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mercredi 13 septembre 2023

La Droite où l'on arrive jamais...*

*C'est un titre d'Yves-Marie Adeline et Hugues de Soyecourt, disponible à l'Alliance royale (clic).

Beaucoup d'agitation dans le camp retranché de la droite pour les élections européennes, mais nul ne veut refaire le parti de la Ligue à moins bien sûr d'en être lui-même le chef. Je ne sais plus quel journaliste américain en poste à Paris, surtout au Harry's Bar, me disait devant un blue lagoon qu'il y avait trop de "chefs" en cuisine à droite pour que les plats arrivent en salle et soient bons.

Voici les sondages : Toutes catégories confondues, le score le plus fort en intentions de vote est l'abstention : ce serait du 55+/-5% puis viennent les quatre partis qui nous intéressent :
- Rassemblement national/Bardella à 25%
- Les Républicains/Bellamy-Barnier à 9%
- Reconquête/Maréchal à 6%
- Debout la France/Dupont-Aignan à 3%

Il saute aux yeux que le RN, qui devance déjà le patchwork Renaissance à 23%, n'est pas demandeur d'un renfort, qui l'amènerait fatalement sur des bordures qu'il ne veut pas piétiner. En plus, Jordan Bardella n'a pas commencé sa campagne et il est un débatteur qui peut améliorer le chiffre tant il est bon. Un 30% est à sa portée, sans qu'il ait besoin du rancisme de Zemmour ni des hypothèques de pouvoir stérile des Républicains. Qui est-il d'abord ?

Jordan Bardella avec son rictus chiraquien
Pur produit de l'immigration heureuse, né à Drancy aujourd'hui en 1995 d'une souche italo-kabyle, Jordan Bardella fera très tôt de la politique en intégrant l'UNI. Cultivant une certaine intimité avec une fille du clan du Menhir, il accèdera facilement à la rampe de lumière du FN-RN, parce qu'il est surtout foutrement intelligent et très délié dans son discours. Tout le monde comprend Jordan Bardella, et d'abord sur les sujets difficiles. C'est pourquoi nous pensons qu'il peut améliorer le score RN aux Européennes de 2024 et, si nous le pensons dans notre cuisine, d'autres ont compris aussi qu'il y avait un train à prendre qui arrivera à l'heure pour une fois. C'est pourquoi la Droite, une fois encore ne coagulera pas en une alliance de circonstance capable de la faire gagner en sièges au Parlement de Strasbourg. Plus sur l'homme, voir la Wikipedia.

L'autre pointure dans le basket c'est bien évidemment Marion Maréchal. Elle aussi est intelligente et a un esprit délié, mais il n'a pas la plasticité de celui du jeune patron du RN ; en un mot, elle ne peut (sait) pas parler de tout en restant convaincante. Avant d'en venir au porte-à-faux Zemmour, il faut quand même dire que le projet qui devait la lancer à pleine vitesse sur une ligne droite politique, a fait pschitt. L'ISSEP de Lyon (Institut des sciences sociales, économiques et politiques) est un four, pour une première raison : il y a beaucoup de concurrence dans ce secteur de grandes écoles de management et la validation des diplômes par l'Etat est primordiale pour que s'y inscrivent des élèves cotisants en nombre. Même s'il y a quelques noms connus, on n'a jamais vu non plus de vraies pointures dans le corps enseignant et sans doute trop d'éditorialistes moyens. L'autre problème de Marion Maréchal est la présence à ses côtés de Nicolas Bay et Guillaume Peltier au Bureau national du parti zemmourien. Ces ambitieux ont un agenda qui croise celui de belle blonde et leur CV les garantit sans scrupules. Mais elle a par son mari italien des connexions que les autres n'ont pas et qui pourraient compenser dans les couloirs de l'institution européenne.

Reste le syndicat des sortants, Les Républicains, réunissant toujours les deux courants du centre libéral et de la droite affaissée de gouvernement. Leur chef actuel à Strasbourg est François-Xavier Bellamy, prof de philo, intelligent et assez bon débatteur, mais - est-ce physique ? - il n'imprime pas, comme on dit chez les sondeurs. Le parti de M. Ciotti aurait-il enfin un candidat naturel ? Nul n'en voit et les tentations sont grandes d'aller faire masse chez Horizons pour profiter des bons sondages d'Edouard Philippe, si tant est qu'il y reste de la place depuis que le Petit Reître qui s'agite en tous sens avant que ne claque la trappe judiciaire, a adoubé Moussa Darmanin pour la présidentielle de 2027 sans voir qu'il ne fait pas le poids. Les malins ont vu le défaut de carres et la connivence des nains. Chez Horizons et le hamac électoral promis !

Un mot sur celui que tout le monde avait en tête jadis, Eric Zemmour. Ses qualités de polémiste n'ont pas suffi à transformer le lecteur en électeur. Son plus gros défaut, et c'est la fente de l'armure, est son inclination à solliciter l'histoire pour nourrir son présupposé. La dernière bêtise est cette affaire de Pétain sauveur des juifs français. C'est une légende urbaine que j'entends depuis mon enfance et qui n'a jamais pu être prouvée dans aucun protocole de recherche. Pourquoi s'y agripper comme la moule au bouchot ? Il semble incapable de ne pas avoir raison, surtout dans le domaine de l'histoire du dimanche. Le roman national(iste) est de plus en plus romancé. Sa prosopopée l'enferre et il semble que personne ne puisse le convaincre d'arrêter le massacre de ses idées par ailleurs de bons sens souvent. Ses travers prendront le pas sur le programme de sa tête de liste et augurent d'un petit score (3%?) après lequel les troupes se débanderont en vue des prochaines législatives.

A qui Bardella prendra-t-il des voix ? Aux Républicains bien sûr, même si le programme socio-économique de Marine Le Pen est un repoussoir pour les électeurs actifs qui se lèvent plus tôt qu'elle. Six ou 7% ? Ce sera bien payé vu le brouillard programmatique de ce parti téfalien et enterrera définitivement ses chances futures. Les affaires à droite se discutent désormais hors de lui, entre Philippe, Le Maire, Woerth, Bayrou voire Darmanin et Sarkozy. La Droite sera alors représentée par le Rassemblement national avec une politique sociale à l'Insoumise qui répond parfaitement au constat d'Yves-Marie Adeline, lequel expliquait dans son livre en titre « pourquoi la droite, même quand elle est au pouvoir, est contrainte à faire une politique de gauche » mais cette fois pour d'autres raisons que morales, par pure démagogie, le second péché capital de la démocratie après la luxure des élus.

lundi 29 mai 2023

Miscellanées de Pentecôte

A tout seigneur... le pélé de Chartres 2023 est un franc succès avec un doublement du nombre de pèlerins. Un reportage, paru dimanche sur une chaîne mainstream de la télévision, s'est attardé, en marchant, sur le tronçon "tradi" de cette merveilleuse aventure, nous spécifiant qu'il s'agissait de catholiques "pré-conciliaires" suivant la messe en latin, marquant, ce disant, un progrès indéniable du journalisme de consommation. Que des jeunes pleins de joie, prêtres en soutane et moines en capuche ! on n'a pas vu l'abbé de La Morandais.

une colonne du pèlerinage de Chartres

J'ai suivi sur le canal 592 l'avalanche des résultats de la présidentielle turque qu'Erdogan a finalement gagnée avec 52% des suffrages. Le renfort décisif de la diaspora très nationaliste - elle ne subit aucun désagrément de la crise économique domestique et ne voit que le pouvoir de nuisance internationale de la Sublime Porte dont elle est fière - a consolidé le succès très net du Sultan dans la voie électorale, qui avec 25.433.000 voix contre lui n'est quand même pas plébiscité. Son concurrent, attaché à redresser la situation socio-économique et financière du pays et à virer les réfugiés syriens, n'a pu remporter les enchères électoralistes en Anatolie. Ceci dit, c'est pareil chez nous, mais en plus subtil.

Fois mille : un voisin est venu hier me demander de lui prêter mon jeu de clés en pouces. "Deux minutes" lui ai-je répondu, à quoi il me dit "prenez en mille, j'ai tout mon temps". Allant à l'atelier, je me suis mis à faire un peu de calcul mental par hygiène, pour trouver que mille secondes faisaient un gros quart d'heure. Je lui en fis part en lui donnant la boîte et nous nous mîmes à calculer :
Mille fois mille, soit un million de secondes font presque une douzaine de jours (11,6) ; mais mille fois plus, soit un milliard de secondes nous portent à 32 ans (31,7) et mille fois plus encore, un trillion, nous fait bondir de 317 siècles ! Mazette. C'est l'époque de Cro-Magnon. Ça sert à quoi, me direz-vous ? A méditer sur notre avenir.

Justement, en soufflant sa bougie de centenaire, le gourou Kissinger a bien capté que l'intelligence artificielle rebattait toutes les cartes géostratégiques par le monde. La puissance pure développée en continu par l'IA va donner le lead aux pays qui la maîtriseront, c'est à dire aux peuples les plus intelligents. S'il ne doute pas des Chinois, il exclut déjà les Russes. Quant aux autres c'est selon. A mon avis, le degré de liberté créative fera la différence. La France aurait sa chance si l'Etat se désengageait de l'économie qu'il veut absolument diriger malgré ses insuffisances.

Parlant de la technocratie, d'un œil distrait j'ai vu sur l'écran bleu que le Premier ministre Borne avait traité le Rassemblement National d'Enfants de Pétain. Depuis un moment déjà elle cultive une image de socialiste pénétrée de compétences et de raison, mais elle oublie que dans un régime démocratique, d'images donc, il faut avoir la gueule de l'emploi, ce qui lui fait défaut. Sur le fond de l'histoire, c'est vrai, mais on peut arguer en bon dialecticien (comme Sébastien Chenu) qu'ils (les enfants) n'ont jamais été majoritaires. De vrais résistants ont soutenu le Menhir.

Terminons sur le gag du jour : l'excellentissime Rishi Sunak - le Trudeau anglais bronzé à l'année voire le Macron britannique avec du blé - a déclaré au DUP de Belfast qu'après les nouveaux accords européens en Mer d'Irlande, l'Ulster avait la chance inouïe d'un accès privilégié à la fois au marché britannique, le cinquième du monde, et au marché unique européen, le plus large et solvable au monde. A quoi le Labour a répondu avec perfidie que c'était la situation dans laquelle se trouvait tout le Royaume Uni avant le désastreux Brexit. Le clown Farage, Nigel Farage, la coqueluche des souverainistes français, en convient : le Brexit a complètement merdé.
Les Rosbifs jettent aujourd'hui tous leurs maux dans le plateau "Brexit" de la balance quand, avant 2016, ils les mettaient tous dans celui de "l'Union européenne". Il faut dire qu'ils en chient comme des Russes depuis qu'ils se sont aperçus que la terre était beaucoup plus basse que ce qu'en disaient les Bulgares qui la cultivaient jusque ici. Leurs récoltes pourrissent dans les arbres et sur pied. Je ne vois pas chez nous Philippot aller aux fraises. Et Singapour-sur-Tamise ne ruisselle pas sur les inforthunés. Mais il n'a pas plu ce week-end, c'est déjà ça.

S'il en manque une, la voici : ils ont viré Patrick Cohen de Radio-France. Je vais m'acheter une livre d'oignons.

jeudi 30 juin 2022

Le discours si républicain de José Gonzalez

Avant-propos

Du bruit dans le Landerneau politique parisien, le doyen d'âge est originaire de l'Algérie française, d'Oran précisément. Il lui a suffit d'évoquer la rupture de 1962 et le mal qu'elle lui fit pour que les grandes voix de la république couchée s'émeuvent et qualifient ce moment de "génant". Il leur en faut si peu ! Ce vieux militant du Front national n'a pas exalté l'OAS ou la colonisation, non ! Il a juste fait comprendre qu'il venait de là-bas contre son gré. José Gonzalez, parfaitement honorable, a sa fiche Wikipedia. Voici son discours pour vos archives.

José Gonzalès à la tribune du palais Bourbon

Allocution du doyen d'âge à l'Assemblée nationale lors de la séance du 28 juin 2022


Monsieur le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement, mes chers collègues, c’est avec émotion et solennité que je m’exprime aujourd’hui, ayant le vénérable privilège d’être le doyen de notre assemblée.

Sans attendre, j’adresse à chacune et chacun d’entre vous, élus de métropole, élus d’outre-mer et représentants des Français du monde, mes plus sincères félicitations pour son élection ou sa réélection (applaudissements).
J’ai, en ces moments, une pensée toute particulière pour ceux qui m’ont précédé dans cet inestimable honneur d’ouvrir la première séance d’une législature, en particulier pour le vénérable parlementaire que fut Édouard Frédéric-Dupont et pour ce grand Français que fut Marcel Dassault. Qu’il me soit permis de saluer son arrière-petit-fils, notre collègue Victor Habert-Dassault, réélu au siège du regretté Olivier Dassault.
Cette émotion, nous sommes nombreux à la ressentir au sein de cet hémicycle où nous accompagnent de leur écrasante présence toutes les glorieuses figures de l’histoire de France qui nous ont précédés sous ce dôme de lumière. Ce lieu qui résonne encore de tous les grands débats qui ont marqué notre vie démocratique est un lieu d’histoire, mais aussi, peut-être, pour les millions de Français qui attendent beaucoup de nous, un lieu d’espoir. En ce lieu sacré de la représentation du peuple français, de l’expression de la volonté nationale, vous voir réunis côte à côte, par ordre alphabétique, au-delà de toutes nos divergences, est un symbole d’unité française.

Ce symbole touche l’enfant d’une France d’ailleurs que je suis, arraché à sa terre natale et drossé sur les côtes de Provence par les vents de l’histoire en 1962. J’ai laissé là-bas une partie de ma France et beaucoup d’amis. Je suis un homme qui a vu son âme à jamais meurtrie... Pardonnez mon émotion, je pense à mes amis que j’ai laissés là-bas (applaudissements).
Je suis un homme qui a vu son âme à jamais meurtrie par le sentiment d’abandon et les périodes de déchirement. Comme nous tous, je n’en doute pas, je sais combien cette exigence d’unité française est nécessaire, notamment dans les temps complexes que nous traversons. J’émets le souhait, mes chers collègues, qu’elle éclaire nos débats et inspire nos décisions.

Sur décision du peuple, une assemblée profondément renouvelée s’installe.
Chacun ne pourra que se féliciter que la sagesse du corps électoral ait pu venir compenser la brutalité d’un mode de scrutin qui a parfois fait naître chez certains Français l’amertume de ne pas être représentés. Les courants même minoritaires sont toujours utiles à la richesse d’un débat démocratique ou à l’émergence de nouveaux thèmes dans le débat public. Mais nous ne devons pas oublier qu’en choisissant l’abstention, nombre de compatriotes nous appellent certainement encore à une réflexion sur la représentativité politique et la démocratie sociale.
La configuration politique de cette assemblée nous fait vivre une situation presque inédite dans l’histoire de la Vème République, avec une représentation nationale appelée à prendre une place plus centrale.
Sans méconnaître ni l’expression de nos convictions propres, ni les passions légitimes qui animent chacun d’entre nous, cet hémicycle est un lieu où doit vivre le débat ; et sans perdre de vue le sens du mandat que nous ont confié nos électeurs, il nous appartiendra de trouver les voies et les moyens pour œuvrer collectivement pour le bien du pays et dans l’intérêt des Français, notamment des plus modestes et vulnérables d’entre eux.
Permettez-moi, au seuil de cette législature, d’émettre le vœu que cette situation politique particulière développe l’écoute, le respect et le dialogue, plutôt que l’invective, la confrontation stérile et les anathèmes ; qu’elle contribue à réconcilier les Français avec la politique et avec les politiques ; qu’elle permette à chacun de redécouvrir à cette occasion l’utilité du débat et de la décision politiques pour l’amélioration de la vie quotidienne de tous.

Je nous souhaite d’être des législateurs audacieux et fructueux ; à chacun d’entre vous, je souhaite le meilleur dans l’accomplissement de son exaltante mission et je forme, pour notre patrie, des vœux de belle et grande réussite.
Vive la République ! Vive la France !
(applaudissements)

lundi 31 janvier 2022

L'heure de la "chouette"

L'affaire était annoncée à grand tapage, qui ne fut pas soutenu, aussi longtemps que l'actualité n'offre mieux, plus clivant, divisif, scandaleux. L'alarme et le scandale sont les deux mamelles de l'info en continu qui ne vit que d'audience. Demain ce sera le satyre assassin Lelandais !

Ainsi le jacassement insupportable de la pie Taubira parvint-il à couvrir dimanche le frou-frou des suavités sucrées de l'arrivée de Marion Maréchal dans la campagne présidentielle. "Back to the trees !" a-t-on envie de crier à la sorcière vaudoue, qu'on puisse entendre enfin les propos rassurants de l'égérie blonde des conservateurs totaux. Parce qu'on l'écoute, elle, contrairement à Valérie Pécresse que le téléspectateur zappe ! Parce que son charme dont elle sait si bien jouer avec sa coqueterie dans l'œil, est ce qui manque à Eric Zemmour pour éloigner la peur qui plane sur son programme radical quand il s'adresse à la droite classique et cocue d'avance.

Marion Maréchal

Que Marion Maréchal ne soutienne pas sa tante n'est un scoop pour personne, sauf pour le fond de panier des puceaux de l'école de journalisme, puisque les deux Le Pen ont rompu il y a cinq ans maintenant et que la fille du Pirate a procédé à des purges staliniennes au sein de son parti renommé RN, afin d'éliminer la concurrence de l'altière beauté au parler clair. Marion Maréchal ne "lâche" pas Marine Le Pen puisqu'elle ne l'a jamais "tenue". Elle a néanmoins un agenda.

Le projet de sa vie est un four ! Il n'a pas suffi d'un hall d'entrée très réussi, de communiquer abondamment et dans l'emphase sur les cursus de l'ISSEP à Lyon, pour que la nouvelle ENA prenne ses marques, obtienne la reconnaissance d'un diplôme et soit submergée de candidats-étudiants. Avec un effectif de cours de sténodactylographie, quelques profs de droite et un cycle de séminaires, la fusée du tradi-conservatisme français s'est crashée. Qui ne risque rien... bien sûr ! On devine ensuite que l'un des esprits les plus déliés de la classe politique française, savourant d'avance l'averse d'applaudissements à son discours de tribune, ne pouvait pas se reconvertir dans le mannequinat, quoique ! Elle aime la politique plus que les sciences politiques, c'est de famille. Arrivent en juin prochain les élections législatives, et il lui faut trouver chaussure à son pied dans une investiture jouable. Le nouveau parti Reconquête est le vecteur idoine sur cette trajectoire électorale. D'autant qu'Eric Zemmour fut un temps son mentor et qu'ils s'entendent bien en ville. Certes, elle ne dira jamais que Tonton Léon n'a aucune chance d'accéder au second tour, malgré le renfort de vieilles carnes attirées par la lumière médiatique, d'autant qu'il est probable qu'il ne le croit pas lui-même - il est trop intelligent - mais pour agréger la masse critique nécessaire à sa candidature à la députation elle se doit de faire semblant et de chanter avec les autres : "Elle est des nôtres, elle a bu son verre comme les autres !".

Marion Maréchal

Deux réflexions gratuites : l'arrivée de Marion Maréchal chez Reconquista n'aura qu'un effet booster limité, puisque ses supporters ont déjà décidé de voter Zemmour. Par contre le problème se pose au Rassemblement national : Marion Maréchal a gardé des partisans au sein du parti Le Pen qui pourraient trahir par sympathie, sinon par arrivisme. Il faut dire que beaucoup de cadres RN, et pas que les maréchalistes, regrettent qu'un discours mieux articulé, plus intellectuel et plus résilient sur une ligne de droite décomplexée, ne soit pas porté par leur candidate. Il y a des gens qui savent parler et débattre comme Jordan Bardella ou Nicolas Bay, mais il en faudrait bien plus pour déborder des bataillons "ras-le-front" vers ceux de la classe moyenne inférieure en quête de réformes (les gilets jaunes des ronds-points). Marion Maréchal parle à ces gens-là et dans le même mouvement à la fachosphère dont elle coche toutes les cases ! Bruno Mégret anticipe l'émiettement du parti, mais vu ce qu'il y a subi, on ne peut entièrement faire confiance en son jugement. Je ne sais ce qu'en pense le petit télégraphiste Ménard qui ne cesse de s'agiter dans l'imploration d'une réunion de gens qui se détestent. Se sent-il une vocation de sous-maîtresse au One-Two-Two de la droite forte organisant une partie carrée ? Ce type m'horripile. Carrément, mais son heure est passée, les candidats n'ont rien à foutre du petit maire de Béziers qui se croit un destin national. Bon ! On va de nouveau entendre Marion Maréchal, et c'est déjà l'effet kiss-cool.

lundi 21 juin 2021

Les Français jettent au loin le bouffon

J'ai une question au fond de la salle. Oui ?
- Que pensez-vous des résultats globaux aux cantonales et régionales d'hier ?
Je vous remercie, même si votre question me prend de court et j'insisterai sur un point particulier :

La victoire inespérée du parti abstentionniste (66% de moyenne) signale un désappétit des veaux pour la démocratie directe puisque ce sont des circonscriptions gestionnaires de notre quotidien qui recueillent les effets du désenchantement politique. Certes la participation augmente pour l'élection présidentielle, mais chacun sait qu'il y a toujours plus de parieurs au Grand Prix d'Amérique qu'habituellement ! Les Français aiment le show, vont aux arènes et manifestent bruyamment ! Mais peuple immature s'il en fut (dix régimes en deux siècles), il boude l'expression de ses choix quand on les lui demande. D'accord ! la classe politique n'est pas affriolante (un peu de charité chrétienne nous engage à ne pas poursuivre l'inventaire), et le mode de scrutin est compliqué à dessein pour faire émerger des majorités construites sur le trafic d'intérêts - inutile d'expliquer le truc à un étranger. Mais s'agissant de la gestion publique de notre vie intime dans les domaines les plus personnels, on aurait pu s'attendre à une affluence "normale", quelles que soient les difficultés de l'heure.

Deux résultats méritent un coup de lampe, qui vont à contre-courant des incantations en plateaux d'hier soir. La France insoumise et les partis révolutionnaires traditionnels se sont liquéfiés ; ce qui n'empêche pas les adeptes de M. Mélenchon de continuer à parader malgré le vacarme de la crécelle à lépreux qui les suit. Le Rassemblement national se vautre certes, malgré une présence médiatique soutenue pour les raisons propres au pouvoir central en vue de la présidentielle de 2022, mais il fait des scores raisonnables aux cantonales puisqu'il vire en tête dans de nombreux départements. Pour mémoire : dans le Nord, le Pas-de-Calais, l'Aisne, la Marne, l'Essonne, l'Aube, la Moselle, l'Yonne, la Côte d'Or, le Doubs, l'Alsace, le Cher, le Loir et Cher, la Gironde, les Pyrénées orientales, l'Hérault, le Gard, les Bouches du Rhône, le Vaucluse et le Var. Certes au second tour, leurs adversaires peuvent regrouper des voix pour passer devant et gagner les bonifications au premier arrivé. Mais c'est un signe.
Côté Bolivariens, c'est moins brillant. Par exemple en Aveyron : malgré les pressions énormes sur l'emploi industriel qui ont poussé un peu plus fortement qu'ailleurs les électeurs vers les bureaux de vote (56,72% d'abstention seulement), avec un déplacement tonitruant du lider Mélenchon à Viviez chez SAM, LFi fait 0,66% et la Gauche unie, 2,72% derrière le PCF à 3,35% ! La confiance n'est pas là. Et plus généralement il aura fallu le fin minois de Clementine Autain en région parisienne pour que les Insoumis se sortent le cul des ronces ! Cela augure mal de la suite pour le Ché dont personne ne veut, sauf les sondeurs !

On pourrait faire cent lignes sur le désintérêt des Français pour une démocratie confisquée par les appareils - ils sont les Gilets jaunes des ronds-points - mais il sera difficile aux tenants de la démocratie directe de réveiller les morts. Une démocratie sans électeurs tournera vite à la kleptocratie par le phénomène de l'entre-soi. Les Français dans leur grande majorité vomissent leur classe politique. Il faut dire qu'elle ruine le pays en continu, ne sachant ni le gouverner ni le réformer. Quoiqu'il en pense, le prestige de M. Macron en a pris un sacré coup dans les enceintes internationales (lire la presse étrangère), autant sinon plus que la gifle de Tain. L'indice de popularité extravagante créé par les instituts se transforme en indice d'hilarité !

lundi 1 juillet 2019

Chances pour la France

Allée du Château d'Ailly à Parigny


Le programme du Camp Maxime Real del Sarte 2019 (18-25 août) tournera autour de cinq thèmes réunis sous le titre général de Chances pour la France.

Il est tentant de développer chacun d'eux pour "cadrer" l'éventuel débat dans le but de nourrir un début de buzz, mais il est aussi possible d'approfondir le titre en soi, globalement ! Ce à quoi nous nous résignerons faute de temps et de courage peut-être sous ces chaleurs. L'avenir d'un pays se dessine toujours dans la zone d'intersection de trois faisceaux de paramètres que l'on pourrait appeler : atouts, contraintes et handicaps. Comme cet article n'est pas un thèse universitaire pour impressionner les gueux, disons tout de suite que le premier défi français est que les atouts de la France sont des restes, à la notable exception de la francophonie !

Pour changer des autres fois, commençons donc par nos atouts, d'où qu'ils viennent. C'est majoritairement l'héritage de l'ancien imperium mondial qui nous les a procurés :



NOS ATOUTS

Siège permanent au Conseil de sécurité des Nations-Unies, qui permet d'être au cœur du réacteur de la gouvernance mondiale même si nous n'y avons qu'un levier à notre mesure ; mais au moins nous savons ce qu'il s'y passe avant d'autres. Et s'y attache du prestige malgré tout que l'Allemagne, l'Inde et le Japon nous envient.

Direction générale du Fonds monétaire international avec les mêmes avantages que notre position onusienne, sauf que notre nomination est un gentleman agreement, donc précaire.

Pays-hôte de l'UNESCO, pays-hôte de l'Institut du monde arabe, choix qui assoient notre majorat dans toutes les affaires culturelles du monde. Disons que nous nous en sortons pas si mal après un passé colonial intense...

Troisièmes ou deuxièmes forces armées atlantiques, classement disputé avec le Royaume-Uni. On nous dit capables d'entrer en premiers sur tout théâtre d'opérations. Acceptons-en l'augure, même si jusqu'à ce jour nous n'avons pu donner de preuves ailleurs que dans le contexte d'opérations de gendarmerie coloniale. Il faudrait le tester contre des chars, des missiles et des canons. Toutes les interventions antérieures l'ont été au sein d'une coalition occidentale, nous permettant de profiter d'une mutualisation de la logistique et du renseignement. Cet atout, quand même réel autant que les autres armées nous le reconnaissent, affronte directement la contrainte budgétaire qui est le sujet primordial de dispute quand on veut améliorer un pays socialiste.

Aéronautique où le conglomérat franco-européen que nous avons construit avec les Allemands restera pour longtemps le succès du siècle. Airbus ne cesse d'étonner outre-Atlantique, mais ses patrons ont eu la bonne idée de construire des usines aux Etats-Unis et d'y acheter des moteurs.

Astronautique, même configuration qu'Airbus mais sur crédits publics, ce qui signale les limites de l'exercice au moment où de grosses start-up anglo-américaines privées s'emparent d'une partie non négligeable du marché spatial de proximité. L'ESA avec ses patrons d'Etat pourra-t-elle remonter au vent ? Les conséquences sont grandes pour nos industries de pointe.

Complexe agro-alimentaire. Si nous sommes un acteur mondial sur le marché des denrées agricoles et des vins fins, nous sommes d'abord et surtout "le" pays référent en termes de qualité, diversité et goût (en dépit du pilonnage d'Elise Lucet). C'est comme ça que nous sommes perçus chez les nations populeuses d'Asie qui cherchent même à produire en terre française pour importer directement chez elles. Et nous publions le livre le plus attendu dans le monde chaque année, le Guide Michelin ! Gérons mieux l'espace productif et cessons une bonne fois pour toutes l'artificialisation des sols. Stop au béton communal !

Complexe de la mode et du luxe, c'est l'emblème au chef du blason français. Inégalés, jalousés, nous sommes hors-concours. La disparition récente de Karl Lagerfeld a montré du doigt l'inatteignable étoile selon l'expression de Jacques Brel ! Le premier des suivants est l'Italie. Mais on est consacré à Paris.

Francophonie. Avec des hauts et des bas, la langue française gagne du terrain régulièrement pour deux motifs importants : elle est la langue véhiculaire (et civilisationnelle) de nombreuses ethnies africaines ; elle est une langue difficile, précise, mathématique, le grec moderne disent les Chinois éduqués, qui rehausse l'intelligence et le prestige du locuteur. Les familles de la haute poussent partout leurs gosses vers le français, au moins en deuxième langue, autant pour la formation de l'esprit que pour appréhender la littérature française. Elle a ses chances devant le pidgin-english qui envahit les slums. Dit en passant, écoutez sur RFi le matin le français accentué à la tronçonneuse des locuteurs africains, vous entendrez un vocabulaire bien plus riche que celui de leurs homologues français et des gens qui savent conjuguer au subjonctif. Quelle leçon pour notre Education nationale et nos écoles de journalisme !


Il y a bien d'autres atouts français mais aucun n'établit notre domination de secteur autant que ceux précités. On ne peut quitter ce chapitre sans signaler quand même le Bigh Pharma français, l'industrie et recherche nucléaire (ITER), la filière automobile, la chimie, la bancassurance, l'agronomie, mais nos contempteurs augmentent en capacités et savoirs, ils se rapprochent de nous.
Parmi les atouts secondaires, très nombreux depuis l'artisanat d'art jusqu'au développement numérique, on doit citer aussi la diaspora française qui multiplie les succès dans les coins les plus reculés du monde comme dans les mégapoles modernes. Des Français, il y en a partout. Sait-on que la distribution de produits alimentaires en Nouvelle-Guinée est assurée par un Français ? L'hôtellerie de grand luxe est souvent française sous les cocotiers. Reste à savoir pourquoi sont-ils partis, la question mériterait un article à soi-seul.



NOS CONTRAINTES & HANDICAPS

Les contraintes sont les paramètres que nous devons optimiser pour augmenter notre souveraineté dans un monde globalisé. A ne pas confondre avec nos handicaps que nous sommes condamnés à réduire si nous ne voulons pas devenir à terme une réserve d'indiens ! Commençons par le plus facile et le moins connu : la Z.E.E.


La Zone économique exclusive de la France, au sens des dispositions de la Convention ONU de Montego Bay en 1982, est la deuxième du monde, sur le papier. La Wikipedia a fait un bon article sur ça. Ces zones de souveraineté jusqu'à deux cents milles nautiques du trait de côte sont des sujets de disputes permanents et parfois de conflits, quand il y a quelque chose à valoriser, halieutique ou hydrocarbures. Par ses possessions de l'Océan pacifique et divers archipels ci et là, la France a une surface considérable du monde maritime. Malgré des distances énormes, elle y protège la pêche autant que possible en attendant que la pression sur les ressources limitées ne transforme les poissons sauvages en gisements aurifères, auquel cas sa flotte de surveillance n'y suffira plus. Au moment des ZEE, on a beaucoup parlé des nodules métalliques, et les institutions publiques de recherche faisaient des animations sur les haveuses des abysses qui récoltaient de précieux nodules remontés dans des cargos géants. Depuis, l'exploration de la faisabilité a beaucoup progressé et les nodules sont confirmés comme ressource "potentielle" exigeant d'énormes capitaux. Malgré ses unités de recherche en mer, on voit mal la France exploiter seule sa ZEE de nodules polymétalliques. Nul n'a commencé vraiment.

Par contre, le patrimoine maritime peut virer à la contrainte si la guerre à l'inversion climatique et à la pollution marine met en tension la responsabilité du "propriétaire". Certes la pollution suit les courants vagabonds mais n'est-il pas plus simple de se partager le monde dans les frontières reconnues des ZEE et chacun de nettoyer son lot ? Vu les surfaces engagées et les moyens disponibles pour un Etat failli, le défi est insurmontable. Viendra alors le temps des mises en "concession" ; les lots abandonnés par les incapables seront offerts dans des adjudications internationales qui feront fi des tracés en pointillé sur les cartes marines. En résumé, l'avenir des ZEE coûtera très cher à valoriser et à entretenir, et la France n'a plus les épaules.

Industrie touristique. C'est une contrainte autant qu'un atout. La richesse du patrimoine français associé à une culture que le monde entier nous envie (ce n'est pas pour ce coup une formule) est un atout économique majeur autant qu'un vecteur de prestige. Il vient de loin et nos révolutions en ont laissé beaucoup. Mais comme d'autres domaines, la galoche patrimoniale est bien plus grande en pointure que le pied petit qui s'y engage. Après que Rockfeller ait payé les toits du Château de Versailles en 1925, on ne compte plus les interventions du mécénat étranger et privé pour maintenir à flot notre capital touristique. Le régime, rongé par le clientélisme et l'assistance sociale, n'y parvient plus (Loto du patrimoine...) et le désastre de Notre-Dame de Paris signale les insuffisances tragiques d'une administration cooptée, nonchalante et impécunieuse.

Il n'est pas innocent que les pouvoirs publics laissent fuiter le projet d'aménagement international de l'Ile de la Cité de Paris, sachant bien au fond que seules les grandes marques trouveront l'argent de la rénovation urbaine allant de pair avec la contemporanéité de la nouvelle cathédrale de Victor Hugo.

Modèle socialiste et périmètre de l'Etat. Puisque nous venons de l'évoquer, le régime politique et social de ce pays, imposé par le Conseil national de résistance de 1945 à un peuple battu, est tout simplement inadapté aux enjeux et défis d'aujourd'hui. Il ne s'agit pas de réformer des dispositifs à bout de souffle - même si l'Allemagne, la Suède, la Canada, le Danemark l'ont réussi - mais de décaper à l'acide les effets d'une idéologie de division permanente de la société politique française qui jette les vainqueurs minoritaires du jour sur les avoirs des vaincus encore plus minoritaires du moment, à charge de revanche la prochaine fois. Ce qui marche ailleurs ne marche pas chez nous. A preuve, on truque les scrutins pour pouvoir gouverner sur leurs résultats.

En fait, c'est le régime lui-même qui est sur défaut, en panne "machine arrêtée" ; et tout le régalien trinque. Sans entrer dans le détail des nouveaux moyens de cohésion sociale qu'exige notre situation - les profs du CMRDS feront ça bien mieux - il faut convertir la population à la Justice et à la démocratie directe, et c'est d'ailleurs ce que réclamaient les Gilets jaunes d'origine sur les ronds-points. Fini les passe-droits, les régimes spéciaux, les emplois bunkérisés, la vie éternelle. Rendre aux gens leur quotidien, arracher le régalien à la dispute gauloise. Quand ?

Cela ne devrait pas se négocier, et sous la menace d'une insurrection de la technocratie qui enrôlerait toute la fonction publique, la révolution nécessaire devrait être tranchée par référendum. Mais bon, le pouvoir étant ré-électif, on peut toujours rêver. Le Bien commun ne sera pas tiré de ce tonneau démocratique, et il faut l'expliquer chaque jour un peu plus. Et en passant, rompre l'amalgame démocratie et libertés que brandissent les tenants de la pérennisation des positions juteuses (caste politique, médiats, ligues, loges...).

Recherche & développement et capitalisme hexagonal. C'est aussi grave que l'asphyxie des innovateurs par l'Etat, ses codes, ses règles, ses obsessions idéologiques. Le monde d'aujourd'hui convoque d'énormes moyens financiers et de compétences pour résoudre les problèmes de bientôt huit milliards d'humains. Que ce soit dans l'intelligence artificielle, les télécommunications, la mobilité, l'énergie propre, l'alimentation mondiale etc... l'unité de compte est le milliard de dollars. Par parenthèse, dans les tours de table chinois de la vie des affaires courantes la plaque est au demi-million de yuans, soit 64000 euros.

Le défi français est que ses capitalistes sont depuis longtemps partis. Ne restent que quelques noms emblématiques sur les doigts d'une main qui font toujours honneur à la nation, et quelques grosses sociétés anonymes mondiales ; mais on parle ici d'individus. Qui de chez nous, sort le carnet de chèques à son nom à la fin du tour de table et dit : « D'accord, je viens pour trois milliards !» Qui ? On sait les noms d'Américains, d'Australiens, d'Allemands, de Japonais ou de Chinois capables de signer. Les Français (et quelques autres) doivent "en parler avec la banque". L'épisode Fiat-Chrysler-Renault est l'illustration de ce décalage culturel : d'un côté on décide avec son propre argent, de l'autre on consulte. Et la danse du quadrille macronien qui se mêle de tout ne va pas encourager l'argent français à se découvrir.

Sous-industrialisation européenne. Handicap majeur, dévastateur de la richesse nationale et de la cohésion sociale mais qui n'est pas définitif. L'économie moderne induit de plus en plus de complexité et d'imbrications des process. Si la vieille nation chinoise habitée par une race exceptionnelle - qu'on dit avoir tout inventé jadis - montre ses capacités à surmonter la complexité croissante de son développement, il n'est pas dit que tous les pays émergents en soient capables. Parmi ceux-ci le Katanga russe, le Brésil chaotique et l'Afrique du Sud ségrégationniste ne se pavaneront pas longtemps si la mer monte. Le gros point d'interrogation est l'Inde qui touche aux étoiles d'un côté, construit une industrie mécanique énorme de l'autre, mais chez qui neuf cents millions d'habitants se lèvent avec une seule question en tête : "Où vais-je chier ce matin ?".

L'Europe est la mère de la révolution industrielle. Elle a de beaux restes et des réflexes anciens qui retrouveront de la valeur à mesure que la complexité des économies croîtra. Nous n'avons pas dit notre dernier mot. La France, l'Italie, l'Angleterre et les héritiers du Saint-Empire pourraient bien revenir au cœur du défi mondial en matière d'industrie intelligente. En attendant, protégeons nos bases et nos savoirs autant que possible, en nous méfiant des banques et des conseils internationaux.

Sur-immigration d'illettrés et fuite des compétences. C'est le grand débat. Le vieillissement européen ne peut pas être le prétexte à importer des populations en déshérence, même au prétexte de les former pour les employer ensuite. Il y a un décalage civilisationnel très important qui ne peut être résorbé sans leur assentiment. Surtout quand ces populations sont communautarisés à destination par un islamisme rural fait d'exclusion d'autrui, d'asservissement des femmes et de conquête d'un espace en propre ! Inutile d'épiloguer dans cet article. La dérive islamiste doit être rejetée comme toxique pour nos sociétés ; et l'intégration des hommes de bonne volonté encouragée en les sortant des ghettos.

La fuite des compétences qui en fait n'a jamais cessé - l'empire colonial de la vieille monarchie était déjà le déversoir démographique des plus courageux des cadets - n'est pas liée à l'immigration même si elle participe au calcul du solde négatif. Elle tient à la mondialisation et à la couleur de l'herbe plus verte ailleurs. La seule parade est de recréer ici les mêmes chances que celles existant au loin. Favoriser l'initiative et le succès en France et faire taire les médiocres et les jaloux. Ce qui nous amène au dernier handicap.

Le principe constitutionnel de précaution. Cette disposition castratrice qui privilégie la ouate à tout autre environnement est évidemment stupide pour une aussi vieille nation que la nôtre. Tuer le risque, c'est tuer l'audace, c'est casser l'élan, c'est passer tout le monde sous le joug des normateurs. Mais ce ne sont pas les guerriers de la fonction publique qui y verront à redire. L'Etat sait tout mieux que quiconque pour conduire la vie de chaque individu, du berceau à la tombe, subventionné, à crédit sur la tête de ses propres gosses ! Le libre-arbitre d'intelligences informées des dangers courus est annulé. Les raisons en sont la couardise promue au niveau de la prudence et le caprice d'un président inutile et néfaste qui a infantilisé les Français au point que tous lui veulent maintenant du bien dans l'agonie de sa vie.


Nous terminons donc en dénonçant l'excessive précaution d'un Etat invasif qui est peut-être le poison le plus insidieux instillé dans l'âme française et qui met en péril tout projet de restauration du pays au niveau qui doit être le sien. Si l'irrépressible envie des hommes de l'Etat de tout régler ne peut être contenue, se posera alors la question de maintenir l'Etat lui-même. Sur tous ces sujets, il y a matière à débat autour d'un jus de cornouilles sous les ombrages du Château d'Ailly. Mais on arrivera toujours à la même conclusion : c'est de régime qu'il faut changer !






CAMP MAXIME REAL DEL SARTE
Château d'Ailly
42120 Parigny (6 km de Roanne)

Inscriptions:
RN - Centre Royaliste d’Action française
10 rue Croix-des-Petits-Champs
75001 Paris
ou
contactarobaseactionfrancaisedotnet

lundi 26 novembre 2018

In absentia

[Billet spécial pour initiés sans images ni lien 2.0]

L'histoire du premier quart de ce siècle nous jugera par contumace. On saura plus tard que cette période fut décisive dans le grand bouleversement du monde assis sur une planète en voie de réinitialisation quand furent détruits les paradigmes anciens derrière le dérèglement climatique et le naufrage des démocraties de Westminster.
Des chercheurs à loupes bioniques trouveront de minuscules fossiles dans les strates politiques éteintes qui parviendront jusqu'à eux, et seront surpris de les savoir si jeunes finalement. Au début du XXI° siècle, des fourmis demandaient un roi.
Le monde et le promontoire finistérien de la péninsule européenne qu'on appelait la France aura changé sans nous, sans les royalistes. Bien malin qui pourrait décrire le monde nouveau en cette fin de l'année 2018, mais redire que nous n'existons pas vraiment est fondé sur une réalité constatable dès lors qu'on prend le drone pour survoler le roycoland. Nombreux ont été - et bien avant ce petit blogue grognon - les cassandres qui prévoyaient de grands désordres sociaux rebattant les cartes. Quelques-uns demandaient même que les chapelles et leurs réseaux soient techniquement prêts à pousser les intérêts du roi le moment voulu dans une nation en effervescence, après bien sûr y avoir infusé l'idée de la restauration d'une monarchie moderne. Les chapelains restèrent sourds et sont presque tous partis depuis.

Le mouvement des Gilets Jaunes qui est l'expression d'un mécontentement de synthèse fermentant dans les couches laborieuses et démocratiques (disait Marchais) peut se retourner de lui-même ou presque en sédition populaire. La jacquerie fiscale est exaltée par le superbe mépris des fondés de pouvoir de l'oligarchie qui au lieu de désamorcer les mesures d'injustice flagrante, se prennent le chou à vouloir expliquer aux manants longuement et dans le détail pourquoi et combien ils ont tellement raison de décider à leur place tant ils sont cons. C'est la mission du Haut Conseil au Climat ou à la transition écologique ou énergétique, enfin, un machin pour noyer le grincheux, qui va être instauré demain depuis l'Olympe élyséen. N'importe quel échotier de sous-préfecture prévoit déjà un formidable frisson de refus et de haine à travers tous les territoires. La haute bourgeoisie blindée de thunes et la caste politique qu'elle entretient à grands frais vont-elles se réveiller avec les sectionnaires qui sonnent à la porte à cinq heures du matin, comme en 93, dis ?

Alors ? Alors ? Alors ? Avons-nous ensemencé l'opinion à l'idée d'une alternative à la République des oligarques ? Le grain lèvera-t-il enfin ? Et sommes-nous prêts pour la moisson et la mise au moulin ? QUE DALLES ! Nous n'apparaissons pas (m'a-t-on dit) dans le spectre politique actif sur le corps électoral, même si des spécialistes payés au mois nous mentionneront toujours dans une archéologie politique des droites en France. Mais quid du présent ?

Nous en sommes au même point qu'en 1952 (mort du Martégal). Nous n'avons pas beaucoup avancé ! Si l'on met à part les cellules de dégrisement au vin de messe avec ou sans camisoles - chacun les reconnaîtra - il ne reste, comme structure royaliste ayant l'intention de marquer d'une quelconque empreinte la vie politique de ce pays, que trois chapelles : la Restauration nationale réunie, la Nouvelle Action royaliste et l'Alliance royaliste. Elles n'ont en commun que leur impécuniosité et la faiblesse de leur propagande qui en découle. Aucune n'a jamais suscité l'intérêt d'un mécène, réuni un tour de table voire convoqué des assises royalistes pour organiser le financement d'une diffusion nationale du programme de restauration monarchique, un texte bien fondé et compréhensible en deux pages écrit gros. Ce n'est pas l'envie qui leur manque, ni le talent, mais les moyens de convaincre. Mais faudrait-il encore l'avoir ce programme.

Une seule chapelle en a publié un, l'Alliance royale. Il a un défaut rédhibitoire, c'est un programme à étudier dans une école de sciences politiques mais qui est invendable à l'opinion parce que trop compliqué. Usine à gaz classique où l'on compense un désavantage par un désavantage contraire. Je n'ai pas encore saisi le fonctionnement des collèges électoraux, peut-être par anti-parlementarisme primaire ni l'empilage des ministres d'Etat et Premier.

La NAr propose de réviser simplement la constitution gaullienne de 1958 pour pérenniser le chef d'Etat titulaire, ce qui est une approche pragmatique mais parfaitement confidentielle, personne en France de moins de 70 ans ne connaît ces gens. Reste la grosse chapelle.

La Restauration nationale réunie. Pas plus riche que les deux autres, elle arrive quand même à faire vivre des cellules locales dont certaines sont très visibles en souvenir des camelots du roi. La chapelle AF, qui gagnerait en efficacité à muter en vrai parti politique, publie désormais un mensuel de belle facture dans lequel on peut lire en page 39 son manifeste-programme : le voici, il tient en une ligne : « Défendre en toutes circonstances l'intérêt national et instaurer la monarchie ».
Le plaidoyer pour la monarchie et l'appel au rassemblement pour la réinstaurer est impeccable et se termine par une projection dans le futur où chaque mot compte. Le manifeste complet est en pied de billet. Voici déjà la conclusion :
Parce que le Roi incarne le lien entre l'héritage du pays et son avenir, seule la monarchie décentralisée et représentative garantira le juste exercice d'une puissance durable en répondant naturellement aux besoins d'autorité, de libertés et de représentation du pays réel et en permettant à la France de faire face aux enjeux du monde actuel.
Rien à dire. Mais qui le sait ? Tout le problème est là. Dans les analyses de physique sociale (comme Maurras désignait la politique) l'Action française a toujours eu raison et, après la mort de Maurras, a su se transformer pour coller justement au pays réel, mais plombée par les séquelles de la guerre et subissant la conspiration calomnieuse de ses ennemis elle a disparu des radars populaires ; et je ne veux pas blesser les anciens combattants de la Génération Maurras ou d'autres après eux, mais l'agit'prop de la régie centrale n'a jamais percuté.

Un mot sur le Groupe d'Action royaliste qui a fédéré des militants déçus par l'endogamie des chapelles : Le G.A.R. n’est pas un mouvement politique ni un parti, mais une structure militante tranversale de communication, d’actions et de formation politique, dérivée de l’Action Sociale Corporative qui investissait le champ du compromis social sur les bases historiques derrière René de La Tour du Pin, Albert de Mun ou encore Frédéric Le Play. Elle colle à la tradition du livre et de la trique des Camelots du Roi mais reste critique à l'endroit des capacités de commandement de Charles Maurras qui reste un maître à défaut d'avoir été un chef.


Voilà ! Aujourd'hui les classes laborieuses sont en plein désarroi. Nous avons des réponses qui peuvent les intéresser si nous bannissons le jargon de l'entre-soi et parlons vrai. Réorganiser l'Etat devient une évidence, au moins pour stopper le coulage des impôts et taxes dont nous sommes champions hors-catégorie.
Recentrer l'Etat sur le régalien et le visible, dégraisser à l'os tout le reste, décentraliser la collecte fiscale pour faire monter au front les collectivités locales insatiables de grandeur pour la gloire de satrapes de division 2, cesser la guerre quinquennale qui jette une moitié de la France sur l'autre moitié et condamne les vaincus à subir le gavage des vainqueurs, réfléchir au roi... etc.

Mais comment atteindre ces gens, sans argent, sans parti structuré, sans programme lisible par le plus grand nombre ? Expliquez-moi, je suis tout ouïe. Inutile de m'opposer la supercherie démocratique qui dispenserait de tout effort ou la lieutenance du Christ sur terre. Restons sérieux et raccord avec notre environnement socio-économique actuel.

In cauda, reste la question de personnifier l'offre politique. Nul ne pourra vendre la monarchie avec la famille en attente qui est complètement grillée dans l'imaginaire collectif, et Médiapart ou le Canard enchaîné ne s'en sont pas encore occupé ; pas plus qu'avec le beau franquiste de Madrid que j'aurais choisi en préférant l'athlète au bedeau. A l'impossible nul n'est tenu. Inutile de charger du lest dans un ballon qui n'a pas encore décollé. Paradoxalement les Lois fondamentales qui ferment l'angle sur ces choix imposés, sont le dernier rempart de la République. Il faut repenser le truc. « L’art de la guerre est un art simple et tout d’exécution ; il n’y a rien de vague, tout y est de bon sens, rien n’y est idéologie » disait Napoléon Ier dans le Manuel du chef. Cessons de mâchonner les grands principes, soyons pratiques, modestes, efficaces.

Merci d'être arrivés jusqu'ici.






MANIFESTE




L’Action française est animée par une double préoccupation : elle entend préparer la restauration de la monarchie et, dans l’attente du retour du roi, œuvrer pour la défense de l’intérêt national.

La restauration de la monarchie


C’est en jugeant les institutions selon leur capacité de faire vivre la nation française ou de la conduire à la décadence que les fondateurs de l’Action française ont conclu à la nécessité de restaurer la monarchie. Le nationalisme conduit logiquement au royalisme. La France est le fruit de la politique capétienne, poursuivie durant plus de huit siècles. Aujourd’hui, la monarchie conférerait à l’État des qualités bénéfiques :

L’unité, sans laquelle il ne saurait y avoir d’autorité véritable et qui est indispensable pour garantir l’indépendance nationale. Au contraire, la démocratie divise les français et entretient un état de guerre civile larvée. Les intérêts supérieurs du pays sont sacrifiés aux luttes partisanes.

La continuité et les successions paisibles, conséquences de l’hérédité du pouvoir. Ainsi des objectifs à long terme peuvent-ils être atteints. La continuité du pouvoir monarchique durant huit cents ans contraste avec l’instabilité institutionnelle des deux derniers siècles.

L’indépendance. Elle est la qualité d’un régime qui ne repose pas sur l’élection, laquelle lie le pouvoir à l’opinion publique, l’obligeant à pratiquer une démagogie éhontée pour recueillir des suffrages. Le régime électif est ainsi obligé de centraliser l’administration du pays. Il détruit les libertés locales, municipales, régionales, professionnelles, toutes ces petites républiques à qui le Roi permettait de vivre et de s’organiser librement. Dégagé des soucis électoraux, il serait en situation d’être un arbitre.

La responsabilité. Les intérêts dynastiques et personnels du Roi se confondent avec les intérêts nationaux, tandis que le pouvoir démocratique dilue la responsabilité dans des majorités et des scrutins.

La légitimité. C’est-à-dire un pouvoir s’exerçant en vue du seul bien commun, indépendant des groupes d’intérêts et des puissances d’argent. L’État royal puise sa légitimité dans l’histoire et les services qu’il a rendus au pays au cours des siècles. Il n’y a pas de légitimité en démocratie puisque le pouvoir est le fruit des compétitions électorales et que les partis l’exercent selon les caprices de l’opinion.

Ces vérités politiques, que la réflexion découvre, sont confirmées par l’histoire. La monarchie traditionnelle, chrétienne, héréditaire, décentralisée et représentative a fait la France et l’a conduite à son apogée.

Le bilan des régimes démocratiques, Républiques ou Empires, est autrement lourd : nombreuses invasions depuis 1792, instabilité constitutionnelle, luttes intestines et révolutions, affaiblissement général de la France.

L’Action française travaille donc à changer les institutions politiques. Ayant condamné le régime républicain, elle s’emploie à en débarrasser la nation. Ayant reconnu dans la monarchie la vérité historique de la France, elle s’efforce de la restaurer en la personne du Chef de la Maison de France.

La défense de l’intérêt national


Royalistes parce que nationalistes, les adhérents de l’Action française s’appliquent à défendre l’héritage en l’absence de l’héritier. Ils essaient de limiter les méfaits républicains en les dénonçant par la propagande et en les combattant par l’action.

Ils pratiquent à l’occasion le « compromis nationaliste », c’est-à-dire l’entente avec tous les patriotes pour mener telle ou telle campagne d’intérêt public.

Parce que la nation constitue le plus vaste des cercles communautaires qui soit, au temporel, solide et complet, l’Action française défend la France et ses prolongements outre-mer contre toutes les agressions intérieures et extérieures.

En conclusion, l’Action française convie tous les français à se rassembler sur le seul terrain politique afin de sauvegarder la nation française et lui rendre les institutions qui garantiront sa pérennité. Seule la monarchie répond aux besoins d’autorité, de libertés et de représentation du pays réel et peut permettre à la France de faire face aux enjeux du monde moderne.


lundi 21 mai 2018

Nécrose du royalisme français

† 25 mai 2012

Il y aura six ans cette semaine que Richard d'Amphernet fut rappelé auprès de son créateur, par on ne sait qui d'ailleurs, tant la cause monarchiste avait besoin de lui ici ! A preuve, l'hécatombe des structures de propagande royaliste et d'abord l'effacement de l'Union royaliste Bretagne Vendée militaire qu'il portait à bout de bras. L'Institut Duc d'Anjou a depuis lors disparu, précédant Le Lien Légitimiste ; le webzine Vexilla Galliæ agonise tranquillement, sans parler même de l'Action française 2000 qui a fondu les plombs de la casse, tête haute ! L'Alliance royale est à l'étiage, on n'en entend plus parler ; la Restauration nationale est sous oxygène et survit par le canal de La Faute à Rousseau ; le légitimisme apparaît modeste et silencieux lors de messes du souvenir, et les conférences des uns et des autres accueillent toujours aussi peu de monde. A filmer les manifestations maintenues par des militants bénévoles qui ont pris à cœur une mission de tradition, on serre les plans, à hauteur d'homme, pour ne pas dévoiler des chiffres étiques. Les effectifs n'ont pas bougé, nous sommes toujours quatre mille en France, toutes obédiences confondues (c'est le piton dialectique de Royal-Artillerie où pendre la dispute arithmétique). Depuis la Libération, ni les princes, ni les chapelles n'ont provoqué le rallye que des gens engagés comme Richard d'Amphernet attendaient. La liste des découragés est longue, il n'y était pas inscrit, c'était sa force. S'il reste un modèle, faut-il encore être capable de lui ressembler !


Je relis les Mémoires d'exil et de combats du défunt comte de Paris pour m'apercevoir maintenant qu'il écrivait bien et qu'il faisait passer la chaleur de la flamme intérieure qui le brûlait. Les épreuves tragiques que traversait la nation à l'époque de la Seconde guerre mondiale avaient déclenché chez lui la noble mission de rédempteur à laquelle il se voua corps et biens. La découverte (trop) tardive du caractère manipulateur de Charles de Gaulle, dont il donne témoignage dans ses mémoires avec une certaine naïveté car il lui trouve des excuses, l'a durement atteint dans l'estime justifiée qu'il pouvait avoir de lui-même par l'inlassable effort d'établir solidement sa position au plus haut niveau possible quelles que soient les circonstances du moment.

Dans l'esprit des gens, il fut sans contestation l'héritier des rois de France tout au long de sa vie active, avant de succomber aux charmes vénéneux des bois de Chérisy. Ce n'est que lors du millénaire capétien de 1987 qu'est apparu sur scène le Bourbon d'Espagne, aîné des Capétiens et de fort belle allure, qui rallia une part importante des royalistes français fatigués de la maison d'Orléans ; mais jusque là, qu'on le critique ou qu'on le loue, le roi impossible ou attendu selon l'opinion de chacun n'était autre que le comte de Paris, n'en déplaise aux gardiens des lois fondamentales.

Henri d'Orléans au Manoir d'Anjou

Ses héritiers directs portent la marque d'un certain déclassement au sein de l'aristocratie française tant par les frasques du patriarche devenu rancunier à l'endroit de tous et de sa propre famille d'abord, que dans les affaires parfois scabreuses de la fratrie qui firent les délices de la presse populaire, sans parler de mœurs parfois triviales pour qui voudrait dominer moralement la nation. La génération montante doit s'atteler à la restauration de sa crédibilité avant que d'espérer prétendre. Si le mouvement royaliste encaissa la ruine d'Orléans, il n'a pas reconstitué les gros bataillons d'autrefois, ceux de ma jeunesse (quoique !), le scepticisme l'ayant partout emporté quant au produit incarné.
Disons pour être juste que la maison concurrente ne prend pas non plus le chemin du rassemblement qui nous est nécessaire en se profilant dans la succession du dictateur Franco comme on l'a vu récemment quand la dévolution de la ducature fut ouverte par le décès de la marquise de Villaverde, María del Carmen Franco y Polo, fille unique du maudit et aïeule du prétendant de Bourbon qui l'adorait.




Indubitablement quelque chose nous fait défaut pour voir la cause du roi briller comme elle le mériterait en France, pour autant que l'on soit aussi convaincu que moi de la pertinence d'une monarchie pour réparer cette nation et le pays qui l'abrite. Richard d'Amphernet par son absence nous le laisse deviner : c'est un homme qui fait défaut ! Un homme charismatique capable d'entraîner les autres, avec une foi dans sa mission chevillée au corps et qui ne ménage pas sa peine, dans le droit fil du défunt comte de Paris de l'époque utile. La monarchie raisonnée que nous privilégions ne peut percer dans l'imaginaire collectif que si elle est portée par plus grand que nous. Nous subissons le handicap de notre sous-calibrage et nous n'emporterons pas la décision au moment voulu, dans une prochaine rupture de paradigme comme la France aime les provoquer et comme nous avons l'habitude de la regarder passer. Nous ne toisons pas !

Peut-être les chapelains seraient-ils bien avisés de délaisser un moment l'histoire ancienne et d'analyser l'ascension d'un Emmanuel Macron, parti de presque rien, qui a réussi à créer la vague de surf qui le porta au sommet tout en construisant le mouvement politique qui l'y maintient actuellement. Quelle démonstration des effets d'une volonté implacable, agissant en terrain hostile mais avec une équipe de compétences resserrées, débordant tous ses adversaires en enracinant le concept gaullien de rencontre d'un homme et d'un peuple hors des partis, tel qu'on ne l'avait plus vu sous la V° République ! A la base, il y a de l'intelligence, un management sans failles et le goût de se compromettre politiquement en dehors des codes en vigueur. Et en plus, il monarchise la fonction, le salaud !

Au texte jeté sur ce blogue à l'annonce de la mort de Richard d'Amphernet il y a six ans je ne changerais rien. Le voici tel que jadis Gérard de Villèle l'avait transmis à Vexilla Regis en cliquant ici. Mais pour savoir tout de lui, il faut revenir lire l'hommage de Claude Timmerman sur le même site en cliquant là, il en vaut la peine.

SUNT FORTIA FORTIBUS APTA


En ce lundi de Pentecôte 2018

jeudi 11 août 2016

Au camp d'Action Française

PLUS QUE 10 JOURS, 9... 8... 7... 6... 5... 4... 3... 2... 1 !

- Château d'Ailly -

Deux brosses à dent
Un savon de marseille
Quatre rasoirs jetables
Bombe à raser Williams
Une boîte de préservatifs Huge Craft
Deux serviettes de bain fleurdelisées (ils vérifieront)
Un gant de toilette
Sous-vêtements de la semaine
Deux chemises
Un pullover "feu de camp"
Une cravate noire (sait-on jamais)
Un sweet-shirt
Un chèche blanc cassé
Une veste de toile ou un blouson
Baskets Helstons moto et/ou chaussures basses Chevignon vintage
Brosse et crème
Un T-shirt noir ample
Un pantalon court noir
Paire gants de boxe
Deux protège-dent
Une coquille grand modèle
Chaussures Lonsdale quick-boxing
Bloc-notes et deux crayons-billes
Smartphone pour Pokemon-Go

Le sac est bouclé !
On enfile le cuir et en route.





De la porte d'Italie, prendre l'autoroute A6 jusqu'à Nemours à fond les ballons ! Huit kilomètres après le péage de Fleury-en-Bière, prendre l'autoroute A77 fléchée Nevers sur 160 bornes. A hauteur de Pouilly-sur-Loire l'autoroute devient la nationale 7, vérifiez votre vitesse. La deux fois deux voies s'arrête après Nevers. Roanne est déjà indiquée. On passe Magny-Cours (si ça vous tente...) et on pousse jusqu'à Roanne, toujours sur la N7 en passant par la rocade de Moulins. C'est à la relance qu'on gagne du temps, les chevaux font vendre les motos mais c'est le couple qui fait la course. Attention ! Toujours sur la N7 à deux fois deux voies, sortir après Roanne à l'échangeur 69 fléché NOTRE-DAME-DE-BOISSET. A droite vers l'ouest, la départementale 45, on entre dans Parigny. Au carrefour, remonter la D207 à droite vers le nord sur deux cents mètres, reprendre la D45 à gauche et avancer jusqu'au virage à gauche, l'Allée d'Ailly est à droite dans le virage. Si vous arrivez à l'église Sainte-Madeleine sur votre droite, vous avez loupé l'allée. Remonter la longue allée vers le château d'Ailly. Ne pas klaxonner en passant la grille. Ce n'est pas Moulinsart. En tout quatre heures et demie plus les arrêts.



A l'arrivée demander la carte. Et si le gérant vous dit que c'est la Michelin 327, répliquez gentiment qu'elle ne se mange pas et que vous voudriez le menu. Gagner votre suite, et défaites votre sac, vous êtes au château d'Ailly. Le jacuzzi est signalé dans le couloir. Le service d'étage a un bourbon du tonnerre réservé aux initiés. Bon séjour, concentration et enthousiasme sont les deux mamelles du camp Maxime Real del Sarte.

Plus tard, pour aller sur Roanne, il suffit de remonter la départementale 207. Roanne c'est la ville des Frères Trois Gros et des chars Leclerc dont 200 unités vont passer en rénovation. Lyon n'est pas loin (une grosse heure), mais là on frise la débauche.

Le programme ? Il en faut un, mais c'est l'état d'esprit qui compte, et faire des connaissances.

Plus sur le site internet du camp en cliquant sur l'affiche, et le chef de camp dévoile le fonctionnement et les intervenants prévus dans un document séparé qu'on peut lire en cliquant ici.

Affiche_CMRDS2016




Spécifications de la Indian Scout Sixty 2016
Châssis :
Cadre : cadre moulé en aluminium
Réservoir : 12.1 litres
Hauteur de selle : 643 mm
Longueur : 2311 mm
Largeur : 880 mm
Hauteur : 1207 mm
Empattement : 1562 mm
Poids à sec : 246 kg
Poids en ordre de marche : 256 kg
Transmission :
Boite à 5 rapports
Secondaire par courroie
Train avant :
Fourche téléhydraulique Ø 41 mm, déb : 120 mm
2 disques Ø 298 mm, étriers 2 pistons
Roue AV : 130/90x16"
Train arrière :
2 amortisseurs latéraux, déb : 76 mm
1 disque Ø 298 mm, étriers 1 piston
Roue AR : 150/80x16"
Moteur :
Bicylindre en V à 60°, 4 temps
Refroidissement : par eau
Injection Ø 60 mm
2 arbres à cames en tête
4 soupapes par cylindre
999 cm3 (73.6x93 mm) ou 61 pouces-cubes
78 ch à 7300 tr/min
9.1 mkg à 5600 tr/min
Rapport poids/puissance : 3.15 kg/ch
Prix du neuf : 11990 €

Ils partirent deux cents, en arrivant au port...


lundi 18 juillet 2016

L'été indien du camp Maxime Real Del Sarte


JE FONCE AU CAMP D'ACTION FRANCAISE ! TU MONTES ?

Chacun sait que Dieu a créé HONDA pour que les socialistes ne salissent pas une HARLEY DAVIDSON. Mais qu'en est-il de INDIAN MOTORCYCLE® ? Peu connues en France bien qu'il y ait maintenant une vingtaine de concessions actives en métropole, les Indian classiques avaient, outre un design très rapide, une réputation d'innovation (leur premier moteur de 1000cc date de 1922 !) et surtout une qualité reconnue des assemblages, due à la féminisation des chaînes de montage. Une fois la recapitalisation de la production achevée par le groupe Polaris Industries (3 milliards de dollars en chiffre d'affaires, ouf !), la relance du mythe aux Etats-Unis a été relativement facile tant l'histoire de la marque est chargée de gloire. Des amateurs de belles motos ont suivi partout ailleurs dans le monde pour sortir du dilemme Japonaises ou Harley/Ducati. Une Indian n'est pas qu'une moto. Heureux dénouement !

INDIAN CHIEF DARK HORSE

Heureux dénouement parce que la marque (fondée en 1901) faillit disparaître après la Seconde Guerre mondiale pour la même raison que disparut chez nous la belle automobile à la même époque. Indian ne put faire le dos rond en attendant la reprise et se mit à produire des motos légères que l'on disait mieux adaptées à l'air du temps. Les grosses Indian rapides avaient un bloc d'acheteurs inconditionnels que les Indian légères n'intéressaient pas, et la nouvelle clientèle se dispersa sur d'autres marques qui fabriquaient des modèles populaires plus ou moins équivalents, en ne regardant que leur prix. En 1953, la marque coula et voulut survivre en rebadgeant des Royal Enfield anglaises plus musclées que la production courante, mais il n'y suffit pas. Reprise plusieurs fois par des capitalistes voulant monnayer la légende, Indian eut la chance d'intéresser Polaris Industries qui fabrique les fameux bikes et trikes VICTORY. Mais pourquoi le Piéton du roi vous bassine-t-il avec l'Indian ?

L'Action française a la même histoire que la Indian Motorcycle !

Fondée au tournant du siècle (à quelques années près), elle traversa la Première Guerre mondiale en s'y vouant corps et âme, traversa la grande crise dans l'honneur, survécut à la Seconde Guerre mondiale et par des choix contestables de sa direction fut incapable de se redresser après la Libération. Les tentatives de réanimation furent nombreuses mais ne purent déborder largement d'un noyau dur de fidèles malgré quelques embellies passagères comme la Génération Maurras des années soixante. Si la Indian Motorcycle est aujourd'hui ressuscitée, elle le doit à la rencontre d'un pourvoyeur de moyens, puissant et passionné par l'histoire de la marque et par ses exigences d'innovation qui lui feraient à nouveau sa place dans le monde des bikers.


L'Action française organise son université d'été dans un mois près de Roanne. Elle veut faire réfléchir sur les voies et moyens nécessaires pour arracher le pays à son déclin qui semble inexorable, surtout dans son incapacité chronique à se défendre. Elle va proposer dix axes de salut national et on ne peut que souhaiter le succès affirmé de ce camp 2016 avant les échéances politiques de fin d'année. L'excellence reconnue de l'école de pensée d'Action française, similaire à la finition légendaire des Indian, peut produire des solutions institutionnelles innovantes et de pleine application dans le monde complexe qui nous entoure.

Mais il faut que parallèlement à cette phosphoration intellectuelle, les cadres dirigeants se mettent sérieusement en quête des moyens financiers abondants et pérennes pour soutenir la diffusion la plus large de ces solutions, comme le fit Indian avec Polaris, car il ne sert à rien de nos jours d'avoir raison en petit comité. Dans nos sociétés démocratiques, un mouvement quel qu'il soit ne progresse plus que par grandes masses et il faut maintenant beaucoup de nerf à la guerre idéologique. Que ça nous plaise ou non.

De Paris, prendre la N7, c'est tout droit.
Roulez bolides !

Indian Scout Sixty


Postscriptum du 22 juillet
Les chapitres suivants seront ouverts au camp :
- Défendre l’intérêt national
- Environnement / agriculture
- Politique étrangère, défense et diplomatie
- Economie
- Question sociale
- Immigration
- Justice et sécurité
- Enseignement et éducation
- Politique familiale ...

mardi 16 octobre 2012

Colloque maurrassien des soixante ans

Axel Tisserand
Le Cercle de Flore commémorera la disparition de Charles Maurras à la Maison des Mines à Paris par un colloque particulièrement relevé dans ses choix et ses intervenants.
Ayant pu éviter le défilé des "souvenirs" - il faut dire que l'attrition naturelle des contemporains y a beaucoup aidé - le pupitre sera tenu par ce qui se fait de mieux en France pour se confronter au maître politique du siècle passé.
Nous suggérons la lecture d'un court texte préparatoire à cette manifestation auquel on accède en ligne, texte qui peut éclairer la compréhension des nouveaux convertis ; c'est le Maurras aujourd'hui de M. Stéphane Blanchonnet sur son site A Rebours.
Rendez-vous le samedi 27 octobre à la Maison des Mines et des Ponts & Chaussées.


Demandez les programmes :

09:30 Ouverture des portes
09:45 Allocution de bienvenue du président du Cercle de Flore, M. Axel Tisserand, directeur des Cahiers de l'Herne, qui lira un message de Michel Déon, de l'Académie française, dernier secrétaire de rédaction du Martégal à Lyon.


Programme de la matinée
(mis à jour)


- M. Charles Saint-Prot, Directeur de l'OEG¹, spécialiste reconnu du (et par le) monde arabe, développera le thème "Nation et Humanisme".

- M. Rémi Soulié, écrivain rouergat², ancien rédacteur des débats du Palais Bourbon reversé dans les lettres classiques, nous fera partager ses notes sur Maurras et Evola (latinité et romanité), politique naturelle de l'un et tradition primordiale de l'autre, on en redemande.

- M. Jean-Marc Joubert, maître de conférence à l'Institut catholique d'études supérieures de La Roche-sur-Yon, nous dévoilera Charles Maurras et sa «déférente amitié» pour Auguste Comte.

- M. Gérard Leclerc, éditorialiste de France catholique entre autres médailles, éclairera cette opposition maurassienne entre romantisme exécré et classicisme louangé qui fit couler tant d'encre.

- M. l'abbé Guillaume de Tanoüarn, de l'Institut du Bon Pasteur, s'essaiera sous nos yeux à analyser le paganisme de Charles Maurras au-delà de la posture, bon courage quand même.

- et la matinée se terminera en beauté avec M. Jean-François Mattéi, agrégé de philosophie et professeur d'université à Sophia-Antipolis, par une communication sur Maurras, entre Shakespeare et Edgar Poe.


14:30 Reprise des conférences


entrée de la Maison des Mines et Ponts



Programme de l'après-midi
(mis à jour)


- Les affaires reprennent avec M. Martin Motte, maître de conférences en histoire à la Sorbonne, qui nous parlera de Charles Maurras vu par son ami le peintre provençal Louis Denis-Valvérane, une approche enrichissante du Martégal vu par un ami "étranger" au marbre du journal.

- M. Antoine Foncin, docteur en philosophie, spécialiste reconnu de Léon Daudet, mettra en scène ces deux phénomènes journalistiques de l'Action française, Maurras et Daudet.

- M. Arnaud Teyssier, Normale Sup - ENA, professeur de la Sorbonne décryptera le dialogue silencieux entre Maurras et De Gaulle sur la question des institutions.

- M. Emile Poulat, ancien Directeur de recherche au CNRS, directeur d'études à l'EHESS et fondateur du Groupe de sociologie des religions, va dérouler un sujet de grande discorde, jamais éteinte : Le Saint-Siège et l’Action française.

- M. Stéphane Blanchonnet, agrégé de lettres et président du Comité directeur du CRAF brossera le néo-classicisme de Charles Maurras.

- Mme Dominique Paoli, historienne de la Sorbonne et journaliste, dévoilera Maurras sous la lumière de Jeanne d'Arc.

Et la conclusion du colloque sera assurée par M. Frédéric Rouvillois, professeur agrégé de droit public, qui s'attaquera à L'Avenir de l'intelligence par la face nord. On peut apporter son piolet.


Il était difficile de faire mieux !



Cercle de Flore
Maison des Mines
270 rue Saint-Jacques
75005 Paris
le 27/10/2012
de 9h30 à 18h00
M° Luxembourg ou Port-Royal

Entrée : 7 euros
(clercs, étudiants et chômeurs : 2 euros)



sponsorisé par la Librairie de Flore



(1) OEG : Observatoire d'études géopolitiques, 14 avenue d’Eylau 75016 Paris
(2) Rémi Soulié dans Le Bulletin d'Espalion

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