Affichage des articles dont le libellé est aristocratie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est aristocratie. Afficher tous les articles

lundi 27 juillet 2015

Démocratie létale

C'est un billet d'humeur, de mauvaise humeur, que l'abonné au blogue prendra au second degré...
Demain nous fêterons les Samson. Certes saint Samson de Dol, évêque en Bretagne nous vient du haut Moyen Âge (VI°s.) mais, hors de la bonne ville de Dol, c'est à Samson le chevelu, juge d'Israël, auquel tout le monde pense, le premier Terminator qui, dans la joie et la mauvaise humeur, massacrait du Philistin à la mâchoire d'âne. Mais il aima Dalila qui le trahit ! Magnifique Victor Mature qui, les yeux crevés, écroule les colonnes du temple sur l'oppresseur et lui-même, dans le peplum de Cecil B. DeMille ! Enfant, j'étais terrorisé au fond du fauteuil bleu du Palace ! Qu'elle était belle Dalila ! Éduqué chez les sœurs, j'ignorais le mot "salope".

D'un Samson, nous horions bien besoin de nos jours, mais le sacrifice des héros a disparu. L'homme providentiel du Gaulois a sans doute pris la mer ou l'avion et nous a laissés là, immense cohorte de lemmings niais. Nous sommes aux mains de gros rats de cave qui se prennent, certains, pour des rats de bibliothèque mais ne sont au final que des surmulots ! Rosâtres et nus qui pis est ! Beurkh ! Ils nous vendent, carrément, nous pillent, s'engraissent, détruisent nos mœurs et les cadres coutumiers sans jamais proposer rien de meilleur, toujours plus bas, toujours médiocre, jusqu'à peut-être nous remplacer par plus couillons que nous-mêmes, plus faciles à duper, le croient-ils. Le pourquoi est sans réponse, je ne suis pas un adepte du complot des Illuminatis ou des Sages de Sion, je me contrefous de la fortune anonyme et vagabonde, je crois que c'est le simple règne de la Connerie en mocassins de peau ou en bottes de fer selon la saison. La Bêtise a vaincu ! Et intimement je pense que la démocratie l'a appelée.

La démocratie c'est l'envie, l'envie de tout par tous ou presque et rapidement. Le ressort de la démocratie est la promesse, et l'élection est un concours de promesses. Son avatar obligé est la démagogie selon les vieux Hellènes qui l'ont inventée. La presse fait régulièrement des tableaux comparatifs chiffrés des promesses distribuées qui n'engagent que les otaries qui battent des nageoires sous les préaux républicains. Président ! Ducon, président, président, Dugland, président ! L'élu sert ses clients comme un garçon de café en terrasse, la caisse enregistreuse tinte, tout le monde s'en fout. Le tour des perdants viendra. Sauf à avoir un tempérament d'homme d'Etat - chose que nous avons oubliée, le président du moment ne fait pas autre chose que de rémunérer des voix. Normal ! Le système est fondé sur la souveraineté du peuple, qu'il faut bien exciter un peu. Mais en masse, le peuple n'est pas le parangon de l'intelligence, à preuve les représentants qu'il se choisit en France ! On n'en voudrait nulle part ailleurs.

Charles Maurras disait à Maurice Barrès : « Si la France moderne ne m'avait pas persuadé de ce sentiment, je l'aurais reçu de l'Athènes antique. La brève destinée de ce que l'on appelle la démocratie dans l'Antiquité m'a fait sentir que le propre de ce régime n'est que de consommer ce que les périodes d'aristocratie ont produit. La production, l'action demandait un ordre puissant. La consommation est moins exigeante : ni le tumulte, ni la routine ne l'entrave beaucoup. Des biens que les générations ont lentement produit et capitalisés, toute démocratie fait un grand feu de joie. Mais la flamme est plus prompte à donner des cendres que le bois du bûcher ne l'avait été à mûrir.»

Aujourd'hui, nous avons fait plus fort encore. Non seulement nous avons dilapidé l'héritage que nous ne transmettrons pas, mais nous avons dévoré par avance le capital que les générations suivantes pourraient amasser pour s'en sortir. Nous mourons en leur léguant des trillons de dette souveraine et privée, dette qui leur coupera les jambes sauf à incinérer notre civilisation démocratique pour la purger de ses créances. Nous avons bâti en briques de dynamite le chaos futur, leur futur !
Sauf à faire la révolution planétaire et remettre les compteurs à zéro pour la survie de l'espèce, il sera légitime de leur part de prétendre incinérer les générations prodigues, c'est à dire nous, et ce d'une génération à l'autre jusqu'à ce que les inactifs sans avenir soient réduits comme on dit en chimie et que les comptes soient rendus. In fine sera résolu le cancer de la surpopulation et comme le prédisait Jacques Attali, l'euthanasie sera la règle. Elle l'est en douce déjà.

Alors nos petits-enfants qui auront trouvé au fond du Web profond cet article de Royal-Artillerie, sauront qu'il leur faut prendre le maquis avant que ne s'écroule sur eux le temple philistin. Samson ! Une minute encore !

C'était notre billet de fin de saison !


soleil vert


jeudi 17 novembre 2011

Noblesse & Aristocratie


Dans un éditorial donné au bulletin de l'Association d'Entraide de la Noblesse Française du mois d'avril 2011, le comte de Villenoisy répondait à un questionnaire sur le sujet de la noblesse et de l’avenir de la noblesse. Noblesse et aristocratie, deux façons de désigner une même classe sociale ? Pas vraiment. La distinction est claire bien avant la conclusion de l'éditorial qui ouvre un chapitre à écrire : « En ces premières années du XXIème siècle, les nobles sont-ils encore, sont-ils toujours aristocrates ? ».
On peut ancrer la définition de la noblesse dans un édit du roi Louis XIV du mois de mai 1643 :
Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, A tous présents et à venir, Salut. Voulant à l’exemple des Rois nos prédécesseurs reconnaître ceux de nos sujets, qui par leurs actions grandes et vertueuses se sont signalés dans les armées pour la défense de notre État, ou qui par d’autres actions louables & généreuses se sont rendus considérables, nous avons résolu de les élever par quelque marque d’honneur, au dessus du commun, en les décorant, eux et leur postérité du titre de noblesse, pour laisser à leurs successeurs une obligation perpétuelle de les imiter...

...édit qui ouvre le ban du conseil évoqué par Jean de La Varende : « Les portraits, il faut s’en méfier : ils sont bien plus vivants qu’on ne l’imagine. Ce n’est pas parce qu’ils sont encadrés qu’ils sont sans pouvoir. C’est un conseil de famille permanent. Il faut en porter, à la fois, et l’honneur et le poids ».

L'aristocratie est un régime de pouvoir, elle n'est pas un état. La noblesse est un état, indélébile et exigeant, mais pas la garantie de faire partie d'une élite , ni d'exercer un pouvoir. Il est des nobles chics et sots comme des manants mal mis et géniaux. Alors quoi ? C'est Monsieur de Villenoisy qui nous l'explique, après une introduction de circonstance qui est destinée d'abord aux sociétaires de l'ANF et que nous sauterons:

Qu’est-ce que l’élite ?
Le mot élite peut se placer derrière toutes les activités humaines : on est un médecin d’élite, un ouvrier d’élite etc… Cela veut dire que dans cette activité on est le meilleur ou parmi les meilleurs.

Qu’est-ce que l’aristocratie ?
L’origine grecque du mot se traduit par : gouvernement par les meilleurs.
D’où cela vient-il ? Cela vient d’une querelle entre les apôtres : les apôtres se querellant se tournent vers le Christ et lui disent : Seigneur, quel est le premier d’entre nous ? Le Christ leur répond : que celui qui sera le premier d’entre vous se fasse le serviteur des autres.
Le Christ posait par cette réponse les principes de l’aristocratie. L’aristocrate a reçu de Dieu un don qu’il a le devoir de mettre au service des autres et ce don est celui de la politique au sens le plus noble du terme : c’est le don de s’intéresser à l’organisation de la cité et à la raison d’être de l’homme politique : le bien commun.

Qu’est-ce que la noblesse :
La noblesse est l’institutionnalisation du principe aristocratique. La noblesse est donc un phénomène purement juridique. Nous sommes nobles parce que nous pouvons nous rattacher à un acte recognitif plus ou moins ancien. Mais la raison d’être est que la société pour pérenniser et reconnaître ce don d’aristocratie a institué une noblesse. On comprend donc qu’en soi, la noblesse n’est rien. Chacun d’entre nous a le devoir d’actualiser à chaque génération la qualité aristocratique qui est le fondement de la noblesse sans laquelle actualisation nous ne sommes plus rien. Nous perdons notre raison d’être.

[...]La version intégrale de cet éditorial est accessible ici.



La noblesse est-elle par essence consubstantielle au pouvoir ? Le fut-elle jamais ? Il est très rare de croiser dans l'histoire des villes des nobles nommés consuls (maires et maire-adjoint), même si tous , sauf les seigneurs justice, devaient contribuer aux charges municipales. Les rois prirent tôt l'habitude de pêcher leurs ministres dans la roture pour se défaire des liens féodaux qui les bridaient dans leur gouvernement. Ils donnaient la noblesse en sortie de programme, voire la consolidaient. Le fils du drapier Colbert entre au service de Mazarin comme intendant privé à l'âge de 32 ans et ne sera fait chevalier que bien plus tard. Mazarin est lui-même d'extraction roturière modeste. Necker est un banquier devenu grand mais parti de rien. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne fut jamais de grands ministres nobles. Vauban, Louvois, Turgot, Vergennes et Calonne n'étaient pas de basse extraction. Mais les deux derniers n'étaient pas de vieille noblesse non plus.

La qualité de noble d'ancien régime a des origines multiples et recouvre des situations diverses. Le seul vrai noble féodal était le possesseur d'une Seigneurie. La qualité de noble était polluée par la défiscalisation de cet état. Outre la gloire ou la vanité d'une généalogie classieuse, la roture courait aux armes à des motifs triviaux. Il n'était pas rare d'acquérir un domaine conférant la particule, fief ou même justice, et de s'exonérer soi-même ou sa postérité du droit de franc-fief (mutation) en acquérant préalablement une charge publique conférant anoblissement. L'ascenseur social fonctionnait à plein régime contrairement à l'image d'immobilisme que l'on colporte.

Les réformes fiscales tentées par les ministres des derniers rois de France furent bloquées par les deux ordres prédominants, et si les biens de l'Eglise étaient le capital des pauvres, il n'en allait pas de même pour ceux de la noblesse qui trafiquait des charges et emplois, et avait appris à spéculer sur valeurs et denrées comme des usuriers juifs. Des fortunes considérables se faisaient et se défaisaient et beaucoup d'argent circulait dans les sphères supérieures. Lorsque le régime vacilla, la noblesse constituée en état ne remplit pas le contrat millénaire qu'elle avait oublié et parfois manqua de donner l'exemple. La nuit du Quatre-Août marqua l'effondrement du régime féodal en pleine décrépitude par la faute d'un instinct de conservation qui aveugla les plus puissants. Place fut faite à une aristocratie du savoir sans considérations d'appartenance à un ordre, pour peu de temps, avant que vienne celui des ogres de la Révolution qui dévorèrent tout l'ouvrage de la réforme entamée.
Il est dit de temps en temps sur ce blogue que le roi doit tirer le char, à défaut de quoi il pèse sur le timon. C'est pareillement vrai de la noblesse qui doit mettre son génie propre à tirer la société vers un futur meilleur.

C'est si vrai que Monsieur de Villenoisy nous dit : "la vocation de la noblesse est de venir au secours d’un monde qui a perdu le nord en contestant ses dérives". On ne doit pas entendre un éloge de l'immobilité. Le noble utile est aristocrate au sens plein et s'il ne peut assumer de responsabilités de gouvernement, il doit garder l'esprit ouvert pour conduire ses concitoyens sur des chemins inexplorés dans le souci du bien commun. Le noble aristocrate détient une parcelle de l'inquiétude royale à l'endroit des peuples, et doit répondre du fruit de ses talents, ce que l'on peut contracter dans une formule : On enseigne au peuple ses droits quand le noble apprend ses devoirs.

Fidèle à sa "race" et au principe chevaleresque de subordination "je suis au roi", Patrick de Villenoisy participe donc à la promotion de la monarchie et de la royauté par sa déclaration de candidature à l'élection présidentielle de 2012. Son programme, puisqu'il en faut un, fut présenté devant le prince Charmes-Emmanuel de Bourbon-Parme chez Maxim's à Paris le 9 novembre, et on peut en lire les grands traits chez Christophe Paillard sous le titre La réconciliation des Français. On y reviendra sur Royal-Artillerie.

Haut les coeurs !



PS : Bonne définition de la noblesse chez le Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales du CNRS.

lundi 21 septembre 2009

Tuiga 15mJI

Tuiga au portant
Hier dimanche, centenaire de Tuiga. Le gotha amariné était là. A la barre de l'évènement, SAS le prince souverain de Monaco. Mémoire.
Quand William Fife III livra son 15mJI¹ au dernier duc de Medinaceli sur le Firth of Clyde en 1909, il vit que le bateau était vite et beau, à l'image du fameux Hispania d'Alphonse XIII dont il était la copie dans un but de régate à chances égales. Il n'imaginait peut-être pas qu'il irait plus loin que les courses de baies où se mesuraient les yachtmen les plus riches de la planète. Or Tuiga eut une belle vie de course, ...mais un palmarès de second, derrière le yacht Hispania... par déférence pour son roi.

Racheté, à un armateur norvégien qui le laissait pourrir à Chypre, par le Yacht Club monégasque pour en faire son navire amiral, Tuiga² fut restauré chez Fairlie's à Port Hamble comme la plupart des Fife rescapés de la guerre. Le chantier offre son album de photos ici. On y voit le vieux 15mJI arrivé au chantier fatigué de vivre, et renaissant à la fin.

Contrairement aux apparences, ce n'est pas qu'une histoire d'argent. Atteindre cette perfection de carène dépasse déjà l'ordinaire, on fricote avec les dieux. Et ceux qui ont couru "hors-jauge" avec des JI anciens contre des voiliers modernes s'extasient devant la force du moteur, jusqu'à l'ennui qui finit par surgir à force d'être devant sans ne plus voir personne.
Le plaisir de la régate est dans la promiscuité des coques et des voiles, dans le "marquage à la culotte", l'anticipation, la manoeuvre impeccable ou intimidante, le salut courtois de la fin ; un vieux "JI" bien entretenu tue la promiscuité. Il est déjà loin !

Tuiga en régate
Les gentlemen de ce temps étaient des gens spéciaux qui fendaient la vague avec des Formula One de 40 à plus de 100 tonnes de déplacement, surtoilés, en casquette et blazer, sans brassière ni ligne de vie. Une aristocratie au plein sens du mot, qui n'adoraient pas le "principe de précaution" qui nous gouverne en tout. Où sont-ils passés ?
Les casquettes et blazers ont été revendus aux émirs et aux Russes, mais la moelle de tueurs de vagues a survécu dans les grands yacht clubs français auxquels nous agrégeons sans sa permission celui de la Principauté.

Dimanche dernier, le prince Albert et ses invités ont mis tout dessus pour sortir cette oeuvre d'art et montrer qu'il tiendrait la dragée haute à quiconque le défierait. Mike Horn³ était à la manoeuvre et un supplément d'âme avait été convoqué par la présence de Jacqueline Tabarly et de sa fille Marie.
Pen Duick I, le plus beau de la série des Pen Duick, était un Fife III lancé à Cork en 1898. C'est lui qu'Eric Tabarly quittera dans la nuit du 12 au 13 juin 1998 en rejoignant l'Irlande, sans brassière ni ligne de vie, à l'ancienne.


jacqueline et marie T.
Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :


Note (1): la Metre Rule (ou jauge internationale) avait été adopté en 1906.
Note (2): coque: 23,18 m ; maître-bau: 4,15 m ; tirant d’eau: 2,87 m ; déplacement: 39 t ; voilure en côtre: 370 m² après restauration.
Note (3): aventurier de la grande tradition des explorateurs suisses (clic)

vendredi 28 novembre 2008

Gómez Dávila

Davila crayonUn forumeur de Vive Le Roy m'a signalé un réactionnaire colombien de la plus belle eau. Son nom me rappelait un "arrêt sur images" dans le site web de Jean Raspail : Les Horreurs de la démocratie, livre présenté par sa couverture dont le titre un peu raccoleur m'avait d'entrée prévenu contre. Je sortais agacé alors de L'Horreur Economique de Vivianne Forrester qui ressassait sur 175 pages (je viens de vérifier) un analyse qui tenait sur 20. Exit les "horreurs" donc, et j'avais tort.
« Nicolás Gómez Dávila (1913-1994) consacra sa vie à la lecture et à l'écriture. C'est Raspail qui parle. Chez lui, à Bogota, sa bibliothèque (ndlr: 30.000 volumes) était le centre de sa maison, un lieu de recueillement et de méditation d'où se dégageait le parfum du savoir et de la littérature de l'ancienne Europe. Selon son ami Alvaro Mutis, son œuvre, un livre immense, est un territoire jalousement maintenu dans la pénombre. Et Gabriel García Márquez aurait avoué en privé : Si je n'étais pas communiste, je penserais en tout et pour tout comme lui ! » ...

Moraliste à la manière d'un La Rochefoucauld ou Rivarol, on le découvre par son catalogue d'aphorismes publiés dans Notas (1954), Textos (1959) et Scolies (1977, 1986, 1992), ouvrages pas encore publiés en français, le marché de la Réaction n'étant pas porteur hors de l'aéronautique. Le site Archives documentaires a fait une partie de ce travail ; il convient de le remercier, lui et quelques autres. Extraits de ci et là :
* Aussi longtemps qu’on ne le prend pas au sérieux, celui qui dit la vérité peut survivre dans une démocratie.
* Peu de choses meurent aussi vite que les idées, et peu de cadavres inspirent une telle indifférence.
* Quand la patrie n’est pas le territoire des temples et des tombes, mais une simple somme d’intérêts, le patriotisme est déshonorant.
* Peut-être qu’après tout, la meilleure justification des aristocraties est notre évident besoin de spécialistes de l’art de vivre.
* La culture n’occupera jamais les loisirs des travailleurs, parce qu’elle est le travail exclusif de l’homme de loisir.
* Dans les époques aristocratiques, ce qui a de la valeur n’a pas de prix. Dans les époques démocratiques, ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur.
* En s’écroulant, une aristocratie explose en mille individus vigoureux qu’elle jette avec force dans l’histoire. Une démocratie, en disparaissant, se dégonfle comme un ballon de baudruche.
* L’intelligence est une patrie.
* Une doctrine sévère et une pratique aimable, voilà non la formule de l’hypocrisie, mais le secret de toute civilisation ancienne, riche, mûre.
* Dieu est l’être pour qui le plus humble et le plus commun des hommes est une personne. Dieu est l’être qui ne pense pas avec des idées générales.


photo de Davila à son cabinet de travail
Et nous finirons par ses regrets de la campagne française d'avant,celle qu'il n'a pas connue. Y perce une pointe d'humour réactionnaire ; mais si, mais si, ça existe sapristi !

Cette campagne française fait pitié. Terre soumise et servile.
Nature que l’homme a asservie. Sol dompté, incapable de se révolter, plus semblable à une usine alimentaire qu’à la campagne rustique et sacrée que l’homme habitait jadis.
La richesse de la Pomone mythique se transforme en un immense entrepôt de grains et de légumes. La campagne de France n’est pas un jardin, c’est un potager.
Devant ce gigantesque déploiement d’aliments, je ne rêve que de landes stériles, de pitons glacés, de la tiède forêt de mes rivières andines.
Je ne sais d’où me vient cette répulsion. Sobriété innée, goût d’une certaine austérité janséniste, ou modération inévitable d’un ressortissant de pays pauvre? Ah! vieux terrains marécageux de Port-Royal, friches de Castille, ah! mes âpres collines.
Ce que la campagne française met en évidence, c’est la victoire définitive du paysan.
La tâche entreprise le 4 août 1789 et qu’illuminent de leurs feux symboliques les archives féodales incendiées, est enfin accomplie.
Terre entièrement cultivée, dans ses vallées et sur ses côteaux, sur les rives de ses fleuves, dans les étroits jardins de ses maisons comme dans ses vastes plaines, terre sur laquelle veille un immense amour paysan pour le sol qui le nourrit et le fait vivre. Ces lourdes moissons, ces feuillages lustrés, ces pampres qui préparent les grossesses de l’automne, sont l’effort implacable de millions de vies avides et laborieuses. Des vies qui, du matin au soir, travaillent sans relâche le sol qui enfin leur appartient et que plus rien ne protège de leur convoitise séculaire.
Un immense peuple d’insectes s’est répandu sur le sol de la France. Sa sueur le féconde et l’enrichit.
Ces champs exhalent comme la vapeur de la sueur paysanne.
Sur ces terres lumineuses, sur ces horizons doux et purs, sur la lente et molle courbe de ses collines, sur ce paysage d’intelligence et de grâce, de discrétion et de lucidité, règne une démocratie paysanne.


Les autres sites qui parlent de Nicolás Gómez Dávila :
- Biblisem
- Pierre Olivier Combelles
- Biographie.net
- Thèse de doctorat de philosophie soutenue à Paris VIII
- La Wikipedia

Juan Asensio en parle aussi beaucoup et bien : cliquez sur ce Stalker là, vous ne serez pas déçus !

couverture des horreurscouve du réactionnaire
Ses deux livres publiés en français sont aux Editions du Rocher.


chef de Thucydide
« En voulant justifier des actes considérés jusque-là comme blâmables,
on changea le sens ordinaire des mots. »
(Thucydide)

Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

lundi 3 novembre 2008

Piccard entre terre et ciel

Jacques Piccard« De l'espace aux abîmes, la famille Piccard entre terre et ciel » : c'était le titre d'une exposition de promotion du lac Léman que j'ai vue il y a neuf ou dix ans au Musée de Nyon.
Des hommes qui mettent leur propre vie à la pointe de leurs calculs il n'en reste pas beaucoup. La norme de nos civilisations trouillométriques est le principe de précaution. Tellement tendance que notre président de la République le plus foireux l'a constitutionnalisé ! Heureusement qu'il est des pays de courage qui nous ont échappé.

Auguste PiccardAuguste (1884-1962), alias Tryphon Tournesol, inventa l'U-237 un isotope de l'uranium qui sert de traceur radioactif.
Aérostier, il montera à 15780 mètres en 1931 pour observer la courbure de la Terre, et convaincu qu'elle est bien ronde, descendra plus tard sous la mer avec Théodore Monod dans son premier bathyscaphe au large du cap vert. Ils durent se faire quelques chaleurs car Théodore ne plongera plus par la suite, mettant ses pas dans les traces du chameau jusqu'à la fin de sa vie.
Que la Suisse de la Mesure ait produit de tels hommes ne laisse d'étonner. La Confédération a de quoi être fière : ils n'ont pas que le chocolat et le coucou en Helvétie, ils ont les Piccard !

Jean PiccardSon frère jumeau Jean (†1963) fut un aérostier américain : il laissa une foule d'inventions qui rendirent d'inestimables services au bon moment tant à l'US Air Force qu'à l'US Navy - en particulier la pyrotechnique embarquée - et développa les ballons sondes stratosphériques avec son épouse Jeannette qui était encore plus mordue d'ascensions que lui. Leur fils Don ne fera pas autre chose qu'aérostier et vit toujours aux Etats-Unis.

La génération suivante ne démérite pas.
Jacques (1922-2008), le fils d'Auguste est un océanographe qui collabora aux bathyscaphes de son père. C'est lui qui détient le record de plongée profonde dans la fosse des Mariannes en 1960 avec un officier de la marine américain du nom de Walsh : 10916 mètres à bord du Trieste, équipé d'une sphère d'acier Krupp de 12-18 cm d'épaisseur. Elle sera déformée !
Jacques Piccard s'est éteint ce week-end près de Lausanne. RIP.

Bertrand PiccardSon fils Bertrand, psychiatre démangé par l'invention, défraya la chronique en 1999 en effectuant le tour du monde en ballon avec Brian Jones, un pilote de la RAF. Il dirige aujourd'hui le projet Solar Impulse qui vise à faire décoller et voler un aéronef 100% solaire.
Premier tour du monde (j'y crois) en 2011.
Les Piccard sont des inventeurs d'une rare élégance physique et mentale, une aristocratie à eux-seuls : « "Bienvenue à ceux qui croient au pouvoir des rêves et qui veulent se joindre à moi pour explorer la Vie »(Bertrand).

Les sociétés humaines ont besoin d'exceptionnel non pour se distraire comme la société du spectacle nous le laisse croire, mais pour nous arracher à la désespérance. La première fonction aristocratique (au sens grec) est l'exemple. Le décès de Jacques Piccard nous fait toucher du doigt la rareté de l'exemple, et ... nous donne l'occasion d'acheter les livres de la dynastie pour les fêtes de fin d'année :

livre Une trace dans le cielDe l’enfant, qui rêvait d’espace en côtoyant les astronautes de Cap Kennedy, à l’initiateur du premier tour du monde en ballon et du projet Solar Impulse, Bertrand Piccard a toujours combiné science et aventure pour explorer l’âme humaine. En suivant cette trace dans le ciel, il est devenu médecin, psychiatre, puis hypnothérapeute, et s’est tourné vers la recherche de ce qui donne un sens à la vie. Alliant récit, expérience personnelle et réflexion, ce livre illustre les questions et les idées qui ont fait de ce « savanturier » l’un des conférenciers les plus demandés dans le monde.
(240p. chez Favre Ed., 19€)

livre Un soleil sous la merL'histoire du Mésoscaphe de Jacques Piccard. Le livre retrace dans sa première partie la conception et la construction du mésoscaphe. Ce sous-marin fut le premier à transporter des passagers - plus de 33 000 pendant le temps de l'exposition nationale suisse à Lausanne, en 1964. Ironiquement, Piccard raconte les péripéties vécues avec la commission technique (des experts inexpérimentés !) chargée d'expertiser le mésoscaphe pour son utilisation dans le cadre de l'Expo 64. Finalement, Piccard perd le contrôle de son projet et ne sera pas invité à l'inauguration officielle du mésoscaphe ! La deuxième partie du livre narre la construction et l'expédition du Ben Franklin, un mésoscaphe construit pour une firme américaine afin d'explorer scientifiquement le Gulf Stream.
(284p. chez Eiselé, 1974). Se trouve en bouquinerie.

livre Entre Terre et Ciel[Entre terre et ciel : réalités, visions d'avenir] d'Auguste Piccard édité par Ouchy en 1946. In-octavo de 286p. les premières éditions avec 60 cartes sont passées en livres rares et se négocient autour de 50€. Chouette cadeau.
[Au seuil du cosmos] du même, 148p. a été réédité en poche chez Denoël en 1981 ; il est disponible au prix de 5€50 (pas de photo).





Bertrand Piccard a un site web : www.bertrandpiccard.com

Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :


le Trieste

jeudi 25 septembre 2008

Anarchie devant

charles maurrasEn revenant d'Athènes, le "crétin profond" de Gauchet Marcel disait : « la brève destinée de ce que l'on appelle la démocratie dans l'Antiquité m'a fait sentir que le propre de ce régime n'est que de consommer ce que les périodes d'aristocratie ont produit. [...] Des biens que les générations ont lentement produits et capitalisés, toute démocratie fait un grand feu de joie [...] Etre nationaliste et vouloir la démocratie, c'est vouloir à la fois gaspiller la force française et l'économiser, ce qui est l'impossible »

Il est des démocraties capables de saine gouvernance, elles sont en général réduites au périmètre de conscience politique de leurs administrés. Par contre les démocraties étendues sont toutes en perte parce que le gigantisme des masses mues tant dans le domaine de la production que dans celui des finances, foisonne sur des moyennes qui ne correspondent que rarement aux cas individuels et parce que les détournements opérés par les "gérants" du pot commun ne sont pas immédiatement ressentis par le citoyen. Ainsi la nationalisation des pertes bancaires succède sans vergogne à la privatisation des bénéfices au motif immoral que la vie de tout un chacun est en jeu, mais l'annonce faite à midi ne crée aucun tsunami à minuit.

C'est tout l'art de la démocratie que de procurer des avantages immédiats aux souffrances sociales réelles ou supposées que l'on compensera par des sacrifices ultérieurs. L'important dans une démocratie d'opinions est bien ce que l'on "voit". Quand les sacrifices plus tard apparaissent - par exemple en servant une dette abyssale sur un budget public limité - il n'est pas si difficile de détourner l'Opinion des causes vraies déjà anciennes et souvent multiples nées de la politique de gouvernements parfois lointains dans l'histoire, et si ça chauffe vraiment, on saisira l'échappatoire efficace du bouc émissaire.
Si les sacrifices provoqués sont trop lourds à supporter pour des raisons aussi diverses que la situation économique des ménages ou l'entrée en campagne électorale des partis au pouvoir, on n'aura aucune hésitation à décréter des avantages pour les catégories "rentables" en termes de suffrages, avantages compensés un jour lointain par d'autres sacrifices. L'important est le "visible" au moment T, l'invisible n'intéresse personne ; à preuve le peu d'intérêt des Français pour diminuer à tout prix la Dette qui ronge comme un cancer l'avenir des enfants de ce merveilleux pays.

braderie de Wall Stret par Chappatte
Dans le Québécois Libre, le philosophe libertarien Jérémie Rostan nous dit que ...
« La démocratie n'a rien à voir avec la liberté de la presse, ou bien la séparation de l'Église et de l'État. Il peut y avoir des démocraties n'ayant pas ces caractéristiques, et des régimes non-démocratiques qui les ont. Ce qui caractérise la démocratie, c'est le fait que l'organisation qui monopolise l'utilisation légale de la violence — constitutive de tout État — soit contrôlée par qui obtient le plus grand nombre de suffrages. Or on réunit des suffrages en promettant et faisant pleuvoir des avantages présents visibles dont les désavantages futurs sont invisibles. On est élu, par exemple, sur un programme d'expansion de pseudo droits sociaux, de vastes chantiers publics, de "relance de la consommation", etc., toutes choses qui ne peuvent être financées que par la taxation. C'est là, d'une manière générale, le seul moyen d'action publique.
Mais la taxation présente ne peut pas être indéfiniment accrue : toute taxation diminuant l'activité économique, dont elle spolie le produit, il est un point au-delà duquel l'activité serait si diminuée par l'augmentation de la taxation que les recettes fiscales, c'est-à-dire le "pouvoir d'achat" du gouvernement, s'en trouveraient elles-mêmes amoindries. Il est alors nécessaire de différer la spoliation, c'est-à-dire de mener des politiques monétaires expansionnistes; bref, d'engendrer une inflation monétaire.
Pire, le système démocratique ne pousse pas seulement, structurellement, à la social-démocratie, à la taxation et à l'inflation; il incite aussi ceux qui sont "aux commandes" à combattre les réajustements nécessaires à la solution des problèmes qu'eux-mêmes, ou leurs prédécesseurs, ont posés à la société. Le mot d'ordre des gouvernants et des banquiers centraux, "pas de crise sous mon règne", revient en effet à dire: "pas de retour à la réalité concomitant à mon exercice du pouvoir". »


Si je cite Marcel Gauchet en ouvrant ce billet, c'est pour signaler un entretien qui fait écho à cette supercherie signalée par Rostan, entretien publié sur le site de Causeur. Son titre "Dialogue de sourds à la française" traduit mal l'essence du propos qui est la fracture irréductible entre pays réel et pays légal, même si on ne la présente pas en ces termes. Cliquez donc ici, ça le mérite et oubliez le blasphème anti-maurrassien.

Si les libertariens sont contre la démocratie, nous arrivons à un confluent d'idées. La lutte anti-état des libertariens est l'avatar moderne et instruit de la vieille anarchie. Nous avons un slogan de notre bord qui devrait leur plaire pour autant que nous en développions la doctrine :
« le royalisme c'est l'Anarchie plus Un »

logo anarchie en feu
On y reviendra quand nous aurons creusé le concept de l'ordre anarchique. Si, si, ça existe même si ça n'est pas passé à la télé ! Maurras n'a-t-il pas démontré que le Bien ne se situait pas intrinsèquement dans les choses, mais dans l'ordre des choses, non plus dans le nombre ou la quantité, mais dans la composition et la qualité. L'anarchie serait-elle le champ magnétique qui va orienter toute la limaille citoyenne ?
Reste que la droite mathématique d'une politique visant au Bien commun est asymptote à cet aboutissement qu'elle ne rencontrera jamais. Il nous suffit de les voir tangenter !


Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

mardi 17 octobre 2006

Les Meilleurs, par Vivatrex

sans peur et sans reprocheOn oppose parfois le gouvernement du nombre, la démocratie, et celui de l'excellence, l'aristocratie, pour démontrer que le second contrevient aux lois sacrées de l'Egalité en droits, sinon en tout. Et de vite conclure qu'en république, la porte du pouvoir est ouverte à tous, à peine pour eux de convaincre le plus grand nombre de les y porter par leurs suffrages.

L'aristocratie ne serait en revanche que le gouvernement d'une caste oeuvrant à la confiscation d'avantages indus. Il n'est pas midi dans ce postulat qu'on voit déjà l'usure de sa trame, car ainsi que le dit Vivatrex dans un fil du forum Vive Le Roy, "au moins jusqu'à un certain niveau, et qu'on le veuille ou non, on est déjà dans une société du gouvernement des meilleurs". Mais laissons-lui maintenant tout l'espace :

On peut dire ce que l'on veut de la Révolution, mais c'est elle qui a tout de même imposé la méritocratie en France. Le mérite, les "capacités" devaient être récompensés. Et il y avait un certain consensus là dessus puisque, même si elle avait ses opposants, l'idée n'était pas défendue que par les bourgeois du Tiers mais était aussi par de grands nobles libéraux.
Donc notre société est tout de même celle du mérite et du gouvernement des meilleurs. A la tête de l'Etat se trouve, il faudrait être de bien mauvaise foi pour ne pas le reconnaître, souvent beaucoup d'intelligence et de culture. Au moins beaucoup de diplômes ! Nous sommes donc, d'un certain point de vue, déjà dans le gouvernement des meilleurs.

Alors où est le problème ?
Le problème est dans l'élection.

Car cette intelligence va se dépenser non dans une gestion sincère des questions d'importance pour notre pays, mais dans l'analyse des rapports de force politiques, afin d'en tirer profit pour obtenir le pouvoir par l'élection. Nos hommes politiques sont les meilleurs... les meilleurs menteurs, les meilleurs comédiens, les meilleurs rapaces, les plus grands cyniques ! L'élection pousse toute cette intelligence à se dépenser souvent dans de vaines querelles (les querelles d'hommes), mais surtout elle pousse à caricaturer le débat et les idées pour stigmatiser l'adversaire et déchaîner les passions (il faut "fidéliser la clientèle"...), elle pousse à chatouiller les passions populaires afin de récolter les voix... quelqu'en soit le prix. Les élections à venir vont encore nous en donner la démonstration.

Problème encore dans l'élection, lorsqu'elle donne la possibilité à des incapables notoires de se présenter et d'avoir des chances d'être élus ou d'obtenir du pouvoir.
Que dire lorsque un facteur peut faire campagne pour devenir chef d'un Etat comme la France ? Les niais diront que c'est très beau et que c'est l'égalité ? La belle affaire !
Que dire lorsque des "néants" comme Voynet ou Bachelot parviennent, pour de simples raisons de cuisine électorale (c'est au moins certain pour Voynet), à être ministres de notre cher pays ?


Que dire lorsqu'une incapable comme Ségolène Royal est en tête des sondages à la veille d'une élection présidentielle ? Même un journal comme Le Monde a noté son incapacité au moins dans certains domaines comme les affaires extérieures (ressortissant pourtant au "domaine réservé") et les finances (à l'heure où le déficit bat des records), cela laisse rêveur...

Je n'ai donc rien contre le gouvernement des meilleurs... dès lors les portes du gouvernement sont ouvertes à tous et que les postes ne sont pas la propriété de quelques-uns. Je suis foncièrement contre la stratification du pouvoir par le retour à une "aristocratie" dans le sens du gouvernement d'une noblesse héréditaire et privilégiée, idée à mon avis complètement saugrenue et ridicule. Là dessus je serai d'accord avec 99,99% de la population française qui refusent viscéralement toute idée de rétablissement d'une "noblesse" avec tout ce que le mot sous-entend.
Cela pour dire que non seulement l'idée de rétablissement d'une "noblesse" est ridicule, mais qu'en plus elle est impossible à réaliser, et complètement contre-productive politiquement pour notre cause. Sans avoir besoin de répéter, parce que c'est l'évidence même, que rétablir une "noblesse" serait la pire ânerie à ne pas commettre si nous voulons le bien de notre pays.

Je m'étonne d'ailleurs qu'un républicain et démocrate dans l'âme comme on en croise souvent, s'insurge contre l'idée d'un gouvernement des meilleurs. D'une part quel est le gouvernement qui, d'une manière ou d'une autre, ne se déclare pas le gouvernement des meilleurs mais celui des plus nuls ? Et d'autre part, cette idée de gouvernement des meilleurs rejoint très bien l'idée de gouvernement des plus méritants et des plus capables, point sur lequel nous pouvons nous entendre... au moins avec une large part, sans doute majoritaire, des royalistes. Je note que l'Action française est, à commencer par elle, complètement opposée à toute idée de rétablissement d'une "noblesse" héréditaire et privilégiée.

Nota : si je mets des guillemets à "noblesse", c'est parce que croire qu'il suffit de naître dans un certain groupe pour bénéficier de qualités particulières est non seulement la preuve d'un immense orgueil mais surtout une erreur criante. La noblesse est personnelle et se juge à son tempérament, voire à l'aune de ses actions. Sinon, on n'est pas noble, mais on est le "fils de"...
(fin de la citation)



Effectivement, mais l'on peut accepter qu'une éducation au sein d'une famille aux antécédents prestigieux ne soit pas un handicap pour les rejetons, si les successions n'ont pas abâtardi la veine. Toutefois, la résurrection d'une noblesse d'Etat ouvrirait aujourd'hui tant d'immenses et ridicules disputes sur l'origine des armes brandies - il y a tant de noms illustres mais relevés -, qu'elle y perdrait tout le lustre que lui accorde encore le vulgaire.

Sans plus épiloguer, nous dirions aux jeunes Roycos, suivez les conseils de Vivatrex et décrochez les meilleurs diplômes, car c'est le bagage que vous présenterez qui primera, malgré tout, votre "notoriété" a fortiori son absence (provisoire) ! Aux autres, déjà connus, souvenez-vous de la parabole des talents. Nous, les manants, les piétons, les sans-grades et pauvres ribauds, allons avoir besoin des meilleurs d'entre vous, avec ou sans "de".
Vive le roi !



fiat lux

Articles les plus consultés