvre sa succession. Le modèle est naturellement évolutif.


II.- La cellule essentielle


Nous sommes responsables de cette cellule sociale, lieu de la vraie solidarité et rempart contre la précarité et l’isolement. Cette défense de la famille passe par celle de la vie, de sa conception à la mort naturelle et, au-delà, par le respect dû aux morts qui ne doivent pas devenir des enjeux de pouvoir ; elle passe par la transmission des valeurs et notamment par l’éducation qui ne peut se limiter à l’instruction. Voilà ce qu’il convient d’affirmer et surtout d’assumer malgré les embûches de législations souvent hostiles. Ceux qui attaquent la famille naturelle savent ce qu’ils font. Par la famille ils cherchent à atteindre la société toute entière et ses fondements. C’est ainsi que naissent les totalitarismes. Ce danger est actuel.

Si la cellule familiale a fait ses preuves à outrance - neuf milliards d'êtres humains sont en train de ruiner la seule planète habitable de notre système solaire - la régulation des naissances devrait interpeler l'intelligence dans la procréation au lieu de convoquer la boucherie en dernier ressort. Si Louis de Bourbon ne s'en prend pas explicitement à l'avortement-pour-tous qui est devenu l'étalonnage du progrès d'une civilisation dans l'opinion fabriquée par les médiats, on a compris qu'il est pro-vie comme d'ailleurs son cousin d'Orléans, devenu cette année un administrateur de l’Institut Jérôme Lejeune.

Cette question de la régulation par la mort est en train de monter dans tous les pays, à entendre les cris d'orfraie du camp progressiste qui anticipe une réduction de ses "droits". Il ne m'étonnerait pas que dans dix ans , nous revenions en France à la loi Veil d'origine, celle qui préservait la femme de décisions cruelles en s'arrêtant au seuil du meurtre gratuit. Les réserves de plus en plus ouvertes du corps médical vont y aider, surtout si l'Etat veut le contraindre. Le sujet mérite un article séparé, mais il n'échappe à personne qu'ici, sur ce site, l'embryon est un homme en devenir et rien de moins.

Les positions du prince recoupent celles de La Manif Pour Tous, mais il est quelqu'un de plus médiatisé que Ludovine de la Rochère, qui défend la famille traditionnelle en jetant dans la balance l'alternative qui cerne complètement la question, c'est Marion Maréchal ex-Le Pen. Déjà, à l'époque du projet de "loi famille" du gouvernement Ayrault, elle dénonçait sur les bancs de l'Assemblée nationale, la substitution d'une famille sociale à la famille biologique en des termes non équivoques, contre les promoteurs du mariage des paires stériles, de l'insémination des lesbiennes et de la grossesse commerciale, au seul motif de l'égalité des désirs. Extraits :
« On passe simplement du statut de la famille biologique à la famille sociale (...) où le tiers est au même niveau que les parents, ce que je condamne »;
« Au-delà des temps, des générations, des idéologies, papa-maman reste papa-maman et restera toujours papa-maman, c’est peut-être malheureux mais c’est comme ça »;
« Le beau-père ou la belle-mère n’ont pas le même rôle éducatif et affectif que le père ou la mère »;
« Il faut faire des enfants qui sont élevés dans la culture française, qui aiment cette nation et cette patrie, ... faire des générations qui sont les récepteurs, les héritiers de cette belle culture qui est la nôtre et qui vont pouvoir à leur tour la transférer pour l’avenir ».
(ndlr : lors d'une interview, elle a balayé à une question insidieuse de JJ Bourdin sur la couleur préférable de ces enfants : "français veut dire français !")

Sur le sujet de la famille, Louis de Bourbon et Marion Maréchal sont sur la même longueur d'onde. L'avenir de l'un et de l'autre est à écrire, mais si la bienpensance ne s'intéresse pas encore au prince, il vient juste de se déclarer franquiste et il faut un certain temps aux pornocrates pour trouver un créneau de dénigrement entre deux punchlines, par contre celui de la belle blonde qui louche est au stade de l'alarme si on en croit des gens comme Manuel Vicuña (Arrêt Sur Images) qui dénonce la presse mainstream en train de construire "le monstre" (sic) dont elle se repentira quand seront revenues les HLPSDNH ! Dans ce délai, Louis peut travailler son aisance au pupitre.

L'attelage qui nous plairait peut néanmoins se désunir dans l'amalgame "Franco-Le Pen". Même si les choses pourraient être facilitées par le départ prochain du Menhir et plus encore si Marine Le Pen se retirait sur ses terres pour réfléchir à ses impossibilités, on peut deviner que le combat sera rude face au quatrième pouvoir confisqué par les progressistes. Reste à savoir si l'Opinion y croit encore à ces heures sombres brandies à tort et à travers. Il semblerait qu'ailleurs ce ne soit plus le cas. Les élections des pays de Visegrád, celles d'Autriche, celles d'Italie et même de Suède sont un rejet du bien-penser réglementaire. Les esprits s'affranchissent des chaînes de l'esprit posées après la guerre à l'ouest et après la chute du Mur à l'est. Tout dès lors peut arriver aux prochaines élections européennes.

Entretemps Marion Maréchal promeut son nouvel institut de science politique en direction de l'Espagne dans les colonnes d'El Confidencial (clic). Une rencontre eut-elle été possible ? A refaire !


III.- Le chaînage des générations


Par deux fois le discours de Chișinău s'intéresse au "maillon" de la chaîne généalogique et à la mémoire qu'elle transporte.

Cette famille ce sont ceux qui m’ont précédé et à qui je dois d’être ce que je suis. Voyez-vous, il n’y a pas un jour où je ne pense à mes aïeux qui m’ont légué une histoire qui parfois me dépasse ; où je ne pense à mon frère trop tôt perdu, à mon Père, mort alors que j’étais trop jeune, à mes grands-parents, à ma chère grand-mère décédée il y a quelques mois. D’eux tous, je suis redevable de ce que je suis, petit maillon d’une chaîne immense. Il est absurde de vouloir croire que l’on serait des individus orphelins qui auraient tout à redécouvrir ou à attendre de l’État. Bien évidemment si cela s’applique à ceux qui nous ont précédés, cela est encore plus vrai pour ceux qui sont actuellement à mes côtés, chaque jour, chaque instant.

Le rôle social de chacun d’entre nous. Il repose sur l’expérience de l’histoire et sur l’actualité récente. Lorsque certains cherchent à rompre le pacte social, s’ils combattent dans un premier temps ceux qui s’y opposent par les idées ou par les armes, très vite et toujours ils cherchent à briser les familles. Pensons à la Vendée où femmes et enfants étaient tués encore plus que les combattants eux-mêmes et de façons atroces ; souvenons-nous des Arméniens et des politiques génocidaires qui ont suivi et qui, sur bien des points du globe continuent ; comme nous l’avons vu il y a encore peu, pour les chrétiens d’Orient. Chaque fois, sous le règne des totalitarismes rouge, brun et maintenant vert, les familles sont inquiétées pour ce qu’elles représentent, chaque fois il y a des séparations forcées, l’emprise sur les enfants pour en faire des enfant-soldats, et des mises en esclavages pour les filles et les femmes.

Bien sûr les apprentis-sorciers de la refonte sociale sont gênés par cette mémoire qui vient de loin et transmet les "tares" du monde ancien, le genre, l'altérité, l'éthique, une morale dépassée. C'est pourquoi la famille leur est suspecte. N'a-t-on pas entendu des ministres de l'Education nationale s'arroger la mission de former les consciences au-delà de la simple instruction ? En privé, on nous assure qu'il ne s'agit en fait que d'exfiltrer mentalement les enfants des familles salafistes pour leur apprendre à appliquer les droits de l'homme de notre civilisation des Lumières. Mais ce sont quand même toutes les familles de France qui sont concernées par la captation, si elles ne sont pas spécifiquement visées. Il s'avère néanmoins que les "familles" se défendent assez bien jusqu'ici puisque leurs adversaires se considèrent toujours au milieu d'un combat.



Le discours de Chișinău s'ouvre sur un appel à militer pour défendre et pérenniser la famille traditionnelle, nous en faisons notre conclusion :
Il faut connaître les manières de résister face aux attaques auxquelles la famille traditionnelle est confrontée. Elles sont multiples : accueil d’une famille nombreuse, prière, action politique, sociale ou juridique, et toujours attention et vigilance permanentes.


XII World Congress Of Families 2018 Chisinau Moldavie



Relevé des compteurs de notoriété Facebook France au jour de ce billet :

Marion Maréchal......750719 followers

Louis de Bourbon.....93353 followers

Jean d'Orléans........5928 followers



Postscriptum du 4 octobre 2018 : On fera son profit de l'article de Jean-Yves PONS sur le frottement d'idées entre le Rassemblement national et le parti des Républicains en cliquant ici.


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