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mardi 5 décembre 2023

Vol au-dessus du Roycoland depuis l'ermitage

Spécial royco - certains passages peuvent choquer les âmes simples.
Vous seriez surpris de savoir que beaucoup de royalistes connaissent le prieur du Refuge Notre Dame de Compassion, un ermitage niché au cœur du Haut Vivarais, qui maintient à bout de bras une foi incandescente en la diffusant au sein de la Confrérie royale par le moyen du blogue de feu son chat Lully.
les toits du refuge
Frère Maximilien Marie du Sacré Cœur, prieur du Mesnil-Marie et moine de la Visitation, a commis récemment une analyse panoramique du roycoland qui vaut sa banasta de castanhas pour la première raison qu'il n'est ni chapelain en exercice ou de réserve, ni communicant d'aucun parti, école, cercle savant ou crypte royaliste. Il a son propre angle de pénétration des réalités qu'il connaît bien, et cela mérite de le lire d'abord. En voici déjà l'entame :
« Les diverses rencontres et conversations auxquelles – en particulier en ma qualité de Prieur de la Confrérie Royale – je suis fréquemment exposé, m’amènent à penser qu’il n’est jamais inutile de rappeler des notions essentielles et fondamentales : beaucoup trop de personnes, même dans nos rangs, s’engagent dans des discussions à n’en plus finir, qui ne sont en réalité que de vaines et infructueuses discutailleries où s’affrontent et s’empilent des opinions personnelles et des sentiments, sans référence à des notions clairement définies, et surtout sans rappel des principes fondamentaux ; en définitive cela ne revient à rien d’autre qu’à édifier une maison sur du sable, sans fondations, pour renvoyer à la comparaison établie par Notre-Seigneur Jésus-Christ (cf. Matth. VII, 26-27) : la pluie descendra, les fleuves déborderont, les vents souffleront et fondront sur cette construction faite de subjectivité, qui s’écroulera inexorablement et dont la ruine sera la démonstration par les faits de ce que valent opinions et sentiments ! Après ces quelques mots d’introduction (et d’avertissement), j’entrerai tout de go dans mon propos, qui veut s’attacher à redonner quelques notions claires et rigoureuses au sujet.»


Le corps du texte est fait de quatre chapitres qu'on doit lire d'abord en cliquant par ici.
  • A.- Légitimisme
  • B.- Orléanisme
  • C.- Survivantisme
  • D.- Providentialisme
cul de lampe

(Re A.) Affirmer que le légitimisme est par essence l'unique doctrine monarchique officielle de notre pays, doctrine qui a présidé aux destinées du royaume pendant plus de treize siècles ne se discute même pas. Que ce royaume ait été plus que grand non plus. C'est l'histoire qui le veut. En décrire l'articulation que l'on va voir ci-dessous comme un système équilibré conforme aux exigences du droit positif et à celle de la foi catholique, c'est le plus souvent vrai mais l'équilibre fut parfois rompu par l'inclination naturelle de chacun des pouvoirs concurrents à vouloir dominer l'autre. La caténation qui en résulte entre le Trône et l'Autel associés et la production progressive des lois fondamentales du royaume s'approche quand même du parti pris. Ces lois furent toutes de circonstances et leur rédaction fut chaque fois débattue entre la casuistique des docteurs de l'université et les besoins politiques imminents du pouvoir temporel. A titre d'exemple, exhumer en 1316 une loi barbare du Vè siècle pour dégager une femme du couloir des héréditaires en dit plus long que bien des thèses sacralisant ces lois. Bien qu'il faille admettre qu'elles furent maintenues jusqu'à la fin, quoi qu'il en coûte d'ailleurs à la dynastie qui se les appliquait, et si elles définissent parfaitement l'esprit des légitimistes qui y trouvent une charpente commode et facile à promulguer en soutien à leurs espérances, comme toute construction humaine, elles ne sont pas sacrées et jamais ne le furent. Qu'on se souvienne de la déclaration de Louis XV gravement malade et sans postérité mâle au moment, appelant en cas d'urgente nécessité à réunir la nation pour continuer l'aventure capétienne avec un successeur non issu des lois.

Le texte du prieur promeut de nos jours la validité des anciennes lois fondamentales au titre desquelles le duc d'Anjou, Louis de Bourbon, aîné des Capétiens, hérite de la couronne des lys sous le nom de Louis XX. D'autres princes (comme Mgr Sixte Henri) soutiennent qu'à la mort du dernier roi de tradition (Charles X) la royauté légitime et ses lois disparurent, faute pour le défunt de n'avoir saisi aucun "vif". Quoi qu'il en soit, la désignation du prince Louis automatisée par les lois n'emporte aucune "obéissance aux principes de la royauté capétienne traditionnelle dont l'esprit s'opposerait fondamentalement à tout ce qui s'impose dans nos société contemporaines revendiquées de la révolution qui les entraîne vers leur ruine". C'est à ce stade du discours qu'on voit surgir le "nihil obstat" incontournable de l'Eglise catholique sur la royauté. Or dans la monarchie disparue, on ne peut pas fusionner la royauté et le premier ordre puisque ces deux entités furent de tout temps séparées et que la seconde fut le fossoyeur de la première. C'est aussi l'histoire qui nous le montre. Instituteur monopolistique du pays, le clergé de la Renaissance, hypnotisé par l'Antiquité, n'eut de cesse à vanter les mérites des héros des républiques athénienne et romaine à des adolescents destinés à l'emploi d'avocats du roi ou de mousquetaires. Et que dire du Deposuit potentes de sede et exaltavit humiles que toutes les assemblées paroissiales chantaient debout à la messe, même à la cour du roi ! La statuaire du domaine de Versailles est toute d'inspiration antique ; cherchez-moi une statue de saint. Le clergé des Lumières prit plus que sa part dans la Révolution, à bon escient parfois comme avec l'abbé Raynal ou l'abbé Grégoire ; mais des diocèses entiers jurèrent ! On pourrait aussi faire une page sur la persécution hystérique des protestants par le clergé catholique après la révocation de l'édit de Nantes, qui redivisait le peuple français. L'histoire, il faut la prendre toute.

Le prieur termine ce chapitre par une citation de Pie X : « on n’édifiera pas la société, si l’Eglise n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n’est plus à inventer, ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique ». Les légitimistes sont les "serviteurs de la tradition spirituelle et politique du royaume dont les principes et les institutions sont le rempart nécessaire d'une société de droit naturel et chrétien". En ce sens, leur action ne peut se limiter à la résurrection de la monarchie mais porter ensemble le Trône et l'Autel. Oui mais : qu'en avait pensé Léon XIII et toutes les saintetés qui succédèrent à saint Pie X ? Les épiscopes français sont-ils de la veine légitimiste et prêts à imposer au trône le carcan contre le sacre ? Permettez-moi d'en douter.

Conclusion. Il n'y a pas de conclusion. Nous faisons une recension en espérant que ce commentaire éclairera une relecture du travail de Frère Maximilien Marie qui reste, lui, indispensable pour comprendre le légitimisme.

cul de lampe

(Re B.) Il est vrai, comme le dit le prieur, que lors de l'extinction d'une branche aînée (Capétiens directs, Valois, Bourbon) ce fut chaque fois le plus proche parent du défunt dans l'ordre de primogéniture mâle qui hérita de la couronne. Ainsi à la mort du comte de Chambord, le sceptre virtuel passa aux descendants de Louis XIV devant ceux de Louis XIII. D'Orléans n'en était pas. Mais racolant les "lois" les plus échevelées comme au bon vieux temps des lois fondamentales de circonstance, les docteurs du jour brandirent le vice de pérégrinité et la loi de nationalité pour barrer la route à l'Espagnol. Bien qu'elle ait voulu endosser le long manteau semé de lys de la monarchie ancestrale, les héritiers de cette dynastie restent marqués par la rupture du continuum dynastique par le régicide et par l'essence ploutocratique de la monarchie de Juillet, régime d'usurpation en droit mais de sauvetage en fait. A tel point que le concept, entendu maintes fois qui porte leur revendication, se résume à royaliser la constitution française de 1958, la restauration s'opérant (comme prévu en 1875) par les chambres réunies en congrès à Versailles.

Mais l'orléanisme se distingue de la maison d'Orléans, que le prieur voue aux gémonies pour crime de lèse-majesté et frérisme trois-points. Il descend de l'olympe des grands principes éprouvés dans une monarchie de treize siècles qui, à la fin, a lamentablement échoué, pour analyser rationnellement les réalités du terrain d'exercice. En 1830, la couronne retombe au ruisseau et le roi père et fils passe la Manche. Le cousin maléfique ne la ramasse pas comme Bonaparte mais c'est la Chambre qui la lui tend. Le roi juge mal son peuple et les fermentations socialistes qu'il entend réprimer d'ordre et pour compte de la banque et de la forge. Il passera la Manche à son tour, mais de manière piteuse. Viendra une république éphémère (IIè) mais diablement au point, puis une resucée de l'empire qui laissera de belles traces dans son sillage comme le premier d'ailleurs qui construisit l'Etat moderne. Nous dépassons la séquence hors-sol de 1875. Quand à la suite de l'Enquête sur la monarchie de Charles Maurras en 1900, l'idée royaliste reprend des couleurs et commence à recruter des cotisants, ceux qui se tournent vers les princes ne voient pas grand chose. La branche espagnole, dévastée par les guerres carlistes, n'évoque rien en France, affairée qu'elle est à survivre à Madrid. Alphonse XIII n'abdiquera qu'en 1931 mais l'intention pour eux de revenir vainqueurs persistera jusqu'à ce que Franco tranche le débat en choisissant le rameau de Barcelone. Alors naîtra une revendication claire et fondée par la voix du prince Alphonse, le meilleur champion que le légitimisme n'ait jamais eu, qui tentera d'organiser l'inertie légitimiste. Mais la maison d'Orléans, exilée dans ses fastueuses propriétés, n'est alors pas la première préoccupation des cadres et des troupes royalistes. Il faudra passer la Grande Guerre pour que Maurras et ses amis la ressorte du placard. Ceci n'empêchera pas l'ingratitude légendaire des princes de cette maison puisqu'aux obsèques du Martégal nul représentant de la famille n'y montra son chagrin. Le comte de Paris, Henri l'Ancien, prendra même ses "distances" avec l'Action française qui avait pourtant tout inventé (au sens premier) du concept de monarchie héréditaire, fédérative et sociale. Le reste est à l'avenant ou plutôt en pente douce. Le dernier prétendant, bien que confit en dévotions dans la sphère de la Frat, ne fait pas la toise de l'emploi.

Conclusion. Les imprécations ne servent à rien d'utile pour comprendre de quoi est fait le microcosme royaliste. Et s'il en faut une ici, je dirais que l'orléanisme n'existe qu'à travers l'Action française, une école de pensée en action, fort différente des cercles légitimistes d'étude des chartes et grimoires ! Sans l'Action française (CRAF) et la Restauration nationale, la maison d'Orléans, détruite de l'intérieur par Henri l'Ancien, serait à la rue. Mais avant de passer à la défense passive de la monarchie, le prieur du refuge nous invite à considérer une fraction assez petite du royalisme français, le survivantisme.

cul de lampe

(Re C.) Comme le dit si bien le prieur du refuge Notre Dame de Compassion, la double porteuse du survivantisme est le romantisme et le sentimentalisme qui coururent tout le long du XIXè siècle et ressurgiront au XXè par l'agitation-propagande du prince Charles-Edmond Naundorff dit de Bourbon (1929-2008), lequel parviendra à faire partager à de nombreus fidèles sa profonde conviction de descendre de Louis XVII. Il en aura d'autant plus de mérite que les analyses ADN qui tranchent et coupent tout de nos jours ne lui furent pas favorables. La mouvance survivantiste a d'autres champions que les Naundorff (Louvel, Richemont...) mais généralement elle participe du syndrome du "roi caché" que l'on retrouvera chez les providentialistes. Ce syndrome fait feu de tout bois pour prouver ses dires et on pourra légitimement s'émerveiller des ressources contortionistes des cerveaux qui s'y abandonnent. Mais ce n'est rien en comparaison de ceux qui font l'objet du chapitre suivant. Frère Maximilien Marie fait un sort aux "dauphins" de légende en se fondant sur les écrouelles de Charles X qui prouvent sa légitimité devant la puissance céleste (le roi te touche, Dieu te guérit). Chou d'amour est donc bien mort au Temple ou quelque part ailleurs sans descendance... à moins que les éventuels descendants ignorent tout de leur ascendance. C'est encore possible, peut-être en Amérique du nord (clic).

cul de lampe

(Re D.) Dans ce quatrième chapitre on dépasse l'analyse, fouillée quand même parce que les providentialistes donnent beaucoup de bâtons à se faire battre, pour en venir à la charge sans frein. Frère Maximilien Marie qui semblent bien les connaître pourfend les gnostiques, les qualifiant de "fléaux" et "d'obstacles". Oui, le providentialisme est éminemment "subjectif" et les théories les plus folles donnent chair à une doctrine passivante qui remet tout avenir entre les mains de la puissance divine. Mais tout comme le prieur qui les soupçonne de mille travers pseudo-prophétiques fondés sur des révélations qu'il faut bien arranger à sa façon, (ndlr) un peu comme les quatrains de Nostradamus, le Piéton du roi fait sienne la formule de "royalistes providentialistes, drapés dans leur certitude d’être les dépositaires des secrets de la révélation de « l’Elu », seuls dépositaires du discernement des « signes précurseurs » et intermédiaires privilégiés d’une espèce de gnose néo-messianique, finissent par remettre en cause toutes les hiérarchies légitimes". Ils n'étaient pas comme ça au départ mais ont lentement dérivé vers leur Da Vinci Code à eux, se rapprochant du sédévacantisme et amenant au jour la faiblesse du concept d'origine.

Mais nous divergeons quand il affirme qu'ils ne font rien à part de prier. Conscient que le concept gazeux de la "Providence-à-son-heure" ne le porterait pas très loin, le fondateur de la Charte de Fontevrault puisque c'est d'elle qu'il s'agit dans ce chapitre D, avait eu la riche idée de réunir tous les deux ans les différentes chapelles royalistes pour une journée à Paris, afin de partager brochures et programmes, quelques poignées de main et lever ensemble le verre de l'amitié. L'affaire avait besoin d'augmenter sa matérialité pour en faire doucement une vitrine royaliste accessible au public - un peu comme au Jardin d'acclimatation - et rien ne s'y opposait jusqu'à ce que le succès, pourtant d'estime, ne conduise les organisateurs à déporter en province la Biennale Blanche - c'était son nom - sur le refrain de "ceux qui m'aiment prendront le train". Ce fut un four retentissant qui tua le match ! Ne reste de visible comme "action" qu'une manifestation mensuelle de piété, la Supplique à Dieu pour le retour du Roi à Pontmain. Le reste du temps est pris par l'exploration du même syndrome que celui des survivantistes, le "roi caché" ; à travers les théories fumeuses d'André Lesage dit de la Franquerie et marquis de fantaisie pour faire bon poids, qui asséna ses élucubrations à des lecteurs inquiets qu'il parvint à convertir au Grand Monarque. Pour les providentialistes il s'appelle Henri de la Croix ou quelque chose d'approchant. J'ignore si tous y croient vraiment, mais c'est ce nom qui fait le plus de bruit, enfin... tout est relatif.

Ce brûlot de Lully le chat rejoint les réflexions de Guy Augé : « le providentialisme "littéral" n’est pas sans présenter quelque danger pour la cause qu’il sous-entend, car si Dieu fait des rois, comme naguère il faisait l’Empire romain, il les défait aussi. En admettant que la Providence seule légitime les rois, elle conserve aussi bien les révolutions : là est sans doute la grande aporie de Joseph de Maistre, lointain héritier, au XIXe siècle, de cet augustinisme politique. La Révolution est satanique, fléau de Dieu pour le châtiment des hommes, soit ; cela est une explication consolante pour autant que la Restauration se fasse et dure ; mais quand c’est la Révolution qui l’emporte, quand l’Histoire paraît changer de cap, n’est-il pas plus délicat de ramener la légitimité monarchique à la volonté providentielle, et, surtout, de continuer à défendre la légitimité monarchique ? » (source - nous avons laissé dans ce texte les capitalisations abusives). Ce dévoiement de la Providence s'accentue lorsque le gouverneur de la Charte sus-dite lui confie un calcul d'attrition des dauphins au bénéfice de l'élu de Dieu qui survivra pour lui servir de lieutenant sur terre (ça va loin !).


cul de lampe

Qu'en retenir à la fin ?

Cette lettre mensuelle à la Confrérie royale a pour intention de déblayer le camp clos du débat en écartant pour demain les fausses solutions. Mais est-ce apporter plus à la démonstration que de charger à bride abattue et sans discrimination les fidèles d'autres obédiences. Il s'y rencontre des royalistes sincères, tout aussi dévôts que les légitimistes et que la situation d'un microcosme politique en attente perpétuelle de quelque chose a poussé dans les chapelles concurrentes de celle de la monarchie traditionnelle, chapelles qui proposaient une approche différente que cette ligne droite infinie dont la destination recule comme un horizon à mesure qu'on progresse. La dramaturgie royaliste est tributaire d'effectifs faméliques ; d'aucuns n'y voient aucun poids socio-politique, aucun momentum capable de faire bouger les lignes de fracture du régime en place afin de le remplacer. Donc chacun dans son coin étudie le passé sans trop imaginer l'avenir plutôt que d'agir, puisqu'à si peu on sait l'affaire perdue d'avance. Ainsi certains appellent le renfort de la puissance divine pour les aider remonter ce rocher de Sisyphe qui va les écraser. Ils ne sont coupables de rien ; sauf du prodigieux ennui qu'ils diffusent parfois. Mais cela est l'affaire de chacun, et le prieur du refuge de Notre Dame de Compassion s'avance beaucoup dans son offensive pour ne pas révulser les susceptibilités de ses cibles, en quoi il diminue la portée de sa brillante démonstration du légitimisme primordial. Mais nous avons passé un bon et long moment en compagnie d'un chat mort et ressuscité dans la grande tradition quantique de Schrödinger. Il vaut mieux sourire un peu à la fin ; nous sommes quatre mille en tout.



Liens en clair pouvant expliquer certaines obscurités de ce billet :
- le prieur : *http://leblogdumesnil.unblog.fr/2011/02/24/2011-24-origine-du-refuge-notre-dame-de-compassion/
- le légitimisme : *https://viveleroy.net/
- l'Action française : *https://www.actionfrancaise.net/le-mouvement/manifeste/
- le survivantisme : *https://journals.openedition.org/rh19/4142
- la Charte de F. : *https://charte-fontevrault-providentialisme.fr/
- le Grand Monarque : *https://www.academia.edu/33985488/_Le_Grand_monarque_dans_le_catholicisme_fran%C3%A7ais_XIXe_XXe_si%C3%A8cles_Politica_hermetica_n_13_1999_pdf
- vous faire moine : *https://www.net1901.org/association/REFUGE-NOTRE-DAME-DE-COMPASSION,1268290.html

samedi 14 mars 2020

Juste une mise au point...

Jean d'Orléans et son fils Gaston - cliché David Nivière pour Point de Vue

Sotheby's Deauville met en vente les pavillons Nemours et Montpensier du domaine royal d'Eu (Normandie septentrionale) appartenant encore à la famille d'Orléans, et le Roycoland de s'émouvoir de la liquidation continue par ses héritiers du patrimoine d'Henri l'Ancien (1908-1999). Après les souvenirs de famille, les œuvres, les cadeaux, on entame le foncier. D'un domaine autrefois conséquent il ne restera demain que la forêt du Nouvion en Thiérache attribuée à Jean d'Orléans par sa grand-mère Isabelle et le chalet restauré par Viollet-le-Duc à Jacques d'Orléans. On sait aujourd'hui pourquoi Henri l'Ancien a légué l'essentiel du capital immobilier à la Fondation Saint-Louis avec une succession d'une dizaine d'hoirs appelés à lui survivre, parmi lesquels aucun n'avait de métier sérieux et suffisamment lucratif pour conserver sa part. Régine Salens a propulsé l'annonce sur Noblesse & Royautés dont extrait ci-dessous :
Le pavillon Montpensier fut construit au XVIIe par la princesse Anne Marie Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, connue sous le nom de la "Grande Mademoiselle", petite-fille d'Henri IV, cousine germaine de Louis XIV. Hérité en 1693 par le duc de Maine, la propriété appartint ensuite, au comte d'Eu, au duc de Penthièvre, à sa fille la duchesse d'Orléans puis au roi Louis-Philippe.
Restaurée par Viollet-le-Duc à l'époque de Philippe, comte de Paris, qui la transmit à son fils, le prince Pierre D'Orleans et Bragance puis à sa petite fille la princesse Isabelle, comtesse de Paris, qui aménagea le pavillon pour son usage personnel. La propriété s'étend sur 6,5 hectares de parc avec partie boisée et vue mer. Dossier et visite sur demande. Prix : 685.000 € FAI, honoraires d'agence à la charge du vendeur.

La propriété est aujourd'hui encore à Michel d'Orléans né à Rabat en 1941, divorcé de Béatrice Pasquier de Franclieu dont il eut entre autres enfants Charles-Philippe duc d'Anjou, remarié à Barbara de Posch-Pastor en 2017. Il est le jumeau de Jacques d'Orléans.

La bronca a fait bien des reproches à une famille qui semble vivre sur les ventes, auxquels ont répondu les défenseurs attitrés de la famille d'Orléans, savoir que tout un chacun a le droit de disposer de ses biens dans le cadre légal. Bien sûr, le Landerneau royaliste conteste à la fois la banalité des biens annoncés qui furent un écrin de la vie d'Isabelle d'Orléans & Bragance (1911-2003), connue sous le nom de "Madame", elle qui marqua la dynastie d'une empreinte indélébile ; et tout autant l'impécuniosité des ayants-droits et particulièrement celle du nouveau chef de maison Jean d'Orléans qui vit dans les murs de la fondation à Dreux, tous incapables apparemment de maintenir le patrimoine dans la famille. C'est là qu'intervient un argument jamais vu encore d'un commentateur dont je tairais le nom mais que vous trouverez dans le fil N&B :

« Beaucoup de nos correspondants pensent avoir des droits sur les Orléans, sur ce qu’ils pensent, ce qu’ils écrivent, ce qu’ils possèdent, ce qu’ils vendent, qui ils fréquentent, où ils vont à l’église ou à l’école, où ils travaillent… c’est peut-être reconnaître que cette maison a une place à part dans l’histoire de notre pays mais je ne suis pas certain qu’ils y voient un hommage.»

Effectivement les Français ont des "droits" sur les D'Orléans aussi longtemps que ceux-ci convoquent l'encensoir médiatique à leur admiration, en ne nous épargnant aucun détail de la saga furieuse qui ravagea l'espèce sous Henri l'Ancien. De toute part on vit jaillir des entretiens crapoteux, des mémoires vengeurs, des mises au point, le fatras habituel des ressentiments de la dispute familiale ! D'Orléans est venu chercher les Français et pas l'inverse. Changer son patronyme en "... de France" marque à jamais la vocation. Les Français, du moins ceux qui s'intéressent aux royals jugent donc la proposition ! Est-ce la faute de la nation si les mœurs de la maison, et particulièrement ce goût de la rente, affaiblissent la revendication monarchique ? A vouloir régner un jour, ne vaudrait-il pas mieux commencer par créer quelque chose, produire de la valeur ajoutée taxable, faire fortune, à défaut en bien vivre ?

C'est le défi du nouveau comte de Paris "Jean de France" de faire la preuve qu'au-delà des recommandations de bon sens distribuées aux pouvoirs publics, il sait porter un projet à la mesure de sa légitime ambition. A tout le moins, préparer ses propres enfants à y parvenir. Dans le futur tout prétendant devra prouver qu'il est bien plus qu'un intellectuel assis ayant fait SciencesPo ou l'ENA et cherchant une "pantoufle" confortable, mais un chef entreprenant à ses risques et périls, qui saura réussir.

Courtoisie N&B et David Nivière

dimanche 26 janvier 2020

La Passion d'Orléans

Considérable d'importance ! Telle est la publication solennelle du repentir du chef de la maison d'Orléans pour la mort de Louis XVI, prononcé lors de la messe du 21 janvier dernier en la Chapelle royale de Dreux. Ce texte est accessible ici sur Royal-Artillerie. Il ressoude l'hérédité des fautes jusqu'ici niée par les descendants, en même temps qu'il la fait absoudre par Celui qu'il implore.

Les royalistes tenant pour la branche cadette - l'aînée étant pour eux éteinte et les surgeons en exil - opposaient le droit commun de l'inhéritabilité du crime à ceux qui prononçaient le nom de Philippe-Egalité à chaque argument de légitimité dans le cadre moisi de la querelle dynastique. Se fondant sur les grands auteurs, ils soutenaient que les D'Orléans contemporains étaient blancs comme neige des crimes commis par l'ancêtre que leurs contempteurs tenaient pour la pire ordure de la Révolution. Ce que le duc d'Orléans de jadis fut indéniablement. On ne reviendra pas sur le complot permanent, la spéculation sur les grains, le soudoiement d'insurgés et le vote fatal...

Mais si le défunt comte de Paris lors de chaque messe annuelle à Saint-Germain l'Auxerrois implorait le pardon pour l'ancêtre sanglant : « Pendant sept ans [...] nous avons fait des prières pour la famille royale assassinée et pour mon ancêtre. Nous étions présents, nous étions à genoux, et nous demandions pardon, nous demandions la paix », c'est bien que l'inhéritabilité ne suffisait pas. Dans cette même veine du doute intime, son fils Jean d'Orléans a ressenti la même nécessité d'en finir une bonne fois avec l'immaculée succession. Si nul n'hérite des crimes de ses parents en droit, le syndrome du péché transmissible court dans l'esprit des gens du commun, parfois sous des formes aussi triviales que "un chien ne fait pas des chats" ou "c'est un fils de voleur"... A faire campagne, il fallait régler cette question terrible de la seule façon qui vaille : l'appel au Ciel miséricordieux pour qu'il efface la tache originelle. Et comme depuis l'aube du monde toute imploration dans une position de grande humilité est entendue par les puissances célestes, le pardon est obtenu. Ceci va avoir des conséquences sur le microcosme royaliste. Mais auparavant il faut bien cerner l'obstacle du crime hérité en droit naturel.


Jean d'Orléans et ses aïeux revendiquaient l'héritage des quarante rois ; mais ne pouvaient le faire qu'en traversant le chaînon Philippe-Egalité qui les raccordait à Louis XIII. Beaucoup de Légitimistes jugeaient infranchissable l'obstacle du sang corrompu par le régicide, avant que de brandir l'usurpation sournoise de 1830 quand le duc de Chartres, futur Louis-Philippe, trahit sa mission de régence jusqu'à majorité du jeune duc de Bordeaux pour devenir roi à sa place, puis fit la guerre intérieure à ses fidèles dont la propre mère du petit roi, Marie-Caroline.

Le repentir du 21 janvier 2020 fait sauter le premier blocage mais pas le second, et l'on sait que Jean et Eudes d'Orléans sont de grands thuriféraires de la Monarchie de Juillet jusqu'à avoir promu il y a quelques années la création d'un Institut de Juillet. S'il veulent convaincre définitivement de leur légitimité, ils seraient plus avisés de travailler sur l'inévitabilité de la revendication de Louis-Philippe au spectacle d'une couronne perdue trop facilement par la branche aînée, plutôt que d'attaquer les prétentions des successeurs espagnols de Louis XIV. Cette dernière question est plus difficile à répondre que la première et pourtant, il y a matière : Charles X, belle prestance mais peu politique, se couchant à la première détonation, entraîne dans l'abdication son propre fils Louis-Antoine, prince courageux, capable d'initiatives comme il l'avait montré en Espagne et durant les Cent-Jours, au motif qu'ils partageaient les mêmes idées conservatrices. C'était faire fi de l'intelligence d'icelui. Seul problème dans cette dialectique, la réponse ne peut éviter de soutenir la débilitation de la branche aînée, morte sans postérité, ce que le populaire appelle des fins de race, et elle infirme la pertinence des Lois fondamentales du royaume de France qui les ont désignés pour ceindre la couronne. Si elles sont déficientes ici, elles le sont partout. Or la succession d'Orléans est fondée sur les Lois.

Avant de prendre congé, je ne peux m'empêcher de penser que si le comte de Paris d'alors avait fait cette même démarche de repentir solennel dans une grande église de Paris à la mort de Chambord, le ralliement des légitimistes en aurait été facilité voire complet. Onc humilité ne nuit !

lundi 8 août 2016

Au jeu de rôles des maisons


François d'Orléans entre ses frères Eudes et Jean
Le Landerneau royaliste a été secoué comme un prunier par les dernières dispositions testamentaires du présent comte de Paris, Henri duc de France et chef du parti d'Orléans. Il remet à sa mort les clefs de la maison entre les mains de son fils aîné François, lequel ne saurait les recevoir de par une attaque de toxoplasmose congénitale qui l'a privé d'intelligence et de parole. Qu'à cela ne tienne, son frère cadet, Jean duc de Vendôme, mandataire judiciaire à la protection du dauphin François, assurera la régence, assisté d'un conseil où siégeront ses oncles et deux personnalités de la société civile. Pour les actes quotidiens du dauphin incapable, le duc de Vendôme continuera à agir comme son tuteur auprès des administrations. Pour ses actes dynastiques, un conseil de régence (et non le seul duc) sera compétent. La première conséquence n'est que de prestige, le titre de la maison d'Orléans le plus connu des Français, comte de Paris, ne passera pas sur la tête du prince Jean. La seconde est que les titulatures à venir - première activité d'un chef de maison déposée - seront retirées au prince Jean qui devra obtenir une majorité au conseil. En fait, il est dépossédé des pouvoirs de sa charge et n'en conserve que le fardeau.


A quoi tout ça nous mène-t-il ? A rien !

Henri VI d'Orléans
Si le défunt comte de Paris (†1999) pouvait couver l'espérance d'une restauration monarchique succédant au président Charles De Gaulle, les atermoiements, le flou artistique de sa position, la conviction de l'obsolescence de la monarchie puis la disparition de celui-ci facilitèrent la reprise en main de la République par la banque, la forge et la franc-maçonnerie qui anéantit tout avenir à la branche dynastique qu'il commandait. Le cri de Pompidou à l'évocation d'une candidature d'Henri d'Orléans à l'élection présidentielle de 1969 est explicite : « Et pourquoi pas la reine des gitans ?». Au soir de sa vie, le comte de Paris en sera désespéré au point de se retirer chez sa gouvernante dans un pavillon Phénix au fond des bois à écouter chaque jour la valise RTL. Sans doute le silice qu'il s'imposait pour avoir échoué ! A sa mort, les conditions d'héritage, les captations malhonnêtes de tiers, le séquestre des biens par une fondation, le désordre de la fratrie, ruinèrent l'édifice dynastique et la considération qui emportait encore l'adhésion de beaucoup de Français.

Henri VII d'Orléans
Henri VII, comte de Paris, s'essaya un temps à revitaliser la réflexion monarchiste mais à peu d'effet et de dépenses, et son fils Jean, duc de Vendôme, s'y attela à son tour avec pas plus de succès ni d'argent. Il faut dire que le vivier royaliste français ne croît pas, et que les légitimistes partisans du duc d'Anjou s'y comptent pour plus de la moitié de l'effectif, et que plus généralement l'Opinion est rebutée par la saga d'Orléans. Quelques vilaines affaires faisant les unes de la presse à scandales, déconsidérèrent les titres dits de courtoisie dont la famille s'était parfumée à foison, à quel bénéfice, je l'ignore encore, ceux-ci n'ayant rien rapporté ni en emploi, ni en entreprise, pas même en aventure. A part quelques modestes salariés, la famille nombreuse est en position de rentiers mesurant a minima la valeur ajoutée qu'elle devrait procurer au pays.


A quoi "joue" donc le duc de Vendôme ?

Duc de Vendôme Jean d'Orléans
Jean-Carl d'Orléans est le successeur désigné du défunt comte de Paris qui le préféra à son fils Henri lors du millénaire capétien de 1987 et l'adouba dauphin du Viennois l'année de sa mort en 1999. Il accepta (à tort à mon avis) et entreprit d'assumer la charge parallèlement à son père qui n'abdiqua jamais. Les relations furent toujours mauvaises entre eux depuis l'abandon du foyer princier en 1974 qui motiva l'exécration comtale. Jean d'Orléans a 51 ans aujourd'hui et n'est toujours pas établi fermement dans la vie. Il demeure au domaine royal de Dreux en "sous-location sans titres" d'un bail de villégiature octroyé à sa mère par la Fondation Saint-Louis qui gère la succession immobilière du défunt comte de Paris. Ses occupations de gérant d'un groupement forestier en Thiérache laissent et prennent du temps mais brident surtout ses ambitions professionnelles, s'il en a, après de longues études supérieures montrant de réelles capacités. Après avoir parcouru le tissu économique français dans des réunions publiques qui diffusaient sa pensée et rappelaient son existence, il a recentré sa joie de vivre sur sa famille de quatre enfants et ne parlent plus que d'eux, sauf réaction intempestive au conseil de régence créé par son père. Il donne l'impression d'attendre la disparition de celui-ci pour réaliser son projet de promotion de la maison d'Orléans sur la voie d'une restauration monarchique dans l'esprit de Juillet. Une Académie de Juillet devait être fondée par Eudes et lui en 2009, mais les années passent et passe avec elles la pugnacité nécessaire à réussir ce que son grand-père avait tenté. Manque déjà l'écho de ses prétentions dynastiques dans l'Opinion, manque l'argent en abondance dont disposait le vieux comte. C'est en vérité un travail de titan qu'il choisit : crédibiliser la monarchie et sa propre prétendance ! Et finalement, sauf un groupe de courtisans impécunieux et un bon millier de sympathisants en admiration gratuite qui ne sont pas d'un grand secours, il est seul à la barre.


Conclusion provisoire

L'enjeu politique ambitieux est écrasé par le néant des moyens. C'est le dilemme éternel des royalistes depuis que la couronne britannique a cessé de les financer. Les princes ne sont pas idiots au point de rêver à un futur de roi sur une base aussi étriquée en finances et en effectifs. Pensent-ils sérieusement que le Congrès appellera l'un d'eux en cas de crise institutionnelle gravissime ? C'est la fenêtre d'opportunité préférée des royalistes. Sont-il déjà formés (et entraînés) à l'emploi ? Ont-ils un projet praticable au départ, le lendemain matin à 7 heures ? Sont-ils entourés de compétences lourdes qui se saliront les mains pour eux, ou seulement de perruques poudrées tentées par le décorum ? Autant de questions qui convoquent une évaluation sérieuse des réalités.
On n'y est pas encore, mais cela peut venir avec les générations montantes qui, dans le nanomonde auquel ils accèdent, se foutront pas mal des titulatures, ducatures, comtatures et autres embellissements carnavalesques d'un chemin plein d'épines qu'il faudra malgré tout monter pour le bien peut-être, et la survie certainement, de notre beau pays de France dont ils pourront alors porter le nom. Il s'agira de héros ! Vienne ce temps !


Gaston d'Orléans

 

En attendant l'embellie, on lira avec profit l'entretien accordé par le comte de Paris au journal l'Action française 2000 le 13 juillet dernier et publié dans le numéro estival du 4 août 2016 en cliquant ici. Cette prise de position a été relayée par Le Figaro du 6/8/2016.


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mercredi 30 juillet 2014

Réflexions sur Bouvines-2014

crédit Jean-Marie et Régine
@ Noblesse & Royautés
Nul n'a regretté l'absence du premier ministre catalan aux commémorations de Bouvines. "Bouvines ? Épelez ?" aurait-il dit à son chef de cabinet. Ni aucune autre absence finalement. Les reportages diffusés par le CER ou la Voix du Nord qui a remarqué Louis de Bourbon, ou même l'UPR qui a bien recadré les leçons tirées de l'histoire, se sont attachés à la commémoration, renvoyant ce faisant les politiciens à leur "communication" racoleuse chassant l'émotion pour exister.

La naissance d'une nation française sur les deux-tiers nord du pays - pour le dernier tiers, il faudra attendre la chute de Toulouse en 1228 et un futur apaisement du Midi ravagé par la croisade des Albigeois - telle naissance ne pouvait émouvoir un "président de la République", chroniqueur en chef des malheurs du temps, carrément inculte (mais son prédécesseur était pire), ni même les médias nationaux affairés à vendre de la soupe en sachet sur le dos des Gazaouis et des voyageurs crashés morts. On avait l'archevêque et le roi en "attente", que pouvait le peuple venu nombreux demander de plus ?

Les royalistes, eux, ont diversement apprécié les aigreurs d'estomac du vieux prétendant d'Orléans qui, apprenant la venue en vedette de l'aîné des Capétiens, s'est fendu d'un tweet et d'un communiqué "officiel" excusant son absence pour raisons personnelles et familiales (sic, c'était pourtant Bouvines!) et réaffirmant ses droits à la couronne de France, ce qui était pathétique en pareille circonstance. On ne le privait de rien, et ne lui en demandait pas plus ! Il faudrait une bonne fois que les choses soient claires, la maison d'Orléans n'est que l'héritière de la Monarchie de Juillet et n'a aucune légitimité à revendiquer l'exclusivité de l'héritage des quarante rois qui l'ont précédée. Pour plusieurs raisons et de son propre fait.

Vous ne pouvez être héritier de quoique ce soit qu'en vertu d'une ascendance. Or il y a eu rupture de la chaîne dynastique quand le duc d'Orléans, Philippe Egalité, fit couper le cou du roi de France Louis XVI après lui avoir pourri la vie de mille manières, fomentant troubles en continu avant et pendant la révolution française. Le même ascendant déclara pour la galerie n'être que le fils du cocher Montfort attaché au Palais-Royal..., et prit pour lui et sa descendance le nom d'Egalité, reniant ses origines. Le câble dynastique a été tranché à ce moment-là. On pouvait plaider la folie ou la bêtise mais cette rupture fut confirmée de la plus sûre des façons par l'usurpation du trône réalisée par son fils le duc de Chartres, Louis-Philippe Ier, au détriment du jeune duc de Bordeaux. La chasse aux Bourbons qui s'en suivit reconfirmait la confirmation.

Philippe Egalité
La descendance de Louis-Philippe est, comment dire, surnuméraire dans ses prétentions à la couronne de France, et ce serait trop charger la barque que de continuer la revue de détails. Orléans peut marcher sur les mains à faire le tour de l'Elysée pour obtenir des légions d'honneur qu'il n'avancera pas d'un pouce sur le chemin de sa légitimité, sauf à réduire ses prétentions à l'héritage de 1848. Ce qui peut d'ailleurs rallier des nostalgiques de la république des ducs. Charles Maurras et ses amis s'en contentaient, nous aurions mauvaise grâce à en faire plus en cas de vide dynastique, ce qui n'est plus le cas.
De bons états de service des enfants d'Orléans pourraient leur obtenir la présidence de la Croix Rouge française, comme en son temps Bourbon Busset, ou quelque autre fonction de prestige. Qu'ils s'en contentent.
Ce n'est que dans l'hypothèse de l'instauration d'une nouvelle monarchie française, déliée des lois fondamentales du vieux royaume, qu'Orléans pourrait présenter ses champions à la lice du tournoi de sélection. Il y ont leur chance, n'en doutons pas, et pourquoi ne la leur souhaiterions-nous pas bonne en nous adressant à la nouvelle génération qui n'a pas démérité ? Parlons alors d'avenir justement ?

La semaine d'années qui a commencé avec l'avènement du président de Corrèze verra un changement de paradigme. La République est usée jusqu'à la corde, nous n'en ferons pas le bilan. La situation économique améliorée, seule capable de cacher l'impéritie propre à ce régime démagogique, est bloquée sur les trois déficits, social, budgétaire et commercial, mortelle trinité. L'abrutissement sur un siècle du peuple français exclut un sursaut populaire de bon sens et la décrépitude morale des partis politiques annule tout espoir de Sixième république parlementaire. Le réflexe sera l'appel à César pour nettoyer les écuries d'Augias où personne ne veut aller patauger.

Que le coup soit monté par l'oligarchie pour obtenir l'assurance d'y survivre ainsi qu'au 18-Brumaire, ou qu'il le soit par les forces vives surfiscalisées du pays, attaquées sur leur patrimoine, il est le plus probable, l'appel à l'homme providentiel étant dans les gènes populaires. A partir de là, tout est ouvert, à l'exception d'un retour à l'Ancien régime, régime condamné quatre ou cinq fois par l'histoire après les Etats Généraux de 89. Tout est ouvert, à condition de donner confiance, y compris bien sûr une monarchie constitutionnelle. Cela se jouera au mérite, il n'y aura aucun passe-droits, aucune "légitimité" autre que celle acquise par acclamation, comme au commencement, à Senlis !
J'en parle à mon cheval.

vendredi 2 mars 2012

Des divergences à l'échec


Dans le numéro 842 des Inrockuptibles (18 janvier 2012), le comte de Paris Henri d'Orléans disait sa lassitude envers les factions royalistes qui, pour capter toute son attention, barrent l'accès des forces vives du pays au prince. Elles s'imposent comme l'unique médium entre lui et le peuple, jusqu'à mieux savoir que quiconque quoi dire et taire en public. Il est aussi des "secrétariats" qui débitent des avis ou communiqués de leur propre allant, comme celui qui sert de relais au prince Louis de Bourbon et dont les cuirs sont parfois réjouissants.
Derniers barrages en date, d'un côté, le Cercle de l'Œillet blanc refuse l'épouse du comte de Paris à la messe, de l'autre côté, le secrétariat de l'Institut Duc d'Anjou rejette d'emblée la demande faite au prince par l'excellent trimestriel La Toile pour un article sur le développement durable. L'a-t-on consulté ? j'en doute. Le storytelling de sa biographie publiée sur le site institutionnel dévoile une certaine autonomie de la Cour dans sa créativité.

Ca fait deux siècles que dure le cirque royaliste pour le résultat que l'on sait. Positions effondrées, invisibilité, pénurie d'argent, querelle dynastique et divisions subalternes, éclosions fantaisistes de sous-groupuscules divisibles, ridicule de certaines postures.
Au centre, la piste ! S'y sont de tout temps pavanés les dresseurs de prétendants à la chambrière, qui à défaut d'impressionner les pères firent courir les fils. Et voilà que l'Institut de la Maison de Bourbon accapare l'orphelin, désobéissant aux conseils de sa mère qui lui disait de s'en méfier ; et voici la Restauration nationale qui prend fait et cause pour le jeune prince Jean, disqualifiant le vrai prétendant d'Orléans au motif de moeurs coupables à leurs yeux, et ignorant superbement le lignage qui désigne François. Puis le Bourbon déploie ses ailes et monte son propre club promotionnel, comme son alter ego d'Orléans qui reprend les choses en main dans son parti et devient patron. Le piéton veut bien dispenser son distingué lectorat du paragraphe interminable qui devrait suivre, contant par le menu l'affranchissement des titulaires de leurs chaînes courtisanes... pour aller à la conclusion.

Les disputes, à se prendre à la gorge parfois, sont vaines à deux motifs. A l'intérieur de la sphère royaliste elles ne servent que d'exutoire à un dépit de notoriété de la cause que chacun défend, et aucun ne changera d'idée. Pourquoi se disputer sur la couleur de la mer ? A l'extérieur, les arguments des uns et des autres passent à cent coudées au-dessus de l'attention disponible de l'Opinion, car ils apparaissent gratuits ! A quoi servirait-il au peuple de prendre parti ? La paix d'Utrecht pour les mieux informés n'eut pour effet tangible que la cession du rocher de Gibraltar à la couronne britannique. Le reste est... bidon aujourd'hui pour  le vulgum pecus.

Et si on parlait des institutions, une minute ?
Faut-il un troisième motif de déshérence de la cause royaliste, c'est le décalage entre l'offre institutionnelle des différents partis ou agences (comme on disait jadis) et la perception qu'a l'Opinion du rôle d'un roi (ou d'une reine d'ailleurs). La distance est grande. Le roi du sondage BVA-Alliance royale ne désignait pas un touche-à-tout fébrile à la Sarkozy ou quelque César génial, mais un roi digne et populaire, du modèle visible dans l'actualité. Très peu d'organes royalistes comblent ce fossé entre les dogmes et leur défaut de perception, et le Rassemblement démocrate pour la monarchie de Jean-Marie Wante est l'un de ces happy fews. Qu'il en soit salué. Ce n'est quand même pas pour rien que les princes donnent leur avis. Mais si, mais si ! Après la monarchie hors-sol, on veut nous vendre la monarchie sans-prince. Que disent-ils et pourquoi leur avis est-il convergent ?

Louis de Bourbon part sur une monarchie constitutionnelle à l'espagnole dans ses interviews, en faisant le projet de rassembler jusqu'aux républicains. Et Henri d'Orléans est, on ne peut plus, clair :
« Dans une royauté moderne, soit constitutionnelle et parlementaire, un Premier ministre gouverne, les Assemblées légifèrent et le roi règne. C'est le cas en Grande-Bretagne, en Espagne, en Belgique, dans l'Europe du Nord... Pourquoi régner, et comment ? Parce que le roi incarne l'identité de la nation, qu'il doit demeurer accessible à tous, qu'il ramasse en sa personne l'histoire et les racines du pays. Il est aussi là pour tempérer les excès des uns et des autres, droite ou gauche. L'homme politique ne peut plus rêver de toute puissance : il a un souverain au-dessus de lui ».

Pourquoi convergent-ils ? Ce sont des hommes responsables qui peuvent être appelés à assumer une charge écrasante, aussi convoquent-ils leurs fidèles au "possible" afin qu'au bout du bout, il ne puisse pas être dit en cas d'échec que l'affaire n'était pas jouable parce qu'utopique. La monarchie constitutionnelle du modèle éprouvé dans ce siècle est un projet faisable. En fait, ils y croient !

Si les royalistes étaient conséquents, ils devraient s'en tenir là, apprendre par cœur la formule du comte de Paris et travailler sur ces axes. Au lieu de quoi, on fouille greniers et grimoires à la recherche d'un monde disparu dans ses codes non écrits, plaquant sur le pays des dogmes déconnectés des réalités, mais avec la certitude perverse que la perte de temps de ces travaux de vulgarisation d'idées échouées ne portera de toute façon aucun préjudice à une cause il y a longtemps perdue. C'est de l'autoprédiction. Je tue le projet pour constater qu'il est mort. A dire vrai, et je voulais le faire dans le billet des 1001 nuits, depuis dix ans que mes activités professionnelles relâchées m'ont permis de revenir à la promotion de la cause monarchiste, j'en serais presque à partager l'avis des princes : le problème, c'est les royalistes !




La solution n'est pas ailleurs que dans la prise de commandement du mouvement par le prince. Le "royalisme" ce n'est que ça, finalement. La publication d'une note hebdomadaire d'Henri d'Orléans sur le site du CRAF est une contribution enrichissante, mais surtout positionne le prince au bon endroit. A bon entendeur, salut.


mercredi 28 avril 2010

Le Lien 32 est paru

Henri IVIl y a trois jours, je me disais que c'était la saison du Lien, mais affligé des pitreries royalistes parisiennes autour de la fête de sainte Jeanne d'Arc, je me suis laissé surprendre par la livraison de ce matin. Le 32 était là. Pour les quelques lecteurs qui ne sont pas encore abonnés à ce bimestriel de qualité, je fais une brève recension de ce numéro qui ouvre sur l'année Henri IV. Roi de l'apaisement, roi du compromis mais surtout roi de ses peuples - la poule au pot n'est pas qu'une image d'Epinal - le Navarrais aura surtout l'intelligence de sa fonction dans toute son acuité, alliée à une pugnacité cachée dans l'édredon de ses empathies.
Je passe pour y revenir plus bas sur le coup de brosse à reluire concernant ce blogue-ci et suis heureux de voir apparaître dans les colonnes du Lien le blogue Café Royal de notre ami Muscadin qui désosse les élections régionales dans le camp de la victoire, celui du désintérêt général exprimé par un taux d'abstention record.

Puis on chevauche la genèse de la légitimité de Saint-Simon, le duc, à Chateaubriand. Ça se lit d'un trait, avec une belle photo du prince Alphonse déposant sa gerbe de lys au rocher du Grand Bey à Saint-Malo ! C'est du Guillotel. Impeccable.

rené de chateaubriand
Les "propos du lecteur" de Jacques Rolain restent dans l'axe de l'année H-IV et je m'intéresse toujours à suivre l'actualisation de ses souvenirs à la permanence de la doctrine, même s'il n'a pas saisi qu'Henri IV soit "le seul roi qui pourrait être élu président de la République". On atteint là les limites de conception de certains légitimistes qui fondent tout sur l'adoubement divin et s'amusent de la maxime célèbre de La Tour du Pin, "le droit du prince naît du besoin du peuple" ; ou dit moins savamment, la monarchie est populaire sinon rien ; ou comme le dit aussi Royal-Artillerie : c'est un régime de consensus populaire.
Bon, on ne va pas s'empoigner, mais de l'avoir oublié jadis a ruiné l'ouvrage. Bourbon aurait-il privilégié ses peuples en tout - à finir par Charles X et un suffrage "rural" pour nommer à la chambre basse - qu'il serait toujours là.

M. Rolain termine sur "l'affaire Benoît XVI", les textes qu'il choisit autant que ses propres commentaires sont remarquables, et c'est un agnostique qui le lui dit. Il faut avouer que j'ai un immense respect pour le pape Ratzinger qui est bien celui qui va avec nos temps de liquéfaction morale, contrairement à ce que prétendent les cuistres de sa propre église qui n'y voient goutte et ameutent contre lui. Un seul regret, qu'il ait posé la hache en revêtant le pallium. Elle lui servirait aujourd'hui à couper le bois mort, et je ne pense pas qu'aux salopards. Retrouvez l'article de Denis Tillinac dans Valeurs Actuelles 3815 du 7 janvier 2010 qui dit aussi tout ça bien mieux.
Jacques Rolain termine par une longue analyse des propositions de l'Alliance Royale qui ont sauté ses préventions premières, et le convainquent suffisamment pour qu'il en fasse une juste articulation. Il se convertit lentement, ce qui prouve la pertinence de l'approche politique de ce parti, mais ne le lui dites pas.

Jean d'Orléans à LimogesPuis patatrac ! "Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur" nous dit le Figaro (et Beaumarchais). Je ne comprend pas l'acharnement sur Jean d'Orléans et sa famille, de la part du baron Pinoteau. Nous avions bien ri de Gaston Ier dans la livraison précédente, mais les meilleures sont les plus courtes. Et même si faute avouée est à moitié pardonnée, les assertions du précédent billet d'humeur étaient en partie fausses. C'est grave. Le Lien légitimiste est destiné à un lectorat de qualité qui n'a pas l'habitude de croiser les informations qu'il y trouve. La confiance est de mise.
Mais au-delà de cette charge, quand même imméritée depuis que l'on sait que le prince Jean promeut la Monarchie de Juillet de son aïeul et pas la Monarchie "légitime" ou traditionnelle, je déteste vraiment l'attaque au faciès : « ... une des clés de la personnalité du prince est sa curieuse physionomie, et des spécialistes en la matière de plusieurs pays (peut-être même ceux de certaines officines) en savent plus que nous sur le véritable caractère de Jean d'Orléans.»
A quoi je répondrai de manière ramassée : "qu'est-ce que ça peut vous fiche, Baron, qu'il n'ait ni charisme ni aisance ? On fait de la politique, pas de la physiognomonie¹ !".
Cette querelle incessante des positions, faits et gestes de la famille d'Orléans, minutieusement renseignée aux meilleures sources, n'apporte rien à la cause du roi ; à se demander si les légitimistes existeraient encore si l'avion de la Maison d'Orléans s'écrasait sur Smolensk ! Sacrebleu, la Légitimité aurait-elle besoin d'Orléans comme Dieu a besoin du Diable ?

SS Benoit XVI
Page 11, les Mélanges à propos de choses diverses qui courent ici ou là nous présentent (sur trois colonnes) le prochain colloque des Amis de Guy Augé à la fac de Droit-Panthéon le 29 mai prochain qui va remettre sur le pupitre le Cujus regio, ejus religio" du traité de Westphalie. Le thème en sera La Religion et La Cité.
Notre société a les deux pieds dans le problème (pour rester poli) et c'est tout bonheur qu'un aréopage de ce niveau² débatte de ces questions en public. Un extrait de la revue La Légitimité nous fait vivre cette journée par anticipation (n°60). J'en extrait une question de Claude Polin : "Sommes-nous arrivés à cette fin de l'Histoire et de la pensée où le pluralisme religieux fondera, sur les reculs de notre identité et les brassages incontrôlés de populations, une cité tolérante et pacifiée ?" Et de nous jeter au visage l'encyclique Dignitatis Humanae.
A partir de 10 heures, le 29 mai à la fac de Droit, 12 place du Panthéon à Paris 5°.


Le 32° Lien se termine (mais pas nous) sur l'affaire de Thiberville, j'allais dire la lamentable affaire de Thiberville (diocèse constitutionnel de l'Eure). On y comprend un peu mieux la chaîne de commandement de l'Eglise catholique et la puissance des féodaux historiques que sont les évêques. Mais ceux qui ont étudié les prémices et le déroulement de la Révolution Française savaient déjà bien des choses. N'est-ce pas ? Souhaitons au curé Michel d'avoir enfin l'oreille en dernier recours de La Signature Apostolique. Sans doute gagnera-t-il et je le souhaite.
Ceci dit, je ne vais pas récrire les 12 pages du numéro 32 pour les inconséquents qui se privent de ce lait nutritif, mais il y a l'in cauda.

louis de bourbonEn page 2 de cette livraison, Gérard de Villèle reprend le billet de clôture "Archivons!" de Royal-Artillerie (20.01.10). Bien qu'il ait été récrit trois fois pour atténuation parce que je me doutais un peu qu'il serait un jour ou l'autre cité, ce billet reste sévère avec les structures qui animent la cause royaliste en France. On peut le lire ici. J'aurais aimé un rebond plus qu'un coup d'encensoir, et plus particulièrement sur l'absence étonnante du prince Louis au moment où le pays va affronter ses pires jours de l'après-guerre. Nous nous ruinons littéralement à courir derrière un modèle invérifié qui a coulé un des empires les plus puissants du siècle passé, ce pays n'est pas une île isolée du Pacifique mais un très beau pays au carrefour de toutes les collisions occidentales, et Dieu sait qu'elles accourent, et les Français se sentent bien seuls sous le sceptre en formica de Zébulon Ier.

Côté princes, je ne vois que la promotion des idées assez convenues du dauphin qui fait un succès d'estime en province en s'exposant lui-même plus que ses idées. En a-t-il ? Mais Silence radio du côté de Caracas ! Tout ce qui m'est parvenu est l'annonce faite par la duchesse d'Anjou à un correspondant local, de son futur accouchement à l'hôpital Mont-Sinaï de Miami et tout le bien qu'elle pense de cette clinique de gringos. Qu'en dit Chavez ?
Rien du prince Louis depuis un bon moment, pas mêmes les voeux traditionnels de nouvel an au sortir de la crise financière mondiale dont il est un expert pourtant. C'est léger, à croire même que depuis qu'on a répété à l'aîné des Capétiens qu'il "était" tout simplement le roi par le droit monarchique, quoiqu'il en pense ou dise, il a fait le choix du hamac canonique et ne s'inquiète plus de rien, si tout est décidé en dehors de lui. Espérons que la naissance des jumeaux (à Miami) recentrera ses inquiétudes à notre endroit et le fera sortir de sa réserve. Mais je n'en mettrais pas ma main au feu.

Pour finir, je rappelle aux privés de bonheur l'adresse où envoyer leur chèque de 10 euros pour un an (6 numéros) de version électronique ou 20 euros pour le modèle Gutenberg :

Le Lien Légitimiste
Petit-Prix
37240 La Chapelle Blanche Saint-Martin


Note (1): http://fr.wikipedia.org/wiki/Physiognomonie
Note (2): Jean-Pierre Brancourt (de Louis XIV à Louis XVI), Thierry Buron (Michael von Faulhaber, théologien bavarois), Pascal Gourgues (la théocratie), Claude Polin (l'oecuménisme), Claude Rousseau (humanisme et divin grec), Philippe Toulza (Bossuet vs. Louis-le-grand).

Une faute d'orthographe, de grammaire, une erreur à signaler ? Contactez le piéton du roi à l'adresse donnée en bas de page et proposez votre correction en indiquant le titre ou l'url du billet incriminé. Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

mercredi 20 janvier 2010

Archivons !

le lis brodé de RA avec étaminesLe blogue monarchiste offensif(?) Royal-Artillerie fait sa transmutation en blog d'archives. Après cinq ans de clavier et huit cents billets, le piéton du roi est quasiment à sec. La perception immédiate de son environnement lui indique que la cause qu'il défend, depuis bien plus longtemps que ce blogue, n'a pas avancé d'un mètre. Il n'est donc pas bon dans cette propagande et en tire la conclusion pour lui-même qu'il impose aux autres sans trop prendre de gants, je l'avoue, dans le ton habituel du support : il rend le paquetage.

JullianDepuis mes premières journées royalistes aux Baux, à La Malène, à Buzeins et ...ailleurs, il y a cinquante ans, j'ai trouvé puis retrouvé un "parti du roi" dans les mêmes prédispositions d'esprit et les mêmes ressources d'effectifs et la même impécuniosité qu'aujourd'hui. Après bien des remises en cause, des idées géniales, des déchirements, des "schismes", il est devenu patent que le "mouvement" n'a aucun leader au niveau de l'enjeu ; ce qui laisse courir ci et là les adjudants majors ou les mages, mais de général, point !
Quant aux princes... ils nous craignent autant qu'ils nous "aiment". Les préventions d'Henri d'Orléans contre les royalistes (chez Thierry Ardisson) en disent long sur leur confort bourgeois. A quoi bon s'obstiner ? Le rêve passe de toute façon et le spectacle de la farandole des fantômes suffit à la plupart. On peut les comprendre puisqu'après tout, ils sont ceux-là indemnes de toute responsabilité dans la disparition du royaume de France, il y a cent quatre-vingt ans !

Jean d'OrléansLe prince Jean propose ses idées politiques à la France et il en fait courageusement la promotion dans tous les Landerneau de la république. A compter d'aujourd'hui il se donne dix ans pour choisir son destin. Il en aura cinquante-cinq, la force de l'âge. Souhaitons-lui le meilleur.
Je n'attendrai pas l'embellie promise du côté du mouvement, car le parti du roi est littéralement plombé par les hypothèques du passé d'un côté, et par le désordre dialectique dans un discours généralement obsolète de l'autre, à tel point que les chevaux-légers de la Cause, les quelques médiatisants qui se "compromettent" devant le "vrai pays réel", en font cinq fois plus en cinq minutes que tous les précités en chapelles et ce blogue avec. Le prince pourrait en tenir compte.

SchtroumpfsJe remercie les mille lecteurs hebdomadaires (visiteurs uniques absolus moyenne¹ selon Google Analytics), qui ont pris la peine de me suivre dans cette exploration d'une propagande différente, et qui en de trop rares fois ont contesté mes perceptions hétérodoxes. Hélas cette audience moyenne fut pratiquement atteinte dès la fin de la première année d'édition et ne s'est jamais vraiment accrue par la suite, sauf lors de disputes internes au mouvement, qui ont fait du racolage jusqu'à 1300 lecteurs hebdo.
Des propositions faites et expliquées en détail ici, aucune n'a percuté ; ce qui ne me vexe pas. Mais aucune alternative n'a vu le jour non plus pour les ensevelir dans l'indifférence, ce qui est désolant, au vu de la déréliction ambiante. Même les bons sondages sur la perception du roi par les Français sont restés inexploités. Pour faire court, il ne se passe rien en lices.

Bon courage aux revenants dans l'exploration des huit cents archives. Le squelette du blogue a été modifié pour en simplifier la consultation, mais on pourrait encore l'améliorer, ce que je ferai à l'occasion.

Vive le roi, quand même !



Catoneo
le vingt janvier deux mille dix,
piéton de soixante-cinq ans ce matin



un borsalino

Note (1): le chiffre de lecteurs sensibilisés par nos billets serait plus élevé que mille car il y a eu un renouvellement régulier du lectorat difficile à analyser. Le fonds de commerce stable (en termes d'IP) serait de 600 assidus.

mardi 29 septembre 2009

Le dauphin largue les amarres

jean d'orléansJe fais ce billet ... ou pas ?
Le duc de Vendôme que l'on croyait rasséréné par son mariage fructueux n'a pas rompu les chiens devant le chef de maison, son père, et la poignée de main historique sur le parvis de Saint-Germain l'Auxerrois n'était sincère qu'au moment, marché d'image. Louis XI et Charles VII ? On pourrait en sourire, sauf que ni l'un ni l'autre n'ont abouti à rien de décisif en politique, comme toute la génération de princes qui passe ce siècle avec eux au Cotton Club des magazines, et qu'il est "vilain" de les comparer à des adversaires du temps jadis surchargés de responsabilités.
« En réponse aux absurdités de mon fils le Prince Jean, très paternellement je crois utile de lui rappeler... » ainsi commence un communiqué remis par le comte de Paris au journal Sud Ouest après le mariage d'Arcangues, qui le publie sous la cote .../fileadmin/documents/monseigneur.pdf sans commentaires ni explications.
Le fils cadet du comte aurait¹ déclaré dans un courriel à toute la maison d'Orléans , que « ce mariage scelle la rupture définitive avec mon père ». Stéphane Bern, qui le tient peut-être du Grand Maître de Saint-Lazare, s'en fait écho dans la Tribune de Genève [clic].
Qu'est-ce que cela change ?

Tout !

Une rupture familiale n'a aucun intérêt autre que moral ou successoral. Il n'y a pas de succession ouverte, ni d'espérances. Le salut du pays dépasse la Morale. Le duc de Vendôme est un quadra posé - trop sans doute du goût de beaucoup - et on n'imagine pas que la déclaration soit de dépit ou d'émotion. Il coupe les ponts. Le seul intérêt de ce fracas est politique.
Il prend aujourd'hui la prétendance à bras le corps², s'explique dans un livre à paraître incessamment³, y publie son programme politique travaillé en profondeur avec les conseils d'un think tank et ceux plus conjoncturels du parti maurrassien de la Restauration Nationale, ...avant de montrer son fils au balcon de la presse people.
Pourquoi pas ? Du mouvement, enfin !
Sonnez la charge !

Soit donc, il phagocyte d'ici la Noël le parti royaliste en nommant son "lieutenant-général" à sa tête pour propager son programme, cesse dans la foulée la presse groupusculaire et déficitaire du mouvement, injecte dans une nouvelle structure de communication deux millions d'euros qu'il aura réunis au tour de table de soutiens convaincus de sortir un jour de la tontine, crée un politburo professionnel qui établira l'agenda politique des dix prochaines années. Les ralliements affluent.

Soit, il a fait un pas de clerc, car le remariage de son père ne mérite pas l'opprobre publique, surtout si d'une façon certaine, le comte de Paris peut se prévaloir de la bénédiction du Saint Siège, et parce qu'il reste malgré tout le chef de maison !

vitrail au roiCertains jours je comprend mieux le "vitrail" de Raspail :
« L'abrogation de la loi d'exil en 1950 a eu pour effet de banaliser les prétendants. Ils ne sont plus que des Français en France, privés de leur auréole de proscrit. S'ils n'y prennent garde, ils risquent de se fondre dans ce théâtre ambulant à la Pirandello avec ses bals caritatifs, ses réceptions sponsorisées, ses mariages merveilleusement princiers et son casting d'enfer, coiffeurs, couturiers, top models, histrions de télé, publicistes et requins de la finance.
Mon prince imaginaire est un prince de vitrail.
C'est pourquoi il choisit l'exil. Cela le grandit et rétablit les distances entre le spirituel et le matériel, entre le sacré et le politique, dont il aurait été privé en cédant imprudemment au courant commun de la vie.»

Et puis, le dicton suivant est-il si faux : A beau mentir qui vient de loin !
Mais que Vendôme le fasse à son tour mentir.

Note (1): sous toute réserve car je n'ai pas eu le transcript du message.
Note (2): le communiqué passé par son père à Sud-Ouest dénonce une quasi-usurpation, ce qui est assez savoureux chez Orléans, si l'on sait l'attachement du prince Jean à la mémoire du roi Louis-Philippe Ier.
Note (3): titre "Un Prince Français" édité chez Pygmalion, sortie en librairie le 7 octobre [clic].



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lundi 26 janvier 2009

Ponter la Querelle dynastique

lettrine QLes Assises du royalisme se tiendront du 8 au 9 mai 2009 à l'initiative de Gérard Leclerc du Groupe de Liaison Royaliste (GLR) pour tenter d'aboutir à une « déclaration fondamentale » reconnue par toutes les composantes de la galaxie royaliste. Le site de La Nation Française s'est impliqué depuis le mois d'octobre dans la mise en ligne de déclarations, commentaires et projets, assez rares jusqu'ici. Il semblerait, vu de loin mais l'affaire est discrète, que seules une ou deux, voire trois, composantes de la mouvance royaliste se soient mises en route vers l'étoile de la Réconciliation. Il est bien plus de chapelles en l'Eglise du Roi.
Modérateur d'un forum royaliste, j'observe que la querelle dynastique surgit dans beaucoup de rubriques et détourne les débats d'idées vers une confrontation des principes et lois fondamentaux, chacun des polémistes ayant exclusivement les bons. Les Assises n'y échapperont pas, sauf à ne réunir que le parti d'Orléans, à ce que pourrait montrer la liste des participants déclarés maintenant. Tenté de me faire une religion au travers des arcanes disponibles, j'en suis venu à la conclusion qu'il n'y en avait pas ... de conclusion. Les deux traditions royalistes françaises sont irréconciliables, ceux qui passent de l'une à l'autre, quelque part trahissent leurs convictions à divers motifs dont le plus fréquent est une immense lassitude, mais le plus souvent ils quittent le mouvement sur la pointe des pieds, ayant synthétisé sa vanité.
Pour les civils, rappelons brièvement les positions antagonistes :...

écu d'anjouLes légitimistes¹ considèrent que la royauté française est dans la main de Dieu, successible dans l'ordre de primogéniture mâle hors de toute emprise des princes. Aussi, les déclarations ou renonciations des titulaires de la charge suprême ne gardent qu'un intérêt historique mais n'influent pas sur le choix transcendé, la monarchie étant de droit divin. Drapeau blanc. Lire aussi le Manifeste.

écu d'orléansLes orléanistes² revendiquent la modernisation de la monarchie classique française enrichie des avancées procurées par les Lumières et obtenues sous la période révolutionnaire et impériale, et ils actent les déclarations et renonciations des titulaires successifs de la couronne (sauf celles de Philippe-Egalité qui n'était pas en charge). Ils ont appliqué leurs principes libéraux de gouvernement sous la Monarchie de Juillet, et après ce "stage", se sentent les seuls français de tous les Capétiens pour avoir résidé en France plus longtemps que tous les autres. Ce qui est vrai. Drapeau tricolore. Lire aussi l'édito de Michel Acosta sur le site de l'IMRF.

charles XOn voit bien qu'il y a deux traditions distinctes. Les caricatures de l'époque charnière - usurpation de 1830 - montrent que l'opinion faisait bien la distinction, suggérée d'ailleurs par la presse d'alors, qui voyait dans le Bourbon l'alliance du trône et l'autel pour l'exploitation des classes laborieuses, et en Orléans le développement économique dans un faisceau de libertés individuelles au profit de tout le peuple. On oubliait que le comte d'Artois devenu Charles X avait été un défenseur des réformes institutionnelles de Calonne dès 1786 (fin des 3 ordres), réformes audacieuses inspirée par Turgot, qui auraient vidé la Révolution de ses motifs.
L'avenir fera déchanter peuples et sponsors : la grande bourgeoisie d'affaires avalera tout cru les régimes successifs et mettra dans ses sweetshops des générations de travailleurs, travailleuses, sur le modèle anglais d'exploitation sans frein de la classe ouvrière, jusqu'au front populaire de 1936.

Louis-Philippe IerLa querelle dynastique vient de ce que ces positions doctrinales assez tranchées ont bougé en 1883 à la mort sans postérité du comte de Chambord par la décision de la famille d'Orléans d'embrasser toute la succession. Bien que le roi Louis-Philippe ait rompu le fil dynastique en brisant le pacte familial et en se proclamant roi constitutionnel des Français au lieu de "roi de France et de Navarre", il y eut de la part de ses héritiers un geste hégémonique visant à "encaisser" la tradition légitimiste, dans le but louable certes de fédérer tous les cercles royalistes et, sans doute aucun, d'exiler les prétentions éventuelles de la seconde branche aînée dite des Blancs d'Espagne suffisamment occupés, à leurs yeux, par la chicaya carliste. Bien que cette attitude contrevînt aux lois fondamentales stricto sensu du royaume, royaume alors fermé pour cause de surdité depuis 35 ans, elle eut pu être comprise de chacun dans le but d'une restauration prochaine si elle ne s'était ensuite assortie de provocations, à mon sens inutiles, visant à établir et consolider la primauté de la branche cadette "par tous moyens même légaux". Les procès postérieurs au Millénaire Capétien de 1987 n'améliorèrent pas l'image du royalisme, la primauté d'une simple prétendance sur ses concurrentes étant puérile dans l'état de désintérêt manifeste de notre population à l'endroit de la royauté depuis, disons, la guerre de 14.

armes de France
Cent vingt-cinq ans de sédimentation aboutissent aujourd'hui à la mise en cause dynastique de la famille de France par près de la moitié des royalistes français. Les griefs sont une longue liste et je vous en fais grâce tant ils sont destructeurs, mais recevables. C'est pour moi, un échec en France du "parti du roi", du même tonneau que celui qui a fait avorter la restauration de 1873 par la dispute des deux groupes royalistes, comptant chacun le même nombre de sièges, et majoritaires ensemble à la Chambre des députés. En 2009, nous en sommes toujours dans un rapport de 50-50 mais les effectifs ont fondu ; et comment !

Si les Assises du royalisme ne constatent pas la situation d'échec centennaire, elles ne sauront promouvoir les voies et moyens de la renaissance de l'idée monarchique au XXI° siècle en France. Mais deux jours suffiront-ils ? Le résultat des assises du GLR 2008 de Sommières ne laissent d'inquiéter puisqu'elles n'ont pas dépassé le jeu de chaises musicales au sein de l'AF en crise. On ose croire que la RN viendra avec ses organisations vivantes comme la FRP et l'URBVM. Les organisations légitimistes convergeront-elles sur les Assises de mai ? Si les cercles de l'UCLF, si l'Institut de Bourbon, Lys de France, la Charte de Fontevrault et j'en passe une douzaine, ne viennent pas, c'est la moitié du paysage royaliste français qui manquera. Et je ne parle pas des sites de référence comme Maurras.net, ViveleRoy.fr, les Amis de Guy Augé, l'Institut des sciences historiques, qui n'apparaissent pas encore dans ce rallye³ bien qu'ils aient des intentions de promotion de l'idée royaliste, pas non plus des sites personnels actifs comme Le Trône & l'Autel, ou des publications de qualité comme Le Lien Légitimiste.

Pourtant dans le faisceau d'espérances royalistes il y a place pour deux projets, deux schémas, un choix. La solution décantera d'elle-même. L'élu sera non pas le premier à Reims mais le dernier à Paris. Dans cette attente, il ne s'agit que de revenir aux traditions divergentes identifiées au début de ce billet :

Au Bourbon, le drapeau blanc, le droit divin, la charte, la doctrine sociale du comte de Chambord, la publicité de l'exercice de la religion, les valeurs traditionnelles naturelles, le renfort d'un second ordre rénové en attendant le ralliement du premier, la bénédiction du saint siège ... et on prend l'écu d'Anjou en attendant l'embellie ...

A Orléans, le drapeau tricolore, la constitution actuelle amendée dans ses dispositions concernant le chef d'Etat (comme l'avait accepté le défunt comte de Paris), les valeurs sociétales couramment admises, la laïcité fraternelle, la privatisation de l'exercice princier d'une éventuelle foi religieuse, le renfort du Capital, ... et on remet le lambel sur les armes de famille ...

Jean d'OrléansDonnons à chacun sa chance pour le moment. Ce n'est au jour de l'accession que l'élu pourra se prévaloir "de France" et prendre les pleines armes qui vont avec. Est-ce si grave ces questions de blason qu'il faille assigner l'autre devant les cours de justice ? Ces titres d'attente sont-ils si précieux ? La vanité porte des œillères.
C'est l'état futur de décrépitude de notre pays qui dictera le choix d'un prince au moment décisif sans tenir compte des postures : certains y verront le doigt du Tout-puissant, d'autres la queue de trajectoire du Complot ; le pire sera favorable à celui des princes qui pourra assumer alors sur son seul caractère la charge de roi, souverain d'une nation ruinée et sans doute déchirée par l'insécurité intérieure. Les prétendants sauront dès ce moment que la fonction peut devenir un "malheur", comme le ressentait Louis XVI dans son testament de décembre 1792.
Celui qui résistera jusqu'au bout parmi le tumulte de Paris distancera tout contempteur et pourra envisager le voyage de Reims. Souhaitons que celui qui n'aura su accéder prenne alors bure et tonsure et prie pour le "gagnant".
Haut les cœurs, pour l'honneur, en avant pour souffrir !

Louis de BourbonEn résumé, pour ceux qui ne lisent que les conclusions, deux offres monarchistes devraient cohabiter pacifiquement sur le marché politique en soignant d'abord leur notoriété. Par exemple : l'une voulant rétablir la charte de Louis XVIII et ressuscitant le royaume de France et de Navarre - on ne peut pas reculer plus loin sauf désintégration du noyau atomique ; l'autre actualisant la monarchie de Juillet sur le modèle des monarchies du Nord. Un code de bonne conduite règlerait** les questions intestines et l'axe de propagande en direction des cœurs à conquérir à l'extérieur de la mouvance des convaincus, en évitant les provocations internes qui nous ridiculisent. Les circonstances, certainement dramatiques de l'accession, feront plus tard le tri. D'ici là, les armes de France restent au roi ; les princes seraient bien inspirés d'attendre l'aboutissement de leurs ardeurs pour s'en saisir.



Note (1): Institut de la Maison de Bourbon
Note (2): Maison d'Orléans
Note (3): La Nation Française a listé les organisations suivantes :
- les Manants du roi
- la Nouvelle Action Royaliste
- le Centre Royaliste d’Action Française et l'AFE
- la revue « Les Epées »
- France Royaliste
- l'Alliance Royale
- la communauté « Monarchiste.com »
Note (*): la fantaisie étant cousine de la pacotille, nos Maisons seraient avisées, en attendant de régner en pleine possession des titulatures, de daigner faire le ménage dans les titres de courtoisie (ou d'attente) distribués comme des cadeaux en baril Bonux. Cette mascarade bourgeoise donne prise à nos adversaires qui n'en manquent par ailleurs pas.
Note (**): On pourrait confier la justice de paix royaliste à la Charte de Fontevrault qui est le seul pont entre les deux projets.



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