Affichage des articles dont le libellé est 2017. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 2017. Afficher tous les articles

lundi 19 juin 2017

Pause !

Emmanuel Jupiter Macron
Les Français rêvent depuis Gergovie de l'homme providentiel ;
ils l'ont !
Ils ne comprenaient pas qu'on puisse le brider dans toutes ses "bonnes intentions" en ne lui donnant qu'une minorité parlementaire qui le forcerait à la cohabitation ; ils lui ont donné une majorité nette et sans bavures à l'Assemblée nationale !
Ils détestaient leur classe politique corrompue ; c'est fait, on a abattu le taillis politique pour faire entrer la lumière sous la canopée démocratique. Assemblée renouvelée à 74% !
Alors quoi de plus ? Rien !
Emmanuel Macron a tout, l'allure, le cerveau, la jeunesse, la santé, la majorité présidentielle sans le Modem et un premier ministre super-carré. Les partenaires sociaux ont été prévenus comme le singe dans l'arbre qui assiste à l'égorgement du poulet ; le poulet s'appelle PS ou LR : les syndicalistes ne participeront pas à l'effondrement social du pays sous peine d'assèchement des fontaines de subventions et postes paritaires juteux. Ça calme !

Nul ne sait ce qu'il va advenir des Républicains tiraillés par les intérêts électoraux locaux mais disciplinés par la prébende et la dette du parti. M. Mélenchon atteindra son demi-siècle de carrière politique inutile et nuisible au sein d'un petit groupe d'insoumis qu'il finira bien par diviser avec ses objurgations disciplinaires. Le parti socialiste est carrément en faillite politique et financière. Le Front national accède à l'hémicycle avec une petite escouade qui sera peut-être plus assidue ici qu'au parlement européen mais qui pèsera peu car hors-sol sur les sujets économiques. A noter qu'il reste des traces communistes pour les archéologues du futur, qui se demanderont longtemps ce qu'ils faisaient là.
C'est donc du billard pour le pouvoir nouveau, sauf à mettre à jour les algorithmes sur le taux de désintérêt des électeurs convoqués. Mais si les gens s'en foutent, ils ne bloqueront pas non plus !

Alors, posons la carte électorale et retournons à la charrue. Que la République se débrouille dans ses truquages et ses lobbies, vu les tares du système elle ne pouvait se mieux porter qu'avec un président plébiscité et une chambre d'otaries ! La suite est pour la chronique des scoops et des scandales. Bon vent monsieur Macron, on reviendra !

Le blogue Royal-Artillerie part en pause quelque temps
et se met en mode Hotchkiss automatique
:

 


via GIPHY


A bientôt !


jeudi 15 juin 2017

Second tour

 Le Français moyen a plus de sens politique que la classe politique. Du fond de son fauteuil-télé, il jauge les hommes et s'amuse des programmes parce qu'il sait intuitivement que l'avenir est fait d'incertitudes, surprises, drames et tout le diable son train. Les slogans de campagne enrichissent le décor audio-visuel mais Sarkozy et son "travailler plus pour gagner plus" fut rattrapé par la faillite de Lehman Brothers ; Hollande et son ennemi La Finance, le fut tout autant par le terrorisme et la fronde interne au PS. Devant la page blanche du futur, l'électeur prime le caractère, la résilience, l'envergure du candidat-chef d'Etat bien plus qu'un programme qui l'ennuie.

Ainsi monsieur Macron a-t-il gagné, comme prévu dans ce blogue, sans programme sur sa bonne mine, au grand dam des connards* du vieux monde qui n'attendaient que les cents chapitres macroniens à mettre en pièces pour se refaire une doctrine. A voir la rage des foutraques de gauche et de droite, on devine la rancune des politiciens de métier blanchis sous le harnois des récitations ! Le Français, lui, n'a pas été freiné par la jeunesse relative de l'impétrant, sa réussite professionnelle et son parcours politique, sa belle cougar plus cultivée que la moyenne, l'absence d'un parti de gouvernement en soutien, les augures d'un désastre annoncé par les experts. Au lieu de quoi, le mec élu par les deux-tiers des votants contre la Fille du Pirate, les a bluffés le jour de son intronisation et les jours suivants au milieu des "grands" de ce monde qu'il donnait l'impression de n'avoir jamais quittés. Pareille aisance rassurait les Français qui revenaient d'un zébulon surexcité alternant jogging et vélocipède, au gros placide boutonneux, bite-au-vent et scooter en prime.

Aussi les connards* du vieux monde ne comprennent pas aujourd'hui les quatre cents sièges annoncés au palais Bourbon, et continuent à labourer le programme dont les Français se tamponnent ; mais de cela les génies de la programmatique ne veulent rien savoir. Mélenchon et les quarante bolivariens brandissent les accords de branche du Code du travail qui n'intéressent pas l'électeur, le sénateur Baroin et ses acolytes et rivaux, la CSG qui est un impôt caché que personne ne voit vraiment. Passons sur la caricature permanente des propositions d'autrui qui montre le niveau d'approche.

Après le programme inconvertible en voix, se brandissent les "valeurs". C'est quoi déjà ? Ben... les valeurs de la gauche(?!)... les valeurs de la droite(?!)... seul le centre n'affiche pas de valeurs spécifiques sauf de bon sens. Sans oublier les "valeurs de la République" ! A la réserve près que droite et gauche sont des notions historiques n'ayant plus cours légal. A côté d'eux-tous, les patriotes bleu marine lancent les dés pour quatre sièges après en avoir annoncé quatre-vingt avant la présidentielle, quarante juste ensuite. Leurs électeurs ne réagissent pas aux circonstances politiques, ne militent pas non plus mais attendent le succès comme la manne au désert.

Cramponnés au patriotisme subdivisé en courants, les cadres du Front désespèrent d'émerger en groupe au cœur des institutions. La faute à plein de choses parfaitement connues, encadrement faible, niveau faible, militants rares, mais un parti "personnel" comme le Front national ne peut pas se réformer ou s'adapter aux temps, sauf à tuer le duc de Guise. Le logiciel perdant-perdant va l'achever par le drainage de ses électeurs en sidération ayant enfin compris que la seconde n'enclenche pas sur les boîtes Philippot ! Un vrai parti de droite identitaire sans références à l'Occupation ou aux gaz a un boulevard devant lui ; un seul parti ! Deux et c'est déjà mort ! Qu'en pense Paul-Marie Coûteaux ?

Cédric Villani, Nobel de Maths
S'il leur en reste, du temps, les battus dénoncent ensuite le mode de scrutin et, après résultats, l'illégitimité des élus dans une arithmétique étrangère à la démocratie représentative, mais dont ils sont prévenus depuis... SOIXANTE ANS bientôt ! Madame Autain, charmante idiote au demeurant complètement à l'est mais avec du corsage, réclame la Sixième République qui devrait la porter à la Chambre (aucune insinuation). Le système politique briment les battus, clament d'autres. Tous invoquent la proportionnelle en faisant mine d'oublier qu'elle est réservée aux peuples matures et coalisables, à défaut de quoi le Général jugea qu'elle ne marcherait pas au palais Bourbon où les singes hurleurs au cul rouge claquent des pupitres et insultent à tout va. Mais justement, tout cela pourrait changer avec le renouvellement profond des députés choisis parmi les gens normaux et/ou intelligents.

J'aime bien la médaille Fields de mathématiques avec lavallière et l'araignée dorée à la boutonnière, Cédric Villani, capable d'un discours bien déroulé et puissant qui finit par surprendre au milieu des éructations habituelles des professionnels de l'alarme et de l'embrouille. La diversité du mouvement En Marche garantit seule une pluralité d'opinions dans l'hémicycle, les origines des députés Macron étant si différentes. Le danger d'un groupe majoritaire monolithique est donc une crainte infondée de la part de ceux qui n'en sont pas, d'autant que le groupe MODEM fera chambre à part, que Bayrou est rancunier comme une vieille fille, et qu'au palais du Luxembourg les gérontes ne semblent pas impressionnés. Reste que la moitié du corps électoral est parti pour Coblence, ce qui devrait rassurer les royalistes contempteurs de la démocratie d'étage régalien. Avec deux-tiers d'abstention, on ramènera le roi, croient-ils.

La méthode de raisonnement tactique utilisée dans l'infanterie française exige pour une mission définie la désignation d'un chef doté de moyens affectés. Le chef, c'est fait, les moyens, c'était à vous, vous les avez donnés ! Pour dimanche prochain, bordez les frontières de LREM en élisant des gens bien, capables d'un quant-à-soi, il y en a ! Normalement à ce stade de l'article, suit la litanie des connards* dont le Piéton salue la défenestration praguoise ; mais elle serait trop longue (désolé)!


(*) sobriquet affectueux de Dominique de Villepin désignant les députés avant la dissolution de 1997 !

mardi 13 juin 2017

Nos oignons royalistes

 

Recentrons-nous. Ignorant tout des dispositions retenues par l'Alliance royale pour les législatives 2017, je suis allé sur le site du parti et, cachée derrière deux pages, j'ai trouvé une liste (clic) de seize candidats (avec des erreurs de circonscriptions !).

Résultats du 11 juin 2017 (base Le Monde):

- 0,44% pour De Prévoisin (AR/3°Indre et Loire)
- 0,34% pour Paillard (DVD/8°Hauts-de-Seine)
- 0,20% pour De la Dorie (DVD/7°Haute-Garonne)
- 0,19% pour Brière-Saunier (AR/1°Eure et Loir)
- 0,18% pour Alexandre (DVD/3°Loiret)
- 0,18% pour Dufourg (AR/2°Indre-et-Loire)
- 0,08% pour Lelys (AR/2°Paris)
- 0,06% pour Lebreton (AR/8°Rhône)
- 0,05% pour Camus (DVD/3°Rhône)
- 0,03% pour Chabanet (DVD/17°Paris)
- 0,02% pour Devin (DVD/2°Yvelines)
- 0,02% pour Fautrad (AR/10°Loire atlantique)
- 0,01% pour Bélenguier (DVD/5°Bouches-du-Rhône)
- 0,01% pour Lamand (DVD/18°Nord)
- 0,01% pour Levavasseur (AR/1°Paris)
- 0,01% pour Petit-Galland (AR/1°Charente)

Précisons que les candidats n'avaient pas donné de bulletins de vote aux bureaux (nécessité pour l'électeur de l'imprimer chez soi) et que la campagne fut partout faite sans grands moyens d'affichage, aucun remboursement des frais n'étant prévu, évidemment. Reste le pourquoi : la démarche électorale lancée par Yves-Marie Adeline visait à profiter du tapage de la campagne pour diffuser à haute voix l'offre politique de l'Alliance royale. L'élection était un prétexte pour booster la communication. Devaient s'y agréger des moyens financiers de propagande suffisants au fil des adhésions provoquées par ce procédé.

Le parti a seize ans, les moyens de son insertion dans le paysage politique français ne sont toujours pas acquis. Après plusieurs essais, ça ne marche pas. Ne cotisant pas, je ne pose pas la question de savoir à quoi sert ce parti dont on n'entend jamais parler. Mais la question se pose aussi pour d'autres structures confidentielles qui survivent sans objectifs ni influence, mais font sans doute le bonheur de leur dirigeant par la position sociale qu'elles procurent dans les sous-préfectures. Tant que ça ne mange pas de pain dit la sagesse populaire... et c'est bien le cas, les velléités politiques ressortissent plutôt au domaine du romanesque et après tout, chacun a bien le droit de s'occuper comme il veut.
Entre-temps, deux supports de communication cessent leur activité. Le Lien légitimiste est stoppé et cherche un repreneur, le rédacteur en chef ne voulant continuer ; le site web du Conseil dans l'espérance du roi a arrêté son bulletin climatique quotidien. Les autres publications royalistes sont à l'étiage, à voir les appels fréquents et répétés à secours financiers. Ce n'est pas le jour d'épiloguer sur les raisons de ce patinage sur place - nous l'avons fait cent fois - mais il y a quelque chose qui ne marche plus dans le microcosme. Les chiffres d'audience de Royal-Artillerie ne sont pas enthousiasmants non plus, plutôt en pente.
Les fora sont morts, bien des blogues aussi qui s'adonnaient à la présentation d'idées personnelles. Aujourd'hui on recopie beaucoup des billets rédigés ailleurs ou recyclés, même sur LaFauteARousseau. Facebook et Twitter permettent encore de saillir l'intelligence du lecteur mais à petit jet et vite fait.

Manque l'argent et un chef charismatique pour tirer le char et réveiller tout le monde. Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?
« Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l'herbe qui verdoie ».


jeudi 8 juin 2017

Premier tour


Les élections législatives de dimanche prochain ouvrent le dilemme crucial de notre démocratie : la procédure doit-elle représenter le pays ou bien gouverner le pays ? Tout dépend du jeu de miroir entre les organes exécutif et législatif. A quoi sert-il de représenter au parlement toutes les idées du pays, même idiotes, sinon à prévenir que l'opposition ne se transporte des chambres à la rue ? L'histoire nous apprend pourtant que confiner la contestation dans les hémicycles ne garantit pas la tranquillité en voirie. Sous le quinquennat Hollande, l'expression ouverte des oppositions de tous bords au palais Bourbon n'a pas diminué les manifestations de mauvaise humeur contre la loi "travail" du ministre El-Khomri, l'agitation étant quasiment professionnelle en France dès lors que la démocratie hurlante prime sur la représentation démocratique institutionnelle, on se demande à quoi servent toutes ces précautions constitutionnalisées. Les Frondeurs du Parti socialiste ont pourri tous les débats et n'ayant obtenu gain de cause ni pu renverser le gouvernement par crainte des résultats fâcheux d'une dissolution de l'Assemblée nationale, ils ont déporté la guérilla chez les centrales syndicales et les factieux.

La France dans ses trois déficits*, écrasée par une dette souveraine incommensurable, la bombe à retardement de la démagogie rampante, ne peut plus s'abandonner à ces gamineries extrémistes avant de commencer à réduire le périmètre étatisé qui la saigne. D'un côté le gauchisme bolivarien qui a partout échoué au prix d'une paupérisation extrême des classes populaires, de l'autre le parti de la cécité camouflant un trust politique familial dont la feuille de route est d'en vivre. En attendant que la Droite construise un parti conservateur fondé sur des principes solides et permanents, principes élaborés dans une doctrine politique capable de se battre à parité sur le théâtre du monde, le choix des électeurs responsables est limité à trois partis en capacité de gouverner sinon de débattre positivement sur la réforme nécessaire du pays : LREM, UDI, LR. Voter pour quiconque d'autre est perdre son temps. Que les éructations des démagogues en mal de prébendes ne fassent pas dévier le vote d'intelligence. Cerise sur le gâteux, le président Macron n'est pas hostile aux royalistes même s'il n'est pas monarchien encore.
(*) budgétaire, commercial et social

- LREM, la République en marche, est le centre-gauche du spectre politique utile et l'amalgame rare d'une large coalition non négociée pour la réforme. Il y a de tout, porté par la jeunesse d'esprit, un angle neuf, la lassitude de voir et revoir toujours les mêmes ; les observateurs lui promettent une large victoire en sièges dans le sillage de la présidentielle régénérante sous l'ombre du messie envoyé aux hommes par la haute bourgeoisie fatiguée des connards.

- LR, les Républicains, est devenu un syndicat de perclus dont le programme recouvre celui de LREM avec des exigences plus prononcées dans le domaine économique, quoique tempérées par des sondages défavorables, en fait c'est le plan Juppé. Des états d'âme dispersés fracturent le parti, tout au moins ont fortement entravé la propagande électorale en portant en avant disputes personnelles et scandales qui l'affaiblissent. Le premier ministre du gouvernement est issu de ses rangs, ainsi que les ministres de Bercy.

- UDI, l'Union des démocrates et indépendants est l'héritière du parti giscardien. C'est le centre-droit non-godillot et européiste clairement assumé. Force d'appoint, parti charnière, parti balance, la démocratie à la merci du nombre.

Tous ceux qui gravitent autour de ces trois partis viennent faire de la figuration, ou chassent les indemnités parlementaires, à la réserve près que dans chaque circonscription peuvent se rencontrer comme ci-dessous des personnalités politiques parfaitement recommandables et méritantes qu'il serait disgracieux de saquer !

Il demeure quand même une sorte d'exception française qui n'est peut-être pas innocente dans nos déboires démocratiques : à l'inverse de tous nos voisins et concurrents de l'OCDE, ce n'est pas le parlement qui forme le gouvernement mais le président élu au suffrage universel qui forme l'hémicycle susceptible de lui donner pouvoir. C'est du Jospin, quand il a choisi l'ordre des élections législatives et présidentielle au moment de l'instauration du quinquennat, mais c'est aussi une dérive monarchique mal comprise dans l'esprit supposé des institutions. Les textes parlent autrement. Ainsi dans la configuration d'aujourd'hui le président élu n'est pas issu d'un parti installé mais plébiscité. La rencontre gaullienne d'un peuple et d'un chef trouve sa pleine expression dans l'élection d'Emmanuel Macron. L'assemblée nationale semblerait superfétatoire avec cette prime populaire à l'exécutif mais il n'est pire danger qu'un gouvernement n'ayant à répondre de rien devant aucune représentation démocratique sauf à chercher le nihil obstat de l'autocrate.

La législature va être intéressante surtout dans sa résistance à la pression de la rue d'un côté et celle d'un président actif et intelligent de l'autre. Ne mettez pas n'importe qui sur les bancs, jouez les personnalités avant les programmes ! Mais attention : voter blanc en circonscription où généralement plus d'une douzaine de candidats s'offrent aux suffrages des électeurs est proprement débile. S'abstenir ou bouder c'est donner procuration à autrui, ne pas se plaindre ensuite. Et tant pis si aucun candidat royaliste ne peut percer ; c'était écrit dans le logiciel de préparation ; on y reviendra encore et encore.

Pliez les gaules, urnez dimanche !


Arnaud Richard (UDI), un vrai bosseur !


[ Postscriptum du 12.06.2017 : vidéo de collection ]


Législatives 2017 : la réaction de Jean... par larepubliquedespyrenees


lundi 29 mai 2017

Fin d'un cycle souverainiste

Premier Edouard Philippe
On le sentait venir dès l'intronisation sans en avoir la certitude ou l'espoir selon l'opinion de chacun, le jeune président allait ringardiser la classe politique malgré le renfort des gérontes et la feuille de route paternaliste de monsieur Fabius. Les "gens", comme nous appelle Jean-Luc Mélenchon - le grand battu de l'élection présidentielle - en ont ras-le-bol, et du désordre général de la société française et de l'invocation incessante aux mânes des ancêtres, fondateurs et autres statues de bronze verdi de la République en soins palliatifs. En langage de djeune on dit : soûlant ! Droite, gauche, les mots-valises sont vides de sens, sans valeurs, et les porteurs de valise inaudibles. On refuse de les écouter. Les incantations gaulliennes de certains le disputent à la mesquinerie programmatique des autres, la mobilisation de classe tentée une dernière fois par les partis de la gabegie menacés ne parvient pas à coaguler les opinions réputées de gauche, mais qui ont retraité partout sur le spectre politique nouveau. Le Français veut du neuf et que crèvent les Guaino, Hortefeux, Accoyer, Aubry, Cambadelis, Dray, Le Guen, Vaillant, Raffarin, Woerth, répétiteurs usés d'un théâtre sans public. Et quid de Collomb à demi gâteux. C'est l'opportunité, pour une nouvelle génération guidée par la raison et les réalités, d'accéder aux affaires publiques. On en trouve partout et je vais en citer une quinzaine, hors gouvernement, pour faire bon poids :

Baroin avait ses chances en substitut d'un Fillon incapable d'atterrir dans le monde réel, il est le leader naturel du parti républicain survivant, il aurait mieux fait d'en être sûr il y a deux ans. A côté de lui, les gens comprennent les positions, discours ou postures de Wauquiez, Kosciusco-Morizet, Beigbeder, Keller, Solère..., à Blois Rama Yade et aussi bizarre que ça puisse paraître, Sarkozy, dont le discours n'est pas formaté par les vieilles lunes même s'il a fait bosser Guaino.
Jadot, De Rugy, la belle Pompili sont convoqués à critiquer Nicolas Hulot sur un argumentaire étayé avec une certaine audience mais ailleurs ne restent que Hamon, Corbière plus que Garrido et quelques autres à savoir articuler une proposition politique d'équerre ; à noter El Khomri courageuse et compatible ; sinon le reste est mort de darwinisme aggravé, fameuse loi d'attrition des espèces inadaptées. Reste Mélenchon (36 ans de carrière politique !) transformé en cairn terrier bolivarien de l'opposition en meute, petite meute. Si on continue à gauche, on arrive à droite, et là c'est le désert depuis que Marion Maréchal-Le Pen a jeté l'éponge. Nombreux étaient les électeurs frontistes de second tour qui ont voté FN en attente de ce jeune leader naturel qui accumulait les preuves de ses capacités. Royal-Artillerie l'a déjà dit ici. Personne ne s'enflammera plus pour les frères Philippot, Rachline, Collard ou le pâle Aliot, Nicolas Bay peut-être, un mégrétiste, ça s'explique. Sinon c'est mort comme le prouve le pronostic d'Opinionway dans l'hémicycle ci-dessous :

Sondage Opinionway du 26 mai 2017


Dans Challenges, Bruno Roger-Petit a stigmatisé la ringardise que nous évoquions en amorce de ce billet. Il m'autorise à le citer. Attention au verre pilé, éloignez les enfants : « Qui confesse la fascination de la sphère médiatique pour les tenants de la fermeture et du conservatisme, en ses multiples facettes… Après le Brexit et Trump, la sphère avait programmé l'avènement de la fermeture et du conservatisme… Au mieux, elle attendait Fillon. Et Sens commun. Et la Manif pour tous. Et l'insécurité culturelle en bandoulière. Au pire, elle guettait Le Pen. Et la sortie de l'Euro. Et la préférence nationale. Et la grande division française. Bref, la sphère, après avoir starisé l'ensemble protéiforme des enfermés et des conservateurs, avait comme fini par penser elle-même que l'image qu'elle offrait à voir au peuple était devenue vérité. Zemmour et Polony le matin, sur RTL et Europe 1. Finkielkraut et Onfray chez Taddeï et Ruquier le soir sur France 2. Et bien d'autres, ici et là, où l'on discute et dispute les moindres soubresauts de l'actualité… Tous étaient dans la place, en majesté. Partout, la Réac académie. Depuis dix ans. Et tous annonçaient la fin du politiquement correct, des idéaux progressistes, et d'une certaine idée de la France. La sphère les avait créés et elle en était contente. La triangulation de Gramsci était accomplie et l'hégémonie culturelle acquise grâce à eux. Leurs audiences, partout où ils étaient produits, confirmaient l'intuition...»

C'est vache de la part de BRP mais le corps électoral, souverain constitutionnel, a désavoué la sphère. Il a acheté l'Europe fédérale, la flexisécurité, le chômage précaire, l'euro, l'élégance intellectuelle, les paillettes du golden boy et une jeunesse qui a fait ses preuves par trois, millions. Macron n'est pas "mon" programme mais le peuple a dit ! Les grincheux et les battus (c'est pareil) dénient la légitimité de l'impétrant au motif que sa base électorale serait minoritaire en arithmétique. C'est faire preuve de bêtise puisqu'il n'existe aucune légitimité du nombre en République pour cause de prolifération des écuries courant aux cocardes avec chauffeur. Tous les présidents élus de la Cinquième l'ont été au second tour, donc minoritaires au premier sur un socle parfois étriqué (cf. Chirac). La seule légitimité s'il en faut une, est d'exercer quotidiennement le pouvoir en étant obéi sans reproches ni murmures par l'administration du pays. C'est le cas. En fait, la démocratie c'est de l'algèbre plutôt que de l'arithmétique. Dur, dur pour les littéraires !

Carl Lang - PdF
Au milieu des ruines (comme disait l'autre) on remet aujourd'hui en marche le moulin à poivre du souverainisme autour des mêmes (clic), nul ne voulant croire que le segment politique ait disparu. Nous voyons des gens de qualité se parler, faire cénacle avant de faire un parti éphémère, qui pensent avoir une créance sur l'avenir. C'est la démarche souverainiste agglomérante qui n'a jamais rien remporté parce que la lutte des ego a toujours primé l'intérêt général et que le corps électoral se méfie terriblement des politiques qu'il a prématurément usés. Du jour au lendemain ces gens si distingués sont devenus des cadavres exquis. Inutile d'attendre que Macron en ses conseils et son gouvernement se plante pour appeler au recours. Aussi haut que sera remontée la boule de neige, elle ne déclenchera pas d'avalanche. Toute une classe est sortie de l'épure pour n'avoir pas compris les vrais ressorts de la société française que les générations montantes veulent façonner autrement, connaissant le passé mieux peut-être que ne le croient les anciens, mais ne le jugeant pas utile dans la configuration socio-économique de demain matin. Sur ces bases, on dégage le vieux monde, et j'en suis !

Carnage de l'entre-soi : les souverainistes s'enferment, s'emmurent, ne voient plus le soleil d'Austerlitz, seul les éclaire le pessimisme aux falots tremblants de la crypte où on fait de l'écho pour passer le temps. Nous ne les nommons pas pour ne pas ajouter l'insulte à la disgrâce ; ils sont morts, et leur propre appréhension du monde en insinue malgré tout l'idée dans les cerveaux. Ils perçoivent vaguement leur inutilité, ne peuvent pas le dire, se réunissent pour un dernier pétard mouillé aux législatives puis disparaîtront, épuisés mais ravis d'avoir fini de pousser le rocher de Sisyphe. Ceux qui ont tenté le diable comme Villiers ou Chevènement vous diront qu'il y a des fenêtres d'opportunité, des trains qui passent puis qui ne passent plus. On ne peut plus balader des partisans jusqu'au prochain scrutin comme le font les Le Pen depuis toujours en comptant d'avance les sous rapportés par la séquence électorale. La prochaine fois... il n'y aura pas de prochaine fois !

Macron a prévenu le président Juncker qu'il ferait tout pour gommer les débordements insupportables de la Commission européenne à commencer par le dumping social. Il va couper l'herbe sous le pied aux europhobes allant jusqu'à disputer sa rigueur intenable au dogue de Berlin. Varoufakis* a parfaitement vu la fente dans la palissade libérale en soutenant Macron*. Sur quoi nous battrons-nous dans quatre ans s'il réussit ? Et ne faut-il pas souhaiter qu'il réussisse pour l'avenir de notre pays ?

La donne est passée maintenant aux quadragénaires décatalysés avec quelques accommodements pour satisfaire aux équilibres victorieux. Rien n'est repris du fonctionnement des quinquennats précédents. Le nouveau pouvoir est attentif à lui-même, à ses dossiers et à sa communication la plus sobre possible. Modelant la gouvernance à sa main, l'Elysée a pris le parti de se taire le plus souvent, à l'Ottomane, ce qui enrage la corporation des ratés qui se nourrissent des excréments médiatiques du pouvoir et croient gouverner en lieu et place des élus par l'alarme, le scandale, le scoop.

L'affaire Ferrand est typique de cette gestion muette du problème. On ose s'opposer à la Sainte Inquisition du Canard Enchaîné et pis que tout, Matignon snobe la campagne de presse contre le ministre, ce qui a le don d'enrager les dîneurs du soir qui somment à tout va, mais en vain ! Les journalistes de gouvernement, les influenceurs qui répugnent à se dépenser dans une campagne électorale pour prendre les choses en main, toute cette racaille planquée derrière une carte de presse, véritable sauf-conduit pour l'assassinat médiatique de leurs semblables, tout ça va être descendu à son niveau le plus trivial, utilitaire, news et commentaires, le quatrième pouvoir, qui a fait tant de mal, va se dissoudre dans le désintérêt général et les avantages fiscaux. Pour qui se prenaient-ils ces types ? Des faiseurs d'opinion, des faiseurs de rois. Tu parles ! Mort aux cuistres, à légions ! Un bol d'air frais !


Et le roi dans tout ça ?
Ben... rien ! La période d'attention de l'opinion aux débats politiques va se refermer. Nul n'a parlé du roi, sauf le président candidat, ce qui est un comble. La roycosphère n'a rien produit d'audible, n'a su promouvoir son offre politique. Les princes pour leur part s'en sont bien gardés. L'opinion avait le souci d'arbitrer au bon sens les choses sérieuses, rejetant les délires et foutaises de préaux, nulle figure de proue chez les royalistes n'a réussi à faire "sérieux". C'est dommage car la défaite cuisante du souverainisme français induit celle du royalisme en son état doctrinal actuel. C'est l'aggiornamento ou mourir. On récrit la copie ! Qui lève le doigt ?

Quant aux deux critiques insatiables au balcon du Muppet Show, laissons-leur le plaisir d'avoir raison tout seuls contre tous.



note (*) : « En écrasant le printemps grec, la Troïka a non seulement porté un coup à la Grèce, mais aussi à l’intégrité et à l’esprit de l’Europe. Emmanuel Macron a été le seul membre du système qui a essayé de s’y opposer. Je pense qu’il est de mon devoir de faire en sorte que les Français progressistes, sur le point d’entrer (ou de ne pas entrer) dans le bureau de vote au second tour, fassent leur choix en ayant pleinement conscience de cela », écrivit M. Varoufakis entre les deux tours de la présidentielle (cf. Libé).

Postcriptum : on aurait pu faire un billet de même poids sur l'ensemble de l'Union européenne en amorçant outre-Manche depuis que le UKIP n'a plus qu'un seul conseiller municipal après Brexit depuis le 4 mai 2017 (date de l'élection à un tour des municipalités); ils avaient 144 sortants ! Les résultats hollandais et autrichiens n'ont pas été probants, l'AfD allemande est vampirisée par Martin Schulz... Ailleurs les souverainistes, même minoritaires, ne progressent plus parce que leurs adversaires s'organisent, jusqu'en Pologne. L'échec français a un retentissement considérable autant que le succès promis qualifiait partout les partis nationalistes.

jeudi 4 mai 2017

Outrances et timidités des dévolutions


Si la campagne électorale n'a pas débattu de l'Europe autrement que pour en dénoncer ses nuisances, les équipes partisanes de communication et propagande n'ont jamais poussé les feux de l'analyse de ses inconvénients. S'éloigner des incantations populaires et des assertions définitives de l'establishment libéral permet de deviner un point d'équilibre à partir des réalités. C'est l'ambition de cette brève de comptoir qui explore l'optimisation de nos interdépendances européennes en opposant insuffisances et exagérations des pouvoirs délégués.

Préambule

Peuple souverain, l'expression est illisible. "Souverain" signifie que je tranche et coupe selon mon bon plaisir, selon mon caprice, où et quand je veux. En quelle occasion le "peuple" aurait-il manifesté son caprice ? Si on le voit comme corps politique structuré (ce qui est discutable), on peut le considérer libre et souverain à l'occasion d'un référendum qu'il aurait lui-même convoqué. Le peuple de la Confédération helvétique est en ce sens souverain. Mais cette souveraineté, encore moins son ersatz français, n'induit pas forcément celle du pays appelé à siéger dans les enceintes supranationales de pouvoir où se mesurent justement l'indépendance et la souveraineté. Sauf pour quelques républiques bananières insignifiantes, la souveraineté le cède partout à l'interdépendance, Suisse y comprise. Elle en a vu les limites dans l'attaque anti-évasion fiscale des Etats-Unis. Nos pays dépendent les uns des autres. Il n'est pas un secteur exempt, même celui de la culture.

C'est dans ce cadre que s'exerce le principe dit de subsidiarité qui, rappelons-le, conserve par devers soi toutes choses que nous pouvons facilement régler et déporte à un étage supérieur d'autres choses qui se font mieux, voire uniquement, à plusieurs. La dispute européenne tourne autour du principe de subsidiarité. Dans l'Union européenne il est régi par l'article 5-§.3 du Traité de Maastricht : « En vertu du principe de subsidiarité, dans les domaines qui ne relèvent pas de sa compétence exclusive, l'Union intervient seulement si, et dans la mesure où, les objectifs de l'action envisagée ne peuvent pas être atteints de manière suffisante par les États membres, tant au niveau central qu'au niveau régional et local, mais peuvent l'être mieux, en raison des dimensions ou des effets de l'action envisagée, au niveau de l'Union ». Le texte ouvre la porte des ascenseurs : les pays peuvent naturellement faire monter ou descendre des segments économiques ou autres sur l'échelle des dévolutions. Il suffit de s'entendre entre gens de bonne compagnie et ne point claquer les portes comme des enfants insupportables. Qu'est-ce qu'il ne va pas ?
Il y a de quoi, exemples :

Outrances

L'invasion des normes communautaires donne prise aux critiques les plus sévères. Que le marché commun de libre circulation des biens et denrées soit régi par des normes tombe sous le sens ! Surtout si la production d'un segment donné est destinée aussi à la grande exportation. La norme alimentaire ou la composition chimique d'articles d'usage courant sont des garanties de base. Elles boostent la vente. Mais on ne voit pas bien l'utilité de la normalisation des mesures, diamètres et débits en toutes circonstances, voire même celle des espaces pour handicapés, la largeur des corridors d'hôtel. Que des articles "hors-normes" ne puissent pas bénéficier du label "CE" est... normal ! L'article national sera alors labellisé NF, TüV, BS ou UNI de façon lisible et s'il est bon, les consommateurs (et leurs associations de vigilance) l'achèteront, à défaut, le traîneront au tribunal.
Dans le domaine sociétal (les handicapés, les hôtels en font partie), chaque pays doit pouvoir s'organiser au mieux des intérêts et coutumes de sa population. Pourquoi normer à Bruxelles la qualité de l'eau distribuée à la consommation ? Chaque Etat ou région (Land) est capable de publier sa grille physico-chimique de l'eau potable répondant aux normes mondiales de l'OMS et s'il ne surveille pas, il doit être attaqué en justice par ses consommateurs.

L'outrance sévit aussi sous la forme d'une uniformisation des formats et procédures tendant à pousser à la roue de la fédération européenne. Pourquoi normer la comptabilité des sociétés (norme IFRS) ? L'analyse financière est affaire de spécialistes et uniformiser la présentation des comptes sociaux de Gibraltar à Utsjoki n'apporte rien de plus pour excaver la vérité vraie d'un bilan. Le spécialiste doit apprendre les mœurs comptables de chaque pays comme il le fait déjà pour la Chine, le Japon, la Thaïlande, Singapour, Jersey et l'Australie. Et bien il verra l'inversion des classes de comptes entre l'Allemagne et la France, les spécificités luxembourgeoises, la plasticité britannique, la comptabilité lombarde italienne et notre Plan 1957 qui avait déjà un siècle de retard sur ceux du Reich bismarkien ou de l'Angleterre victorienne. Savez-vous qu'en matière de droits de douane le Plan 57 n'indiquait aucun compte ou sous-compte de la sous-classe 63 ? L'Ordre des experts-comptables suggère de les prendre en frais accessoires du principal (donc ils disparaissent) sinon en 6353 « Impôts indirects ». Qui a dit que ce pays était un grand du commerce mondial ?

Un dernier exemple d'outrance - j'en vois au fond qui pianotent sur leur smartphone.
Bolkestein (en photo)! Ce nom, élevé à la puissance d'une injure, restera la mère des outrances européennes. Que l'ouvrier puisse se faire embaucher dans tout le marché commun sans restrictions est une façon intelligente de fluidifier la main d'œuvre, balançant excédents et déficits, outre la liberté normale de circulation des compétences comme celle des camions. Mais assujettir l'embauche délocalisée au régime social du pays d'origine est pur dumping de la part des pays émergents, surtout de l'Est. Il n'y a pas à comprendre cent pages de justifications bureaucratiques ! Ceux qui se sont prêtés à cette escroquerie devraient être poursuivis, et la directive (largement entamée par les régimes nationaux) devrait être rapportée, remplacée par une ligne de code : "l'Européen travaille où il le souhaite sur tout le territoire de l'Union européenne sans restrictions ni privilèges".

En revanche, certains domaines sont jalousement conservés dans la coquille nationale alors qu'ils seraient mieux gérés à plusieurs. Ce sont parfois des petites choses qui n'ont pas attiré l'attention des technocrates bruxellois ou bien qui ont succombé à la résistance opiniâtre de lobbies particuliers.


Timidités

Rien n'est plus irritant lorsqu'on voyage en Europe de chercher au fond de sa valise l'adaptateur pour prise de courant correspondant au standard national du pays de destination : Tableau des prises électriques (clic). L'Europe a cinq standards de prise, le plus sécurisé est le standard britannique mais il est sans doute trop tard maintenant pour le promouvoir. Tout le monde devrait passer à la prise "Schuko" qui ne bouleverse pas les distances entre broches sauf en Italie. Les grands espaces économiques ont chacun leur standard unique.

L'Abeille-Bourbon au sauvetage
Les nations maritimes européennes gardent des milliers de kilomètres de côtes mitoyennes, toute la Baltique sauf l'enclave russe de Kaliningrad, la rive orientale de la Mer du Nord, idem pour la Manche, la Mer d'Iroise, l'Océan atlantique oriental jusqu'à l'Île de Fer aux Canaries. Norvège et Grande-Bretagne exclues, treize pays sont "mouillés" dans le domaine atlantique. Le bon sens commande à la mutualisation de garde-côtes et pêches par la création d'un corps européen dédié naviguant partout, exerçant les mêmes compétences que les Coast-Guards des Etats-Unis (police, douane, affaires maritimes, alerte et sauvetage). La même chose en Méditerranée où les "bassins" nationaux sont encore plus imbriqués ; huit pays sont mouillés. En dessous, le poisson n'étant pas captif, on peut envisager l'examen d'une possibilité de licence de pêche européenne, mais bon c'est un enjeu très politisé.

Un domaine pas du tout rationalisé est celui des approvisionnements énergétiques. On comprend bien qu'un Bureau central de l'énergie passant des contrats pour un marché de cinq cents millions de consommateurs obtiendra de meilleures conditions que chaque pays séparément. A choisir de négocier du gaz algérien soit dans un tête-à-tête GDF SUEZ - SONATRACH avec tout le contentieux historique et la corruption endémique, soit par un Bureau central d'achats à Rotterdam dirigé par un klootzak de Batave qui fait semblant de ne pas comprendre le français, un entêté impossible à déborder qui a commencé sa vie au biberon de la Royal Dutch Shell, inamovible, apparemment aussi puissant que très con ; le second dispositif obtiendra de meilleurs prix et conditions de cadencement. Parler avec GAZPROM pour 50 ou 500 millions de consommateurs n'est évidemment pas pareil. Le même klootzak sera hermétique aux gesticulations russes. Poser des pipelines pour livrer chez nous pétrole et gaz se fera plus facilement au Bureau central des tubes que dans des discussions binationales à ouvrir chaque cinq cent kilomètres.

Un dernier pour la route, ou plutôt deux, qui n'ont pas besoin d'être développés : le contrôle de la circulation aérienne et l'espace commun téléphonique.

Sur tous ces sujets, il existe des tonnes de rapports, analyses, critiques, mémorandum... tous inutiles. Pour preuve, l'Union européenne va mal, elle n'est pas gouvernée, elle ne se reconnaît pas elle-même, et pourtant elle est le niveau pertinent pour affronter les autres Etats-continents qui n'arrêtent pas de grandir autour d'elle, jusqu'à imposer leurs mœurs commerciales, leurs normes, leurs projets. Ces choses ne se construisent pas pour cinq ans mais sur un demi-siècle. La carence de leadership européen (le leader naturel était la France mais depuis Chirac elle a fait sous elle, nous avons fini avec Harlem Désir, p*tain!), l'arrogance et l'impuissance de la Commission, l'agenda douteux des dirigeants communautaires (Barroso à vendre, demain Juncker), le déclassement des chefs de gouvernement qui sont devenus des directeurs de boutiques achalandées, tout cela nous a fait perdre beaucoup de temps en même temps qu'étaient aiguisés certains appétits extérieurs à la limite de l'anschluss comme le TAFTA. Par chance, Donald Trump ne l'a pas compris et veut s'en défaire. Mais le projet (très avancé en discussions) reviendra à mesure que la Chine montera en pression. C'est un énorme travail qui nous attend. Nous n'avons pas du temps de reste pour jouer aux apprentis-souverains, il y a bien longtemps que la France éternelle est en dépendances, heureusement plurielles.





En conclusion, la dévolution n'est pas un gros mot. Ne conviendrait-il pas de mettre à plat nos coopérations plutôt que de jeter tant d'énergie dans des Frexit, Grexit, Nerxit, Danxit et autres "exits". Inutile de tout jeter à terre de la construction européenne. Les nations qui la composent n'ont pas disparu, les coutumes régionales, nationales demeurent bien vivantes, leurs défauts endémiques aussi. Dans une apparition télévisée la veille du 1er Mai, Marion Maréchal Le Pen, l'esprit le plus aiguisé du Front national, signalait deux fractures graves de l'Union européenne, l'une horizontale séparant pays du nord (l'Europe sérieuse chez RA), pays du sud (l'Europe rieuse) ; l'autre verticale, identitaire, expliquée par l'histoire du XXè siècle, entre les pays neufs d'Europe centrale et orientale et la vieille Europe occidentale. Que les PECOs dégagent m'en touche une sans faire bouger l'autre. Que l'on brise la vieille Europe sur la ligne de fracture nord-sud serait une stupidité, un crime. La France n'y gagnerait rien, nos sœurs latines encore moins puisque nous avons tous les quatre besoin des marchés du nord, des touristes du nord, des investisseurs privés et industriels du nord outre l'imbrication ancienne de nos sociétés. Les Britanniques commencent d'ailleurs à douter de leur mouvement d'humeur anti-polonais ; il leur aurait suffi de casser la directive Bolkestein et d'expulser les doryphores, puis d'attendre les remontrances pour passer aux insultes. Juncker, avec son palmarès de fraudeur fiscal, n'aurait pas longtemps résisté, la Commission se cassait comme une noix.

Il faut donc rénover, il suffit de rénover. Sans doute pas quand même avec la technocratie bruxelloise mais entre chefs d'Etat, sans même convoquer la Commission qui doit être reproportionnée à son niveau réel de secrétariat exécutif. Qui aura les burnes nécessaires pour convoquer à Rambouillet les pays fondateurs et l'Espagne afin de redéfinir le projet à l'aune des défis planétaires qui se dessinent. Les autres pays suivront ou quitteront, bon voyage ! Finalement, ce qui manque chez les hommes d'Etat européens, c'est d'avoir perdu assez de sang et de larmes pour se comporter en hommes ! Nous sélectionnons la sous-race éduquée dans la ouate !

Reste une question (habituelle sur Royal-Artillerie) qui n'a jamais été posée officiellement aux peuples européens, à chacun d'eux : voulez-vous une confédération ou une fédération ? L'issue est fort simple : les pays ayant choisi la fédération entreront comme entité unique dans la confédération des autres.




Ceci est la dernière contribution de Royal-Artillerie à la dispute présidentielle. Le débat du second tour, qui a occupé toute la soirée du 3 mai, a montré qui avait un projet cohérent, certainement difficile à mettre en œuvre contre les corporatismes de tous ordres, et qui avait déjà perdu dans sa tête pour se livrer à l'invective et à l'insulte, faisant même l'économie du respect dû à l'électeur indécis pour tenter de rassembler les voix qui lui manquaient. Madame Le Pen n'a pas la carrure, et définitivement pas l'intelligence du mode de scrutin !


lundi 1 mai 2017

Où le roi montre sa pertinence


Aurions-nous garé à part le domaine régalien - sécurité & diplomatie - que nous n'appréhenderions pas autant les résultats du second tour de l'élection présidentielle. Le régime est à bout, restreignant le choix des électeurs entre sa démolition et sa dévolution. Le souverainisme anachronique étroit du camp dit-national attelé à un programme économique bolivarien le dispute au fédéralisme savamment construit du yuppie ubérisé, champion de la gérontocratie régnante mais plus intelligent qu'elle. L'exercice concret du pouvoir exécutif, contraint par la conversation institutionnelle obligatoire d'une république parlementaire, mettrait certes trois fois plus d'eau dans la jarre que de vin en volume, et sans doute les candidats comptent-ils sur ce frein-moteur pour passer entre les gouttes des pluies acides des cent premiers jours ! Mais quand même !

Une monarchie protégeant l'essentiel de l'Etat sous l'autorité naturelle d'un roi en son conseil pourrait laisser la société démocratique s'ébattre dans la querelle idéologique sans graves répercussions sur nos fondamentaux géopolitiques et civilisationnels. Sortir de l'arène la police nationale, la gendarmerie, les trois armées, les services secrets, le quai d'Orsay, les cours de justice et conseils supérieurs, libérerait l'esprit de l'électeur qui saurait alors que son choix ne risque pas de tout détruire. Resterait dans le champ du débat primordial de nombreuses fonctions étatiques et territoriales comme la santé, l'instruction, la douane, les impôts, l'économie, l'écologie et l'aménagement du territoire, l'industrie, l'agriculture et la pêche, les justices basses et consulaires et d'autres secteurs secondaires que le pays souhaiterait maintenir dans le giron public, comme la culture, le travail, la vieillesse, la francophonie, le logement, la famille, les colonies et les anciens combattants.

Ainsi en pleine campagne électorale, le roi, arbitre des différends, et le chef de cabinet du ministre des outremers auraient eu tout loisir de résider dix jours à Cayenne pour entendre les revendications locales, les peser, ouvrir un dialogue d'inventaire et de développement du territoire, trouver ensemble voies et moyens de hisser la Guyane à terme au premier rang des nations atlantiques et passer l'accord du dernier jour sous les acclamations. Les Guyanais auraient parlé au pouvoir permanent et pas à trois miquets en soins palliatifs qui ont d'abord tout refusé pour tout lâcher à la fin, à charge de leurs successeurs.

La police ferait respecter les lois sans obéir aux consignes du parti aux affaires, les antifas, le black block seraient matés, la gendarmerie retrouverait sa fonction de pacification et sûreté intérieure du territoire, le parquet, coupé de Matignon, poursuivrait en toute indépendance dans le strict respect des textes, les états-majors feraient la guerre sans interférences subalternes et dans le cadre de lois-programmes d'équipement pérennisant la qualité des moyens, le Conseil d'Etat ne serait pas sonné comme un valet au milieu de la nuit pour interdire le spectacle d'un gros bouffon noir au Zénith de Nantes. L'Etat retrouverait sa dignité perdue.

Dans le domaine public, les choix économiques et leur traduction budgétaire ne seraient encadrés que par les lois de saine gestion qui existent déjà et l'interdiction des déficits publics dans le fonctionnement de la nation. Le curseur du libéralisme, le niveau de dévolution des souverainetés, les investissements lourds, les coopérations étrangères seraient ajustés à chacune des élections législatives et le gouvernement issu de majorités unicolores ou coalisées mettrait en musique la partition écrite pour la législature. Demeurerait quoiqu'il arrive la garantie des pouvoirs régaliens permanents arrachés au désordre, qui permettrait de maintenir l'essentiel au niveau requis par le pays, son histoire et son rang.


C'est sur cet axe de communication que Royal-Artillerie promeut la monarchie de ce temps : le domaine régalien, strictement régalien et rien d'autre. Le mouvement monarchiste raisonné devrait se recentrer sur une épure politique possible et simple à comprendre en proposant de faire vivre côte à côte un Etat essentiel permanent et une démocratie vivante dans tout le domaine public, depuis les conseils municipaux jusqu'au parlement de Paris. Tant que l'offre politique royaliste ne sera pas audible et compréhensible par tout un chacun, agitation et propagande tourneront dans le microcosme sans effets induits autour de lui. Les démarches courageuses d'aujourd'hui sont stériles, il faudrait en prendre acte et revoir le produit et sa commercialisation. Le marketing de la monarchie ne peut choquer que ceux qui la repousse au fin fond des rêves impossibles, si délicieusement impossibles qu'on les habille de n'importe quoi, quand on ne les utilise pas pour nourrir ses propres frustrations. Les étendards du roi n'avanceront pas en chantant le vexilla regis mais par la raison pure. Le roi se démontre.




lundi 24 avril 2017

Lassalle et le syndrome de Castelnau

Elu député de Saint-Affrique (Aveyron) à la Chambre bleu horizon du 16 novembre 1919, le général Edouard de Castelnau chuta aux élections suivantes de 1924. Et pourtant il emplissait les salles, les halles, préaux et marchés. L'engouement populaire continua même après l'élection perdue et son mouvement ultra-catholique mobilisa des manifestants dans toute la France en prévisions des élections de 1928, par exemple : 10000 à Saint-Etienne le 22/02/1925, 6000 à Evreux le lendemain et jusqu'à 100000 à Nantes le 3 mars. La Fédération nationale catholique assembla jusqu'à 1832000 électeurs dans ses meetings en 1925 et 1926 mais s'abstint de former un parti politique puissant, par haine du régime des partis, source déjà de tous les maux de la IIIè République.

Le général de Castelnau était un croyant dévoré par sa foi comme Jean Lassalle est un berger passionné par son païs. "Catholiques et Français toujours" chantait-on dans les rogations, et pourtant sur une terre aussi enracinée dans le catholicisme que le Rouergue (qui jamais ne passa ni aux Cathares, ni à la Réforme), Castelnau perdit ! Le fonds catholique rouergat était par endroit recouvert par les aspirations au mieux-vivre d'une classe ouvrière malmenée comme dans le Millavois ou le Bassin houiller. Les politologues savent qu'il y a une énorme différence entre les spectateurs en meetings, convaincus, curieux, hostiles s'informant, et les électeurs dans le secret de l'isoloir. Bien sûr que les fils des Ruthènes entendaient parfaitement la logique intransigeante de Castelnau, son aversion de la franc-maçonnerie et sa posture de "force" face à l'Allemagne déclarée génétiquement belliqueuse malgré la ruine du Reich. Mais comme partout ailleurs, les hommes en avaient assez de la guerre. Chaque village avait maintenant son monument aux morts, bien rempli, chaque famille les photos des pères, oncles et fils barrés d'un crêpe noir sur le buffet, et si la vigilance était acceptée, la promesse de paix de la Société des Nations était plus attrayante. Alors les catholiques se divisèrent à maints motifs, et les intérêts particuliers de chacun l'emportèrent.

La campagne présidentielle 2017 de Jean Lassalle fut celle des convictions de bon sens enracinées dans la sincérité et portées avec truculence et vigueur. Elle a obtenu un grand écho partout où le candidat s'est présenté, mais dans les urnes l'électeur a réagi de façon utilitariste, gérant son avenir en fonction des probabilités d'interférence avec ses préoccupations personnelles. C'est un des défauts du suffrage universel, la qualité ne sert à rien pour convaincre le citoyen confronté dans l'isoloir à ses propres soucis ! A preuve, le niveau très insuffisant du personnel politique élu.

Sur le fond, on peut être déçu du faible score d'un candidat si bien planté dans le décor. Un million de voix était, à notre avis, le seuil déclenchant quelque chose de pérenne. Le score du ministère (clic) est de 435.365 voix, très en dessous de nos espérances ; à rapprocher des 659.302 bulletins blancs qui auraient trouvé plus d'écho en votant Lassalle. L'aventure du bon géant s'arrête là.


Que Jean Lassalle soit ici remercié pour sa participation opiniâtre à l'élection présidentielle et pour son discours de vérité. Pour un vieil occitan comme moi, son monde est aussi le mien et ce fut un réel bonheur de l'entendre et de comprendre tout ce qu'il y avait de non-dit derrière son propos. Il fut (au sens viril) un des rares hommes à temps plein de cet exercice, cela ne pouvait suffire. Le second tour sent déjà le pipi de la vieille politique politicienne, les prébendiers se ruent, les tocards s'échauffent, on combine les prochaines législatives. Je vais tailler mes bambous (de Prafrance) et rafraîchir mes esches tortillantes pour dimanche en huit. Quittons-nous sur un hymne à l'Aubrac et à ses buronniers, bien loin de la vallée d'Aspe mais si proche du cœur puisque ces cantons du haut plateau ont donné beaucoup plus de voix à Jean Lassalle que la moyenne nationale.

share



Amoun, amoun dins la montanha,
Al mièg de cada pastural,
Din l'èrba espessa e la ginçana,
Trobaretz un trace d'ostal.
Lo cantalès, lo vedelièr,
Amb lo pastre,
I possan de cranes aücs,
Aiqui l'avètz nostre masuc.
Quand dintraretz dins la cosina,
I veiretz coma mobilièr,
Al prèp d'una taula pauc fina,
Los badinhons e los colièrs.
E al darrièr dins lo terrièr,
La bona cava,
Dins la frescor e dins l'escur,
Garda la forma del masuc.
E tot amont jost la tiulada,
Al ras del fen dels vedelons,
Cadun plegat dins sa fleçada,
Los omes barran los uèlhons.
Se dins la nuèch bufa en gisclent,
La cantauesa,
Darrèr lo pargue rescondut,
S'enduèrm lo tropèl del masuc.
E lo matin plan revilhats,
Dins l'aubièra e los pès nuds,
Amb la gèrla e lo farrat,
S'en van los omes del masuc.
Quand los vedèles an fach un brigal,
Una tetada,
Cada tetina sul farrat,
Es una brava font de lach.
Quand a la fin d'un despartin,
Tastaretz la forma d'Aubrac,
Pensaretz que ser e matin,
Los cantaleses an trimat
Per vos donar coma dessèrt,
Lo bon formatge,
E lor diretz din un aüc :
"Viva los omes del masuc !"
Viva totes los cantaleses,
Que fan la forma e l'encalat,
Viva los pastres de las devesas,
Al mièg de lor tropèl daurat.
Viva los rols, los vedelièrs,
De la montanha,
E que tojorn sus cada truc,
Demoran dreches los masucs.

dimanche 23 avril 2017

Pause !


Le scrutin présidentiel est maintenant fermé. Ouf ! Vous connaissez à cette heure les deux finalistes ou presque. Avant que de subir le bombardement médiatique de la quinzaine qui va vous encourager à retourner à l'urnoir pour le second tour, relaxez-vous !
Royal-Artillerie dans son infinie bonté vous offre de circonstances le Requiem de Verdi par le Philarmonique de Berlin avec les chœurs de la radio suédoise obéissant à la baguette de Claudio Abbado. C'est un must, nommé aux Grammy Awards...
Bonne soirée ! Keep cool :)


vendredi 21 avril 2017

Votez LASSALLE !

Au-delà de considérations personnelles, à la limite, ethniques, au dévoilement desquelles un seul billet ne suffirait pas, le soutien de Royal-Artillerie au candidat béarnais participe de cette conspiration ouverte portée par les gens du roi qui s'attellent à bâtir l'arche nouvelle, catholique, classique, hiérarchique, humaine, où les idées ne seront plus des mots en l'air, ni les institutions des leurres inconsistants, ni les lois des brigandages, les administrations des pilleries et des gabegies, où revivra ce qui mérite de revivre, en bas les républiques, en haut la royauté (colloque AFP Marseille - 4 mars 2017). Comment ? Par la libération des communes, pardi !

Charles Maurras qui n'était jamais en peine d'un slogan définitif annonçait avec le roi « l'anarchie plus un ». Jean Lassalle à sa manière résiste à la contrainte orwellienne et veut libérer de la tutelle écrasante des intérêts d'Etat la cellule sociale de base organisée, les 36000 briques de la république, héritières des paroisses multiséculaires de l'Ancien régime.

De bon matin, dimanche prochain 23 avril, j'irai voter pour Jean Lassalle, candidat à la présidence de la République française, pour ses propositions de liberté certes, mais aussi pour le personnage de tempérament et de vérité, qui tranche nettement sur les autres. La fonction présidentielle convoque plus qu'un candidat, un homme, un vrai. Sorti du tonneau de Diogène, per un còp le Piéton du roi en a trouvé un !


Dans son édition d'hier, le site Royauté-News (clic) décrit le candidat comme nous ne saurions le faire en ces termes : ...le plus humain, le plus ferme dans ses convictions, un candidat non malléable ce qui ferait de lui le président le plus sûr pour la sécurité du pays. Le seul candidat avec Cheminade à n'avoir attaqué personne durant le débat, mérite qui revient aussi à Macron. Jean Lassalle a suffisamment de ressource pour opérer des changements positifs de structures, et aussi pour les réaliser avec les acteurs de la vie à tous les échelons, à l'inverse des technocrates imbus et empesés qui ont ruiné la France et l'âme du pays. Un candidat qui correspond à l'idéal de subsidiarité, indispensable pour respirer après l'oppression subie de la part des politiciens et bureaucrates français dont le pays ne veut plus, et des technocrates européens. Le projet de Jean Lassalle est complet et se tient, et avec lui, l'utopie d'un Juppé et d'un Chirac, échouée dans les années 90, peut peut-être avancer quand même pour ceux qui veulent y croire.

Dix billets de soutien Royal-Artillerie à "Jean Lassalle", à relire :

- Un berger à l'Elysée du 15/03/2017
- Jean Lassale, note liminaire du 19/03/2017
- But de la manœuvre du 22/03/2017
- Libertés basses du 24/03/2017
- Une autre Europe demain du 27/03/2017
- Passons aux énergies renouvelables du 30/03/2017
- Jean Lassalle l'Africain du 3/04/2017
- Perception du grand débat (BFMTV) du 5/04/2017
- Accompagner nos enfants dans la découverte du savoir du 10/04/2017
- Chaud devant ! (évasion fiscale) du 17/04/2017

share

lundi 17 avril 2017

Chaud devant !

Dans le projet de définanciarisation de notre société, le candidat Jean Lassalle se propose de « faire revenir les évadés fiscaux ». Il attaque ce gros problème (60 Mds€/an) par le volet de la coercition alors que, pour nous, la meilleure façon d'y parvenir est de diminuer la température de combustion des revenus dans notre enfer fiscal. On peut faire les deux, me dira-t-il, mais réhabiliter le succès et le spectacle du succès amoindrirait le goût des complications perverses de l'évasion fiscale. Ce procédé de dissimulation des revenus n'est qu'une affaire d'intelligence pure. Aussi est-il difficile à combattre. L'évasion se construit au départ, elle ne se prépare pas lorsqu'on a réussi comme s'y est essayé ce pauvre monsieur Cahuzac après avoir implanté des cheveux dans le tout-Paris. Pour que le lecteur comprenne bien, nous allons prendre l'exemple de la boucherie, c'est moins snob que la capilliculture.

Le quartier de viande produit beaucoup de déchets qui finissent à l'équarissage. Bien malin qui saura le pourcentage de pertes à la seule lecture d'une facture d'abattoir. Par contre le professionnel expérimenté voit ce pourcentage au premier coup d'œil comme le boucher du Rapide du Nord qui annonçait au chef combien il tirerait de steaks, d'entrecôtes, de faux-filets, daubes etc... avant de commencer la découpe. A partir de là, on décide d'exagérer les pertes et au lieu de tricher à la petite semaine on crée une boucherie virtuelle B. Elle achète cash son papier de pesée... à Vintimille dans le cas qui nous occupe, dévie une bonne partie des règlements en espèces mais de manière aléatoire, pas en pourcentage systématique, tient une vraie comptabilité séparée (du cabinet comptable) pour mesurer les écarts et prévenir les bêtises. L'argent de la boucherie B ne reviendra jamais dans la boucherie A, il ne sera jamais investi dans le périmètre patrimonial du boucher, il sort. Exeunt les sous ! Un bel appartement en front de mer à Porto Fino, loué l'été à des Anglaises en chaleur.

Pour une société, c'est pareil. On crée dès le départ les circuits de dérivation en se méfiant bien sûr des fondations à Maurice, fiducies luxembourgeoises et du bureau d'études en travaux publics aux Îles Caïmans. De même évitera-t-on les domiciliations, facturations, virements sur des territoires exposés au pilori de l'évasion comme les Îles Vierges, les Antilles néerlandaises ou le Vanuatu, laissant cela aux fonds spéculatifs professionnels. Alors quoi ? Mais l'Offshore vous est ouvert en grand à condition d'y faire physiquement du bizness, et les grandes places de brassage sont toujours les mêmes, Hong Kong, Singapour, Genève, La City, Wall Street ou... Shenzhen, où l'on aura l'intelligence de déclarer ses bénéfices et payer de modestes impôts. Le truc, c'est de payer mais peu, en optimisant les règles locales (comme l'a fait Donald Trump tout simplement chez lui)!

Mais nous promouvons aujourd'hui le projet de Jean Lassalle, lequel insiste sur quatre actions :

(3.7): Fiscaliser en France l'activité de sociétés ou banques françaises en paradis fiscaux, même en Europe. Autrement dit assujettir au Code français des Impôts tous les résultats des sociétés quelque soit le pays d'exercice (comme le font les Etats-Unis). Le monde entier va s'américaniser sur ce point tant sont grands les besoins en ressources budgétaires partout. Nous pouvons monter dans le bandwagon.

(3.8): Sanctionner l'incitation à la fraude fiscale plus sévèrement qu'une simple complicité. Ceci vise les cabinets de conseil. Je ne pense pas qu'aux jours de l'Internet (et du Deep Web) il soit possible de fliquer longtemps les conseils. Leur premier réflexe sera de sortir du territoire fiscal français, avant que de plonger en sous-marin pour initiés. Cela existe déjà et deviendra la règle.

(3.9): Cibler les plus grandes entreprises et les dossiers à risque plutôt que de contrôler des PME au hasard. Bercy le fait déjà. La seule action supplémentaire serait de durcir les amendes et de limiter leur négociation. Mais cela demande l'embauche de compétences qui, si elles sont vérifiées, trouveront à s'employer pour des salaires dix fois supérieurs dans le bizness de l'optimisation fiscale. Les Hussards Noirs de Bercy existent-ils encore ? Pour le reste, contrôler les petites boîtes est saine gestion des recettes publiques, mais l'état d'esprit doit changer et les contrôleurs abandonner l'approche inquisitoriale sournoise. Aparté : faire porter l'effort sur les TVA intra-communautaires non déclarées aux Douanes gagnerait des millions.

(3.10): Exiger des banques qu'elles signalent les opérations suspectes d'illégalité. TRACFIN sert à ça. On contrôle l'iceberg émergé et plutôt bien. Le reste ne peut être exigé des banques et reste une affaire entre hommes et quatre z'yeux. Un banquier sera toujours attentif à prouver son professionnalisme en proposant une solution "peu risquée" à un gros client dans l'embarras. On enlèvera la carte SIM du portable avant d'enfiler la combinaison de plongée.





Le lecteur fidèle a compris que le Piéton est sceptique sur ce volet de réformes lassalliennes. L'évasion fiscale dit bien son nom. On cherche à s'évader de l'enfer. Supprimer l'enfer implique de changer complètement de paradigme. La France soviétisée ne peut survivre qu'en dévorant le capital apparent et disponible dès lors qu'elle ne fait plus globalement de bénéfices. Elle a vendu le vin, saisi la vigne pour la vendre après et fait l'inventaire de la tonnellerie qui suivra. L'Etat (et c'est nous tous) solde ses atouts, il ne laissera rien derrière lui. Les capitaux ont fui depuis longtemps, à preuve les tours de table sont impossibles dans les affaires sauf à y inviter des banques. L'Etat est obligé de menacer de nationaliser les chantiers STX contre Ficantieri faute d'investisseurs français. Dans la nouvelle économie, le succès final d'une entreprise française est sanctionné par son rachat par les GAFA et son départ pour San Francisco ! La raison n'est pas le marché mais l'accès aux financements.

Quoiqu'il en soit un chef d'Etat respectant la lettre de la Constitution n'a pas à se préoccuper des détails. Il serait avisé de créer deux structures sous l'autorité directe du Premier ministre, l'une pour refroidir l'enfer, l'autre pour recouvrer la fraude. Ces deux structures doivent être staffées hors-statut de la fonction publique afin de rémunérer les talents au prix du marché sans contraintes administratives.
Pour la seconde, le but assigné pourrait être de récupérer la moitié de la fraude fiscale en quatre ans, en progressant par objectifs à travers douze rapports d'étapes, un chaque quadrimestre. On peut aussi intéresser les équipes de pointe au million le milliard. Il faut inventer ! Sans tabous ! Jean Lassalle a montré qu'il n'en redoutait aucun, ni les ours, ni les loups. Ça tombe bien, en la matière on est en pleine jongle.


share
Billets de soutien RA libellés "Jean Lassalle" à cliquer:

- Un berger à l'Elysée du 15/03/2017
- Jean Lassale, note liminaire du 19/03/2017
- But de la manœuvre du 22/03/2017
- Libertés basses du 24/03/2017
- Une autre Europe demain du 27/03/2017
- Passons aux énergies renouvelables du 30/03/2017
- Jean Lassalle l'Africain du 3/04/2017
- Perception du grand débat du 5/04/2017
- Accompagner nos enfants dans la découverte du savoir du 10/04.2017


La préparation psychologique de l'évadé fiscal commence aussi par une immersion heureuse dans le bonheur tropical pour se laver de la suie des clubs interlopes de la rue de Ponthieu, par exemple :

lundi 10 avril 2017

Accompagner nos enfants dans la découverte du savoir

Classement PISA OCDE 2016
France classée 26è - 33è - 20è/OCDE
L'éducation des générations montantes est la priorité de tout pays ayant au moins l'ambition de se survivre. Certains comme en Asie, privilégient le succès aux examens, d'autres comme en France, le formatage idéologique, mais rares sont ceux qui cherchent à exploiter les talents personnels de chacun afin de les insérer à leur vraie place dans la société qui les attend. Jean Lassalle a l'ambition d'individualiser l'éducation des enfants et jeunes gens. Le titre de son projet éducation est explicite :

DONNONS À NOS ENFANTS LA CHANCE DE MAÎTRISER LEUR DESTIN
« Ces mots, "instruction publique", disent exactement ce que devrait être la mission de l’école : transmettre le savoir-faire, enseigner langue et culture, préparer à un métier. Les élèves d’aujourd’hui, si différents les uns des autres, n’ont-ils pas le même besoin ? Je propose que chacun d’entre eux soit suivi attentivement, au long de sa scolarité, par un petit groupe autour des enseignants, attentif à repérer ses talents, avec pour mission de le mettre en situation de réussir ce qu’il entreprend.
L’esprit de l’élève doit être formé à produire et à créer, alors qu’il risque de seulement consommer ce que Google, Apple, Microsoft ou Facebook lui mettent sous le nez. Il doit exercer sa liberté, et pour cela maîtriser profondément Internet et les outils de communication, au lieu d’en devenir dépendant.
L’école doit éveiller un futur adulte responsable, lui éviter le risque de rester sur les rails d’une conformité. Je comprends mal l’obligation d’une scolarité traditionnelle qui prive les adolescents, enfermés toute la journée jusqu’à l’âge de seize ans, de leurs plus belles années d’inventivité sans leur donner les matériaux de leur orientation. Peut-on faire l’économie de la vraie vie ? La découverte du travail de la ferme dès l’enfance, l’alternance bien avant seize ans, les classes spécialisées pour les artistes ou les sportifs, participeront à rendre ou entretenir le goût d’apprendre.» (J. Lassalle)

Je vais profiter de ce sujet pour placer l'antienne classique (et doublement) de Royal-Artillerie sur les langues mortes. De petits esprits comme de grands esprits, très dédaigneux de la plèbe, ont décidé l'inutilité de cet apprentissage, à commencer par Edgard Faure en 1968 qui voulait être du vent qui vente et qu'on s'en souvienne, ce que je fais. Le Piéton a pissé sur ta tombe, ô César ! (Properce in Elégie IV). Suit la réorganisation de l'enseignement des langues vivantes. L'un et l'autre sujet avaient été intégrés au Nonagone du Roi de la campagne présidentielle de 2012 (n° 1 et 2/9).

(1) Latin-grec

Un rapport de l'Inspection générale de l'Education nationale daté du 17 juin 2012 (clic) signale que plusieurs expériences en ZEP manifestent que ce souci d’excellence permet de motiver puissamment des élèves et que les LCA (langues et cultures de l’antiquité) ont un effet intégrateur reconnu. C’est souvent le fait d’enseignants motivés, militants même mais le résultat est indéniable. On sait depuis toujours l'effet structurant des langues mortes sur la pensée de l'élève : La pratique du latin et du grec permet le développement d’attitudes et de capacités intellectuelles indispensables à la formation de l’esprit et à la réussite dans toutes les disciplines, y compris et d’abord scientifiques. Mais s'y surajoute un effet particulier aux ZEP (zones d'éducation prioritaire) : la considération offerte par le maître à l'élève en lui donnant le meilleur de l'enseignement. Dans les essais de réinscription des options latin et grec en zone difficile, le premier motif de satisfaction exprimé par les élèves est la reconnaissance de leurs capacités personnelles par l'institution qui leur offre ce choix d'excellence.

Amateur très jeune de vieux bouquins, j'ai amassé pendant toute mon adolescence et bien après des ouvrages du XVII et XVIIIè siècles. On s'interroge encore aujourd'hui de voir la profusion de citations latines et grecques, nulle part traduites dans l'ouvrage en question ! Glissons sur la dévitalisation de notre culture... Le second sujet concerne les langues vivantes et nous reprenons in extenso le point 1 du Nonagone.

(2) Réhaussement de l'enseignement des langues vivantes

Les professeurs de langues étrangères du collège au lycée seront progressivement recrutés parmi les diplômés locuteurs de leur langue maternelle, et les lycéens quitteront le second degré en parlant couramment deux langues étrangères.
Le ressort de cette mesure est à bander au niveau européen pour que tous les professeurs de langues de l'Union européenne soient locuteurs natifs. Ainsi le marché du professorat sera élargi - les profs de français français enseigneront partout -, de même pour ceux d'allemand, anglais, italien, espagnol, magyar et suédois...

La capacité à s'exprimer naturellement dans deux langues étrangères est un atout de compétitivité indéniable. Les peuples ne disposant pas d'une langue universelle sont paradoxalement plus ouverts au monde et plus performants dans leurs entreprises et dans les organisations planétaires où se prennent les grandes décisions ; cette aisance à jongler parfaitement avec au moins trois langues donne l'entregent nécessaire à la cafétéria pour s'ouvrir les portes des directions, commissions et observatoires, toutes choses égales par ailleurs.
Que l'Europe serve donc à nos enfants à parler des langues !


Pour le reste, nous adhérons complètement au souhait de Jean Lassalle de professionnaliser l'enseignement après le cursus fondamental. Former "le goût d'apprendre" est sans doute le but le plus noble de l'enseignement public, car le monde en mouvement d'aujourd'hui appelle à l'acquisition de connaissances tout au long de la vie. Il faut donc tout faire pour intéresser l'élève et l'y forcer un peu à défaut. Enseigner est instruire, instruire est parfois dresser, c'est une vocation, il faut retrouver le sens de ce sacerdoce et tout ira beaucoup mieux avec un peu d'enthousiasme et de générosité.




Billets de soutien RA libellés "Jean Lassalle" à cliquer:
- Un berger à l'Elysée du 15/03/2017
- Jean Lassale, note liminaire du 19/03/2017
- But de la manœuvre du 22/03/2017
- Libertés basses du 24/03/2017
- Une autre Europe demain du 27/03/2017
- Passons aux énergies renouvelables du 30/03/2017
- Jean Lassalle l'Africain du 3/04/2017
- Perception du grand débat du 5/04/2017
share

Prochain billet sur l'évasion fiscale

 

Dreuz.info appelle à voter Lassalle, ce qui est rare sur cette chaîne d'infos.
Long article de Jean Pierre Lambert (clic)

Articles les plus consultés