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lundi 22 août 2016

La banqueroute planquée sous le beurkini

« Mettez deux électrodes dans une poche de gélatine de veau ça ne fera jamais une batterie de voiture ». C'est ce que me disait ce vendredi matin mon coiffeur à vingt euros - finition rasoir, à la lecture des extraits de la somme éphémère de François Padebol parue chez Albin Michel sous le titre accrocheur : "Conversations privées avec le président". Accrocheur mais décevant parce qu'à la fin il n'est pas félixfaurisé par la Pompe funèbre ! « Quel con, ce type !» conclua l'artisan payé au clic, ne sachant pas pour qui j'avais voté jadis.
Et tandis que je repliais le Midi Libre, j'aperçois l'entrefilet signalant que Benoît Hamon - mais si, il est connu jusqu'à Palavas-les-Flots - monte dans le manège aux connards*. L'élite, la vraie, ayant déserté la politique, les médiocres se ruent !

On ne parle aujourd'hui que du sac à bain de Shéhérazade et de tout ce qui est islamique jusqu'à la nausée. En ce dernier jour de sérénité estivale, laissons tomber les sectateurs du prophète et revenons aux fondamentaux : nous entrerons demain dans la période électorale de tous les dangers pour les finances publiques - s'il en reste : les programmes des candidats ne brandissent que des dépenses à découvert sauf à enfumer parfois l'électeur de projets de recettes impopulaires impossibles à décréter, qui le feront fuir. Or Les caisses sont vides et le pays n’est en rien réformé dans les sources de l'hémorragie financière qui draine toute son énergie, à commencer par l'Etat tétraplégique hérité de l'Empire, baleine échouée en soins palliatifs éternels dont on ne sait qui la débranchera. La croissance de remploi de l'expansion démographique est nulle ou epsilonique, à la limite de la fabrication statistique. La Dette soutenue par des taux d'intérêts bas ou nuls doit quand même être servie en principal et nous coûte horriblement cher ; et au-delà de nos déficits structurels, nous importons abrutis** et crevards par palanquées complètes derrière l'Allemagne ! Qu'importe à la fin ! Le cirque des primaires amusera le peuple et lui cachera la misère du régime. Pendant ce temps, se glissent discrètement vers un ailleurs meilleur nos chances pour des lendemains qui chantent : ceux qui ont réussi partent, ceux qui réussiront partent plus vite encore (clic).

Reste le Veau national, qui persévère dans une épargne soutenue de ses disponibilités ne consommant que le nécessaire. Le taux d’épargne est presque un record mondial. Ce qui peut s’expliquer d’une bien curieuse façon ; du moins commence-t’on à l’expliquer ainsi dans les couloirs des ministères où circule l'épouvantable idée d'un amalgame de la nation et de l'Etat, la première devant assurer la survie du second quoiqu'il en coûte. Ouvrez vos oreilles :

Les Français ont une capacité d’épargne plus importante parce qu’ils bénéficient de prestations sociales de tous ordres bien plus élevées que les autres. Les prélèvements sur la richesse nationale que l’on dit rédhibitoires pour la santé économique du pays seraient donc compensés par des bas de laine énormes. Plus simplement, les déficits budgétaires et sociaux alimenteraient certes la consommation mais surtout l’épargne privée en bout de tuyau. Il faut être demeuré pour ne pas comprendre qu’il faudra inverser le flux pour sauver le pays et surtout le régime socialiste, et que l’épargne privée sera confisquée d’une manière ou l’autre pour boucher les trous. Comme en Argentine jadis ? Le FMI est déjà d'accord***, nous dit son directeur général français, Christine Lagarde : on commencera à taxer l'épargne des ménages à dix pour cent. Qu'en disent les candidats au pompon ?
Salut les c… !

* Sobriquet donné par Dominique de Villepin aux députés français qui lui reprochaient de ne pas être des leurs.
** Qualificatif utilisé par le ministre de l'Intérieur du land de Berlin pour les "réfugiés" de Mme Merkel.
*** cf. Business Bourse (clic) d'il y a un an.

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vendredi 11 novembre 2011

Fillon, plan glissant

Le programme de rigueur de monsieur Fillon n'a de rigueur que le nom. Dans la famille "Larigueur" je demande la Sévérité, l'Austérité, l'Exactitude et la Fermeté. Je pouffe, aucune de ces cartes n'est dans les mains de Bercy !

Sans reprendre ces raides certitudes, on conviendra avec les calculateurs payés au mois qui se répandent sur les ondes, que le programme glissant de notre valeureux Premier ministre n'est sévère que dans sa communication dominicaine, austère nulle part et surtout pas pour le train de vie de l'Etat qui est annoncé "bloqué", de plus parfaitement inexact puisque les conditions environnementales de son exécution en 2012 sont imprévisibles, et qu'il ne fait preuve d'aucune fermeté avec les gaspilleurs dénoncés annuellement par la Cour des Comptes, puisqu'il est souvent ordonnateur lui-même du somptuaire et de l'inutile à travers les mille tentacules de la pieuvre étatique qui devrait n'en avoir que huit dans la classification raciste de Linné !
Parlons vrai.
Le déficit budgétaire affiché le 12 octobre par l'Assemblée Nationale comme base de travail était de 82 milliards d'euros. Ce qui donnait le bilan financier ci-dessous (rapport 3805 Tome II de l'Assemblée Nationale) :

Besoins de financement
€ 56,1 Mds = Amortissement de la dette à long terme
€ 42,8 = Amortissement de la dette à moyen terme
€ 1,3 = Amortissement de dettes reprises par l’État
€ 81,8 = Déficit budgétaire
Total des besoins = 182,0 Mds€

Ressources de financement
€ 179,0 Mds = Émissions à moyen et long termes (obligations assimilables du Trésor et bons du Trésor à taux fixe et intérêt annuel), nettes des rachats effectués par l’État et par la Caisse de la dette publique
€ 4,0 = Annulation de titres de l’État par la Caisse de la dette publique
moins 1,1 = Variation nette des bons du Trésor à taux fixe et intérêts précomptés
moins 4,4 = Variation des dépôts des correspondants
moins 1,0 = Variation du compte de Trésor
€ 3,5 = Autres ressources de trésorerie
Total des ressources = 182,0 Mds€

Observons que l'amortissement de la dette en 2012 dépasse le déficit courant, 100 milliards contre 82. Cet amortissement est pour moitié (49Mds) le paiement d'intérêts sur bons et obligations¹, le reste, remboursement de principal échu. La moitié du refinancement sur les marchés partira donc en fumée. Et compte tenu des évolutions redoutées autant qu'elles sont attendues, cette fumée n'est pas limitée à 49 milliards si les taux obtenus par France-Trésor montent beaucoup. Ils montent déjà². Nos taux à dix ans sont maintenant du double des taux allemands (source BFMBiz 11/11/11), et les taux italiens sont de 85% plus chers que les nôtres. On mesure la marge de progression !

La perte du AAA dont se moque le sénateur Mélenchon signifierait un accroissement mécanique de ces taux et donc du prix du refinancement, puisqu'au delà de la prime de risque exigée par les prêteurs, certaines institutions financières ont l'interdiction statutaire de prendre librement des bons émis par des débiteurs déclassés. Le couac de Standard & Poor's nous déclassant à "AA" annonce simplement la tendance puisque quelqu'un dans l'agence a pris la peine de rédiger ce communiqué. Seule sa parution nous a semblé prématurée, pas sa pertinence.
Les marchés avertis qui commencent à vendre de la dette française ne sont pas les gnomes de Zurich ou le troll tropical de Grand Cayman mais tous les acteurs qui investissent de l'argent en produits financiers ou qui placent leurs excédents de trésorerie sur les places boursières. De grandes entreprises françaises en sont, votre banque, votre companie d'assurances certainement et les fonds souverains, ou de pensions, ou tous autres schémas de prévoyance aussi.

Il n'y a qu'une manière sûre d'être sérieux et de le faire savoir aux prêteurs, c'est de réduire et annuler ce monstrueux déficit primaire : c'est une affaire de 80 milliards au bas mot. Messrs Sakozy & Fillon Limited cherchent huit milliards, ils sont loin du compte, et qui pis est, ils sont bien trop lents. Si le "double A" est déjà dans les tuyaux comme le pensent les marchés, les acteurs vont passer au pronostic auto-réalisateur, ce qui s'avérera très destructeur. A ceux qui dénient toute influence aux marchés et sont près de les combattre on répondra qu'il ne fallait pas s'y risquer et gérer nos affaires en père peinard. C'est trop tard.
Le hic est bien sûr de réduire ce déficit primaire sans "crever" l'économie, et d'être donc rigoureux. Par hasard, ce déficit est du même montant cette année que le total des remboursements et dégrèvements fiscaux (85 Mds), mais ce n'est qu'un signalement bien perçu par Bercy qui chasse la niche.

Quelles sont les dépenses budgétaires dont la diminution voire la suppression n'impacte pas l'économie du pays ? Easy ! Toutes les dépenses politiques. Juste pour le fun, quel serait sur l'économie l'impact de la suppression du Sénat, de l'Assemblée nationale, du Conseil économique et social, des dépenses de sondages et communication de l'Exécutif ? Nul ! Quel serait l'impact de ces suppressions sur la gouvernance du pays ? Nul ! Que subirions-nous par la suppression des Chambres de Commerce ? Rien ! Et nous pourrions continuer par toutes les subventions, conseils, hautes autorités, commissariats et fromages de placement des créanciers des pouvoirs en place. Impact économique nul !
Quant au trou de la Sécurité Sociale, les caisses primaires et les caisses d'allocations familiales savent où porter le fer ; il suffit de les autoriser à manier la hache les yeux bandés comme la Justice au fléau penché.

A la Closerie des Lilas, M. de Closets disait que "nous vivons sur un échaffaudage dont tous les boulons ont été dévissés" et M. Séguéla de lui répondre que "réparer l'échaffaudage nous coûtera une fortune car tous les boulons sont en or". La destruction de l'Etat prébendier ne serait donc pas impossible. On l'a vu en temps de guerre, et pour la première fois de son histoire millénaire la France s'est ruinée en temps de paix. Trop forts !

Mais cela ne suffira pas à terme pour faire 82 milliards, et aucun plan sérieux ne peut laisser de côté la réforme fiscale, une réforme de fond en comble, pratiquement à tabula rasa. A la réserve près que l'impôt doit être pris sur le fruit pas sur la vigne, et que la fiscalité reconstruite doit garder en perspective de ne pas entraver l'innovation, la créativité, l'investissement productif, et de ne pas saper non plus le moral de ceux qui réussissent dans leurs entreprises, même si la République a éduqué le peuple à l'envie et à la punition des gagnants.

Au-delà, on ne fera pas l'économie d'un prélèvement général sur l'assiette fiscale la plus grande afin d'améliorer le rendement de l'impôt. Dans la grande assiette doivent tomber tous les fruits y compris ceux du capital, mais pas le capital lui-même, ce qui est proprement stupide.
Paradoxalement si l'assiette est universelle, le contrôle des contributions est plus facile. Si nous ne voulons pas peser sur la consommation DE PRODUITS FRANCAIS, il suffit de "favoriser" les produits exclusifs d'importation. Ô combien facile malheureusement est devenu ce choix depuis notre désindustrialisation !

Pour rester crédibles et ne pas connaître le sort de l'Italie, nous devrions donc nous atteler à diminuer notre déficit primaire au moins d'un premier quart en 2012, d'un second quart en 2013, d'un troisième en 2014 et l'annuler en 2015, puis chercher de l'excédent sur quinze ans. Mais le faire en trois tiers risque bien d'être obligatoire si les marchés paniquent. Dans ce schéma des quatre quarts, c'est vingt milliards "nouveaux" qu'il faut trouver chaque année. Vingt milliards pour 2012, on se rapproche du plan Fillon qui sera peut-être complété par une troisième tranche après la présidentielle si la majorité est reconduite. A défaut, la typologie dépensière du programme Hollande et son charisme de sous-préfecture nous jetteront à la banqueroute.

Reste la question cruciale du déficit commercial³ que nous ne réduirons que par l'innovation et le travail, et par un coup de pouce du taux de change pour donner l'élan de départ. N'est-ce pas quand même un problème de culture ? L'exaltation de la société de loisirs pourrait passer dans des pays rentiers comme les pétromonarchies, mais pas en France. Il faut retrouver la pugnacité de nos grands-pères en cet anniversaire de la Grande Guerre, et se passionner pour la production industrielle qui ne représente plus que 13% de la valeur ajoutée totale de notre pays, sachant que seule l'industrie exporte en vraie valeur. Feuilleter les catalogues des expositions universelles d'avant-quatorze est un émerveillement ! La France fut et demeure en certains domaines une nation d'ingénieurs. Que ça se voit donc, morbleu !

Mais il y a plus grave.

Jusqu'à la fin des trente glorieuses, l'amélioration continue des conditions de vie annonçait aux générations montantes qu'elles dépasseraient le niveau de vie de leurs parents. La générosité du modèle n'était pas contestée. Ce n'est plus le cas. Les vieux ont de meilleures conditions de vie que les générations suivantes et rien ne dit que le décalage s'inverse à vingt ou trente ans de vue. Or le modèle social failli appelle encore les classes actives à garantir le bien-être supérieur des classes âgées. Ca ne durera pas. Vaffanculo Nonno* sera le titre d'un prochain billet générationnel.
* Va te faire voir chez les Grecs, Pépé !


D'ici là, dites à votre député d'abandonner la moitié de ses émoluments au Trésor, il en aura de reste et largement. Si tu savais, Français, combien se moquent de toi les élites proclamées, tu retournerais la faux.


Note (1): Voir le rapport 3805 Tome I de l'Assemblée nationale
Note (2) On suit très bien tout cela sur www.gecodia.fr.
Note (3): Les Douanes partent sur une hypothèse de travail de 73 milliards d'euros pour 2012.

lundi 16 mai 2011

L'euro et le satyre

Que faisait M. Strauss-Kahn dans une suite du Sofitel de la 44ème est une question qui viole l'intimité de la personne humaine libre d'aller et venir ; mais c'est une question, sachant qu'il a un pied-à-terre à Manhattan. Pourquoi avait-il réservé un vol AF New York - Paris pour faire Washington - Berlin où l'attendait le chancelier d'Allemagne ? Ca ne nous regarde pas.

La police de Harlem (unité spécialisée dans les affaires sexuelles) travaille sur une plainte, preuve en devenir jamais achevée sans tiers témoin. La défense du directeur général du FMI fonde son argumentaire sur des horaires. Par chance, le monde technologique a ses propres horodateurs indépendants des parties, carte-verrou de la porte de la suite, cartes visa, journal des appels au standard de l'hôtel, caméras de sécurité du hall.
Malgré cela, la police newyorkaise défère le prévenu au procureur.
Tirez en vos conclusions.

La carrière de grand vent de M. Strauss-Kahn est terminée, qu'il soit blanc comme neige ou noir comme le freux. L'image le poursuivra !

La France a des problèmes plus graves à régler¹.
Son image à elle n'en pâtira pas, elle n'en a plus grâce à la berlusconisation des pouvoirs. Par contre, l'effet papillon peut encore dévaster l'Europe par un battement de cil au Sofitel de New York, si les pays-fourmis retirent leurs billes du rachat des péchés des PIIGS-cigales, lors de la réunion de l'Eurogroupe ce soir à Bruxelles. On va très vite le savoir. L'euro est en baisse chez les cambistes.
Sur l'écume des faits, la préoccupation des grands pays est désormais l'état de préparation du FMI à terminer la crise financière, suite à sa décapitation, comme l'indique un communiqué sybillin de la Maison-Blanche².

Note (1): par exemple, une désindustrialisation fatale pour notre société (Clic).
Note (2): "We’re confident that the IMF will continue to function effectively" White House spokesman Jay Carney, on board of Airforce One, May 16 2011

vendredi 3 avril 2009

G20 en trompe-l'oeil

BHOC'est un concert de louanges dans la presse française, à l'exception notable de L'Humanité ! Haro sur les gnomes de Zurich et ces crevards de patrons-goinfres. Pourquoi pas ? Au final, la coalition keynesiène Obama-Brown a remporté les mises de la relance en laissant venir les régulateurs sur leurs promesses. La plus spectaculaire pour les continentaux est le listing des paradis fiscaux décliné en quatre couleurs. Le peuple applaudit comme otaries dans l'arène, n'ayant pas encore saisi que c'est la chasse aux non-résidents qui est ouverte sur des îles charmantes aux doux noms de Turks & Caïcos ou Vierges Anglaises (une impossibilité sémantique), mais que les résidents à venir n'ont pas grand souci à se faire.
Qu'en est-il au fond ?...

L'OCDE a trié les salopards, certains avec un "C" comme Commonwealth ou "D" comme Dominion de la couronne britannique :
(1) La liste noire est courte, donc efficace : elle regroupe le Costa Rica, Labuan Island (Malaisie), les Philippines et l'Uruguay. Pour plier les second et troisième, le corps d'inspection devra partir en stage commando en Corée du nord ! L'argent de la Malaisie est géré par la diaspora chinoise qui forme le réseau le plus opaque et ramifié du monde, avec ses propres trous noirs quasiment indétectables au radar ; quant aux Philippines, son gouvernement et donc ses institutions financières ne contrôlent pas grand chose et restent très "intéressés" malgré des promulgations répétitives de la lutte contre la corruption endémique.

plage(2) La liste gris foncé c'est Andorre (co-princes France et Vatican), Anguilla(D), Antigua and Barbuda(D), Aruba(NL), Bahamas(D), Bahreïn, Belize(D), Bermuda(D), British Virgin Islands(D), Caymans(D), Cooks(D), Dominica(C), Gibraltar(D), Granada(D), Liberia, Liechtenstein, Marshalls, Monaco, Montserrat(D), Nauru, Nederlandse antillen, Niue(D), Panama, St Kitts and Nevis(D), Saint Lucia(D), St Vincent-and-Grenadine(D), Samoa(C), San Marin, Turks and Caicos(D) et Vanuatu(C).
Monaco va dérouiller car très infiltrée par l'administration française. Le Liechtenstein aussi car il est la cible privilégiée du ministère fédéral des finances allemand. On s'aperçoit que la City de Londres a fait très fort sur l'ex-empire et on devine les réticences de Gordon Brown. D'autant qu'il n'est pas mal placé en liste gris clair avec deux compétiteurs de race (C):

(3) La liste blanc cassé c'est l'Autriche, la Belgique, le Bruneï(C), le Chili, le Guatemala, le Luxembourg, Singapour(C) et la Suisse.
Le Luxembourg est aux cent coups car il n'a ni palmiers ni plages de sable fin. Sur les pays des listes (2) et (3) pourraient intervenir des mutations de résidences réglant les problèmes des particuliers.

billets à l'évier(4) La liste blanche regroupent 40 pays qui pour recevoir leur certificat de moralité doivent aller au bout de la kärchérisation de leurs banques. Parmi eux on relève de vieux paradis désolés comme Chypre, Jersey ou l'île de Man, mais aussi la Chine (qui va contrôler quoi et comment ?), l'Allemagne (rétrocommissions export ?), la France (comptes des dirigeants africains ?), la Russie (sans blague !), le Royaume-Uni ... du grand n'importe quoi, car je ne vois personne capable d'affronter ces puissances financières. Hong Kong et Macao sont hors listes pour ne pas irriter Zhongnanhaï - je pouffe. Le Delaware américain est également passé inaperçu.
(source)

Il est certain que l'aboutissement de cette régulation compliquera à terme la vie des hedge funds et celle de certaines structures financières de grosses entreprises qui organisent le drainage du cash flow avant l'assemblée générale des actionnaires ; on ne parle pas non plus des circuits de blanchiment gouvernementaux ou politiques, ni de ceux propres aux services de renseignement. Le particulier en revanche passera entre les gouttes avec une nouvelle résidence, un second passeport (double nationalité) dans la mesure bien sûr où les législations locales continueront à être avantageuses pour les possédants, ce qui ne saurait changer, à peine de ruiner ces petites économies de subsistance. On observe aussi que ce sont les "enfers fiscaux" les plus en pointe dans cette lutte et que le consensus mondial - du moins la propagande qu'ils en font - les conforte dans leurs règles de prédation.
Comment devenir riche sans passer par un système financier ouvertement délateur, est sans doute le travail en cours de créativité chez les gnomes. Peut-être va-t-on tuer le facteur fric ?

carte G8 et G20
Les autres mesures touchent la comptabilité d'actifs bancaires, les règles de surveillance des sociétés cotées en bourse, la déontologie des agences de notation qui couchent avec le big bizness et enkroument tout le monde, et les modes d'incitation des traders à la performance. Tous ces points sont positifs. Reste que l'affichage en grand sont les 5000 milliards de relance keynésienne. A l'heure des communiqués on n'a pas dit qui les paiera !

L'affaire ne fait que commencer sans garantie de bonne fin.
Le problème des actifs toxiques n'est pas réglé, dixit Obama, qui poursuit lors de sa conférence de presse : « Il va y avoir des négociations difficiles et parfois nous devrons les quitter si nous ne parvenons pas à un accord (clin d'oeil?). Il va y avoir de vrais dangers qui ne pourront pas être réduits par la discussion. Mais au moins nous aurons commencé avec la notion que nous sommes prêts à écouter et à travailler en coopération avec les pays du monde ».

Ne s'agissait-il que de passer un message de confiance pour prozaquiser les consommateurs ?

Normalement le billet devait se terminer par un mp3 de La Vie en Rose.

cocotiers


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mercredi 10 décembre 2008

Mutation ou sécession

siège Commission européenneDemain se réunira à Bruxelles le dernier Conseil européen présidé par la France. A l'heure où nous rédigeons ce billet nous n'en connaissons pas l'ordre du jour*. Il est plus que probable qu'il sera l'exaltation lyrique du semestre sarkozien, et délivrera nos partenaires d'un stress douloureux.
Mis à part un catalogue de mesures ambitieuses pas toujours financées, le bilan - nous y reviendrons à la Noël - remontera la pendule à l'heure du référendum irlandais, grosse épine dans le talon fédéraliste. Soit l'Irlande vient à résipiscence en 2009¹, auquel cas la dispute se déplacera vers certains maîtres-chanteurs de l'Est ; soit elle persiste dans son "caprice" et ouvre ce faisant la voie à la confédération. En aucun cas, et seul le texte de Lisbonne le permettait explicitement, il ne sera question de découdre l'Union européenne. Aussi, suis-je plus que perplexe sur la campagne de sécession que veut monter le CRAF² sur des bases, je présume nouvelles ...

I. EXPOSÉ DES MOTIFS

1.- Préhistoire de la France seule
La devise courageuse de "La France Seule" sous-titrait le journal de L'Action Française sous l'Occupation. Elle n'aura pas suffi à prémunir Charles Maurras de la poursuite des médiocres et le laissera condamner pour une extravagante intelligence avec l'ennemi par un faux témoignage du regretté Paul Claudel, "littérateur obscur" qu'on ne lit pas exprès ...

2.- Histoire
Soixante ans plus tard, la nouvelle guerre de sécession sous l'enseigne de "La France Seule" trouve sa source dans le référendum de mai 2005 raté par Jacques Chirac. Le 30 mai au matin, la France avait perdu son autorité continentale, déjà passablement esquintée par la trahison atlantique et les insultes à peine déguisées à l'endroit des pays de l'Est qui ne se ralliaient pas. Le "pays réel" étourdi de sa victoire - j'en fus -, attendait le plan B que les thuriféraires du NON lui avaient promis. Hélas, les quatre chefs de file de la contestation n'allèrent pas plus loin que de revendiquer chacun le jeu décisif qui avait conclu le match à leur profit.

4 coqs
Le non de mai 2005 était le prétexte rêvé pour creuser à fond la question de la confédération européenne et mettre rapidement sur la table un projet bouclé. Il n'en fut rien, trop difficile, trop occupé, pas le temps ! En réalité, pas d'idées, aucune stature d'hommes d'Etat dans cette coalition de bric et de broc, rationnaires d'hémicycles, charlatans de la République.
Aucun plan B ne les intéressait plus, dès lors qu'ils avaient fourbi leur notoriété médiatique et pris du poids pour les élections à venir. Je méprise en cela ces miquets démocrates qui vont de la gueule sous les préaux mais ne savent rien construire d'utile au pied du mur. Depuis, je les combats, à travers ce petit blogue à dix sous ... et ils ne se marrent même pas !

3.- Réalités & Perspectives
« Plus un événement est lourd de conséquences, moins il est possible de le penser à partir de ses causes (F.Furet) » : aussi n'épiloguons pas sur le référendum Chirac, abandonnons les analyses stériles et allons aux faits.
A la fin du premier quart de ce siècle, que sera devenue la France ?
En queue de peloton des grandes nations industrialisées, disputant sa place à la Haute-Volga du Csar Poutine qui finira par l'emporter, assis sur d’énormes rentes minières, la France, n'ayant de rentes que ses idées, sera devenue un grand pays africain de tourisme et de services ... aux personnes âgées. Son industrie aura depuis longtemps déserté le maquis réglementaire et ses financiers dirigeront leurs affaires françaises depuis Londres, Zurich, Francfort ou Amsterdam, loin de nos métropoles, incandescentes chaque nuit fériée.

Prévenu contre la démocratie divisive par essence, nul ne sera étonné de notre bord royaliste que le pays soit sous la coupe des royaumes combattants et des communautés légalisées tirant à hue et à dia. Après le dodécannat chiraquien, le décennat sarkozien et un petit quinquennat ségoliste qui aura mal fini, comment pourra-t-il en être autrement ? Nous aurons alors atteint l'an 2022 ! Endettés jusqu'au cou, divisés en tribus comme à l'époque des Gaules, et ... à poil !

M. FillonExagéré ? Le gouvernement vibrionnant de Sarkozy-Fillon, peu de temps après avoir déclaré la faillite de l'Etat, se jette dans la Dette pour sauver le modèle français complètement ringard. Si le remboursement peut être différé (caché au peuple), ses intérêts sont eux exigibles à chaque terme et leur paiement représente déjà le deuxième "budget" de l'Etat, en concurrence avec la Défense nationale.
Chacun comprend que la Dette, même lourde à servir, n'est pas le diable absolu si elle finance la création d'actifs dont le retour sur investissement contribuera à son amortissement, ou encore si elle lance l'exploitation de rentes, minières par exemple, qui produiront valeur ajoutée et cashflow en continu.
Adossée à des dépenses de fonctionnement recyclées dans la consommation des ménages et l'épargne - comme c'est le cas - elle est en revanche un crime politique, punissable d'une révolution quand elle devient le premier poste budgétaire ; ce vers quoi nous allons comme les aveugles de Bruegel.

Qu'en sera-t-il des 26 milliards³ de choux et carottes de la Relance ? Les 2/3 participeront au fonctionnement et un petit tiers (le curaçao) sera affecté à l'investissement. Combien seront investis matériellement dans la brique, la fonte, le béton ou l'acier ; et parmi ceux-là combien rapporteront quelque chose à notre Nation. Entrent d'avance en résonnance les labels, les bureaux d'études "techniques", les laboratoires environnementaux, les ateliers de design, les centres de formation, et tous autres habillages indispensables aux projets publics qui, au taux normal africain (ou parisien), devraient pomper 50% des crédits mobilisés. Il est prévisible donc que sur un déficit consenti de 26 milliards, l'investissement pardonnable ne fasse au bout du bout que 3 ou 4 milliards. Ajoutez-y les délais de réalisation et vous saurez que le plan de Relance de Douai est d'abord un plan de Communication. Bon courage, monsieur Devedjian, ce sens du sacrifice est à votre honneur.

Il n'est donc pas venu le temps de l'orgueil rasséréné sur l'Aventin de nos certitudes. Nous devons souquer ferme dans les vapeurs putrides de la mondialisation sans plus de choix que d'avancer. Pis qui est, vouloir tirer seuls une galère aussi plombée que la nôtre relève du masochisme nationaliste. Si nous avons perdu beaucoup de franc-bord par le poids des coquillages morts collés sous la coque, nous avons pour quelques années encore des traces de considération dans des enceintes de décision qu'il serait stupide de fuir. UE, OTAN, ONU, FMI, OMC : nous existons. Profitons-en et cessons de vouloir à tout prix nous y distinguer dans des provocations "petit bras" qui font sourire quand elles n'agacent pas ! Soyons sérieux !

II. REVUE DE PAQUETAGE

logo UE1.- UE : nous devons rester le plus près possible de la passerelle pour faire dévier le projet vers la confédération. Pour cela, il faut d'abord que nous apprenions à travailler avec nos voisins sans les écraser de notre indiscutable supériorité (cessons de faire parvenir les parvenus) et ensuite mais surtout, il est nécessaire d'appuyer notre campagne par un projet bouclé et compréhensible par tous. Les royalistes sont-ils capables de monter ce projet confédéral, et d'en rédiger les objectifs, les étapes et leur articulation en moins de cent cinquante pages ?
L'imbrication de notre économie dans le Marché commun, notre position géopolitique centrale et notre histoire, nous interdisent la sécession. Incidemment, notre siège au Conseil de sécurité de New York en dépend. Existons donc plutôt par la confédération !

logo OTAN2.- OTAN : les guerres modernes sont d'abord des guerres de procédures et de robots. La Guerre froide a créé une structure de commandement intégré rodée obéissant à des codes offensifs (ça nous changera) et adossée à des brigades existant réellement, même si elle ne met plus en jeu les mêmes masses qu'en 1989. Rentrons dans le rang, nos unités de combat sont appréciées - plus que nos états-majors - et nous bénéficierons des facilités automatiques des bases Nato, de l'intégration des codes, sans parler de la garantie de réaction si ça va mal, ce qui n'est pas du tout assuré aujourd'hui. Faute de moyens budgétaires et de carburant, nous n'avons jamais su faire cavalier seul. Acceptons-le sans le dire, tordons le cou au faux prétexte de l'américanisation - les Allemands ne portent pas ce joug - et devenons le fer de lance d'une OTAN rajeunie que nous renforcerons. Saisissons l'occasion du 60° anniversaire de l'organisation à Strasbourg, le 3 avril 2009.

logo ONU3.- ONU : Membre permanent du Conseil de sécurité avec droit de veto, depuis notre décolonisation assez réussie, nous avons vocation à y représenter un certain Tiers-monde francophone. Sans cette étiquette non-alignée, nous sommes en doublon. Notre siège est convoité par trois économies puissantes qui impactent bien plus que nous sur le marché global : Japon, Allemagne, Inde. Ne comptons pas sur la Chine et la Russie pour nous conserver ce privilège. Pour réformer le Conseil en préservant nos positions, renforçons une bonne fois le camp occidental, c'est là que sont nos vrais amis.
Seule certitude, l’Unesco restera à Paris, meilleure expatriation pour les femmes de diplomates.

logo FMI4.- FMI : nous y avons par tradition le poste de Directeur général. C'est notre dernier poste de prestige dans le monde. Tâchons de le conserver non en faisant le beau lors des points de presse mais en œuvrant sérieusement à la pérennisation de l'institution par la qualité de notre travail, par la dignité de notre comportement (?!) et par un certain chic français que l'on est en droit d'attendre de nous ! Notre vieille aristocratie produit naturellement les qualités recherchées. No comments…

logo OMC5.- OMC : Outre le tourisme déjà évoqué, l'industrie française du luxe et l'agriculture commerciale sont les deux mamelles de notre futur quand notre industrie aura fini sa mue, ailleurs, et que services et invisibles se seront « supranationalisées » pour devenir une bonne fois pour toutes, apatrides. C'est dans cette enceinte de l'OMC que nous pouvons les défendre.
Nous y avons placé "notre" secrétaire général ; nous y sommes convoqués le 13 décembre. Faisons-y notre nid.


III. PREMIERE SYNTHESE

Ne croyons pas une seconde qu'un chevalier errant français puisse longtemps conserver sur ses mérites propres ses positions d'influence dans ces organisations. Le siècle de Louis XV est fini même si luisent par ci par là des souvenirs élogieux à l'étage des élites culturelles du monde. Notre période voit le recul européen dans un système à somme nulle ; c'est la mise en bloc du sous-continent qui freinera assez longtemps son déclin relatif en attendant que la tendance se retourne, car les empires émergents connaîtront eux-aussi des problèmes d'hypertrophie.
Alors, sauf à accepter le destin du Portugal, empire universel devenu un état croupion européen qui va à la Poste chaque mois chercher son mandat, nous ne devons pas faire sécession aujourd'hui de l'Union européenne. Nous devons nous battre pour nous-mêmes au sein d'organisations de pouvoir, mais pas contre elles de l'extérieur car nous serons laminés. L’UE est une organisation de pouvoir, même si l'on parle de soft power.


PS : Il y a une question subsidiaire : le vrai "pays réel" mérite-il qu'on se décarcasse ? Si vous répondez non, émigrez, du moins poussez-y vos enfants, car il n'est pas juste qu'ils se saignent aux quatre veines pour perfuser un pays que nous leur aurons laissé dans le coma !
Si vous répondez oui, il ne suffit pas de brandir des valeurs de redressement économique et de réarmement moral ; il faut y réussir ! En usant de tous nos derniers atouts.
Ne détruisons rien qui puisse nous servir.

Note (1) : avant les élections européennes du 4 juin 2009
Note (2) : Centre royaliste d'Action française
Note (3) : Les 26 milliards se décomposent comme suit :
- 11,5 milliards de retards de règlements publics versés début 2009 (dépenses de fonctionnement);
- 4 milliards aux chômeurs, au bâtiment et à l'automobile (2/3 de dépenses de fonctionnement);
- 4 milliards investis par les entreprises publiques qui ne grèveront pas le déficit public mais peut-être leurs comptes ;
- 6,5 milliards d'investissements de l'Etat et des collectivités territoriales. Rapporteront-ils tous pour se rembourser ?
Note (*) : agenda obtenu verbalement aujourd'hui à 16h :
L'agenda comporte 3 points sur lesquels M. Sarkozy prendrait plaisir à passer en force:
- paquet "énergie-climat" : pas de chance, le groupe des 9 pays de l'Est ne veut pas diminuer son CO² sans subventions de l'Ouest. L'Allemagne ne paiera pas !
- coordination de crise : contre le 1,5% magique de Barroso se dresse le silence des ... Allemands. L'Allemagne ne paiera pas !
- ratification irlandaise du traité de Lisbonne : le gouvernement irlandais ne peut que promettre de faire son mieux en 2009, et réclame des billes pour vendre le traité, comme un commissaire permanent dans l'exécutif resserré de 2012.
- Deux sujets accessoires, PESC et PAC, donneront lieu à des communiqués "encourageants".



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mardi 21 octobre 2008

La crise révélation

warren buffett«C'est à marée basse qu'on découvre qui se baigne à poil»². C'est le sage Warren Buffet, nouveau gourou de Business America, qui eut cette formule heureuse quand Lehman Brothers s'est effondrée sur Wall Street. "In Warren We Trust" est bien la devise qui remplacera "In God We Trust" sur les banknotes depuis que les deux candidats à la Maison Blanche ont déclaré le vouloir comme Secrétaire au Trésor.
Il y a cinq ans, c'était "In Alan We Trust" qui avait porté la Bourse aux faîtes vertigineux dont elle chute aujourd'hui !
Mais si l'on sait que Lehman Bros était géré comme un casino et que des dizaines d'autres banques par le monde, ne voulant pas passer pour pauvres rats des champs, en faisaient autant pour se croire affutées, le reflux fait découvrir aussi de grosses entreprises abonnées à la cavalerie, qui rémunéraient leurs actionnaires par la marge de cession/acquisition d'actifs, et non pas sur leurs bénéfices d'exploitation comme c'est la règle. Le groupe d'investissement australien Macquarie qui a des autoroutes en France, des parcs d'éoliennes en Espagne, des ponts à péage au Portugal, des tunnels payants, des aéroports, des highways aux Etats-Unis, s'avère être géré par escamotages d'illusionniste, à la limite du principe pyramidal particulièrement meurtrier lors d'un retournement de conjoncture. Haro sur les banquiers certes, mais ils ne sont pas les seuls. C'est l'âme humaine qui court au fric !

La crise met en lumière aussi les limites de compétence et tempérament des dirigeants du grand monde. A la surprise générale, le chancelier allemand Merkel a franchi son seuil de Peter et depuis la déclaration de crise est en remorque du quadrille Brown-Sarkozy-Trichet-Juncker. On la dit en campagne contre ses alliés sociaux-démocrates de la coalition, mais la toise n'a pas de réglage en fonction des circonstances, vous la faites ou pas. Elle n'a aucune vista et ne peut sortir de l'ornière conservatrice tracée par la Deutschand AG qui lui dicte sa politique.

SarkozyA ce moment, on doit reconnaître au président Sarkozy une vraie pugnacité à l'international sur un champ technique complexe où peu l'attendaient. C'était pour tous l'ancien chef de la police, un avocat d'affaires rompu à la transaction fiscale, un chef d'Etat rolexisé. Et bien non ! Il rend à la France surendettée par ses prédécesseurs un peu de lustre. Barroso lui même en campagne pour son renouvellement ne le lâche plus d'une semelle dans l'espoir de partager l'aspersion d'eau bénite.

Hélas à Washington, le monde entier s'aperçoit que le directeur français du Fonds monétaire international n'est pas au niveau requis en temps d'orage, puisqu'il est capable de ruiner sa carrière pour une bluette hongroise. Le French lover s'est-il fait relifté avant de prendre l'avion, qu'il était un peu tôt pour se noircir à la liqueur de jouvence de l'abbé Souyri ? Quand on a la plus riche épouse du PAF, qui vous offre la meilleure bouée pour nager dans the Washingtonian Pond, c'est impardonnable de connerie. "De la renommée, il ne lui manquait que la disgrâce" écrivait son biographe quand il fut viré de Bercy en 1999 pour "affaires" (CGE, MNEF, ELF) ; mais le prof libertin effaça l'ardoise médiatique grâce à sa besogne d'économie politique au sein du parti socialiste et servit de repère de saine gouvernance, jusqu'à devenir "présidentiable" et tout de suite après, un "éléphant" de trompe basse.

DSKAu moment où la France a besoin d'une convergence sur ses thèses au FMI, le levier que l'on disait le meilleur de la nomenklatura française, vient de flamber sur l'axe de commande. Limite de l'ouverture à gauche, les compétences n'y sont pas inépuisables ! Si ce n'était lui, nous proposions Montebourg ? D'ailleurs n'est-ce pas un député socialiste qui a regretté le manque d'hommes d'Etat au parti socialiste ?
Outre sa vertu de dévoiler les nageurs à poil, la crise a aussi le mérite, quand elle supprime la croissance, de stigmatiser la bureaucratie. Cette magie de la croissance est nécessaire à la dissimulation de fautes de gestion des Etats. Par l'augmentation régulière des rentrées fiscales à proportion du taux de croissance de l'économie, elle masque l'inflation naturelle des aides en tout genre et l'élargissement systémique des périmètres du fonctionnement administratif.
Dès qu'elle cesse ou si elle s'inverse, apparaissent les privilèges exorbitants du nouvel ancien régime, la gabegie démagogique au bénéfice des clientèles électorales, les pertes en ligne de l'impôt et tous ces ponts construits vers nulle part. C'est un grand jour pour Philippe Séguin que celui où l'on déclare la croissance à zéro ! A l'émission des Quatre Vérités (FR2) de ce matin, Jean-François Copé, chefs des députés UMP, annonçaient la constitution de groupes de traque du gaspillage à tous niveaux ; la journaliste n'a pu se retenir de rire ... et son invité pas moins !

JF CopéSur le plan des idées politiques, on assiste à un aggiornamento profond de la droite libérale qui d'une certaine façon exemplifie la plasticité rapide du capitalisme, bien plus pragmatique que dogmatique. La gauche qui ne sait plus où elle est ne sait plus quoi dire. Elle prépare le sacre de Reims sous de vieilles lunes comme si de rien n'était. Enterré sous la coupole du colonel Fabien, le parti communiste se vautre dans le populisme le plus racoleur comme ses ennemis intimes de trotskiland, sans voir que les gens du commun ne sont pas aussi stupides pour ne pouvoir accéder à l'étage de l'économie politique. D'ailleurs passés les premiers jours de stupeur, les zincs résonnent de cycles, d'inter-bancaire, dérivés et leviers, et autres "explications" produites par la vanité de l'Ecclésiaste mais parfois pertinentes.
Les royalistes sont-ils si "beaux" ?

J'ai couru aux chapelles me mettre à jour. Si l'inversion des pôles fut annoncée il y a longtemps par Henri d'Orléans, c'est bien un phénomène de cette ampleur qui nous arrive dessus. Or les chapelles sont quasiment muettes sauf à commenter comme je le fais ici, et restent abonnées aux pieuses litanies. Le (ou les) dogme(s) sont intangibles et fournissent l'explication du vaste monde jusqu'à la fin des temps. Pourquoi se fatiguer puisque tout finira au Jugement Dernier et que par construction "nous" serons parmi les Justes !

La seule chapelle ayant développé une plateforme politique est l'Alliance royale ; les autres "réfléchissent". Que nous dit la plateforme d'actuel ? rien ! Sa cohérence pourrait souffrir sans doute d'une mise à jour précipitée - ce n'est pas facile de bâtir une plateforme politique qui tienne la route - mais la seule innovation est un éditorial (n°727) sur le plan Paulson du mois dernier.
L'analyse est intéressante et fouillée, le libéralisme échevelé dénoncé avec de vrais arguments, mais la conclusion n'en est pas une : on fait quoi ?
La voici :

logo AR« La responsabilité individuelle ne peut exister qu’avec la pleine maîtrise de son destin. Lorsque les finalités sont correctement alignées, les responsabilités individuelle et sociale se complètent et trouvent à s’exprimer dans la liberté d’agir et d’entreprendre pour la prospérité de tous. Les Etudes politiques de l’Alliance Royale ont engagé une réflexion de fond sur ces questions. Quel modèle de société ? Quelles institutions politiques ? L’économie n’est pas la finalité de la politique mais elle en constitue un des piliers essentiels. On ne peut pas aborder la question politique sans s’interroger de la façon la plus profonde sur ce système économique qui domine le monde d’aujourd’hui : l’Ordo Liberalis ».

Si le parti de l'Alliance jette sa gourme pour bifurquer vers l'école de pensée, il quitte le champ politique pour entrer dans celui de la physique sociale. Il y a pléthore de laboratoires d'idées et parmi eux de volumineux think-tanks qui occupent l'espace de l'intelligence politique, économique et sociale. Dans la mouvance royaliste, les "penseurs" sont l'effectif le plus nombreux. Bonne chance quand même, mais il va falloir fournir.

Note (2) :"It's only when the tide goes out that you learn who's been swimming naked."


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