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jeudi 21 septembre 2023

Cartographie d'un projet

ombres chinoises formant Dark Vador
Ce dossier est constitué de dix articles qui tirent les leçons du passé, même lointain, du présent bien sûr, et permettent de projeter dans l'avenir une possibilité de restauration monarchique. Si le principe prime le prince, celui-ci est indispensable. Aussi doit-on s'atteler à produire des candidats de talents formés à l'emploi ; qui eux-mêmes ne seront pas d'un grand secours si l'environnement institutionnel est vicié ou vicieux. C'est donc la pyramide du socle à la pointe qu'il faut embrasser tout entière, ce qui n'est pas aussi difficile qu'on peut le redouter de prime abord.

Le socle institutionnel favorise ou défavorise une restauration monarchique. Propager le plus largement possible la réforme de notre Etat est le moment le plus important sur l'axe d'effort. C'est le dixième article qui s'y colle. Mais il faut déblayer en même temps les obstacles à la marche en avant. Tous les obstacles.
Si pour la restauration qui vient, une dispute dynastique hors de saison diminuait dramatiquement les chances d'une accession à l'emploi du candidat le plus apte à régner au recommencement du royaume, il serait légitime d'écarter les plaideurs et de trouver la troisième voie qui mettrait tout le monde d'accord, contents, pas contents ! Qu'importe à la fin ! Sans doute devrons-nous casser les codes pour échapper au blocage des lois abolies. Toute l'évolution, toute l'histoire des découvertes est une fracture des codes légués pour laisser naître de nouveaux systèmes. La désignation du prince en charge parmi le vivier dynastique pourrait, comme on l'a souvent dit sur Royal-Artillerie, découler de la victoire circonstancielle de quelqu'un, celui (ou celle) que nous appelons d'habitude : "le dernier debout au milieu des ruines à Paris", plutôt que le premier à Reims dans le char à bœufs. L'évolution de notre société a remisé définitivement la berline de Gand. Les Français sont vaccinés au chef. Un chef va au charbon. Ce fut vrai des vieux rois, et ça le redevient. S'ils n'y prennent garde, les rentiers dynastiques, qui se sont juste donnés la peine de naître, vont tomber de l'échelle ! Mais le principe s'appliquera, en tirant de l'histoire les erreurs qui ruinèrent la monarchie, toutes les erreurs pour n'y pas revenir.

lys étaminé brodé au fil d'or pâle
* le régalien au roi *
* les Etats au peuple *
* la couronne aux dieux *


Dans l'ordre de publication sur Royal-Artillerie nous trouverons donc les dix articles suivants :

armes au chat hérissonné du piéton du roi
Catoneo



Cet article est paru dans les mêmes termes le 30 janvier 2022 sous le titre Rénovation - note d'ordre. Le voyage d'Etat de Charles III d'Angleterre en France est l'occasion de le remettre en avant.

samedi 6 mai 2023

Charles III, un bon vieux roi

Charles III en uniforme
La presse audiovisuelle française se pourlèche les babines, l'Audimat crève le plafond et la seconde de publicité est bien plus chère. La presse écrite ne sait pas trop - qui lit encore le journal chez les masses laborieuses et démocratiques ? - et elle s'est engagée dans le tunnel traditionnel du roi-potiche sans pouvoir politique ; comme ça, nul ne sera ici dépaysé. Mais c'est tout le contraire ! Même si le roi d'Angleterre n'entre pas dans la dispute politicienne - il y a autant de tocards en face qu'en France - il a une fonction d'envergure par bien des aspects, à commencer par le captage de la position suprême qui évite au pays d'avoir un condottiere demi-habile et roué, en capacité électorale d'y atteindre et péter plus haut que son cul, en se prenant pour le roi du monde. Chez nous, les exemples abondent sans qu'il soit nécessaire d'en remettre ! Nous en subissons actuellement les effets. Des autres pouvoirs du roi anglais (armées, église anglicane, ouverture du parlement...) il faut retenir celui d'obliger le premier ministre élu par les Communes, à venir chaque semaine entendre ses conseils, son acquiescement, ses remontrances. Et rien de tel pour remettre les esprits à leur juste place.

Nous, Français, sommes liés par le droit écrit et normalement rien ne se passe qui ne soit prévu et imprimé. A l'inverse, nos voisins britanniques fondent leur vie politique sur la Pratique, se contentant d'un cadre constitutionnel général qu'il n'est pas nécessaire d'amender chaque fois que les oies cendrées changent d'itinéraire. C'est sur la Pratique que se fonde la construction monarchique anglaise et c'est pour cela que nous ne la comprenons pas. Et curieusement encore moins dans le microcosme royaliste français où chacun cherche dans les grimoires où est le béton de ses convictions. Le Bill of Rights date de 1689 et le système de Westminster qui l'explicite fut rédigé par le constitutionnaliste Walter Bagehot en 1876. Si l'on fit des concessions au temps qui passe en 1701 et en 1911, le principe a traversé les âges et finalement le concept n'a pas pris une ride. Mais pour nous, cartésiens, les textes ne donnant aucun pouvoir politique au souverain anglais ou si peu, nous décrétons qu'il n'en a pas, n'imaginant pas une seconde que l'on puisse en pratique supplémenter un texte en se fondant simplement sur la Coutume. Cette pratique de la coutume peut tout aussi bien laisser une certaine liberté au roi Charles de dire son fait à l'opinion dans les cas graves, en quittant le mutisme (entêté parfois) de sa mère. Dira, dira pas ? On verra.

Par ailleurs, si la pérennité du modèle britannique est assurée en grande partie par sa monarchie, l'impermanence du monde n'est pas stoppée pour autant. Avec moins de gants que n'en prenaient les petits Etats de la couronne avec Elisabeth II, des majorités nouvelles y recherchent leur propre souveraineté en créant des républiques.
Depuis que l'Inde et l'Australie n'en attendent plus rien, le Commonwealth est réduit à un club de fumeurs de cigares, le moteur anglais ayant fini par caler ! Le Brexit a montré qu'il n'y avait aucun substitut à la communauté européenne sur cet espace mondial, qui réponde aux attentes du Royaume-uni tel qu'il devient après ce divorce. La City conserve certes ses positions, mais le reste semble à vau l'eau.

Plus embêtant est l'augmentation du son, côté "woke". Deux campagnes sont lancées pour que le nouveau roi accepte publiquement de compenser des siècles d'esclavage d'une façon ou d'une autre, mais on parle aussi de pénalités financières jusque sur les avoirs de la famille royale. La seconde campagne couvre toute la colonisation anglaise dont il est demandé au roi de se repentir avec plus de solemnité que par les regrets exprimés ci et là lors de voyages officiels. Des organes de presse comme The Guardian sont sur la brèche depuis un mois pour que leur "cause" avance. Ce sont les réactions du roi sur ces sujets précis qui marqueront son règne, plus que son inclination évidente pour l'écologie du quotidien qui lui a fait faire des choses exemplaires avant tous les autres.

Quoi qu'il en soit, les peuples du Royaume-uni célèbrent le couronnement de leur roi dans la joie. La monarchie est aussi une fête, des cartes commémoratives, des mugs, des t'shirts, de la vaisselle au chiffre, des bougies et le souvenir impérissable des défilés, les chevaux de la Garde, le carrosse et tout le diable-qui-rit son train.


logo officiel du couronnement - style bleu




Royal-Artillerie a publié plusieurs billets sur la monarchie anglaise dans l'intention de faire comprendre le réglage fin de ces institutions exotiques. Les voici :
- Changing The Guard
- Rule Britannia...
- Le Jubilé du siècle
- Longue vie au roi !

jeudi 2 février 2023

De l'ascendance davidique des rois [2/2]

Spécial royco
temps de lecture : 3 minutes

Sceau juif de Narbonne
L'origine davidique des rois est une affaire qui remonte aux origines mêmes des Mérovingiens, race sortie de nulle part, en Pannonie suppose-t-on. Les rares chroniques du temps dotaient la dynastie mérovingienne d'un sang réputé royal, que d'aucuns rattachèrent ensuite à la lignée du roi David de Juda. Le type "royal" était affirmé par le port d'une longue chevelure, que les Pippinides finirent par raser chez le dernier titulaire de la charge, Childéric III, avant de le cloîtrer dans un monastère près de Saint-Omer. La dispute était suffisamment sérieuse pour que la dynastie franque et les grands carolingiens des royaumes recherchent continuellement à épouser des Mérovingiennes dans la vénération d'une magie hématique.

On peut se demander pourquoi cette vénération ne s'est pas tournée plus tôt vers les dieux des germains, celtes ou goths. Thor, Odin, Taranis, Toutatis ou quelqu'autre du panthéon païen eussent fait l'affaire chez les brutes de Childéric, père de Clovis ; d'autant que l'évangélisation des Gaules fut très lente contrairement à la vulgate catholique impatiente d'hégémoniser l'espace sous ses valeurs avant que d'y dicter ses droits. Il n'y a pas eu d'église des Gaules ; la primatie des Gaules est postérieure au règne de Charlemagne (1ère mention sous Louis le Débonnaire pour l'archevêque de Bourges). C'est en soi et plus tardivement l'un des défauts d'aspect du gallicanisme ; il n'avait pas de souche dans le christianisme primitif.

Ceci mis à part, pourquoi vouloir à tout prix injecter du sang davidien dans la lignée des rois oints ? Pour consolider la transcendance, initiée par le droit divin qui les règle, et confirmée par le sacre ? D'où les titres de "roi très chrétien", "lieutenant du Christ sur terre", "fils aîné de l'Eglise" et intercesseur divin dans la guérison des écrouelles : "le roi te touche, Dieu te guérit". Ce qui finira quand même sur l'échafaud du 21 janvier 1793 avec le roi le plus proche de la définition originelle par sa piété non feinte, ses moeurs irréprochables et sa conduite très chrétienne des affaires à lui soumises. De quoi douter !

Le sang davidien en substance n'a pu éviter la dégénérescence de la race par le cancer de la consanguinité, fléau subi largement dans les familles régnantes, dont les causes étaient inconnues à l'époque. Louis XIV avait quand même des doutes, qui avait demandé à la faculté pourquoi ses enfants légitimes étaient si fragiles et ses bâtards pleins de santé. La branche dynastique injectée finira par ne plus se reproduire : Louis-Auguste et XVI de France attendit huit ans pour mettre la reine enceinte ; son frère Louis-Stanislas et XVIII de France ne put (selon le légiste) ou n'eut pas d'enfant ; Charles-Philippe ou X de France renoua avec la procréation mais les circonstances malheureuses (l'aîné ayant épousé sa cousine germaine n'eut pas d'enfant, le cadet fut assassiné) et le peu d'allant de son petit-fils pour les alcôves, fermeront la dynastie sur l'impasse d'une stérilité délibérée du couple (l'enfantement étant impossible chez Marie-Thérèse de Modène): ce qui en dira plus long sur la conscience de Chambord que son refus du drapeau tricolore. On ne prend pas rang dans un système héréditaire si on ferme le projet. Exeunt !

Ne poursuivra l'aventure que la branche exilée jadis en Espagne par Louis XIV pour succéder à l'Ensorcelé des Habsbourg sans postérité, mais d'autres injections que davidiennes seront nécessaires à la génétique selon les mauvaises langues et la maison d'Orléans. Quoi qu'il en soit, la judaïté se transmettant d'abord par les femmes, la lignée isabélitaine* espagnole a bien la goutte de sang qu'il faut, comme d'ailleurs la branche cadette échouée ici.
Note*: Isabelle II est la fille de Ferdinand VII, lui-même fils de Charles IV, ça se lit sur son visage.

L'intérêt de tout ça est purement historique, autant qu'il éclaire certaines réactions fondées sur la divinité des rois oints qui se perpétuent dans le silence des abysses dynastiques. Mais pour une monarchie souveraine et enfermée dans son domaine régalien, comme le Piéton la promeut, descendre du Psalmiste n'a que peu d'intérêt, même si les régles d'exercice qui s'appliquent au titulaire peuvent parfaitement ressortir au droit divin, non pas celui de plier la société à ses caprices mais à être en permanence confronté aux bornes posées par ce droit supérieur.
Reste à décider Qui le dicte !

vendredi 23 septembre 2022

Renaissance pensée d'une monarchie (3/3)

(billet spécial royco déporté après les funérailles d'Elizabeth II)

statuette du penseur confucianiste
Ce billet répond à la troisième assertion du programme de rentrée 2022 paru le 29 août dernier. La pensée monarchiste doit se régéréner sur ce siècle et pas sur les siècles passés. Si l'héritage d'une forte production royaliste en physique sociale, comme disait Maurras, est abondant, nous évitant de créer la monarchie de demain ex nihilo, il circule très peu de pensée structurée autour de cette forme de gouvernement qui soit applicable au monde de demain, que trop de royalistes s'obstinent à refuser.
Par ailleurs, l'espace dialectique est encombré d'exemples autocratiques desquels on ne tirera rien qui ressemble à notre projet, mais qui sont retenus par des explicateurs en manque de modèle. Il faut évacuer les dictateurs à poigne de notre espace dialectique qui consomment beaucoup d'énergie dans nos rangs. La bibliothèque monarchiste française n'a pas en rayon ces tyranneaux électoralisés qui n'ont de "roi" que ce qu'en laisse Ubu.
Il y a de la place pour des idées neuves qui ont fait leur preuve, ce qui est le paradoxe du monarchisme, mais ce ne sont pas douze blogueurs et dix conférenciers qui fourniront le jus de crâne. Il faut que de vrais intellectuels libres d'allégeances phosphorent sur la réinstauration monarchique au XXIè siècle, et publient. C'est ça le vrai défi du monarchisme français, parce que tant les princes que les chapelles ne sont pas calibrés pour l'instant à atteindre la queue de trajectoire, le roi revenu.

Est-il utile que le Piéton s'enferre de lui-même dans la renaissance raisonnée d'une monarchie au XXIè siècle ? S'il cherche de vrais intellectuels, c'est bien qu'il n'a pas trouvé en lui les ressources nécessaires à cet ouvrage, mais aussi que son audience bien insuffisante ne justifie pas cette colossale réflexion ; et il y a quand même une question de niveau, hein ? Un mot quand même en partant :
S'il lui faudra connaître les gloires, heurs et malheurs de la monarchie disparue sur ce même espace géographique, le penseur courageux ou surdoué, qui osera reconstruire une monarchie dans ce XXIè siècle, devra dépasser tous les avatars souterrains de la royauté pour découvrir la monarchie adaptée à son temps et susceptible d'évoluer avec lui, ce que ne sut faire l'Ancien régime ; pas plus que ses continuateurs d'aujourd'hui pourtant prévenus contre l'obsolescence obligée d'un concept qui se pétrifie. Comptant sur l'expérience acquise qui aura sédimenté dans son esprit et le guidera à son insu, il repartira d'une feuille blanche pour aboutir en cohérence et praticabilité au projet adapté à son écosystème de réinstauration du roi.

cul de lampe à l'épée


Hors-sujet : à compter de demain, la production du Piéton du roi va devenir épisodique et, plus souvent que de coutume elle consistera en la reprise de textes importants que nous jugerons utiles à la cause monarchiste. S'il ne s'agit pas (encore) de raccrocher les gants - quelques brèves de comptoir ensemenceront la vie du blogue - il faut veiller à ne pas entrer dans la sénescence des radotages qui tuent plus sûrement que le ridicule. Sans parler de lassitude, est apparue une difficulté nouvelle à écrire après une épreuve personnelle inaboutie. J'en tiens compte.
Rien n'empêche au distingué lectorat de ce blogue d'y puiser dès à présent du matériau autant que de besoin, dans les limites de la licence Creative Commons. Il existe aussi en ligne des aspirateurs de sites web qui marchent bien, surtout si l'on ne veut pas garder l'iconographie des articles toujours très lourde à charger. Trop vieux pour la charrue, viendra bien un jour où je retournerai enter les francs. C'est ce matin le premier jour d'automne !

jeudi 8 septembre 2022

L'impermanence du pays réel (2/3)

Dans sa fameuse conférence en Sorbonne de 1882, Ernest Renan disait que « l’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours ». Le texte de la conférence mérite une relecture.
Ce billet répond à la deuxième assertion du programme de rentrée paru sur ce blogue le 29 août 2022.

dessin Ernest Renan
Renan induisait qu'une nation n'est pas figée dans un moule, racial, linguistique, géographique ou religieux, mais se recompose au fil des intérêts communs, des souvenirs communs, des espérances partagées. En un mot, une conscience collective en mouvement.
Elle diffère de la patrie qui est charnelle et ancrée dans nos cimetières, qui fonde le respect et la reconnaissance que nous montrons à nos aïeux avant d'aller les rejoindre, pour ce qu'ils ont sû nous transmettre, surtout quand ils moururent en nombre pour ce faire.
Cette nation française, que finalement nous voyons mal ou partiellement mais que les étrangers embrassent très bien de l'extérieur, affronte le défi de survivre en tant que nation libre dans un monde globalisé, un monde de tous les dangers. Quelle est-elle dans ce qui la distingue des nations voisines ou concurrentes ? Demandons-leur. D'abord une confrontation visible à une histoire exceptionnelle longue de deux mille ans. Nous en avons conservé les vestiges. On lit en France les pages de la période gallo-romaine, le moyen âge des cathédrales et des abbayes, la gloire du Grand siècle, la dégénérescence révolutionnaire et la régérescence impériale, la Grande armée puis l'empire colonial le plus vaste après celui de Grande Bretagne, les traces nombreuses de deux guerres mondiales et c'est à peu près tout, puisque le car de touristes ne fait pas le tour des centrales nucléaires.
Nous montrons aussi un art de vivre que les étrangers trouvent exceptionnel, une façon de partager le temps entre activité professionnelle, culture et gastronomie, gastronomie, la première du monde en constante évolution, et une façon de se foutre du tiers comme du quart qui nous fait passer pour des sauteurs. Quand il perce la surface des choses, l'étranger qui a appris la langue - il y en a plus qu'on ne le croit - découvre l'esprit français, adossé une langue riche et syntaxée, avatar du grec ancien dans sa mathématique. La France ne refuse cet accès à personne. Elle a conservé une réputation d'intelligence. Ainsi la nation est-elle le précipité de ces admirations. Que ceux qui se réjouissent d'en faire partie un jour, s'y jettent !

Mais une nation doit survivre, au moins la nôtre, dirons-nous. Au pantographe de la globalisation, nous ne pesons pas plus que le souvenir de notre "grandeur" quand nous devons rechercher en permanence les moyens de nous protéger des attaques de nations que l'on a appris à nous haïr. Ce ne sont pas tant les peuples qui nous détesteraient que les partis soutenant l'autocrate du moment. Les Chinois connaissent plus de Français que seulement monsieur Louis Vuitton. Ils ont lu nos auteurs et ne prendront pas la mouche à moins que nous ne manifestions notre légendaire arrogance à leur endroit. Pour les Russes, c'est différent. Le peuple est pavlovisé par le bourrage de crâne quotidien du pouvoir ; mais les élites russes et tous les exilés ont manifesté une inclination particulière pour la civilisation française qui est depuis longtemps un occident emblématique, riche et non menaçant. On peut en dire autant des Turcs, des Brésiliens. Des Indiens nul n'en est sûr, affairés qu'ils sont aux feuillets, travaux et jours. Parmi les pays amis et de longue date, il faut compter le Japon, l'Argentine, le Chili et quand on fait l'inventaire des réfugiés d'importance sur notre sol, on trouve du beau linge venu d'Iran, de Syrie, du Liban, d'Egypte, de Chine populaire, du Vénézuéla et même des Andes. Ceci n'empêche pas certains gouvernements maléfiques de vouloir nous écraser économiquement, nous supplanter dans nos outremers, à la limite de nous humilier, jusqu'à nous expulser du siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. Il faut donc que cette nation s'arme économiquement et militairement comme à la veille d'une déflagration mondiale. Notre poids relatif ou absolu nous oblige à coopérer dans des ensembles plus grands, capables de résister et en cas de guerre, de faire peur. Le poids commercial du marché commun, son union douanière et ses programmes de développement offrent une protection suffisante à notre économie. Au plan de la défense ou mieux dit, de la guerre, nous devons dépasser une armée de démonstration et bâtir l'architecture de défense qui forcera le respect, à condition que nous y mettions la masse. Mais c'est de la guerre de demain qu'il s'agit et pas de la guerre sans haine du maréchal Rommel. Nous n'avons pas le droit de nous tromper, mais une chose est sûre, nous ne survivrons qu'en alliance. La "France seule", c'est terminé, même si c'est dommage.

Pour faire vivre au quotidien cette nation, toute la population doit être convoquée à l'activité, sans a priori et surtout ceux qui assurent les services de base de la société, au cul des bennes à ordures, dans les fournils, sur les chantiers de travaux publics et sur les dalles des bâtiments en construction l’hiver, dans les services à la personne, dans les stations-services, les garages, dans les hôpitaux et cliniques privées, sans parler des spécialités médicales qu'ils assurent en nombre, dans les vignes depuis longtemps et dans les vergers avant mécanisation, dans nos armées enfin, chez la reine des batailles. Secouée par les migrations provoqués par le différentiel trop grand de développement entre continents ou par les guerres civiles, nous devons faire fonctionner nos services de base en intégrant tous les acteurs au travail. Bien sûr une régulation de l'immigration est plus que souhaitable pour n'avoir pas de sureffectif dans les emplois disqualifiés ou dans le désœuvrement. Dans cette population d'ailleurs, il n’y a pas que des dealers et des délinquants avec ou sans papiers, il y a tout le fonctionnement quotidien d’un pays que les nationaux de souche ont abandonné parce qu’ils ont désappris à se fatiguer. Un maréchal, que M. Macron citera dans un moment d'égarement, a dit un jour de défaite : « nous avons trop revendiqué, nous n’avons pas assez servi ».
Tout est là, et notre propre impéritie a créé l’appel d’air pour substituer le labeur au hamac des 35 heures, rtt, 5 ou 6 semaines de congés payés plus les congés maladie et convenances diverses. Il n’y a pas de grand remplacement, comme le dit notre châtelain pédéraste qui a fini par s’y faire un nom ; il y a recomplétement de forces disparues ou défectives. En ce sens, il est inutile de penser à une remigration générale, le pays s’arrête, c’est aussi bête que ça.

Une nation qui tiendra la distance face aux menaces en tout genre qui l’assaillent, sera inclusive. Ce qui n'exclut pas d'en gérer la démographie et de mettre l'immigration sous contraintes. Pour revenir au projet monarchique, il convient d'intégrer que sa conception doit tenir compte d'un paradigme extérieur hostile par hypothèse et intérieur instable par observation. L'hostilité extérieure se gèrera en alliance obligatoirement. Il sera plus compliqué de parer l'instabilité sociale, sauf par contrat entre les forces vives du pays et le gouvernement décentralisé d'une société clivée, divisée, crispée sur ses intérêts catégoriels. Il est donc évident que la réinstauration sera forcément limitée au domaine qui constitue l'os de l'Etat, l'essentiel, la promesse de continuer, le domaine régalien. Les graves imperfections sociales que le régime démagogique a créées seront traitées à part, par le peuple en ses états, par lui-seul, tels qu'il les aura choisis, dans ses capacités contributives au régime adopté.

lundi 5 septembre 2022

Après le pourquoi, le quoi (1/3)

Spécial Royco. A relire les cahiers de l'Université Saint-Louis de cet été, on perçoit très bien l'ancrage dans le passé et la revendication du meilleur gouvernement possible des hommes par la monarchie capétienne. Rien sur les voies et moyens d'une reconquête du pouvoir, rien sur l'institution monarchique prévue. On fonctionne en cercles, en loges.
Ce billet répond à la première assertion du programme de rentrée paru le 29 août 2022.

Guy Coquille
La littérature royaliste abonde en démonstrations définitives de la pertinence d'une monarchie héréditaire, aujourd'hui fédérative et sociale. S'il faut amorcer la longue cohorte des penseurs majeurs de la monarchie on peut commencer par Guy Coquille (1523-1603) et finir par Hans-Hermann Hoppe (1949-still going strong). Des douzaines entre les deux. On est archi-bordé quant au "pourquoi" : hors de la monarchie point de salut ! mais quid du quoi ?
Le "quoi" et le "comment" ou mieux l'inverse, s'appliquent à décrire l'institution monarchique réinsérée dans son environnement politique et social du moment, disons dans trente ans ? Parce la réponse à la question légitime du vulgum pecus est déterminante pour la suite. Comment ça marche ? Déjà qu'aucun prétendant ne fait l'unanimité, si l'épure institutionnelle est floue voire inexistante, on peut tirer l'échelle, plier les gaules et rentrer au chalet boire une fine : le "rêve ne cessera jamais de passer" et les royalistes suivront éternellement la séquence messe, galette et camp ! Le "comment" est une autre affaire que nous n'aborderons pas ici.

Des penseurs professionnels objecteront que le régime monarchique étant universel dans le temps et l'espace, son environnement à trente ans de distance n'aura que peu de conséquences sur son organisation. A quoi les penseurs du dimanche comme le Piéton du roi répondent qu'il ne s'agit pas d'imprimer demain matin la nouvelle constitution du royaume de France mais de fournir des billes à la propagande royaliste d'aujourd'hui pour faire avancer le schmilblick bloqué depuis cent cinquante ans, faute en partie d'image nette du régime à installer. C'est toute l'arrogance revendiquée de ce billet !

Le lecteur trouvera plus bas un projet institutionnel de base, mais l'idée est d'appeler à contribution des constitutionnalistes et des penseurs politiques pour dessiner l'épure la mieux adaptée au futur de ce pays. Quel est-il à trente ans d'avenir ?

Le projet monarchiste s'appuie sur des réalités et pas sur des phantasmes ni des rêves arrachés au passé. On part de l'hypothèse que ce pays aura retrouvé une certaine liberté dans les compartiments qui comptent vraiment, à commencer par ses comptes publics, ceci induit qu'une période de forte austérité aura précédé une réinstauration après l'assainissement de la dépense publique ramenée à son juste poids corrélé à la production de valeur ajoutée. Si ce pays, qui marche sur la tête - la Dette insupportable sur la tête de nos enfants et des leurs - ne retombe pas sur ses pieds, il aura disparu dans trente ans et sera devenu une division administrative d'un vaste ensemble de pays faillis dont les populations devront être soutenues par les pays souverains. Le régime politique en ce cas ne sera plus une préoccupation, puisqu'il n'y aura pas d'autre régime possible que le plan Marshall humanitaire gouverné de l'extérieur. Mais à supposer que les efforts nécessaires aient été d'une façon ou l'autre possibles (consentis serait beaucoup demander) il pourrait être vendu à l'électorat, après avoir inséminé l'opinion, qu'un régime monarchique éviterait de retomber dans les errements antérieurs qui nous auront conduits jusqu'au bord du gouffre duquel on ne remonte jamais.

Le projet monarchique diffusé aujourd'hui doit être clair est compréhensible par tous, même par les moins doués de nos concitoyens ; il faut sans cesse objecter de la complication des mesures proposées pour le jour d'après. L'organisation vendable serait de découpler l'essentiel et le contingent, à savoir, remettre le régalien au roi et laisser le peuple gouverner son quotidien, région par région, en démocratie représentative ou directe. On revient au projet développé cette année sur Royal-Artillerie sous le titre Quinte Floche Royale, qui prévoit de remettre au roi en ses conseils la Justice haute, la Guerre, la Sûreté, la Diplomatie et le Trésor. Seraient confiés aux régions devenues entités politiques capables d'appeler à contributions et libres de se regrouper ou de se redécouper par référendums, les douze ministères suivants, pour rappel :
- Assurance maladie nationale, privée, hôpitaux généraux, hôpitaux spécialisés, dispensaires publics, cliniques privées
- Assurance vieillesse nationale, privée, fonds de pensions, allocations et secours
- Instruction publique nationale, régionale, départementale, municipale, privée
- Universités, recherche fondamentale, grandes écoles, écoles techniques, apprentissage
- Justice basse, tribunaux d'instance et justice consulaire, cours d'arbitrage, admistration pénitentiaire
- Ecologie pratique et météo, polices municipale, cantonale, des voies, des marchés et des sols, monopoles du quotidien
- Aménagement du territoire, ponts et chaussées, ports et canaux, transports
- Recherche et sécurité énergétique (production, surveillance et transport)
- Recherche et développement industriel, aérospatial, militaire, arsenaux d'Etat
- Recherche agronomique et gestion des espaces agricoles
- Gestion des zones économiques exclusives et de la pêche
- Gestion du budget de la nation, fisc

Il existe au Roycoland des esprits plus déliés qui sont capables de pousser la description du royaume de France modèle 2050. Qu'ils le fassent ! Toujours dans le but de nourrir la propagande, des illustrations de ces différents cercles de pouvoir, des infographies, c'est ça, des infographies, aideront à comprendre la répartition des responsabilités, les interdépendances dans les communications par exemple, les éléments libres comme les universités, les ensembles communs à tous comme l'assurance-maladie, la météorologie, la gestion du budget ou l'administration pénitentiaire, les compétences locales et différenciées selon les régions etc. Tuons le jacobinisme et au diable la compétence universelle.

Un projet concret se passe d'attendus, préambules et déclarations liminaires. Il tient debout tout seul. La séparation des domaines public et régalien participe de cette clarté mais nous devons nous améliorer. La séparation nécessaire des pouvoirs tient toute dans cette formule : "le roi en ses conseils, le peuple en ses états". Il n'est pas obligatoire qu'un domaine domine l'autre. Le royaume pourrait au départ être un contrat qui se pérenniserait par la démonstration de sa supériorité en exercice. Sans doute n'est-ce pas orthodoxe, mais l'orthodoxie n'a rien donné depuis la fuite du dernier capétien régnant en 1848.

Avant de terminer faisons un sort à l'esquive classique qui me fut opposée plusieurs fois. Le royaliste n'a pas à s'inquiéter des institutions du royaume, le roi revenu y pourvoiera. Facile ! Les mêmes (je pense à certains permanents du CJB de jadis) de brandir leur prétendant, nous assurant qu'il sait déjà tout et que ses conseillers complèteront les détails. Faudrait-il encore que l'impétrant ait été formé dans l'emploi, au moins dans des sciences politiques un peu poussées, ce qui est loin d'être la cas de ceux que nous connaissons.

Qui va développer le projet monarchiste pour demain ?

cul de lampe

lundi 29 août 2022

Programme de rentrée

cul de lampe à l'épée

L'été syndical est terminé depuis ce matin. C'est la rentrée sur Royal-Artillerie. Le roman de gare est fini, les musiques de plage aussi et les motos refroidissent au garage virtuel. On en revient aux choses sérieuses. Il y a trois assertions que le Piéton du roi voudrait jeter sur l'épure internétique dans les semaines à venir pour ce qui concerne la monarchie attendue. Chacune sera développée en temps utile à partir du mois prochain si Dieu etc. et les voici :


1.- Notre propagande monarchiste doit être claire, réaliste et concrète

  • Un projet clair est compréhensible par tous, même par les moins déliés de nos concitoyens ; il faut sans cesse objecter de la complication des mesures proposées pour le jour d'après.
  • Un projet réaliste s'appuie sur des réalités et pas sur des phantasmes ni des rêves.
  • Un projet concret se passe d'attendus, préambules et déclarations liminaires. Il tient debout tout seul. La séparation des domaines public et régalien participe de cette clarté mais nous devons nous améliorer.


2.- La nation française est une construction permanente du quotidien

Elle est plus forte ou moins forte selon les périodes, plus résistante ou moins, mais elle a besoin d'être connue parfaitement dans sa sociologie actuelle au sein de son environnement exact. Ce qui oblige à traiter les problèmes créés par la globalisation au lieu de les renvoyer à des décisions drastiques qui ne seront jamais prises. Le pays réel n'est pas "Le Pays réel". Echafauder sur des illusions mènera à la ruine du projet, pour longtemps. La sociologie du pays est un préalable désagréable pour beaucoup, mais incontournable.

3.- La pensée monarchiste doit se régéréner sur ce siècle.

Si l'héritage d'une forte production royaliste en physique sociale comme disait le Martégal, est abondant, nous évitant de créer la monarchie de demain ex nihilo, il circule très peu de pensée structurée autour de cette forme de gouvernement appliquée au monde de demain que trop de royalistes s'obstinent à refuser. Derrière le monument constitué par la bibliothèque royaliste, l'espace est encombré d'exemples autocratiques desquels on ne tirera rien qui ressemble à notre projet mais qui sont retenus par des explicateurs en manque de modèle. Il y a de la place pour des idées neuves qui ont fait leur preuve, ce qui est le paradoxe du monarchisme. Et ce ne sont pas douze blogueurs et dix conférenciers qui fourniront le jus de crâne. Il faut que de vrais intellectuels phosphorent sur la réinstauration monarchique au XXIè siècle et publient.

Hasta Luego !

samedi 6 août 2022

CMRDS moins 15

Que vous remontiez du sud ou descendiez du nord, la route de Roanne est la nationale 7. En convoi c'est plus roulant que la départementale pittoresque, sauf s'il pleut. A moins de venir à deux déjà sur la machine, pensez à baisser vos cale-pieds, des anges gardiens peuvent monter en croupe rejoindre le camp de l'Action française qui en a bien besoin, l'actualité du pays étant devenue un vrai champ de mines pour quiconque s'attelle à penser la reconstruction du pays.

cale-pied moto

Jusqu'ici, l'épure était simple. La méchante République, encrassée de strates administratives redondantes et dispendieuses, captées par les fonctionnaires et leurs proxénètes de la haute bourgeoisie au moyen de la supercherie démocratique, visait à accroître les biens de l'oligarchie par tous moyens, dussent-ils convoquer au succès de l'entreprise la désintégration de la nation. La succession de politiciens de rencontre remontés du fond du tonneau des diplômés en sciences molles au bénéfice de La Casta promettait le déclin inéluctable du pays, le plus beau du monde toujours. L'Action française, et toutes les chapelles royalistes après elle, ne promeuvait d'autre issue au désastre annoncé que la remise en état de l'Etat sous la forme traditionnelle d'une monarchie fédérative active et sociale avec pour clef de voûte une famille royale permanente en laquelle puiser le roi (ndlr: ou la reine) par succession héréditaire. Sauf que...
(1) Le pays est en danger
(2) L'Etat monarchique n'est pas défini
(3) Les prétendants ne sont pas crédibles
(4) Le mouvement royaliste n'est pas organisé pour l'assaut

Nous pourrions faire dix pages sur chacun des quatre points cités et d'ailleurs ce blogue ne s'en est pas privé dans le passé. Limitons-nous à quatre paragraphes concis :

(1) Le pays est en danger d'abord parce que le Trésor est vide, ou mieux dit, a été vidé pour satisfaire aux revendications des classes victorieuses aux élections. Gouverné par des puceaux n'ayant jamais travaillé autrement que pour passer des concours d'improductifs, tout son tissu industriel a été bradé laissant insuffisamment de valeur ajoutée pour couvrir l'essentiel des besoins nationaux et le rendant incapable d'équilibrer (c'est un euphémisme) sa balance commerciale. Etranglé par la crise énergétique, menacé dans ses possessions ultramarines, le pays aux caisses vides est dans une situation assez grave pour mettre au second plan toute réforme des institutions. L'urgence prime la forme du régime.

(2) L'Etat monarchique n'est pas défini par le mouvement monarchiste pour qu'on puisse le présenter aux gens sous un angle fonctionnel de manière intelligible. Jusqu'ici la promotion de ce régime (répoussé dans le passé par la nation) s'applique d'abord à la réforme des "valeurs" alors qu'il s'agit dans l'urgence actuelle de privilégier une approche mécaniste démontrant la supériorité de la gouvernance alternative face à chacun des défis. Nous attendons toujours l'explication de cette carence didactique chez les chapelains. Ou autrement dit, quand allons-nous décider d'intéresser les gens à notre projet en offrant des solutions concrètes et compréhensibles, amalgamées dans un dispositif cohérent de gouvernement de la nation. Commencer par le projet de séparation des domaines régalien et public proposé par Royal-Artillerie est-il stupide ?

(3) Les prétendants ne sont pas crédibles parce qu'aucun n'est préparé au gouvernement quotidien des affaires d'un pays 3.0 et tous agissent par imitation de ce qu'ils voient dans les cours européennes régnantes, ce qui ne nous servira à rien. Nous avons besoin d'un roi en armure à cheval et pas dans le char à bœufs. Prendre à notre compte (c'est une formule) les affaires publiques du jour au lendemain suppose d'en avoir prévenu quelqu'un qui réunisse les compétences d'un chef d'Etat d'aujourd'hui, avec le bagage, le tempérament, la résilience, la vitesse de décision, la capacité à auditer son exécutif. Mettre un roi dans le poste de président du modèle 58-62 de la Vè Constitution ne suffira pas à sauver la France de la noyade dans l'état de calamités où elle est plongée. Ceci n'empêche pas de montrer du respect aux descendants des dynasties passées qui ont fait de la France un pays bien supérieur à celui d'aujourd'hui, rapporté aux autres et à l'époque considérée. Mais, malgré l'affection que nous leur portons, leur hérédité, comme les dépositions anciennes, ne leur crée aucun droit particulier à gouverner. Désolé d'être aussi sec mais... !

(4) Le mouvement royaliste n'est pas organisé pour l'assaut, s'il le fut jamais. Contrairement aux cellules trotskystes par exemple, aux aguets de toute insurrection populaire (les gilets jaunes des rond-points par exemple), les chapelles royalistes sont des cercles d'études doctrinales et historiques, composés d'étudiants non encore immergés dans les réalités d'une vie professionnelle, ou de retraités libérés des contraintes de résultat. La tranche d'âge active y est peu représentée, celle qui connaît par exemple la gestion par objectifs, sauf par des enseignants qui, le plus souvent pour ne pas dire toujours, n'ont jamais été exposés au feu des risques entrepreneuriaux qu'il vaut mieux ressentir qu'imaginer, si l'on veut manager le domaine régalien au XXIè siècle. On mesure à l'évidence cette carence dans la gouvernance erratique de M. Macron.

cul de lampe épée

Le Camp Maxime Réal del Sarte qui ouvre dans quinze jours au Château d'Ailly (42), a son utilité dans la construction du laboratoire intellectuel de chacun, en lui fournissant les bases essentielles à son propre enrichissement, lequel exigera quand même du travail personnel par la suite. Il ne débouchera pas sur l'essaimage de cellules de combat politique mais il ne tient qu'à certains courageux, bien au clair dans leur tête et adaptés aux réalités du pays (le vrai pays réel), de s'y mettre en durcissant les sections régionales sous une coordination centrale dont les compétences sont dès à présent disponibles et ne demandent que des moyens, les idées étant là. Les moyens ?
De l'argent... de l'argent... de l'argent !
On n'en sortira pas sinon.

dimanche 8 mai 2022

Tyrannosaures

drapeau soviétique sur Berlin

Honneur aux soldats morts les derniers jours de la guerre à Berlin. Ils n'ont pas fait semblant. Soixante et dix-sept ans plus tard, calé dans mon Voltaire, les pieds sur la fenêtre à contempler au soleil couchant la guirlande de gui qui orne le fleuve au long des peupliers, je devisais sur l'espèce humaine en ce jour de commémoration de l'incinération d'Adolf Hitler, en me demandant si Aymeric Caron est si décalé que ça à mépriser les hommes comparés aux insectes. Les hommes qui gouvernent les hommes ont trop rarement la vocation de se soucier du peuple pour qu'on leur fasse confiance longtemps. La supercherie démocratique n'est même plus cachée. Certains dirigeants deviennent les loups de la formule de Hobbes.

Dans la famille des Allumés j'appelle :

Xi Jinping, qui pousse le rêve de revenir aux marches impériales pour éloigner sinon stériliser toute influence exogène capable de compromettre l'avenir enchanté du Parti communiste chinois. Il est prêt à tout et, en communiste bien borné, il ne récuse aucune mesure à l'évidence contre-performante, comme par exemple la lubie du Covid Zéro. Qu'a-t-il à faire des peuples de Chine ? Beaucoup si ceux-là obéissent minutieusement aux consignes du Parti qui détient la science infuse, rien ou que dalles, s'ils le contestent, auquel cas la chirugie sociale extirpe les activistes ou déclarés tels du corps social et va jusqu'à les faire disparaître dans les méandres du digesteur judiciaire chinois. Mais le pire de tout n'est pas la colère intime des Tibétains ou l'insurrection larvée des Ouighours et des Mongols, mais la provocation permanente du bonheur taïwanais décorélé des soins intensifs du Parti communiste.

L'autre "impérial" est le plus dangereux parce que plus petit : Vladimir Poutine. Il n'a pas fait plus d'études que le précédent, mais il s'est rattrapé par la lecture d'ouvrages de russification à outrance jusqu'à former le projet d'un rôle à la mesure de sa propre estime, réunissant sous l'étendard de la Sainte Russie toutes les terres où les tsars de jadis ont pu poser le pied. Pour meubler ce délire hors des capacités de l'impétrant, tous les motifs sont bons même les plus éculés, comme la menace aux frontières que l'homme de Cro-Magnon utilisait déjà. Si le Chinois est fils de prince et le ressent, le Russe est fils de rien sinon d'un concours de circonstances ayant arrangé les affaires de la mafia qui a grandi sur le fumier des ruines soviétiques. Mais par ses accointances avec le patriarche de Moscou, il détient un morceau de la vraie croix et subjugue le moudjik.

L'autre fou est mon préféré : Kim Jong-un. Il forme un duo infernal avec sa sœur terrible, Kim Yo-jong. Ils jonglent avec la bombe atomique, comptant sur le bunker sans doute le plus profond au monde pour survivre à l'apocalypse qu'ils rêvent de déclencher, juste pour voir ! Le peuple nord-coréen n'est pour eux que du bétail incinérable, élevé pour satisfaire à la pérennité de la dynastie issue de la guerre de Corée. Ces trois déments eurasiens "règnent" sur seize cents millions de gens soit vingt pour cent de la population mondiale, ce qui mesure l'étendue de l'infection. Et il y en a d'autres, plus petits, partout.

Dans la famille des "grands missionnés", on trouve entre autres moins pires qui détruisent quand même leur pays - je pense à Bolsonaro - le Birman Min Aung Hlaing, le Nicaraguayen Ortéga, l'insubmersible Bachar el-Assad. A tuer ! Ces tyrans de division 2 se sont retranchés dans les palais du pouvoir à soigner leur bénéfice exclusif et "gèrent" leur peuple comme une ressource qui leur est due. C'est là que l'on touche du doigt la différence entre eux, légitimés par un protocole démocrasseux au comble du ridicule, et les monarques constitutionnels esquivant l'élection, qui vivent au milieu de leurs sujets pour en partager les sentiments ; mais plus fort encore pour la démonstration, est le cas des monarques absolus de droit divin qui n'avaient de limites que celles posées par leur tuteur, Dieu. Plus libres encore, ils avaient pour la plupart un réel souci de leur peuple. C'est l'amour du peuple qui a conduit Louis XVI à l'échafaud. Presque tous les rois de France ont montré une préoccupation sincère pour les conditions de vie des peuples à eux confiés, et ce ne furent pas toujours les plus grands les plus attentionnés.

Pause ! Hier avait lieu l'investiture d'Emmanuel Macron pour son second mandat présidentiel. On connaît ses idées, ses obsessions, son orgueil, mais où est le bonheur des gens ? Il a des soucis comptables générés par l'impéritie des cabinets politiques qui se sont succédés aux concours de démagogie ; des soucis de prééminence européenne que ses partenaires lui dénient ; des soucis de défense européenne qui n'impriment pas ; des soucis d'influence en Afrique sans projet décolonial sructuré. Ses contempteurs n'en ont pas plus. Le plus bruyant est même le plus dangereux à cause d'un agenda caché qui se dévoile à mesure qu'il forme la coalition d'opposition pour les élections législatives de juin. C'est un projet de collectivisation qui se dessine. Chacun va à la soupe, petite soupe, tiède potage, le bonheur du peuple ? Quelle idée ! On va le foutre dans la Constitution le bonheur et basta ! Que demande le peuple d'ailleurs ?
Ben oui : d'être protégé au-dedans comme au-dehors, soigné correctement et libre de s'occuper à vivre par lui-même. Dans ce pays qui s'est donné la mission d'exporter son modèle, nous en sommes très loin, malgré la prégnance d'un Etat total qui se mêle de tout, à nous faire rêver d'anarchie.

Tit'conclusion

Faite de glaise dit la légende, l'espèce humaine a besoin de transcendance pour ne pas sombrer dans sa bestialité génétique. Les rois procèdent de cette transcendance essentielle, les dirigeants élus, jamais. Il en est d'honnêtes certes, mais l'ambition personnelle prend trop souvent le pas sur le bien commun, et plus le temps passe à poste, plus la dérive se monarchise jusqu'à faire croire au titulaire éphémère qu'il est là en viager. Même les grands fauves démocratiques n'arriveront jamais à la cheville d'un roi oint. Toute démocratie est vanité. Demain, à midi heure de Moscou, on saura si la Troisième Guerre mondiale est possible. Ce ne sera pas anodin car nous ne sommes pas prêts. Pauvre de nous !

lundi 24 janvier 2022

Quinte floche royale : un projet politique

Suite à pique et dés noirs
| Justice | Guerre | Sûreté | Diplomatie | Trésor | + 12 | 

Spécial royco ! Comme nous l'avons souvent dit, l'offre politique monarchiste ne percera que si elle est compréhensible du plus grand nombre. Non tant qu'il faille en convaincre beaucoup, que pour désarmer les foules ameutées jusqu'à l'hystérie par les milices de la bourgeoisie régnante contre tout projet la menaçant. Parler du roi lèvera le vacarme d'un retour des tyrans orchestré auprès des médiats de masse par les profiteurs du régime actuel, aussi conviendra-t-il d'être fort et clair en toute compagnie ! Il n'y aura pas de place ni le temps pour les biais dialectiques, les arrières-pensées qui passent devant, les complots en chemin, pis que tout, le combat des grimoires.

Dans l'état de calamités avancé où se trouve notre pays - ce qui n'empêche pas un président à crédit d'aller faire le coq à Bruxelles - il sied de sauver l'essentiel pour qu'il ne soit pas emporté par la crue des taux d'intérêts que les banques centrales annoncent, au milieu de tous les déficits qui plombent déjà notre société avachie et son économie déglinguée. L'essentiel, comme son nom l'indique, c'est le "régalien". La nation française demeure par son Etat. En France c'est comme ça. Ce sera peut-être la rupture de paradigme du siècle : il faut sauver l'Etat dans sa quintessence, soit les cinq domaines qualifiés que sont la Justice haute, la Guerre, la Sûreté, la Diplomatie et le Trésor.

Ces cinq domaines doivent être arrachés à la dispute démocratique qui clive la nation et derrière laquelle se cachent des intérêts catégoriels puissants, souvent antagonistes, afin qu'en cas d'embolie économique et financière, il reste un socle solide d'où repartir. Le meilleur gardien des domaines régaliens est un roi en ses conseils, parce qu'il est détaché de toute contingence partisane capable autrement d'influencer le choix du référent et le gouvernement quotidien des hommes. On a pu penser mettre un conseil permanent de sages comme autorité suprême, voire un président one-shot, pour sept ans comme dans les constitutions de 1875, 1946 et 1958, mais il est prouvé que ces clefs de voûte sont friables, influençables, quelquefois vénales, parfois inadaptées (et la voûte tombe comme en 40!).

C'est d'un pacte qu'il s'agit.

Un deal à passer entre le peuple et le nouveau pouvoir royal. Aux uns le domaine public, aux autres le domaine régalien. L'accord doit être tranché par un référendum à majorité qualifiée (2/3 ?) et doit comporter une clause de non-ingérence réciproque afin que la souveraineté des uns et des autres soit pleine et entière dans leur champ d'application. Et c'est pourquoi le domaine régalien préservé doit avoir un périmètre fixe délimité strictement et non invasif. Si jusqu'ici on a compris ce qui revenait à la monarchie, qu'en est-il du domaine public gouverné par le peuple en ses parlements, voire directement à l'helvétique ? Tout le reste, aussi loin que se portera l'envie de collectiviser la nation ! Voulez-vous que l'Etat se mêle de tout ? Cotisez, cotisez tous, puisque la Providence est morte, le socialisme l'a tuée. Payez vos impôts en chantant et que soient affichés aux portes des mairies les rôles fiscaux de tous les contribuables comme on le fait ailleurs ! Et commencera la dispute sur l'étendue du champ d'application des politiques publiques. On peut faire une courte liste qui additionne les deux dés de l'image :

  • Assurance maladie nationale, privée, hôpitaux généraux, hôpitaux spécialisés, dispensaires publics, cliniques privées
  • Assurance vieillesse nationale, privée, fonds de pensions, allocations et secours
  • Instruction publique nationale, régionale, départementale, municipale, privée
  • Universités, recherche fondamentale, grandes écoles, écoles techniques, apprentissage
  • Justice basse, tribunaux d'instance et justice consulaire, cours d'arbitrage, adm. pénitentiaire
  • Ecologie pratique et météo, polices municipale, cantonale, des voies, des marchés et des sols, monopoles du quotidien (postes, tabacs...)
  • Aménagement du territoire, ponts et chaussées, ports et canaux, transports (Plan, pas plan...)
  • Recherche et sécurité énergétique (production, surveillance et transport)
  • Recherche et développement industriel, aérospatial, militaire, arsenaux d'Etat
  • Recherche agronomique et gestion des espaces agricoles
  • Gestion des zones économiques exclusives et de la pêche
  • Gestion du budget de la nation, fisc
Ces douze ministères sont responsables devant le parlement national (pour moi, monocaméral) qui élit périodiquement un premier ministre sur la base des résultats électoraux. Nous reviendrons décrire les cinq domaines régaliens plus tard. Il ne reste plus qu'à rédiger un projet de constitution, en évitant de l'encrasser de réminiscences anciennes, et surtout en se gardant qu'il se mêle de tout après avoir constaté la ruine du modèle total antérieur. Le temps de la philosophie politique est passé. On rentre tout sur six pages ? Et on détaillera dans des "capitulations" séparées. Chiche ?

Il ne restera qu'à verser le liant du pacte dans le nouveau moule pour le péréniser. Le seul ciment qui tienne est l'affect des peuples pour leur roi, leur reine. C'est un facteur indispensable dont la définition dépasse les capacités analytiques du Piéton. Dans cette équation nouvelle pourra entrer l'héritier d'une dynastie anciennement régnante, s'il en a le talent et la permission du Ciel, puisqu'il sera toujours à lui lié.

Quelques mots des cinq domaines régaliens - on en a beaucoup parlé sur ce blogue déjà.

  • La Justice haute : essentiellement des cours d'appel auxquelles s'adresseront les cours régionales : Cassation, Cour d'appel de Paris, Conseil d'Etat, Cour des Comptes, Cour d'arbitrage, CSM, la direction des cultes. La fonction de garde des Sceaux attachée à l'Etat régalien prendra tout son sens.
  • La Guerre : le pays devra être prêt en toutes circonstances à soutenir une guerre contre lui. Il ne s'agit pas de gérer une crise, mais de riposter de manière décisive tant sur le théâtre métropolitain que sur les théâtres d'outremer. Nos armées ont été concues pour entrer en premier sur des territoires en crise ne disposant pas de la parité tactique. Pour faire la guerre, la vraie, il faut doubler le budget militaire selon le général Lecointre, ancien chef d'état-major ; le but étant toujours de faire peur !
  • La Sûreté : douanes, gendarmerie et police nationale seront déployées en symbiose sur des missions bien définies pour préserver la paix civile et mener les enquêtes criminelles.
  • La Diplomatie : ayant un des premiers réseaux diplomatiques au monde, nous n'aurons aucune difficulté à le maintenir, s'il reste dans les clous de nos intérêts propres. Elle déploiera les agences d'influence actuelles, Alliance française, COFACE, Business-France, FranceAgriMer, etc.
  • Le Trésor : avec les grosses banques et caisses publiques de développement comme la BDF, la CDC, la BPI etc. Même si l'émission de monnaie et la fixation des taux de pension sont fixés collectivement par la Banque centrale européenne où nous devrons prendre toute notre part après être redevenus sérieux, il restera à financer les budgets votés, et à gérer les effets d'une dette centenale sur les politiques publiques, en réduisant le poids du service de la dette qu'assureront les générations montantes. France-Trésor est un bel outil, qui devra être réorienté.

Voilà l'ébauche. Il y a des trous, des redondances mais on peut phosphorer dessus ad libitum. Chacun peut prendre un domaine et l'emplir de ses observations, sans perdre de vue qu'il s'agit d'un nouveau pacte national : le régalien héréditaire est détaché du domaine public rendu au peuple en ses Etats. Est-ce assez clair ? Vos commentaires bienvenus.



LE REGALIEN AU ROI

LES ETATS AUX GENS

LA COURONNE AUX DIEUX




Ce billet est le troisième d'une séquence "Rénovation" qui forme la deux millième contribution du Piéton du roi au blogue Royal-Artillerie. Elle se compose des trois articles suivants : NB: Le dossier sera bouclé par une note d'ordre (un canevas de consultation) à la fin du mois.

mardi 4 janvier 2022

Clap 2000 !

nombre 2000 ensablé

Spécial royco ! Deux millième billet sur Royal-Artillerie, la psychothérapie rédactionnelle du Piéton du roi achève sa dix-septième année. L'usage est d'emplir le deux millième billet de statistiques* en tout genre montrant l'intérêt que le site a éveillé, ô combien il est "utile" et d'appeler aux dons. Que nenni ! Je remercie les lecteurs fidèles dont certains viennent ici depuis le début de l'aventure. J'aurais aimé plus de commentaires, mais bon ! Foin de la gloriole à deux sous qui ne feront jamais un franc, il en faut vingt, l'eulogie présumée du blogue monarchiste le plus décalé de la Toile (loin derrière le Lys Noir quand même) attendra. Mais l'occasion de faire le point sur des années et des années de royalisme ouvre droit à la nécrologie des prétentions dynastiques qui veulent occuper l'espace des rêves royalistes, à tout prix semble-t-il, à nul effet pour sûr. Quand on parle critique du royalisme c'est forcément ad hominem et sans débiner les personnes qui s'avancent comme légataires dynastiques universels, on peut légitimement les passer sous la toise de l'emploi, plus sûrement sous celle de l'accession.

Partant du principe discuté qu'une restauration monarchique devrait aboutir à la réinstallation d'une des dynasties ayant régné en France, l'attention (pour les jeunes lecteurs) serait directement captée par trois personnalités, dans l'ordre d'entrée en scène de leur revendication :
  • Louis de Bourbon (1589)
  • Jean-Christophe Napoléon (1804)
  • Jean d'Orléans (1830)
Un observateur arrivé de Sirius trouverait l'idée drôle : remettre en selle une dynastie battue dans le passé, plutôt que de préparer à l'emploi une famille ayant compétences et mérites d'y accéder, sans l'obligatoire ballade nécropolitaine. Vouloir reconquérir les fastes du passé à travers la transmission patrimoniale d'un royaume coulé à pic dans les abysses de l'histoire relève-t-il d'une pathologie ? Les royalistes qui s'émeuvent aux souvenirs imaginés d'un âge d'or intellectuel et moral n'ont pu avancer d'un mètre dans leur quête d'une restauration depuis deux siècles. C'est beaucoup et généralement ils ne veulent pas savoir pourquoi. C'est la faute au temps qu'il fait, aux circonstances, aux guerres, aux malveillants, aux traîtres, mais jamais aux insuffisances de la dynastie souterraine qui porte leur espérance. Et pourtant, ils seraient prêts à leur donner les clés du camion ! Pas sûr que l'idée soit si largement partagée.

Héritier moral de l'Ancien Régime, Louis de Bourbon descend du fils du Grand Dauphin, le duc d'Anjou que Louis XIV envoya en Espagne sur la demande du roi Charles II l'Ensorcelé, mourant sans postérité. Hériter de l'Empire français, Jean-Christophe Napoléon descend de Jérôme Bonaparte, quatrième frère de l'empereur Napoléon, roi de Westphalie durant l'épopée. L'empereur Napoléon III descend pour sa part de Louis Bonaparte, troisième frère de l'empereur Napoléon, cette branche est éteinte. Personne ne descend d'aucun des deux empereurs. Héritier de la Monarchie de Juillet, Jean d'Orléans descend de Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV et plus directement du fils aîné de Louis-Philippe Ier, Ferdinand-Philippe duc d'Orléans. Les successions ne prenant pas les ponts, son héritage est brisé par le régicide de son ancêtre direct Philippe-Egalité. A part le Bonaparte, les deux autres buttent sur un plafond de verre : le Bourbon, celui du franquisme et de l'affairisme ; D'Orléans, celui d'une oisiveté sans vergogne revendiquant les fruits du travail d'autrui. Si rien ne prive les descendants des dynasties battues de prétendre revenir sur le trône de France, rien non plus ne leur donne l'exclusivité de cette démarche. Comme le disait un lecteur assidu l'an dernier en commentaire, on ne voit pas "le descendant de Philippe Auguste, Philippe le Bel et Charles V" dans cet échantillonnage. C'est du régime monarchique dont on doit se soucier après en avoir déroulé tous les avantages devant nos concitoyens. Pas tant que ça des impétrants !

Vient maintenant la question à cent mille dollars qu'il ne faut pas poser.

Qui serait le bon choix ?


La monarchie est un concept charnel et spirituel à la fois. Il y faut donc un titulaire de qualité offrant au bien commun le fruit de l'acquis et ses talents innés dans un environnement choisi. Royal-Artillerie a plusieurs fois évoqué la hauteur de la marche menant au trône. Explicitement cinq fois. Même s'ils sont longs, les cinq articles ci-dessous sont à relire impérativement aujourd'hui dans le lit de ce 2000è billet dont ils sont parties intégrantes (et archiver peut-être, des fois que l'hébergeur fasse faillite) :

Résumons-nous. Il n'est pas pertinent de rechercher dans le personnage qui initiera une restauration, le copycat d'un prince ancien, a fortiori le roi de vitrail de Jean Raspail, même si ça nous plairait bien. Il y faut du tempérament personnel, du caractère, une éducation au niveau de celle des alter ego du monde dirigeant et une formation préalable à l'emploi. Tempérament et caractère ressortissent à l'inné. Ce n'est bien sûr pas pour la raison qu'on n'y puit rien faire qu'il faudrait accepter n'importe qui. L'acquis pour sa part est tout le reste.
Nous avons en France des grandes écoles qui forment une vraie élite managériale disposant du plus large spectre de conscience et sciences contrairement aux universités étrangères qui réduisent le champ visuel du créneau pour accentuer sa spécialisation. Grandes écoles ne veut pas dire "grande école" mais les sept soeurs : Normale Sup, Polytechnique, CentraleSupelec, Navale, HEC, Mines ou Ponts, Saint-Cyr. On a oublié Physique & Chimie de Paris et SupOptique. C'est dans ce vivier qu'il faudra puiser le restaurateur de la monarchie, que l'on fera passer par l'ENA pour qu'il assimile tous les rouages du gouvernement d'un pays. Le tempérament devra donner la résilience et l'équanimité ; l'intelligence et la formation, la perception rapide de l'enjeu ; le caractère, l'intuition d'une décision pertinente. Le monde dans lequel nous continuons à vouloir vivre avant qu'il ne se transforme en four crématoire, ne laisse plus le temps aux "conseils" et autre réunion des licenciés en sciences molles. Le décideur interpelé doit décider, là, maintenant. En connaissez-vous ? Il n'y a aucun espoir de restauration monarchique en dehors de cet environnement.

clap 2000ème

De la monarchie absolue à la monarchie constitutionnelle


La royauté, flèche du progrès, s'oppose à l'Etat républicain obèse, éparpillé en autant d'emplois que de clients, manipulant une liberté abstraite, une égalité abstraite, une fraternité abstraite, jetant les vaincus idéologiques d'un jour sur les vainqueurs d'un autre dans un combat civil permanent sous la tyrannie du Nombre ! Un système à promettre condamné à la fuite en avant !
Agent commissionné de Dieu pour le bien de son peuple, le roi de France était empereur en son royaume. Il personnifiait l'unité du droit, était l'unique source du droit, et dans l'architecture pyramidale dont il était la pointe, toute loi, toute règle ne procédaient que de lui. De cette solitude impartagée est né l'adjectif "absolu" (ab solu) désignant un être existant par lui-même, parfait (dit le Larousse). Missionné par Dieu à la défense, l'harmonie et le bien commun de la nation telle que l'a forgée l'histoire et la géographie, il ne répondait de ses actes qu'à Dieu. Dans les Six Livres de la République, Jean Bodin théorise ainsi l'absorption de la société civile par l'Etat politique pour lui offrir une protection totale, créant le concept toujours vivace aujourd'hui de l'Etat-nation. Le droit régalien qui en découlait n'avait aucune autre limite que celles imposées par le Tuteur, la source primaire de toutes choses à laquelle le roi devait revenir continuellement pour y renouveler son immunité. D'où l'expression mal comprise de "droit divin".

Cet absolutisme qui ne pouvait compter sur aucune excuse, imposait une grande rigueur dans l'émission ou le retrait des lois, sinon plus encore dans l'organisation des fonctions de chacun attaché à l'Etat, le but ultime étant l'ordre, à défaut duquel rien ne tient. On se souviendra que Bodin vécut pendant les guerres de religion et que Bossuet, qui fonda le "droit divin", traversa la Fronde. Finalement, les clés de ce régime étaient le Droit de Dieu et la Morale naturelle propre à l'espèce civilisée, dans le souci premier du bien de l'humanité ainsi que le disait Bodin : "Il n’est de richesse que d’hommes". On voit que loin d'être maître de ses caprices, le roi d'antan était pris dans les fers du Droit de Dieu et que le soin qu'il devait prendre de ses peuples incluait celui qu'il réservait à ses ennemis ; d'où la leçon donnée au soir de Fontenoy par Louis XV au Dauphin : « Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire est de l’épargner.»

Sous l'Ancien régime la conversation du roi et de son créateur était permanente et plus tendue encore quand on approchait du terme de l'exercice pour déposer les comptes. Lieutenance du Christ sur terre, la charge suprême était écrasée sous le poids de la volonté divine. Le roi craignait Dieu autant qu'il pouvait être craint de ses sujets. Evidemment, pour les esprits forts d'aujourd'hui, cette sujétion du chef de l'Etat à une puissance surnaturelle est inimaginable puisqu'ils se prennent tous pour des dieux, avant de mourir comme des hommes et pourrir comme des bêtes. Mais la sujétion divine n'est pas adaptable. Toutes les monarchies l'ont conservée. Aucun roi n'est seul au monde. C'est dans le package. D'où la difficulté à intégrer le binôme Dieu-Roi dans une société décrétée laïque par ses élites jusqu'au point d'en faire une vertu. Si l'athéïsme actuel n'est pas un obstacle puisqu'il se cantone à la sphère privée, il sied de trouver le "frein" qui se substituera au droit divin dans le domaine public, et ce fut le défi des temps modernes. Les Anglais les premiers l'ont trouvé dans le régime constitutionnel - la démocratie de Westminster - une façon de faire atterrir les commandements surnaturels en les déliant de leur origine divine. La constitution prend à son compte le droit supérieur (positif et naturel) auquel le monarque devra se conformer s'il veut exercer librement sa fonction. La monarchie n'est dès lors plus vraiment "absolue" mais par la qualité supérieure de sa gouvernance, au quotidien comme sur le temps long, elle peut conserver l'autorité naturelle qui en aurait découlé. Un seul monarque dans l'histoire a su conserver l'absolutisme en niant la transcendance, c'est le despote éclairé dont l'archétype cynique est Frédéric II de Prusse. C'est sans le savoir celui qu'attendent les Français pour nettoyer la porcherie politique. Les monarchistes devront faire avec !

En conclusion, le roi de demain (mais si !) ne sera pas échappé d'un livre mais fait de chair et de sang. Prisonnier de la tunique cathare, il devra renouer la conversation métaphysique qui le transcende et le bride, et accepter les limites que lui imposeront ses sujets avant de lui rendre sa souveraineté au sein d'une constitution de l'Etat. Dans ce double encadrement, il exercera ses pouvoirs pour le bien commun et la pérennité de la nation. Selon la formule consacrée, elle gèrera les affaires subalternes en ses états ; le roi gèrera les affaires régaliennes en ses conseils ; et les peuples seront bien gardés.

De la mise à jour


Parlons-nous en l'air, pour les petits oiseaux qui pépient dans les arbres ? Que non. L'époque connaît un net recul du fantasme républicain au sens où les générations montantes dépassent le cadre de valeurs imposé par leurs aînés et s'abstiennent de remettre des pièces dans la machine démocratique en n'allant pas voter. Ils ont acquis une conscience planétaire et jugent étriqué le périmètre national que tant de leurs soucis débordent. Ils ne connaissent la nation que comme une brique d’un tout et non une finalité en soi, pas plus que l'enclos exclusif de l’exercice démocratique. A l'autre bout du champ de conscience, ils sont affairés à la réalisation du moi à travers moult réseaux d'échanges sans frontières qui les passionnent autant qu'ils les intoxiquent. Pour au final ne reconnaître aucun avantage à la République es qualité qui peut leur apparaître comme un régime hégémonique désincarné faisant tourner sans répit la crécelle de ses "valeurs" au bénéfice des thuriféraires qui en vivent. Leur conscience est purgée, la page est à écrire dans ce qui devient un désert moral. La mesure des préoccupations de l'opinion nous montre que les tenants d'une idéologie sont définitivement ringardisés. A nous de savoir convaincre avec les mots d'aujourd'hui, en commençant par bien comprendre le nouvel environnement politique de la cité. Quelque chose est au-dessus d'elle mais la "nation" n'y suffit plus.

Aux cœurs vaillants qui entrent en monarchisme, je souhaite d'en bien comprendre les enjeux et d'approfondir leur formation dans la perspective d'une conversion des idées en succès palpables, mesurables et mesurés, au sein d'un monde différent de celui qui reçut les écrits des grands maîtres, sans doute pas meilleur (ce monde), mais qui n'a plus rien à voir avec la République inquisitoriale des années 1900 contre laquelle se levaient les royalistes. Le "danger" actuel vient plus de la société que de l'Etat. Exigez de vos chefs l'aggornamiento et la gestion par objectifs avec quitus en fin de mandat ! Nourrissez-vous du fonds théorique des penseurs monarchistes, mais pensez aussi par vous-mêmes, proposez, soyez autonomes en esprit et faites vivre vos convictions dans la France d'aujourd'hui. Courage, il en faudra ! Mais serons-nous prêts au jour de l'insurrection qui vient ? C'est notre seul défi.



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Ce billet est le premier d'une séquence "Rénovation" qui forme la deux millième contribution du Piéton du roi au blogue Royal-Artillerie. Elle se compose des trois articles suivants :

jeudi 8 avril 2021

Le Prince comme souci

[Diffusion restreinte] Plus que jamais nous devons distinguer « les deux corps » de Kantorowicz (1895-1963). L'un descend des rois oints qui approuvèrent les lois de succession du royaume aujourd'hui disparu, et monte au vitrail pour s'y figer ; l'autre va à la banque couvrir son découvert en liquidant ses positions marchandes. Alpagué par la presse "gotha-clic" du royaume d'Espagne, le champion légitimiste français aurait soldé ses affaires sans que l'on sache très bien où est la ligne de retraite derrière laquelle il va se défendre. De quoi, est aussi la question.

affiche Cara al Sol

Jusqu'à plus ample informé, Louis de Bourbon (Luis-Alfonso de Borbón y Martinez-Bordiú sur papier glacé) marchait sur deux jambes : à droite celle de la grosse Fondation nationale Francisco Franco depuis le décès de sa grand-mère Carmen Franco y Polo, fille unique du regretté Caudillo que le gouvernement socialiste de M. Sanchez a réinhumé dans un cimetière normal de la capitale, le rendant paradoxalement plus facile d'accès qu'en Valle de Los Caídos ; à gauche, les intérêts européens pris en aval des activités du Banco Occidental de Descuento (BOD) de son beau-père, dont il n'est plus qu'admistrateur suppléant au Conseil de Maracaïbo, après avoir exercé les fonctions de vice-président international, à nulle fin. Le BOD est présent au Venezuela, au Panama, en République Dominicaine, à Curaçao, Antigua et Barbuda. Rien en Espagne où vit le gendre de Victor Vargas et sa fille adorée, les tentatives faite autour du Groupe Santander ayant capoté (peut-être par les liens trop étroits liant la banque et son propriétaire au pouvoir bolivarien). Louis de Bourbon, apparemment déchargé de mission, a cherché dès 2012 à s'investir dans des affaires en propre, modestes et numériques pour la plupart. Ce sont ces activités (clic) qui ont été clôturées récemment, faute de résultats positifs ; à l'exception de Reto 48, un espace de reset personnel inédit en 48 leçons, qui tient ses comptes et poursuit l'aventure. D'un autre côté, le gouvernement socialiste espagnol a mis la Fondation Franco dans sa ligne de mire, mais il n'est pas dit qu'il ait le temps de détruire l'héritage dans tous ses états, parce que la coalition PSOE-Podemos se déchire. Ce qui nous permet quand même de conclure que la situation financière du prince Louis de Bourbon est en Espagne précarisée. Beaucoup lui prédisaient une carrière politique dans la mouvance de la droite dure, après le constat de popularité qu'il a pu faire lors des manifestations franquistes de 2019 au mausolée, mais le parti VOX a répété que Louis de Bourbon n'était ni encarté ni candidat nulle part. On ne le voit pas non plus monter un parti politique qui, en VOX, existe déjà, sans parler même des remontrances qu'il s'attirerait de la Casa Real qui n'eut de cesse de le marginaliser, lui retirant tous ses titres, voyant en lui et à raison un recours néfaste à la perpétuation de la branche de Barcelone sur le trône. Sans doute lui faudrait-il aussi plus d'amis compétents en politique, ce déficit semblant le plomber de part et d'autre des Pyrénées.

Qu'est-ce qui change en France de ce fait ?


Il faut remonter aux vœux de nouvel an, dans lesquels le prince Louis dit que La France paye cher une crise de l’intelligence collective qui lui fait oublier sa nature et son identité ; une crise qui l’a conduite à favoriser dans les années récentes, avec le déni du spirituel, la promotion de l’individualisme, la perte des valeurs, l’absence d’une saine compréhension de la nature et de l’environnement, la course au profit immédiat, au lieu de s’attacher en premier lieu à la recherche du bien commun. Même s'il s'en défend, il déroule un programme dans lequel il s'inscrit par sa présence continue de témoin vivant d'une histoire glorieuse. A moins que la déclaration ne soit que le songe d'un secrétaire - ce que je ne crois pas - Louis de Bourbon met la France au centre de son projet personnel.
Trois objectifs : renouer avec la mission civilisatrice de la France ; réinsérer du spirituel dans le juste équilibre des pouvoirs ; rendre à l'homme sa dignité d'espèce à part. Sa démarche est au bon niveau et ne racole pas l'opinion majoritaire plus laïque et prochoix. Par contre la traduction de ces principes dans une action d'application aux réalités de l'époque n'apparaît pas encore du côté des groupes légitimistes français. Ça viendra sans doute, en espérant que leur réaction ne soit pas comme trop souvent la récitation en boucle des psaumes de la Légitimité. Plus trivialement, vont-ils un jour comprendre que l'entresoi des grimoires à la lueur des bougies ne hâtera pas l'avènement du prince de leur cœur. Mais convenons que les chapelles royalistes, et de tout bord, sont en circuit d'attente, un peu comme les avions qui tournent autour de l'aéroport en attendant de se poser. Chacun se dit prêt à "répondre" à l'appel. Le prince attend les royalistes qui attendent eux-mêmes les autres, les Français, du moins ceux qui devraient demander un roi. La dernière fois que les Français sont sortis pour demander du changement fut celle des gilets jaunes sur les rond-points. A ma connaissance, personne du parti du roi n'est venu au brasero leur expliquer LA solution. Aucun prince non plus ! Le déficit de propagande (au sens pyrotechnique) est patent ! Comment les Français appelleraient-ils un roi à leur secours s'ils en ignorent les bienfaits pour demain. Demain ! Pas dans l'histoire enjolivée des émissions télévisées en jaquette ! Demain ! On en revient à la communication étique du mouvement royaliste, maintes fois signalée ici, sans aucun effet bien sûr.

Communiquer sur la monarchie est compliqué aujourd'hui par le cloisonnement logistique dérivé de la pandémie chinoise, et Louis de Bourbon, qui vit à Madrid, n'a plus la liberté de venir aussi souvent en France qu'il le souhaiterait (et il déteste l'avion). C'est dommage pour lui à tous égards mais aussi parce que son "concurrent" est à l'étiage depuis l'assignation calamiteuse de la Fondation Saint-Louis pour détournement des intentions cachées d'Henri l'Ancien, son fondateur, calamiteuse pour une image déjà écornée par son apparente oisiveté. Le squat en plus ! Cette situation, même éphémère, lui aurait permis de faire l'écart de points en entraînant les légitimistes à sortir de la crypte pour faire avancer au grand jour la cause du roi de tradition. Mais ce prince comme son cousin semble adepte du hamac méditatif ; la certitude qu'a chacun d'être le phénix des hôtes de ce bois ne se traduit en rien d'autre que de camper sur la position acquise, ce à quoi ni le prince Alphonse ni Henri l'Ancien ne s'étaient résignés. C'est ici que nous replaçons le titre de ce billet : le prince comme souci.
Nos prétendants sont un souci, non pas de sincérité mais de crédibilité. On en vient à la légitimité de tout impétrant dans une situation d'instauration et non plus de restauration. Si ce n'est eux, ce seront d'autres ! Un contributeur du Salon Beige (époque Lahire) avait dit une fois que la légitimité réside essentiellement en le respect et la mise en œuvre de la loi naturelle, en la stabilité du pouvoir capable de maintenir intra et extra muros un ordre stable et pacifique, et préserver les conditions de prospérité, matérielle et immatérielle, des corps naturels constitutifs de la nation, laissés libres de poursuivre leur finalité propre, fondée non sur des idéologies mais sur des intérêts concrets. Boutang avait auparavant ramassé ces idées dans un slogan définitif : "le droit du prince naît du besoin du peuple". S'il n'est pas de loi supérieure aux nécessités du temps pour sauver le pays que celle de l'efficacité, les Lois fondamentales du royaume ne peuvent être qu'une indication pour les hommes en recherche d'une ouverture, que cette ouverture soit ou pas d'application immédiate. La monarchie est techniquement la solution pour réparer ce merveilleux pays qui part en... morceaux. Son retour peut certainement être un legs du passé, mais est-il décisif d'y joindre le lest d'une dynastie battue partout sauf en Espagne ? Poser la question hors des cercles royalistes est instructif !

Jean-Philippe Chauvin réitère régulièrement la démonstration d'une monarchie capable de résoudre bien des défis qu'affronte notre pays (clic). Extrait : En libérant la « première place », cette magistrature suprême de l’État aujourd’hui livrée au Suffrage et à cet éternel combat des chefs qui transforme la vie politique en une « présidentielle permanente », la Monarchie royale remet les ambitions au niveau inférieur mais aussi nombre de pouvoirs indûment détenus par l’État (aujourd’hui trop envahissant) aux collectivités locales, professionnelles ou universitaires, ce que l’on pourrait nommer « les républiques françaises ». Sa traduction royaliste n'est pas qu'une affaire d'héritage après une rupture de deux siècles, soyons sérieux ! Aucun des princes qui battent l'estrade n'est aujourd'hui en capacité d'accéder si tant est qu'ils soient au niveau de l'emploi, même si l'Espagnol a dévoilé une pugnacité rare chez la maison de Bourbon contre le démantèlement des rémanences franquistes. Ces messieurs prendraient-ils le risque de se compromettre socialement pour une cause inaboutie ? Leurs fidèles redoutent un coming out politiquement très incorrect. Ils ne se battront pas, sauf insurrection générale peut-être, et redoutent toute forme de conscription. Il suffit de mesurer leur timidité dans les contributions financières, le bénévolat étant la règle, par défaut. Ils ne sont pas assez nombreux, mal commandés. Mis à part les camelots du roi de l'Action française aux effectifs comptés, on ne verra personne en voirie pour donner le dernier coup de rein à la cause monarchiste s'il s'avère un jour décisif. On entend plus souvent dans les cercles ultrabrite la dénonciation de l'impatience des participants que la sonnerie de la charge de cavalerie, puisque la cause légitimiste est éternelle. Donnons du temps au temps, disent les pharisiens qui n'accepteront jamais d'être débités de la disparition de notre civilisation pour leurs atermoiements dilatoires. Une nation peut disparaître, un pays être entamé ou divisé, un peuple banni, mais ces messieurs récitent des mantras face au mur comme discutaient des anges les docteurs de Byzance quand le Turc passait la chaîne de la Corne d'Or.
Décidément il manque une cheville ouvrière au timon de la monarchie. On ne se passera pas d'un facilitateur tant les princes et leurs affidés nous semblent improbables dans l'action. Vienne quelqu'impatient de forte constitution, qui ait l'envie d'emporter la nation à la pointe de son élan ! C'est la Gaule ici ! Un roi viendra-t-il plus tard ? A lui de nous convaincre.

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