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dimanche 12 décembre 2021

Mort de la Gauche ?

Dans la campagne électorale pour la présidentielle de 2022, le "bloc" des gauches peinerait à cumuler un quart des votants, ce qui ne le prive pas de cultiver un fractionnisme de bon aloi puisqu'ils sont sept candidats* à s'en réclamer, comme les Sept Nains.

Anne Hidalgo
La figure de proue de l'escadre, qui se prend pour une sirène, s'est laissé dire par les instituts qu'elle ne rentrerait pas dans ses frais. Enfin, son parti irait à fonds perdus à la bataille ! Le bureau national du Parti socialiste est aux cent coups parce que l'hémorragie de militants cotisants ne lui laisse aucun espace pour manœuvrer et que le score lamentable annoncé en prédit un bien pire, celui des législatives à suivre au mois de juin, qui déterminent les subsides publics auxquels les partis politiques ont droit au prorata des voix obtenues au-dessus d'un certain seuil puis au nombre d'élus (loi du 11 mars 1988).

Réclamer l'union de la gauche plurielle quand on est au seuil de la banqueroute frise le ridicule qui, par chance, chez nous ne tue pas ! La plus mauvaise candidate possible, élue à la primaire socialiste contre Stéphane Le Foll, nous indique la mort cérébrale de ce parti historique envasé dans le néant de sa réflexion. Il aurait dû suffire d'entendre la maire de Paris ânonner les banalités socialistes de toujours (hi han !) pour se convaincre de l'inanité de ce choix. Mais non, le mystère des couloirs est plus épais que jamais. Ils doivent être vraiment à la rue pour choisir comme candidate une femme politique ayant conquis une municipalité sur le tapis vert du troisième tour sans gagner aucun arrondissement ! Ils avaient un type bien, sérieux et propre en toutes circonstances qui aurait provoqué pas mal d'urticaire à ses concurrents, Bernard Cazeneuve. Le Foll était pour sa part un battant avec l'entregent nécessaire dans cet exercice. Mais non, la chèvre andalouse et ses mignons l'ont emporté. Il faut être du sérail pour comprendre.
* Les comptes agrégés Datapolitics du 11/12/21 donnent : JL Mélenchon (LFi) 9.18%, Y. Jadot (EELV) 6.86%, A. Hidalgo (PS) 5.07%, A. Montebourg (Remontada) 1.84%, F. Roussel (PCF) 2.08% : Sigma hors NPA,LO = 25.03% (source - il y a d'autres agrégateurs)


On voit fleurir sur la Toile de longues analyses sur ce surprenant déclin dont la meilleure, à mon avis, est celle de Gérard Grunberg dans Telos. A sa question-titre, du PS ou de la gauche qui est le mort ?, je répondrais sans hésiter le parti de M. Faure. Et c'est amplement mérité ! La culture délétère des "courants" a ruiné toute solidarité entre le groupe parlementaire et l'exécutif sous le mandat Hollande et l'irruption en 2017 d'un candidat psychologiquement retardé qu'était et demeure Benoît Hamon, actait l'infarctus politique de la non-représentation du président sortant sur lequel ce parti s'était acharné pendant cinq ans. Sans avoir la soi-disant culture du chef, un parti ayant porté les siens aux plus hautes fonctions de l'Etat ne fronde pas. Certes M. Hollande fut malhabile en toutes choses, obsédé par ses premiers ministres et par sa page d'histoire qu'il écrivait avec tant de ratures (le livre de Davet & Lhomme est terrible), mais les socialistes auraient dû respecter la fonction et l'esprit de la Constitution de la Cinquième en se gardant bien de lui faire barrage. Ils l'ont abattu, ils ont chu avec lui, ouvrant un boulevard à Emmanuel Macron, qui les a rachetés un par un et pas cher et pas tous.

La Gauche ne disparaitra pas pour autant. Elle a de nombreux élus aux étages territoriaux et les valeurs revendiquées de gauche se vendent encore bien dans le secteur public et parmi les classes assistées. Tout simplement, les "gens" ne veulent plus de ceux-là même qui s'en réclament, les jugeant menteurs, médiocres, sournois, douteux dans leurs mœurs privées et outrageusement prévaricateurs quand ils eurent tout loisir de mettre l'Etat en coupe réglée à leur avantage. En fait le corps électoral se secoue pour ôter de son dos les puces socialistes qui le sucent. Ce sont des parasites qui aussi loin qu'on remonte, n'ont rien réussi et toujours lesté le pays de leur générosité à compte d'autrui. Exeunt ! Amen !

[1994]

lundi 21 juin 2021

Les Français jettent au loin le bouffon

J'ai une question au fond de la salle. Oui ?
- Que pensez-vous des résultats globaux aux cantonales et régionales d'hier ?
Je vous remercie, même si votre question me prend de court et j'insisterai sur un point particulier :

La victoire inespérée du parti abstentionniste (66% de moyenne) signale un désappétit des veaux pour la démocratie directe puisque ce sont des circonscriptions gestionnaires de notre quotidien qui recueillent les effets du désenchantement politique. Certes la participation augmente pour l'élection présidentielle, mais chacun sait qu'il y a toujours plus de parieurs au Grand Prix d'Amérique qu'habituellement ! Les Français aiment le show, vont aux arènes et manifestent bruyamment ! Mais peuple immature s'il en fut (dix régimes en deux siècles), il boude l'expression de ses choix quand on les lui demande. D'accord ! la classe politique n'est pas affriolante (un peu de charité chrétienne nous engage à ne pas poursuivre l'inventaire), et le mode de scrutin est compliqué à dessein pour faire émerger des majorités construites sur le trafic d'intérêts - inutile d'expliquer le truc à un étranger. Mais s'agissant de la gestion publique de notre vie intime dans les domaines les plus personnels, on aurait pu s'attendre à une affluence "normale", quelles que soient les difficultés de l'heure.

Deux résultats méritent un coup de lampe, qui vont à contre-courant des incantations en plateaux d'hier soir. La France insoumise et les partis révolutionnaires traditionnels se sont liquéfiés ; ce qui n'empêche pas les adeptes de M. Mélenchon de continuer à parader malgré le vacarme de la crécelle à lépreux qui les suit. Le Rassemblement national se vautre certes, malgré une présence médiatique soutenue pour les raisons propres au pouvoir central en vue de la présidentielle de 2022, mais il fait des scores raisonnables aux cantonales puisqu'il vire en tête dans de nombreux départements. Pour mémoire : dans le Nord, le Pas-de-Calais, l'Aisne, la Marne, l'Essonne, l'Aube, la Moselle, l'Yonne, la Côte d'Or, le Doubs, l'Alsace, le Cher, le Loir et Cher, la Gironde, les Pyrénées orientales, l'Hérault, le Gard, les Bouches du Rhône, le Vaucluse et le Var. Certes au second tour, leurs adversaires peuvent regrouper des voix pour passer devant et gagner les bonifications au premier arrivé. Mais c'est un signe.
Côté Bolivariens, c'est moins brillant. Par exemple en Aveyron : malgré les pressions énormes sur l'emploi industriel qui ont poussé un peu plus fortement qu'ailleurs les électeurs vers les bureaux de vote (56,72% d'abstention seulement), avec un déplacement tonitruant du lider Mélenchon à Viviez chez SAM, LFi fait 0,66% et la Gauche unie, 2,72% derrière le PCF à 3,35% ! La confiance n'est pas là. Et plus généralement il aura fallu le fin minois de Clementine Autain en région parisienne pour que les Insoumis se sortent le cul des ronces ! Cela augure mal de la suite pour le Ché dont personne ne veut, sauf les sondeurs !

On pourrait faire cent lignes sur le désintérêt des Français pour une démocratie confisquée par les appareils - ils sont les Gilets jaunes des ronds-points - mais il sera difficile aux tenants de la démocratie directe de réveiller les morts. Une démocratie sans électeurs tournera vite à la kleptocratie par le phénomène de l'entre-soi. Les Français dans leur grande majorité vomissent leur classe politique. Il faut dire qu'elle ruine le pays en continu, ne sachant ni le gouverner ni le réformer. Quoiqu'il en pense, le prestige de M. Macron en a pris un sacré coup dans les enceintes internationales (lire la presse étrangère), autant sinon plus que la gifle de Tain. L'indice de popularité extravagante créé par les instituts se transforme en indice d'hilarité !

lundi 23 janvier 2017

Voter ou pas

A l'occasion d'une recension très travaillée du bouquin de Guennaël de Pinieux Voter : piège ou devoir ? (Chiré 2016), Gérard de Villèle achève son analyse par un appel à s'abstenir en ces termes :
«...face aux élections dans le cadre républicain, il n’y a qu’une décision à prendre : grossir le camp des abstentionnistes et le revendiquer à temps et à contre temps, pour tous les scrutins quels qu’ils soient. À force d’être le premier parti de France, l’on finira bien par représenter un chiffre qui rendra inéligible tous les candidats... C’est aussi cela l’Espérance ! mais, il faut figurer sur les listes électorales et s’y inscrire.» (Le Lien légitimiste n°72 - abonnement électronique à 10 euros/an-120 pages).

Dans un autre billet publié par La Couronne.org, Guy Adain de son côté achève son rêve de restauration sur un appel au vote blanc :
« La Démocratie a au moins cet avantage : Le Peuple peut se débarrasser légalement de tous ces importuns, encombrants politiciens qui ne briguent qu’une place au château de l’Élysée ! Un vote blanc, Non à tous, massif, nous libérerait de cette caste de nantis et de leurs sbires. Voilà qui donnerait à réfléchir et préparerait les esprits à l’organisation d’un scrutin plus sérieux.»

Slogan anarchiste
C'est tout le problème ! Combien de déçus, d'écœurés ont caressé l'espoir que les bataillons d'abstentionnistes, blancs ou nuls coucheraient au fossé les bataillons de la Prébende républicaine ! C'est sans compter avec le défaut d'amour-propre des politiciens parvenus aux affaires qui ne seront saisis d'aucun ridicule même si la participation des masses laborieuses et démocratiques descendait à vingt pour cent. Ce cinquième du corps électoral inscrit ferait encore neuf millions de suffrages qui seraient revendiqués comme un sondage géant bien meilleur que le sondage à mille-sur-quotas des instituts éponymes, et plus pervers encore, on proclamerait les résultats obtenus comme l'expression démocratique des seuls véritables citoyens, les abstenants étant voués à la géhenne des factieux, fachistes, sociopathes et autres tordus sans intérêt.

Ce n'est pas en retenant son vote qu'on peut marquer des points ; mais en retenant l'impôt. Raymond Barre , qui avait vécu les années poujadistes comme professeur d'économie politique, avait mesuré les effets de la grève de l'impôt des indépendants en 1953. Elle avait impliqué soixante départements jusqu'à faire redouter une jacquerie fiscale généralisée. L'effet immédiat fut la difficulté rencontrée par les trésoriers-payeurs généraux pour virer les traitements des fonctionnaires de leur département et ceux donc des forces de l'ordre. Il en parlait encore lorsque, maire de Lyon, il dénonçait la politique de pression fiscale du cabinet Jospin en 1997 et 98 et annonçait la révolte. L'alarme conduisit aux allègements fiscaux de 1999 et 2000. Barre savait qu'envoyer la gendarmerie mobile contre l'émeute urbaine ou les manifestations paysannes était assez facile. Mais faire marcher la territoriale pour percevoir de force les contributions directes chez le particulier ou le commerçant de quartier n'était pas imaginable. La Ferme d'antan était terminée.

Certes, on ne peut pas s'insurger sur tout le territoire au jour J, heure H. Il suffit de partir d'un point sensible, comme les Bonnets Rouges bretons le firent contre les portiques d'écotaxe de la péninsule, puis d'étendre l'insurrection en tache d'encre (l'huile est trop lente). La seule parade organisée d'un gouvernement menacé est de décréter préalablement le prélèvement à la source des impôts sur le revenu (CQFD!) et pour le reste, le prélèvement bancaire d'autorité après avoir mis les banques au garde-à-vous. Sauf que les impôts locaux, de plus en plus importants par la défaisance des responsabilités de l'Etat central, échappent à cette forme de séquestre qui ne dit pas son nom, tout comme les taxes à la valeur ajoutée qui, suivant les fluctuations des activités d'assiette, doivent être déclarées mensuellement et réglées à l'initiative des redevables. Le champ libre contient aussi les droits en tout genre perçus tout au long de la vie fiscale du contribuable. Nul doute que la chose soit étudiée de près par l'Administration. Nul doute que la vieille Anarchie s'en soit déjà saisie.

Et justement : selon eux, les limites de l'exercice appartiennent à la forme de l'organisation des luttes. Au chapitre "En Retour" de L'Insurrection qui vient il est dit qu'il n’y a pas à s’engager dans tel ou tel collectif citoyen, dans telle ou telle impasse d’extrême gauche, dans la dernière imposture associative. Toutes les organisations qui prétendent contester l’ordre présent ont elles-mêmes, en plus fantoche, la forme, les mœurs et le langage d’États miniatures. Toutes les velléités de «faire de la politique autrement» n’ont jamais contribué, à ce jour, qu’à l’extension indéfinie des pseudopodes étatiques.

Nous sommes prévenus qu'il va nous falloir inventer un truc, à moins d'aller voter finalement pour le moins mauvais des candidats... ou le moins bon de nos adversaires à la primaire de la Belle Alliance Populaire ! Quel est donc le pire candidat socialiste qui fera le lit de Sens Commun ?


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lundi 12 décembre 2016

Exeunt !

ACTE I - Scène II
la scène I fut jouée ici

Comme à la fin de l'envoi, ils sortent. Sortent de l'Histoire les socialistes éreintés par le premier secrétaire du parti que leur système avait choisi. Habile et manœuvrier, il avait séduit par son art de la synthèse qui revenait à stopper le funambule au milieu de la corde. Il choit ! Les chiens de guerre se jettent au sol sur le corps démembré du grand cadavre à la renverse (dixit Jean-Paul Sartre jadis) chacun tirant à lui LA Vérité. Les Français ne sont pas intéressés par cette curée et la primaire de gauche annoncée aura besoin du renfort nombreux des trolls de la Fachosphère pour faire du chiffre. Déjà l'accès à l'isoloir est soldée à un euro ! Le prix d'une baguette, quand même !

Emmanuel Macron
Premier mort, une morte, Marie-Noëlle Lienemann. Il est sûr qu'avec pareil prénom, tu ne passes pas le concours de La Libre Pensée. Affolée sans doute par le succès du golden boy Macron qui sans autocars ameute une foule de quinze mille personnes au Parc des Expositions de Paris, elle a ressenti la solitude du cadre de section incapable de réunir les derniers cotisants socialistes du département dans un cinéma d'art et d'essais. Il en suivra d'autres, à mesure que le prix des salles montera. Combien feront les Hamon, Filoche, Peillon, Pinel ? Sans parler des inconnus du périphérique extérieur ! Resteront en lices, Maître Montebourg qui jouit littéralement de plaider enfin devant du monde et le petit caudillo de banlieue qui nous rejoue le dictateur de Chaplin. Dommage sans la moustache, ce serait parfait, mais à certains moments on retrouve le Petit Reître de la Sarkozie.

De l'écrémage, sortira le moins diviseur, le plus consensuel mou, le premier des battus du premier tour, décalé, jurassique, ringard, un sauveur ? C'est la fin de la Sociale. Le PS explosera par émiettement des courants et fuite des capitaux car la primaire n'organise que les courants du prochain congrès. Et comme l'avait dit André Bercoff : Hollande pousse en avant le bon candidat incapable de gagner le poste après lui ; il va vitrifier tout le territoire à gauche en guise de punition. On peut être intelligent et rancunier. Première grenade dégoupillée dans les pattes de Valls : Vincent Peillon, laïcard incandescent et conventionnel attardé qui se déclare intéressé en Frimaire de l'an CCXXV.

Jean-Luc Mélenchon
Bien sûr, le chevau léger Mélenchon est là et bien là, qui a tout compris de la toxicité du marigot. Mais on ne peut se gaver longtemps des fruits de la députation sans qu'un malveillant n'en fasse un fromage, une "fortune", et les investigateurs payés au mois vont bien finir par couper le tribun des renforts attendus sur sa gauche, le NPA et Lutte Ouvrière interdisant d'épauler le "ploutocrate" en peau de renard. Reste le phénomène Macron. Il remplace Martine dans les titres, à la plage, à l'usine, à New York, à la montagne, à Londres, à la ferme, il est partout, amasse les contributions en devises, fait sa pelote et vampirise ce qu'il reste de socialistes décotisants, amers de voir la Droite dure reprendre le pouvoir. Qui en parle bien ? Eric Wœrth lui trouve un côté biblique, télévangéliste, peplum si l'on avait ajouté de la fumée sur l'estrade samedi soir. Mais Rue89 va plus au fond en dépiautant le logiciel d'EnMarche! dans un article qui fera date ici. EnMarche! n'est pas juste un programme mais une application d'intelligence artificielle. En quelques mots, le reste est sur le site Rue89 :

Il s'agit de diagnostiquer la société française afin d'y appliquer le remède prescriptible selon les codes de la physique sociale, et incarner ce remède : « La notion même de "diagnostic" tendrait à vider la politique de sa conflictualité, à la transformer en technique : il s’agirait d’identifier automatiquement des bugs dans un "système". Plus de droite, plus de gauche. Un regard "neutre" qui identifie ce qui marche et ce qui ne marche pas...... ceux qui "marchent" et ceux qui ne marchent pas ». Macron sera le candidat des algorithmes. Finalement pourquoi pas ? On croyait avoir tout vu en République ! Ça nous manquait !


Prochain billet : Les interstitiels

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lundi 30 mars 2015

La fête à claques

J'ai eu la perception très nette que l'escroquerie démocratique (clic) était à son comble dans ces élections départementales. Il y a six mois, la strate politique qui doit se gérer maintenant était en voie d'éradication par les mêmes qui en ont fait pendant quinze jours l'apocalypse de la République. Le pouvoir en place, minoritaire comme aucun avant lui ne le fut, a appelé sur ses sectionnaires les voix de tous les républicains afin de sauver les structures partisanes départementalisées qui sont apparus comme autant de briques élémentaires dans la construction d'une "dictature" du modèle courant. Ne voyait-on rien de tout ça il y a six mois ? Cette géométrie départementale est essentielle à la République française et les forces médiatiques déployées sur ces élections le confirment, même si les attributions spécifiques aux départements restent encore dans le vague et si le risque est grand de les voir écrasés entre les régions et les métropoles secondaires. On a fait voter les gens dans un cadre de compétences qui n'existe pas encore. Personne n'avait osé jusqu'alors.

Laissant courir les chiens fous d'une réforme institutionnelle qui amuse les désoeuvrés - ce qui est sérieux est ailleurs - l'ancien président du Conseil général de Corrèze a rappelé la meute au pied quand fut remontée de la base la certitude que les départements étaient le substrat politique élémentaire pour se hisser au niveau national, ce que comptait bien faire le Front national. Pas question de laisser revenir les HLPSDNH. Cette incongruité européenne que sont les départements français avait donc son utilité ou son danger ; aussi la mobilisation des états-majors et des fédérations n'en fut que plus complète quand les instituts annoncèrent une Bérézina historique pour les partis en cour.

Ceux des penseurs honnêtes qui avaient travaillé à la suppression des départements ont pu mesurer le niveau de mépris dans laquelle le Château les a tenus pour donner à la fin de leurs travaux la priorité à ce qu'ils étaient chargés d'anéantir. Mais, répétons-le, le gouvernement du pays lui a échappé et ces jeux démocratiques de proximité ressemblent de plus en plus à un théâtre convenu, un rite gratuit, du cirque à défaut de pain.

Qu'a donné ce "Combat de Titans" ? 
Rien !

C'est l'échec du Front national et l'allocution extravagante du premier ministre qui m'ont encouragé à écrire ce billet. L'allocution de Manuel Valls hier soir est proprement incroyable, qui, à l'inverse du président droit dans ses bottines, dit avoir entendu le cri des Français et promet pour demain matin l'embellie produite par les mesures gouvernementales courageuses prises depuis trois ans... on rêve ! Le redressement de l'Europe, et de l'Eurozone spécialement, tient à l'effondrement du prix du baril de pétrole, à celui des taux d'intérêts sur les bons d'Etat et à la chute de l'euro en dollar. Ces gens n'y sont pour rien ! Pour rien du tout ! Ce pouvoir est bien celui de Foutriquet.

M. Valls a été sélectionné par François Normal pour sa gueule et son petit score aux primaires socialistes. Peu dangereux pour l'apparatchik parvenu en douce, c'est un costaud de sous-préfecture qui n'a pas le calibre de la fonction, ce qui multiplie son acrimonie naturelle. On pourrait faire cent lignes qui démontrerait sa "dépersonnalité" en suivant sa quête inlassable de mentors depuis qu'il a choisi ce métier qui n'en est pas un. En plus de nerfs fragiles, il n'a que la colonne vertébrale d'autrui et ça commence terriblement à se voir.

Personnellement impliqué depuis qu'il a pris en main la campagne électorale au quotidien, en laissant de côté sa fonction de chef du gouvernement, il devrait démissionner après avoir perdu la moitié des départements que tenait son parti. Partout ailleurs en Europe, un pareil désaveu entraînerait la démission du chef de file, sans railleries ni quolibets d'ailleurs. Logique démocratique. Mais ici, non ! Les éditocrates de la presse subventionnée lui trouvent mille excuses.

Le Front national pour sa part a perdu. Marine Le Pen rate le fameux ancrage. Aucun département n'est conquis et peut-être 50* cantons sur 2000. On peut retourner la question en tout sens, malgré un raz-de-marée en voix, le Front ne perce pas globalement dans une élection concrète. Il reste un parti du mécontentement sans risque, bon pour les européennes.
(*)= estimations du 29.3.15 à 23h

Le grand gagnant est Nicolas Sarkozy qui ramasse 70* départements, mais puis-je ajouter qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, on me dit qu'il le sait. Le programme concret du gouvernement des réformes n'est toujours pas élaboré. On ratisse large ! La victoire d'aujourd'hui n'anticipe pas celle de demain, les enjeux sont chaque fois différents et les adversaires ne sont pas figés, chacun adaptant sa défense ou son attaque à l'autre au moment. La mise en scène de la pièce est donc à chaque fois différente même si les règles de l'art sont immuables : faire prendre au couillon des vessies pour des lanternes.




lundi 30 mai 2011

Une odeur de vomi

Peu me chaut que le directeur général du FMI n'ait pu se retenir de vider ses génitoires au sortir de la salle de bains, il n'était pas mon candidat. Il est dommage pour l'image du French Lover qu'il ait violenté une jolie femme de chambre, entrée là pour raison de service (sans esse), et qu'il l'ait traitée comme un cadeau Bonux du groupe Accor qui n'en fait pas. Dans cette journée fatidique du 14 mai, combien de gens braves ou crapules auront perdu la vie dans la Grosse Pomme ? Nafissatou Diallo a perdu, elle, sa laborieuse tranquillité, et son adversaire est politiquement mort, dès avant de se suicider peut-être.
En quoi devrais-je m'émouvoir qu'un obscur député-maire de banlieue ait des distractions puériles à masser les pieds de ses secrétaires pour leur voir la culotte ? Le pouvoir est aphrodisiaque au premier soupçon ...de pouvoir, et le maire d'un trou perdu fait vite le costaud de sous-préfecture. Alors le "maître du monde", imaginez !

Le Parti est accusé
Ce qui m'irrite au plus haut point, c'est l'enfumage "démocratique" des sources de pouvoir, partis et médias, qui, bien au fait d'obsessions bizarres de leur champion du jour, n'ont pas une minute envisagé de s'en détourner, au contraire, l'ont mis sur le pavois des sondages avec la complicité des donneurs d'ordres (voir ci-dessous) car il augurait de somptueux bénéfices pour chacun d'entre eux, dans les charges ministérielles et périmétriques, conseils, commissions et autres commissariats.
La bitardise de M. Strauss-Kahn était notoire sans être du Cartel des gauches, mais au motif que les réflexes induits par la tentation n'entamaient pas ses capacités d'analyse et décision, ses thuriféraires remettaient le destin de la France pour cinq ans à un type qui pincerait les fesses de la reine Rania de Jordanie, sublime beauté dont tout royaliste est amoureux.

La presse est accusée
Denis Jeambar n'en peut plus de honte bue, et aurait (je ne trouve pas l'article) révélé dans Marianne, les dîners secrets de la presse et du prince pour mettre au point la campagne médiatique qui devait accompagner la déclaration de candidature du sauveur socialiste. On sait la connivence de certains journalistes avec les détenteurs du pouvoir mais dans ce cas précis - le pouvoir était à portée mais pas encore assuré - il s'agit d'une mise au service d'une cause partisane choisie délibérément. Libération d'Edouard de Rothschild, le Nouvel Obs de Claude Perdriel et Marianne de Maurice Szafran sont les journaux qui ont mangé. Qu'en attendaient-ils, outre l'envie de se voir un jour dans les rangs des licteurs de Cæsar ? Pure vanité, si l'on sait que l'Etat leur distribue déjà beaucoup d'argent sous forme de publicités publiques et para-publiques, et de subventions diverses à la production et à la diffusion.
Ces gens parlent d'indépendance de la presse la bouche pleine. Que valaient leurs sondages ? L'Obs donnait en novembre 2010, DSK gagnant par KO contre Sarkozy avec 62% des voix ! Gag !

Le régime est accusé
Les politiciens des partis ne sont pas mieux. Toute la Dream Team strauss-kahnienne savait à quoi s'en tenir des émois irrépressibles du champion. Réussissant dans leur projet, ils prenaient délibérément le risque, sauf opération préventive pratiquée au Maroc, d'une humiliation de notre Etat qui, dans ses fondamentaux et ses comptes publics, n'a vraiment pas besoin d'être moqué dans les enceintes décisives. Or l'humiliation d'un Etat rejaillit durablement sur la Nation et ses "nationaux", à voir la "haute" considération que nous avons, nous Français, à New York ces temps-ci.
Nous sommes dans l'hyper-avidité : crève la France tant pis, si j'ai le maroquin tant convoité et mon nom dans l'Histoire. C'est ce que viennent de me faire comprendre MM. Moscovici, Cambadélis, Le Guen, Michel Destot, Alain Richard, François Pupponi, Jérôme Cahuzac, Gérard Collomb, Mme Marisol Touraine, Mme... madame ? tiens, il n'y a pas beaucoup de femmes dans le "board DSK", l'influence du Grand Orient de France peut-être.

Martine Aubry dont on parle de plus en plus pour succéder au proscrit dans le coeur des électeurs de gauche est une bûcheuse. Elle ne pouvait ignorer le talon d'Achille de celui qui signa avec elle le pacte de Marrakech en 2010. D'une certaine façon, elle est complice par omission, et tout ce beau monde n'a aucun sourcillement à lancer le programme en trente points du Parti Socialiste au sortir du chaos (clic). Il faut sans mollir appâter le client, car la démocratie c'est d'abord des clients.
Ces comportements sont tous conformes à la loi d'absolution du suffrage universel comme nous la dénoncions dans un billet précédent, Constitutionnellement sale.

Enfin, il ne suffisait pas d'avoir l'équipe de Communication & Propagande¹ la plus puissante du moment, staffée des meilleurs spinning doctors français [euh... jusqu'à ce qu'ils sortent la Porsche Panamera], fallait-il encore avoir un bon candidat, comme disait de Lionel Jospin le pianiste de bordel dépité Séguéla, au soir du 21 avril 2002 !
Les communiquants avaient pu écraser en France l'affaire Piroska Nagy (collaboratrice hongroise au FMI forcée par son directeur général), mais le NYPD a sa propre agence de com et ne leur obéit pas.
Politiquement, DSK est un éjaculateur précoce !


Note (1): Stéphane Fouks (Euro RSCG), Gilles Finchelstein (Euro RSCG), Anne Hommel (Euro RSCG) et Ramzi Khiroun (comité exécutif de Lagardère)... (plus ici).

samedi 29 novembre 2008

L'affaissement moral du PS

Mme AubryLes petits meurtres socialistes. Le parti à marée basse a finalement découvert son maître parmi les morts-vivants laissés sur l'estran. Qui de ces choses peut lever la bannière et convaincre au delà du cloître de la Rue Solférino ? La coalition des ogres qui jadis recrutait huit socialistes sur dix n'a vaincu que de cent voix sur soixante-sept mille ! Ils sont sauvés, piteusement. Pensez-donc, la dinde du Poitou en fit autant ... moins cent voix, toute seule ! Heureusement que les fondateurs ont prévu l'adoubement du Premier secrétaire par le Conseil National et le résultat démocrassique au cheveu près devient par magie un victoire au trois-quarts (159 voix contre 76).
Cela change tout quant au partage des dépouilles mais ne réduit pas la fracture entre deux concepts de guerre politique irréconciliables : ...

1.- Les ogres occupent chacun leur tannière en viager, bien distincte de celle d'autrui, et qui correspond à l'affectation d'un poste de gouvernement, ... dans l'heureuse éventualité d'un redémarrage de la machine à perdre populiste qui leur ouvrirait les lourdes portes des ministères.
2.- Refusant de suivre les plans roulés dans la poussière des tiroirs du siège, s'oppose la jeune garde américaine qui pense abattre le tyran hongrois en multipliant les Zéniths.

Mme RoyalLes motivations des premiers ne sont pas plus condamnables que ne le veut le genre démocratique. Après tout la République produit de la classe politique comme la bombe de la chantilly, classe qui se superpose aux autres et se régénère en continu au fil des attritions. En revanche, comme le fait le camp de la sainte, décider de la souveraineté du peuple à tous motifs dont le moindre n'est pas de supposer ses capacités politiques, et dans le même mouvement le prendre pour un ramas d'andouilles est assez fort de café.

Revenons aux vainqueurs. Le trombinoscope est assez alarmant :
- Martine Aubry, fille prodige de Jacques Delors, invente en pleine globalisation de l'économie les 35 heures pour répartir le travail, denrée réputée plastique à l'ENA (Promo Léon Blum, d'accord). La mesure est tellement extravagante qu'il faut puiser des milliards d'euros chaque année dans les comptes de la Sécurité sociale pour la maintenir en usage. Mais elle traduit le réflexe prédateur des politiciens républicains : je décide ce qui arrange mon parti, tu payes !
Que va-t-elle sortir de ses cartons pour réunir le plus possible de militants sur un projet "vendeur" ? J'en frémis.
(Sur les 35 heures un bilan intelligent ici)

B.Delanoë- Bertrand Delanoë, le tourbillon de Paris, est programmé comme capsule spatiale présidentielle lancée en 2011 par la fusée Aubry III. Il s'en défend et fait la coquette, d'autant qu'un bilan calamiteux de sa gestion parisienne arrivera au jour en pleine campagne - faisons confiance à ses amis. Son combat pour les moeurs a épuisé tout son capital doctrinal au point de le convertir à un libéralisme dialectique anachronique mal assumé. L'ami des fêtes galantes et du sceptre raide risque bien de ne pas être raccord avec les masses laborieuses et démocratiques laissées au fossé par la Crise. Aussi s'inquiète-t-il de les chasser de ses circonscriptions en poussant à la hausse taxes et loyers.

- Laurent Fabius, le parfait crâne d'oeuf éternel candidat, n'a jamais hésité à marcher sur les brisées de son parti pour avancer son bénéfice. Son comportement ouvertement factieux à l'époque du référendum européen a été digéré par la matrice socialiste capable de tout décomposer dans ses sucs gastriques. Il revient au côté du nouveau maître ouvertement européiste, sans vergogne, as usual. C'est le fou de la reine à qui il donne des insomnies.

L. Fabius
Nous passerons sur les autres caciques qui n'ont vraiment plus le look accepté dans les médias. Les aigreurs staliniennes de Lavabo Jospin, capable de nazifier le camp adverse pour en gratter quelques voix sont lamentables. Il a touché le fond. Ne disons rien de rien, je pensais à l'idole des jeunes, Jack Lang du Vent Qui Vente, jamais loin du téléphone dès fois qu'on le sonne pour la Rue de Valois ; non plus que d'Henri Emmanuelli qui a cru un instant à la liqueur de jouvence de l'Abbé Soury en propulsant Benoît Hamon à la gauche des ogres. Le reste - les meilleurs sont passés à l'Ouest - est sans intérêt ou trop jeune pour mordre.

DémosthèneMême si la démocratie d'étage national ne trouve pas de renfort sur ce blogue, j'acte qu'elle gère la nation, en attendant mieux. Aussi suis-je préoccupé par sa déliquescence qui ne peut me surprendre, mais surtout par l'acceptation générale dans l'opinion d'une escroquerie électorale évidente mise au grand jour. Comme si au fond, cela n'avait d'importance. Faux électeurs, urnes bourrées, PV trafiqués, listes d'émargement détruites, etc. Je rappelle parfois une devise de mes vieux professeurs : la démocratie est le régime de la Vertu. A l'abandonner comme le font les socialistes, on aboutit à la dictature des Bureaux, constitués en fiefs, ou fromages, sans plus aucune révulsion morale. Rien n'étonne plus. S'ouvrent alors les temps de la pourriture et du joug.
Cette fois, les Américains ne viendront pas nous libérer.


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samedi 11 octobre 2008

Nationalisation, colbertisme

benoit hamonDepuis quelques jours, les archéo-socialistes et les journalistes en quête de commentaires sautent comme des cabris en criant à la "nationalisation. "On vous l'avez bien dit qu'il fallait nationaliser !". Même des esprits plus jeunes comme le sous-député Hamon, réclament d'aller au bout du concept marxiste en renationalisant le secteur bancaire. Il n'avait que 14 ans en 1981 et ne se souvient pas de l'incongruité de la démarche qui nous avait alors stigmatisés sur toutes les places financières du monde. Georges Brassens l'a si bien dit : "le temps ne fait rien à l'affaire ...".
Le contribuable français a payé très cher ces foutaises idéologiques, même si le ménage à trois "affairistes-politiciens-banquiers" a permis de lancer de belles fortunes privées comme celles de M. Arnault ou M. Pinault, et continue de métastaser dans l'affaire Tapie.
Hamon et quelques autres du think tank de La Forge s'appuient sur les "nationalisations" américaines de Hank Paulson pour instrumentaliser à leur bénéfice les décisions de leur "pire ennemi" ; Paulson a quitté Goldman Sachs en 2004 avec un parachute doré de cinq cent millions de dollars et reste un capitaliste "red meat" !

Ses injections de capitaux dans les institutions financières américaines en échange d'un paquet d'actions privilégiées ne visent qu'à leur donner plus de force gravitationnelle dans la galaxie financière. Accessoirement elles provoquent la mise à pied sans indemnités du patron (CEO) de la banque aidée. Quand on sortira de la crise (dans un à trois ans), ces actions seront revendues au goutte à goutte sur les marchés boursiers par le pouvoir américain qui espère bien encaisser de confortables plus-values, au prix où il paie aujourd'hui les titres échangés contre les fonds publics. C'est un sauvetage par injection de liquidités dans un réseau financier quasiment asséché en crédit interbancaire, mais aussi une belle opération de crédit professionnel, et Paulson est un professionnel, contrairement aux ministres des finances du G7 qui l'entouraient hier, et qui n'aboutirent à rien plus qu'une déclaration de principe sur la sage gouvernance. La contribution du directeur général du FMI, Strauss-Kahn, est pitoyable de convenu, inutile et presque stupide, à se souvenir de la responsabilité du Fonds dans la crise asiatique de 1997.

Hank PaulsonReste le rachat pat l'Etat fédéral des hypothèques douteuses ou pourries visant à nettoyer les actifs des banques et institutions de refinancement pour rétablir la confiance du milieu. C'est à la limite une opération caritative de "sécurité sociale" et il n'est pas dit qu'elle puisse se dénouer à terme avec bénéfice. Le gage ultime est un stock immobilier de qualité moyenne ou basse situé dans des zones moins attrayantes ou le pied-carré est bon marché et peu susceptible d'embellie. Cette décision angoisse les contribuables américains qui touchent au quotidien de quoi s'agit-il exactement, plus que la mutualisation des pertes des milliardaires de New York et de Chicago. L'intrusion de l'Etat dans la jungle libérale n'est qu'un thème de campagne électorale parce qu'il y a longtemps que l'Etat, fédéral ou local, est dans la "rue" et ne gêne personne.

Cette "nationalisation des terres" ne sert en rien la dialectique socialiste qui ne peut proposer à ses militants et bientôt à l'électorat la collectivisation de la propriété foncière, à peine de réveiller chez l'auditeur une irrésistible énurésie sarcastique. Et pourtant c'est le seul exemple réalisé dont ils disposent aujourd'hui dans leur quête du graal marxiste. Autant dire que les appels à nationaliser sont vains ; surtout depuis que le champion parisien du parti socialiste, Delanoë, a fait son coming-out ...libéral !

colbert De notre bord aussi se réveille une certaine impatience à voir l'Etat reprendre la main sur le thème du colbertisme. Au souvenir du développement provoqué par de grands commis comme Colbert (1619-1683) ou Vauban (1633-1704) - il y en eut d'autres -, nous caressons le rêve d'un retour d'une certaine gloire enfuie par une implication massive des pouvoirs régaliens de l'Etat dans l'économique. C'est oublier que ces visionnaires s'attaquaient d'abord au futur du royaume plus qu'à la conservation de positions traditionnelles ou précarisées. Le futur français est quasiment colbertisé déjà : la recherche dépend du CNRS, l'atome du CEA, l'astronautique d'Arianespace et EADS est une structure bi-étatique. La liste est longue.
Entre la sphère étatique et la sphère privée il y a le sas de l'économie mixte, vestige de la soviétisation du pays. On y trouve des milliers d'entreprises, offices et agences, de très grandes comme GDF-SUEZ (35% de capitaux publics) en passant par Renault (15%) jusqu'à de minuscules fromages pour nomenklatouristes à abriter, dont les plus nombreux s'occupent de formation professionnelle.
Cette zone grise n'est pas le royaume des grands performers même si l'on y rencontre des succès indéniables ; mais parfois aussi de grands désastres comme France Télécom sous la gestion de Michel Bon.

vaubanIl est certain que "colbertisation" et nationalisation aient les faveurs d'une large part de la classe politique française, pour la simple raison qu'elles créent des postes accessibles sans une concurrence féroce, avec simplement des relations. On s'aperçoit vite, si l'on s'en donne la peine, que la zone grise actuelle est staffée aux niveaux subalternes par les "fils et filles de ...". L'avenir n'étant pas rose, un accroissement des offres d'emploi restreintes à la génération élue lui apporterait la sécurité indispensable à se perpétuer aux manettes de toutes tailles.
Le génie français est capable du meilleur qu'il ne soit besoin de multiplier les pantoufles. Percer sur le secteur concurrentiel est la meilleure incitation à se surpasser et à donner au pays les clefs de son avenir.

En quittant ce billet, on notera que parmi les meilleurs laboratoires d'idées qui phosphorent en France, beaucoup ont choisi des noms d'Ancien régime : Institut Turgot, Comité Colbert, Institut Choiseul, le plus puissant en influence dit-on, Institut Montaigne ; et que l'association Vauban est très active dans plusieurs domaines tournés vers demain ! Doit-on s'étonner de ne point trouver dans la liste des associations du même type portant des noms républicains ? Celles-là se désignent par un nom neutre (La Boussole, l'Horloge, Terra Nova, Belles Feuilles) ou par un acronyme (AFIDORA, CAPRI, CERI, IFRI, etc).

Je me tue à vous le dire : la monarchie est un truc futuriste.

PS : Un fil a été ouvert sur le forum ViveLeRoy qui aborde le colbertisme : CLIC.


armes de choiseul
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vendredi 25 juillet 2008

Le frisson des morts-vivants

pancarte municipale vers l'école des Grèves
Faisant siennes les récriminations du public excédé par le je-m'en-foutisme des planqués de la république, le parlement a adopté hier une loi de garderie municipale pour les jours de grève des cultivateurs éponymes. Intitulée "service minimum d'accueil", elle dispose que les enseignants grévistes devront se déclarer au plus tard 48 heures avant l'arrêt de travail et impose aux communes de mettre en place l'accueil des écoliers quand le taux de grévistes est supérieur à 25%. Du bon sens qui, notons-le, renforce le droit de grève en adoucissant l'impact sur les activités des parents et en permettant au corps de fonctionnaires impliqué de s'arrêter pour un oui ou pour un non sans emmerder personne.

Tricher n'est pas jouer ! Si vous n'emmerdiez personne, où serait le plaisir ?

sénateur socialisteBattus à la Chambre et au Sénat, les peine-à-jouir syndicalisant nés sous le Front populaire déposent ce matin un recours à l'enseigne du Sphinx dans l'espoir secret que l'ennemi juré de Sarkozy, président du suprême jury dont le père se coiffait d'un entonnoir, fasse des difficultés au gouvernement Fillon. Ainsi prouvera-t-on que si le bien public passe par la porte de devant, on peut toujours entraver sa progression en surgissant de la porte de derrière !

Pas facile quand même ! Lorsqu'on veut enfiler les mouches à cet âge, il faut surdoser le viagra casuistique. Je vous livre l'essentiel du communiqué historique et vous allez devenir adeptes de l'euthanasie :
Emmenés par les gérontes de la Chicane, ces messieurs du Sénat qui pensent dénoncent « les entraves au droit de grève, dont la valeur constitutionnelle est affirmée par le Préambule de 1946, sans qu'aucun motif de continuité du service public ne justifie cette atteinte » ... et affirment que la «loi ne respecte pas le principe constitutionnel de compensation par l'Etat d'une charge créée pour une collectivité, affirmé par l'article 72-2 de la Constitution ».

Dans le préavis de 48h je ne vois pas l'entrave sauf à revendiquer officiellement la prise d'otages impromptue obligatoire. Quant à la compensation de charges je ne vois pas non plus comment la déterminer de manière comptable - il s'agit de sous - puisque les employés municipaux sont payés au mois.
A quoi servent-ils donc ces politiciens en fin de vie abandonnés-là à péter dans le velours cramoisi de l'hémicycle ou vautrés dans les méridiennes des salons dorés, à guetter les funérailles nationales. Qu'on ferme ce cirque et récupère le sable de la piste pour Paris-plage !

baigneuse à paris
Au fait, sans en parler à personne, ils se renouvellent pour un tiers le 21 septembre dans des mandats de neuf ans ! [correctif : par tiers pour 9 ans c'était l'ancien temps ; j'ai oublié la réforme passionnante de 2003 qui réduit le mandat à 6 ans en compensation de la création indispensable de 27 sièges supplémentaires, l'hémicycle étant renouvelé par moitié tous les 3 ans].
L'empilage des fromages parlementaires depuis le conseil municipal de base jusqu'au parlement européen est sidérant : Conseil général (département), conseil régional, assemblée nationale, conseil économique et social, sénat, et je laisse de côté une foultitude d'assemblées pour rire comme les chambres de commerce ou de métiers...
Il y a mieux à faire du Palais de Luxembourg. Les royalistes ont leur idée.

On me dit dans l'oreillette que c'est de l'antiparlementarisme primaire ! Si l'on suit les débats parlementaires, on acquiert vite l'assurance qu'il ne peut y en avoir d'autres !


La justice pour les nuls


michel bonPour me mettre de bonne humeur, la Gazette du Palais m'informe qu'après avoir laissé derrière lui 21 milliards* d'euros de pertes et 70 milliards* de dettes en quittant France Télécom en 2002, Michel Bon (wiki) vient d'être durement condamné par la Cour de Discipline Budgétaire et Financière à dix mille euros d'amende pour gestion opaque. C'est terminé pour lui ! Non, non, on ne vous prend pas pour ce que vous pensez. C'est de votre faute :
Vous, souverain peuple, à travers l'Etat qui vous représente, avez omis de donner des instructions fermes lors des conseils d'administration où M. Bon a presque toujours recueilli sur ses résolutions l'unanimité des dormeurs.
* Renvoi : pour mesurer la profondeur du trou sachez que le déficit budgétaire de la même année fut de 49 Mds€


Parfois content le soldat


dragon du 13Dans un autre domaine, j'ai noté que le chambardement stratégique dans notre dispositif militaire restait un conflit social classique de basse intensité. D'une part l'épure de M. Morin tient debout - il faut reconnaître que c'est du grand art puisque tous les paramètres sont fondés avec précision bien qu'on puisse refuser ce fondement -, d'autre part, les militaires eux-mêmes, sauf peut-être les étoiles, ne semblent pas si mécontents de partir de certains trous perdus où ils étaient confinés depuis les années 20. D'aucuns ont même lâché aux caméras : « les militaires, on les aime quand ils partent ! ».
Reste à savoir si le lego de la défense sarkozienne tiendra ses promesses. Croix de bois, croix de fer, je jure sur la tête de François Bayrou que le plan ira à terme. On craignait bêtement qu'une fois les économies encaissées, on ne les distraie ailleurs selon l'urgence du moment.

Au fait, pour terminez dans un grand éclat de rire, apprenez que M. Bon serait conseil en management, et en vivrait !

PS : je signale aux oisifs un article du Québécois Libre sur le colbertisme canadien pas piqué des hannetons dont la saison approche. Cliquez donc ici !

pancarte québécoise


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