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mardi 9 octobre 2018

Climat et euthanasie

Il y a quarante ans, partait pour les îles Marquises Jacques Brel. Il fait partie des quelques-uns qui manquent, comme Serge Gainsbourg, Alain Bashung, Leonard Cohen ou Lou Reed. Nous finirons ce billet sur "J'arrive" en version studio 1967. Noir et désespérant ! Pourquoi déjà et où aller ?
Mais le Piéton ne s'est pas levé du pied gauche pour verser une larme : il s'agit de vous parler en urgence du réchauffement climatique. Le GIEC a dit, Canfin a dit, Jacques a dit, tout le monde a dit... que c'était foutu pour la planète si nous ne renversions pas les termes de l'équation climatique, tant nous aurons de coraux morts, de récifs submergés, de vertébrés disparus et les insectes... les mouches, les moustiques, les punaises, les frelons, disparus aussi, la vigne et l'olivier se rapprocheront sans bruit du cercle polaire, précédant le palmier-dattier en retard comme toujours.
Oui, mais quoi ?
Sans faire de la philo de zinc, mais un peu quand même, la planète croulant sous des milliards d'hommes qui ne lui apportent rien mais lui prennent beaucoup, la planète se secoue pour en faire tomber le plus possible dans le néant cosmique. Elle n'en peut plus des prédations humaines, elle va nous rendre la vie impossible pour que nous partions en détruire une autre ailleurs. La démographie mondiale est la première cause de notre rejet par la Terre, on peut la mesurer sur le site Worldometers. Bizarrement les projections au-delà de 2050 sont rares, à croire qu'elles ne serviront pas ! Garçon ? remettez-nous ça !

Nous serons dix milliards d'hommes à échéance d'une génération, en 2050, et nous n'arrivons pas à faire vivre convenablement 7,66 milliards aujourd'hui. Le progrès résoudra-t-il le défi démographique, sinon sera-ce la guerre atomique mondiale ?

Alarmiste ? Pas une seconde ! Prenons un gros globe terrestre de la classe de géographie. Je le lance fort et vite, les yeux fermés, et du doigt je l'arrête : ça merde là ! La page n'y suffirait pas à énumérer les points de conflits ouverts et potentiels sur le globe, et ce serait tomber dans la facilité que de le faire. Tous les ingrédients des précurseurs de l'explosion s'amassent pour une conflagration, si tant qu'il peut être léger de croire que les puissances économiques et financières sauront éviter le désastre pour préserver la plus grande partie de leurs intérêts : cette idée du "stop" ultime s'est répandue avant chaque guerre importante, surtout parmi les peuples non informés. Mais les chevaux fous de la guerre échappent toujours aux puissants. L'enchaînement des circonstances défavorables, les hésitations d'acteurs-clés, l'incrédulité des politiques, la naïveté des princes au moment, la nature humaine tout simplement qui aujourd'hui se prend pour Dieu sans en avoir les "capacités", tout ne concourt-il pas à l'holocauste ?
Le réchauffement climatique de la Terre est une réaction de survie de la planète, et comme elle ne pense pas jusqu'à plus ample informé, c'est son Créateur qui la chauffe pour nous dégager d'un problème insoluble !
Alors nous (pas moi) repartirons de zéro. Le Jardin, la vie à poil, la chaleur, le serpent, la pomme... Imagine ! Caïn tuant Abel, c'est reparti comme en 40.





♪ J'arrive ♪

De chrysanthèmes en chrysanthèmes
Nos amitiés sont en partance
De chrysanthèmes en chrysanthèmes
La mort potence nos dulcinées
De chrysanthèmes en chrysanthèmes
Les autres fleurs font ce qu'elles peuvent
De chrysanthèmes en chrysanthèmes
Les hommes pleurent, les femmes pleuvent

J'arrive, j'arrive
Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé
Encore une fois traîner mes os
Jusqu'au soleil, jusqu'à l'été
Jusqu'au printemps, jusqu'à demain
J'arrive, j'arrive
Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé
Encore une fois voir si le fleuve
Est encore fleuve, voir si le port
Est encore port, m'y voir encore
J'arrive, j'arrive
Mais pourquoi moi, pourquoi maintenant
Pourquoi déjà et où aller
J'arrive bien sûr, j'arrive
Mais ai-je jamais rien fait d'autre qu'arriver

De chrysanthèmes en chrysanthèmes
À chaque fois plus solitaire
De chrysanthèmes en chrysanthèmes
À chaque fois surnuméraire

J'arrive, j'arrive
Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé
Encore une fois prendre un amour
Comme on prend le train pour plus être seul
Pour être ailleurs, pour être bien
J'arrive, j'arrive
Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé
Encore une fois remplir d'étoiles
Un corps qui tremble et tomber mort
Brûlé d'amour, le cœur en cendres
J'arrive, j'arrive
C'est même pas toi qui es en avance
C'est déjà moi qui suis en retard
J'arrive, bien sûr j'arrive
Mais ai-je jamais rien fait d'autre qu'arriver

lundi 17 octobre 2016

Développement intelligent

 

Ce billet n'est pas rédigé. Le piéton du roi propose cette semaine d'encourager le projet de Jean-Louis Borloo Energies pour l'Afrique (clic), ce qui nous changera des gamineries de la pré-campagne présidentielle française. Point de "commentaire", deux cartes, un bref rappel et la voix de son maître :

carte conso afrique

 


carte potentiel afrique


RAPPEL:

Royal-Artillerie s'était penché sur la question de l'électrification du continent noir, couplée à la création d'un réseau ferroviaire résilient, dans un billet du 10 juin 2012 titré La Double Grille Africaine (clic), une idée de développement lourd sur la base du plan chinois de mise en valeur du piémont himalayen.



Et maintenant place à Monsieur Borloo :



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lundi 25 mai 2015

Miscellanées de Mai


Il m'est difficile de comprendre comment les Français de ce temps arrivent à supporter l'odeur et le bruit de notre régime politique. A moins qu'ils ne s'en foutent carrément, ce qui serait peut-être sage précaution pour lui survivre malgré tout. Car il va tomber. Tomber comme l'Ancien régime bouffé aux mîtes, comme la monarchie de Juillet vampirisée par ses commettants, comme la III° République noyée dans le purin du Front populaire, comme la IV° emprisonnée dans les petits jeux de couloirs.

Le gavage toujours pas interdit en France

La directrice de l'Institut national de l'audiovisuel, congédiée comme un domestique malhonnête pour avoir gratté plus que de raison sur les notes de frais, vient d'être récupérée au sein de la même mouvance par Mme Pellerin et occupera un poste de gestion des emplois créé spécialement pour asseoir ses compétences et continuer sa carrière juteuse. La liste est trop longue des postes de gavage d'oies créés par la République pour nourrir ses thuriféraires, on trouve sous ses ors les maris, compagnes ou compagnons, fils et filles de la parasélite régnante. Même le mari de Mme Belkacem, Boris Vallaud, est sur le payroll de l'Elysée comme secrétaire général adjoint, grâce à son réseau de la Promotion Senghor de l'ENA. Chaque promotion de la fabrique des robots-pensants tourne au gang ! Dans cette époque si difficile pour le pays, les gorets démocratiquement élus se vautrent dans la bauge comme jamais. Le roi des cochons roses prend même l'avion pour aller voter dans une circonscription où il n'habite pas, qui ne l'a pas vu naître non plus, juste pour serrer des mains reconnaissantes à son endroit ! C'est cher le bain de foule. On pourrait en faire dix pages...

 

Palmyre serait tombée, la belle affaire

Palmyre 1910
Avec le mosquée des Omeyyades, la cité de Palmyre, excavée par les Français du Mandat est le diamant de Syrie. D'après ses ennemis, l'armée du tyran alaouite a calté ! D'après la propagande du régime, la vermine est tenue en respect aux portes de Palmyre (source). Quoiqu'il en soit, s'ils sont là, c'est bien que l'armée de l'air syrienne n'a pu ou voulu attaquer les colonnes de l'Etat Islamique progressant à découvert en plein désert ; gardant le kérozène pour bombarder sa population civile au baril de dynamite ? Fiers guerriers qui ont anéanti deux cent mille compatriotes et fuient maintenant comme des lions ! Des cinq frontières du pays, le régime ne contrôle plus que celle du Liban et les ports (source).
Ceux qui, comme ce pauvre monsieur Myard, veulent surfer sur la planche pourrie d'el-Assad, vont-ils comprendre enfin que ce type ne défend que lui-même et son clan ; et que la sûreté toute relative des zones gouvernementales est aux mains des Pasdarans iraniens et du Hezbollah libanais ? Les Alaouites du peuple ne font plus bloc, ils ont compris qu'ils mourront jusqu'au dernier pour le président-oculiste et sa Marie-Antoinette. On devrait d'ailleurs se demander pourquoi Vladimir Poutine ne fournit pas au régime ami la couverture aérienne dont il aurait besoin pour casser l'Etat Islamique, alors qu'il la propose au régime de Bagdad dans l'affaire de Ramadi ! À voir reculer son allié partout, la Russie n'y croit pas. Ces infanteries arabes ne valent pas grand chose, laissant derrière elles leurs stocks d'armes et munitions pour courir plus vite. Aucune n'a tenu le choc, à l'exception notable du Hezb sous le pilonnage israélien de 2006, mais il ne manœuvrait pas.

 

... c'est ma cousine !

Les historiens se demanderont pourquoi dans des postes clés comme l'Education nationale et la Justice, le président Normal a mis l'Imcompétence majuscule aux manettes. Pour avoir l'occasion d'arbitrer les âneries dans le plus pur style de la Synthèse solférinesque ? Concernant Christiane Taubira cela reste un mystère, tant le ministère résonne de ses hystéries imprévisibles qui font défiler ses collaborateurs à grande vitesse. Pour madame Belkacem, que rien ne destinait à l'emploi - elle n'a pas le bagage, loin s'en faut - on peut la dédouaner en partie au débit du staff de pédagogistes fous qui règnent en maîtres rue de Grenelle et qui parviennent chaque fois à imposer leurs délires. Le tintamarre que provoque la réforme du collège dans les rangs de l'UMP ne portera pas à conséquence si ces gens revenaient au pouvoir, ils arrondiront les angles et ne changeront rien aux dispositions retenues, comme il en fut des funestes 35 heures. Il est vain de compter sur un détricotage post-électoral de l'aventure socialiste, le programme de la droite n'a aucune colonne vertébrale et si peu de convictions !

 

Trading sacré

Les géostratèges que le monde nous envie établissent aujourd'hui l'Etat islamique entre l'Euphrate et le Tigre, lui reconnaissant les bénéfices d'exploitation de champ pétrolifères et gaziers. Tous les revenus de l'EI proviendraient de là et sont affectés majoritairement aux dépenses de fonctionnement. La Défense n'est pas abondée depuis que Daech a récupéré tout l'équipement militaire de la province de Ninive que les Américains avaient donné à l'armée de fonctionnaires chiites d'Al-Maliki, le désastreux président de Bagdad, viré non sans difficultés en 2014. Question : qui achète les produits et comment sont-ils livrés ? La carte nous indique que s'ils ne sont pas consommés sur place, ils passent obligatoirement la frontière turque, même si la Turquie n'est pas impliquée par elle-même. La chaîne de contrebande est tout ce qu'il y a de classique, collection des quantités, passage physique de la frontière, livraisons aux grossistes qui détaillent. On en sait un peu plus par ici. Le contenant privilégié sont les fûts et bidons, roulables, portables et même discrets ; le camion-citerne rarement en dehors du territoire de l'EI. Sans bases de calcul très sûres, on pense néanmoins que l'EI collecte ainsi un million de dollars quotidiennement.
Intercepter le trafic convoquerait des moyens de police et douane bien plus utiles ailleurs - on est en pays kurde. Les autorités turques qui sont parfaitement au courant, considèrent cyniquement que ses ressortissants s'approvisionnent à moindre frais et que le débouché, vital pour les Freux, les protège.

 

Rohingya et Bengalis

Comptage de Rohingya par la Marine thaïe
La bonne conscience occidentale est choquée de la gestion des migrants dérivant en Mer d'Adaman. Les marines birmane, indonésienne, thaïe et malaisienne défendent leur côtes jusqu'à envoyer par le fond des bateaux vides au canon. Elles ont "oublié" de demander la permission aux Nations-Unies et on ne voit pas qui viendrait le leur reprocher. Le principe appliqué est de refouler en haute mer les bateaux non déchargés vers les eaux territoriales de départ, sinon vers le voisin, en fournissant des bouteilles d'eau aux gens. Noyades et maladies n'attendrissent pas les coeurs sauf peut-être ceux de pêcheurs-pirates du Détroit de Malacca qui volent au secours des malheureux pour en tirer ce qui peut représenter encore quelque valeur. La vie est en Asie une fenêtre d'opportunités des espèces animales dont la nôtre, et certainement pas un "sacrement". S'y ajoute l'aspect présentable de la personne, l'habit faisant là-bas le moine ! Aussi leur approche est-elle bien différente de la nôtre, compassée et faux-cul. Je pense que M. Bernard-Henri Lévy devrait faire une mission d'intermédiation entre la crasse et le cynisme, ou faire un selfie avec Aung San Suu Kyi, prix Nobel anti-muzz de la Paix. Bonne chance.

 

Addendum

En ce mois de mai, la Chine communiste a réitéré ses menaces d'expulsion des forces américaines de "sa" Mer de Chine méridionale pour régionaliser les conflits de souveraineté qu'elle attise, et ce faisant accroître son poids de négociation non négociable. Mais cela mérite un billet à soi seul... au premier coup de canon.



♫ Joli mois de mai,
Quand reviendras-tu
M'apporter des feuilles, m'apporter des feuilles ?
♫ Joli mois de mai,
Quand reviendras-tu
M'apporter des feuilles pour tala tutu ♫


samedi 14 mai 2011

Et si le réveil sonnait !

Les docteurs d'opinions dénoncent en continu l'avancée du populisme en Europe. Ce qui dans une dé.mo.cra.tie n'est pas incongru, le peuple n'y est-il pas réputé souverain ? C'est pour avoir menti que les régimes de la social-démocratie se voient débordés aux extrêmes par un réflexe vieux comme le monde, le bon sens ! Après l'enfumage fédéral de la mondialisation heureuse, il n'est pas un jour maintenant que des mesures ne soient édictées par des gouvernements pour sauvegarder leurs intérêts nationaux en faisant litière du consensus international convenu dans les enceintes strasbourgeoises, sorte de totem entaillé de toutes parts par la confrontation quotidienne de nos sociétés au monde réel. Ce recentrage forcé sur des fondamentaux ensouchés dans les vieilles nations est sans doute une des rares vertus de la démocratie obéissant à la dictature du Nombre.

Le Danemark abaisse ses barrières orientales sous la pression du Dansk Folkeparti. La Norvège, hors-Union, est gouvernée sous la surveillance du Fremskrittspartiet d'opposition, deuxième formation politique du royaume avec 23% des suffrages aux législatives lui donnant 40 sièges au Storting. Son euroscepticisme devient quasiment constitutionnel et les mosquées séoudiennes carrément refusées au motif de réciprocité de lieux de culte. Le Riksdag suédois a accueilli vingt députés du Sverigedemokraterna qui n'entendent pas s'endormir sur leurs pupitres et y défendront la primauté nationale pour diminuer le solde migratoire à la hauteur des vrais besoins de la pyramide des âges. Les règles migratoires et de résidence se sont bizarement durcies à Stockholm. Les Perussuomalaiset arrachent trente-neuf sièges à l'Eduskunta de Reykjavik pour cantonner la politique de providence du pays sur les rails du bon sens, en commencer par le refus de la solidarité avec les pays rieurs d'Europe méridionale dans l'affaire des dettes souveraines. Que les Grecs se démerdent avec leur soleil ! Le dernier pays scandinave, l'Estonie, jadis le plus eurosceptique des PECOs à cause de sa forte minorité russe, fait exception au désenchantement général du Nord. Le qui-vive permanent imposé par la menace sourde que constitue le voisin russe l'occupe à plein temps.
A cette exception près, l'Europe recule chez les casques à cornes, jadis modèle du vivre-ensemble ! Le "brassage" des peuples y recule donc aussi.

A l'autre bout de l'épure, il en va tout autant pour des raisons parfois opposées. Agressés par la cherté de la vie qu'ils attribuent à l'euro, les peuples (gréco)latins ne voient plus l'avantage européen et les pouvoirs en place ne savent pas le leur expliquer avec des mots simples.
La Grèce, malade de social-démocratie à vouloir vivre à la suédoise sans payer d'impôts, voit sa société précipiter dans une xénophobie instinctive qui prélude à de vastes mouvements de rejets des étrangers installés ou en transit. Les récentes ratonnades d'Athènes ne sont que le hors-d'oeuvre d'une saint-barthélémy orthodoxe. N'oublions pas qu'ils se sont arrachés à l'humiliation du joug ottoman en 1821 seulement et qu'ils en éprouvent encore une allergie. Le pays étant enclavé dans la problématique balkanique, il pourrait servir de mèche lente à des désordres plus grands le long des lignes d'affrontements ethniques intra-européens. Bruxelles n'entend pas tiqueter la bombe et se focalise sur le musulman partout en danger aujourd'hui en Grèce. Mais l'on voit mal les chars de l'armée hellène écraser ces "pédérastes" qui se croient aux Thermopyles.


La crispation populaire est manifeste en Italie (Nord et Sud), les élections municipales de Milan (15 et 16 mai) seront un indicateur précis du mécontentement des gens à l'endroit du cirque Berlusconi qui n'en finit pas de mordre la piste sous le fouet de la Ligue du Nord. En Espagne (Valence et Andalousie) où les travailleurs maghrébins sont maltraités, et en France (Alsace et PACA) où le Front National commence à réfléchir à un vrai avenir politique sous la houlette d'un politicien ambitieux et doué, appliquant les codes du genre, j'ai nommé Marine Le Pen, la pénurie de travail est de plus en plus reliée aux communautés étrangères, même s'il y a une strate d'emplois qui leur est dédiée, travaux salissants ou pénibles que les purs blancs ne s'abaisseront pas à prendre.
En périphérie de l'Union, mais au coeur géographique de l'Europe, la Suisse est travaillée en profondeur par l'Union Démocratique du Centre d'Oskar Freysinger qui bloque la vente à l'encan des moeurs helvétiques bazardées par des politiciens trop à l'étroit dans la Confédération pour leurs ambitions internationales. La moindre votation équivoque secoue désormais toute l'Europe et les hémicycles strasbourgeois d'abord !

Une page se tourne. Les pouvoirs ont menti, les administrations ont apporté leur complicité, et se disent surpris maintenant que les peuples aient changé pour devenir moins moutonniers. Le peuple, outil de légitimation jusqu'ici, devient un empêcheur de tourner en rond et à défaut de cap donné qui lui convienne, prend sa propre boussole, la vraie, celle qui indique le Nord. Les sciences sociales convenues du vivre-ensemble dans des quotas acceptés d'avance sont un peu à la traîne, c'est un euphémisme.

A telle enseigne que le Parti Socialiste parisien réfléchit aux recommandations du think tank strausskahnien Terra Nova qui veut larguer les classes populaires définitivement attirées par les thèses simplistes et concrètes de la Droite. Il faut dire que le slogan meurtrier dévoilé par Pierre Lellouche en campagne va décimer les rangs : « Pas assez riche pour être socialiste » ; aussi vaudrait-il mieux pour les caciques de la redistribution de l'argent des autres, accepter l'hémorragie populaire et se recentrer sur un électorat aisé et raisonneur plus facile à convaincre. En fait, viser au centre et sur l'aile gauche de l'UMP. D'ailleurs le patron porschiste du FMI saurait assurément gouverner ces gens mais certainement pas s'imposer aux masses laborieuses & démocratiques qui le prendront pour Tonton Cristobal, le cul cousu de pesos ! Dès qu'ils seront révélés, les patrimoines des Eléphants vont les couler auprès des gens du commun qui triment ! Les masses automatiques bernées prendront-elles alors le pouvoir à Paris en renforçant le Front jusqu'à bloquer la dérive immigrationiste du Medef et la gabegie redistributive de l'Administration qui lui est liée ? On verra.

Une bonne chose est en route donc. La Corrèze avant le Zambèze¹.
Il est quand même moins que sûr que le raidissement des pouvoirs nationaux contre la pression migratoire et contre les délires bruxellois suffise à redresser les comptes européens de plus en plus déficitaires en terme d'innovation, industrie et sécurité, comme le montrent sur ce dernier point les difficultés à conclure l'affaire libyenne quand le commandement OTAN est livré aux seuls européens. Nous ne sommes "très bons" en France que dans la bancassurance, secteur puissant comme le colosse de Rhodes !
Vendre Le Pirée aux Chinois n'est pas si idiot. Ils montreront aux Grecs ce qu'est un port moderne qui gagne des fortunes. Volvo racheté par Geely a renoué avec les profits sans déménager les usines comme on le craignait. Saab va y passer aussi. En France, il serait bien avisé de confier aux Chinois la Douane et la Police, dans les Quartiers pour commencer. Et à y être, une île des Antilles pour y cloner Hong Kong, juste pour montrer aux cannibales ce qu'on fait avec de la montagne verte et de l'eau bleue sous les tropiques. On me dit dans l'oreillette que les Chinois, ce sont encore des étrangers. Damned ! On n'en sort pas.

Note (1): Raymond Cartier (1904-1975) dans Paris Match

mardi 10 mai 2011

Migrations et corruption

Actu : alors que les boat people du Machrek coulent au nez et à la sainte-barbe des escadres occidentales en Méditerranée, il nous est apparu opportun de revenir sur la question des migrations. Ce billet est en quelque sorte le complément "démographie" du billet « Changement de paradigme » du 10 avril (clic).

Ce matin tôt, la population mondiale à l'instant T était de...
6 944 884 432 individus – 433-434-435-436… (tic tac tic tac) avec un taux d'accroissement quotidien de 200000 bébés ! De ce nombre, cinq milliards sont abonnés au téléphone portable et moins d'un millier lit encore Royal-Artillerie ! Si l'on accepte que depuis les origines de l'homo sapiens, moderne mais sans portable, arbitrairement fixées à l'an de grâce néandertalien 50000 avant JC, 106.456.367.669 de distingués bipèdes se sont succédés en ce bas monde, le nombre instantané actuel fait 5,8% de toute notre histoire, ce qui fait plus de un sur vingt, hénaurme ! (source Carl Haub/PRB).
Et ça continue ! Nous serons de sept à onze milliards en 2050 (70 millions en France), la moyenne des projections à neuf milliards est généralement acceptée. Mais la terre pèse toujours 6.000.000.000.000.000.000.000 tonnes et n'a pas grandi, nous en serions alerté par la dérive cosmique des lois de Kepler. Elle est juste plus sale.

Cette incidente n'est pas gratuite. Si vous rajoutez à ces masses, l'accroissement soudain de la vitesse en un seul siècle, le monde n'est plus du tout comme avant l'invention de la pendule de gare. Ça grouille, des milliards dans un village global qui se souhaitent la bonne année gratuitement de Port-Moresby à Vesoul en dix secondes ! Comment dès lors pourraient tenir les compartimentages défendus par les puissances alliées à la création de l'ONU et sur lesquels se fonde le droit international courant ?


Les digues cèdent
Les pressions démographiques rompent déjà les digues nationales et les excédents courent vers les déficits. Qui peut croire jouable une réponse nationale ou européenne au niveau d'un pareil défi ? On peut certes freiner les migrations de maintes façons et subterfuges en sachant bien qu'on accroît la pression sur les digues et par conséquent le débit dans les trous de murs, mais il est plus qu'urgent de mettre le paquet sur le développement radical des contrées sous pression dans l'objectif maintes fois indiqué sur ce blogue, de hausser les conditions d'existence de chacun à un niveau suffisant pour désarmer chez lui l'envie de quitter sa terre. Le meilleur pib par tête parisien est relativement insuffisant pour vider les Cévennes, qui n'attendent que la légalisation du cannabis pour s'affranchir des subsides centraux !

Il y aura toujours un écart de niveau de vie entre les zones économiques du monde, et même de région à région dans un même pays, c’est déjà vrai dans le hameau natal. Il faut que cet écart soit trop faible pour valoriser une émigration. C'est aussi simple que ça. Le Malien qui nourrit sa famille sans gros problèmes par le travail de "ses" champs et qui peut éduquer ses enfants correctement ne va pas partir vers l'enfer poisseux des cités occidentales pour s'acheter une belle montre chinoise.

La stabilisation pour ne pas dire l’Ordre démographique commence par deux exigences imparables qui priment toutes autres : le développement forcé des zones de haute pression et son exigence première, une gestion budgétaire honnête de chaque pays préservant une capitalisation des moyens destinée aux générations futures. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait rien de plus à faire dans d'autres domaines, le premier des seconds étant sans doute le nettoyage de la planète salopée par la surexploitation de certains territoires par les oncles Picsou, et la potabilisation générale de l'eau.

I.- Le développement forcé commence par l'éradication de la corruption des pouvoirs et la surveillance des flux dédiés, à l'entrée et à la sortie. L'enjeu est tel que les pays qui mettent à disposition les outils facilitant cette corruption doivent être "avertis" fermement. Ces temps-ci, il est à la mode d'appliquer le séquestre international des avoirs détournés par les dirigeants indélicats. Faisons-en une règle générale d'application.
Si les paradis fiscaux sont un refuge pour les martyrs des enfers éponymes et gardent le droit de le demeurer, on peut parfaitement décréter que la fortune personnelle de tout dirigeant national est sous séquestre international dès la prise de fonction, libérée plus tard sous quitus de non-accroissement. Tout paradis fiscal enfreignant le séquestre sera passible de rétorsions, la plus simple et la plus efficace étant l’embargo énergétique.

Mais nous devons donner l'exemple car nous ne sommes pas exempts de reproches, c'est un euphémisme. Supprimons en France le sursis dans tout jugement de corruption, prévarication, concussion, et la suspension de peine par appel. Les pourris au trou à rats, direct. Nous serons plus crédibles dans les enceintes internationales où l’on pouffe sur les bancs à nous entendre.

Une fois la corruption fortement diminuée, mais jamais vaincue hélas, sera venu le moment de développer les pays qui en ont besoin, en conjuguant micro-projets et infrastructures lourdes. Des billets antérieurs¹ ont donné sur ce blogue des pistes sur l'Afrique ; nous en reprenons une seule pour l’exemple : construire un réseau électrique universel sur le continent en tirant du courant jusqu'au dernier village.

II.- Une gestion budgétaire honnête est le fondement de la confiance des citoyens sans qui rien ne dure. On l'appelait jadis la "gestion de bon père de famille" qui équilibrait besoins et talents au sein de sa progéniture. Il n'est pas si difficile de proportionner recettes et dépenses et de projeter les déficits inhérents aux zones de haute pression démographique vers les rendements attendus des investissements structurants, comme les grilles énergétiques, un maillage industriel et artisanal adapté, l’irrigation agricole, les moyens de communication pérennes, et le haussement du niveau général d’éducation pour faire tourner le moulin.
Aujourd’hui, le seul avenir des déficits courants du Tiers-Monde est la remise de dette par les pays créanciers. Pourtant des courageux se battent dans des créations intelligentes comme Next Einstein. A multiplier à l'infini.

Une guerre de développement relancée par la révolte arabe
Cette ouverture au développement, que nous avions qualifiée jadis de « guerre » quand Paul Wolfowitz² avaient pris la direction du FMI, renaît aujourd’hui des conditions nouvelles apportées par les révolutions arabes. Ces pays populeux ont tous des ressources vraies qui furent ou sont captées par des systèmes féodaux cupides entassant le fruit de leurs prélèvements comme autant d’avares. Le Makhzen chérifien, la « junte » algérienne, la famille Trabelsi de Tunisie, la famille Kadhafi de Libye n’ont ou n’avaient aucune légitimité à manipuler les flux économiques, encore moins à y piquer des dérivations. S’ils ne croient pas encore à l’avènement de démocraties scandinaves, les gens de ces pays sont avides de banalité, de vivre dans des pays normaux qui ont les moyens d’être des pays aimables, où chacun trouve les conditions d’existence données par ses talents, son environnement familial voire tout simplement un peu de chance.
Notons en passant l’échec des fondamentalistes musulmans qui après trente ans de menaces n’ont rien pu changer et sont obligés de prendre le train du jasmin en marche en se grimant sous les traits de l’AKP turc… qui caresse un rêve ottoman ! Gag !

La corruption étatique doit être dénoncée par les bailleurs de fonds et les flux taris publiquement en ce cas, en appelant un chat un chat sur les médias internationaux auxquels tout un chacun a accès maintenant. Mais du côté des pays développés le pacte anti-corruption qui lie les pays de l’OCDE doit être respecté et ceux qui l’enfreignent dénoncés avec autant de vigueur que ceux qui bénéficient de ces détournements. Cela fera du changement dans nos démocraties latines. On me dit dans l’oreillette que le Canada aurait rejoint le club des « tous-pourris » à tel point qu’on évalue à 30% les pertes en ligne des crédits de BTP. La Chine devrait organiser l’agence anti-corruption avec abattage des condamnés au marché villageois. Spectacle toujours prisé.

Programmes politiques locaux sous influence
Les défis créés par la surpression démographique au sein d’une sphère à volume fixe sont énormes et influencent déjà notre mode de vie après en avoir stoppé son amélioration. L’inefficacité des mesures annoncées par les gouvernements des pays prétendûment menacés d'invasion, mais rarement mises en œuvre, est ressentie par tous à tel point que ce sujet de mécontentement s’impose dans les programmes réduits de nos candidats en campagne.
Leurs promesses sont dérisoires, qui veulent toutes répondre aux envies des uns les plus nombreux avec l'argent des quelques autres sur des questions de "confort social" hors de saison, pour ne pas dire antiques. Aucun n’ose dire aux gens la vérité car le système politique l’interdit – l‘histoire des mouches et du vinaigre. A cet égard, faire croire aux badauds que l'on peut maintenir longtemps les paramètres de pension de retraite actuels est se foutre du monde. On y trouve des royalistes, mais ne le dites pas.
De fait, il faut réapprendre la physique sociale appliquée au monde de demain, et déjà l'écrire. Il y a donc un aggiornamento³ à faire dans les doctrines politiques en globalisant l’essentiel. On ne peut plus raisonner nationalement, le ferait-on encore que ce serait vain. On le voit tous les jours, rien ne marche de l’ancien monde. La géopolitique doit être intégrée à tout modèle politique, à tout schéma institutionnel. Nul n’est une île, définitivement, et le défi mondial impacte forcément les programmes politiques locaux qui sont de plus en plus attelés à l’environnement étranger.




Conclusion
En attendant de faire approuver une politique générale des flux démographiques au plan international, nous persistons à demander un moratoire français sur les flux par un décret d’immigration zéro, non pour bétonner nos frontières, mais pour régler déjà une dérive administrative qui coupe l’herbe sous le pied des meilleures résolutions. Outre l’effet d’annonce jusqu’au plus profond de la brousse qui découragera les moins aventureux, la mesure annulerait par avance tout document administratif d’immigration édité pendant la période. Et ce serait un sacré trou de bouché.

Qui se battra contre l'émigration ?


Note (1): La fée bleue, Forcer l'Afrique, Dakar Africa
Note (2): Son CV polémologique laissait penser qu’il allait prendre le taureau de la misère par les cornes alors qu’il s’est contenté de changer les olives d'eau dans des affaires de cafétéria
Note (3) : On ne peut passer à côté des travaux de Jean-Paul Gourévitch dont l'AF2000 s'est fait l'écho sur une pleine page dans son numéro du 5 mai (2816)

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