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dimanche 31 mars 2024

Pâques toujours !

Christ pantocrator

Aujourd'hui le monde chrétien fête la résurrection du Christ. Le monde non chrétien l'accepte, de même que l'ascension qui va suivre. Rien de si merveilleux là qui puisse déparer au royaume des dieux. Un grand classique universel, sauf que le monde non chrétien refuse la Passion du Christ, à moins de séparer humanité et divinité et de les mettre en cause. Ce sera le travail de la Gnose, des hérésiarques : expliquer l'impossible et le faire naître en esprit.
La besogne métaphysique est aidée par la nature religieuse de l'espèce humaine, qui est apparemment la seule à se savoir mortelle et prédestinée, en quête de sens caché qu'elle fait éclore dans la transcendance. Il n'est des lors nul besoin de démonstration définitive, seule la logique suffit. Le plus grand livre religieux du monde est un exercice de logique, pas de raison ; il est fondé sur le besoin de transcendance de l'homme qui n'accepte pas la séquence de son éveil du hasard au néant. Il est prêt à tout croire qui le confirme dans son exceptionnalité, tant que les grains du chapelet restent bien enfilés sur le même fil. C'est tout le succès de la Bible.

Le Christ n'a rien écrit de sa main qui soit parvenu jusqu'à nous. Les évangiles sont tardifs et on n'en connaît pas les fondations exactes autre que la tradition orale. Les révélations de l'Apocalypse (pléonasme) empruntent leur mystère au merveilleux dont on a du mal à percer le sacré. On ne saurait partir plus mal ; mais c'est la logique du récit qui prime pour aboutir à la conversion du roman en dogme. La religion catholique est donc une construction émanée d'une puissance divine ou temporelle qui convoque la foi en elle contre la raison chez une espèce qui veut se dépasser.

Alors Marie-Madeleine vint au tombeau dès l'aube et se penchant dans l'entrée découverte par la pierre roulée, le vit vide.

#2254

samedi 8 avril 2023

Pâques 23

Jésus et Marie-Madeleine au tombeau
Peinture d'Antonio Allegri da Correggio titrée Noli me Tangere 

Au matin de Pâques, le Seigneur s'est accompli dans sa divinité en prenant pour premier témoin une femme. Marie-Madeleine. Toute l'affaire avait commencé par une femme, l'archétype du Contraire qui voulut connaître l'interdit et ruina le projet de béatitude d'une espèce qui allait immanquablement s'ennuyer au jardin d'Eden. Eve. Puis passèrent les grandes reines d'Israël* qui surgissent des pages noires du peuple hébreu, Bethsabée, Jézabel, Athalie, Esther, sans lesquelles les tribus abrahamiques auraient succombé aux fumées bitumineuses du Jourdain, puis Judith qui décolla Holopherne comme on le fit plus tard de Fualdès, toutes symboles vivants de l'alliance avec Yavhé ; jusqu'à la modeste davidienne Marie de Nazareth qui enfantera le Messie.

Tout ceci est-il vraiment vrai ? Interrogeons le spécialiste :
« J’appelle historique ce qui est réellement arrivé dans le monde extérieur aux esprits, ce qui est événementiel et non seulement conscientiel. Et, en un second sens, plus profond, j’appelle historique ce qui, étant arrivé, suscite chez les hommes animés par l’idée de vérité l’attitude de l’attestation. Et j’appelle enfin historique, en un troisième sens plus profond encore, ce qui a été affirmé par divers témoins indépendants les uns des autres dans des conditions telles que l’accord de leurs témoignages ne peut s’expliquer ni par l’influence de l’un sur l’autre ni par le hasard. C’est dans ce sens-là que je crois pouvoir dire que la résurrection se présente comme historique. Ce que j’ai remarqué au sujet du tombeau vide et des apparitions (et surtout de leur rapport réciproque) me porte à penser que je suis ici en présence d’une réalité ayant le caractère d’un événement, bien que ce soit plutôt un trans-événement, je veux dire : un événement qui, quoique dans ce monde, n’est pas seulement de ce monde » (Jean Guitton).

Donc Jésus de Nazareth et Marie de Magdala se sont bien vus au tombeau après la mort du Christ, et si elle ne l'a reconnu qu'à sa voix, c'est que son corps astral* était en cours de transfiguration, pas encore achevée. Μή μου ἅπτου (noli me tangere) Ne me touche pas !
La femme est l'origine du monde. Si tous les rois naissent des femmes, les manants, les marchands, les saints, les capitaines, les voleurs, les prêtres et les assassins aussi. Le Christ ressuscité affirma cette vérité première en retardant sa rencontre d'avec les hommes. Redivinisé, il recommença par l'essentiel.
Bizarre. Vous avez dit "salique" mon cousin ? Comme c'est bizarre !

dimanche 4 avril 2021

Resurrexit !

du sépulcre vide s'échappe une colombe


Le mystère du Christ nous écrase,
Celui de Marie Madeleine nous intrigue,
Le jour est aux questions !





C'est Pâques. Vous reprendrez bien deux doigts d'eschatologie ?


« Si les évangiles des dimanches de Carême sont centrés sur la personne de Jésus, ils conduisent dans le cœur de son mystère qui est sa mort et sa résurrection. De quelle mort s'agit-il ? De quelle résurrection ? " Si le grain tombé en terre ne meurt, il ne porte pas de fruit." Ce grain qui vient du Ciel est tombé en terre, c'est le Fils éternel qui tombe en terre en se faisant homme. Ce grain va mourir pour donner du fruit. La mort de Jésus est une mort en vue de donner la vie. Ce n'est pas le terminus, c'est le début du voyage. Ce fruit est double : il ouvre à chaque homme qui traverse la mort un chemin pour ressusciter et vivre éternellement ; mais il donne aussi à tous ceux qui acceptent de mourir au péché pour vivre en Dieu de connaître déjà la vie éternelle dès cette terre : ce don est celui de la foi. C'et le choix de nos catéchumènes. Par le baptême, ils meurent avec le Christ pour vivre une vie nouvelle avec Lui dès cette terre par le moyen des actes de foi.»

(P. Arnaud Gautier, doyen du Confluent)

dimanche 12 avril 2020

Jésus le bien aimé

Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l’intérieur, tout en larmes, et, à l’endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l’a mis. »
Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »
Le prenant pour le gardien, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi, j’irai le reprendre.»
Jésus lui dit alors : « Marie ! »
Elle se tourne vers lui et lui dit :
« Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs.
Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.»
Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur, et voilà ce qu’il m’a dit.» (Jean 20, 11-18)


Parmi les quatre évangiles reconnus par les Pères de l'Eglise, ce texte de Jean est le plus crédible sur la résurrection de Jésus de Nazareth. Que s'y passe-t-il ? C'est plus probablement le récit qu'en fit Marie de Magdala aux apôtres auprès desquels elle accourut porter la nouvelle de la Promesse réalisée puisque rien de la saga christique ne tient sans la résurrection.

Sans aucun préavis, elle est confrontée au monde d'en haut, les anges l'attendent, le Seigneur l'attend. Elle ne le reconnaît pas ! Bien qu'intime du Christ au quotidien, et certainement éperdument amoureuse de celui qui l'a arrachée à l'opprobre publique de son métier, le plus vieux du monde, elle ne le reconnaît pas. Jusqu'à l'instant où il s'adresse à elle comme dans l'intimité, en l'appelant par son prénom. En ces temps imparfaits, on ne s'adressait aux femmes qu'en appelant leur condition : "femme !" Ainsi que le font les anges du tombeau. Ainsi que le fera Jésus à sa mère quand il s'adressait à elle en public.

Alors elle voit son seigneur et maître (rabbouni) vivant, et le touche de joie, teintée peut-être d'incrédulité comme on chercherait à saisir un hologramme. Il la dissuade aussitôt parce qu'apparemment il n'est pas "fini". Il n'est pas encore remonté à son père. Il y va. Peut-être s'agissait-t-il de son corps astral et non plus de la guenille humaine, ce qui expliquerait qu'elle n'ait pas reconnu l'élu de son cœur au premier regard ? Il s'en va. Les apôtres arrivent trop tard, c'est fini, les anges ont fait du rangement, impeccable. Seule Marie Madeleine est le témoin oculaire de la résurrection, les autres ne sont que témoins d'une absence. Les apparitions suivantes seront toutes à l'initiative du Ressuscité mais il a choisi sa Marie pour donner la première preuve.

Il l'avait annoncé : « Les publicains et les prostituées vous précéderont dans le royaume de Dieu, car Jean le baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru.» (Matthieu 21, 28-32).

Sur la base de l'intensité du récit au tombeau, fondateur du catholicisme, on comprend mieux le mythe médiéval d'une descendance de Jésus et Marie Madeleine, et on regrette d'autant plus qu'il ne se soit pas réalisé, d'autant qu'elle avait choisi la Provence actuelle pour terminer ses souvenirs et rejoindre son bien-aimé.

jeudi 9 avril 2020

Office du Triduum


Saint-Georges de Lyon, église primatiale de rite lyonnais, vous invite au Triduum Sacrum de la semaine sainte qui commence ce soir à 18 heures sur vos écrans. Ierusalem, Ierusalem, Convertere Ad Dominum Deum Tuum ! Le programme des trois jours est ici.



Appel de l'abbé Hugues de Montjoye


Chers fidèles,

Cette Semaine Sainte qui approche, nous allons la vivre d’une manière inédite et, disons-le, avec une certaine tristesse : la plus belle semaine de l’année, si riche par la liturgie et les mystères qu’elle nous fait revivre, elle sera pour vous sans offices et pour nous sans fidèles ! Heureusement que « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rm 8,28), et que l’amour de Dieu ne nous fera pas défaut. Dieu saura bien combler tous les cœurs assoiffés et avides de Le recevoir. Alors, élargissons nos cœurs, demandons-Lui pardon pour nos fautes, et prions pour ceux qui continuent d’offenser un Dieu si bon, et qui méprisent les avertissement de Dieu.

Je vous invite à lire les lamentations de Jérémie, spécialement lors du Triduum. Malheureusement nous ne pourrons vous offrir cette année l’office si beau et si touchant des Ténèbres. Nous vous proposerons de réentendre l’enregistrement de l’an passé (ndlr: pour les lecteurs de Royal-Artillerie ce sera celui de 2017), mais nous chanterons quant à nous les Ténèbres hors micro cette année. Nous penserons évidemment bien à vous.

Le Recteur

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