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samedi 19 août 2023

Pause stratégique, 宋祖英

Le colonel de l'Armée populaire de libération Song Zu Ying, qui est aussi dans la Wikipedia, se produisait en 2011 à Taïpei en République de Chine (ROC). Mais si, mais si ! C'était l'époque du rapprochement et d'un phagocytage consenti au nom de la règle "un pays, deux systèmes" noyée depuis dans la rade de Hong Kong. On avait ouvert les lignes de transport et communication entre l'île et Mainland ; accepté un quota de touristes continentaux venus voir les cousins du Détroit ; les capitaux taïwanais inondaient les zones industrielles du Fuxien et du Guandong.

Tout a changé depuis lors. Le protecteur Jiang Zemin de la belle colonelle est mort et Xi Jinping a tourné ses bouches à feu sur la clique de Shanghaï. Il a proclamé le rattachement effectif de l'île rebelle par tous moyens même légaux, et Taïwan (ROC) réarme à grandes enjambées soutenue par les Etats-Unis.

Même si l'île montagneuse est sur la défensive depuis la mort de Tchang Kaï-chek, son point faible reste malgré tout la mentalité de sa population qui, en dépit des libertés quotidiennes que lui procure le régime démocratique occidental, garde une fibre chinoise ; moins peut-être chez les autochtones formosans dont est issue la présidente Tsaï par sa mère. Mais le Kuomintang (ROC) continue à ramasser presque la moitié des suffrages, ce qui suggère une « collaboration » possible avec le régime communiste chinois pour peu qu’il mette les formes dans la « pétainisation » du pays. Mais l'arrogance dogmatique de Pékin laisse en douter.

L’objection majeure à l’invasion chinoise est malgré tout dans l’obligation d’un succès foudroyant des opérations amphibies, car après avoir chauffé à blanc son opinion, Xi Jinping ne peut pas échouer comme Poutine en Ukraine, ni se contenter des Pescadores, Quemoy, Wuqiu et Matsu. L’amirauté peut-elle le lui garantir ? A mon avis, non !


Pleurez ! Des sopranos de ce calibre, on n'en fait plus !

mardi 24 août 2021

Trésors de Taïwan

étang de lotus

Le trésor de Taïwan n'est pas le butin caché du Kuomintang qui, dans sa retraite en 1949, aurait emporté avec lui deux cents tonnes d'or du continent selon le tabloïd Global Times. Le trésor de Taïwan, c'est une géographie exceptionnelle et ses peuples certes, mais aussi des villes de légende comme Taïnan !

Au flanc sud-ouest de l'île en Mer de Chine méridionale, sous l'archipel des Pescadores, se trouve l'ancienne capitale de Formose. C'est une métropole très active de la taille de Bordeaux, mais la Garonne s'appelle An-Ping River. Taïnan a la particularité d'abriter trois cents temples et quatre fois plus de chapelles-boutiques dédiées au commerce des grâces divines, dans le droit fil de la relation donnant-donnant entre le mortel que nous sommes et le dieu ou la déesse invoqué. Mais personne ne les a comptés. Y en aurait-il cinquante qu'un guide de voyage s'y serait mis, mais seize cents ! Les guides citent le vieux temple de Confucius ; le temple très couru de Matsu, la déesse de la mer (et des pêcheurs) ; le temple de Wufei qui veille sur les sépultures des concubines et les ennuques du prince Zhu Shugui qui se tuèrent tous pour ne pas passer sous la domination de la dynastie mandchoue. Chacun de ces temples a son histoire et il vous faudra plus d'une journée pour épuiser ce chapitre. Mais Taïnan n'est pas que cela.

rue de Tainan

Le site fut au départ celui d'un comptoir de commerce où les capitaines chinois et japonais venaient trafiquer des peaux et diverses denrées avec les aborigènes établis là depuis trente mille ans au moins. Puis les Hollandais structurèrent l'espace au XVIIè siècle et le mirent en défense pour en faire la capitale de leur colonisation côtière. Ont subsisté de cette époque le Fort Provintia et la forteresse Zeelandia (Anping). Vint ensuite le légendaire Koxinga, capitaine de pirates-marchands chinois, né au Japon, ayant conçu le projet d'arracher la Chine du sud aux griffes des Tsings mandchous pour la remettre aux Mings. Après des succès mitigés au Foukien, il débarque avec vingt-cinq mille hommes à Formose pour prendre l'île à la Compagnie des Indes néerlandaises et en faire sa base arrière. Il y parviendra en 1662 et d'une certaine façon créera une nation taïwanaise. Sa page Wikipedia vaut le détour. L'empire mandchou délaissera Taïnan la rebelle pour Taïpeh en 1886, avant de perdre l'île de Formose au traité sino-nippon de Shimonoseki (1895).

Taïnan a conservé la double influence sino-nippone - les Japonais l'administreront durant cinquante ans (1895-1945) pour la moderniser - et la ville est très caractéristique de cette différence marquée d'avec la Chine populaire actuelle, rutilante et fliquée à mort tout à la fois. Taïnan est plus "accessible" que Taïpeh dont la démesure (presque dix millions d'habitants dans l'agglomération) et la pulsation continue peuvent parfois fatiguer l'Occidental.

Trois trucs à faire parmi cent :

- Les sources chaudes de Guanziling dans la montagne, une vraie thalassothérapie de boue. On termine la cure du jour par la visite rassérénante du temple Huoshan Biyun où brûle une flamme naturelle depuis plus de deux cents ans.

- Les salines de Jing Zai Jiao, à moins que vous n'ayez déjà fait Noirmoutier et Guérande.

- Le lac artificiel de Wushantou où l'on a eu le bon goût d'édifier une statue en hommage à l'hydraulicien japonais maître d'oeuvre de ce grand projet d'irrigation dans les années 20.

Bien sûr, on peut aussi aller se prendre en photo devant le drapeau nationaliste de la République de Chine sur le destroyer DDG-925 TeYang amarré au port de Anping. Et sur la plage, on pratique le surfcasting. Eh oui : si vous êtes entraîné, vous vous ferez une tonne d'amis, la meilleure façon d'apprendre une ville chinoise ! En hiver, il fait 20°C à Tainan.

Anping harbour, Tainan

Postscriptum éphémère :

Jusqu'au 30 août 2021, le service public offre en streaming le voyage-reportage de Jérôme Pitorin à Taïwan. Une heure et demie de découverte d'une île tropicale étonnante qui culmine à quatre mille mètres (3997 exactement), une heure et demie de partage avec ce peuple aimable et affairé qui n'a toujours rien compris au bonheur communiste que voudrait lui imposer le grand frère continental. A tel point que ce sont les souvenirs et les mœurs nippones qui ressurgissent aujourd'hui, comme pour signifier aux voraces que cette île est définitivement partie ailleurs ! Cliquez ici, et vous pouvez aussi enregistrer l'émission.

lundi 12 juillet 2021

Autre richesse de Taïwan

Madame Tsaï Ing-wen, présidente de la République de Chine (Taïwan-ROC), s'est empressée il y a quelques jours de souhaiter bon anniversaire...... au dalaï lama !

Tsai Ingwen et le dalaï lama
Wishing a very happy 86th birthday to His Holiness the @DalaiLama. Thank you for teaching us the importance of coming together to help one another through this pandemic. — 蔡英文 Tsai Ing-wen (@iingwen) July 6, 2021
.
Il va sans dire que l'outrage n'est pas passé inaperçu de la clique communiste à Pékin. Mais que voulez-vous, l'occasion pour elle était trop belle de faire enrager l'empire avant qu'il ne l'attaque ! Les dirigeants du Parti communiste chinois ne peuvent pas comprendre que les Taïwanais puissent refuser le bonheur total qu'il leur apportera, quoiqu'il leur en coûte ! Ça les rend positivement malades, et l'envie est grande de tenter une destruction de l'île rebelle pour calmer l'hubris impérial de Xi Jinping le Bienfaiteur.
Pékin ne voit pas que le concept irréfragable et obligatoire d'une seule Chine a pris du plomb dans l'aile dans les chancelleries du monde libre, certains se souvenant mais un peu tard que la Chine populaire n'a jamais gouverné ce territoire, pas plus qu'elle n'en a hérité de la République de Chine, laquelle est continuée à Taïpeh. Tibet, Xinkiang, Hong Kong et maintenant Mongolie intérieure, avant d'avoir terminé le flicage total du territoire jusqu'au dernier bourg perdu, sont autant de dragées Fuca pour se purger de la réunification. Qui aurait envie d'entrer en pareil empire ?

Comme nous nous y étions engagé, voici une autre richesse de Taïwan, Tsai Chin, dans un grand classique de la Mandopop.

Tsai Chin
Elle est née à Kaohsiung en 1957 et fut repérée très tôt pour sa tessiture et sa présence sur scène. C'est une chanteuse, catholique à ses heures, qui a tourné dans toutes les communautés chinoises d'Asie et Canada. Ye Lai Xiang fut composée en 1944 à Shanghaï par Li Jinguang (1907-1993) au cours d'une nuit saturée d'un parfum de tubérose qui poussait sous sa fenêtre. Ce morceau est emblématique du style de musique chinoise pré-communiste qui incorpore le rythme occidental, ici celui de la rumba. Mais l'histoire est bien plus que l'odeur entétante de la tubérose. Elle rejoint celle de Lili Marlene, sauf que les soldats allemands sont ici japonais. La chanteuse en vogue d'alors était une belle actrice née de colons japonais en Mandchourie chinoise du nom de Yamaguchi Yoshiko qui, sous le nom de théâtre Li Hsiang-lan (李香蘭), tournait dans des films de la propagande nippone à destination du public chinois. Arrêtée au lendemain de la capitulation pour trahison (ses origines japonaises avaient été dissimulées par les producteurs de cinéma), elle évita sa condamnation à mort grâce à un ami qui produisit son certificat de naissance en japonais. Elle put émigrer et continua sa carrière au Japon où elle épousa un diplomate, puis s'impliqua dans la reconnaissance par l'Etat nippon des malheurs endurés par les femmes de confort des pays conquis. Elle mourut en 2014 à 94 ans. La chanson a donc sa part d'ombre et sent le soufre plus que la tubérose. Vous pouvez l'écouter comme elle arrivait dans le poste de radio de l'infanterie impériale en cliquant ici et dans les fumeries de la concession française de Shanghaï en cliquant là. Sacré voix, Mlle Yamaguchi ! Mais dans un registre différent, l'interprétation de Tsai Chin est plus envoutante.


Senteur de tubérose dans la nuit

Na nan feng chui lai qing liang
Na ye ying ti sheng qi chuang
Yue xia de hua er dou ru meng
Zhi you na ye lai xiang tu lu zhe fen fang

Wo ai zhe ye se mang mang
Ye ai zhe ye ying ge chang
Geng ai na hua yi ban de meng
Yong bao zhe ye lai xiang
Wen zhe ye lai xiang

Ye lai xiang, wo wei ni ge chang
Ye lai xiang, wo wei ni si liang
Ah ah ah... Wo wei ni ge chang
Wo wei ni si liang

Wo ai zhe ye se mang mang
Ye ai zhe ye ying ge chang
Geng ai na hua yi ban de meng
Yong bao zhe ye lai xiang
Wen zhe ye lai xiang

Wo ai zhe ye se mang mang
Ye ai zhe ye ying ge chang
Geng ai na hua yi ban de meng
Yong bao zhe ye lai xiang
Wen zhe ye lai xiang

Yue lai xiang ! Yue lai xiang ! Yue lai xiang !

On peut traduire l'entame ainsi :
La brise fraîche du sud gentiment souffle la nuit
La voix des rossignols appelle le matin
Les fleurs endormies se reposent sous la lune
..................


Voilà pour aujourd'hui. Ne cessons de penser à ce peuple formosan aimable, pacifique, auto-suffisant et travailleur qui n'a que faire du "bonheur communiste" ; et à l'occasion, apportons-lui notre soutien.

lundi 7 juin 2021

La Chine populaire au bout de l'épure idéologique

Les futurologues s'accordent pour donner avant trente ans la première place en tout à la Chine populaire ou à ce qui lui succèdera, tant sur le plan économique et scientifique que pour la puissance militaire. Le Parti aura fêté le centenaire de la République populaire de Chine, fondée à Pékin le 1er octobre 1949 à la sortie de la guerre civile qui suivit la guerre sino-japonaise, et le pari de revenir au premier rang, celui de l'Empire du Milieu, sera gagné !

Rien n'est moins sûr !

Même si cela doit désespérer M. Raffarin et tous les idiots européens du kowtow ! Le Parti communiste chinois est sur la même trajectoire que les Junkers du Second Reich. Comme le démontrait le stratège Edward Luttwak dans un livre que j'ai perdu, tout leur était promis s'ils dominaient déjà les sciences, l'industrie, l'éducation et la sécurité sociale, sans parler même de l'armée restaurée sur le modèle prussien. Le premier central téléphonique à Londres était construit par Siemens. Rudolf Diesel allait révolutionner la propulsion des navires. Gottlieb Daimler concevait le premier moteur d'automobile à gaz industrialisable (sur une base Beau de Rochas). En 1900, les grands konzern du Reich produisaient plus d'acier que le Royaume-Uni. Cette prééminence industrielle se devinait lors de l'exposition universelle de 1900 à Paris, dans la machine-outil, la mécanique lourde, l'imprimerie de labeur avant de faire l'écart dans la chimie, l'électrotechnique, l'optique. Deutsche Qualität, ça vient de loin, ça vient de là.
L'énorme production de biens industriels et de consommation (textile) était écoulée en Europe centrale et orientale jusqu'en Russie, mais aussi dans les pays réputés neufs comme l'Afrique du sud, l'Argentine, l'Urugay, le Chili, avant d'attaquer l'Asie solvable, chasse gardée des Britanniques. Les réseaux commerciaux agressifs, adaptables aux clients et y pratiquant la vente à crédit, deviendront tentaculaires. Les banques allemandes très impliquées dans le développement industriel (qui avait beaucoup tardé avant le Zollverein) tisseront des liens avec des places étrangères puissantes comme Amsterdam ou New-York, en évitant la City. Le majorat mondial n'était que question de temps, une génération !

Bismarck (†1898) était intelligent. Sachant compter et mesurer inconvénients et avantages, il avait refusé de se lancer dans l'aventure coloniale comme les autres pays européens. Dit en passant, il avait aussi mis en garde ses successeurs de ne jamais s'immiscer dans les disputes de l'empire austro-hongrois, patchwork de nationalités, rivales jusqu'à la mort ! Génie !
Guillaume II n'était pas intelligent, et handicapé. Il fut facile de le flatter pour que l'Empire disposât à son tour d'un merveilleux empire colonial, où le kaiser pourrait aller admirer des nègres dansant à poil, en sus de son influence directe sur la Sublime Porte dont il avait fait sa chose, laquelle allait lui concéder la ligne ferroviaire Istanbul-Bagdad. Pour y atteindre, il fallait une flotte commerciale océanique de tonnage suffisant (les grandes compagnies de navigation allemandes comme Norddeutscher Lloyd ou Hamburg-Amerika Linie vont se déployer à ce moment-là) et bien sûr, une marine de guerre capable de la protéger partout. Vous voyez le parallèle ?

Au début de l'année 1914, la marine de guerre impériale est la deuxième du monde, capable d'aligner une quarantaine de cuirassés et croiseurs lourds. Et pourtant ! L'Amirauté anglaise, forcée au réarmement naval, produira les fameux dreadnought et toute une flotte moderne qui empêchera le Reich de briser le blocus allié. Les opérations navales allemandes de la Première guerre mondiale se limitèrent à la guerre sous-marine en Atlantique et aux raids organisés par les navires de second rang stationnés dans l'outremer impérial. Le tonnage ne fait pas tout, le combat d'escadre ne s'improvise pas, et le sel dans le sang des équipages est un facteur décisif de résilience. Acculés à la guerre, les alliés européens paieront très cher leurs hésitations mais vaincront à la fin par la profondeur de champ que le Reich ne possédait pas.

parade navale chinoise

Est-il besoin de reprendre point par point cette brève description de la stratégie du IIè Reich pour l'appliquer à la stratégie impériale chinoise d'aujourd'hui ? Il semblerait qu'Américains et Anglais ont feuilleté Luttwak, mais les Chinois pas encore !


La Chine à l'apogée de sa nuisance



Chez les pays de l'OCDE (chez les autres aussi sans doute), la pandémie du coronavirus de Wuhan a mis au jour une très forte dépendance des productions chinoises dans les bases pharmaceutiques et les articles sanitaires (masques, tests). D'autres domaines ont été monopolisés par la Chine populaire comme celui des terres rares. Et nous ne parlerons pas de "l'usine du monde" d'où sortent textile, quincaillerie de bâtiment, électroménager, panneaux solaires et mille autres choses que nous avons laissé partir au motif d'une spécialisation mondiale, plus que d'ailleurs le libre échange honni. La Chine populaire s'est fait une place de choix sinon toujours la première, dans la production mondiale de biens de consommation. Etait-il besoin pour autant de piller tous les savoir-faire accessibles, brevets et technologies occidentaux ? Etait-il besoin de pratiquer le dumping sur les produits d'aciéries et le photovolaïque quand la majeure partie de leur production mondiale était déjà captive ? La concurrence déloyale augmentée d'une propension générale à l'espionnage par tous canaux même culturels, a réveillé le régulateur du premier marché de consommation du monde, les Etats-Unis d'Amérique. Chapeau les cons !

Il en va pareillement de la recherche d'une hégémonie maritime sur toutes les mers bordant le pays jusqu'à la capture d'îlots inhabités au plus loin des bases chinoises dans le but insensé de faire de la Mer de Chine méridionale un lac intérieur. La Chine populaire y a gagné la constitution d'une alliance navale entre le Japon, l'Inde, Les Etats-Unis et l'Australie, le QUAD, flottes qui manœuvrent ensemble dans l'Océan indien et sur les atterrages des nations menacées (Indonésie, Malaisie principalement, Bornéo et Palawan). Pour enfoncer le clou, Le QUAD a demandé le renfort des alliés européens. L'Amirauté envoie un groupe aéro-naval vers le Japon, la France dirige une frégate pour s'y joindre et jusqu'à l'Allemagne, pays le plus coulant avec Pékin, qui enverra cet été une de ses frégates en Mer de Chine. Ce n'est pas la bataille navale, c'est pour montrer au pouvoir chinois que nul n'est dupe de leurs singeries et ne détournera le regard si d'aventure il veut mettre le feu dans sa zone d'intérêt. Le réarmement chinois est spectaculaire et particulièrement dans l'armée de mer où s'engloutissent des milliards. Tandis que les défis intérieurs s'accumulent, menaçant de déstabiliser les bases sociales du régime qui peine à satisfaire l'immense population dans ses besoins primaires. Rappel : on parle d'un milliard quatre cent millions de gens de toutes conditions, riches, pauvres en majorité, très pauvres souvent.

Le battage idéologique du Parti est assourdissant, au niveau de son correspondant aux craintes de désaveu populaire. En 2019, on a compté que trois cent quarante millions de Chinois ont quitté le Parti communiste et ses organisations de jeunesse (source). Le constat général que le peuple est de la pâte à modeler, sans valeur intrinsèque, une matière première transformable en richesse pour la classe dirigeante, détourne les gens, qui par ailleurs sont informés par la bande d'une répression cruelle des Tibétains, Ouighours, Hongkongais, Falungong, de l'église catholique cachée revendue au pouvoir par la Curie romaine¹, et maintenant des Mongols de l'intérieur qui ne veulent plus s'en laisser compter. S'ajoutent au doute sur les intentions cachées du Parti, les menaces récurrentes d'une guerre de destruction de l'île rebelle de Taïwan qui ne provoque la Chine populaire autrement que par son existence et son bonheur de vivre ! Les motifs du pouvoir central sont-ils finalement de créer le désordre pour à la fin l'écraser et montrer sa force ? Les peuples chinois sont intelligents, travailleurs, éduqués, peu portés à la revendication, soucieux d'accroître d'abord le bien-être de leur famille, mais trop n'en faut.
Les émeutes rurales contre les captations foncières des cadres du Parti communiste, les soulèvements ouvriers du Dongbei, les manifestations des Hui musulmans de Shanghaï sont autant de signaux d'alerte pour les dirigeants qui font l'erreur de vouloir tout corriger par le haut alors que l'histoire des trente dernières années leur a montré que la liberté de faire et de dire était le plus sûr moteur de développement pacifique, quand il se base sur un peuple industrieux comme le sont les Chinois. Mais plus insidieusement, c'est la caporalisation des jeunes ingénieurs dont le souci premier est de plaire à la hiérarchie politisée, qui mine en profondeur les espoirs d'hégémonie. S'y agrège la démotivation d'une partie de la jeunesse diplômée qui en vient à s'assurer le minimum vital par un emploi sûr et le moins fatigant possible (clic). On n'obtient rien de godillots, l'Union soviétique et ses imitations l'ont démontré. Le pouvoir chinois va connaître chez son peuple une apathie qui peut lui être fatale par son silence trompeur.

C'est par le soft power que la Chine pouvait obtenir une prééminence mondiale. Au motif de célébrer une victoire centennale sur tous ses rivaux, la clique Xi Jinping a choisi la confrontation, comme le IIè Reich y succomba à la Belle Epoque. Même causes, mêmes effets !
A moins d'une révolution de palais, comme l'empire en avait le secret, la Chine populaire avance vers une seconde humiliation. Le communisme est un cancer.

Confucius


Note (1): Il faut être abandonné par l'Esprit saint pour imaginer fléchir le régime le plus matérialiste du monde en se soumettant à ses vues.


Postscriptum : S'il s'avère que la pandémie du Covid_19 est née d'une manipulation ratée au laboratoire P4 de Wuhan, le programme OBOR (Routes de la soie) va stopper pour un long moment et le Parti perdra la face, ce qui peut tuer en Asie plus souvent que le ridicule chez nous.

mercredi 2 juin 2021

Richesses de Taïwan

L'hybris communiste chinois qui maintenant déborde de la Mer de Chine dans tout le Pacifique-nord où Pékin "achète" les petits pays au moyen de contrats pervers dans les mines, le bois, la pêche industrielle, ou par le biais de prêts insoutenables par les finances mesurées des bénéficiaires, comme le souligne aujourd'hui le Secrétaire Blinken à la Pacific Islands Conference Of Leaders qui se tient à Hawaï, nous convoque à passer plus souvent sur ce blogue des exemples de richesses qui échappent encore au Parti et qui méritent de lui survivre ! En trois mots, choisir son camp !

C'est la Taïwanaise Julia Peng qui ouvre le bal :


XIANG JIAN HEN WAN
相见恨晚

nǐ yǒu yì zhāng hǎo mò shēng de liǎn
你 有 一 张 好 陌 生 的 脸
dào jīn tiān cái kàn jiàn
到 今 天 才 看 见
yóu diǎn xin suān zài wǒ men zhī jiān
有 点 心 酸 在 我 们 之 间
rú cǐ duǎn zàn de qíng yuán
如 此 短 暂 的 情 缘
kàn zhe tiān kōng bú ràng lèi liú xià
看 着 天 空 不 让 泪 流 下
bù shuō yī jù mán yuàn
不 说 一 句 埋 怨
zhǐ shì xīn zhōng dì gǎn gài wàn qiān
只 是 心 中 的 感 概 万 千
dàng zuò qián shì lái shēng xiāng qiàn
当 作 前 世 来 生 相 欠
nǐ shuō shì wǒ men xiāng jiàn hèn wǎn
你 说 是 我 们 相 见 恨 晚
wǒ shuō wéi ài nǐ bú gòu yóng gǎn
我 说 为 爱 你 不 够 勇 敢
wǒ bù shē qiú yóng yuǎn
我 不 奢 求 永 远
yóng yuǎn tài yáo yuǎn
永 远 太 遥 远
què xiàn zài ài de shēn yuān
却 陷 在 爱 的 深 渊
nǐ shuō shì wǒ men xiāng jiàn hèn wǎn
你 说 是 我 们 相 见 恨 晚
wǒ shuō wéi ài nǐ bú gòu yóng gǎn
我 说 为 爱 你 不 够 勇 敢
zài ài yǔ bú ài jiān
在 爱 与 不 爱 间
lái huí qiān wàn biàn
来 回 千 万 遍
nǎ pà yǐ shāng hén lèi lèi wǒ yě bù guǎn
哪 怕 已 伤 痕 累 累 我 也 不 管

Bis repetita ↓

你 有 一 张 好 陌 生 的 脸
到 今 天 才 看 见
有 点 心 酸 在 我 们 之 间
如 此 短 暂 的 情 缘
看 着 天 空 不 让 泪 流 下
不 说 一 句 埋 怨
只 是 心 中 的 感 概 万 千
当 作 前 世 来 生 相 欠
你 说 是 我 们 相 见 恨 晚
我 说 为 爱 你 不 够 勇 敢
我 不 奢 求 永 远
永 远 太 遥 远
却 陷 在 爱 的 深 渊
你 说 是 我 们 相 见 恨 晚
我 说 为 爱 你 不 够 勇 敢
在 爱 与 不 爱 间
来 回 千 万 遍
哪 怕 已 伤 痕 累 累 我 也 不 管
你 说 是 我 们 相 见 恨 晚
我 说 为 爱 你 不 够 勇 敢
我 不 奢 求 永 远
永 远 太 遥 远
却 陷 在 爱 的 深 渊
你 说 是 我 们 相 见 恨 晚
我 说 为 爱 你 不 够 勇 敢
在 爱 与 不 爱 间
来 回 千 万 遍
哪 怕 已 伤 痕 累 累 我 也 不 管

Traduction anglaise de la chanson A Plus Tard ! (相见恨晚) de Julia Peng Jia Hui

You have a strange face
I didn't see it until today
A little sad between us
Such a brief love affair
Look at the sky and don't let the tears
Don't say a word of blame
It's just a thousand feelings in my heart
As a living afterlife owes
You said we met and hated late
I said i'm not brave enough to love you
I don't expect forever
It's always too far away
But in the abyss of love
You said we met and hated late
I said i'm not brave enough to love you
Between love and love
Back and forth a million times
I don't care if I'm scarred
bis repetita

©Jack Smith/echinesesong.com

jeudi 11 février 2021

Dangereux Mister Xi !

Commence cette nuit à l'horoscope chinois l'année du Buffle. Sur les conseils d'un ami taïwanais (qui se reconnaîtra) j'ai relu les trente articles de la déclaration universelle des droits de l'homme des Nations-Unies à côté du speech inaugural de Xi Jinping au Sommet virtuel de Davos 2021. La Chine populaire coche d'une croix rouge la moitié des cases ! Faites le test vous-mêmes (clic)

Xi Jinping

Dans son discours impeccable qui a dû ravir tant d'otaries sinophiles, le président Xi Jinping s'applique à détruire les dispositions de plusieurs articles de la Déclaration (il est vrai, signée par la République de Chine de Tchang Kaï-chek) qu'il n'est pas loin de convertir en simples ingérences, à commencer par la fin du préambule onusien : « L'Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction. »

Dans le texte que nous allons analyser en version française, tel que diffusé par l'agence Chine Nouvelle-Xinhua (clic), le président Xi prend exactement le contrepied de cette universalité en proclamant sa différence : « Chaque pays est unique avec son histoire, sa culture et son système social. Aucun n’est supérieur aux autres. L’essentiel, c’est de savoir s’ils s’adaptent aux conditions nationales du pays, s’ils sont soutenus par le peuple, s’ils apportent la stabilité politique, le progrès social et la vie meilleure et s’ils contribuent au progrès de l’humanité. Les différences en termes d’histoire, de culture et de système social existent depuis toujours. Elles sont une caractéristique inhérente à la civilisation humaine. Il n’y a pas de civilisation humaine sans diversité, et cette diversité existe et existera pour toujours**. Ce qui est à craindre, ce n’est pas la différence, c’est l’arrogance, le préjugé et la haine ; c’est la tentative de créer une hiérarchie des civilisations et d’imposer l’histoire, la culture et le système social de l’un aux autres.»
Les différences partout, très bien, je suis pour. Mais dans les faits, sauf en Chine populaire ! Pourquoi dès lors se maintenir aux Nations-Unies si on condamne chez soi les principes qui ont fondé l'organisation ? Vu la lâcheté générale et la vénalité des clients de l'empire chinois, les inconvénients sont minces au regard des avantages procurés par les nombreuses agences qui dispensent services, conseils et subsides de développement, mais surtout pour la tribune ouverte sur le monde entier quand les alliances de couloir laissent un peu de temps libre.
**Voir l'article de Jean-Noël Poirier dans Causeur sur l'impossible assimilation chez les Confucéens

Multilatéralisme sauf chez moi !

On en vient maintenant au multilatéralisme censé corriger l'hégémonie américaine qu'il ne nomme pas : « Nous devons poursuivre l’ouverture et l’inclusion et rejeter la fermeture et l’exclusion. Le multilatéralisme signifie que les affaires internationales doivent être gérées avec les consultations, et que l’avenir du monde, déterminé conjointement par tous. Créer de petits cercles ou déclencher une nouvelle guerre froide, chercher à exclure, à menacer et à intimider, recourir arbitrairement au découplage, à la rupture d’approvisionnement ou aux sanctions, et créer l’éloignement ou l’isolement ne peuvent entraîner le monde que dans la division, voire dans la confrontation. Nous ne pouvons pas relever les défis communs dans un monde divisé, et la confrontation nous conduira à l’impasse.»

carte Mer de Chine
C'est sur ce point-là qu'il faut poser la question aux riverains de la Mer de Chine orientale et surtout à ceux de la Mer de Chine méridionale, sur un arc de tension qui va de la Corée du Sud jusqu'à l'Indonésie. Sauf avec les Corées, la Chine populaire est en posture menaçante de guerre ouverte avec tous. Ces deux mers (au nord et au sud de Taïwan) sont destinées à devenir des mers intérieures de la Chine populaire avant le centenaire de sa création. Le Parti communiste chinois, saisi d'un hubris tétanique, ne souffrira aucun embarras et se met en conséquence dans la position de devoir engager n'importe où un conflit armé. Il croit en sortir vainqueur par le volume du tonnage engagé sur mer et les nombreuses batteries d'artillerie à longue portée massées sur les côtes. Conscient que l'échec éventuel de la conquête d'un territoire comme Taïwan (qu'il n'a jamais administré) signerait l'effondrement honteux du Parti (cf. cette analyse), on se doute que la destruction systématique des infrastructures de communications et des villes sera prioritaire en ce cas, quitte à faire reculer l'île de cent ans ou plus, sans même parler des dommages collatéraux aux populations civiles qui n'auront eu que le tort de croire les représentants qu'elles ont élus. Les empires aiment bien punir leurs vassaux infidèles et comme ils ne souhaitent pas y revenir, il faut que la leçon entre dans les chairs.

Dans ce discours de Davos, M. Xi récidive plus loin en qualifiant d'ingérence toute curiosité des pays étrangers sur la gouvernance du Parti : « Les différences en termes d’histoire, de culture et de système social ne sont pas un prétexte pour se livrer à l’antagonisme ou à la confrontation, mais une impulsion qui nourrit la coopération. Il faut respecter et concilier les différences, s’abstenir de s’ingérer dans les affaires intérieures d’autrui, et régler les divergences par les consultations et le dialogue. L’Histoire et la réalité nous enseignent maintes fois que dans le monde d’aujourd’hui, choisir la mauvaise voie de l’antagonisme et de la confrontation, qu’elle soit sous forme de guerre froide, chaude, commerciale ou technologique, c’est pénaliser les intérêts de tous les pays et le bien-être de tous les peuples.»
Comprenez : Mes camps de Ouighours sont à moi ! Occupez-vous des vôtres, et si vous n'en avez pas, c'est que vous ne savez pas gouverner. On capture, on mate, on assimile ! En phagocytant les nations de proximité, le Parti communiste élimine la confrontation et l'antagonisme sur le limes impérial et les déplace plus loin, selon le vieux précepte de ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi, on en discute ! C'est ce qui fonde le rapport d'hostilité sino-indien mais rien ne dit que l'agressivité se polarise au Ladakh. Il fait chaud à la frontière du Yunnan où le pouvoir birman ne contrôle pas les ethnies rebelles qui menacent les communautés han et les ouvrages d'infrastructure chinois. Il fait chaud à Hong Kong où le Parti a dû déchirer le traité international anglo-chinois pour surmonter l'insurrection.

Union européenne et Chine Populaire


Revenons au concret. La Commission européenne soumet au parlement de l'Union un accord réciproque d'investissements paraphé en grande pompe d'ordre et pour compte les industries européennes vivant de la grande exportation, c'est-à-dire l'Allemagne et ses sous-traitants orientaux et lombards. Beaucoup s'offusquent qu'un accord soit passé avec un Parti esclavagiste qui ne respecte rien ni personne encore moins sa signature, comme celle apposée sur les accords de rétrocession de Hong Kong. Auxquels je répondrai : "faut voir !"

DS PSA avec Sophie Marceau
* Inauguration de l'usine PSA de Shenzhen pour les DS *


S'il n'est pas besoin de pousser l'analyse pour obtenir l'intime conviction que la Chine de monsieur Xi a muté en une tyrannie féroce***, il nous faut garder la tête froide. Où est notre intérêt ? Sauverons-nous un cinquième de l'humanité avec nos petits bras musclés, un milliard trois cents millions de gens gérés comme des numéros par un empire autocratique qui a remplacé les bons auteurs marxistes par le 1984 de Georges Orwell ? Assurément non. Mais si les pays de l'OCDE ont longtemps caressé la chimère d'une libération sociale intérieure par des échanges économiques intenses - et jusqu'à l'arrivée de M. Xi, rien ne lui donnait tort - il est prouvé qu'aussi étroite sera la fente qui laisse passer le jour, la lumière de l'Ouest érodera le complot communiste d'abêtissement des foules. Nous avons coutume de dire ici que c'est le Coca Cola, le rock n'roll et le Lewis 501 qui ont ruiné le Mur de Berlin. Tout ce que nous passerons en Chine populaire par les canaux de la coopération économique et industrielle entamera les certitudes obligatoires des commissaires politiques qui sont revenus dans les entreprises et dans les universités diffuser le projet archaïque d'une société matérialiste réglée par Marx, Engels, Lénine et Staline. Il faut leur pourrir la vie, avec adresse et être plus retors qu'eux, même si le défi est de taille parlant de Chinois.

C'est dans ce but que les idiots utiles comme Jean-Pierre Raffarin le seront vraiment. Promener sa bonhommie en défonçant les portes ouvertes de la fausse liberté finira par user la détermination des plus cons qui seront bien obligés de mettre le costume à la mode de chez nous et suivre l'étiquette étrangère. Il en faut comme lui des milliers ! Et si la procédure fait tourner les usines VW, PSA ou Siemens, où sera le mal ? De toute façon nul n'infléchira de l'extérieur la coercition que le Parti communiste inflige aux peuples de Chine populaire mais on l'aura autrement ! Rien ne dit non plus que l'ethnie Han, fatiguée d'être gouvernée par un président disposant pour tout titre du certificat d'études et encombrée d'une myriade de petits sectionnaires zélés, recrutés pour leur obéissance aveugle aux consignes, ne se lève pas un jour en nombre. Les émeutes rurales sont monnaie courante même si elles ne sont plus rapportées par les journaux depuis quelques années, sous peine d'être qualifiées d'atteinte à la sûreté de l'Etat. Le pogrom anti-musulman d'Urumqi perpétré par les commerçants chinois de la ville en 2009 fut spontané. Après tout, on leur a appris la révolution. A moins que ce ne soit du côté des états-majors que l'on s'inquiète des dérives polémologiques de politiciens aussi stupides que corrompus, qui veulent chacun leur petit paragraphe dans la grande page d'histoire de la Chine présomptueuse qui se refermera un jour comme le royaume voisin des Kim ! On les aura à l'érosion !

***Radio Free Asia (clic) signale qu'un tribunal de Maoming City (province du Guandong) a condamné à quatorze ans de prison (14!!) Niu Tengyu (23 ans) pour avoir associé le nom et une photo de la fille de Xi Jinping dans un,e discussion sur un forum China Wiki : elle s'appelle Xi Mingze. Vingt-trois autres prévenus ont comparu pour le même motif, on ne connaît pas les sentences ; les avocats ont été interdits, bien sûr. Au bout de 14 ans Niu Tengyu aura l'intelligence d'une laitue. Ils font appel - on ne rit pas. Ayez pitié !

Pense-t-on pour finir que les déboires de Jack Ma, patron d'Alibaba, bloqué en bourse et retiré de la circulation pendant plusieurs semaines pour revenir le cerveau lavé, comme les arrestations arbitraires d'hommes d'affaires étrangers sous des prétextes futiles, soient de nature à conforter l'enracinement des oligarques chinois en territoire communiste ? C'est juste une question... perfide.

Ceux qui se sentent en manque d'approfondissement à la lecture de ce simple billet pourront lire la recension de Charles Parton du communiqué officiel émis par le Cinquième Plenum du Parti communiste chinois, à la demande de Bill Bishop (Sinocism) : China – A Look Ahead to 2021 and Beyond. Idéal pour briller dans les dîners (clandestins) en ville.

Le Buffle exprime la force tranquille dans une résilience infatigable. Souhaitons que l'Occident sache l'exercer !



un enfant jouant de la flute traversière sur un buffle d'eau

lundi 20 avril 2020

The ROC !

La pandémie du coronavirus de Wuhan a mis sous les feux de la rampe le gouvernement souverainiste de la République de Chine de Madame Tsaï. Malgré la campagne intense d'ostracisation internationale de l'île soi-disant rebelle par Pékin, la petite république de seulement vingt-trois millions d'habitants s'est fait un plaisir de démontrer ce que peut l'intelligence dans la liberté d'innover par opposition à la caporalisation sociale mise en action par le Parti communiste chinois qui entend gouverner au quotidien et dans leurs gestes de chaque jour un milliard et quatre cent quarante millions de gens !

Chacun sait maintenant que les relations binationales entretenues avec Taïwan (ROC) se heurtent systématiquement aux condamnations de la Chine populaire qui en est arrivée à insérer dans ses contrats publics étrangers la devise d'une seule Chine, même dans les accords de jumelages des villes. Mais le blocage est contourné par les "chambres de commerce" qui s'interdisent aucun trou noir sur la carte du commerce mondial. Et Pékin de harceler plus encore les pays déviants, jusqu'à ce que la Tchéquie il y a un mois les envoie se faire foutre ! (clic)

En fait c'est à l'Organisation mondiale de la santé que l'étau communiste s'est desserré contre l'avis du Secrétariat exécutif qui avait pris fait et cause pour la République populaire de Chine derrière son précédent directeur général, Margaret Chan, en excluant Taïwan de toute participation aux travaux de l'organisation même en qualité de simple observateur. Les succès du combat solitaire taïwanais contre la pandémie, tardivement déclarée par les fonctionnaires internationaux sous influence chinoise, alors que Taïpei prévenait déjà d'une épidémie dangereuse en expansion, a obligé des pays pragmatiques à reconsidérer leur position vis à vis de la Petite Chine, libre et démocratique. Ainsi la République tchèque s'est-elle officiellement engagée dans une recherche de vaccin avec les scientifiques formosans. Hurlements de Pékin. A mesure que vont apparaître les effets néfastes pour ne pas dire létaux des atermoiements du Parti communiste chinois à déclarer l'origine et la propagation du virus SARS-CoV-2, derrière les dénonciations trumpiennes, plusieurs pays accepteront les secours de l'industrie taïwanaise capable de produire neuf millions de masques par jour, des tests et tous articles sanitaires en rupture partout ! D'où la photo largement distribuée sur les réseaux sociaux que voici :


Coincé dans la ratière où il s'est mis lui-même à sucer Zhongnanhai, le directeur éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus argue maintenant d'injures racistes à son endroit provenant des milieux taïwanais sans pouvoir démontrer l'origine des attaques, ce que Taïpei dénonce comme la énième insulte de cette administration corrompue à son égard. Autant dire qu'avec l'arrêt du financement américain, les jours du Dr Tedros à la tête de l'OMS sont comptés ; il y aura fait la preuve d'un souci politique personnel peu raccord avec la gravité du moment. Il faut être solide pour contenir la marée montante du mépris et ce docteur-diplomate est sous-calibré dans l'emploi. Mais cette victime de la discrimination positive n'est pas le sujet du jour.

Taïwan n'a jamais appartenu à la République populaire de Chine. En fait elle n'entre dans l'Empire du Milieu qu'en 1683 sous la dynastie mandchoue des Grands Tsings. Jusque là elle sera découverte par les Portugais qui la nommeront Formosa, colonisée par les Hollandais puis par un général de pirates chinois qui fondera une dynastie éphémère. Les Tsings la perdront au traité de Shimonoseki de 1895, et elle sera réoccupée par les armées chinoises de Tchang Kaï-Chek, président de la République de Chine, qui s'y repliera en 1949. On sait la suite. Il apparaît donc que cette terre n'est pas chinoise depuis des temps immémoriaux comme le fait croire le pouvoir communiste.

L'Empire chinois sous aucune dynastie ne fut une thalassocratie régnant sur les mers dont il fut riverain. Au plus loin, l'empereur exerçait sa suzeraineté sur les rois des Ryûkyû à la limite de l'océan, et l'archipel inhabité des Senkaku, aujourd'hui disputé entre la Chine et le Japon, fut donné par l'impératrice douairière Tseu-Hi à un entrepreneur herboriste de la cour pour y cueillir des plantes à infusion - c'est l'origine de la revendication. Disons pour être juste, que des expéditions océaniques furent lancées au XVè siècle par l'amiral Zheng He, un eunuque hui, qui est encore aujourd'hui une icône de la grandeur chinoise. A la mort de l'amiral (1433), la Chine referma ses portes, détruisit les grands navires et vécut sur elle-même en complète autarcie, l'ouverture au monde étant terminée pour longtemps. Autant en fut-il pour aucune revendication outremer qui ne se manifesta jamais !

Mme Tsai Ing-wen, Présidente de la République de Chine

Taïwan a une histoire propre, une culture propre fortement influencée par la civilisation japonaise, et des pratiques démocratiques semblables aux nôtres. Pourquoi devrait-elle accepter la tyrannie brutale et obsolète du Parti communiste chinois ? La République de Chine n'a nul besoin de la République populaire, sauf à commercer sur un grand marché comme le font toutes les économies du monde. L'île est complètement indépendante. Mais sous la présidence de Mme Tsaï, l'île a ouvertement soutenu le mouvement de démocratisation à Hong Kong, ce qui n'a pas arrangé ses affaires dans les ministères de Pékin. La menace militaire s'en est accrue d'autant.

L'hybris de Xi Jinping à étendre ses limites de souveraineté maritime dans les deux mers de Chine sous la menace explicite d'une guerre navale n'a aucune justification historique, encore moins économique. Les canaux de collaborations économique et financière sont multiples avec tous les voisins de la Chine pour le bénéfice de tous. Déplacer l'escadre est pur orgueil ! Et dans le passé, ce genre d'arrogance poussant les autres à l'exaspération a conduit à des désastres. Qu'on se souvienne du Reich allemand de 1871 qui à la charnière du siècle dominait l'industrie occidentale de la tête et des épaules, fournissait les sciences et les techniques à tout le monde, mais a chopé le virus colonial et démontra à la thalassocratie impériale britannique qu'elle devrait compter désormais sur un concurrent qui à la fin la dominerait. Le Reich en mourut.

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