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dimanche 2 mai 2021

De la disparition des dauphins

 

crypte à Saint-Denis

01. Hugues II (1005-1025) aîné sacré associé de Robert II (†1031)
 rappelé à 18 ans
02. Philippe II (1116-1131) aîné sacré associé de Louis VI (†1137)
 rappelé à 15 ans
03. Philippe de France (1209-1218) aîné de Louis VIII (†1226)
 rappelé à 9 ans
04. Louis de France (1244-1260) aîné de saint Louis (†1270)
 rappelé à 2 ans
05. Louis de France (1264-1276) aîné de Philippe III (†1285)
 rappelé à 13 ans
06. Jean Ier (1316-1316) aîné posthume de Louis X (†1316)
 rappelé à 4 jours
07. Philippe de France (1316-1317) aîné de Philippe V (†1322)
 rappelé à 8 mois
08. Jean de France (1366-1366) aîné de Charles V (†1380)
 rappelé à 7 mois
09. Charles de France (1386-1386) aîné de Charles VI (†1422)
 rappelé à 3 mois
10. Charles de France (1392-1401) puîné de Charles VI
 rappelé à 9 ans
11. Louis de Guyenne (1397-1415) puîné de Charles VI
 rappelé à 18 ans
12. Jean de Touraine (1398-1417) puîné de Charles VI
 rappelé à 19 ans
13. Louis de France (1458-1460) aîné de Louis XI (†1483)
 rappelé à 2 ans
14. Joachim de France (1459-1459) puîné de Louis XI
 rappelé à 4 mois
15. François de France (1466-1466) puîné de Louis XI
 vécut 4 heures
16. Charles-Orland de France (1492-1495) aîné de Charles VIII (†1498)
 rappelé à 3 ans
17. François de France (1497-1498) puîné de Charles VIII
 rappelé à 6 mois
18. Charles de France (1496-1496) puîné de Charles VIII
 rappelé à 1 mois
19. François de France (1497-1498) puîné de Charles VIII
 rappelé à 1 mois
20. François de Bretagne (1518-1536) aîné de François Ier (†1547)
 rappelé à 18 ans
21. Louis le Grand Dauphin (1661-1711) aîné de Louis XIV (†1715)
 rappelé à 49 ans
22. Louis le Petit Dauphin (1682-1712) aîné du Grand Dauphin
 rappelé à 29 ans
23. Louis de France (1704-1705) aîné du Petit Dauphin (†1712)
 rappelé à 1 an
24. Louis de France (1707-1712) puîné héritier du Petit Dauphin
 rappelé à 5 ans
25. Louis de France (1729-1765) aîné de Louis XV (†1774)
 rappelé à 36 ans
26. Louis-Joseph de France (1751-1761) aîné du dauphin (†1765) de Louis XV
 rappelé à 10 ans
27. Xavier de France (1753-1754) puîné héritier du dauphin de Louis XV
 rappelé à 4 mois
28. Louis-Joseph-Xavier de France (1781-1789) aîné de Louis XVI (†1793)
 rappelé à 7 ans


enfant aux yeux noirs


Ce billet n'est pas une thèse mais une conversation entre royalistes au coin du feu. Cette nécrologie, établie par M. François-Xavier Pachot, gouverneur nommé de la Charte de Fontevrault, énonce les "dauphins" de la troisième race qui sont morts avant de régner et ont ainsi laissé leur place aux trente-trois rois capétiens de droit divin(1). On accède à son étude en cliquant ici. La dynastie a évité près de la moitié de sa production patrilinéaire. La thèse providentialiste est que ces disparitions résultent d'une volonté divine décidant parmi les lieutenants du Christ qui est médiocre, bon ou meilleur pour Son projet, sans oublier que la Providence ne se met pas en équations. Quant à pénétrer les voies du Seigneur, il vaut mieux oublier, ce que ne font pas toujours les croyants, avides d'interprétations. Ceci étant dit, on peut se poser la question de savoir si ce "déchet" était aussi mauvais qu'on le répute.
Le numéro 26 par exemple pose problème : La Vauguyon, qui dès 1758 a la charge d'instruire les quatre petits-fils de Louis XV, les décrira dans ses mémoires comme Les quatre "F" : Bourgogne le Fin (notre n°26), Berry le Faible (futur Louis XVI), Provence le Faux (futur Louis XVIII), Artois le Franc (futur Charles X). A part Louis XVIII, les deux autres n'étaient pas dans l'emploi et le meilleur des quatre fut repris avant d'accéder. La Providence avait-elle le projet de ruiner la monarchie de droit divin et la dynastie tout ensemble ? On le croirait, d'autant que les successions à trois frères avaient déjà provoqué des ruptures graves, que l'on songe aux fils de Philippe le Bel : Louis X (†1316), Philippe V (†1322), Charles IV (†1328) qui, sans postérités mâles, passent la main aux Valois ; puis aux fils d'Henri II : François II (†1560), Charles IX (†1574), Henri III (†1589) qui, sans postérités mâles, passent la main aux Bourbons ; et pour finir ceux du Dauphin Louis de France mort avant son père Louis XV : Louis XVI (†1793), Louis XVIII (†1824), Charles X (†1836) qui laissent la main aux D'Orléans lesquels s'avèrent ensuite incapables de transformer l'essai. La branche de Bourbon déposée en France mourra à son tour de l'absence de toute postérité mâle. La troisième race de nos rois ne perdure qu'en Espagne à travers les guerres carlistes et la guerre civile de 1936, et revient progressivement aux Partidas d'Alphonse le Sage. L'avatar moderne de la saga capétienne est une fade "monarchie du nord" depuis la promulgation à Madrid de la constitution de 1978.
La maison d'Orléans qui réside en France voudrait renouer où le fil s'est rompu en 1873 (Chambord, le drapeau blanc), mais elle n'est que l'héritière de la Monarchie de Juillet et pas des Quarante Rois pour cause de régicide et d'usurpation (on n'hérite pas d'un crime, encore moins de deux). Il n'y a pas de quatrième race souterraine de droit divin et aucune impatience des princes à accéder. Nous sommes devant le vide total pour ce qui relève de l'incarnation du droit divin(1).

Note (1): non parce que les rois de droit divin seraient gouvernés sans frein par leurs caprices, mais parce qu'ils obéissent à une loi surnaturelle dont ils acceptent le joug lors du sacre


Les légitimistes pourraient arguer qu'en éteignant la race aînesse épuisée, la Providence a fait le lit des descendants de Philippe V d'Espagne jusqu'à Louis de Bourbon, qui règnerait sous le nom de Louis XX. Sauf que ça ne peut pas le faire avec une monarchie constitutionnelle qui est indéfiniment liée au peuple par un pacte national et n'a plus l'indépendance du modèle absolu(2) après s'être défaite de la sujétion étroite du Ciel. L'autre explication négociable résiderait dans la perception de Léon Bloy qui soutient que, par la décapitation du roi Louis XVI, la nation française s'est damnée pour longtemps. C'est de l'anthropomorphisme que d'attribuer à la puissance divine ce genre de vengeance, mais allez savoir, le Dieu de l'Ancien Testament n'est-il pas un Dieu de terreur ?

Note (2): Dont l'existence ou la réalisation ou la valeur est indépendante de toute condition de temps, d'espace, de connaissance


Quel est donc le but de ce darwinisme divin ?

C'est la première question. La deuxième concerne la "mécanique dynastique" (comme l'appelle ChouandeCœur).
Si le but reste inconnu malgré toutes les sollicitations intellectuelles des théologiens, on est ramené au sol à regarder les effets visibles de ce contrôle. Le royaume de France, dont le Christ est par définition le roi depuis la Triple Donation de sainte Jeanne d'Arc, suit-il un agenda caché de la Providence ? Si l'on observe le royaume depuis Sirius, on s'aperçoit que tous les caractères, tempéraments, qualités, vices et simples défauts ont existé chez les rois régnants, parfois immoraux, ce qui infirme par exemple un projet d'exemplarité du prince destiné à l'éducation des masses par le relais des clercs. Sur le terrain pas mieux : la marche au Rhin et la conversion des peuples résidents qui aurait pu la motiver, toujours dans l'esprit de la lieutenance du Christ, ont échoué après s'être avérée particulièrement sanglante et barbare si l'on pense au sac du Palatinat au Grand Siècle pourtant ! Par ailleurs considérant le bonheur des brebis, tout au long de l'histoire capétienne - mais sans doute en aurait-il été de même avec une autre race de rois - les peuples du royaume ont subi sans le secours du Ciel les assauts climatiques, les pestes, la disette, les guerres provoquées ou déclarées par leurs rois sous des prétextes bien étrangers à leur bonheur - qu'on pense à l'épopée milanaise de François Ier - et nous ne mettrons pas dans le lot les guerres de défense du territoire parfaitement justifiées quel que soit l'agresseur, mais qui apportèrent leur lot de misère. Quid des injustices d'un régime féodal prédateur maintenu trop longtemps au gouvernement des hommes, qui conduira à l'insurrection générale contre un roi faible et pusillanime ? Le régime monarchique en mourra ! Et ironie du sort, pour faire place à des régimes plus sanglants encore qui engageront le pays dans une guerre ouverte permanente de vingt-trois ans, de Valmy à Waterloo. Nous perdrons toutes les guerres ensuite(3). Oui, l'agenda de la Providence est bien caché ! On dirait même qu'elle ne nous aime pas !

Note (3) : 1870, 1914 (à la Noël 14 nous avions déjà consommé toute l'infanterie de ligne et remonté au front les régiments à trois chiffres), 1939, Indochine 1954.


Mise en cause de la loi salique

Ces rois-lieutenants furent-ils les bons sinon guidés vers le bien commun ? Ont-ils maintenu Son royaume sur la trajectoire choisie ? A priori pas toujours comme nous le mentionnons ci-dessus. Au fil des successions on constate que trop souvent l'affaissement du projet capétien met en cause un de ses piliers fondateurs : la loi salique. Au résultat des courses, la loi de succession patrilinéaire ruine par moment la continuité de l'Etat et met en danger la couronne elle-même. Si les couronnes des deux premières races étaient ceintes presque exclusivement pour la guerre et appelaient dans leur conversation avec Dieu des généraux de cavalerie, les filles de la première dynastie capétienne n'auraient sans doute pas démérité ensuite puisqu'elles auraient su nommer les bons généraux en les laissant exercer leur art sans interférer dans les successions dynastiques que les docteurs de la loi auraient mises hors de leur portée - d'accord, ça n'avait pas marché avec la première race. L'objection juridique menant à l'exhérédation des filles de la couronne n'aurait pas tenu longtemps avec une loi patrimoniale d'inaliénabilité interdisant "l'exportation" des biens et pouvoirs d'icelle dans le même sens qu'on interdirait bientôt sa disposition.
C'est la règle patriarcale héritée du monde militaire gréco-romain qui s'imposa dans le droit archaïque médévial, plus que la loi barbare des Francs saliens qui n'était à l'origine qu'un tarif de peines appliquées au coupable et accessoirement des dispositions réglant les héritages fonciers sur le territoire des préfectures létiques dans la coutume matrilinéaire franque4. Les docteurs de mauvaise foi qui exhumèrent une vieille règle coutumière des peuples de la forêt, promptement rédigée en latin compréhensible pour y adosser les intérêts des pouvoirs masculins régnants, construisirent le corpus des lois fondamentales au motif premier de pacifier les successions royales, au second, de réduire la hoirie, mais aussi de perpétuer leur propre influence dans l'entourage royal (qui dit loi dit chicane dit juge). L'application de ces lois aboutit, à la fin de l'histoire, à la liquéfaction du modèle par extinction de la production de titulaires ; on peut dire que le comte de Chambord, aussi intelligent fut-il, n'eut pas la force d'y répondre quand il sacrifia la possibilité d'une descendance dans une union non consommable, Marie-Thérèse de Modène étant de naissance bréhaigne et notoirement. Les couronnes qui s'en privèrent, adeptes de la primogéniture absolue, ont connu des reines exceptionnelles, on pense aux couronnes britanniques.
En passant, on ne peut comparer dans l'histoire l'aptitude des uns et des autres à gouverner sans évoquer la différence de formation des enfants royaux selon leur sexe à partir de la Renaissance. La loi salique est aujourd'hui défendue sans raison immédiate pour être raccord avec une tradition qui voudrait que l'obligation de masculinité du monarque, au même titre que celle du prêtre, réponde au devoir d'état de lieutenant du Christ. Ces arcanes oubliés se révélèrent toxiques pour la dynastie ; pourquoi s'y accrocher, reste pour moi un mystère, mais si on revient à l'idée poussée par ChouandeCœur, la Providence s'en serait servie pour ouvrir le chemin à certains et le fermer à d'autres. Dont acte !

Note (4): Le pacte pénal original des Francs saliens disposait des alleux comme suit : « Si quis mortuus fuerit et filios non demiserit, si mater sua superfuerit, ipsa in hereditatem succedat. Tunc si ipsi non fuerint, soror matris in hereditatem succedat.» (si quelqu'un meurt sans enfant et que sa mère lui survive, c'est elle qui hérite ; si ceux-là aussi sont décédés et qu'il demeure des sœurs de la mère, elles héritent). Les textes couvrant la dévolution des terres seront retravaillés ensuite par les docteurs carolingiens pour sortir les femmes de la succession d'Etat. Aller plus loin c'est par ici.




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Conclusion

Il n'y en a pas. La mécanique des successions dynastiques sciemment déviées par la Providence est une question préalable de foi et d'interprétation de "signaux". La démarche providentialiste n'en est pas moins estimable pour au moins une raison d'importance : elle arrache les royalistes à la querelle dynastique. L'Ost se rangera en bataille et Dieu donnera la victoire, à la meilleure artillerie (avait ajouté Napoléon). C'est bien sûr une attitude de confort moral que de savoir la Providence en action, et certains penseurs légitimistes le dénoncent, préférant mobiliser l'énergie pour le succès de l'aîné des Capétiens, sans surinterpréter les signaux faibles de l'au-delà. Il ne faut pas tomber dans le piège consistant à "penser" à la place de Dieu et "prévoir" Ses intentions, ce que font trop souvent des providentialistes exaltés quand ils font vivre le mythe du grand monarque caché qui attend, non son heure mais l'ordre divin d'apparaître. A tout prendre, je préfèrerais le Mérovingien caché de la race de David et dans le Midi, le dernier des Wisigoths.

Il n'en demeure pas moins que la querelle dynastique maintenue éveillée est le verrou de toute restauration monarchique en France. Alors, est-elle voulue par le Ciel ? Nous observons que les princes en cause se prêtent parfaitement à ce dessein destructeur puisque aucun d'eux n'a jamais suggéré que l'avénement du roi devait passer avant le concours d'ego et de légitimités croisées, et que son propre retrait ne poserait aucune difficulté si son concurrent avait de meilleures chances que lui, ou si la Providence se manifestait en faveur de l'autre de manière explicite pour une fois. Au fond de leur cœur, aucun n'y croit ! C'est une des limites du projet royaliste. Il ne reste plus qu'à... "instaurer".

dimanche 25 avril 2021

Agnosticisme et royalisme

Le Piéton vient ce dimanche au zinc du Blogue faire un peu de philosophie de comptoir. J'ai toujours été surpris du nombre de royalistes qui, les présentations finies, s'affirmaient agnostiques mais pratiquaient la religion de nos rois quand les circonstances l'exigaient. A creuser un peu, on devine qu'ils sont des monarchistes de raison convaincus et souvent plus affûtés dans leur argumentaire en faveur du roi que les autres royalistes. Ils regrettent au fond d'eux-mêmes de ne pas croire au mystère qui embellirait le modèle idéal d'une lumière surnaturelle.

Cette distance posée par le doute s'applique au roman de l'histoire monarchique depuis la colombe de Clovis jusqu'au vœu de consécration de la France au Sacré-Cœur de Jésus par Louis XV, ce qui, en passant, nous vaudra l'église Sainte-Geneviève, récupérée à la Révolution pour devenir le Panthéon de la République. L'autre champ d'exercice de ce scepticisme métaphysique s'applique à toutes les manifestations de la Providence, convoquée à tous motifs et desseins pour réparer les dommages causés par la nation au roi quand ce n'est pas l'inverse.

Nul ne peut démontrer que la Providence agit ou ne peut agir, ou sinon, qu'elle soit un concept produit par l'esprit des hommes. Cette indécision dans les causes à l'origine de changements divers définit assez bien les agnostiques - on ne parlera pas des athées qui n'ont aucun problème en l'affaire, relire Nietzsche et périr. En matière de religion, il en est de deux sortes :

(1) L'agnostique radical qui pense que la foi est irrationnelle, sans préjuger de l'existence ou de l'inexistence de Dieu qui le dépasse. Contrairement à l'athée, il est toujours sur le qui-vive pour capter tout signal faible de cette présence qui résoudrait son doute pour son plus grand bonheur. Dans la définition qu'Henry Duméry donne à l'encyclopédie Universalis, l'agnosticisme désigne soit les doctrines qui, sans récuser un ordre de réalité inaccessible aux sens ou à la froide raison, estiment qu'aucun moyen de le connaître ne nous est offert au moment ; soit les doctrines qui soutiennent que l'inconnaissable, échappant à tout jugement, échappe à celui d'existence : il n'y a pas lieu de réserver l'existence de ce qui ne peut être objet de science. Dans la pratique, l'agnosticisme est synonyme de scepticisme en matière philosophique ou religieuse. Tout est dit quand on lit lentement, on ne va pas chipoter.

(2) Le deuxième est l'agnostique terrifié (ou cosmique) qui reconnaît un principe inexplicable et autonome à l'origine de l'univers (il va plus loin que le boson de Higgs sans même parler des frères Bogdanoff) et ne conçoit pas de s'adresser d'aucune façon à cette hyperpuissance d'un autre monde. D'ailleurs bizarrement, l'évangéliste Jean nous précise que personne n'a jamais vu Dieu (1:18). Le Piéton, plutôt terrifié, milite pour que les docteurs en théologie obtiennent préalablement un master de physique quantique afin d'ouvrir l'angle d'acquisition de la lumière divine sans être foudroyés comme Uzza sur le chemin de Nacon. Ce n'est pas ironique, la foi a besoin de s'user contre les grands mystères de l'astrophysique.

flash du Big Bang

Il existe d'autres postures agnostiques. Celle d'un Charles Maurras qui promouvait l'utilité des dieux dans la construction intellectuelle et morale de chacun et dans la pacification des sociétés humaines. Il privilégiait la mythologie grecque qui était la trame de la morale classique, applicable aux hommes de toutes époques mais il gardait ses distances de mortel envers l'Olympe, en se souvenant de Tirésias, quoiqu'il aurait pu guérir de sa surdité ! Plus proches de nous, des esprits tourmentés par l'affaissement de l'Europe dans la mondialisation réinventent le polythéisme païen, en oubliant que la Communion des saints de l'Eglise catholique est l'avatar utile de ce panthéon antique qui avait réponse à tout à sa manière. Nous avons un saint pour tout, même pour retrouver sa paire de lunettes égarée près du piano.

Ceux des royalistes qui croient au Dieu tout-puissant et attentif à chacun de nous, Qui par Son fils conduit nos affaires du quotidien, sont rassurés de savoir qu'Il est aussi inquiet qu'eux quant au devenir de la monarchie très chrétienne en France. Et à défaut de Le voir, le croyant Le sent partout actif. D'un côté c'est bien pratique. Une sorte de dévolution, certains diront de déresponsabilisation. Est-ce vraiment œuvrer au retour du roi que d'en confier l'avènement au dessein de la Providence ? Peut-être trop facile ! Démobilisateur ! Les limites à l'expansion du providentialisme au sein du Roycoland sont posées par les partis royalistes rangés derrière le prétendant de leur choix. Militer, pour eux, ne peut s'organiser à partir d'injonctions plus ou moins perceptibles en concentrant l'essentiel de l'énergie dans la prière et les supplications. Les mouvements doivent "positiver" pour survivre. Finalement leur continuation prime tout et cela vaut mieux, quand on compte. Vingt-cinq semaines d'années bientôt nous séparent de la chute du dernier roi (21 du dernier empereur) et les perspectives de restauration d'une monarchie en France tangentent l'infini. Aussi, faire carrière dans le royalisme est un emploi de longue durée indéterminée qui peut combler une vie d'homme, celle de ses enfants et petits-enfants. Mon arrière-arrière-grand-père Estoueno de Nébian était un cul-blanc du Midi attendant le retour de l'Elu ! A son âge avancé aujourd'hui, je l'attends à mon tour ! Le providentialisme par essence n'a nul besoin de militants mais d'orants. Pour l'agnostique, il repousse dans la nuit d'un futur improbable la réalisation du rêve royaliste. Est-ce la juste définition ? C'est une simple question.
Siouplé ? Remettez-nous ça !

mardi 21 janvier 2020

Les voies de la Providence


[billet spécial initiés] - En ce 21 janvier, le Ciel a entendu monter vers lui les supplications des royalistes pour le repos du roi martyr. Que n'a-t-il réagi il y a 227 ans quand le pieux lieutenant du Christ Louis XVI, roi de dévotions, parfait chrétien, fut condamné à la décapitation ! Son épouse subit le même sort et l'innocent petit dauphin mourut ensuite, à ce que dit l'histoire officielle. Où était le Ciel ce 21 janvier 1793 ? Les voies de la Providence sont impénétrables, disent les savants qui n'ont rien vu. Si impénétrables qu'on peut douter de la démarche providentialiste qui s'en remet au Très Haut pour nous choisir un nouveau roi.

Et si le ciel était vide ? s'interroge le gueux et le chansonnier. Ce n'est pas un problème pour les *monarchistes de raison, ceux qui ont choisi de promouvoir ce régime d'administration des sociétés humaines après analyse des avantages et des inconvénients du modèle, qu'ils soient croyants ou agnostiques. Sans reproches ni murmures, ils accepteront la désignation d'un roi par la Providence, le but ultime de leur réflexion et de leur militantisme étant atteint. Qu'importe l'origine de l'énergie sollicitée par la restauration ! Un monarque sera rétabli dans ses pouvoirs régaliens. Point-barre, merci ! Merci qui ? Jésus ? Merci Jésus ! Ainsi passeront sur les voies de la Providence les étendards du roi :


Comme nous l'annoncions dans notre billet du 5 janvier, la Charte de Fontevrault abandonne le ballet de cour et cesse les mondanités entre chapelles. Et c'est bien ce qui intéresse le Piéton de Royal-Artillerie. Fini le colloque sourd des royalistes, la Providence n'en a nul besoin. Les Chartistes vont se battre par et pour eux-mêmes puisque nul autre ne le fera à leur place. Le credo providentialiste est très simple et puissant, qu'on en juge :
« La société ne peut exister selon le plan de Dieu que par la poursuite du Bien Commun qui est la paix, paix qui est la tranquillité de l’ordre, ordre qui est assuré à l’intérieur comme à l’extérieur par les fonctions régaliennes du roi. A l’extérieur par le roi guerrier, commandant et diplomate ; à l’intérieur par le roi père de famille, législateur et justicier.»



Jusque là tout va bien. Le principe originel du providentialisme est que le Christ est le vrai, seul et unique Roi de France. Il délègue son pouvoir à qui en est jugé digne et capable ; l'impétrant est promu lieutenant du Christ et exerce une royauté de droit divin. Il devient dès lors inutile voire incongru de pré-désigner quelque prétendant que ce soit par tel ou tel procédé si c'est à Dieu d'y pourvoir. Le providentialisme reclasse la Loi Salique à son rang statutaire de loi successorale au trône de France, ce que nous résumons d'un slogan facile à retenir :

Dieu dit, la Loi fait


La rupture monarchique de deux siècles modifie-t-elle l'ordre des facteurs ? Pour les royalistes en général, la rupture n'existe pas, le royaume est virtuellement continué et la dynastie capétienne l'incarne sans discussion dans ses descendants. Le choix opéré par la Loi - de facto celui des hommes - est proclamé au sacre à l'intention des légistes et des peuples. Par contre pour la Charte, la cassure actuelle est franche et modifie l'ordre des facteurs, puisqu'elle entend redémarrer la monarchie sur injonction divine quant au temps et au prince élu ! C'est là que le projet providentialiste aura maille à partir avec les autres mouvements royalistes français, tous rangés derrière un prétendant dont la légitimité est assise sur la somme des Lois fondamentales du royaume de France, royaume certes absent mais souterrain. C'est une révolution au Roycoland, sauf chez les monarchistes de raison, comme nous venons de le dire plus haut*.

Les sept piliers de la sagesse providentialiste sont solides et droits. Nous les reprenons avec un bref commentaire explicatif destiné aux nouveaux lecteurs.

1.- Le Christ, Roi de France : nous venons d'en parler ;
2.- Le Pacte de Reims de 496 : baptême du roi franc Clovis par l'évêque saint Rémi, forgeant l'alliance irréfragable du trône et de l'autel ;
3.- Le Sacre : c'est l'onction, l'adoubement, le recollement transcendantal, la naissance du lieutenant du Christ ;
4.- La Triple Donation de 1429 : Jeanne d'Arc exige et reçoit par acte authentique le royaume de France du Gentil Dauphin Charles VII, elle le donne à Jésus-Christ, Qui par sa bouche le remet au "Roi Charles". Le lendemain Charles VII part pour Reims au milieu de tous les dangers pour se faire sacrer ;
5.- Conflit entre les choix divin et personnels : c'est un des ateliers de la Charte qui anticipe une difficulté entre héritage et statut ;
6.- Priorité du choix divin sur les lois successorales : ces lois sont destinées à éviter les querelles dynastiques, mais elles procèdent du premier élu ;
7.- La Fonction régalienne comme une grâce d’état particulière issue du sacre. Un huitième pilier est en cours d'examen.




La Loi Salique (sous ce nom je regroupe toutes les lois fondamentales) représente un tunnel à voie unique qui désigne aux princes et aux grands du royaume le successeur statutaire du roi défunt. Nul n'en peut déroger jusqu'à disparition du sujet d'application : le royaume. Nous sommes en 2020 dans cette situation : le royaume de France a disparu, emportant avec lui ses coutumes politiques. Il n'est pas extravagant que désormais les royalistes se soumettent au choix qu'exprimera le Christ vrai Roi de France, quand Il le décidera, et qu'ils vouent leurs efforts à préparer Son retour dans les cœurs et les esprits français. Reste à reconnaître le "signe" qui désignera l'élu. Ils sont si nombreux à se prétendre capables de le reconnaître, que finalement le nom du vainqueur sera prononcé par une bouche humaine (?!).

Réactions ? On ne va pas se voiler la face. A mesure que son influence augmentera, la Charte de Fontevrault subira l'attaque de certains groupes royalistes ayant déjà choisi leur champion sans attendre Jésus-Christ par le principe de la légitimité héritée. L'Alliance royale restera neutre puisqu'elle promeut le modèle à travers une plateforme institutionnelle détaillée sans s'inquiéter du nom du prince pour le moment.
Les groupes reconnaissant le comte de Paris considèrent que le problème du prétendant est réglé par le principe de nationalité ; ils ne feront pas irruption dans la démarche providentialiste, d'autant que la Charte ne promeut plus aucun adversaire de la maison d'Orléans. Les groupuscules survivantiste, carliste, parmiste ou bussetiste n'ont pas d'effectifs. Par contre il en sera autrement dans le camp de l'aînesse espagnole des Bourbons dont la position est entamée par le outing franquiste du "roi de droit". Cette revendication publique ringardise des années d'imprégnation patiente de la population ciblée, essentiellement catholique. Dans une diatribe féroce de l'année 2008, les ultra-légitimistes de l'Union des Cercles voulurent démontrer que le providentialisme était « un péché grave contre la nature d'animal politique que Dieu nous a donnée » avant de devenir « un mal social terrible ». Les coups les plus durs contre la Charte de Fontevrault viendront de ce côté au fur et à mesure des progrès qu'elle fera dans le milieu tradi-catho-royaliste. Les mouches changeront d'âne, l'Usurpation connaîtra le répit.

Royal-Artillerie suivra la mutation de la Charte avec sympathie et curiosité car c'est un bien grand défi qu'ils se lancent avant d'avoir médité l'aphorisme de Péguy : « Tout commence en mystique et tout finit en politique ». Il y aura donc une suite.

dimanche 5 janvier 2020

La Charte se rebiffe

Dans son chapitre extraordinaire du mois de novembre de l'an passé, la Charte de Fontevrault a soldé les comptes de la Biennale Blanche 2019 qui a fait un four retentissant dans les salons de l'Hôtel Mercure à Tours le 12 octobre dernier. Plusieurs raisons ont concouru à cette contre-performance, excentricité du lieu, routine des présentations, mais c'est plus sûrement le fond même de l'affaire qui était en cause, comme nous ne nous étions pas privé d'en prévenir les organisateurs dans un billet spécifique titré Œcuménisme providentialiste. Ce qui ne les avait pas émus.


La démarche œcuménique visant à l'organisation d'une conversation de tous les mouvements royalistes s'est avérée au final peu suivie, malgré quelques succès d'estime des éditions précédentes à Paris, dus surtout à l'entregent inlassable et l'empathie du président Texier. Si le projet n'a pas percuté, les raisons en sont assez simples : les groupes royalistes, quand ils se parlent, n'écoutent que ceux qui défendent le même prétendant qu'eux : si vous n'en avez pas, vous n'êtes pas royaliste. En ce sens la Charte de Fontevrault qui attend un signe du Ciel pour choisir le sien, est ailleurs, comme aurait dit Michel Jobert. Chaque chapelle étant convaincue de détenir le seul vrai Graal, la position d'attente de la Charte est lue comme un retrait du champ de bataille. Cela n'est plus le cas.

La Charte de Fontevrault a décidé sa refondation autour de son axe majeur que nous expliquerons dans un billet à venir. Elle ne promouvra désormais que le royalisme providentialiste et cessera de faciliter un dialogue inter-chapelles qui s'avèrent quasiment impossible. La Biennale statique est annulée. Elle sera remplacée par une manifestation annuelle de propagande élargie avec conférences instructives, stands et débats. Y seront conviés tous les Français, convaincus et curieux, royalistes déjà ou futurs, etc. La première de ces Rencontres Blanches aura lieu à Pontmain (Mayenne) le samedi 16 mai 2020, la veille de "La Supplique à Dieu pour le retour du Roi". Les autres organes de propagande sont à découvrir par le truchement du blogue de La Charte de Fontevrault et du royalisme providentialiste

Ça repart !

mardi 11 septembre 2018

C'est con les canards, mais ça fait cossu*

C'est ainsi que le dernier empereur de la Cité interdite regardait chaque matin le miroir de la Tongzi que ridait le sillage des mandarins, parés de couleurs de vitrail sous le soleil rasant. Il leur jetait des poignées de blé écrasé et parfois de l'avoine à chevaux, puis il retournait à ses eunuques, autorisés à passer les portes du palais dès le petit matin, pour en recevoir l'hommage et les conseils timides. De la même manière à cent ans d'intervalle, les princes d'ici en situation d'accéder mais privés de miroir, regardent entre deux biscottes beurrées leur écran bourré de flagornerie courtisane. Dans le tiroir ils prennent des parchemins tout neufs et des médailles pieuses qu'ils jettent aux connards, euh... aux canards de la cour, mais pas basse. Et eux de réciter : "Vous z'êtes le plus beau des z'hôtes de ce bois". A dire vrai, aucun n'a de canards, ni de mare ou d'étang... c'est une allégorie !
(*) Michel Audiard in Cent Mille Dollars au Soleil d'Henri Verneuil

Il est très curieux de voir la dérive d'emmurement des prétendants au trône en ce début de siècle, surtout de celui dont on croyait l'esprit plus délié que la moyenne de ses concurrents. A l'heure de la cinquantaine, il s'enferme déjà dans son "château" de Dreux qu'il fait visiter comme un nouveau riche, joue au seigneur féodal mais sans fief ni censive, pavoise sa tour à son chiffre, remet des trophées aux gueux d'en-bas, sonne du cor du haut de chez lui pour fêter les champions du monde, fait partir la course cycliste, retranche ses enfants de l'école et, et, et... promeut les intérêts d'une fondation partisane qui défend des idées pro-vie - qui sont un peu les miennes - mais qui, dans une logique de récupération du pouvoir, le coupe des deux-tiers des Français qui devront un jour le plébisciter. Donc, même s'il ne le souhaite pas, il sort du jeu.

Son père, titulaire d'une charge virtuelle sans avenir à son âge, se confit en jeux de rôles, créant des ordres de chevalerie et des croix qui meublent ses longues soirées sous tisanes, court les messes de repentir et maintient à leurs frais une palanquée de chevaliers d'opérette enthousiasmés par des "titres en attente". C'est le pain dur qu'on jette aux canards de la mare que nous évoquions plus haut. Feu son père en faisait grand emploi pour son argent de poche. Ce microcosme confine au nanocosme mais qu'importe, il n'y a que peu de place devant l'âtre armorié !

L'abandon chez le parti d'Orléans du camp clos et, selon la formule de Brantôme, de ses combats à outrance, devrait réjouir les partisans de l'aîné des Capétiens, duc d'Anjou à ses heures, occupé à Madrid par ses affaires, sa famille et son clan, mais toujours prêt à se rendre disponible pour jeter lui-aussi du pain dur à ses canards français. Ô Dieu des Francs ! le voila parti combattre le gouvernement espagnol à la tête d'une fondation nationale franquiste héritée de sa mère, nouvelle duchesse de Franco à la mort de la sienne, fondation menacée de délégalisation par une partie des Cortes de Madrid, ce qui normalement devrait pousser son président à prendre le maquis comme dans la période carliste. C'est vrai qu'on commençait à s'emmerder ! N'est-ce pas Bauffremont, euh... Monsieur le Duc ?

Amerrissage impeccable !

La doxa anti-franquiste française lui interdit désormais de briguer le trône de France avec le minimum de chances nécessaire, au milieu de la République établie dont le cœur a toujours penché pour les républicains espagnols. Ce fait nouveau n'est pas mortel en soi pour la Cause, mais peut le barrer des manifestations régaliennes du souvenir où il est automatiquement invité, comme la messe anniversaire de la création des Invalides par son ancêtre Louis le Grand. Serait alors fini le plan "com" de l'Institut de Bourbon qui vise à imprimer son visage et sa prestance dans l'opinion à travers des manifestations qui ne mangent pas de pain politique et ne gênent pas les pouvoirs en place. Alors comme chez les D'Orléans à l'époque du défunt comte de Paris, sautera-t-on l'héritier de Louis XIV, incapable par immoralité et défaut de tenue correcte en Valle de Los Caídos, pour adouber son fils ?
L'espérance légitimiste ne pourrait que s'effondrer, car elle roule sur des lois à écartement fixe comme des rails de chemin de fer. Depuis la résurgence des Bourbons après la seconde guerre mondiale, les lois irréfragables du royaume ont été dès le départ le leitmotiv de la revendication légitimiste contre la branche cadette usurpatrice. Tout le principe dynastique partirait à l'eau, les ultrabrites nous le confirment : le peuple ne choisit pas son roi, Dieu y pourvoit. Circulez !

C'est à ce stade que l'on devrait se disputer sur la logique céleste qui a laissé crever le projet capétien issu du sang du roi David pour le relancer sur des bases en l'état improbables, si tant est qu'on les connaisse un jour. A part le roi d'au-delà des mers, le bateau blanc ou le retour de John Frum, je ne vois rien que je puisse expliquer pour faciliter la restauration par le Ciel en la reliant au passé. Et cela tombe très bien, l'affaire étant de foi plus que de raison, s'acharner à convaincre relève de l'intercession divine ou de la foudre ; à quoi j'ajouterais qu'on tue plus pour la foi que par la raison.

En attendant l'hypothétique renfort de la Providence, nous devons parler de monarchie tous les jours ou presque et ensemencer l'opinion à l'idée d'une famille royale, en lieu et place d'éphémères locataires de l'Elysée qui n'ont pas l'intérêt du pays chevillé au cœur comme des rois, ne possédant par eux-mêmes qu'un infime fraction du patrimoine, mesurable en toises, parfois à crédit ! Une personne étrangère au microcosme m'assurait tantôt que les émirs du Golfe, les princes de Monaco ou de Liechtenstein, le sultan de Bruneï et dans une moindre mesure les rois et reines du Nord, se démènent pour le bien commun et la perpétuation de leur monarchie parce qu'elle leur appartient, c'est leur "chose". A qui appartient la République française ? On le saura quand la banqueroute publique aura tari les prestations sociales généralisées à compte d'autrui. Se lèveront alors les contributeurs contre les assistés en colère ! La guerre de tous contre tous, la Gaule éternelle quoi ! Et personne au-dessus de la mêlée pour couvrir le vacarme et faire entendre raison, au canon s'il le faut.

D'accord, ce n'est pas tendance ! La famille royale l'est-elle encore ? Je vais de ce pas donner à manger aux canards. Les miens sont des colverts. 后会有期。À tchao, bonsoir !




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