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samedi 27 février 2021

Discrimination, réalité ou argument ?

Ramzy Bedia
- Ramzy Habib El Haq Bedia -

C'est une mise au point définitive d'un certain Ismaël Saïdi, invité de Léa Salamé sur France Inter, qui m'a décidé de sortir du bois sur la prétendue discrimination à l'embauche des Arabes. M. Saïdi est d'origine tangéroise (comme JL Mélenchon mais lui est espagnol), belge et ancien policier. Après un master de sociologie, il écrit, filme et débat sur les milieux de l'immigration. C'est une pointure, une fois !

A Léa Salamé qui insiste pour lui faire dire qu'il est difficile de trouver un travail ou un logement pour un petit jeune de dix-huit ans quand on se prénomme Mohammed, il répond que ce n'est pas la norme, après avoir beaucoup ri de la question précédente tirée du même tonneau. Effectivement, les penseurs du calife en chemise de nuit et les sociologues payés au mois qui vivent sur la misère des gens, bourrent le mou de la jeunesse des cités pour accroître la revendication identitaire de certains jeunes en désarroi. Et ceux du programme de victimisation qui en réchappent - les plus nombreux finalement - sont systématiquement ignorés par les éditocrates officiels qui pontifient sur les ondes. Toujours réticent à m'insérer dans le débat sociétal, je fais une exception cette fois dans le cadre général de la réconciliation franco-algérienne en chemin, même si le bout du tunnel m'apparaît diablement obscur.

Ces derniers vingt ans de métier entre la France et l'Asie m'ont fait côtoyer des Arabes partout et surtout dans les services comme la banque et les transports, moins dans la fabrication, du moins au contact de la clientèle. Avant d'avoir entendu les récriminations habituelles sur les plateaux de télévision, je n'avais jamais pris conscience d'aucune discrimination des Arabes à l'embauche ; d'autant que la mode de franciser son prénom avait largement disparu dans les années 90 pour afficher fièrement ses origines. Combien d'artisans arabes ai-je rencontré en dehors de ma profession ? Pléthore ! Garagistes, chauffagistes, taxis, peintres, carreleurs et moins souvent des terrassiers ou des jardiniers ; allez savoir pourquoi. En ville, des mitrons, garçons-bouchers, épiciers, préparatrices en pharmacie, des radiologues et mon ophtalmo. Beaucoup d'entrepreneurs individuels dans la réparation informatique ou téléphonique et dans les services à la personne, et aussi beaucoup de journalistes des deux sexes que tout le monde connaît. Combien d'acteurs, d'actrices originaires du Maghreb dans le cinéma français ? Des tonnes. La discrimination ethnique est une absurdité qui se nourrit d'exception confirmant la règle. Madame Salamé est un joli perroquet.

Fille d'un haut-fonctionnaire international archi-connu et d'une mère riche à millions, Léa Salamé, qui a fait un beau parcours académique dans la ouate, n'a jamais "bossé" en vrai. La télévision n'est pas la vraie vie. Aussi voit-elle le monde à travers des articles de presse vite lus ou des résumés qu'on lui fait de traités de sociologie orientés. Sinon, comme Ismaël Saïdi et bien modestement le Piéton du roi, aurait-elle croisé au-dehors des centaines d'Arabes ayant réussi dans leur vie professionnelle, peut-être même des millionnaires montés à la force du poignet comme Mohed Altrad. Et si Forbes France n'en trouve pas dans le Top 50 des patrons français les plus influents sur les réseaux sociaux, c'est tout simplement parce qu'ils ont construit leur carrière en s'arrachant du rang et qu'ils n'ont pas le temps de lâcher le business pour venir faire les paons ; tandis que les vedettes de la bourse descendent de l'olympe des grandes écoles et croient devoir dire. Les Saadé de la CMA-CGM n'y sont pas, Iskandar Safa non plus. La liste des patrons arabes serait longue mais pour marquer le coup nous allons citer avec Capital.fr (clic) : Abdelkrim Benamar, algérien de Montfermeil, vice-président d'Alcatel-Lucent ; maître Haïba Ouaissi, marocain de Longwy, avocat au barreau de Paris , il n'est pas le seul ; Anissa Djaadi-Mezhoud, algérienne de Saint-Etienne, chargée de communication senior chez JC Decaux ; auxquels s'ajoute Fatiha Gas, algéroise, directrice de L'École supérieure d'informatique électronique automatique (ESIEA Paris) qui met son échec en ingénierie dans le privé sur le compte de sa féminité mais pas sur celui de son arabité... Tous ont à dire que le chemin du succès est celui de l'effort, pas celui des excuses. Et pour faire bon poids, faut-il donner la liste des élus arabes ou kabyles ? Au Palais Bourbon, El Guerrab, Hammouche, Khattabi, Laabid, Lakrafi, Laqhila, Mahjoubi ; et ma préférée, Samia Ghali au Sénat jusqu'à l'an dernier (d'accord elle est Chaouie) ; des centaines de conseillers régionaux, des milliers de conseillers municipaux, tous cheminent dans le mille-feuille politique français. On vit des Maghrébins dans les allées du pouvoir dès le quinquennat de Nicolas Sarkozy avec Abderrahmane Dahmane, Fadela Amara, Azouz Beggag, Nora Berra, Jeannette Bougrab et Rachida Dati. Gérald Moussa Darmanin est d'origine algéro-maltaise. Ce sont des gens comme eux qu'il faut inviter sur les plateaux de télévision quand on parle "banlieue" en prime time pour y distiller les recettes du succès, le travail et la persévérance, plutôt que des requérants de discrimination positive comme Belattar, Bouteldja ou Blanchard, autrefois Ramadan. C'est la vraie méthode pour ne pas désespérer les jeunes les plus fragiles des cités qui, le cerveau lavé, ne voient d'autre avenir que dans le trading de came, le rap, l'humour ou le foot, même si Mahrez, Salah, Benzéma et... le dieu Zidane y sont pour quelque chose. Aucune porte n'est fermée si l'on veut quitter cette prison mentale du fantasme de la discrimination ; et pour ce faire, il faut s'adapter au marché du travail et aux mœurs de l'entreprise, petite ou grande. Un peu de courage y aide, un soupçon d'opiniâtreté ne nuit pas !

Sabrina Ouazani

Pour compléter ce billet, il est utile de revenir sur l'affaire de l'enseignement de l'arabe à l'école. Ayant assez d'amis pour en perdre, je dis tout de suite que je suis pour. C'est Boutros Boutros-Ghali, alors directeur général de la Francophonie, qui suggérait que l'expansion de la langue française dans les pays arabes pour y contrer le globish était conditionnée par une certaine réciprocité, l'enseignement de l'arabe en France. Outre le fait qu'il y a environ trois cent cinquante millions d'arabophones dans le monde et que c'est donc une langue commerciale (même s'il existe des variants dialectaux), c'est une belle langue littéraire à la bibliothèque très fournie. L'apprentissage sérieux de l'arabe dans le système scolaire est un atout supplémentaire pour l'éducation de la jeunesse aux civilisations extra-européennes et pour la formation professionnelle des futurs commerciaux, à une condition : que la langue arabe soit incluse dans le circuit LV1, LV2 et ne soit pas une option ludique ouvrant la porte aux dérives communautaristes que l'on peut craindre. On sait depuis toujours que le monde arabe représente un potentiel considérable pour la France qui y jouit d'un préjugé favorable. Certes l'arabe est le latin du Coran mais ce n'est pas sa pratique qui va démultiplier les adeptes de la terre plate et ceux des houris toujours vierges à la fontaine murmurante du paradis. Dit en passant, le jardin islamique est insurpassable de beauté, de parfums, de silence et de chant d'oiseaux. Aller au jardin du Generalife de Grenade n'oblige pas à la circoncision à la sortie. Accessoirement l'enseignement de l'arabe en milieu scolaire, de plein pied avec les autres langues vivantes déjà au programme, marginaliserait les prêcheurs islamiques qui sont souvent de piètres locuteurs, à moins que les islamogauchistes de l'Education nationale ne les infiltrent dans le process, ce qui reste possible si le côté ludique est privilégié. Dernier coup de pied de l'âne, bien des profs de l'université médiévale de Montpellier furent au début de l'Ecole de médecine la plus réputée d'Europe des lettrés arabes sous l'autorité de l'évêque de Maguelone. On n'invente rien.

Ismaël Saïdi aura le dernier mot. Pour lui l’humour est un vecteur puissant pour faire passer des messages de cohésion et de fraternité indispensables à emprunter le droit chemin : « Le point fondamental, c’est de s’accorder sur un horizon commun ; non pas ce que l’on est ensemble, mais ce que l’on souhaite faire ensemble ».

Réussir sa vie ? Action !




- Julia Boutros in Ana Betnafas Horiya/Je ne peux respirer que la liberté -

mercredi 19 décembre 2018

Pour un nouveau contrat social

Va s'ouvrir bon gré mal gré la conférence nationale dont la préparation est sous-traitée à Chantal Jouanno (si, si). On peut supposer mais pas prouver que cette manifestation étirée sur deux mois servira de cellule de dégrisement au peuple insurgé, voire de cellule psychologique pour certains. Sauf que la matérialité de l'exercice risque d'en vite dévoiler la perversité et de refouler les gilets jaunes qu'on aura invités à "exprimer leur souffrance". Lassés d'attendre leur tour après tous les "pros" subventionnés incontournables dans tout débat national, ils rentreront chez eux ou au bar-tabac du coin. Bien sûr, je ne parle pas des petites mairies. L'affaire sent l'enfumage. Combien de jours a duré la nuit du quatre août ? J'en vois au fond qui n'écoutent pas. Le Grenelle de mai 68 ? deux jours ! Le pouvoir croit tenir les Etats généraux du pays sur deux mois ? Pour en sortir sans doute un pavé de deux mille pages avec lequel on calera pieds de tables et commodes ! La dernière consultation verticale a été inventée par Nicolas Sarkozy. Elle appelait dans toutes les préfectures à cerner l'identité française. A part quelques associations sur crédits publics qui n'avaient pas le choix, la consultation fit un flop retentissant, tout le monde avait piscine ou poney. A l'inventaire des premières réactions politiciennes, le caractère condescendant des gens qui organiseront le débat laisse présager le même résultat. Après un moment d'attention, l'exercice à deux minutes par tête va conduire le bavardage national au ravin. Cette décision a néanmoins un intérêt pour ceux qui savent y faire :

Pendant quelques semaines (deux ? trois au grand maximum) les Français seront réceptifs aux propositions politiques et en mesureront la pertinence à l'aune de leur intérêt particulier. Moins captivés par l'intérêt général qui dans nos sociétés fragiles et sophistiquées est vite inextricable quand on pousse l'analyse, il peut advenir que les gens se lassent d'y porter attention, et comme chez certains de nos voisins, préfèrent laisser phosphorer des experts de l'imbrication. Et c'est ce à quoi les royalistes auraient dû se préparer depuis longtemps, par le projet d'un nouveau contrat social, afin de proposer un deal au peuple :

Le DEAL que les monarchistes français devraient proposer est de revenir au roi pour le domaine régalien stricto sensu que l'on arracherait à la dispute gauloise. En contrepartie, tout le reste serait remis à la démocratie participative, quelque forme de régime suisse à adapter chez nous.

Bannière de l'Armée catholique et royale - Acte V - Paris

Ce partage ne serait pas si différent des domaines prétendûment réservés d'aujourd'hui dont le parlement vote les crédits par reconduction automatique en même temps qu'il prend du champ sur les questions subalternes laissées aux morceaux de bravoure de la représentation nationale et aux amendements.

Une instauration monarchique compréhensible par tous, sur tous les ronds-points, barrages et péages, et dans tous les commissariats de France et de Navarre ! Un chef pour l'essentiel qu'on oublie et tous pour le social et notre quotidien. Et cessons ces commémorations au souvenir d'une époque qu'aucun de nous n'a jamais connue ! C'est impolitique au possible.

Reste à former les "cantons français" sur la base de nos départements avec quelques ajustements de commodité. Et en avant pour le R.I.C. ! Qui rédige le projet dans le détail et son argumentaire ? L'école de pensée ?
Soyons pratique et faisons court :

« l'autorité en haut, les libertés en bas »
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