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lundi 26 février 2024

Le roi du passe-temps

carte à jouer du roi de pique
#2242 - Un ami d'enfance qui partit bac en poche sur les chemins du monde - nul ne savait où - est revenu pour sa retraite et m'a retrouvé. Malaisie, Birmanie, Indonésie, difficile de faire plus humide ! Après avoir giberné deux heures sur nos parcours respectifs, je lui posais la question de ce qui l'avait le plus surpris dans la France actuelle. Il me répondit sans réfléchir que c'était de voir toutes les églises fermées à clef sauf dans les grandes villes. Il avait déjà compris que c'était pour réduire leur cambriolage par des chiffonniers du voyage, balkaniques souvent. Puis il voulut savoir de quoi étaient faites mes journées ; et je lui fis part de mon addiction au royalisme qui m'occupait l'esprit entre deux tournées au jardin ou en campagne. Nous devisâmes donc sur cette excentricité méconnue du monde malais. Quand il eut reçu toute l'information qu'il attendait sur le royalisme et ses espérances dans une République stabilisée sur des fondations sûres, il me dit tout à trac :
- finalement c'est un passe-temps !
J'allais lui répondre par la négative quand je me tus subitement devant cette révélation.
Faut-il continuer ? Etait-ce ça ?

J'avoue m'être souvent posé la question de l'avenir du royalisme en France, à comparer son empreinte dans les années 50 et celle des années 20 aujourd'hui. Que le lecteur se rassure, je ne vais pas le barber avec la marmite dans laquelle je suis tombé petit ; mais pour faire court, nous avons plutôt rapetissé. S'il fallait extraire une seule cause de cette stagnation, laquelle choisiriez-vous ?
Pour moi c'est une enfilade d'erreurs de positionnement malgré la haute valeur de la "doctrine". On ne peut être longtemps irréprochable intellectuellement tout en se fourvoyant dans des tunnels sans fond qui nous décrédibilisent aux yeux de nos concitoyens. Et ça a commencé en 1940. Plusieurs alternatives se sont présentées ensuite à nos chefs qui ont chaque fois choisi celle qui n'avait pas d'avenir. La dernière est d'hier. L'Action française communique officiellement sur un choix que nous devrions faire entre la France ou l'UE pour régler les crises que nous traversons. Texto c'est par ici et le brûlot se termine ainsi : « Mais quand le pouvoir politique refuse de passer à l’acte, c’est bien souvent le peuple qui s’en charge… S’il veut éviter d’en arriver là, il doit d’abord rompre avec les règles européennes et le modèle mondialiste, quoi qu’il en coûte, et probablement en coûtera-t-il moins cher si le pays réel reprend le contrôle. Avec le scrutin qui vient, il faudra choisir : L’UE ou la France… ».

Ce n'est ni plus ni moins qu'un Frexit ! Or nous savons (mais pas tous) qu'il est impossible, et nous avons osé le démontrer ici. Extrait du 30/11/2020 :

- [La France] n'a pas de monnaie alternative à l'euro (même Marine Le Pen s'en est rendu compte, c'est dire).
- Sa géographie la place au cœur des flux logistiques européens qui ne peuvent l'éviter qu'en traversant les montueuses républiques alpines. Elle bloque la péninsule ibérique jusqu'au Maroc (prochain candidat au Marché commun).
- La place financière de Paris, si elle monte en technicité, ne sera jamais une place de premier plan, enchâssée qu'elle est dans une République socialiste, ennemie du succès et des profits (la Bentley du Garde des Sceaux élevé par une veuve femme de ménage fait jaser les jaloux).
- Son domaine ultramarin ne lui est d'aucun secours puisqu'elle le porte à bout de bras et que les ZEE immenses n'ont de valeur qu'exploitées. Nous ne les exploitons pas faute d'investisseurs, à peine si nous avons les moyens de les défendre dans le domaine de la pêche industrielle. Et pour la citer, la Francophonie reste cantonnée à la culture et aux valeurs humanistes ; elle n'est pas transformable en zone de libre-échange ayant du sens.
Tout comme chez les Anglais, la libération des chaînes européennes achoppe devant l'imbrication économique bien plus nouée chez nous puisque nous sommes un pays-fondateur de la CEE au centre du jeu. Le marché des produits français est d'abord le marché européen, bien avant la grande exportation pour des produits de niche comme le luxe, la nourriture chère, l'armement. Si l'aéronautique est une coopération industrielle franco-allemande hors-sujet mais souvent citée, défaire les mille liens européens en France relève des travaux d'Hercule et nous n'avons aucun Hercule au bataillon. Personne en France, à notre connaissance, ne s'est sérieusement attelé à l'étude des travaux nécessités par le Frexit en chassant le diable dans tous ses détails, à part Michel Barnier. N'ayant aucunement la prétention de lire dans les feuilles de thé, nous attendrons donc le 2 janvier 2021 pour amender le constat d'impossibilité à la lumière de la séparation effective du Royaume-Uni de l'Union européenne.
On sait depuis lors ce qu'il est advenu du Brexit ; mais cela ne touche en rien la doxa souverainiste de "la France seule" ! Un concept qui a pris l'eau quand les Sammies ont débarqué à Saint-Nazaire en 1917 !

Ce que nous ne savons pas faire, parce que nous sommes le pays gaulois du "tout ou rien", c'est l'optimisation fine de nos dépendances. Mais pour ce faire, il faudrait des politiciens d'épaisseur, de la trempe d'un Giulio Andreotti ou Mark Rutte par exemple, et pas un Foutriquet du "quoi qu'il en coûte". Tiens, l'AF réutilise l'expression pour souligner l'urgence du divorce. Encore un tunnel !

Alors quoi ?
Notre pays a besoin de retrouver l'autorité naturelle qui était la sienne sur le continent européen afin d'optimiser ses coopérations contraintes et retrouver l'autorité morale qui va avec. Il ne suffit pas de le dire. Il y a une condition sine qua non qui gouverne les autres, c'est de réparer d'abord l'Etat et de réformer nos régimes sociaux. Nous savons ce qu'il faut y faire, nous savons aussi que l'impopularité des mesures nécessaires est grande et que les ennemis de l'intérieur mettront tout en œuvre pour combattre dans un troisième tour social ce qu'ils appellent l'austérité quand il ne s'agit que de bonne gestion du pays. Car, comme le disait Mark Rutte à Emmanuel Macron en 2017, quand celui-ci, tout feu tout flamme, arrivait à Bruxelles pour réformer l'Europe : "commencez par réformer votre propre pays avant de nous lancer dans une réforme de l'Europe". Et c'est toujours vrai.

On ne va pas énumérer nos trois déficits, indignes d'un pays doté comme la France, ni la dette monstrueuse qu'a provoqué le clientélisme démocratique latin. Nous ne sommes plus aux yeux d'autrui le pays qui dit la loi, qui se projette dans l'avenir, appuyé sur une culture universellement reconnue. La France de Sarkozy, Hollande et Macron ne fait plus envie autant que jadis (sauf pour la CAF) et certainement plus peur à personne. Elle est devenue le paon de la cour tout en arrogance. C'est cela qui doit changer tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Nous n'avons pas à décréter notre assistance humanitaire au Maroc sans son avis, ni à faire la leçon à Macky Sall sur l'organisation de sa succession ni à régler la gouvernance du Liban corrompu jusqu'à l'os.
Réparer notre Etat invasif, il y faudra deux générations et des sacrifices, du moins un ajustement de la redistribution dans les limites du soutenable. Nous n'en prenons pas le chemin puisque les programmes électoraux en cours d'élaboration pour la présidentielle de 2027 sont des plans de dépenses, d'amélioration du niveau de vie. Alors, un Frexit qui ruinerait notre agriculture et ce qu'il nous reste d'industrie ? laissez-moi rire.
En tant que monarchistes, nous serions plus crédibles à enfourcher le cheval de la rigueur et du régalien.

jeudi 16 novembre 2023

De la trudoïsation du leadership

Le limogeage de Suella Braverman, authentique ministre de droite du cabinet Sunak, et la lecture d'un article de Jeremy Stubbs publié ce matin dans Causeur (clic) m'ont conduit à mesurer les progrès du sans-couillisme dans nos démocraties vénérées. Il est patent.

Suella Braverman, l'homme à poigne du cabinet Sunak

Dans sa réaction donnée à la presse dès le lendemain de sa disgrâce, Suella Braverman taille un costard au premier ministre de sa majesté l'accusant de trahir le programme qui les a fait élire sur un ton inhabituel dans le cercle étonisé du pouvoir britannique. C'est à lire ici (clic droit sous Chrome en français). En résumé, mollesse dans la régulation de l'immigration, mollesse agravée dans la lutte contre l'immigration forcée ou illégale (Stop the boats !), molesse dans l'application du protocole irlandais, molesse dans l'expulsion des foutaises de genre du milieu scolaire, etc... Elle avait aussi demandé de rompre avec la Cour européenne des droits de l'homme qui bride la liberté de gouverner son espace au mieux des intérêts du royaume. Bref, elle était tout simplement de droite, et lui succède au Home Department James Cleverly, un besogneux ayant préféré l'escalier social à l'ascenseur, qui a fait carrière dans l'armée de réserve. Il est lt-colonel d'état-major à la 1st (UK) Division depuis huit ans. Rishi Sunak cherchait un ministre de l'Intérieur instruit et obéissant, il l'a !

Ces reproches sont du même accabit que ceux qu'on pourrait faire aux deux autres yuppies aux manettes que sont Emmanuel Macron et Justin Trudeau. Celui qui proclamait lors de son élection que le Canada était de retour sur la scène internationale, en digne fils de son père, n'a jusqu'ici impressionné personne. Que pouvait-on attendre d'un étudiant prolongé en sciences éducatives de McGill ? Est-ce la faute au Canada itself ? Sorti de l'arctique, le pays immense et sous-peuplé ne pèse pas grand chose en géopolitique, au moment surtout où le monde libre affronte des casques à boulons comme Poutine, Netanyahou, Erdogan ou Kim Il-jun (et sa sœur).

Mais le nôtre est-il mieux ? Que retiendra-t-on de ses deux mandats ? Dix ans, sinon rien. Macron a (mal) géré les défis sans les affronter vraiment, même sous un second mandat débarrassé d'une réélection. Ne parlons pas de la polka avec Poutine avant l'invasion de l'Ukraine (personne n'a toujours rien compris sauf peut-être que la doxa nucléaire interdisait de penser qu'un psychopathe pouvait accéder au bouton rouge), mais parlons plutôt de la position en ajustement quotidien sur l'opération d'éradication du Hamas par Israël. Frémissant d'horreur, il convoque une coalition anti-terroriste copiée sur celle anti-daesh, laisse passer les bombardements en tapis de l'armée de l'air israélienne sur Gaza-nord, puis se réveille pour un cessez-le-feu quand les combats ont cerné les hôpitaux mais au sol, donc moins meurtriers, et croit pouvoir longtemps ménager la chèvre et le chou en même temps, sans paraître à la marche contre l'antisémitisme quand on lui demandait seulement d'y venir un quart d'heure au début. Quant à la "coalition" anti-Hamas, personne strictement personne ne lui a répondu.

Comme le Canada de Justin Trudeau hélas, la France d'Emmanuel Macron n'est pas écoutée sur la scène internationale même quand il lui arrive de concrétiser de bonnes intentions. Aider l'Arménie à montrer les dents au satrape azéri et au sultan de la Porte n'a suscité aucun rallye derrière nous bien que ce pays chrétien enclavé mérite qu'on le protège des appétits voisins.
Pour boucler sur l'entame de ce billet d'humeur, que va-t-il se passer dans la navette de la loi d'immigration entre les deux chambres du parlement ? Le projet du gouvernement a été durci au Sénat par des mesures de bon sens. C'est dans ce domaine (le bon sens) qu'on attend la chambre haute. Nul doute que la majorité relative présidentielle à l'Assemblée nationale épurera le durcissement des dispositions pour aller vers le fameux consensus mou qui est la marque de fabrique de la Vème République depuis le second mandat de Chirac. Déjà les oppositions automatiques tant élues que professionnelles fourbissent leurs arguments contre la "cruauté" du texte. Le marais parlementaire fléchira et la énième loi de régulation de l'immigration sera archivée sur l'étagère ad hoc après que Dalloz ait amendé ses codes.

Le sentiment général, avec plus de cinquante pour cent d'abstention aux élections, est que le pays n'est pas gouverné tant à l'intérieur que sur ses marches. C'est pour nous le régime même qui est en cause. La classe politique est obsédée par sa carrière politique et jauge toute décision à l'aune du résultat électoral attendu. Ils sont déjà en campagne pour la présidentielle de 2027. Au niveau national, la démocratie est un venin. Nous l'avons souvent développé sur ce modeste blogue. Comme on dit au champ de tir, au résultat : nos armées sont sous-équipées ; nos finances publiques en grave déficit partout ; notre dette souveraine versée sur la tête de nos enfants est criminelle pour un pays disposant de tels atouts et en temps de paix en plus ; notre système éducatif public est à fuir tant notre place dans les classements mondiaux est basse ; notre société est de plus en plus communautarisée donc fragmentée, donc dividée en camps qui s'observent avec mépris ; et pour finir, nos outremers qui sont un héritage du prestige d'antan, ne sont pas défendus.
Il faut arracher l'essentiel de notre Etat au carnage démocratique tout en laissant prospérer le débat aux étages subalternes dans une monarchie fédérative, décentralisée, ayant pour principe de gouvernement le bons sens et la nature. Il existe des manières douces, non brutales, de convertir pas à pas un régime déficient, mais le pays gaulois ne croit qu'aux grands éclats, c'est notre malédiction hélas, trois fois hélas.

mercredi 27 septembre 2023

Des boucles d'oreille, avec du tweed !!

Allô quoi ! Lors du classico OM-PSG, le kop parisien a déclenché un tsunami d'insultes à l'endroit de ses adversaires prouvant à qui en doutait que les supporteurs de foot se tenaient loin de la faculté de lettres.
« Les Marseillais, c'est des pédés, des fils de putes, des enculés… et par les couilles, on les pendra ; hélas des couilles, ils n'en ont pas. » (Merci à Têtu pour l'intégrale).
Bronca chez la bienpensance aux manettes qui dénonce l'homophobie des spectateurs du match de foot et prévoit des mesures blablabla et cétéra. Sauf qu'il n'y a pas plus d'homophobie dans cette strophe d'insultes bien rimée que de beurre à la roulante des tirailleurs. Les mots sont juste choisis pour percuter le plus fort possible, mais ça, la jaquette aux affaires ne l'acceptera jamais. Il faut protéger la minorité électorale promue sous les ors de la république et quoi de plus utile que de la prétendre attaquée. Les sanctions tomberont, le club ne peut pas y échapper mais on croise des doigts pour que la marque d'autorité des pouvoirs publics ne déporte pas le chahut vers les quartiers gays de la capitale comme un monôme estudiantin qui déciderait de se venger sur la communauté spéciale, visée non par les fouteux sans cervelle mais par la ministre des sports sortie de la boîte tel un diable et par le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). Si, si, ça existe !

boucles d'oreille Konov crânes
Le titre de ce billet d'humeur est une chute de Fernand Raynaud dans son fabuleux sketch Le Tweed. Je vous la remets là avec une affiche de Dubout. Aux jours d'aujourd'hui ce serait la lettre de cachet direct ! On a oublié aussi Jean Roucas à qui l'on demandait dans une émission enregistrée à la télé pourquoi certains portaient une queue de cheval, répondre que c'était "pour se tenir à quelque chose". Il n'a pas été coupé, mais le lobby gay, assez bien représenté dans le showbiz, s'est chargé de terminer sa carrière.

La semaine est riche en scoops.

Itté missa est a dit le Quai d'Orsay. A trois heures du matin l'ambassadeur de France a été exfiltré en catimini vers notre base projetée de Niamey à destination de N'Djamena. Il ne reste plus qu'à organiser les convois de conteneurs vers le port de Cotonou pour vider le pays de notre présence que les foules jugent inutiles. Enfin, si les conseillers en soupente de l'Elysée ont bien compris qu'il était inutile de sauver l'honneur de Barkhane en nous déportant au Tchad où nous ne ferions que précipiter la chute du fils Déby, mal assuré déjà dans son emploi d'autocrate Zaghawah-Gorane. Si, si, ils ont ça aussi là-bas.

Malgré cet échec retentissant - qu'en pensent les Canaques ? - le vibrionnant Monsieur Macron ne tient pas en place et déjà nous projetons un accord de défense avec (je vous le donne en mille) la Moldavie. Si vous faites des mots-croisés, vous savez que le pays est au-delà du Prout, un tributaire du Danube. Quelle mouche a piqué notre président pour aller faire le coquet dans un pays sans le sou, entre Prout et Dniestr, directement menacé par la Fédération de Russie qui y a déjà planté ses dents ? Apparemment ce grand jeune homme n'a jamais envisagé de passer une accord de défense avec la municipalité de Marseille. Balayer devant sa porte est sans gloire mais tant utile ! Ce président veut écrire sa page d'histoire comme leader du monde libre, euhhh de l'Europe occidentale, euhhh de la Méditerranée, euhhh de l'Eurogroupe, euhhh de la rive gauche du Rhin. Un vrai crèvecœur que ce rétrécissement !

A l'autre bout du monde, la Chine populaire amorce la racialisation des conflits. Et connaissant le racisme endémique chinois comme le chauvinisme explosif des masses Han, il m'étonne que les médiats français n'en aient pas fait des caisses dès la réunion tripartite de juillet 2023 à Qindao. A l'annonce de manoeuvres conjointes USA-Japon-Corée, le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, avait répondu de façon très surprenante que les Sud-Coréens et les Japonais auraient beau se blondir les cheveux ou affûter leur nez, ils n'en deviendraient pas pour autant des Européens et qu'ils devraient savoir où sont leurs racines, coopérer avec les Chinois et cesser de favoriser une logique de guerre froide. Le verbatim est par ici : “Americans take all visitors from China, South Korea and Japan as Asians. They cannot tell the differences and it’s the same in Europe. No matter how yellow you dye your hair, or how sharp you make your nose, you’ll never turn into a European or American, you’ll never turn into a Westerner.”
C'est l'histoire du commissaire vietminh faisant le tour des villages d'Indochine en cassant un œuf pour montrer au niah-koué que le jaune reste dans sa main et le blanc s'écoule et disparaît. En même temps la coopération reste intense entre la Chine populaire et la Corée du Sud, une façon pour Séoul de conjurer le sort sous la menace permanente du sociopathe atomique de Pyongyang.

Nous croyons ici être criblés de problèmes ; il suffirait d'imaginer le stress subi par la Corée du Sud pour prendre des résolutions de bon sens, à commencer par une politique sociale raisonnée qui ne bouffe pas toute la valeur ajoutée par la production des hommes, une remise au travail des oisifs éternellement secourus, un réarmement sérieux à hauteur des menaces venant de l'Est et de plus loin sur nos outremers, et un zeste de sens moral contre les dérives sociétales qui drainent nos énergies.

On ne peut quitter l'écran sans parler de l'affaire arménienne. Il y a quelques semaines le premier ministre Pachinian a déclaré commencer les démarches pour intégrer la Cour Pénale Internationale de La Haye. L'inculpation de Vladimir Poutine par la CPI est sans doute aucun une blessure douloureuse pour l'ego du Petit Csar qui s'est cru un moment le roi du monde. Et voila que son vassal, très obligé par les forces d'interposition russes dans le couloir de Latchine, lui pète à la gueule ! Un coup de fil à Bakou qui retransmet à Ankara, c'est le moment, c'est l'instant ; les Azerbaïdjanais purgent le Haut-Karabagh de sa population arménienne, et personne, la Russie d'abord, ne bouge ! Fin de l'enclave stalinienne. Réfléchir ne peut nuire !
Une satisfaction pour finir ?

Les embauches publiques ouvertes pour les Jeux olympiques de Paris 2024 ciblent des emplois non qualifiés et c'est une excellente façon d'éviter la soustraitance esclavagiste ultérieure des soumissionnaires au moins-disant. A part ça, j'ai deux centaines d'abeilles dans le colza.

dimanche 10 septembre 2023

L'Ovalie t'emmerde, gauchiard !

phase de jeu du XV féminin
Bien sûr le rugby n'est pas un sport de dentelières qui se pratique loin de la ligne des trois-quarts en cagoule et tutu. C'est un sport collectif brutal sans rembourrages d'épaules où le joueur passe avant le ballon et l'équipe avant tout. Tout le jeu est là.

Comment plairait-il aux ratiocineurs en sucre d'orge qui hantent les canaux d'opinion et nous prient de nous soumettre à leur mode de vie grisâtre, nourri d'assistance publique, de revendications oisives et de saccages anonymes ? Le pire pour les contraltos de la gauche doctrinale c'est que le rugby, avec tous les défauts de la France rance comme dit Libération - un journal qui va bien à frotter les rangers - le rugby donc, c'est en plus un sport de gonzesses pratiqué par les filles avec autant de vigueur et de brutalité qu'on en voit sur les rings de MMA féminin. C'est sûr que Rousseau, Tondelier et Panot, les remèdes-à-l'amour des hémicycles, ne peuvent pas comprendre l'engouement de joueuses saines de corps et d'esprit, libérées du féminisme hystérectomisé, ce d'ailleurs qu'on n'exige pas d'elles, tant elles comptent peu finalement. Ces harpies n'existent que par le tapage de la punchline, autant qu'il est relayé par les médiats avides de putaclics.

Bien sûr, le rugby est un sport "jambon-pinard-ortolans" originellement pratiqué à droite et l'image ci-dessous d'entrée en mêlée de Kléber Haedens, Antoine Blondin et Roger Nimier le prouve. On ne pourrait faire la même avec Sartre en talonneur ! Ni d'ailleurs avec aucun pontife de la gauche "caviar". Terrible exclusion !

Haedens, Blondin, Nimier

Si la chasse à courre n'est pas répandue en Ovalie, la tauromachie par contre y prospère, ce qui, avec le rugby franchouillard, est le second motif de redressement d'une France méridionale perdue d'avance pour le wokisme végétarien tant à la mode, qui va reconstruire l'homme nouveau selon les critères d'anachronie énoncés par tous les laissés pour compte de l'Occident global.
Ces gens du Midi ne comprendront jamais les phobies des "parisiens" qui s'insurgent contre des traditions qui ne leur appartiennent pas. Restez chez vous ! Caltez de nos causses, nos vallons, nos montagnes et nos rivières à mouches, vous êtes trop sales entre les oreilles, on vous hait ! Drop !

mardi 5 septembre 2023

L'abaya, le gag !

La petite maison de couture Al Haya Paris réinvente l'abaya et le kimono pour ses clientes du Golfe. En arabe, "al haya" veut dire la pudeur, et son premier défilé à Dubaï en 2021 mérite qu'on s'y attarde. Les modèles sont très chics, parfois suggestifs, les mannequins plus en chair que les arincades de l'agence Elite. Jugez-en :


Qui parle le mieux de cette aventure innovante d'une jeune créatrice de mode ? Le site d'entraide musulmane Go Muslim bien sûr, dans un long article illustré qu'on lira ici.

Entretemps, le fougueux ministre de la Fabrique du Crétin a décidé d'interdire la modest fashion islamique dans les classes, ce qui a levé la tempête de la rentrée, tempête bienvenue si elle efface tous les dysfonctionnements de l'institution laïque et républicaine. Trois mille profs manquent ; le métier dégoutte, personne au Capes ; deux centaines d'écoles ont brûlé parce qu'on n'a pas voulu tirer à balles caoutchouc dans le tas des incendiaires ; le programme scolaire est toujours capable de nous faire descendre l'échelle de Shanghaï ; le niveau du crétin est le plus mauvais d'Europe. Ah si, on a une deuxième grenade fumigène pour cacher la misère, l'uniforme ! On ira jusqu'à la Toussaint avec ça.

Au risque de déplaire - mais la lecture de ce blogue est gratuite et sans cookies - le Piéton du roi n'a rien à carrer de la vêture des écolières et lycéennes, quand bien même celle-ci marquerait l'appartenance à une religion quelconque, car aucune d'entre elles n'est méprisable, sauf l'Ordre du Temple solaire, tant qu'elle élève l'esprit. Les laïcards à éclipse - ils le sont moins en période électorale - hurlent au prosélytisme parce qu'il occulte le leur. Faite de lâchetés et dépravations au motif d'une liberté totale de chacun, la promotion d'un modèle social woke et équivoque se heurte au contre-pouvoir de la raison exprimée, timidement par la morale chrétienne, et avec une certaine arrogance par la charia islamique. Les bouddhistes ne sont pas mal non plus mais ils ne communiquent pas, se contentant de se laisser voir en robe safran, le visage pénétré de bonheur.

jeune fille musulmane aux yeux bleus
Ainsi peu me chaut le voile, le fichu, l'abaya du Golfe, le hijab ou le caftan marocain si l'élève est studieuse, ce qui ne va pas forcément avec. Passons maintenant au prosélytisme. La manifestation publique de cette appartenance musulmane ne convoque rien moins que les six piliers de la religion et les cinq devoirs du fidèle (clic clac) si tant est que les filles soient pieuses, ce qui n'est pas sûr non plus. Sinon c'est une marque identitaire qui vise à se distinguer de la morale sociale majoritaire, réputée permissive, un poil décadente. Et contre une démarche de pudeur et pureté affirmée ou simplement mise en scène, il va avoir du mal notre fringant ministre de la jaquette. D'autant que la fashion musulmane est devenue déjà une puissante industrie de la confection et qu'elle va défendre ses intérêts économiques par un lobbying adapté.

En fait, c'est la dérive de l'institution nationale de l'instruction à l'éducation qui crée ces bouffées de contestation chez des communautés qui estiment suffisant qu'on les instruise sans vouloir en plus régler leurs mœurs. De quel droit osons-nous régler les mœurs d'autrui ? Pour obtenir une société caporalisée où aucune tête ne dépasserait ? Cette "petite union soviétique qui a réussi" (comme disait Váçlav Havel) a-t-elle encore le projet d'un homme nouveau, le sursapiens qui éradiquerait le dernier des Mohicans et autres Néandertals ? Toute religion est perçue comme l'ennemi de la religion laïque embrassant des valeurs faisandées réputées républicaines, quand cet amalgame est pure fiction pour ne pas dire fabrication. Contrairement aux proclamations libérales des pouvoirs publics, l'application de la loi réprime la manifestation des religions, et je ne vois pas en quoi le milieu scolaire devrait être exempt de cette diversité de clientèle que de toute façon l'espace public ne peut pas confiner.

L'islamisation de la France ? Si tant est qu'elle puisse progresser plus vite que la désislamisation des familles - ils affrontent la même désertion que les églises chrétiennes - l'islamisation-marotte ne va pas passer par l'école, mais par l'économie du quotidien. Au temps des jeux vidéos et du smartphone, il faudrait un incroyable aggiornamento pour que les rites médiévaux du 7è siècle achèvent de faire la loi dans la jeunesse. Par contre les rites et produits orientaux vont se développer avec le ressac du petit commerce traditionnel et l'abandon des emplois salissants par les résidents premiers. On ne peut cacher non plus que l'affichage islamique importe des problématiques confinant au séparatisme, et c'est là que s'ouvre le champ de la réaction. La France et l'Angleterre sont les pays européens les plus "aimables" avec l'islam, ayant depuis longtemps cultivé (ou imposé) des relations spéciales aux pays du Croissant vert. Tout a commencé ici avec les vaillants Turcos de l'infanterie du Second Empire puis quand on incorpora des troupes coloniales en quantité jusqu'à la fin des années 50. Ce n'est pas d'hier matin et la Grande Mosquée de Paris est là pour nous le rappeler. Mais les funestes conneries des accords Sykes-Picot ont ouvert la voie rentrante de tous les méfaits du Proche Orient, à commencer par la querelle palestinienne. Certes nous pourrions réagir administrativement en ne faisant pas droit aux revendications identitaires exogènes sans le motiver d'ailleurs, mais le Quai d'Orsay est réputé pour cultiver un certain tropisme arabe, et en dehors de notre sphère naturelle d'ingérence, nous nous sommes mis à la colle avec des pays du Golfe jusqu'à leur proposer des accords de défense automatique très loin de nos bases. Heureusement pour nous, les riverains du Golfe persique sont en train de se raccommoder, nous évitant ce faisant de déployer notre insuffisance. Il en a découlé que les intérêts émiratis et séoudiens sont très importants en France tant dans l'industrie que dans les services et le foncier. Il n'est pas sûr que le freinage précité comme la stigmatisation de la modest fashion arabe dans nos établissements scolaires leur plaisent beaucoup, certainement parce qu'elle leur est déjà incompréhensible, comme d'ailleurs pour beaucoup de pays occidentaux.

Ce pays, sans boussole stratégique et sans projet, a l'art de se créer des complications. L'uniforme, comme dans beaucoup de pays tiers, serait sans doute une réponse adaptée pour calmer le jeu, mais voila que déjà notre président veut en même temps en diminuer l'effet et la portée, on se demande encore pourquoi. Aurait-il peur finalement ? Nous ne sortirons jamais des ronces avec des gens pareils.
Encore quatre ans !

dimanche 26 mars 2023

Gilets noirs

Les images de l'assaut de Sainte-Soline contre le mur de fer de la gendarmerie mobile m'ont bien fait rire. Quatre véhicules ont cramé et l'image pathétique de l'incendie a fait le tour du monde, chez ceux surtout qui ne nous aiment pas. Dans le protocole d'ouverture de parapluies de la chaîne de commandement des "forces de l'ordre", il sera difficile de trouver à quel échelon fonctionne le connard qui a décidé du dispositif. A moins que sa vulnérabilité n'ait été délibéremment voulue pour impressionner l'opinion générale collée au poste contre les hyènes hystériques de l'ultra-gauche. Peu d'échos cependant chez les masses laborieuses et démocratiques, c'est le premier week-end de printemps et chacun a dû partir ouvrir les volets de sa chaumière en Normandie et filtrer la piscine.

L'autre explication qui m'a traversé l'esprit, assis devant les flammes de BFM-TV, est qu'un l'échelon intermédiaire sur zone est resté l'arme au pied pour démontrer aux pouvoirs parisiens retranchés dans les ministères, combien est dangereuse la situation pour laquelle ils n'ont pas mobilisé en conséquence, non tant en hommes qu'en protection blindée. Les observateurs sur place ont noté la présence assez nombreuse d'élus en écharpe, vaquant d'une caméra à l'autre et faisant des selfies devant l'enfer de Macron-Dante. Les factieux sont bien là et notre Mini-Sarko à la timide moustache les a bien vus sur les écrans du bunker de la PP. Nulle remontrance ne leur sera faite, ils sont les nouveaux prêtres de la République. M. Darmanin a juré qu'aucune ZAD ne se monterait à Sainte-Soline. S'il avait repéré les lieux, il aurait vu que c'était de toute façon impossible ; ça manque de bois et les paysans sont hostiles. Qu'en pense Jupiter ?

porte-cochère de la mairie de Bordeaux en feu
Porte Charles III
Rien en détail. Il digère l'humiliation de la perfide Albion. Les conseillers en soupente ont pu penser que la magnificence des réceptions de Sa majesté Charles III et de la Fée Clochette feraient oublier le déni brutal de démocratie qui a permis de forcer une mauvaise loi au parlement. Lequel s'est vu replacé sous les ordres de l'Exécutif alors qu'il est en droit, souverain. Le vieux peuple gaulois a parfaitement décodé la manipulation : prendre le chemin d'un amendement au budget de la Sécurité sociale pour conserver la possibilité d'un recours à l'article 49.3 ; ne pas tenter de convaincre mais rester bloqué sur les dispositions primitives (après les avoir entamées pour obtenir le rallye d'un parti du marais républicain qui s'est défaussé à la fin); arguer de la constitutionnalité littérale des choix en piétinant l'esprit du texte fondateur ; détourner l'attention en poussant derrière un projet de loi aussi clivant que celui concernant l'immigration. Mais comme à Waterloo, le Gaulois a dit "merde". Et les émeutes nombreuses de jeudi dernier ont signalé fort et clair que les gilets jaunes sont en train de se transformer en gilets noirs. Ce ne sont plus les antifas pubères de SciencesPo qui sortent humer l'air irrespirable ! La porte cochère de la mairie de Bordeaux en témoigne. Monsieur le maire est choqué (sic), même si elle était faite d'arbres morts. Mais il est peut-être le seul, car tous les commerçants et riverains des parcours de l'insurrection populaire qui font le dos rond ne le sont plus. Ils savent que rien n'arrêtera le désordre, par défaut d'ordres, sauf la fatigue des émeutiers et l'éclosion des fleurs printanières sur les arbres qui appelle au rut!

Le champ de la politique intérieure est désormais miné pour M. Macron et ses affidés. Toutes ses apparitions - et la dernière fut pitoyable de complaisance et morgue à la fois - font monter la tension. L'ingouvernabilité du pays, plombé par des comptes partout en rouge-vif sans aucune perspective d'amélioration à court terme du moins, va pousser le fringant satrape en cajoleries hypocrites à se réfugier dans le déclamatoire de la politique extérieure où personne ne l'attend plus. Le désordre pré-insurrectionnel constaté par les capitales étrangères, ajouté aux déficits structurels provoqués par le clientélisme du régime français de parasélite, va reléguer son activisme de salon aux oubliettes de l'histoire maintenant que l'Europe a beaucoup à faire pour sauver ses acquis, et plus vraiment le temps d'écouter les marchands de vide qui se voudraient "en même temps" rationnels. L'Europe rieuse (opposé sur ce blogue à l'Europe sérieuse) ne va compter bientôt plus qu'un seul pays, le nôtre ! Mais la France encaissera une fois encore les quolibets étrangers provoqués par son impéritie gauloise.

vendredi 12 août 2022

Le "vai te foder" brésilien

le ministre Guedes
Dans l'A-Propos du 15 août 2008 qui ouvre ce blogue, j'avais osé une assertion digne d'Hubert Védrine à la différence près qu'il convenait, lui, que la France était certes une puissance moyenne mais d'influence mondiale. Sous la statue d'Alphonse XII, j'écrivais donc dans les jardins du Retiro au quinze-août 2008 :
« (1) La France est une ancienne grande puissance de taille moyenne, dont le prestige est mis en péril par l'affaissement moral et mental de ses peuples et par une gestion inqualifiable de sa république.»

Je crois bien avoir eu raison sur ce prestigieux penseur de la diplomatie française, et m'en désole d'autant plus que le péril annoncé est aujourd'hui bien visible : l'influence mondiale de notre pays n'est fait que de communication française sans application concrète au dehors. En fait, elle disparaît lentement et sûrement. A preuve l'absence de tout effet dans les cas suivants :
  • M. Paulo Guedes, ministre brésilien de l'économie, nous envoie officiellement "nous faire foutre" depuis Brasilia, après avoir déclaré auparavant que Mme Macron était vraiment moche ! La dispute vient du blocage des accords UE-Mercosur par M. Macron à Bruxelles au motif d'une gestion inadéquate des incendies d'Amazonie. On attend les appréciations étrangères sur les feux de Gironde, immaîtrisables faute de moyens adaptés.
  • Vladimir Poutine n'a tenu aucun compte du harcèlement téléphonique du même, jusqu'à le marginaliser en mettant au centre du jeu diplomatique Recep Erdoğan, à qui justement M. Macron fit les gros yeux en 2020 lors de la campagne d'exploration gazière en mer Egée. Le Turc, pas impressionné par les pattes Village d'Emmanuel Macron, l'homme équivoque qui épousa sa "mère", annonce reprendre les recherches sismiques avec un navire plus gros cette fois. Il se fout complètement du groupe aéro-naval français, si tant est qu'on le bouge à portée des missiles de Tartous.
  • La junte malienne, dont M. Hollande a sauvé le pays du califat, nous pisse à la raie en soutenant même que nous avons renseigné les groupes djihadistes qui attaquent leurs positions. Pis encore, elle importe de Russie un système de DCA avec radars (source Africom) qui n'est d'aucune utilité pour lutter contre l'EIGS ou le GSIM mais lui permettra d'interdire le survol de son territoire par les avions alliés, lesquels jusqu'ici n'écoutaient rien de ses menaces ; outre la protection anti-aérienne des résidences de la junte.
  • Devant l'incapacité de la France paternaliste à parer la disette annoncée, le président Macky Sall (Sénégal et UA) va à Sotchi négocier en personne le déblocage des grains et fertilisants de la Mer noire avec Vladimir Poutine, et y parvient finalement. Sergueï Lavrov va de ce pas en Egypte, au Congo-Brazza, en Ouganda et en Ethiopie ramasser les jetons des succès de la négociation directe entre l'UA et Moscou.
  • On ne reviendra pas sur le soufflet diplomatique reçu de nos alliés anglais, américains et australiens dans l'affaire des sous-marins, qui ont considéré que payer le dédit suffirait amplement à calmer les vapeurs de la vieille nation éconduite. Ce qui fut vrai. Cela ne prive pas les cerveaux du Château d'échafauder une alliance militaire dans la zone indo-pacifique avec les mêmes et l'Inde, alors qu'aucun de ceux-là ne nous y attend, le tonnage français disponible sur zone étant ridiculement faible.
  • Avant de finir, faisons la liste des aides militaires au régime ukrainien pour s'apercevoir que nous sommes très loin derrière les autres pays européens bien moins bruyants que nous, sans parler de la Grande Bretagne et des Etats-Unis ; mais il n'est de jour que nous ne donnions notre avis.
  • Dernier clou dans le cercueil de l'influence, l'inefficience totale de la France dans la solution de la crise libanaise, dont nous nous prétendons le "parrain" sans qu'on ne nous ait rien demandé. Les rodomontades de Macron sur les ruines fumantes des silos en sont restées au stade des actualités cinématographiques.
Etait-ce la faute exclusive de M. Macron ou la dérive d'insignifiance vient-elle de la tendance de fond d'un inéluctable destin ? Charles de Gaulle n'a rien réussi de probant dans les affaires étrangères, il n'a pas fait cesser la guerre du Vietnam malgré le discours de Phnom-Penh ; il n'a pas détaché le Québec du Canada ; nos relations avec l'Algérie devinrent exécrables dès le début et nous nous mîmes à dos nos voisins européens et atlantiques à force de vouloir imposer à tous notre Europe française qui sentait bon le Premier Empire. Les chimères gaulliennes disparurent avec lui. Sans doute parce que les chiffres sont têtus et, n'en déplaise aux philosophes, l'économie prime. Or, si on la classe dans les listes mondiales, la nôtre est en recul depuis la mort du président Pompidou. S'y ajoute le cancer de la Dette et les trois cancers des déficits, budgétaire, commercial et social que rien ni quiconque ne semble pouvoir résorber, sauf à déclencher une révolution des assistés. Aucun pays, si riche soit-il, ne résiste longtemps au drainage continu de sa valeur ajoutée dans le tonneau sans fond du bien-être social. Le monde nous regarde nous liquéfier, certains avec attendrissement, d'autres avec ravissement mais la plupart avec indifférence. On attend l'ultimatum des Comores, un jour wagnérisées, à "libérer" Mayotte.

Pour prolonger l'illusion, nous cherchons à intervenir ci et là de notre propre chef à tout motif, pour exister sur la scène internationale, mais quand y sommes-nous appelés ? Tout nous montre que c'est notre président qui se propose de lui-même, comme à Beyrouth l'an dernier ou à Yaoundé, Cotonou et Bissau fin juillet. Avec tant d'insistance qu'il faut venir avec le carnet de chèques pour être bien reçu. Nous devons accepter et faire dire à nos dirigeants que la France est une puissance moyenne européenne, mais disposant d'une zone exclusive maritime très étendue, trop étendue peut-être pour ses présentes capacités de défense. Il n'est plus que temps de taire notre insupportable arrogance et de recalibrer nos moyens dans tous les compartiments diplomatiques et militaires en réduisant nos ambitions et en renforçant nos interventions dans le champ de nos intérêts de proximité et sur notre outremer. Souvenons-nous de la maxime : qui peut courir longtemps et loin avec des galoches de 44 s'il chausse du 41 ? Laissons les empires s'affronter à leur guise. Nous ne sommes plus de taille. Nous avons trois jours de munitions pour faire une guerre du modèle ukrainien. Un point c'est tout. La grandeur c'était au IVè siècle. Nous sommes au Vème, celui du Bas-Empire finissant.

mardi 28 juin 2022

Au mur, les cons !

affiche de campaggne EnMarche
Non, non, il ne s'agit pas du tableau syndical se moquant des plaideurs contre la misère du monde importée, pas plus que du mur sacré des Fédérés, quoiqu'on pourrait bien le repeindre afin d'y présenter, les yeux bandés, le motif de notre juste courroux ; non, il s'agit de nous, de vous, de moi ! Les cons, c'est nous ! Même pas circonvenus, trompés à l'insu de notre plein gré, on nous aurait menti ? tiens, d'ailleurs c'est de ça qu'il s'agit : de la morphine démocratique, du dopage républicain d'un peuple immature qui va payer, cher, très cher, sa connerie. Tout part de là, le peuple est souverain, on est en France, et s'il est con, il l'est souverainement.

Parce que tous ces mecs qui se pavanent à nos frais sous les ors de la République, les fesses en arrière et le menton levé, n'ont pas pris d'assaut le Capitole ! Pas du tout ! Nous les y avons mis !

Bruno Lemaire s'émeut de la remontée des taux. Parce qu'il est intelligent et informé - ça ne va pas toujours ensemble - il prend au sérieux le prix de pension du 10-ans français qui, tel le cordeau détonnant de la pyrotechnie financière, va renchérir l'abondement hebdomadaire au tonneau des Danaïdes de la dépense publique française. Les caisses sont vides, toutes, les comptes sont en rouge vif, et les peigne-culs de l'Elysée projettent de se maintenir aux commandes en tirant des chèques en bois sur notre capacité d'emprunt afin d'apaiser le peuple qui a eu l'imprudence de les élire, eux et tous ceux qui sont arrivés en 1981 et par après, dans les fourgons de la Gauche plurielle ; fameuse gauche dépensière à compte d'autrui qui va bien plus loin sur les bancs de l'Assemblée que la gauche certifiée, autrui étant - selon la formule de Royal-Artillerie - nos enfants et les leurs, si ce ne sont ceux qui naîtront de tous ceux qui ne sont pas nés encore ! Nous sommes la civilisation du hamac qui détruit son futur. Les générations montantes devraient s'en saisir pour prendre les commandes. Par les urnes ? De force ?

Par les lanternes !

Les Cassandre habituelles vous ont déjà expliqué comment mourir à crédit, les Marc Rousset, Charles Gave, Charles Sannat et tant d'autres nous promettent des journées noires, longues comme des semaines, longues elles comme des mois ! Auxquels on avait coutume de répondre qu'un pays comme la France, adossé à un capital aussi fabuleux que le nôtre ne risquerait jamais de perdre la confiance des agences et des marchés. Nous n'étions pas l'Argentine, merde ! Sauf que... nous n'avons plus d'industrie et donc nous n'arrivons pas à vendre aux autres ce qui nous permettrait de payer nos importations de biens mais d'énergie d'abord, parce que nous n'avons pas non plus suffisamment d'énergie, notre agriculture est au péril du déclassement, à ce que disent les chambres d'agriculture ; et nous n'avons pas d'armée digne de ce nom. Avec trois jours de munitions nous faisons rire. L'hôpital public est à la ramasse, les infirmières le fuient en nombre, et notre système public d'éducation n'est pas mieux, on embauche des cloches pour faire l'effectif minimal enseignant (écoutez Brighelli).
S'ajoute au tableau de calamités la nouvelle tripolarisation du territoire politique qui rend le pays et pour longtemps ingouvernable ! Pourquoi les institutions financières étrangères prendraient-elles nos bons du Trésor à vil prix ? Nous allons les placer aux taux italiens avant l'automne, bien plus cher donc, et encore l'Etat italien n'a pas de déficit primaire comme nous-autres ! Les zinzins acceptent nos bons parce que l'Etat français a la réputation de faire rentrer l'impôt facilement. Avec un peuple de veaux, c'est facile. Mais si les fermentations sociales attisées par les désordres parlementaires déclenchent l'insurrection générale, le consentement à l'impôt disparaitra avec elle, et la confiance de nos prêteurs aussi ! Nous entrerons en division 2, celle des pays à risque. Et le roi Macron sera nu, son pouce dans le cul !

samedi 30 avril 2022

Comme des mouches !

Six Russes superiches ont été suicidés récemment sur les territoires de la Fédération de Russie, de Grande Bretagne et de Catalogne. Gravitant autour de Gazprom ou de Novatek, ils avaient fait fortune dans la corruption énergétique.

La thèse la plus probable, qui ne sera jamais confirmée sauf par les memoires à venir d'un transfuge des services russes, est que, sanctionnés par les Occidentaux, les morts ont tenté de sauver les meubles, leurs meubles, en prenant leur distance avec qui les avait fait riches, le Petit Csar. Ces "suicides" vont calmer les ardeurs de trahison d'autres oligarques nullement intéressés par la guerre patriotique du Tocard du Kremlin, du moins jusqu'à la disparition d'icelui, événement désormais affiché sur les écrans-radar des chancelleries ; et je mets mon billet qu'on y pense aussi à Zhongnanhaï. Que la vie serait plus simple et le commerce florissant sans Vladimir Vladimirovitch ! Ce type coûte cher à tous, c'est le motif le plus mobilisateur pour sa neutralisation comme on dit.

A l'autre bout de la corde diplomatique, Joe Biden. Dans sa fenêtre quotidienne de lucidité, le vieux politicien blanchi sous le harnois a décidé d'écrire sa page d'histoire en ruinant le projet poutinien de l'empire tsariste revenu. Il en a tous les moyens matériels et intellectuels. La pieuse coqueluche de la droite française n'en a plus aucun sauf la peur inspirée d'une apocalypse atomique ! l'affaire est pliée. Quelques dizaines de milliers de morts plus tard, le doute sera levé : la Russie a déjà perdu la certitude d'un succès en Ukraine avant de demander son adhésion à l'Union africaine dans l'état où va se trouver son économie de rentes minières à la Noël. Le Génie de l'Oural aura ruiné les principales villes d'Ukraine, détruit des infrastructures majeures comme les aéroports, les gares, les utilités publiques ; il aura fait naître cette fameuse nation ukrainienne qu'il niait dans sa mission sacrée de dénazification, ressoudé l'OTAN, rapproché l'hostilité des Etats-Unis de sa frontière occidentale et précipité Suède et Finlande dans l'Alliance honnie ! Quelqu'un le voit-il en Russie ? Assurément oui puisque les sicaires du Kremlin continuent à empoisonner les journalistes (clic).

Comme le disait en souriant Vladimir Fédorovski, la marionnette de la coterie Eltsine, nommée en l'an 2000 pour défendre leur butin contre la Justice, est devenue le marionnettiste himself, privilégiant la terreur (qui reste à son niveau) à la gouvernance (qui le dépasse de beaucoup) afin d'incarner un rêve fou adossé à une économie ridiculement faible eu égard aux ressources énormes et à l'espace immense, le tout protégé par des missiles (dont les trois-quarts sont rouillés) et une armée de merde comme la nomme Oleg Tinkov en attendant sa dose de novitchok.

Blague à part, le cerveau reptilien de Poutine est sans doute encrassé par une affection quelconque pour n'avoir pas jugé infaisable, dès le départ de l'engagement américain, d'affronter la première puissance économique et militaire du monde avec le PIB de l'Espagne. Ce malheureux employé de bureau, confit en dévotions, adoubé par le patriarche orthodoxe de Moscou, et tendrement aimé par tout ce que compte le monde occidental d'idiots utiles - et nous en avons beaucoup plus que les autres - le pôvre va nous tirer des larmes quand il sera acculé à décréter la mobilisation générale le 9 mai pour repousser une attaque qui ne vient toujours pas. C'est pire que le Désert des Tartares de Buzzati. Son assassinat souhaitable ouvrirait à Moscou un procès en canonisation ; qu'attend-t-on ?

Vladimir Poutine

Entretemps au front, les "professionnels de l'armée" ne peuvent avoir d'autre ressenti que l'annonce d'une grande et molle défaite de la main de l'ennemi héréditaire américain, sur la terre d'un peuple réputé frère en plus ! Chacun doit avoir son agenda caché et nul doute que Poutine s'en prémunit en réduisant ses contacts aux seuls siloviki de son entourage, comptant sur le souvenir commun de leur passage à l'Ecole de la Forêt et sur une camaraderie dont il a usé sans vergogne, jusqu'à l'humiliation publique de ses "copains". Pour couronner le tout (clic), après la séquence habituelle de la "longue table", Poutine a fait bombarder Kyiv le jour même où le Secrétaire général des Nations Unies y rencontrait le président ukrainien, afin de bien montrer au monde qu'il n'avait rien à f... d'un rastacouère portugalais ayant l'audace de vouloir lui manger la soupe sur la tête au prétexte de négocier la paix. Quelle paix ? C'est de capitulation qu'il s'agit ! Que de capitulation ! La pédale nazie de Kiev qui fait des vidéos martiales deux fois par jour doit s'enfoncer dans le crâne sinon ailleurs qu'il ne peut négocier avec les Russes que sa propre capitulation. Qui et où cherche encore une issue "diplomatique" avec Poutine, Lavrov et Medvedev ? Monsieur Mélenchon ? Gag !

samedi 12 mars 2022

Dans un fauteuil !

« Quand je me compare, je serais tenté de me préférer » (François Mauriac sur l'œuvre littéraire de Charles Maurras, quel salaud :)

fauteuil cuir marron
Je ne sais vous, mais la campagne présidentielle ne m'intéresse pas. Et ce d'autant plus que la guerre d'Ukraine nous a founi la pierre de touche à révéler chacun dans sa vérité profonde. Mon entourage se désole ; j'ai terminé "anéantir" de Houellebecq qui est le roman de la campagne 2027 et ça m'a bien suffi. Anéantir, c'est du lecteur qu'il s'agit, et plus il avance en âge, plus sûre est sa nihilification ! Houellebecq nous remet les pieds au sol au champ des réalités.
Je ne déteste pas M. Macron mais je ne l'aime pas. C'est un bateleur, un chiqueur dirait Boutang, tel que la démocratie en a besoin pour faire vivre le concept, qui empile chèques et promesses mais n'en fera qu'à sa tête une fois réélu, à se demander qui commande vraiment derrière le rideau. Brizitte en Tseu Hi ? Le plus grand reproche de ma part reste néanmoins son indolence à réformer l'Etat pachydermique français et à réduire la dépense publique qui nous jette dans des déficits et dettes colossaux. Mais comme l'annonçait la réflexion de l'auteur narcissique du Bloc-notes au Figaro, par comparaison le "reste" est pire !

Un seul des candidats déclarés était capable de prendre l'emploi de président et de tenir la position sous le feu, parce qu'il l'a démontré auparavant : Michel Barnier. Il n'en avait peut-être pas si envie que ça puisqu'il est passé sous les fourches caudines du congrès des Républicains où il fut battu par la gouaille ciottique. Nous avons un panel d'amateurs, pas tous sympathiques - je pense à Mélenchon - que je ne vois pas impressionner l'Assemblée générale des Nations Unies par exemple, ni même être écouté sérieusement par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne. Le problème est que l'élite du pays a fui depuis longtemps la politique qu'elle trouve crasse et basse en toutes circonstances, ne laissant sur l'estran de la démocratie que les crabes, même pas, les étrilles ! Aussi ai-je décidé de ne pas verser dans la politique du pire (la pire des politiques, disait le Martégal) et de voter nul.

Non pas nul-nul, mais "sans effet". On se comprend. S'il s'agit de conserver son droit-à-dire, même si le principe du scrutin est dévié par la loi électorale et par l'agenda non dissimulé des partis qui en tirent profit et monnaie, je mettrai le bulletin de Jean Lassalle dans l'urne. Et peut-être que si je suis largement suivi, un message de bon sens impératif sera envoyé au vainqueur, Emmanuel Macron. Il n'y plus aucun doute, même avec la fission éventuelle du noyau atomique. Quant au débat d'entre-deux-tours, laissez-moi rire : faudrait-il encore qu'il y en ait deux.

jeudi 24 février 2022

Les zélateurs du Kremlin n'avalent plus !

La guerre est la pierre de touche de la carrure d'un chef d'Etat comme le feu est la pierre de touche de l'or, aurait pu dire Nicolas Flamel. Les candidats qui s'opposent au président Macron ont réagi à l'invasion de l'Ukraine par les armées de Vladimir Poutine, chacun à sa manière. La sélection complémentaire que la guerre leur impose a vite fait d'éclaircir leurs rangs. Alors que les candidats postés aux extrêmes "comprenaient" jusqu'à dimanche dernier les objections du président Poutine qui justifiaient toute menace non suivie d'effet, la guerre ouverte a réveillé l'instinct de survie, sauf pour un, comme nous allons le voir.

Marine Le Pen condamne sans ambiguïté : « Aucune raison ne peut justifier le lancement d’une opération militaire contre l’Ukraine par la Russie qui rompt l’équilibre de la paix en Europe... »; elle appelle à une conférence internationale sous l'égide de l'ONU à Genève sans doute. Que peut-elle faire de plus après l'étalage des relations qu'elle a eues dans le passé avec les chefs du Kremlin pour booster et financer sa candidature ? A mesure que la menace se rapprochera, son patriotisme non feint prendra les commandes chez elle et nul ne peut douter qu'elle fasse bloc sous l'orage avec les pouvoirs français.

C'est plus dur pour Jean-Luc Mélenchon qui historiquement relayait en boucle la propagande russe contre l'OTAN dont la désintégration arrangerait bien les affaires de Vladimir Poutine. Et il en remettait une couche il y a peu en déclarant que dans cette crise, c'était l'OTAN l'agresseur ; et que la prise des républiques populaires du Donbass était une réponse logique (clic). On sent derrière ses grandes phrases d'aujourd'hui une terrible déception qu'il faut vite noyer dans des conférences de la paix qu'il sait inefficaces à retenir son mentor dans sa bataille des moulins. Ainsi faut-il « une réunion immédiate de l'OSCE » et une délibération d’urgence de l’Onu pour obtenir « un cessez-le-feu immédiat et un retrait de toutes les troupes étrangères d’Ukraine ». Bien sûr, il suppose que des bataillons américains ou polonais sont tapis dans les fourrés pour envenimer les choses. On ne se refait pas à si bref délai ! L'affaire restera dans les nuées diplomatiques et ça lui conviendrait plutôt (clac).

Eric Zemmour
Eclairé au gaz russe, Eric Zemmour proclame sa condamnation d'usage de l'invasion tout en adoptant les revendications du Kremlin qui la justifient. Il avait montré le bout de l'oreille lors de la reconnaissance des deux Etats croupions du Donbass (clic) ; il y va carrément aujourd'hui en réclamant de faire droit aux demandes russes dans le cadre d'une conférence internationale sur la sécurité en Europe. Il sort en même temps du commandement intégré de l'OTAN, au moment où nos faiblesses militaires justifient plus que jamais une défense en coalition. Définitivement, un rat de bibliothèque n'a pas la carrure de l'emploi, même s'il y a plus mauvais encore et moins excusable : François Fillon est sur la même ligne, à 180 degrés, la thune est en péril, on aura tout compris.

Valérie Pécresse, comme à son habitude, se paie de mots et critique la forme. En fait, sur le fond, elle ne sait pas quoi faire, mais condamne fermement et exige des réactions fortes. Lesquelles ? Bien en peine de les trouver au fond du crâne, elle n'a pas bossé le sujet. Limites de la technocratie !

Yannick Jadot, Chritiane Taubira, Anne Hidalgo condamnent la déclaration de guerre sans arrière-pensées, Jadot demandant même de soutenir l'Ukraine par l'envoi d'armement. La sphère communiste (NPA, LO et PCF) condamne du bout des lèvres et partage les responsabilités par la formule Ni OTAN, Ni Poutine, on s'en serait douté.

Entretemps, les sanctions prises par le camp occidental ne sont pas minces et les perroquets qui proclament qu'elles ont toujours prouvé leur inefficacité n'ont pas bien lu ou compris le discours de Joe Biden ce soir : un trillion quatre cents milliards de dollars d'actifs russes aux Etats-Unis ne leur parlent pas ! Les Occidentaux - je n'ai pas le détail des sanctions européennes - gardent comme dernière cartouche l'expulsion des banques russes de la chambre de compensation SWIFT qui flinguera complètement le commerce russe, pour le cas où le Kremlin ferait assassiner le président Zélensky que Poutine, tout à sa haine de qui n'est pas lui, méprise souverainement ; jusqu'à le faire liquider par ses spetnatz au prétexte qu'il leur aurait tiré dessus par exemple quand ils sont venus l'arrêter au siège de la présidence à Kyiv. Un peu comme on le fit d'Allende au Chili. On commençait à s'emmerder.

lundi 17 janvier 2022

La fatigue des ducatures

Un des premiers billets de 2005, qui faisait une large part à l'émotion d'Emmanuelle de Dampierre, grand-mère de Louis-Alphonse de Bourbon, fut écrit sur la titulature d'Anjou de Charles-Philippe d'Orléans par son oncle Henri VII d'Orléans. Il fut repris en référence sous la cote 26 dans la notice Wikipedia du précité.

C'est de la dispute d'Anjou qu'il s'agit à nouveau, pour la venue à Paris de Louis de Bourbon cette semaine, et ce billet-ci n'est que la revendication d'une certaine crédibilité à soigner chez nos princes pour faciliter la tâche du mouvement royaliste. D'Albufera à Uzès, il y a trente-trois ducs réguliers héréditaires français, plus quatre non patentés chez les d'Arenberg, les Riquet de Caraman, les Pérusse des Cars et ceux de La Rochefoucaud (source). Tous les autres sont purement décoratifs.

Charles-Philippe d'Orléans
Charles-Philippe d'Orléans
Tous les titres créés après l'extinction de la monarchie sont réputés de courtoisie, sinon "en attente", une façon élégante de dire "de fantaisie". Aussi est-il convenu d'en prendre son parti et d'en sourire, sauf à voir se lever une querelle de ducs qui empoisonne le microcosme royaliste déjà partagé entre deux dynasties concurrentes, sinon trois quand on met dans la crécelle la maison de Parme. Dans la querelle d'Anjou, on peut regretter que le feu comte de Paris ait manqué à l'étiquette qui veut qu'on ne reprenne pas un titre déjà porté dans la grande famille du vivant de son titulaire, comme on le fait des prénoms dans toute famille roturière. Elémentaire, mon cher Watson. Cette faute de carre, après bien d'autres, a créé quelques difficultés mondaines au prétendant d'alors qui s'est attiré les ricanements de branches adjacentes à la maison de Bourbon. Entretemps, c'est le duc d'Anjou Louis-Alphonse de Bourbon de la branche aînée qui présidera samedi prochain la messe de requiem pour Louis XVI à Saint-Denis et le lendemain à la Chapelle expiatoire de Paris, et pas le neveu d'Orléans à qui personne n'a pensé.

C'est aussi une forme d'orgueil à peu de frais qui avait poussé Henri VII d'O. à créer pour lui-même un titre de "duc de France" évoquant le duc des Francs mérovingiens Pépin (645-714), France voulant dire à cette époque "la plaine de France", un vaste territoire plat s'étendant au nord de Paris où est implanté aujourd'hui le premier complexe aéroportuaire continental. D'ailleurs "Stade de France" veut-dire la même chose. Donc le duc de la Plaine a adoubé son neveu du titre de duc d'Anjou, déjà porté depuis l'entre-deux-guerres par la branche déposée de la maison d'Espagne dans l'intention de renouer avec ses racines. Le manque d'à-propos n'a surpris personne pour qui le connaissait, et le titre conféré n'est pas reconnu au Bottin et je doute fort qu'il soit inscrit dans l'annuaire de la noblesse française. Pour enfoncer le clou et le neveu, il le nomma Grand maître de l'Ordre équestre et latéral de Saint-Lazare de Jérusalem pour le prestige d'un bel uniforme et la position sociale à compte d'autrui. Dur dur !

Il eut été préférable, pour la prestance avantageuse de Mgr Charles-Philippe, qu'il garde sa titulature dans un tiroir comme un Laï See de nouvel an et évite de la promener partout, jusqu'à en affubler sa chère et tendre Diane, déjà duchesse de Cadaval au Portugal. Mais de ce côté, les choses pourraient changer si la duchesse en vient à raccourcir son titre, comme le disent les tricoteuses de Noblesse&Royautés.

Pour les royalistes de mon âge et ceux de la génération précédente pour laquelle il était sourd-muet, le duc d'Anjou était l'aîné de la maison de Bourbon, espagnol certes, mais héritier présomptif de plein droit de la couronne disparue, par Philippe V d'Espagne, duc d'Anjou et cadet du Grand Dauphin de France. J'insiste sur "disparue", ce qui signale quand même la vanité de la posture. Autrement dit, le titre de courtoisie d'Anjou, revenu en France par la branche d'Orléans sans historicité, en manque singulièrement ! Ne pourrait-on suggérer à ces messieurs déposés qu'il serait cent fois plus simple que le prétendant d'Orléans prenne le titre de "duc d'Orléans" et le prétendant légitimiste prenne celui de "duc de Bourbon". D'autant que le titre de Paris n'a pas survécu au comte Othon (†1032), pas plus que celui de duc de France qui lui n'a jamais existé. Que les princes redeviennent sérieux et nous étudierons avec la meilleure bienveillance leurs qualifications dans l'emploi. Qu'ils cessent le trafic de décorations, les ordres de chevalerie sans monture, les titres ronflants cotisés qui cachent mal leur impécuniosité chronique. L'autorité naturelle n'a besoin d'aucun titre ; à croire qu'ils en manqueraient. En attendant qu'ils se posent sur terre, revoyons dans la lucarne Le Petit Duc (1878) de Meilhac, Halévy et Lecocq qui, aux dires des critiques de la Belle Epoque, fut un enchantement d'opérette.

Catoneo dit LeGrand
Duc de Kardaillac et des Chats
Mestre de Camp au Royal-Artillerie
Capitaine de l'Infanterie de Marine
Abonné au Gaz et à l'Eau
Propriétaire

chat Rayban

mercredi 5 janvier 2022

Nos sémillants connards

Conseil à l'Elysée

La triplette introuvable, agacée de la réfutation de ses injonctions par le souverain peuple en ses représentants, oublie la séparation des pouvoirs et tient à dicter sa loi aux élus du parlement ! Véran est le plus agressif qui lors d'un échange dans l'hémicycle du Palais Bourbon où il avait le dessous, avait osé un « ...c’est ça, la réalité. Si vous ne voulez pas l’entendre, sortez d’ici! »
Sortez d'ici ??? Les députés sont chez eux au Palais Bourbon depuis la tirade de Mirabeau aux Etats. Ils n'en sont pas moins pauvres en esprit pour n'avoir pas sorti les pancartes dès la reprise de séance :

[ VERAN DEGAGE! ]


Castex pour sa part a passé ses nerfs sur ses contradicteurs lors du débat sur le passe vaccinal, toujours à l'Assemblée nationale, après le refus de poursuivre toute la nuit par une majorité de circonstance sur les bancs : « Le virus galope et vous tirez sur le frein à main. Je pense, mesdames et messieurs les députés, à nos soignants qui eux ne s'arrêtent pas à minuit, comme vous l'avez souhaité. C'est purement irresponsable!».
Il oublie que charbonnier est maître chez lui et que les députés sont là chez eux, le règlement d'assemblée à la main. C'est la démocratie !
D'où notre préconisation :

[ CASTEX DEGAGE! ]


Mais le champion restera pour quelques semaines Miquet à la Houppe et son « J'EMMERDE ! » qui ne vaudra jamais le "j'accuse" de Zola mais fera le bonheur des meetings et manifs. Monsieur le Président de l'Europe ne se sent plus pisser. Il devrait consulter, même si l'urologie est plutôt dans les mains de l'opposition. D'ailleurs le Guardian n'hésite pas à écrire que sa vaccination strategy is to "piss off" people who have not had coronavirus jabs en leur rendant la vie quotidienne de plus en plus impossible.
Après insultes et avanies tout au long du quinquennat (traversez la rue!), voici qu'il compte achever son mandat sur "l'emmerdement" des non-vaccinés, et dans la foulée met en doute la qualité de citoyen des mêmes. Pour qui se prend ce petit monsieur à moumoutte et pattes "Village" ? On attend avec gourmandise les slogans de pancarte qui vont défiler samedi contre le passe vaccinal. Je propose, bien dans le ton :

[ CACAMAK AUX GOGUES! ]


amas de pancartes

Des esprits forts ont analysé l'insulte (préméditée, lue et relue avant tirage) comme une tentative de casser le camp électoral de V. Pécresse en enrôlant les citoyens raisonnables, excédés des mesures-barrières que le pouvoir justifie en boucle comme nécessaires pour faire front au danger que représente la cohorte très minoritaire des pelés et galeux antivax. Il n'est pas une heure sans que cette culpabilisation ne sorte sur les plateaux télé. Nous n'entrerons pas dans ce débat, mais il est clair aussi que mettre le projecteur sur les dissidents laisse dans l'ombre l'impréparation assumée de l'hôpital général public, comme les protocoles médicinaux qui marchent ailleurs. La gestion de la crise est politique, et en période électorale, elle ne pouvait que déraper. L'emmerdement des Français n'est que le début des provocations ciblées.

Des esprits moins forts mais plus fins, comme Valérie Lecasble, font la démonstration que toute la séquence 2021 est jouée d'avance à l'Elysée, que toutes les interventions du président et surtout le ton qu'il emploie, repentir, arrogance, fraternité, autorité, sont délibérés et le fruit d'analyses politiques de l'opinion dans les soupentes du château. Même la syntaxe utilisée est pesée ; le "je" est précis, impérial, à croire que M. Macron n'a ni empathie ni affect. Il manipule en permanence pour à la fin trancher sans discussion possible, mais le manteau de César est peut être un peu trop ample sur lui.

Peut-être que le salut viendra de Berlin quand Olaf Scholz et Christian Lindner enverront le mari de Brizitte se faire foutre sur les eurobonds. L'insulte scatologique pourrait hâter la censure allemande de la Chancellerie du reich qui n'a que faire des sauteurs.

samedi 1 janvier 2022

En attendant les meutes...

L'Insurrection-Qui-Vient rattrape son retard. Elle va même entrer en gare avec un peu d'avance. Le battement d'aile du papillon sera peut-être l'obligation du port du masque dehors en ville, parangon de la soif de pouvoir des petits marquis de la macronie, qui jouissent de se voir obéis selon leur humeur du matin. Ouvrez vos fenêtres en grand pour aérer plusieurs fois par jour - et les prescripteurs se gardent bien de laisser leur adresse où envoyer sa facture de gaz - mais si vous sortez de chez vous, mettez le masque, l'air est pourri de variants grecs et l'amende donnée vaut 135 euros !

émeute Paris

D'où viennent les pulsions de meurtre qui traversent la nation après que tout le possible ait été accepté par les gens pour passer les vagues de coronavirus chinois les unes après les autres ? Certains ont payé cher, surtout les confinés en appartement, les vieux séquestrés en EHPAD pour leur bien, les parents de jeunes enfants scolarisés et leurs rejetons responsabilisés à outrance, les télétravailleurs forcés déconnectés de leur boîte et la masse immense des petits entrepreneurs et libéraux lâchés en rase campagne avec quelque viatique, pour agoniser en silence sitôt les subsides retenus. Côté nation le contrat a été rempli, la proportion de gens vaccinés et le commerce des autotests le prouvent. Mais côté Etat, là, non ! J'entends encore les savants consentir à m'expliquer tant je suis con, qu'on ne forme pas un réanimateur en quelques semaines, et qu'il faut du temps pour armer les lits adaptés. MAIS ÇA FAIT DEUX ANS MAINTENANT QUE VOUS AVEZ DIT ÇA ! Où sont les lits nécessaires à surmonter les vagues épidémiques ? Vous recommencez à déprogrammer des opérations chirurgicales, prouvant par là que le secteur hospitalier public est toujours aussi indécrottable. Arrêtez vos réformes technocratiques arrogantes, donnez les clefs aux professeurs chefs de service ! Et pour commencer, débandez ces équipes administratives surnuméraires qui font vivre neveux obèses, salopes et malins aux dépens des soignants qui se crèvent ?

Nous subissons la présidence du verbe, de la réthorique, de la logorrhée, les voeux présidentiels nous l'affirment. Le foutriquet finissant, reteint en blond, monte à Bruxelles faire la roue, nous laissant aux bons soins de l'impayable monsieur Castex de Prades. Ce représentant en apéritif va finir par faire sortir tout le monde à l'assaut des sous-préfectures. A leur place, je me méfierais, les Gilets Jaunes n'étaient qu'un galop d'essai.


A comme anarchie

jeudi 30 décembre 2021

Le râle afghan

De tous côtés montent les malédictions qu'adressent aux Occidentaux les rationnaires de la conscience universelle. La disette afghane tourne à la famine ; l'incurie des barbares au front de taureau qui ont repris pied à Kaboul et dans les capitales régionales empêche de nourrir une population en grand danger depuis qu'on a détruit ses moyens de subsistance et le tissu économique du pays.

Route de Kandahar

On savait Allah absent de ces séquences de malheur, on savait les Talibans incapables d'autre chose que de se battre contre tout ce qui n'est pas eux ! On sait aujourd'hui qu'ils prennent en otage tout un peuple pour attendrir les cœurs d'occident et faire débonder les subsides internationaux qu'ils sauront "gérer".

Vingt ans d'occupation furent vingt ans de progrès, quoiqu'en disent certains laboratoires d'analyses géopolitiques qui nous sont systématiquement hostiles. Tous les témoignages concordent pour une fois. Avant sa submersion par la crasse islamiste, le pays, certes abonné aux agences de développement, arrivait à joindre les deux bouts et les gens mangeaient, se vêtaient, étudiaient, travaillaient. Il y avait un "projet". Il n'y a plus de projet, que la misère déjà et la mort derrière !

L'affaire va-t-elle être portée devant le Conseil de Sécurité des Nations-Unies ? Il serait temps que les deux membres permanents ayant ouvert des relations amicales avec l'Emirat islamique d'Afghanistan dévoilent maintenant la position des trains de vivres russes et chinois qui se dirigent vers Kaboul. Sans doute aussi que l'Organisation de Coopération Islamique qui s'est réunie à Islamabad le 20 décembre, saura mettre un peu de coercition dans son programme d'incitations pacifiques ? Finalement non. Les participants se sont séparés sur un accord de mobilisation des finances internationales qui évitera à chacun d'en mettre un peu plus de sa poche. Peut-être devrions-nous passer par les idiots utiles Fillon, Mélenchon, Depardieu et les sino-béats décorés comme JP. Raffarin, pour débloquer les convois humanitaires stoppés aux postes frontières ? Parce que nul ne doute que les empires émergents ont déjà déstocké le blé dont leurs clients ont aujourd'hui besoin !!!

rue de Kaboul en 1970
Jours tranquilles à Kaboul dans les années 70

lundi 29 novembre 2021

Le doigt de Zemmour

Poires d'Honoré Daumier
Petite fatigue dans la campagne zemmourienne qui se vautre à Marseille par la faute d'une opposition frontale à un discours imprécatoire contre l'islam, les renoi et les rebeu. Marseille ! Il n'a rien lu sur Marseille, ce con ce fada ? Il fallait envoyer quelqu'un avant, qui aurait fait un petit reportage depuis les escaliers de Saint-Charles vers la Porte d'Aix en direction du Panier via les Carmes. C'est juste cool, un peu crasseux mais finalement cool, le jour, pour un mec, sans attaché-case, ni Rolex, ni RayBan miroir. Salam ! Finalement, il dut affronter ce que tout candidat politique rencontre, des mécontents, voire des agitateurs malveillants. Ça se traite !

Les chaînes en continu étaient aux cent coups, le week-end était plat, venté, gris, pluvieux et on avait tout entendu déjà de partout quand, faute de tempête ou de crue décennale, on a eu le doigt de Zemmour et la bite à Hulot ! Sauvé ! Les rédactions étaient sauvées. Les "grands magazines" que je ne regarde jamais avaient quelque chose à mettre en bouche des grands fellateurs du PAF. Mais revenons aux classiques.

Ainsi donc, à l'insu de tous, même la nomenklatura verte se tape les stagiaires comme un vulgaire président des Etats-Unis. "Il est à gauche l'obsédé ?" me crie de la cour ma concierge qui verse un seau de lessive au pluvial (c'est interdit). C'est fou ce que les gens comprennent vite qu'il suffit d'en être pour avoir libre pratique du chibre. Que Pascale Mitterrand ait été déboutée en 2008 et 2018 au principe de prescription ne purgeait pas le casier moral de monsieur Hulot, particulièrement chargé au sein du microcosme médiatico-mondain. Pour que Jean-Michel Aphatie s'en mêle, c'est qu'il y avait du matériau pour son livre ! Hulot, le préféré des Français depuis la mort de l'abbé Pierre, disposait à ce titre du totem d'immunité ouvrant wide shut l'omerta médiatique jusqu'à ce qu'un des leurs, en recherche de scoop, sorte le linge taché de foutre de la panière. Comme le fit avant lui Olivier Duhamel qui démissionna de tous ses postes de mandarin dans l'heure, le Vert galant jusqu'à la garde a quitté prestement toutes fonctions appelant du public au motif bien connu de protéger sa famille. La prescription semblant sûre, je conseille à M. Hulot, qui a du bien garé à gauche, d'embarquer sa famille pour les Bahamas et d'y rester. Le seul problème est que le vaisseau Jadot vient de se prendre une torpille par tribord arrière en plein dans la salle des machines ; déjà qu'il ramait à 7%, la suite va devenir compliquée.

Le pitre compilateur savant pour sa part ne risque rien. Un doigt "bien profond" contre un doigt muet ne lui enlèvera aucun lecteur et peu d'électeurs. Pas plus qu'il n'en gagnera ! Il a jusqu'à dimanche prochain pour briller au milieu de ses groupies, jusqu'à la certification du candidat officiel de la droite bourgeoise. Après quoi sa popularité devrait s'effriter lentement par lassitude des gens autant que par défaut de toise. Candidat déclaré (cette semaine), il entre au champ clos* où tous les coups sont donnés quand bien même ils ne seraient permis. Par amitié pour certains de nos lecteurs qui ont donné la pièce pour aller l'entendre vendre ses idées adossées à une histoire reconstruite et tordue en tous sens, je ne donnerai pas les défauts de la cuirasse, mais si je les ai vus, d'autres s'y affairent sans doute. Zemmour va dérouiller, et il est seul sur scène, même si le back-office est apparemment staffé.
* relire Brantôme


Chacun peut avoir de bonnes idées - nous sommes en France, un pays intelligent - d'aucuns peuvent croire qu'ils en ont de meilleures, mais ici, l'habit fait le moine et la façon de les exprimer compte beaucoup. Fébrilité, entêtement, fabrications, insultes ne font pas bon ménage dans l'isoloir. Mon grand-père me racontait l'étonnement du général de Castelnau, le capucin botté, aux piètres résultats électoraux qu'il avait reçus comme une gifle, après avoir fait la tournée de toutes les salles des fêtes et cinémas de l'Aveyron, pleins à craquer, applaudissant debout. Dans l'isoloir, chacun avait préservé ses intérêts particuliers quand ils n'avaient pas répondus à des promesses personnelles sur l'empiètement du chemin communal ou le branchement du hameau aux égouts. Il eut du mal à accepter qu'il avait pris le melon, ce qui chez lui avait ouvert la vanne des outrances par lesquelles il traitait de haut tout contradicteur. S'ils en rient comme tout bon public, les paysans n'aiment pas ça. Ça leur rappelle la morgue des grands propriétaires fonciers qui tranchent et coupent sur leurs parcelles sans égards pour leurs voisins. Eric Zemmour aurait besoin de soutiens actifs. Ses outrances les repoussent. Ça lui sera fatal. Désolé !

[1983°]

samedi 9 octobre 2021

Notre bel avenir

Z
"Z" en tamazight

La campagne présidentielle prend des tours plus vite que prévu. A l'exception des Républicains mous, tous les partis se rangent en ordre de bataille et cherchent déjà à capter l'attention des électeurs, les yeux rivés sur les sondages quotidiens des instituts. Pour le moment, ce sont des individualités qui se pressent sur les plateaux de télévision et la dispute des mesures électoralistes va s'ouvrir : "mon programme est plus vendeur que le tien". C'est Anne Hidalgo, égérie et candidate du PS - ils avaient mieux en chute de rein que Lady Ratatouille ! - qui a ouvert les hostilités avec le doublement du traitement des profs. L'ont suivi des suceurs de roue comme X. Bertrand et V. Pécresse avec des SMIC revalorisés à 1500€ nets, sinon augmentation de 10% pour tout le monde, trains et savon à barbe gratuits, six EPR, le bonheur quoi, et pas que dans le pré ! Au surgissement de Zemmour-Philippulus, tous ou presque se sont engouffrés dans le grand remplacement pour appeler le peuple à trancher par référendum contre les étrangers, métèques, melons, rastacouères et autres poldèves voraces en allocations, qui nous ôtent le pain de la bouche en ayant l'incroyable culot de le cuire mieux que nous. Imaginez les programmes en cinquante ou cent points qui ne sont pas encore écrits !!! Sauf peut-être celui d'Edouard Philippe, mais c'est pour juin 2022 et pas avril 2022. La tête me tourne déjà, la fatigue démocratique commence à se faire sentir rien qu'à l'idée du RDC, le rallye des canards, dit on.

Tous ces politiciens, éprouvés ou stagiaires, évitent soigneusement les défis colossaux que nous allons affronter dans la décennie et celles qui la suivent. Qu'auraient-ils à dire de plus qui ne fâche pas et ne pèse pas sur la courbe du sondage ? Jusque ici, tous participent d’une rétrovision vers l’ancien monde avec les éléments de langage usés, les slogans éculés (attention à l'orthographe!) qui firent les succès de jadis : à fond la démagogie, il n'y a que ça qui plaise au peuple des veaux qui le mérite bien. Plus, toujours plus, nos gosses dussent-ils en crever !
Mélenchon refait la révolution de 1848 ; Jadot coincé sur sa gauche par l'hystérie de la déconstruction, essaie de planter sur son programme les pitons capables d'y accrocher la social-démocratie en perdition ; et si on plonge le bras très profond dans la jarre, on peut toucher F. Roussel du Parti communiste (si, si, en France), Montebourg qui termine son stage de troisième en entreprise, Dupont-Aignan, éternel cocu volé au coin du bois par toujours le même et dont le mouvement Debout Les Jeunes a plié bagages pour renforcer le même encore ! En dessous d'eux, collés au fond, les sociétaires de la Revolución o muerte qui mourront dans le lit de la CNAV. Arlette nous manque ! Dans le concert déconnant, une mention spéciale pour Gérard Larcher, vétérinaire réformé carrément lamentable, qui écoute Radio-Kaboul en cachette, pour se venger de qui ?
A l’évidence Eric Zemmour cherche à surplomber ce marais, mais ne me convainc pas. Il est le candidat mono-couloir d'une histoire de France un peu trop arrangée à ses goûts. Si d'aventure le débat s'élèvait au niveau pertinent, les obsessions de Cassandre ne pourraient suffire à emporter la décision :

Dérèglement climatique grave⓵, crise énergétique planétaire⓶, mise en tension géopolitique du monde entier⓷, migrations climatiques ou d'épuration⓸, endettement tragique de presque tous les pays⓹ (les prêteurs ne mourront pas tous) et plus spécifiquement : défi de la recherche quantique appliquée⓺ (un 1984 puissance 10), polémologie spatiale⓻, contrôle social planétaire⓼, guerre cybernétique⓽… Sur tout cela je n’entends rien d’Eric Zemmour. Ces sujets n’affectent pas les sondages ; serait-ce donc ça ? Sans doute y viendra-t-il plus tard… ou pas !
Non, je ne vous infligerai pas neufs paragraphes développés sur notre avenir sans futur, mais on peut utiliser les chiffres pour rédiger un commentaire. Chacun a compris ici que les vrais enjeux ne sont pas abordés par les compétiteurs de l'élection présidentielle. L'élection n'est qu'un rite. A Jupin les grenouilles demandent un roi qui les sauve de la grue actuelle ! Sera-ce un héron ou un saule pleureur ?


Z graffiti

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