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samedi 1 janvier 2022

En attendant les meutes...

L'Insurrection-Qui-Vient rattrape son retard. Elle va même entrer en gare avec un peu d'avance. Le battement d'aile du papillon sera peut-être l'obligation du port du masque dehors en ville, parangon de la soif de pouvoir des petits marquis de la macronie, qui jouissent de se voir obéis selon leur humeur du matin. Ouvrez vos fenêtres en grand pour aérer plusieurs fois par jour - et les prescripteurs se gardent bien de laisser leur adresse où envoyer sa facture de gaz - mais si vous sortez de chez vous, mettez le masque, l'air est pourri de variants grecs et l'amende donnée vaut 135 euros !

émeute Paris

D'où viennent les pulsions de meurtre qui traversent la nation après que tout le possible ait été accepté par les gens pour passer les vagues de coronavirus chinois les unes après les autres ? Certains ont payé cher, surtout les confinés en appartement, les vieux séquestrés en EHPAD pour leur bien, les parents de jeunes enfants scolarisés et leurs rejetons responsabilisés à outrance, les télétravailleurs forcés déconnectés de leur boîte et la masse immense des petits entrepreneurs et libéraux lâchés en rase campagne avec quelque viatique, pour agoniser en silence sitôt les subsides retenus. Côté nation le contrat a été rempli, la proportion de gens vaccinés et le commerce des autotests le prouvent. Mais côté Etat, là, non ! J'entends encore les savants consentir à m'expliquer tant je suis con, qu'on ne forme pas un réanimateur en quelques semaines, et qu'il faut du temps pour armer les lits adaptés. MAIS ÇA FAIT DEUX ANS MAINTENANT QUE VOUS AVEZ DIT ÇA ! Où sont les lits nécessaires à surmonter les vagues épidémiques ? Vous recommencez à déprogrammer des opérations chirurgicales, prouvant par là que le secteur hospitalier public est toujours aussi indécrottable. Arrêtez vos réformes technocratiques arrogantes, donnez les clefs aux professeurs chefs de service ! Et pour commencer, débandez ces équipes administratives surnuméraires qui font vivre neveux obèses, salopes et malins aux dépens des soignants qui se crèvent ?

Nous subissons la présidence du verbe, de la réthorique, de la logorrhée, les voeux présidentiels nous l'affirment. Le foutriquet finissant, reteint en blond, monte à Bruxelles faire la roue, nous laissant aux bons soins de l'impayable monsieur Castex de Prades. Ce représentant en apéritif va finir par faire sortir tout le monde à l'assaut des sous-préfectures. A leur place, je me méfierais, les Gilets Jaunes n'étaient qu'un galop d'essai.


A comme anarchie

samedi 28 mars 2020

Royco, le rêve passe et Dieu rit !

Sur un forum catholique intégral proche de l'Union des cercles légitimistes de France qui promeut le roi par la rechristianisation du pays, des participants doutent à voix haute des capacités du mouvement à profiter des crises sociale et économique pour faire avancer la cause du roi, en termes directs et sans fard : « ... quant à proposer un gouvernement royaliste, il faudrait d'abord être en ordre de marche avec une proposition globale (Roi-constitution-gouvernement) connue et envisageable pour les Français. »

Si des tentatives ont bien eu lieu dans un passé récent (AR, GAR), les royalistes n'ont jamais su déposer sur la table une offre politique construite, jamais ! Pas plus qu'ils n'ont su convoquer les moyens financiers de leur propagande. En attendant une génération rationnelle, le rêve passe et Dieu rit !


Chaque crise est exploitable pour le changement de paradigme, et faire cela ne nous convoque pas nécessairement à entrer en piste dans le cirque démocratique d'étage national où les dés sont pipés par les écuries partisanes et les scrutins trafiqués par des protocoles corruptifs de second tour. La société s'ébroue parfois et peut décider de notifier ses choix en dehors de la procédure électorale en blasphémant la sainte constitution.

La tout dernière fois, ce fut la jacquerie des ronds-points avec les gilets jaunes de la classe moyenne basse. Elle exprimait la colère du travail pénible et insuffisant pour vivre et mettait le doigt sur le coût faramineux de la société française la plus taxée au monde et qui ne marche pas. Aurions-nous eu une offre politique de monarchie active sociale décentralisée, lisible et facilement explicable, que nous aurions pu aller sur les ronds-points diffuser le petit livre blanc de la monarchie nouvelle ! Certains royalistes l'ont fait, mais à part d'expliquer les raisons du déclin, personne n'avait rien dans la main à proposer concrètement. Rappelons-nous quand le programme commun de gouvernement tripartite est sorti en 1979, il a été publié et diffusé largement par les partis de gauche pour que les gens comprennent bien de quoi il s'agissait.

Aujourd'hui la queue de trajectoire n'est pas d'aboutir à une révolution par les urnes mais de terminer les parlements et le népotisme, le clientélisme démocratique latin, l'énarchie et les si nombreux fromages républicains. Or les émeutes parisiennes des gilets jaunes ont montré que la cible était bien le Palais-Bourbon et en province aussi puisque les permanences des députés ont particulièrement souffert. On passera sur l'incendie criminel de la préfecture du Puy-en-Velay.

Sans doute nos lecteurs sont-ils trop jeunes ou moins encore pour se souvenir de mai 68 : tous les ministres ont déserté Paris pour se réfugier dans leur famille en province (Alain Peyrefitte, ministre de l'Education nationale - le réacteur de l'émeute - était planqué chez sa mère à Provins, même pas chez lui ! Il mourra sénateur.) Pourquoi fuirent les étourneaux ? Parce qu'ils avaient compris que c'était de leur peau qu'il s'agissait et qu'ils n'avaient pas envie d'entrer dans l'histoire. Ne sont restés à leur poste à Paris que le Premier ministre Pompidou et le Préfet de Police Grimaud. Le soir, Charles De Gaulle partait dormir au Grand Trianon de Versailles ! Dans sa fuite à Baden Baden, il avait pris femme et famille pour ne pas les laisser au milieu des dangers. Cela pour dire qu'il n'est pas besoin d'entrer dans le jeu démocratique républicain pour faire avancer le schmilblick.

Aujourd'hui la preuve est renouvelée de l'incapacité du système à résoudre une crise relativement mineure parce qu'il sécrète naturellement l'incompétence au bénéfice des proches, des relations, réseaux et recommandations. Tout indique que la sortie de crise Covid-19 va être très dure pour le gouvernement. Mais que vont faire les gens ? voter et rentrer chez eux ? sans doute pas. Marcel Gauchet prédit que « une immense violence couve dans ces insatisfactions accumulées. Si elle éclate, elle confèrera aux manifs de gilets jaunes le statut de plaisanteries d’après-banquet.» ((Marianne et JP Brighelli). Les rues pourraient se remplir à nouveau de mécontents en grand nombre si l'on n'oublie pas que 84% de l'opinion soutenaient les GJ au début, avant la captation des manifestations par l'extrême gauche et ses slogans d'un autre siècle.

Or pour s'insérer dans l'alternative, l'offre politique royaliste n'est pas prête. Elle doit tenir en vingt pages, avec des diagrammes, des interactions entre les étages de pouvoir et l'administration des territoires. Pour faire "simple", il faut extraire le régalien strict à la dispute et le remettre au pouvoir permanent en échange de quoi les territoires s'administrent de manière autonome par la démocratie directe ou représentative selon le choix de chacun. Terminé l'uniformisation, le jacobinisme, le caporalisme. Cent républiques libres sous le paratonnerre royal. Le damier est brisé, c'est le moment, c'est l'instant, en voiture ! Il n'y a pas de voiture ! On n'y arrivera pas à travers des élections, ni par la prière. Alors quoi ?



samedi 4 mai 2019

Méditation au rond-point

Sur un réseau social à l'emblème de l'oiseau bleu, l'exquise Sophie de Menthon exprimait sa perplexité quant au soutien général que reçoit le mouvement des Gilets jaunes dans ce pays. Tout est dans le dernier mot :
@SdeMenthon - « Aux 60% qui soutiennent les gilets jaunes: il faudrait commencer à prendre conscience que vous contribuez à déstabiliser le pays et qu’il n’y a rien d’autre à attendre sinon vous endetter vous et l’État @MouvETHIC. Sans compter que vous encouragez la violence. Incompréhensible.»

Ce sentiment d'incompréhension est largement partagé chez les élites françaises qui pointent les incohérences et incompatibilités des revendications populaires dans le pays le plus redistributeur qui soit, le plus taxé, le plus endetté pour faire l'échéance de ses fonctionnaires pléthoriques. On serait tenté de leur donner le point mais ce qu'elles ne voient pas est une nation malade d'elle-même. La Nation française a pourri sur pied, elle s'effondre lentement. Et la nature ayant horreur du vide comme le montrent les villages en ruines recouverts de lierre, cette Nation malade habitant le plus beau pays du monde va être submergée par les nouveaux barbares, vigoureux et pleins d'envies. Abonné à l'Itinérant, hebdo de clodos jadis ayant muté en magazine de qualité (je recommande), je lis par curiosité et un peu en diagonale le cahier d'annonces légales qui le fait vivre. Sans avoir besoin de pointer, les deux tiers des annonces sont le fait d'entrepreneurs étrangers ou d'origine étrangère par leur patronyme. Les deux tiers !!! Deux tiers du risque économique de base est pris par des étrangers en France ? Dans mon chef-lieu de canton de 30000 habitants il ne reste qu'une boulangerie française ; toutes les autres sont arabes (ou perse) et elles gagnent chaque année un prix au concours départemental du pain. Le matin passe la benne à ordures : qui est au cul du camion ? Des étrangers. L'emploi paie mal ? pas du tout, très bien au contraire. Mais il faut se lever à 5 heures. Près de la gare s'est construit un gros ensemble immobilier, un quartier entièrement neuf gagné sur les épandages : j'observais cet hiver sous la neige les pointes d'épingles noires qui bougeaient sur les immeubles en construction. Les trois-quarts des ouvriers du bâtiment sont noirs. Mon voisin a fait isoler son pavillon par l'extérieur, tout le chantier parlait arabe. Trois maisons ont été construites à la place d'un garage désaffecté tout à côté de chez moi, tout le chantier parlait balkanique... je peux en faire dix pages sans oublier la métallerie d'en-face autrefois française (des amis y travaillaient) aujourd'hui yougoslave (je ne sais de quelle ethnie)... Tout ça pour dire que le grand remplacement dénoncé parfois abusivement par la bande à Camus est surtout un remplacement dans le travail. Qui livre chez Fedex, UPS, DHL, TNT si ce ne sont des arabes ou des noirs ? Qui va monter demain chez moi mon lave-vaisselle Bosch made in Turquie, 10 euros que ce sera un noir ! Gros déficit de courage dans la population de souche, Antilles comprises. Alors le mal-être se diffuse, le cancer de la frustration métastase, la culpabilité pointe son nez, le Gaulois râle, la Nation se liquéfie.



Le mouvement des Gilets jaunes ne mobilise pas grand monde, trente ou cinquante mille, cent mille, deux cent mille sur une population politique de quarante-cinq millions de citoyens. Mais à son spectacle, chaque samedi, la Nation (ou 60% de la nation selon Mme de Menthon mais c'est monté à 84% en novembre 2018) résonne de l'expression de ce mal-être, elle vibre ! S'il est reconnu que l'assistanat généralisé a provoqué chez nous un affaissement mental sans égal en Europe à tel point que le sevrage devient dangereux, la route est courte vers la mise en cause des cadeaux empoisonnés que fit le Conseil national de la Résistance de 1945 à un peuple battu. On ne peut comprendre cette dépression sans dénoncer le régime politique conservateur qui depuis cinquante ans trafique la représentation politique et stérilise l'innovation sociale par l'arrosage des clientèles. Cette perception d'un régime en défaut fut patente au sein du mouvement des ronds-points de 2018, qui se défiait de tout ce qui pouvait ressembler à un corps intermédiaire, chambre ou ordre professionnels, parti politique, syndicat etc... La construction même de la Vè République en est ébranlée dans l'esprit des citoyens, sa constitution est vue comme une entrave, l'organisation des pouvoirs qu'elle induit, le boulet du forçat à la cheville du citoyen. On ne peut gouverner durablement une démocratie comme la nôtre si la moitié du corps électoral est barré d'accès aux hémicycles législatifs. Il n'y a pas lieu aujourd'hui de dauber sur la gabegie généralisée du régime de prébendes, la corruption morale d'une classe politique professionnalisée, la dictature d'une technostructure d'habiles et malins formatés à l'identique dans les canaux d'alimentation des cours, cabinets et administrations du pouvoir central. Non, nous nous en tiendrons au déclassement de la moitié de la Nation, ailleurs les Intouchables, ici les Invisibles.

Pour représenter les gens et en même transporter les disputes de la rue à la Chambre, il n'y a que des élections à la proportionnelle. On objecte à l'établissement de la proportionnelle dans les scrutins nationaux qu'elle empêcherait la formation de majorité de gouvernement du pays. Ce qui exclut l'exercice de coalition que pratiquent tous autres les pays européens. Sont-ce des génies de la démocratie ? Peut-être ! Nous avons déjà montré ici que la coalition est jouable dans des systèmes à la proportionnelle sous condition de contrainte, nous n'y revenons pas (cf. Parlementarisme de 2007 sur ce blogue).
L'autre objection est double. D'une part, la confection des listes électorales ouvriraient la porte à l'allégeance et à la caporalisation des groupes parlementaires. La transformation du député libre en godillot date des débuts de la Cinquième où l'électeur et le mode de scrutin majoritaire à deux tours envoyaient à la chambre des bataillons UNR ou UDR ou RPR tout à fait mécaniques de soldats stupides aux ordres, ce qui n'a pas augmenté l'estime des électeurs à leur endroit. D'autre part, le déracinement du député soi-disant hors-sol l'éloignerait encore plus de ses mandants. Ce qui est un gag quand on voit la distance mise entre eux deux. Essayez d'avoir rendez-vous. Mais notons que cette distance imposée s'est un peu réduite depuis l'explosion de la colère. Il y a cent façons de connecter l'élu au peuple, il suffit d'en choisir une qui soit distincte du mode électif.

Instaurer la proportionnelle et dissoudre l'Assemblée nationale dans la foulée aurait été une mesure suffisamment dramatique pour stopper la dérive du ressentiment général à l'endroit du Macronisme. Au lieu de quoi l'Elysée a mis en page un catalogue des Trois Suisses de la Réforme tranquille sur déficits aggravés et dette accrue. Qu'il ne se plaigne pas maintenant que le compte n'y soit pas dans le cœur des révoltés, malgré l'avalanche de milliards toujours non financés. Les gens n'attendaient pas la manne des Hébreux, mais une refonte du modèle social vers plus d'efficacité, de libertés et quelque part de bonheur. Le pouvoir, isolé dans l'entre-soi, captif d'une discipline de projet, ne l'a pas compris. Ce qui manque à ces messieurs, ce n'est certes pas l'intelligence pure ni la pugnacité, moins encore la résilience, c'est tout simplement la culture de l'Etat et celle du gouvernement des nations, choses qui ne s'apprennent pas dans une école de bachotage. Ces gens sont des touristes. Ils vinrent, cherchent à durer, seront chassés à marée descendante. Ceux qui les précédaient étaient des nomenklatouristes issus des partis politiques, blanchis sous le harnois de la prévarication, corruption, concussion et arrogance pour faire bon poids. Pour que ça marche, il faut barrer les cons et les rusés de l'accès au pont du navire. Le régalien doit être remis entre des mains compétentes et intègres, une aristocratie au sens premier. En reste-t-il ? Il semblerait plutôt que les meilleurs dans ce profil aient déserté la politique pour l'aventure personnelle dans des champs d'action où ils peuvent se réaliser sans perdre leur âme et l'honneur. A défaut d'en trouver suffisamment si l'on doit compléter les tableaux d'effectifs de forts en thème sans imagination, il faudrait au moins que la pointe de pyramide soit née pour l'emploi et ne combatte pas toutes griffes dehors pour s'y hisser ! En attendant que le régime nouveau stabilise l'Etat central, les royalistes devraient diffuser plus largement l'offre de compétence et pérennité de la monarchie pour la France de demain, sans se perdre dans les vieilleries d'hier. Dit en passant, les 60% de Mme de Menthon correspondent à la prévision d'abstention aux prochaines élections européennes.


vendredi 26 avril 2019

Au comptoir du Canon des Ternes



En décembre dernier, ce blogue déplorait la trop forte hauteur de marche entre un connétable de France et un capitaine de gendarmerie après avoir analysé les brillantes insuffisances de monsieur Macron. Vers le trou noir d'une révolution... titrions-nous alors ! C'était au temps de l'Acte V, nous en serons demain à l'Acte XXIV ! Il n'y aura pas de révolution parce que le peuple, abruti par le modèle socialiste à dose homéopathique, ne veut pas la faire pendant les vacances scolaires ni les vacances d'été. Alors notre président de la République déroule le one man show de plus (pas encore de trop) qui tel un discours de premier ministre à la chambre basse sur la politique générale programmée de son gouvernement endort les plus attentifs. Le pays n'est pas en révolte, il est en décomposition. Faudra-t-il attendre qu'il soit pourri à l'os, qu'il schmoute de partout, pour qu'à l'exemple de l'Algérie et du Soudan les éléments encore sains renversent les institutions calamiteuses de cette République anachronique avec l'accord tacite des forces de sécurité ? La révolte des ronds-points annonçaient l'an dernier quelque chose de profond. Les défilés de Gilets jaunes de cette année sont un défouloir scénarisé par quelques vedettes du mouvement et leurs correspondants de la rue des Saussaies. Malgré les maladresses, le pouvoir finira pas dissoudre le mécontentement dans l'acide de la lassitude. La conférence de presse de l'Elysée devait être le clap de fin, le jour où un jeune et fringant président renverserait la table de toutes les vieilleries qui nous encombrent ! Discours construit, aisance au pupitre, forte corrélation des diagnostics et des remèdes... une révision générale de la voiture ! Il n'y a pas eu de clap, ni de choc qui auraient précipité la foule en nation.

Il eut fallu deux ou trois mesures emblématiques qui se seraient attaqué au cancer de base, le socialisme hérité de la Libération. On attendait "un" Margaret Thatcher ! Nous avons eu le lauréat du Concours général de la Somme, un gamin intelligent aux épaules étroites et aux pattes trop longues !



mardi 19 mars 2019

Recoudre la nation par l'État

L'effilochage de ce qui fut la nation française* et les sursauts de cohésion que traduit le mouvement des gilets jaunes signalent un pays en crise profonde strié de fractures en tous sens. D'aucuns s'en désespèrent jusqu'à demander "quoi faire". Royal-Artillerie propose d'agir au niveau de l'enjeu, bien loin de la timidité et de l'amateurisme des pouvoirs en place chaque jour un peu plus déconcertés. Les réflexions ci-dessous ont été laissées sur le site LFAR de la Restauration nationale ; elles entrent en archives R.A. :



Même si le paysage politique et social est glaçant comme le dit si bien Pierre Builly sur La Faute à Rousseau, il reste un horizon, à condition de réfléchir les pieds au sol et se méfier des "grands principes" définitifs. Le pays est tellement dans la merde qu'on peut s'asseoir sur beaucoup de principes quels que soit leurs illustres originateurs. Place au pragmatisme. Un royaliste peut y trouver son compte.

Il faut sauver le régalien d'abord, et la pratique de la Vè République peut y aider. Deux domaines sont déjà disjoints du gouvernement de Matignon, les Armées et la Diplomatie. Il suffit (?) d'y rajouter la Police nationale et le Trésor public avec les TPG départementaux, pour avoir déjà un Etat central solide.

Pour compléter le domaine réservé, il faut réformer la Justice haute, rock bottom, en détruisant d'abord l'Ecole nationale de la magistrature et en revoyant tous les liens entre les hauts pouvoirs de la République (Elysée, Sénat, Assemblée) et les structures judiciaires de niveau national tels que les conseils, cours, autorités attachées, afin de désyndicaliser les tribunaux... puis remettre de l'argent dans cette fonction essentielle comme le font tous nos voisins.

Une fois réservé, le domaine régalien devrait être arraché à la dispute démagogique (dite démocratique) et remis à un pouvoir permanent au-dessus de la mêlée. On peut inventer ce qu'on veut... même un roi en commençant par rétablir le septennat.

Les autres domaines du gouvernement du pays pourraient être partagés entre Matignon et les treize régions (comme en Allemagne) qui pousseraient ensemble les réformes nécessaires, nombreuses et urgentes dans les transports, l'éducation, le climat, l'énergie, la santé, vieillesse, alimentation, sécurité publique (polices municipales), les cours consulaires, juges de paix, le fisc régional, etc... Tous ces champs d'action nourriraient les parlements régionaux et national dans la grande tradition des grands étripages gaulois, mais au moins le socle essentiel de l'Etat serait mis en sûreté.

Cela pourrait obliger à revoir l'épure monarchiste devenue obsolète et différer sine die la remonte de l'Armée catholique et royale. Au moins les militants bosseraient-ils sur du concret avec une gestion par objectifs des étapes de réflexion pour construire un régime rénové. Quant au prétendant, il aurait du grain à moudre pour une queue de trajectoire enfin jouable.

Idiot ? Je ne sais pas.


(*) La nation, telle que nous l'avons connue au sens de Renan, a duré moins moins longtemps qu'on ne l'imagine parce qu'elle n'a pu s'exprimer que par la centralisation capétienne. Elle va de l'échec de la Fronde à la crise de 1929 (1932 pour la France) qui va faire le lit de l'internationalisme (SFIO, PCF), 280 ans environ.

dimanche 17 mars 2019

Aller au contact des black blocks !

Un ours blanc suivait un ours noir, moralité : les ours se suivent et ne se ressemblent pas. Il en va de même des "Actes saturnesques" du mouvement des "gilets jaunes" et casseurs associés. La Commedia dell'arte qui a pris d'assaut la place Beauvau - Kéké Casta fait un capitan du tonnerre - s'avère infoutue de gérer l'insurrection à éclipses, ce qui ne doit pas étonner, les charges régaliennes étant données aux amis de campagne qui se tiennent tous par la barbichette.

Le plus malin de ce groupe est peut-être l'ex-nouveau maire de Lyon qui a perçu le branlement du manche - rien à voir avec l'affaire Benalla - à constater que sa pupille, parvenue au sommet de l'Olympe grâce à lui, se saoulait de mots à l'intention de cellezéceu qui voulaient bien l'entendre. Sur le perron ministériel, en passant le maroquin à Edouard Philippe, il avait anticipé un soulèvement général des banlieues impossibles à tenir dans les règles de droit, et si le mouvement actuel des "gilets jaunes" n'y a pas pris son origine sauf ponctuellement dans la diversité, c'est une révolution globale des périphéries blanches qui a confirmé ses craintes.

Bien sûr ce ne sont pas les effectifs en ébullition à Paris et dans les métropoles régionales qui expriment le fond d'insatisfaction général, mais le soutien massif de l'opinion même en décrue. Comme nous l'avions vu sur ce blogue lors des épisodes précédents, les "gilets jaunes" ont sous-traité les revendications aux professionnels de la peur institutionnelle que sont les groupuscules entraînés aux désordres urbains, à gauche-gauche pratiquement tous. L'Acte XVIII (qui l'eut cru ?) a cette fois bien montré cet emboîtement de la sous-traitance. Et malgré la complaisance des preneurs d'images qui ont abreuvé le pays de flagrants délits côtoyant l'impassibilité coupable de manifestants complètement dépassés par le film, l'avenue des Champs Élysées a été abandonnée aux casseurs par des forces de police toujours ailleurs. Je croyais benoîtement qu'il existait des unités en civil qui renseignaient l'autorité sur les points chauds. Sans doute existent-elles encore mais leur production n'est pas traitée convenablement en salle de commandement. On en vient au cœur du sujet : Que faire face aux black blocks ?

black Blocks


Notre police anti-émeute est la seule d'Europe occidentale à être armée du LBD40, lanceur de balles en caoutchouc dur capables de provoquer de graves lésions voire plus en plein visage. Bizarrement cette arme puissante, largement en dotation, n'a pas pu être utilisée contre les escouades de black blocks, antifas et autres nuisibles. Si j'élimine une stratégie du chaos volontaire - en fait, je n'ose pas soutenir cette thèse faute d'éléments tangibles directs - je privilégie celle de l'incompétence, l'impuissance et la frilosité des donneurs d'ordre dont le premier semble être : « pas de mort, surtout pas de mort !» et le second : « ne rien tenter d'innovant sans le blanc seing de l'Elysée ». Or l'Elysée était au ski !

L'insurrection doit être traitée dans ses causes et ses effets. Nous ne revenons pas sur les causes aujourd'hui, ni sur les remèdes pouvant les éteindre, ce blogue en a beaucoup parlé. En revanche, le traitement des effets est complètement défectueux. Nous sommes protégés par un gouvernement de coiffeurs (une pensée pour Serge Reggiani). Le maintien de l'ordre à la française, comme beaucoup de choses à la française hors du champ agro-alimentaire, est une foutaise destinée avant tout à protéger de toutes poursuites le pouvoir en place en cas d'issue létale de son action. Avec les groupuscules d'autonomes, il n'y a que le contact qui opère, mais qui dit contact dit formation au combat, ce qui n'apparaît pas encore dans les réactions des unités engagées, CRS et Gendarmerie mobile, qui d'ailleurs manœuvrent derrière les canons à eau et pas devant, comme l'exigerait une bonne doctrine d'emploi. Le combat rapproché ou close combat n'est pas une procédure d'interpellation, mais une action visant à éteindre la menace à portée de main stricto sensu. La Gendarmerie mobile en laquelle on inculque la fibre militaire devrait se former au close combat et en avoir la libre pratique sur ordre spécial, dès que les manifestations dégénèrent. Le résultat serait spectaculaire en dommages directs et parfois collatéraux, dans les rangs de la Gendarmerie aussi, et les autorités devraient faire preuve d'organisation en massant les ambulances juste derrière les pelotons d'attaque.

Le seul problème est que nul politicien français en charge ou en attente ne visera pareille circulaire sur l'emploi de la force brutale de contact en cas d'émeute. Alors on entendra la litanie des déplorations de tous bords qui vont bien au teint et font rire les initiés. Dernière remarque : au moment de l'Acte XVIII ont avancé à Paris et en province des "Marches pour le climat" qui ont amassé bien plus de monde que les "gilets jaunes". Ces manifestations se sont passées dans la joie et la bonne humeur sans débordement aucun. Le gouvernement pourra ainsi n'en tenir aucun compte, CQFD !

vendredi 15 mars 2019

Contribution au Grand Débat national en ligne



Pour archive, voici la contribution du Piéton du roi déposée sur le site du Grand débat national dans le chapitre "Fiscalité et dépenses publiques". Dès la prise en compte du texte, le site supprime les balises d'alinéa et la mise en forme pour valider un bloc compact de mots qui apparemment seront traités numériquement, sans doute par la loi d'occurrence. Le texte ci-dessous cite cinq fois l'État et une seule fois la Dette et la CNAV (Caisse nationale d'assurance-vieillesse); l'important sera donc de pérenniser l'État...
Quelqu'un du pouvoir lira-t-il une contribution personnelle en ligne ? Tant pis, la voilà !

«... La revitalisation de la classe moyenne inférieure et la réindustrialisation (progressive) des territoires convoquent, à côté des investissements privés, des moyens budgétaires qui n'existent pas.
Il faut les trouver dans la dépense publique dont la réduction est la mère de toutes les réformes. Les trois plus gros postes de dépenses sont l'État, la Santé et la Vieillesse.

(i) Il faut gérer l'État avec modestie en écoutant la Cour des comptes et freiner le coulage clientéliste. Stop aux fromages républicains et aux structures gouvernant la dérive invasive de l'État dans la société (même si les Français, intoxiqués depuis 1945 à l'assistance, en redemandent).

(ii) La Santé doit être auditée sérieusement dans les gaspillages de tous ordres dont beaucoup proviennent de l'absurdie bureaucratique. Écouter les professeurs hospitaliers qui vivent au coeur de la machine mais avec un état de conscience supérieur à la moyenne, serait ne pas perdre son temps.

(iii) On a tout dit sur la vieillesse. Il faut jeter aux orties les dogmes et principes obsolètes pour s'attacher à une gestion de bon père de famille qui reculera l'âge de départ à la retraite pour cause de vieillissement prolongé et arrêtez de faite supporter par la CNAV les dégraissements des entreprises.


Hors-sujet : le chômage. La caisse doit équilibrer ses comptes et l'État cesser d'y mettre ses doigts, en imposant par exemple au régime d'indemniser les intermittents du spectacle qui ne couvrent pas les frais. C'est indigne de se moquer du paritarisme quand l'ordonnancement des dépenses lui échappe.

On ne cherche pas deux ou trois milliards. mais bien trente pour commencer. Ensuite, viendra le tour de la Dette, humiliante pour le plus beau pays du monde. Mais a-t-on encore de la fierté en France sans que le ridicule ne nous tue ? ...»


Pour valoir et faire...


lundi 4 mars 2019

En regardant passer les opportunités

Louis de Bourbon, duc d'Anjou
Leurs excellences Don Luis Alfonso et Doña Margarita sont rentrés à Madrid en famille, revenant de New York où la cigogne leur a livré leur quatrième enfant. La fratrie est donc américaine, en plus des nationalités parentales. Souhaitons-leur d'en profiter quand ils seront en âge de poursuivre des études dans le grand monde des universités. Mais pour le temps présent, les soucis du duc d'Anjou semble cerner la menace d'exhumation de son arrière-grand-père Francisco Franco de la basilique souterraine en Valle de Los Caïdos, exhumation que le gouvernement Sánchez voudrait voir achevée avant les élections législatives provoquées par le refus de son budget aux Cortès de Madrid et prévues le 28 avril prochain.
Un des derniers messages laissés par son excellence sur sa page Facebook signale contre qui il entend rompre des lances :
Señores del #gobierno, @Sanchezcastejon, @carmencalvo_, @PSOE, #comunistas, #separatistas y medios afines: en la #vida se pueden comprar o vender muchas cosas pero nunca la #dignidad
#ElValleNoSeToca
#ElValleSeDefiende

Tant le procès des sécessionnistes catalans que la dispute sur le lieu de ré-inhumation des cendres du Caudillo - les Franco ont une concession au cœur de Madrid - vont occuper le nouveau chef de famille qui ne pourra pas se priver du plaisir de pousser ses champions dans les élections générales où quelques nostalgiques de la Phalange viennent de se souvenir que le fils de l'aîné et descendant du regretté dictateur c'était finalement lui. Connaissant ses sympathies actives pour le parti de droite carrée VOX, on doit s'attendre à voir Louis de Bourbon en campagne d'ordre et pour compte, ce qui risque de froisser les susceptibilités du mouvement légitimiste français de stricte obédience qui a pris l'habitude de le convoquer aux jeux du cirque royaliste, dans des églises ou pèlerinages le plus souvent. Entre ses engagements politiques et ses activités professionnelles, où trouvera-t-il le temps ?

A la sortie de la Chapelle expiatoire à Paris où il était venu le 20 janvier dernier présider une messe pour le roi Louis XVI, le duc d'Anjou avait donné une interview à Boulevard Voltaire par laquelle il montrait un intérêt intact pour sa mission et sa position. Concernant la situation quasi-insurrectionnelles de notre pays voici ce qu'il confiait à Marc Eynaud.

[BV] On vous a vu et entendu soutenir les gilets jaunes. Pourquoi ce soutien et en quoi vous semble-t-il légitime ?
J’ai voulu montrer une certaine solidarité avec tout le pays dont je voyais qu’il était en souffrance. Il y a un ressenti d’une grande injustice en train de se développer : d’un côté une fiscalité toujours plus forte, et de l’autre des services publics et un niveau de vie en baisse, et cela, tant dans la France rurale que dans les banlieues qui sont devenues, en certains endroits, des territoires de non-droit. Est-ce sain ? Je ne le pense pas. L’intérêt du mouvement actuel est qu’il est spontané, né de la distorsion entre une France légale et celle qui vit dans la réalité du quotidien. Ainsi, des personnes de tous les horizons s’y associent ou l’approuvent. La durée du mouvement montre sa légitimité. Certains politiques, comme Benoît Hamon, parlent de « vacillement de la République ».
[BV] En effet, la crise des gilets jaunes semble avoir fragilisé la confiance des Français vis-à-vis des institutions. Parallèlement, on sent un regain d’intérêt pour votre parole, qui est reprise par les grands médias. Y voyez-vous un signe quelconque ?
Les huit siècles de royauté ont montré qu’il fallait savoir évoluer. Celle du XIIIe siècle n’était pas celle de François Ier ou de Louis XIV. La royauté n’était pas conservatrice. La République est une forme de gouvernement comme une autre. Rien ne sert de s’attacher à un mot s’il perd de son sens.

L'héritier des quarante rois - ce qui n'en fait pas le légataire universel - veut donc faire évoluer le modèle, au grand dam des intégristes de l'Union des Cercles légitimistes de France, en allant bille en tête vers la monarchie constitutionnelle honnie. Ce n'est pas un coming out pour qui le connaît et l'écoute. Son modèle, à plus ample informé, est la constitution espagnole de 1978 qui a pour objectif principal d'organiser une monarchie hautement symbolique où le titulaire promulgue les lois votées au parlement et retient la capacité de sanction ; et en même temps une monarchie fédérative puisque la décentralisation effective du pays est génétique à l'Espagne, le royaume actuel ayant été constitué à partir de royaumes préexistants (d'où le titre ancien de roi de toutes les Espagnes que portaient les souverains jusqu'à Ferdinand VII). La couronne règne donc mais ne gouverne pas ses peuples ; les Cortes Generales de Madrid en sont la cour constitutionnelle et expriment la souveraineté nationale, en quoi leur session est continue. Même si nous sommes au stade de la conversation de salon, cette vision d'un futur possible pour une France à régénérer coupe à angle droit la monarchie de droit divin des légitimistes de stricte obédience, confinés aux grimoires et parchemins enluminés de la vieille tradition davidique (j'exagère à peine). En fait, et c'est leur droit le plus strict, ils s'en remettent à l'intercession de la Providence sur la ligne de pente transcendantale pour le lieu et l'heure d'une restauration, à condition de rétablir le modèle qu'ils privilégient à l'exclusion de tout autre. Le Ciel dira ce que nous voulons qu'il dise ! Il fut un temps où leur meilleur tribun, un converti récent à l'haleine de moutarde qui sévissait sous le pseudonyme de Lulo, se faisait fort de dresser le prétendant espagnol à ses vues radicales, et accessoirement faire des remontrances au nouveau pape argentin dont le magistère semblait dévier. On ne l'entend plus ; peut-être qu'à la fin, il s'est fait étrangler au fin fond de la crypte pour libérer des propos plus aimables pouvant attirer des adeptes non sectaires. Juste l'histoire des mouches et du vinaigre.

En avant donc vers la monarchie constitutionnelle ? D'aucuns se consoleront en se souvenant que la constitution de la Vème République française est d'essence monarchique et remet des pouvoirs considérables au président élu. Si l'on substituait aujourd'hui un roi au président dans le texte, il obtiendrait des pouvoirs dont aucun de ses prédécesseurs dans l'histoire n'a jamais disposé. Je ne m'aventurerai pas à penser que c'est peut-être beaucoup pour le niveau atteint par les divers prétendants mais faisons confiance au Saint-Esprit qui descendit sur Clovis au jour de son baptême. Et j'en viens au point qui fâche : pourquoi aucun de nos prétendants au trône n'a-t-il fait d'études politiques sérieuses ? Qu'ils aient le sens de l'Etat donné par leur éducation au sein de familles responsables, n'induit pas qu'ils aient naturellement la connaissance des rouages, le fonctionnement du réacteur, les effets à attendre ou à redouter des causes et arbitrages nécessaires. Ces choses s'apprennent dans des cursus élitaires auxquels ils semblent tous avoir échappé. Celui qui a fait les études les plus poussées et les a converties en un vrai métier est Jean-Christophe Napoléon. Aux dernières nouvelles, il travaillait chez la succursale londonienne de Blackstone New York, une banque d'affaires sophistiquées montée par un ancien patron de Lehman Brothers avec son directeur d'alors des fusions-acquisitions. Souhaitons-lui de percer dans la jungle des banques américaines qui sont un défi permanent et féroce, formateur du caractère.


Jean d'Orléans, comte de Paris

Une vraie question demeure (il y en a deux) : Louis de Bourbon veut-il s'impliquer en France plus loin que les commémorations d'usage, comme d'ailleurs son père avait voulu l'organiser avant son accident de ski fatal ? Son engagement franquiste peut-il être dépassé et contrôlé par son engagement français ? Si personnellement je n'aurais rien à lui reprocher de ses engagements personnels actuels, on peut douter que tous les royalistes français soient en résonance sur des positions tranchées quant à la guerre cruelle toujours en mémoire, sans parler bien sûr des Français non-royalistes à convertir pour atteindre la masse critique indispensable à un changement de régime. Si les réponses sont "non", s'ouvrent deux possibilités, attendre la majorité du jeune prince Louis de Bourbon (duc de Bourgogne); sinon placer nos espoirs dans la famille d'Orléans, toujours sur le qui-vive pour prendre la lumière des espérances. Le décès du duc de France Henri ouvre la voie à son fils Jean. Léger problème, à cinquante-trois ans, le prétendant n'a exercé sérieusement aucun métier. On peut croire que les Français ne feront pas confiance à un rentier. Le leurre d'exploitant forestier ne tiendra pas longtemps sous la curiosité d'une presse d'investigation, et on peut douter de la pugnacité d'un héritier, qui ne s'est toujours pas réalisé lui-même, à performer dans la mission de réhabiliter le pays. A moins que la disparition d'un père compliqué ne le libère vraiment et qu'il prenne le taureau par les cornes en organisant largement la promotion de ses intentions. La déstabilisation de la République que signale Benoît Hamon, appelle des réponses de fond. Est venu le moment de pousser les pions du roi, si tant est que le mouvement soit capable d'exposer un projet crédible qui intéresse les gens. Mais toute irruption dans le champ médiatique nécessite des moyens financiers conséquents dont nous ne disposons pas. Nous disparaissons lentement du champ de la presse imprimée et n'apparaissons pas dans celui de la presse virtuelle ou sur les plateaux médiatiques. Le site dérivé du Million du roi en a fait des tonnes sur cette conversion absolument nécessaire. Alors ? nous attendrons la prochaine fois, com'd'hab ! D'ailleurs aucun "prétendant" (sauf feu Alphonse de Bourbon, duc de Cadix) n'a ouvert ses coffres pour faire de la politique en France. Ce qui nous amène à la question qui tue de cet article décousu :

Si tout concourt à nous persuader que les ailes de la victoire sont d'expérience portées par celles de la fortune, et si la banque anglaise n'y pourvoira plus comme aux temps de l'usurpation coûteuse, quid de l'argent ? On sait que les quatre mille royalistes français n'y pourvoiront pas non plus, à divers motifs dont le plus fréquent est leur impécuniosité chronique, due peut-être à ce qu'ils sont dans la vie plus contemplatifs que réactifs. Rares sont les royalistes à avoir fait fortune dans leur profession et par après montré leur bourse ; mis à part certains militants de l'Alliance royale qui jetèrent tous leurs deniers dans le prix de sondages afin de mesurer la popularité de leur cause avant de faire campagne à leur frais. Chapeau ! On dirait que le péché capital le plus commun au Roycoland soit l'avarice. Et que dire des princes ? Quelle chapelle, parti, publication, journal, a vu la couleur de leur bon argent ? De vous à moi... ils n'y croient pas. Leur popularité même réduite à une poignée de fidèles les flatte, et les courtisans qui n'en tireront que des titres de fantaisie, se pâment à leur contact et augmentent la transe. Il suffit de si peu à l'armée des nostalgiques laissés pour compte dans la société quotidienne pour enjoliver leur vie bien ordinaire d'un sourire ou d'une poignée de main un peu prolongée. L'héritage dynastique est une sorte de rente de complaisances diverses qui suffit aux princes en vue, leur laissant tout loisir de jouer au chef de maison et parfois au "parrain" comme on le vit sous le règne virtuel d'Henri l'Ancien. Pas d'argent pas de suisses ! Quelle propagande pourrait faire pleuvoir les sous, ouvrir les porte-monnaie après les cœurs ?

Langue au chat ! Le système apparaît auto-destructeur si les militants sont privés de construire un programme convaincant de gouvernement en substituant à l'Etat bureaucratique actuel un Etat décentralisé et recomposé sur ses fonctions régaliennes. Le mouvement aurait gagné à dessiner les contours de l'épure monarchique dans un grand débat où tous auraient été conviés, et qui aurait abouti à la construction d'un projet de régime. Il y a longtemps, des assises royalistes furent impulsées par la Conférence monarchiste et la cellule SYLM, pour mettre tout à plat. L'impulsion fut rapidement éteinte par les chapelains menacés dans leur position sans éclat ni écus et peut-être freinés par la camarilla d'Orléans soucieuse du pouvoir d'initiative intact du prince en charge. Comme les Pujo chez l'Action française 2000, l'important n'était que de continuer, même sans mandat, de durer... ! Nul ne sait ce que pensent au fond d'eux-mêmes les princes de la meilleure physique sociale pour sauver un pays qui s'effiloche chaque jour un peu plus. Tout cela manque de concret, pieds au sol ! Les conférences, du domaine historique ou sociétal le plus souvent, restent prudemment dans les bons sentiments, les incantations au bien commun qu'on ne définit pas, les généralités de bon sens qui ne fâchent personne, toutes choses rabâchées qui meublent des arrières-salles de café mais qui ne lèveront pas les foules.
Cessez, roycos, de cotiser et demandez Le Programme.





dimanche 10 février 2019

Emboîtage de la contestation


C'est une affaire de sous-traitance qui a mal tourné. Au tout début, des gens invisibles dans la société de l'image ont mis des gilets d'accidentés de la route pour être vus des pouvoirs publics qui les ignoraient. Afin que nul ne les efface des journaux télévisés, ils occupèrent rond-points et bretelles d'accès aux zones commerciales, des péages autoroutiers aussi, pour faire ch... le peuple afin que ceux-là se plaignent. Bizarrement, ils obtinrent plus de soutien que de critiques, du moins de la part des "gens". Rien n'a vraiment bougé depuis trois mois. Le soutien populaire fluctue mais ne coule pas au fond de la mer des indifférences ! Les Français expriment leur ras-le-bol et sous-traitent leur mécontentement aux Gilets jaunes, lesquels, bien conscients que les manifs syndicales bien propres avec corso fleuri n'ont jamais rien donné, sous-traitent à leur tour les revendications aux casseurs..., lesquels sont la coquille de protection des black blocks ou comme on les appelait au XIX° siècle, les anars ! Tout s'emboîte. Et le pouvoir ne sait quoi faire plus que des proclamations qui toutes tombent à l'eau.

Ce ne sont pas les cinquante ou soixante mille gilets jaunes insurgés, infestés de black blocks et d'antifascistes, qui posent problème. C'est le soutien des deux-tiers des Français (on est monté jusqu'à 84%) qui ne faiblit pas quelles que soient les mesures, annonces, diversions lancées comme des boules dans les quilles de l'actualité. La porteuse est double : la classe politique est une nuisance ; le titulaire de la présidence a volé l'élection.

Alors les minions du Château ont inventé la cellule psychologique géante, le Grand Débat National (GDN). « Dites ce que vous avez sur le cœur et vous irez mieux » un peu comme le suspect en garde à vue : avouez, soulagez votre conscience. Manque de pot, les gueux ont vu l'embrouille et les trois premières semaines de débats les ont confortés dans le jugement que le GDN est en effet une cellule sociale de dégrisement et qui pis est, une plateforme de propagande du président en tenue de campagne qui capte les heures d'audience dans un one-man-show chaque fois renouvelé et dont la conclusion devrait être inédite pour tenir les promesses de l'exercice. Sauf que chacun anticipe déjà une sortie de crise de la couleur des gilets, la couleur des cocus.

Les vieux routiers ne voient que deux issues aux deux défis : dissolution de la chambre ou réinitialisation de la procédure présidentielle. Le quinquennat aura duré deux ans ! Au lieu de cela, le pouvoir et ses relais médiatiques sont complètement abrutis sur le GDN qui repousse l'échéance de décisions très difficiles, et ils se regroupent sous l'oriflamme de la légalité. Elus pour cinq ans, ils ont la loi avec eux.

Si Macron avait du Mazarin en lui, il arrêterait le GDN qui a déjà tout donné, et il convoquerait immédiatement le Congrès de Versailles pour réhabiliter la Constitution dans son esprit parlementaire :
- retour au septennat, mais à mandat unique ;
- injection d'un tiers de proportionnelle dans les élections législatives ;
- déconnexion des élections présidentielle et législatives : plus de législatives post-élection présidentielle.

Ce serait un électrochoc dont l'intensité diminuerait la prégnance des revendications catégorielles qu'il faudra affronter, mais plus tard. Pour sortir de l'ornière, il faut casser la présidentialisation du régime car les contrepouvoirs ne fonctionnent pas et les abus de position sont trop faciles. La Constitution est détournée en permanence dans son esprit, les pouvoirs s'en amusent. Si les quinquennats précédents ont eu leur lot de césarisme à éclipses, le mandat actuel n'est que césarisme ! Le bouquet "final" est l'affaire Benalla.

Si l'attitude du président Macron, onctueuse et rigide à la fois, est perçue par les Français comme un foutage de gueule cynique, ce ne sera plus l'insurrection de cinquante mille gilets jaunes mais la révolution en marche. Sire, ce peuple est terrible, disait quelqu'un à Louis XVI, surtout quand on lui a mis la tête à l'envers !



lundi 4 février 2019

Le régime fait problème

Et si finalement c'était trop simple ? Le régime est en cause directement et son changement, voire a minima la réforme drastique de l'Etat, sont la mère de tous les remèdes au chaos actuel. C'est simple : améliorer les conditions de vie des Français moyens et pauvres exige que soit réinjecté dans le circuit économique tout l'argent qu'on pourra récupérer des dérives démocratiques qui arrosent sans discernement les champs d'inutilités. La sphère publique engloutit chez nous bien trop de plus-value créée si difficilement par l'activité humaine. Un slogan ?

L'Etat dévore la Nation !


Un régime démocratique truqué comme le nôtre jette à chaque élection la moitié du pays sur l'autre, et pour tenir la distance jusqu'à la prochaine, récompense ses clients. Cette récompense est toujours tirée de la ponction sur les perdants pour arroser les gagnants ; et pour pérenniser l'arrosage, il faut augmenter le périmètre d'intervention de l'Etat afin de sanctuariser les avantages concédés. Outre les fameuses mesures sociales en faveur des plus démunis, qui vont bien sûr créer des bureaux et des fonctionnaires pour les accompagner, on invente des "droits à" et des fromages très nourrissants. Un exemple ponctuel de fromage qui n'est pas de gauche : *En décembre 2009, une mission sur « les conséquences sociales de la mondialisation » est confiée à Christine Boutin pour enrichir les propositions du G20* (*Lci.tf1.fr-9.06.2010). ¤Le poste évolue en avril 2010 en "collaborateur de cabinet" du ministre du Travail Éric Woerth, avec une rémunération de 9500 euros par mois, qu'elle cumule à une retraite mensuelle de député et conseiller général de 8600 euros¤ (¤France Info-9.06.2010). Selon Le Canard enchaîné du 9 juin 2010 (page 2) : laquo; cette nomination aurait permis à Nicolas Sarkozy de faire taire les critiques de l'ancienne ministre envers le gouvernement (elle avait été débarquée par Fillon) et surtout d'écarter son éventuelle candidature à l'élection présidentielle de 2012 ». C'était une récompense électorale anticipée ! Elle dévoile l'état d'esprit des politiciens parvenus aux affaires : c'est rien, c'est l'Etat qui paye. Vous pouvez maintenant évoquer cent autres cas semblables de tous les bords politiques.

La Casta comme disent nos cousins italiens quand ils évoquent leur classe politique, est corrompue mentalement et matériellement jusqu'à l'os, et les désordres en cours sont en partie provoqués par le dégoût et la défiance des électeurs à son endroit. Assertion gratuite ? Que nenni ! Le Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF 2019 (clic) signale que 79% des Français éprouvent soit du dégoût pour la classe politique (39%) soit de la défiance (28%), de l'ennui (10%) ou de la peur (3%).

Le glouton, emblème de l'Etat français


Si le peuple est souverain de par la Constitution, il va bien falloir qu'il se substitue à cette classe dans son ensemble pourrie, à quelques exceptions près de proximité que nous connaissons chacun. Le précipité populaire en cours n'augure pas encore d'une intelligence suffisante tant les vœux émis sont contradictoires (plus de services publics, moins de taxes et des retraites augmentées), mais il devrait suffire d'une éducation rapide à base de bon sens pour enfin l'éclairer, ce que La Casta s'est toujours refusée à faire puisqu'elle a préempté le pouvoir, les filières de pouvoir et l'éducation au pouvoir.

La Casta représente le peuple o-bli-ga-toi-re-ment. Savez-vous de quand date la préemption ? C'est subtil. Du 15 juin 2000, quand les jugements d'assises rendus au nom du peuple souverain furent passibles d'appel. Le mirage se liquéfiait, le peuple constitutionnel n'était crédible que jusqu'à midi. A midi dix, c'était un ramas de beaufs, diabétiques et consanguins, une foule... qui jouait aux juges mais qu'il convenait de guider entre les lices bourgeoises de la pensée autorisée pour bien garder les moutons. Royal-Artillerie appelle à briser les lices bourgeoises et, jamais en retard dans l'éducation des masses laborieuses et démocratiques, propose un axe de réflexion simple et testé ailleurs pour améliorer les conditions de la vie humaine ici, celui qui vise à tirer des ressources d'un Etat-providence lamentablement obèse, perverti par les dérives électoralistes évoquées plus haut : techniquement, on va nourrir notre projet à partir de la graisse du mammouth.

Commençons par la répartition de la dépense publique (les chiffres arrondis fournis par Contrepoints sont de 2017 mais ça change peu):

TABLEAU A
286 milliards d'euros) à l'Etat
169 aux collectivités territoriales
760 aux dépenses sociales
77 aux investissements
Total : 1.292 Mds€

On voit que le gros poste est la dépense des régimes sociaux ; elle se ventile ainsi :

TABLEAU B
250 milliards d'euros à la santé
45 à l'emploi
21 à la pauvreté et l'exclusion
325 à la vieillesse
18 au logement
55 à la famille
46 aux frais de gestion des dépenses sociales (c'est beaucoup)
Total 760 Mds€

Les plus gros postes sont finalement au nombre de trois : Etat (tableau A), Santé et Vieillesse (Tableau B).

Même si la réduction herculéenne de la dépense publique doit chasser le gaspi dans tous les compartiments de la République, on ne résoudra pas ce déficit monstrueux de 69 milliards d'euros sans taper sur les gros postes. Le plus cher est le régime de retraites déficitaire. A quoi bon s'enfouir la tête dans le sable pour ignorer qu'on vieillit plus longtemps en entrant plus tard dans la vie active ? Le tabou de l'âge légal de départ participe de cette sottise française que le monde entier découvre puisque, endettés jusqu'au cou, nous maintenons l'âge le plus jeune de l'OCDE pour des raisons idéologiques. Tous nos partenaires sont à 65 ans et cet âge glisse dans le futur pour suivre le taux de survie. Qu'attendons-nous pour être raisonnables ? Que le FMI nous l'impose ? D'autre part le défi de la durée de cotisation pour des actifs tardifs sera résolu par la retraite à points et par la défiscalisation des cotisations complémentaires libres. Quant aux régimes spéciaux non financés, puisqu'ils sont abondés par l'ensemble des contribuables, ils doivent disparaître par le seul principe d'équité, équité chérie, et tout de suite.

L'autre gros poste est l'Etat. C'est un morceau difficile à percer, mais on sait que la dépense majeure est dans les effectifs. Sans se disputer poste par poste, ni se réfugier derrière le flic ou le pompier, on sait quand même que le volant de surnuméraires est très important. Nous sommes au-dessus de la moyenne OCDE de presque deux millions de postes et les autres pays développés ne sont pas sous-administrés. Même si nous avons une attirance pour les services publics (comme l'Autriche ou le Danemark) les surnuméraires, c'est-à-dire les doublons, ceux dont le travail est dupliqué ailleurs, sont très nombreux. Fillon voulait dégager 500000 postes par attrition naturelle des départs à la retraite. C'est un minimum, pourquoi ? Parce que lors de la déconcentration des pouvoirs publics dans le cadre décentralisé, les fonctionnaires d'Etat auraient dû être poussés en masse vers les nouveaux emplois des régions, au lieu de quoi, soutenus en cela par un parlement envahi de fonctionnaires, les postes ont été maintenus au niveau de l'Etat central, personne n'acceptant d'être muté à Vesoul. Sarkozy a pu dégraisser presque 200000 postes payés à rien foutre, mais celui qui fréquente l'Etat central sait qu'il en reste beaucoup. Donc 500000 est un bon chiffre dont on peut trouver l'articulation dans les propositions électorales de François Fillon ; il se complète par la remontée des heures hebdomadaires de travail présence à 39 heures.

Dans ce chapitre "Etat", il reste bien sûr tous les débordements publics sur la sphère privée à travers une foultitude de comités théodules appelés hauts commissariats, commissions, agences, fondations, hautes autorités, défenseurs, délégués etc... On a recensé plus de cinq cents postes du style de celui de Chantal Jouanno, sans parler de l'audiovisuel public et son excroissance CSA qui font un peu relique soviétique en 2019, non ? Il faudrait chiffrer plus finement mais la destruction de ces empiétements sur la sphère privée, outre les économies engrangées, ôterait un motif important d'insatisfaction populaire. Les Français aiment la politique sociale ? Qu'ils créent et financent sur cotisations des associations qui la prendront en charge. Pourquoi, moi, dois-je cotiser par mes impôts à la société cynégétique... du Vercors ?

Le troisième gros poste est celui de la santé. C'est un sujet sensible surtout dans un pays où la pyramide des âges rétrécit à la base et où la quasi-gratuité des soins est entrée dans les mœurs publiques au même titre que le pinard et le fromage. Raison de plus pour privilégier une gestion serrée non pas du stock d'infirmières mais des bureaucrates et des ayant-droits. Comment ? En consultant les professeurs hospitaliers qui savent très bien où ça coince malgré l'huile surabondante des rouages administratifs, et en réprimant la fraude de façon impitoyable. Le juge honoraire Charles Prats en a fait son cheval de bataille, souhaitons-lui d'aller jusqu'au bout et de dénicher quelques millards qui pallieront des manques ailleurs, comme par exemple dans les soins dentaires. Dit en passant, l'AME (Aide médicale d'Etat) protégeant les étrangers de maladies transmissibles aux autochtones (ce fut l'argument de départ) devrait être auscultée dans le détail pour éviter les soins de confort et le tourisme médical provenant du Maghreb et du Proche Orient. Il s'agit d'un milliard par an. On ne peut pas non plus accepter la surconsommation médicale. Si les patients veulent conserver le bénéfice d'une prise en charge maladie quasi-gratuite sur crédits publics, ils doivent être raisonnables et pour ce faire, contraints ! Cela ne plaît pas, mais rien n'empêche les hypocondriaques de consulter des médecins non conventionnés qui leurs factureront des honoraires conséquents à la hauteur de leurs espérances de guérison.

Hôtel de région à Montpellier, avec les immeubles administratifs de part et d'autre.


Quand on aura terminé par ces évidences, il faudra passer au crible les dépenses des grandes collectivités locales, métropoles et communautés urbaines qui sont des nids de neveux à notes de frais gargantuesques. Un stage dans un conseil départemental ou régional vous apprendra tout. Ne cherchez pas, les plus grands coulages de crédits publics sont dans le midi, il faut le dire. Une gestion à la limite mafieuse coûte très cher, mais nous n'allons pas accabler d'avance ceux qui vont passer bientôt sur le grill de l'incompétence crasse, des passe-droits, de l'absentéisme et des durées de travail si courtes qu'elles en sont devenues grotesques.

Quand nous aurons fait de l'huile avec le gras du mammouth, on servira en premier la Justice qui est chez nous dans un état déplorable. Elle est notre honte en Europe. Puis nous commencerons à économiser pour réduire la dette française avant qu'un retournement de tendance sur le marché des bons souverains n'en renchérisse le prix et nous mène de la faillite à la banqueroute.


Les Gilets jaunes sont-ils aptes à comprendre qu'ils ne sont que les atomes d'un tout ? Je le crois dès lors qu'ils accepteront que pour s'en sortir, l'intérêt général doit primer les intérêts particuliers sans que ceux-ci ne soient bafoués pour autant. Les milliards non ponctionnés resteront dans le circuit marchand, dans la consommation de masse et l'investissement des courageux. Les marchés s'élargiront, la production augmentera et peut-être que certains exilés se diront que la France - plus beau pays du monde - risque bien de devenir un eldorado, et qu'il ne faudra pas traîner pour y tenter sa chance.

Arrêtons donc avec ces bêtises françaises qui n'ont plus cours ailleurs, dans le style "les plus riches paieront", "il faut partager la richesse" (sans se casser le cul à en créer), la "solidarité" des actifs et des feignants, la retraite magique à 60 ans et, chez un peuple battu, l'assistanat du berceau à la tombe (il y a des allocations d'obsèques).

Le bonheur français doit être apporté à chacun en se réalisant dans un boulot rémunéré correctement, au mérite et service rendu aux autres, occupation qui doit ouvrir des perspectives de progression par l'effort. Au lieu de quoi le bonheur français est sous Prozac à ce que dit la faculté de Médecine. Mais il faut commencer par rétablir la confiance entre les dirigeants et les citoyens, comme elle pouvait l'être par exemple sous la présidence de Georges Pompidou qui disait jadis : « Tout franc épargné, est épargné pour la France. Quant à ce qu'on en fera, faites nous confiance ! ». Nul n'en doutait.

Débarquons tous nos petits marquis poudrés, nos raisonneurs à compte d'autrui, et cherchons des hommes bien nés mais surtout d'expérience ! Comme disait Catherine II à Denis Diderot qui faisait le chemin de Saint-Peterbourg : « Avec tous vos grands principes que je comprends très bien, on fait de beaux livres et de mauvaise besogne. Vous oubliez dans tous vos plans de réforme la différence de nos deux positions : vous ne travaillez que sur le papier qui souffre tout ; il est tout uni, souple et n'oppose d'obstacle ni à votre imagination ni à votre plume. Tandis que moi, pauvre impératrice, je travaille sur la peau humaine qui est autrement irritable et chatouilleuse.»

Si vous voyez quelqu'un qui ferait l'affaire et accepterait qu'on le hisse sur le pavois, faites-moi signe. Je sais plein de trucs à ce sujet.





Addendum du 22/02/2019 : Synthèse contributive au Grand débat national postée ce jour sur le site du gouvernement (clic)
La revitalisation de la classe moyenne inférieure et la réindustrialisation (progressive) des territoires convoquent, à côté des investissements privés, des moyens budgétaires qui n'existent pas.
Il faut les trouver dans la dépense publique dont la réduction est la mère de toutes les réformes. Les trois plus gros postes de dépenses sont l'Etat, la Santé et la Vieillesse.

(i) Il faut gérer l'Etat avec modestie en écoutant la Cour des comptes et freiner le coulage clientéliste. Stop aux fromages républicains et aux structures gouvernant la dérive invasive de l'Etat dans la société (même si les Français, intoxiqués depuis 1945 à l'assistance, en redemandent).

(ii) La Santé doit être auditée sérieusement dans les gaspillages de tous ordres dont beaucoup proviennent de l'absurdie bureaucratique. Ecouter les professeurs hospitaliers qui vivent au coeur de la machine mais avec un état de conscience supérieur à la moyenne, serait ne pas perdre son temps.

(iii) On a tout dit sur la vieillesse. Il faut jeter aux orties les dogmes et principes obsolètes pour s'attacher à une gestion de bon père de famille qui reculera l'âge de départ à la retraite pour cause de vieillissement prolongé et arrêtez de faite supporter par la CNAV les dégraissements des entreprises.

Hors-sujet : le chômage. La caisse doit équilibrer ses comptes et l'Etat cesser d'y mettre ses doigts, en imposant par exemple au régime d'indemniser les intermittents du spectacle qui ne couvrent pas les frais. C'est indigne de se moquer du paritarisme quand l'ordonnancement des dépenses lui échappe.

On ne cherche pas deux ou trois milliards. mais bien trente pour commencer. Ensuite, viendra le tour de la Dette, humiliante pour le plus beau pays du monde. Mais a-t-on encore de la fierté en France sans que le ridicule ne nous tue ?
Merci au gouvernement pour avoir ouvert cet espace.




samedi 12 janvier 2019

My Chemical Romance

"Desolation Row" (2009) pour rester dans le ton de cette journée mémorable de l'Acte IX du soulèvement des Gilets jaunes...





mardi 8 janvier 2019

Gilets jaunes - rapport d'étape 8½

Du karaté-dansant au fromage républicain
à 14 plaques par mois !
Même si je ne crois pas à la sincérité des gnomes du Château dans l'organisation et l'issue du Grand Débat national, j'ai participé au niveau communal pour saluer la montée en ligne du maire qui a décidé de jouer le jeu démocratique. C'est du travail et je l'en félicite en inscrivant mes doléances dans le cahier municipal.

Comme dit et répété sur ce blogue, le président pouvait rafler la blinde en étalant les cartes que lui offre la Constitution de la Vè République. Pour résumer, faire lui-même le coup d'Etat. Dissoudre la chambre basse, appeler un référendum constitutionnel pour remettre le paysage politique d'équerre, et décentraliser le domaine public non régalien afin de le rapprocher du citoyen, consultable par des "RIC".

Resterait à choisir la circonscription consultative et exécutive. Il doit bien y avoir un énarque à 15000 euros par mois capable de distraire deux jours de son oisiveté à trouver ce territoire.

S'il faut désamorcer l'insurrection mentale des Gilets jaunes avec des mesures appropriées, il faut aussi aller à la racine du problème sans attendre. C'est pour ça qu'il faut pousser les feux de la réforme en se départant de cette gestion de tapis-roulant qui règle un problème et attend le suivant qu'on règlera à son tour au vu des réactions obtenues sur le précédent. C'est stupide mais bien dans les cordes des pieds nickelés aux manettes. Aucune vista.

Je pense que l'équipe actuelle a fait le tour de ses compétences limitées et devrait être débarquée, quitte à ce que le Château reprenne les rênes le temps de l'apaisement. Entendre chaque jour la litanie d'âneries proférées par les Schiappa, Griveaux, Damartin, Pénicaud est le plus sûr moyen de transformer l'insurrection mentale en insurrection sanglante. Ces gens et leurs relais médiatiques n'ont aucune perception des réalités. Ils s'offusquent de réactions parfaitement naturelles comme la cagnotte Dettinger, alors qu'ils devraient analyser à fond les raisons profondes de ces réactions inédites et cesser leur jérémiades indignes d'un "pouvoir".

Le spectacle des violences policières abondamment documentées sur les chaînes d'infox et sur les réseaux sociaux ont suscité un grand émoi en faveur d'un gitan qui a pété les plombs au bout de huit samedis de manifestation et s'en est pris avec brutalité à ceux qu'il a jugé pour brutes. Que valent les coups portés rapportés au trombinoscope des éborgnés, gueules cassées et autres mutilés des manifestations ? Il n'y a pas de réponses officielles. Sauf à seriner que les manifestations n'étant pas déclarées, chacun y allait à ses risques et périls, risques et périls instrumentalisés par les forces de l'ordre comme en Amérique centrale.

Quand au coup de menton du premier ministre hier soir sur TF1, on aurait aimé l'entendre pour le rétablissement de l'ordre dans les quartiers de non-droit qui enserrent toutes nos villes maintenant. S'il veut des idées, qu'il demande. C'est François Pupponi (député de Sarcelles) qui expliquait hier également que si le renseignement marche bien dans son département, la prise en compte des données et la mise en action sont complètement déficientes. En fait il ne se passe rien du tout ! Il n'a pas prononcé le mot "complicité" mais tout un chacun l'a entendu. Alors qu'on cesse les violons à Beauvau et à Matignon et qu'on vide ces putains de tours de toute la vermine accumulée ! On me dit dans l'oreillette qu'ils sont armés. Qui est armé ? Les autres ? Ah merde alors. Je comprends tout.

Un Premier ministre inquiet qui s'abandonne au flicage des mécontents

Pour terminer, je reprendrais deux formules d'Alain Duhamel chez Apolline de Malherbe (ce ne sont pas les mots exacts) : (1) la nouveauté sociale de la situation actuelle est la diffusion de la haine de tous les bords, dans toutes les classes. (2) l'intelligence du candidat Macron n'augurait pas de son savoir-faire, le président élu est nul en "politique".

Et Bernard Tapie de conclure : « qu'il démissionne et se représente, il gagnera au premier tour tant les autres sont mauvais !» M. Macron n'aura jamais l'estomac de jeter les dés de sa réélection.

Postscriptum de ce jour 21h : Chantal Jouanno, éreintée par les réseaux sociaux pour sa cupidité, a démissionné de son poste de direction du Grand Débat national. Dont acte.


vendredi 4 janvier 2019

Le Grand Débat en question ?

(©François Guillot/AFP)


« Qu'ils viennent me chercher !» restera dans les Annales républicaines au même titre que la brioche de Marie-Antoinette, la marque d'une inconséquence. Ils viennent, sire, et chaque jour plus près. Dans quinze jours nous commémorons la décollation du roi, n'y voyez aucune prémonition.

Comme tous ses prédécesseurs en crise, le pouvoir réagit en biaisant, par subterfuges afin de se dédouaner par avance des décisions à suivre qui pourraient être difficiles à vivre, le plus grotesque étant ce grand débat national encadré qui ne vise qu'à noyer le mécontentement général sous les formes démocratiques d'une procédure usée jusqu'à la corde. Comme dans les conférences internationales où le communiqué final est mis en forme dès le premier matin, le pouvoir a signalé qu'il continuerait comme avant quoiqu'on en dise, avec quelques ajustements à la marge pour adoucir les effets collatéraux du programme 2017. "Nous ne détricoterons pas le Quinquennat", s'est aventuré à dire le porte-parole Griveaux. Et bien évidemment, les sujets sensibles comme l'immigration sont retirés de l'agenda alors qu'elle est le premier souci de l'opinion, à ce que disent les derniers sondages IFOP du 26 novembre et BVA du 6 décembre 2018 après le dernier Eurobaromètre standard 90 de la Commission européenne de l'automne 2018. En faut-il encore ?

D'un côté, la bienpensance trie les sujets que le peuple "peut comprendre" en éliminant la peine de mort, le mariage des folles, la PMA des vierges, le lancer de nain, d'un autre côté, elle demande au même peuple de lui donner les clefs de sa propre perpétuation. Enfumage total. Qui s'y prête ? Sans doute pas les royalistes, même s'ils ne sont pas convoqués es-qualité par l'histoire immédiate à défaut d'avoir le plan de sortir de crise avec une queue de trajectoire praticable. Mais cela n'empêche pas d'y réfléchir tout de suite car tout va se passer hors-débat, maintenant.

Le site RoyautéNews abat ses cartes en trois applications concrètes de la thèse maurrassienne (l'autorité en haut, les libertés en bas), que l'on pourra lire en détails en cliquant ici et que nous résumons ci-dessous :

(a) Etablir localement le socle "Gilets jaunes" en bombardant maires et députés de demandes de corrections d'injustices et tous sujets de mécontentement.

(b) Propager sur les réseaux sociaux les insuffisances d'un Etat qui se protège derrière le mur d'une République "antédiluvienne". Exiger une réforme profonde des institutions qui explicite de vrais contre-pouvoirs autonomes et le contrôle de l'exécutif (ndlr : la Constitution a été complètement dévoyée par le césarisme).

(c) Cesser le cycle des réflexions en petits comités, observatoires, think-tanks et agir concrètement pour faire reculer l'Etat jusqu'au seuil de son domaine essentiel en détruisant ses empiètements.

Ce n'est pas une réforme mais une révolution. Et les parlementaires de la majorité présidentielle le ressentent bien, eux qui crient au charron en se proclamant élus pour cinq ans au jeu du chat perché. Pathétique d'aveuglement.

J'ai souvent sur ce blogue reproché à Louis XVI d'avoir subi la Révolution française, vautré dans le char du roi fainéant, alors qu'il aurait dû jeter le cocher au ravin et prendre les rênes pour conduire le changement (afin que rien ne change, dira-t-on plus tard). Il en avait toutes les capacités intellectuelles et cognitives - le prince le plus instruit de son temps - mais il n'avait aucune intuition politique ni la trempe de caractère voulue. Emmanuel Macron est dans le même cas. Intelligent, il ne voit rien au-delà des rapports d'étape produits dans les soupentes du Château. Le 31 décembre, si l'on ne pouvait attendre raisonnablement sa démission, il aurait pu jouer la tour et le fou avec la dissolution de la chambre basse et un référendum constitutionnel pour réformer le parlement en y insérant le référendum d'initiative citoyenne réclamé par les trois-quart des Français. Dès le 2 janvier, le pays n'aurait parlé que de ça, tout l'espace politique et médiatique aurait été submergé par les campagnes politiques initiées par la présidence ; les Gilets jaunes rentraient chez eux. Chapeau, aurait-on dit ! Mais pour ça, il faut des couilles de bison !


Nous souhaitons que RoyautéNews creuse la question de l'agit'prop à la base. Pour notre part, nous diffusons notre absolue défiance à l'endroit du grand débat national encadré et nous privilégions la multiplication des actions de terrain dans les cellules politiques de base, communes et cantons. Mais il faut faire masse et que la limaille de fer s'oriente dans le champ de l'aimant. On en reparle...... d'ici là, Michel Fugain remastérisé par les Gilets jaunes :



mercredi 19 décembre 2018

Pour un nouveau contrat social

Va s'ouvrir bon gré mal gré la conférence nationale dont la préparation est sous-traitée à Chantal Jouanno (si, si). On peut supposer mais pas prouver que cette manifestation étirée sur deux mois servira de cellule de dégrisement au peuple insurgé, voire de cellule psychologique pour certains. Sauf que la matérialité de l'exercice risque d'en vite dévoiler la perversité et de refouler les gilets jaunes qu'on aura invités à "exprimer leur souffrance". Lassés d'attendre leur tour après tous les "pros" subventionnés incontournables dans tout débat national, ils rentreront chez eux ou au bar-tabac du coin. Bien sûr, je ne parle pas des petites mairies. L'affaire sent l'enfumage. Combien de jours a duré la nuit du quatre août ? J'en vois au fond qui n'écoutent pas. Le Grenelle de mai 68 ? deux jours ! Le pouvoir croit tenir les Etats généraux du pays sur deux mois ? Pour en sortir sans doute un pavé de deux mille pages avec lequel on calera pieds de tables et commodes ! La dernière consultation verticale a été inventée par Nicolas Sarkozy. Elle appelait dans toutes les préfectures à cerner l'identité française. A part quelques associations sur crédits publics qui n'avaient pas le choix, la consultation fit un flop retentissant, tout le monde avait piscine ou poney. A l'inventaire des premières réactions politiciennes, le caractère condescendant des gens qui organiseront le débat laisse présager le même résultat. Après un moment d'attention, l'exercice à deux minutes par tête va conduire le bavardage national au ravin. Cette décision a néanmoins un intérêt pour ceux qui savent y faire :

Pendant quelques semaines (deux ? trois au grand maximum) les Français seront réceptifs aux propositions politiques et en mesureront la pertinence à l'aune de leur intérêt particulier. Moins captivés par l'intérêt général qui dans nos sociétés fragiles et sophistiquées est vite inextricable quand on pousse l'analyse, il peut advenir que les gens se lassent d'y porter attention, et comme chez certains de nos voisins, préfèrent laisser phosphorer des experts de l'imbrication. Et c'est ce à quoi les royalistes auraient dû se préparer depuis longtemps, par le projet d'un nouveau contrat social, afin de proposer un deal au peuple :

Le DEAL que les monarchistes français devraient proposer est de revenir au roi pour le domaine régalien stricto sensu que l'on arracherait à la dispute gauloise. En contrepartie, tout le reste serait remis à la démocratie participative, quelque forme de régime suisse à adapter chez nous.

Bannière de l'Armée catholique et royale - Acte V - Paris

Ce partage ne serait pas si différent des domaines prétendûment réservés d'aujourd'hui dont le parlement vote les crédits par reconduction automatique en même temps qu'il prend du champ sur les questions subalternes laissées aux morceaux de bravoure de la représentation nationale et aux amendements.

Une instauration monarchique compréhensible par tous, sur tous les ronds-points, barrages et péages, et dans tous les commissariats de France et de Navarre ! Un chef pour l'essentiel qu'on oublie et tous pour le social et notre quotidien. Et cessons ces commémorations au souvenir d'une époque qu'aucun de nous n'a jamais connue ! C'est impolitique au possible.

Reste à former les "cantons français" sur la base de nos départements avec quelques ajustements de commodité. Et en avant pour le R.I.C. ! Qui rédige le projet dans le détail et son argumentaire ? L'école de pensée ?
Soyons pratique et faisons court :

« l'autorité en haut, les libertés en bas »
.


samedi 15 décembre 2018

De la taxe carbone au RIC


Au moment où les chaînes d'infox savourent avec gourmandise la baisse statistique de la mobilisation, la revendication des gens qui portent des gilets jaunes a muté du gasoil au référendum d'initiative citoyenne (RIC). Cinq semaines de ronds points ont dégagé une conscience collective qui a déniché la source de toute cette misère : la bride laissée sur le cou de la nomenklatura par le "peuple souverain". Quelle que soit la mobilisation dans le froid et la pluie, le verglas par endroit, la colère exprimée dehors ou dedans reste dans le cœur de chacun et ne diminuera pas de sitôt. Notre classe politique a abandonné les gens à la technostructure parisienne contre la protection de ses propres privilèges (par exemple allocations chômage exorbitantes des députés battus, etc). L'argent public sert d'abord la noblesse d'Etat puis les élus de métier à travers charges juteuses et prébendes. Si les dépenses sociales peuvent faire l'objet d'ajustements pour que le pays entre au chausse-pied dans les critères de Maastricht, les dépenses de commandement et contrôle ne sont jamais entamées, même quand le budget est en déficit catastrophique. On gratte sur le gueux ce qui manquerait au seigneur. Ce temps est fini, les politiques français ne le savaient pas, comme l'avait montré François Fillon le naïf, immoral peut-être mais légal certainement. Le mouvement les pousse sous les lanternes et ce n'est pas pour y voir plus clair !

Ecoutons Priscillia Ludosky et Maxime Nicolle devant la salle du Jeu de Paume à Versailles. Il y a tout, même Amazing Grace à la fin (mais la prise de son est dans la rue, donc on capte le brouhaha de la circulation). Cette déclaration a été reprise et censurée par des chaînes avec de larges coupures pour ne pas froisser les actionnaires. Je ne cautionne pas tout mais c'est bien déroulé :



Si vous voulez la lire à tête reposée, nous vous engageons à cliquer sur le l'allocution au format .pdf.

Si le collectif La France en colère n'appelle pas à la VIè République ça y ressemble fort tant le modèle courant est en défaut dans tous les compartiments du jeu, et ce malgré une presse de milliardaires dont le gouvernement n'est que le fondé de pouvoir. On se croirait revenu sous la monarchie de juillet avec la Forge et la Banque qui dictaient la politique du cabinet de Louis-Philippe. On sait comment ça s'est terminé. Le roi, la canaille aux trousses, devenu Mister Smith, embarque enfin sur la malle anglaise du Havre !

Rien n'est discret, caché, mal connu, mal compris dorénavant. La dérive ploutocratique du régime qui ne tracassait que les esprits éclairés, est maintenant établie dans l'esprit du citoyen lambda. Les gens parlent sur les ronds-points depuis cinq semaines, ils lisent des trucs sur Facebook, ils ont assimilé ce que Priscillia Ludosky et Maxime Nicolle ont si bien expliqué. L'enfumage habituel des cercles de pouvoir ne sert plus à rien. Les gens ne croient plus le pouvoir, n'ont aucune confiance dans les matriarches des chaînes d'information, et ce ne sont pas les bricolages annoncés par le président Macron, coincé dans la pièce avec le gorille jaune de neuf cent livres, qui leur feront baisser les yeux. Alors quoi ?

La noblesse d'Etat est clairement désignée à la vindicte populaire. Députés et sénateurs sont récusés, malheur aux scandales parlementaires de demain matin. Seuls restent en piste les maires ! Ils sont le dernier fusible de la République. Vont-ils se charger de la pacification et de l'écoute ? Oui, pour la plupart, mais sans décision fracassante du pouvoir central ils n'iront pas loin. Quelles pourraient être ces décisions ?

La plus simple est la réforme parlementaire en accéléré avec injection de proportionnelle dans le scrutin législatif ; si les chambres rechignent : dissolution de l'Assemblée nationale et mise en débat d'une révision parlementaire drastique avec une chambre basse à 300 députés élus à la proportionnelle, un sénat des territoires à 100 et un Conseil économique et social à zéro. Reste la réorganisation de l'Etat ventripotent et le recentrage sur le régalien, ce que les gilets jaunes ont bien compris en opposant la charge fiscale écrasante et la gabegie publique dans des domaines non essentiels. Copains & coquins, disait-on jadis du RPR. Tout porte à croire qu'on a fait de grands progrès depuis.

Il faudra ensuite reconstruire la démocratie représentative avec une dose de démocratie directe à la suisse, et même si le terme ne colle pas exactement au processus, il s'agira d'une constituante qui ne dit pas son nom. Le pouvoir central serait bien inspiré de démarrer immédiatement ces consultations dans chaque département et de monter à la synthèse région par région. Peut-être décentraliserons-nous en chemin ! Sans quoi, tout est possible, jusqu'au branchage, si d'aventure le mépris de classe l'emportait. Il n'est as sûr que ce pouvoir soit sage.


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