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samedi 20 avril 2019

Équerres et compas



Toute la France et ses amis sont entrés en sidération au spectacle de l'embrasement de la flèche et des toits de Notre-Dame de Paris. Le vaisseau majestueux est maintenant décapoté, ouvert aux intempéries ; on doute aujourd'hui de la résistance des parties de maçonnerie qui, pour certaines, ont subi un feu direct de huit cents degrés. Sachant que depuis les Romains les constructions de pierres amalgament du fer et du plomb à leurs assemblages, on peut raisonnablement questionner la solidité de quelques sections contiguës aux effondrements. Pour la charpente de bois, c'est "réglé", elle a disparu ; il faut la refaire complètement, du temps, de l'argent, pas de surprise particulière. Reste le défi de reconstruction de la flèche d'Eugène Viollet-le-Duc de 1859 !
Est-ce le péché d'orgueil de l'architecte le plus fameux de l'histoire de France ? Culminant à 93 mètres au-dessus du sol, elle pesait sept cent cinquante tonnes, posées sur les quatre piliers de transept comme nous l'explique la notice du site (clic) avec de magnifiques photos du chef d'œuvre disparu.
Comme pour l'abondance des dons financiers destinés à consolider et reconstruire l'ouvrage le plus emblématique du monde, ce pays malade dans son identité et oublieux des racines qui l'ont nourri depuis vingt siècles, se dispute déjà sur la contemporanéité du design retenu pour la nouvelle flèche ! Avouons que les horreurs à la mode ont de quoi susciter une saine crainte de défiguration de l'ouvrage. Que veut dire notre premier ministre quand il évoque un concours international d'architecture ? Qu'il a perdu les plans de la cathédrale ?
Une flèche identique visuellement à celle de Viollet-le-Duc ne sera pas obligatoirement le monstre de 750 tonnes (500T de bois et 250T de plomb) que les matériaux du temps avaient obligé à créer. Au moins a-t-on retrouvé dans les cendres le coq-reliquaire intact qui nous assure déjà qu'il terminera le nouvel ouvrage. Sauvés du chantier avant sinistre, les "douze apôtres" de cuivre repoussé permettront de retrouver la vraie silhouette. Le plus simple et le plus rémunérateur en termes d'image est de refaire la flèche que le monde entier connaît. Le reste est arrogance insupportable.


Garde-nous des cons, Seigneur, tant ils pullulent !





Avant de tourner la page, une visite du site ésotérique Hermetism.free.fr s'impose.


lundi 17 septembre 2018

Louis de Bourbon, double prince

Don Luis à la Féria de San Isidro
« Eres nuestro rey !» Ainsi furent reçus Luis Alfonso de Borbón et sa famille sur le parvis de la basilique Sainte-Croix de Los Caídos lors de la manifestation franquiste du 15 juillet 2018 contre la translation des cendres de son aïeul hors du mausolée. Je n'attendrai pas la conclusion de ce billet pour vous dire qu'il me plaît bien Don Luis Alfonso. Aussitôt connu le projet Suarez, plutôt que de torcher un communiqué filandreux de désapprobation depuis sa résidence de La Finca, il embarque dans la voiture femme et enfants vers Los Caídos pour se joindre aux partisans de son arrière-grand-père !

Avant même qu'il ne prenne la présidence de la Fondation nationale Francisco Franco, laissée vacante par le décès de sa grand-mère, fille du dictateur défunt, il était intervenu dans le champ politique espagnol avec une certaine autorité à l'occasion des affaires catalanes. Il faut dire que c'est un athlète portant beau, ce qui plaît bien aux Espagnols qui n'ont pas les mêmes goûts que nous. Nous sommes des cérébraux donneurs de leçons, ils sont des bretteurs qui portent les coups. A choisir pour le gouvernement des hommes entre l'athlète et le penseur, j'inclinerais pour l'athlète, surtout aujourd'hui où tout se fait en réaction immédiate au défi relevé.

Son compte personnel Facebook nous signale qu'il prend fait et cause pour les employés de la Radio-télévision espagnole menacés de purges par le nouveau gouvernement socialiste du président Sanchez et il soutient à nouveau les Espagnols catalans. Il perturbe la manif de la Diada en mettant l'hymne national à fond depuis son balcon. D'une certaine façon il réveille le franquisme qui dort chez beaucoup, fatigués des compromissions de la Casa Real avec les Cortes de Madrid, famille royale régnant par ordre du Caudillo, qui laisse faire tout et n'importe quoi sans rien dire, par le mémoricide de la guerre civile. Il semble à tous évident qu'en supprimant la visibilité des souvenirs de cette époque, la nouvelle nomenklatura veut gagner dans la rue la guerre qu'elle a perdue dans les livres d'histoire. D'où la demande d'exhumation de Franco dans la basilique en Valle de Los Caídos. Nous avons déjà suggéré de murer le mausolée sans rien y toucher, jusqu'à la fin de l'éternité. Le monument tiendra le coup jusque-là plus longtemps qu'une pyramide de Gizeh.

La vigueur avec laquelle Don Luis Alfonso défend l'héritage s'explique par l'histoire de sa jeunesse. Ayant perdu son grand frère sur la route, puis son père sur les pistes de ski, il s'est retrouvé à quatorze ans seul dans une société de femmes, sa grand-mère au quotidien et sa mère surexcitée en vacances, qui lui ont inculqué le respect du grand aïeul pour tout ce qu'il fit de positif dans ce pays, à commencer par les ponts, les barrages, les trains, l'industrie, la mise en valeur de la côte méditerranéenne et le respect obtenu sur la scène internationale malgré la paix des grands cimetières sous la lune ; jusqu'à ce que le général de Gaulle, chassé du pouvoir à Paris, vienne lors de sa tournée d'adieu au monde, rendre visite dans un parador au vieux dictateur toujours à poste, lui.

Don Luis Alfonso vibre pour l'Espagne. C'est un patriote. Il y a fait son service militaire dans l'Armée de l'air, aime Las Fallas de Valence, les courses taurines, suit les tournois de polo auxquels plus jeune il a participé, accompagne son épouse dans les concours hippiques où elle se défend bien (sa femme a du sang de conquistador), il adore ses gosses et les protège par une communication très maîtrisée. C'est un bel hidalgo que les magazines n'oublient pas parce qu'il a l'allure et l'assurance que les femmes adorent. Ses affaires à Madrid sont florissantes* au point qu'elles déclenchent des contrôles fiscaux ; il gère avec application la fortune léguée par sa grand-mère parce que c'est son métier et finalement, il n'a rien à prouver. Aussi est-ce en souvenir de la chimère française que son père chevaucha avant lui qu'il vient encore en France pour répondre aux invitations de l'Institut de la Maison de Bourbon ou de Présence du Souvenir Bourbonien. Hier dimanche aux Invalides il a suivi la messe annuelle de dédicace, revenant de Chisinau où il a participé à la cérémonie d'ouverture du XII Congrès Mondial des Familles par un discours très remarqué qui mérite d'être lu dans sa traduction française en cliquant ici. Il plaît chaque fois aux officiels et à l'état-major car il a de la gueule en étant très convivial : il en a reçu les épaulettes de capitaine de corvette de la réserve citoyenne.
(*) Selon le registre du commerce (BORME) il est administrateur de Borcorel SL dont l'objet social est la construction, la réparation et la maintenance d'ouvrages en tous genres, de la International Transaction System SL faisant du conseil informatique et surtout de Borvar Inversiones SL dont les actifs 2016 étaient valorisés à 9.130.657,94 euros (source El Español).

Avec son épouse aux obsèques de sa grand-mère
Sans être dans sa tête - mais sa mère y est sans doute qui n'aime pas les Bauffremont - on peut comprendre qu'à la force de l'âge, il puisse préférer s'investir dans la défense de ses idées en Espagne, son pays natal, où il a déjà une solide position sociale et médiatique que nos princes à Paris pourraient lui envier s'ils en cherchaient une ! Les subterfuges mémoriels qui le convoquent ici chez des nostalgiques de l'Ancien Régime en soins intensifs, sans efficacité prouvée ni moyens suffisants, l'amusent-ils encore ? Habitué de la gestion par objectifs sur résultats, il doit par moment bouillir de voir tant d'énergie dépensée à nul effet tangible.
Le eres nuestro rey de partisans prêts à se battre pour l'héritage qui est le sien, le motive certainement plus que nos "vive le roi" un peu folkloriques dans une République qui se défend mieux encore que la monarchie espagnole. Celle-ci est en danger, de plus en plus discutée pour sa mollesse. Les jeunes souverains font le job à la danoise, tout en photos convenues et reportages ennuyeux, mais la monarchie danoise est fondée sur des bases extrêmement solides, ce qui n'est pas le cas à Madrid. C'est le paradoxe du règne des Bourbons, rappelés par le Caudillo, mais qui refusent en même temps de s'impliquer dans le débat éthique. Ce retrait de la main dans le gant dévoile l'inutilité du dispositif en pratique, d'autant que la vertu d'unification du modèle est mise en pièces par les revendications d'indépendance des trois provinces importantes que sont la Galice, le Pays basque et la Catalogne. Les foules furent un temps juancarlistes par sentimentalisme plus que vraiment royalistes, jusqu'à la chasse à l'éléphant et les maîtresses du roi ! La fonction a été abaissée. Comme s'en plaignait jadis Ferdinand VII : comment gouverner un pays de dix millions de rois ! L'Espagne en a aujourd'hui quarante et c'est la meilleure définition de la République. La journée de la Diada Nacional à Barcelone a réuni mardi dernier un million de Catalans républicains ! Il n'y a pas grand chose à ajouter sinon que les locomotives économiques du pays dédaignent le roi d'Espagne. Tout peut arriver.

Dans ce tumulte et compte tenu du tempérament offensif de Don Luis Alfonso, un rôle s'offre à lui, créé par l'amoralité des pouvoirs, celui de mainteneur des valeurs franquistes en débordant sur toutes les valeurs de tradition. Ce rôle est difficilement compatible avec l'autre et sans doute occupera-t-il le temps libre laissé par ses affaires professionnelles. D'où son retrait possible et progressif mais non confirmé des affaires françaises. Certains légitimistes s'offusquent de son affichage compromettant socialement, même si au fond ils partagent ses valeurs. Avant même de connaître les intentions du duc d'Anjou, les orléanistes se réjouissent à grand bruit de sa dérive franquiste leur indiquant un retour sur ses bases espagnoles. Ils oublient un peu vite que c'est la décadence de la Maison d'Orléans qui a créé les conditions suffisantes pour importer l'aîné des Capétiens dans le schmilblick français. L'espace laissé par le déclassement de la maison royale historique presque ruinée par le goût de l'intrigue, la naïveté et l'orgueil du défunt comte de Paris, fut comblé en dénonçant seulement la paix d'Utrecht¹ et en rappelant les Lois fondamentales du royaume de France, toutes choses étrangères à la Monarchie de Juillet. On peut rire d'entendre les hérauts de l'Usurpation brandir aujourd'hui ces lois contre les prétentions espagnoles sachant combien souvent Orléans les a piétinées.

Alphonse, le chaînon manquant...

L'Infant d'Espagne et duc de Cadix, Alphonse de Bourbon, serait-il encore parmi nous qu'ils en rabattraient de beaucoup tant il leur était supérieur et d'abord en gestion de projet. On oublie qu'il eut la volonté affirmée de faire renaître en France le projet capétien au moment du millénaire décidé par François Mitterrand en 1987, lequel ne l'a jamais bridé dans sa progression (on sait pourquoi), et qu'il décréta un véritable bureau politique staffé et financé, projeté jusqu'en province par des relais motivés. Son CV très complet n'a pu être égalé encore par aucun de ses concurrents, ni par son fils d'ailleurs pour l'instant. A sa mort, la famille Bauffremont roula ce projet exigeant aux archives et repartit sur de pieuses bases mondaines, moins prenantes et moins délicates à négocier avec les Renseignements Généraux...

La démarche de contestation de Don Luis Alfonso pourrait ressembler bientôt à la contestation carliste qui défend Dios, la patria, los fueros y el rey et qui devrait réjouir le régent de la Comunión Tradicionalista, Sixte-Henri de Bourbon Parme, en lui apportant le renfort de l'aîné des Capétiens ; mais nous savons sa haine des Isabélitains² pour douter de son ralliement, d'autant qu'il a caressé, dans un entretien donné à la presse (Nice Matin), l'opportunité d'un hypothétique couronnement de lui-même par défaut de légitimité de tous les autres. C'est dommage ; ils gagneraient tous les deux à une réunion des carlistes à la branche aînée vivante plutôt que de célébrer les morts en boucle. Rien ne les sépare plus.

Les docteurs de la loi qui tranchent et coupent en lieu et place de l'héritier pourraient, si nécessaire, basculer le projet légitimiste sur le jeune duc de Bourgogne, Louis, d'autant que son père a usé d'insinuations en ce sens lors de la présentation des jumeaux aux Invalides au temps de l'Institut Duc d'Anjou, et qu'il a répété son assurance de continuité de l'histoire dans un bref échange publié par Point-de-Vue en juillet dernier. La Légitimité y perdrait beaucoup d'enthousiasme surtout dans la jeune génération. Quoique décide le duc d'Anjou pour son avenir en France, l'âge venant, l'expérience socio-politique accumulée créera en lui un repère de sagesse s'il le veut, et sans doute plaira-t-il à certains, dont je serai si Dieu me prête vie, de demander audience à l'aîné des Capétiens, Bailli grand-croix de dévotion de l'Ordre souverain de Malte et grand maître des ordres royaux disparus, pour en recevoir les conseils et les apaisements, comme on irait rencontrer au Mont Saint-Michel le roi de vitrail qui nous manque terriblement. C'est un joli voyage que celui de Madrid.


Courtoisie de La Couronne (humour)


lundi 9 novembre 2015

11 Novembre 2015


Ils ont tous disparus. De quelque bord qu'ils furent, ils représentèrent une génération courageuse capable d'affronter la voracité des Etats. Une pensée spéciale pour les nôtres, la fine fleur du pays fauchée par l'offensive à outrance à la mode du temps. Cette année¹ nous parlons du 348ème RI, régiment de forteresse à Givet (52è Division d'infanterie de réserve). Ce régiment fera presque toute la guerre sur la Meuse. Son historique régimentaire a été publié en 1921 à Mulhouse (clic). Les pages 32 à 63 listent les morts et disparus (environ 36 noms par page).

La 52ème division de réserve a connu des tentatives de fraternisations à la Noël 14 de la part d'unités bavaroises qui lui faisaient face, au grand dam du commandement prussien. Le lecteur trouvera ci-dessous deux pages d'un journal d'opérations qui les évoque (source). D'autres divisions connurent aussi des échanges de politesses, de cigarettes et même des visites de tranchées ennemies à la Noël !

52°DR 1/2
52°DR 2/2


Mais ce ne fut pas toujours la guerre sans haine : dans le Journal d'opérations² de la 52ème DR on trouve page 12 une notice recopiant à la main une nouvelle du Temps de Paris daté du 15 février 1915 sur la bravoure française et sur une certaine sauvagerie allemande. La voici :

A Haybes, entre Vireux et Fumay, les maisons sont détruites. Là, l'occupation a été fort dure. De nombreux civils ont été fusillés ; un infirme fut enterré avec sa béquille sortant de terre, et les soldats du kaiser y fixèrent un drapeau allemand. La cause de ces violences est dans la résistance des douaniers et de 400 réservistes (ndlr: de la 52è DR), dans la nuit du 23 au 24 août (ndlr: 1914). Les Allemands disaient que cette résistance leur avait coûté 1500 hommes et retardé l'arrivée de 4000 hommes à Rocroy en temps voulu pour couper la retraite des Français qui se repliaient de Charleroi sur les Ardennes. Les Allemands ajoutent que sans ce retard ils seraient arrivés à Paris.

vignette du 348
A commandé au 348 du premier jour de la guerre au 27 février 1918, André Guesnier, chef de la première section à la 24ème Compagnie à la déclaration de guerre et capitaine de la 20è Compagnie (CID - centre d'instruction divisionnaire) à la fin. Le régiment fut dissous au mois de mai 1918 et ses effectifs reversés au 99ème. Son livre de chevet (si l'on peut dire) ou plutôt son livre d'évasion, était Fragments intimes d'Ernest Renan parus en 1914, qui ne le quittèrent jamais. Cet ouvrage posthume compile Patrice, ses lettres à Liart (depuis le Séminaire d'Issy), Confessions de Felicula (sur la première chrétienté de Lyon) et d'autres petits fragments. Il est assez surnaturel de lire ce bouquin, trouvé en brocante, en sachant qui le lut le premier, dans quelles circonstances de bruit, de fureur et de doute.
Renan est comme quelqu'autre que nous citons souvent ici, un océan. Il donnait à méditer. J'imagine le lieutenant Guesnier en train de lire cette page dans la tranchée pendant la guerre de positions qui nous coûta si cher :
La vérité est loin de ce qu'on appelle le bon sens, qui n'est qu'un ramas d'opinions, d'habitudes, de conventions : quand nous la verrons, la vérité, nous seront tout étonnés de la trouver, et chacun dira : Je ne croyais pas que ce fût cela. C'est là l'idée qui me domine : le peu de certitude de nos connaissances, le peu de vérité que nous possédons, et sur ce point la lecture de Pascal est loin de me détromper. On a beau dire : cet homme-là est presque sceptique ; cela est frappant : le plus forte tête qui ait existé n'a osé presque rien affirmer : et il est de fait que plus un homme est savant, plus il a approfondi les connaissances humaines, moins il est affirmatif, plus il tremble, plus il restreint ce fameux chapitre du bon sens, qu'on voudrait faire si large. Les ignorants au contraire ne doutent de rien, ils tranchent tout, tout est évident, clair comme le jour ; il faut avoir perdu l'esprit pour ne pas voir cela : voilà leurs formules. D'où par analogie, je suis tenté de faire ce raisonnement : quand on ne sait rien, on ne doute de rien ; quand on en sait peu, on doute peu ; quand on sait beaucoup, on doute beaucoup ; donc, si on savait tout, on douterait de tout, et toute la science se réduirait à voir l'incertitude de toute science. C'était bien cela dans l'esprit de Pascal. Oh ! qu'il a de belles choses là-dessus ! Voilà un homme qui était au-dessus des préjugés, et pourtant il a été chrétien, cela est démonstratif. Tu vois que j'ai une propension violente au scepticisme³, ou plutôt au kantisme, car c'est surtout le système de Kant qui me fait impression, et il est de fait que je n'ai rien vu de décisif contre sa philosophie, du moins jusqu'ici...
(d'une lettre à François Liart du 3 mai 1842)

Je ne sais qui des lignes ennemies lisait Kant, peut-être en quelque régiment de réservistes prussiens aventurés sur la Meuse depuis la vieille Poméranie. Finalement la philosophie ne sut vaincre la polémologie, en ce qu'elles marchent toujours de conserve dans l'histoire des hommes, irraisonnables comme jamais.





(1) Les "Onze Novembre" de Royal-Artillerie :
*2007 − *2008 − *2009 − *2010 − *2011 − *2012 − *2013 − *2014
(2) Source Mémoire des Hommes

(3) le jeune Renan sait déjà qu'il doute de sa vocation malgré les efforts de piété qu'il montrera dans les Principes de conduite de 1843.

lundi 12 janvier 2015

Au-delà de l'étreinte à la gorge

- Lassana Bathily, héros? -
Les manifestations républicaines exorcisant le "vivre-ensemble", après la séquence terroriste du 7 au 9 janvier, ont convoqué trois millions de personnes en France ce week-end. C'est du jamais vu. On ne chipotera pas sur l'usage immodéré de l'adjectif "républicain" par le pouvoir pour simplement dire "liberté". Les personnalités d'envergure mondiale présentes à la République ont pu mesurer le sursaut citoyen du peuple de France, et cela nous servira indubitablement dans les enceintes internationales. Reconnaissons à M. Hollande d'avoir bien détecté l'ouverture qui menait aux poteaux. L'essai a été marqué.
A l'évidence le peuple, convoqué tant à Paris qu'en province, est moins bigarré qu'on ne le dit dans les amphithéâtres de sociologie. Peut-être qu'une partie de la population plus impliquée a préféré rester sur son quant-à-soi à fumer la chicha. Cela est une autre histoire mais les Français ne sont pas dupes de l'acquiescement tacite des musulmans de base à la punition divine des blasphémateurs, suivant en cela leurs hiérarques d'hier, même s'il y a d'heureuses et rares exceptions d'intelligence dans la communauté musulmane.

What next ?

On peut bien sûr virer le Dr Dalil Boubaker du rectorat de la Mosquée de Paris pour incompétence et double langage, bien qu'il soit le grand ami du prince Henri d'Orléans, exiger un "concile" refondateur de l'islam pour remplacer le Coran de Médine par celui de la Mecque suivant les recommandations du professeur Al-Deeb¹, mais il est des mesures à prendre sans attendre dans la foulée de cette émotion nationale :

Expulser de France les imams salafistes ou simplement non francophones, purger les associations des zélateurs douteux et cesser les subventions au motif de subversion, vider par tous moyens même légaux les caves des cités de leur armement, contrer avec la brutalité légale nécessaire les contre-manifestations en soutien du Califat terroriste et d'al-Qaïda, se saisir des prédicateurs de l'UOIF au moindre dérapage, et ce même s'il y a urgence ailleurs, au Nigeria et en Syrie-Irak sur notre zone d'effort. Commençons par nettoyer chez nous toute la crasse islamiste, sans attendre, c'est maintenant ou jamais.

Nous devrons aussi ouvrir un débat à un certain niveau sur les limites nécessaires à la liberté d'expression pour qu'elle s'exprime en plénitude et refonder pour ce faire nos codes qui sont flous et déséquilibrés permettant au pouvoir de les instrumentaliser au profit de sa propagande. C'est devenu insupportable, même en dehors des tonneaux d'injures qu'un Charlie-Hebdo déversait sous les acclamations d'une coterie irresponsable. Qu'on laisse la bride lâche jusqu'à la mort à de vieux potaches complètement allumés a de quoi faire réfléchir sur l'hypocrisie ou l'inconscience des régulateurs de notre société.



Pochette du Premier albanais à Paris


(1) cette lettre est reproduite ci-dessous sans les intertitres au cas où le site MEMRI (Middle East Media Research Institute) serait attaqué.

Cher Dr Dalil Boubakeur, Imam de la Mosquée de Paris,

J’ai visionné plusieurs vidéos dans lesquelles vous condamnez l’attentat contre le magazine Charlie Hebdo, qui a coûté la vie à un certain nombre de journalistes. Vous avez tenté de disculper l’islam de ce qui est arrivé. Vous avez même pleuré sur les musulmans au lieu de pleurer sur les victimes, en affirmant que ce qui s’est passé est un coup porté à l’ensemble des musulmans et que l’islam sanctifie la vie. Vous démontrez ainsi que vous vous moquez de la vie des journalistes assassinés et que votre seule préoccupation consiste à éviter que l’on accuse l’islam et des musulmans de ce qui s’est passé. Vous vous êtes contredit et vous avez prouvé que vous n’avez pas la moindre empathie pour les victimes. Vous avez perdu votre humanité par ces déclarations.

Mais soyons honnêtes, absolument honnêtes. Ne dit-on pas, en arabe, que de la franchise naît la tranquillité ? Parlons en termes médicaux, puisque vous êtes médecin de profession. Vous savez qu’un diagnostic erroné peut entraîner la mort du patient. Si vous considérez un cancer comme un simple mal passager, vous donnez l’occasion au cancer de croître et de détruire la vie du patient. Je pense que vous êtes d’accord avec moi sur ce point. Et il va de soi que le médecin, après le diagnostic, doit suggérer le médicament adéquat au patient afin de le guérir.

Permettez-moi de vous dire que votre diagnostic sur les événements d’hier à Paris ne saurait convaincre que les idiots et les hypocrites. Si vous n’êtes pas conscient de votre erreur, c’est un signe de votre ignorance. Et si vous savez que votre diagnostic est erroné, cela signifie que vous êtes malhonnête, pour ne pas dire un menteur.

Ce qui est arrivé à Paris est entièrement conforme à l’enseignement de l’islam tel qu’il ressort du Coran, de la Sunna de Mahomet et de tous les ouvrages reconnus de droit musulman. Est-il nécessaire de vous rappeler comment Mahomet s’est vengé de ceux qui l’ont critiqué ? Ne savez-vous pas ce que Mahomet a fait à Um Qarfa? Ne savez-vous pas comment le Coran stigmatise les poètes dans le chapitre qui leur est consacré et qui porte le titre «Les poètes»? Jamais Mahomet n’a admis la moindre critique à son égard ; il n’acceptait que ceux qui chantaient ses louanges, comme le font les rois et les chefs des pays arabes et musulmans aujourd’hui.

Pouvez-vous m’indiquer un seul pays arabe ou musulman qui permet de toucher à Mahomet ? Bien sûr que non. Où donc est la sanctification de la vie dont vous parlez ? La liberté d’expression et la vie des humains n’ont aucune valeur dès qu’on touche à l’islam, au Coran ou à Mahomet. Et je vous défie de me présenter la moindre preuve de l’inexactitude de mes propos. À moins que vous n’indiquiez des critiques contre Mahomet de la période mecquoise, quand il n’avait pas d’épée. Mais après avoir joint le pouvoir à la prophétie, il n’a plus toléré aucune critique contre lui-même ou le Coran. Et cela est encore vrai aujourd’hui.

Revenons-en à ce qui s’est passé à Paris. Vous avez certainement appris que lorsque les terroristes ont assassiné les journalistes, ils ont crié « Dieu est grand, le prophète Mahomet a été vengé». Ils se considéraient comme les exécutants de la loi islamique contre ceux qui critiquent Mahomet. Et ce qu’ils ont fait est conforme aux dispositions de la loi islamique. La question se pose : où l’ont-ils appris? Ne serait-ce pas dans des livres dont regorgent les bibliothèques des mosquées en France? Ne serait-ce pas dans les prêches des imams de ces mosquées?

En France, tout le monde a le droit de critiquer le judaïsme, le christianisme, le communisme, ainsi que leurs symboles et leurs ouvrages. Et les journalistes qui ont été assassinés ne s’en sont pas privés, sans tenir compte des susceptibilités des juifs, des chrétiens ou des communistes. Ce droit est garanti par la loi française. En refusant toute critique de l’islam, de Mahomet et du Coran même en France, les musulmans voudraient tout simplement y appliquer la loi islamique et brider la liberté d’expression. Tant que de telles idées dominent la mentalité des musulmans, ce qui est arrivé à Paris avec Charlie Hebdo pourra se répéter, avec le même magazine et d’autres. Ainsi, sous la menace de la mort, les musulmans veulent faire taire des intellectuels, des journalistes, des universitaires, des politiciens et touts ceux qui seraient tentés de critiquer l’islam et ses symboles. Ils veulent tout simplement établir en France une dictature islamique brutale, interdisant la liberté de pensée et d’expression.

Je vous invite à un moment de franchise avec vous-même. Vous dites vouloir le vivre-ensemble en France. Comment pouvez-vous imaginer la cohabitation entre musulmans et non-musulmans en France avec de telles idées? Ne voyez-vous pas que la société française est menacée par la guerre civile dont les musulmans seront les premiers perdants? Soyons honnêtes. Ne pensez-vous pas que de nombreux adeptes de votre religion en France, ou certains d’entre eux au moins, ont applaudi l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo comme ils ont applaudi les crimes de Mohamed Merah?

C’est le diagnostic que les personnes informées ne sauraiten mettre en doute. Ceci étant dit, il faut en déduire la nécessité de revoir l’ensemble des enseignements islamiques. On doit lever la sainteté du Coran, de Mahomet et de l’islam et permettre leur critique comme on le fait avec le judaïsme, le christianisme et le communisme. Les imams des mosquées de France doivent reconnaître la liberté d’expression prévue par la loi française et demander aux musulmans qui ne l’accepteraient pas de quitter la France. Et ce pour éviter la guerre civile entre musulmans et non-musulmans en France.

En ce qui concerne les mosquées, il faut surveiller ce qui y est dit et ce qui y est enseigné afin qu’elles ne deviennent pas des nids de terrorisme et d’extrémisme. Pour cela, je suggère que les mosquées soient ouvertes à tous, que les prêches soient prononcés en français, que les imams étrangers ne soient pas autorisés à y officier, et je propose de soumettre les imams actuels à des mesures administratives et éducatives. Vous savez sans doute qu’en Egypte les prêches sont distribués aux imams par les autorités étatiques, qui contrôlent la stricte observance de leur contenu. Tous les prêches des mosquées de France doivent être soumis à l’approbation préalable des autorités françaises ; ces prêches doivent être enregistrés et les contrevenants doivent être sanctionnés (…) Et ce, encore une fois, pour éviter la guerre civile entre musulmans et non-musulmans en France.

Il a été pendu sur instigation de l’Azhar. Ce penseur estimait qu’il fallait impérativement laisser de côté le Coran médinois, qui viole les droits de l’homme, et ne retenir que le Coran mecquois. Cela nécessite l’interdiction en France du Coran sous sa forme actuelle. Il faut exiger que tous les exemplaires du Coran, y compris ceux qui se trouvent dans les mosquées, soient dans l’ordre chronologique, en indiquant clairement que le Coran médinois est caduc en raison de ses incitations à violer les droits de l’homme. Les responsables de la religion musulmane doivent en outre reconnaître la liberté religieuse, y compris la liberté de changer de religion, de quitter l’islam. Les autorités françaises doivent imposer cette exigence sous peine de retrait de la nationalité française et de renvoi dans le pays d’origine.

Ce sont là des mesures que vous devez prendre en tant qu’imam de la Mosquée de Paris, et que doivent prendre les autorités françaises le plus rapidement possible afin de permettre le vivre-ensemble en France.

Veuillez agréer, Monsieur l’imam de la Mosquée de Paris, l’expression de ma haute considération.

Sami Aldeeb, Dr en droit, professeur des universités
Directeur du Centre de droit arabe et musulman


Et Philippe Tesson tel qu'en lui-même, protégé par son grand âge (dans sa 87ème année):

mercredi 26 décembre 2012

Boxing day à Florange

Ce billet est une commande récapitulant les billets précédents sur ce sujet. Elle est parue dans l'Action Française 2000 du 20 décembre 2012. Elle entre en archives RA le lendemain de Noël, jour férié de la St-Etienne en Alsace-Moselle (boxing day) .

Les quatre cents kilomètres à la mer pénalisent les deux haut-fourneaux de Hayange, dit-on au siège d'ArcelorMittal. Avant de poursuivre, précisons que Florange n'est que l'adresse des bureaux du site sidérurgique contesté, qui s'étire dans la vallée de la Fensch, au nord de Metz, sur un maillage ferroviaire privé exploitant 250 kilomètres de voies. Sur ce site intégré, on va du magma à la canette à boisson en partant du coke fabriqué à Serémange et du minerai aggloméré à Rombas vers les hauts-fourneaux de Hayange, qui coulent la fonte pour l'aciérie de Serémange-Erzange. Les brames passent aux laminoirs à chaud puis à froid, écrouissage, étamage à Ebange. Depuis l'arrêt de la phase liquide les brames viennent de Dunkerque, mais l'excellence est dans le train à froid dont ArcelorMittal ne veut se séparer car l'outil, qui livre entre autres les constructeurs automobiles allemands, est réputé pour sa qualité.

Ainsi que l'expliquait Serge Fuss de la CFDT après l'arrêt technique du second haut-fourneau, l'intégration complète du process, phase liquide et laminage à froid, est « un grand atout économique, car cela nous permet, par exemple, d’utiliser les gaz des hauts-fourneaux et de l’aciérie pour faire fonctionner les laminoirs. La sidérurgie est très haute émettrice de gaz à effet de serre, mais chez nous, le bilan carbone est beaucoup plus favorable qu’ailleurs : peu de transports, hormis le minerai qui arrive par voie fluviale, les expéditions qui partent par le même chemin ou par la voie ferrée, et des hauts-fourneaux qui polluent presque deux fois moins que nos concurrents, car nous maîtrisons l’injection de poussières de charbon qui freine la formation de gaz carbonique ».

Et d'autres mettent en avant que la clientèle des produits finis est à proximité, voire sur place à Florange même comme Tata-Steel Rail et Thyssen-Krupp Presta, et que la distance moindre des bassins industriels de transformation en aval amortit quand même un peu le coût d'approche des matières premières apportées de la mer.
Deux rapports ont conclu à la viabilité du site intégré : l'un officiel, établi par une commission ad hoc dirigée par M. Pascal Faure fut remis en juillet dernier au gouvernement qui semble-t-il ne l'a pas lu, sauf M. Montebourg ; l'autre, interne, déniché récemment par les syndicats, est réfuté par la direction financière de la firme qui n'aurait pas chargé la mule de tous les coûts induits qu'elle doit porter. Il y a pour le moins un gros doute. Le rapport Faure devrait être passé au crible d'un expert, un sidérurgiste (Francis Mer à tout hasard, ancien patron d'Usinor-Sacilor et ministre des finances de Jacques Chirac), sur la base des calculs faits par ArcelorMittal dans le deuxième rapport. Ce serait plus logique que de continuer la partie de poker-menteur entre MM. Mittal et Ayrault où l'on sait d'avance qui ramassera le pot.


Les HF de Hayange

On pourrait alors poser une question toute simple : pourquoi ArcelorMittal persiste-t-il à vouloir garder la cokerie de Serémange afin de fournir les hauts-fourneaux de Dunkerque qui retourneront les brames ainsi coulées aux laminoirs d'Ebange ? C'est son affaire, me direz-vous ! Mais vous tirez sur 400km le charbon primaire puis sur 400km le coke en retour et sur 400km ensuite les brames dans l'autre sens, détruisant l'économie de l'alternative. A moins que de stopper les deux hauts-fourneaux de Hayange ne sécurise l'importation de brames russes qui en 2011 arrivaient par vingt mille tonnes/mois !

Si après les deux rapports précités, il était confirmé pour la troisième fois par cette contre-expertise que le site intégré de Florange est viable économiquement, il serait alors temps de bloquer le dépeçage indien et d'exproprier l'opérateur « mondial », par tous moyens légaux, afin de conserver autant que faire se peut les bases industrielles lourdes qui nous restent, car c'est de la destruction de notre industrie dont on parle et pas que de six cents emplois.

L'affaire est éminemment politique, au sens noble. Elle devrait enthousiasmer un pouvoir socialiste ayant une affection particulière pour les masses laborieuses et démocratiques. Pas du tout. Eblouis, un peu jaloux, mais si contents d'approcher la Fortune, nos apparatchiks de province se sont laisser hypnotiser par Kaa le python du Livre de la Jungle ! Et pour apaiser les syndicats ahuris ils ont nommé le sous-préfet de Thionville(sic) "contrôleur" du développement des nouveaux processus sidérurgiques à très basses émissions de carbone (ULCOS en anglais) !

Edouard Martin, CFDT-Florange
Florange est, bien plus que Notre-Dame-des-Landes, le dossier risqué pour le pouvoir socialiste, parce qu'en matière de sidérurgie la vérité dérive au sein d'un marché libre impossible à maîtriser depuis Paris. Une seule voie, passer le projet à des professionnels de la filière aussitôt l'expropriation décidée.

L'absence criante de politique industrielle dont le ministère du Redressement productif n'est que l'alibi détesté, l'entêtement puéril d'un premier ministre robotique dépassé par les enjeux, la défiance des élus de terrain devant cette mollesse des chefs au premier choc sérieux, la liquéfaction continue de notre industrie et d'emplois non remplacés, tout concourt à lever un fort mécontentement dans le populaire qui peut emporter le gouvernement et ruiner la cohésion parlementaire. Mais la sidérurgie française vivra, faudrait-il passer sur le ventre du capital vagabond, parce qu'elle est la base même de notre renaissance !

vendredi 30 novembre 2012

Parasélite (suite)

Âne Parisot
J'entendais hier matin à la radio Mme Parisot, qui est à l'industrie ce que l'IFOP est aux idées, monter sur ses grands principes contre la nationalisation Montebourg. Droit de propriété, autonomie de la stratégie industrielle, scandale... Ça ne le faisait pas. Défendre l'autonomie stratégique des entrepreneurs était mal venu dans le cas d'ArcelorMittal quand on connaît le bilan comptable de la holding ; sa stratégie perdante croise à 90° celle de notre pays et l'optimisation à outrance du tycoon londonien détruit des emplois à foison. Sa liberté revendiquée est délétère et le droit de propriété qu'avance la présidente du MEDEF n'est pas le droit romain de vie et de mort sur la force de travail. Et pourtant il est pour elle sacré ! Existe-t-il une morale supérieure à ce droit ? Mme Parisot va consulter pour nous répondre.

D'un autre côté, il faut préciser que les avantages du libéralisme économique défendus ardemment sur ce blogue, diminuent autant que croissent les oligopoles et s'éteint complètement en situations de monopole. Sauf Alzheimer, c'est du von Mises. Or l'acier européen, héritier de la CECA, est pour la filière chaude en situation d'oligopole, et de duopole en France (Saint-Gobain à Pont-à-Mousson et ArcelorMittal à Dunkerque et Fos). Va-t-on se résoudre à perdre le peu de sidérurgie qui nous reste comd'hab, ou dire un « merde » franc et massif aux experts qui se répandent sur les ondes pour nous expliquer pourquoi nationaliser en transition c'est mal ? Et si malgré tout nous le faisions !

Camaro 2012 - 400cv - 40000€
Quant saint Obama fait la courte échelle à la General Motors en prenant 60% du capital pour se porter caution explicite vis à vis de ses fournisseurs, c'est bien vu ici. En campagne électorale pour son second mandat il déclare à Colorado Springs au mois d'août dernier : “So now I want to say that what we did with the auto industry, we can do in manufacturing across America. Let’s make sure advanced, high-tech manufacturing jobs take root here, not in China. Let’s have them here in Colorado. And that means supporting investment here.” Un vrai communiste ! Mais qui détient encore un quart du capital de la GM en attendant que le cours remonte. Ce sauvetage avant banqueroute est autorisé par Madame Parisot aux Etats-Unis, mais serait scandaleux en France. Au fait, quand M. Sarkozy a préempté 25% du capital des Chantiers navals de l'Atlantique chez Alsthom et a acheté 9% de plus au propriétaire coréen pour accompagner le plan de charge à St Nazaire, on n'a pas entendu Mme Parisot crier au scandale. Qu'elle retourne à la machine à trouer les cartes IBM et laisse sa place à un industriel ; nous sommes submergés de diplômés des sciences molles à baver ci et là. Sortez l'IFOP du MEDEF, ça en devient ridicule.

S'il n'y avait qu'elle pour représenter les Nuls de France nous serions heureux, mais le dilettantisme s'acharne sur notre beau pays. Sans s'étendre sur le suicide collectif du grand syndicat politique populaire – ce scénario aurait été partout refusé comme invraisemblable - passons directement à la transition énergétique. Delphine Batho et ses six sages vont conduire le grand bavardage promis. Avec les 7 nains ç'aurait été plus marrant et Duflot en méchante sorcière. On va tableronder avec des associations de consommateurs (pour faire quoi ?), des organisations syndicales, des élus locaux, des parlementaires incontournables pour la télé, des industriels et aussi des ONG ayant la fibre écologique. Greenpeace boude parce qu'ils ne sont pas chefs de table. Plusieurs mois de débats à bailler, puis à la fin, une grande loi de programmation pour 2013-3013. Au menu, le gaz de schiste de M. Montebourg (décidément!), les centrales nucléaires et l'EPR, les ventilateurs à courant qui coûtent plus cher qu'ils ne produisent, et l'énergie solaire de l'empire pharaonique revenu.
Toutes les énergies renouvelables abordées ont un bilan énergétique inversé, aucune ne produira jamais assez de courant pour effacer l'empreinte laissée par sa fabrication, son installation et son entretien. Sans subventions, tout s'écroule. Or, à quoi se résumeront ces « travaux » ? A calculer au plus juste les subventions exigées par les Diafoirus des ligues vertes, dans un pays en phase de récession confirmée, croulant sous les dettes et fabriquant des déficits comme un cancer des métastases.

une microcentrale sur la Loire
On ne peut pas être contre une réflexion générale sur l'énergie, mais au moins devrait-elle partir sur des fondamentaux sains. Aucune énergie renouvelable sauf l'hydroélectricité n'est capable de servir l'industrie de puissance. Dont acte. Préservons donc notre parc nucléaire. Regardons plutôt du côté des ménages. Il y a certainement quelque chose d'intelligent à faire au niveau de l'habitat individuel (parce qu'il maîtrise le mieux ses consommations). Trois sources d'énergie alternative existent : l'éolien, le solaire, les micro-centrales au fil de l'eau. Couplés au réseau non pour le fournir, ce qui est proprement stupide, mais pour suppléer aux insuffisances temporaires, ces dispositifs conduisent leurs utilisateurs à une certaine autarcie, et donc les responsabilisent. Carrément répréhensible pour un Etat aussi « organisé » que le nôtre et qui a l'ambition de s'occuper de tout, du berceau à la tombe. Casser le monopole de l'EDF c'est donner les clefs de la liberté. Il n'y a plus qu'à forer jusqu'à la nappe phréatique pour s'affranchir du réseau d'eau et demander l'indépendance quant à y être. Impensable en pays jacobin. Voudrait-on aussi qu'un jour les gens pensent par eux-mêmes, télé coupée ? Rassurez-moi ! Il est interdit d'être intelligent, ça pourrait déteindre ! Que deviendrait l'élite ?


mercredi 21 novembre 2012

Areva ==> Chine, danger !

C'est à juste raison que les syndicats du groupe français Areva redoutent leur submersion par la China Guangdong Nuclear Power Holding Co. Ltd. Selon Challenges, le protocole d'accord préliminaire entre cette entité publique chinoise, qui exploite déjà des réacteurs français, et les groupes EDF et Areva prévoit des transferts de savoir-faire des segments chauds, puisque c'est ce qui intéresse d'abord les patrons chinois. La chaudronnerie et le béton nucléaires, ils connaissent.
Sauf si le réacteur de troisième génération dont la technologie sera transférée était construit sous licence domestique exclusive de territoires extérieurs (voir ci-dessous l'état du marché), il est presque sûr que nous nous trouverons dans dix ou quinze ans en concurrence avec des sociétés nucléaires chinoises dans les appels d'offres internationaux émis par l'Amérique latine, l'Afrique, voire même dans la zone OCDE, comme on l'a vu déjà sur le Golfe persique avec les Sud-coréens. Nonobstant le fait que d'autres peuvent aussi leur transférer de la technologie chaude, et sans tenir compte d'un lâchage d'EDF de l'industrie française faisant avec CGNPC le coup de Serge Tchuruk chez Alcatel, qui décida d'expatrier toute la fabrication. Des détails indispensables dans La Tribune du 29/05/2012 (Marie-Caroline Lopez).

AP1000 n°1 de Sanmen
Certes, le marché domestique chinois est énorme, à la hauteur des besoins exprimés et anticipés par la deuxième économie mondiale, et n'en déplaise à nos écologistes de croisière, l'énergie nucléaire est la seule à relever le défi. Ce qui n'empêche nullement les pays des piémonts himalayens d'équiper leurs pentes de centrales hydrauliques et de couvrir leurs déserts de fermes solaires, mais ça ne suffit pas. Au plan stratégique - vu que les questions de terreur atomique sont déjà actées pour la Chine et l'Inde - la future production nucléaire d'électricité soulagera la demande excédentaire sur les autres sources d'énergie et contribuera fortement à la réduction de la pollution atmosphérique de ces empires à charbon.
En 2007, un contrat a été signé entre Areva et la CGNPC pour deux EPR à la centrale de Taishan. Mais à la centrale de Xianning, CGNPC construira deux réacteurs AP1000 de Toshiba-Westinghouse (génération III+) avec un fort coefficient d'intégration locale. Quatre AP1000 sont déjà en construction à Sanmen et Haiyang pour CNNC et CPI respectivement (deux autres sociétés chinoises). Au moins huit autres AP1000 sur quatre sites suivront ; et derrière eux s'en planifient trente de plus, en améliorant chaque fois le coefficient d'intégration.
Les Chinois jouent à la perfection des attentes concurrentes de leurs partenaires obligés, surtout quand l'un d'eux est sensiblement en désordre. Il s'agit bien sûr du club infernal EDF-GDF-Suez-Areva-Vinci qui a fait des "étincelles" à Abou-Dhabi.

Dans dix ou quinze ans, M. Montebourg ne sera plus aux affaires, aussi la perte d'avantage de la filière française et le contrecoup submersif attendu ne l'empêchent-ils pas de dormir, puisqu'on ne l'entend pas sur ce dossier qui est en négociation depuis un an, nous dit le président d'Areva, Luc Oursel. C'est qu'à sa décharge, il vient de se faire larguer par sa copine qui ne le supporte plus après tant d'années de lutte pour l'indépendance. Il doit ranger le désordre de son coeur. A moins que dans ce dossier comme dans celui de Peugeot, d'Arcelor-Mittal ou de Sanofi, M. Montebourg, qui ferait un mauvais coiffeur, n'y comprenne toujours rien.

La France dispose encore d'atouts, avant qu'elle n'en crée d'autres par la recherche fondamentale et appliquée indispensable à notre survie, et parmi ces atouts - aéronautique, astronautique, missiles, ferroviaire, agro-alimentaire, luxe, télécoms, biochimie, bancassurance... - il y a la technologie nucléaire "maison" qui affronte les meilleurs. C'est un diamant plus gros que le Youkounkoun. Parler de patriotisme industriel et laisser négocier pareils échanges sans contrôle d'une intelligence supérieure serait stupéfiant. Malheureusement c'est déjà arrivé !

un EPR de Flamanville



Sans préjuger des réponses adroites que la direction d'Areva prépare, je conseillerais humblement aux délégués syndicaux de l'assigner en justice immédiatement en déposant un recours en référé devant le Tribunal de grande instance de Paris, parce que les textes officiels sont toujours en retard sur les décisions verbales actées dans des memorandum of understanding séparés, établis au fil des négociations. Faudra-t-il encore comprendre le texte du protocole actuel qui peut être limpide, ou réserver les précisions "ennuyeuses" dans des annexes pas toujours disponibles ou finies. C'est un travail de professionnel des contrats d'ingénierie. Si les Chinois négocient le transfert de l'EPR depuis un an, les syndicats sont déjà en retard, pour ne parler que d'eux. Le ministère en remorque de la bandaison industrielle, c'est sans intérêt ! Sur les quinze réacteurs en production en Chine, six sont français (source AIEA compilée Wiki pour la suite).

lundi 19 novembre 2012

GIs de France

Le reportage de Canal+ sur les Zids annoncé par le site Nissa Rebella est passé dimanche midi dans le segment du "Supplément" dirigé de main de maître par Maïtena Biraben. On se doute un peu qu'il n'y a pas d'empathie entre eux et les journalistes de Canal+, ce qui se fait de plus formaté sur la planète Médias ; néanmoins 8 minutes et 17 secondes in situ ont été diffusées, reprenant les déclarations des militants sans hachage grossier et ces jeunes gens ont dit ce qu'ils avaient sur le coeur. Pour fermer le sujet, fut appelé sur le plateau M. Martin Weill, reporter en hijab qui a fait son coming out. Il a pris 1 minute et 9 sec à démonter toute sympathie malencontreuse qu'aurait suscité son travail, en débinant le groupe observé, supplétifs bannis du Front mariniste, et incidemment en réduisant à rien la petite agence Novopress qui bien sûr parle d'eux plus souvent que ne le font les grandes. Malgré l'ostracisme dont font preuve les journalistes diplômés à son endroit, la pseudo-agence Novopress a fait son trou dans la sphère médiatique de réinformation et elle est citée souvent car elle brasse beaucoup de matériau sur le bon axe.

Après le chahut de la mosquée de Poitiers, Poitiers qui reste quand même un symbole pour tous ceux qui ont usé leur patience en classe d'histoire non expurgée, le reportage adroitement reçu par les Zids niçois et honnêtement monté par les studios de Canal, a montré un certain savoir-faire en communication dont on peut s'inspirer. Les suites données à l'affaire de Poitiers par un pouvoir pavlovien antiraciste peuvent, malgré le déroulement pacifique de la manifestation, aboutir à quelques incarcérations qui ne manqueront pas de surprendre nos voisins de plus en plus étonnés de ce qu'ils découvrent ici derrière la gastronomie et les cosmétiques de luxe. Il suffira à la Chancellerie de bien choisir la procédure et d'éviter les Pieds nickelés comme dans celle de Tarnac. S'il se trouve un juge pour envoyer ces garçons en prison dans un procès carrément politique, souhaitons que le confinement soit propice à l'édification de leurs compagnons de cellule quant à la fierté d'être soi-même, entièrement et sans complexes. Ces quelques semaines désagréables ne seront alors pas perdues.

Nous allons maintenant laisser la parole à Arnaud Delrieux qui s'exprimait à la Convention identitaire 2012 à Orange.


Il y a deux semaines, Génération Identitaire occupait le toit de la future mosquée de Poitiers.
Il y a deux semaines, les médias et le gouvernement socialiste étaient pris de panique à l’idée de ne pas pouvoir maîtriser l’ensemble du débat politique français.
Il y a deux semaines, Génération Identitaire faisait une entrée fracassante dans la vie politique française.
Depuis deux semaines, les reportages sur notre mouvement vont bon train. Tout le monde y va de son analyse, de son commentaire.
Qu’est-ce que Génération Identitaire ? C’est de cela dont je vais vous parler maintenant.
Génération Identitaire est née de la volonté de doter les jeunes activistes identitaires, jusque là organisés au sein du réseau de l’Autre Jeunesse, d’un outil unifié sur le plan national. Même nom, même couleur, mêmes méthodes. Cela va nous permettre de renforcer notre influence, et de bénéficier d’une vraie dynamique nationale. Pilier de l’activité du mouvement identitaire dans son ensemble, la jeunesse a trouvé l’outil adapté pour faire entendre pleinement sa voix.
Génération Identitaire est plus qu’un simple mouvement politique. Génération Identitaire est une communauté de combat au service de la défense de notre identité, par la Reconquête.
Une communauté, car ses membres sont animés par une forte volonté d’entraide et de solidarité, qui ont généralement déserté notre société actuelle. Une communauté, car nous sommes conscients que notre destin est étroitement lié à notre capacité à gagner le combat politique que nous avons engagé. Une communauté dont le but est d’éveiller les nôtres, et de les guider vers la Reconquête, avant qu’il ne soit trop tard.
S'habiller boutique, c'est chez GI :)
Une communauté de combat, car pour nous la vie est un combat. Nous sommes la première génération à avoir été livrée à elle-même dans nos banlieues, gangrenées par la racaille et le racisme anti-blanc. Nous avons également constaté que la justice ne nous ferait pas de cadeau. Elle a assigné nos porte-parole à résidence, allant même jusqu’à leur interdire toutes participations à des activités politiques identitaires. Belle leçon de démocratie.
L’action politique au service de la Reconquête est un combat. C’est la raison pour laquelle, dès septembre, nous avons déclaré la guerre à nos élites politiques qui, depuis 30 ans, œuvrent à la destruction de notre identité.
Notre ambition est de faire de Génération Identitaire un mouvement majoritaire auprès des jeunes français. Majoritaire car nous savons que nos idées sont dans toutes les têtes. Nous savons que les questions d’immigration et d’islamisation sont des sujets de préoccupations légitimes pour les jeunes. Un récent sondage indique que 76% des français pensent que l’Islam est une menace, et 56% pensent qu’il y a trop d’immigration en France. Cela prouve bien l’importance et la légitimité de notre combat.
Génération Identitaire est le porte-parole de la jeunesse qui résiste face à l’invasion, alors que les politiques n’en ont que pour les néo-français et les racailles, auxquels on réserve les emplois d’avenir.
Pour doter la jeunesse d’un vrai mouvement politique efficace, Génération Identitaire ne se posera aucune limite. Le combat pour la Reconquête est partout, et nous voulons être partout maîtres chez nous. C’est la raison pour laquelle, en plus du militantisme classique dans la rue ou dans nos maisons de l’identité, nous investirons le combat culturel à travers la musique ou le sport. Nous serons également présents dans les facs et dans les lycées. Je peux d’ores et déjà vous annoncer que nous aurons prochainement des élus dans le milieu universitaire.
Depuis l’occupation symbolique du chantier de la mosquée de Poitiers, notre secrétariat est submergé de demandes d’adhésions. Notre mouvement se développe. La jeunesse attendait un signal fort, et elle l’a eu.
Communauté de combat, optique majoritaire, Génération Identitaire est également force de proposition. L’exemple de la mosquée de Poitiers en est le révélateur. Jamais la proposition d’organiser un référendum n’aura suscité autant de réactions.
L’une de nos grandes forces a été, en plus d’imposer les thèmes du débat (l’islamisation et l’immigration), d’imposer les termes du débat, chose beaucoup plus difficile. En règle générale, les débats sur l’immigration sont menés avec les termes suivants: « intégration », « diversité », « tolérance ». Grâce à notre action, pour la première fois en France, le débat sur l’immigration a été traité avec un vocabulaire favorable aux Français: «Reconquête», «Charles Martel», «732». Quelle bouffée d’air frais, et quel revers pour les médias adeptes de la désinformation.
Il est certain qu’avec ce gouvernement anti-identitaire, nous aurons de nombreuses autres occasions d’être une force de proposition. L’emploi des jeunes, la législation sur la consommation de drogues, le mariage, la famille, sont également des sujets sur lesquels nous nous sentons le devoir d’intervenir. Génération Identitaire est le bouclier des jeunes en faveur de la promotion d’un mode de vie identitaire et enraciné.
Je vous parlais tout à l’heure de «communauté de combat». Je vais donc appeler tous les membres de cette communauté de combat, qui étaient présents sur le toit de la future mosquée de Poitiers à me rejoindre sur la scène. Je vous demande de leur faire l’ovation qu’ils méritent. Nous avons également une forte pensée pour nos quatre camarades que le système a décidé de cibler: Alban, Benoit, Julien, Maxime. Leur contrôle judiciaire leur interdisant de sortir de leur département, de rentrer en contact avec nous et de participer à n’importe quel évènement identitaire, est la cause de leur absence. Néanmoins, nous savons qu’ils sont ici avec nous par la pensée.

Nous sommes la Génération Identitaire. Nous sommes de cette génération à qui l’on a tout volé: mémoire, fierté, courage. Contrairement à certains de nos concitoyens, nous avons fait le choix de ne plus reculer. Nous avons fait le choix du sursaut, du réveil. Nous avons retrouvé la mémoire de notre passé, et donc la possibilité d’un avenir, conscient que l’homme du futur est celui qui aura la plus longue mémoire.
Nous avons réactualisé nos modèles. Les valeureux guerriers des Thermopyles, ceux de Poitiers en 732, ceux des remparts de Vienne ou encore les héros de la Sainte Ligue lors de la bataille de Lépante sont nos références.
Nous avons fait le choix de la Reconquête de notre identité, et de déclarer la guerre à ses ennemis. À l’immigration-invasion, et aux lobbys de la guerre culturelle qui nous est déclarée, nous disons ceci : assez de soumissions, assez de compromissions.
Nous sommes conscients de nous engager dans un combat à mort. Le mondialisme tuera l’identité, ou l’identité tuera le mondialisme. Il n’y a pas d’autres issue possible.
J’appelle donc tous les jeunes français et européens de moins de 25 ans à nous rejoindre. Nous avons le courage des résistants, et l’insouciance de la jeunesse. L’engagement militant est l’une des dernières aventures qui vaille vraiment la peine d’être vécu aujourd’hui.
Ensemble vers la Reconquête de notre identité, de nos patries, de nos vies.
Ensemble, déclarons la guerre à nos élites politiques soumises. Nous pouvons sereinement leur dire: Nous sommes demain, vous êtes hier: nous sommes la Génération Identitaire.
Merci.
Arnaud Delrieux

Le Piéton du Roi signale le Projet Apache des Zids franciliens. Certains royalistes, sans doute fatigués des disputes dynastiques stériles entre chapelains, ont jeté la perruque poudrée et rejoint les rangs des GIs pour embrasser une stratégie de lutte nationale qu'ils n'ont pas trouvée dans nos structures vieillissantes. Les GIs ont des résultats, leurs chefs y veillent, qui se savent jugés par leur troupes dont ils tirent leur seule légitimité.

Extrait du Qui-sommes-nous de Génération Identitaire :
« Chez nous, la jeunesse commande à la jeunesse. Nous sommes des camarades, des amis, des frères, un clan. Plus qu’un mouvement de jeunesse, nous sommes la jeunesse en mouvement. »







mercredi 7 novembre 2012

Onze novembre pacifique


La Grande Guerre inexorablement s'estompe dans la mémoire populaire, plus personne sur terre ne l'ayant faite. Si elle reste exemplaire en termes de vaillance, courage, abnégation, sens du sacrifice de tous nos soldats, ses motifs sont forcément anachroniques et la manière de conduire le combat en consommant les effectifs comme du bois de chauffe, répréhensible. Ce n'est pas sans conséquences pour l'avenir du pays qu'un million et demi de Français dans la force de l'âge ait été couché dans des fosses impeccablement alignées. Ils nous ont bien manqué ensuite. Cette année, nous irons au bout du monde pour vous narrer LA Bataille de Tahiti. Mais si !

Destructions à Papeete (1914)

Août 14, la fumée du grand croiseur Montcalm avait passé l'horizon, emmenant à son bord tant d'amours brisées et de verre pilé à pisser bientôt, que les vahinés remontaient déjà vers les cases en pleurant leur marin-menteur. La mobilisation générale avait été annoncée le 1er août par le capitaine de vaisseau Louis-Gabriel Viaux, quand la Zélée¹ au mouillage de Raiatea leva l'ancre pour rentrer à sa base de Papeete. Informée de la déclaration de guerre, elle captura en route le cargo allemand Walküre qui avait fait des phosphates à Makatea (Tuamotu).
A peine avait-il jeté l'ancre, Destremau, commandant la Zélée, apprit que l'escadre du Kaiser venait sur lui. Il faut dire que Papeete était un port de charbonnage important sur la ligne du tropique avec 5000 tonnes de soutes de la meilleure qualité, du cardiff. Le vice-amiral von Spee emmenait deux croiseurs cuirassés récents, le Scharnhorst et le Gneisenau, le croiseur rapide Nürnberg, deux croiseurs auxiliaires (Leipzig, Dresden) et huit charbonniers car le charbon était vital sur un aussi vaste océan. Que faisait l'Allemagne si loin de ses bases ? Pas si loin, nous dit Mme Boubin-Boyer !

La Zélée ramenant le SS Walküre

« L’Allemagne possède la partie nord-est de la Nouvelle-Guinée et des archipels situés au nord-est depuis l’archipel Bismarck jusqu’à Bougainville et Buka. Son objectif est de créer un puissant empire colonial en direction de l'Extrême-Orient via l’enclave de Kiao Tchéou en Chine, riche en marchés potentiels pour l’économie allemande. La révolte des Boxers(1895-1900) en Chine a permis à l'empire allemand de prendre à bail la grande baie de Kiao-Tchéou et d'y installer une grande base économique, défendue par la base maritime de TsingTao ; les Allemands ont eu ainsi, à partir d'un territoire peuplé et riche, la possibilité de prendre pied en Extrême-Orient. En Micronésie, l’Allemagne possède les archipels des Mariannes, des Carolines, des Marshall, de Palau, de Nauru, et aux Samoa, les îles Upolu et Savai’i. Un maillage du Pacifique est réalisé par les colonies allemandes et la flotte marchande. Une flotte commerciale agressive fonctionnant parfois à perte, transporte le nickel de Nouvelle-Calédonie, les produits agricoles et des cultures spéculatives comme le coprah. Les capitalistes allemands ne réinvestissent pas leurs bénéfices dans les colonies. Les Allemands manifestent des égards envers certains indigènes et respectent leurs coutumes : ainsi, les indigènes samoans sont des hommes à part entière et sont représentés au conseil de gouvernement. Les Allemands adoptent souvent le mode de vie océanien. On ne trouve pas ou peu de missionnaires. Les colonies allemandes n’ont pas de système de défense par mer ou par terre, pas de troupes militaires ni de bases navales installées. Sous le commandement de l’amiral Von Spee [ndlr : vice-amiral], la flotte allemande du Pacifique est basée à TsingTao, elle fait des visites de courtoisie dans les colonies allemandes. Ce qui fait la force des Allemands dans le Pacifique est leur réseau de TSF déjà réalisé ou en projet : la plupart des navires de guerre et marchands en sont équipés, l’équipement radiotélégraphique des possessions allemandes est en bonne voie » (source).


SMS Scharnhorst

Le lieutenant de vaisseau Destremau compte qu'il lui reste cinq jours avant le choc à 1 contre 100, dans un port désarmé par la langueur des tropiques, la batterie de protection de la passe édifiée en 1880 ayant été bouffée littéralement par la végétation luxuriante. Cinq jours ? Cette race française, capable du pire en surnombre et du meilleur avec sa bite et un couteau, ne se rend pas sans combattre. Les cadres de l'administration civile, n'écoutant que leur courage qui ne leur dit rien, ramassent leurs cliques et leur diplôme de l'Ecole coloniale soigneusement roulé, puis disparaissent.
Destremau est de ces officiers qui prennent réellement possession de leur poste au sens qu'ils en font leur chose personnelle, pour la défendre jusqu'au bout par l'impossible auquel nul n'est tenu sauf eux. Libre de décider seul, il fait monter l'artillerie embarquée de la Zélée au vieux fort par des géants tahitiens au prix d'un labeur surhumain. Il a maintenant 1 pièce de 100 et 4 de 65 bien placées. 
De quoi mourir dans l'honneur, et merde !
 

Canon de la Zélée en souvenir

Le 22 septembre, Maximilian von Spee se présente à 2000 mètres de la barrière de corail pour se prendre trois salves de la batterie du vieux fort. Etonné, car un gendarme de Bora Bora, le croyant anglais, lui avait dit que Papeete n'avait aucun moyen de défense (sissi, "ils" osent tout), il tire dans la forêt afin de chauffer ses fûts puis se retire pour se ranger en ordre de bataille. Confiant dans ses pièces de 210, il revient plus menaçant, et s'apprête à pulvériser le fort quand il voit un cargo sabordé devant le poste charbonnier, et le stock de cardiff en feu. Schweinisch Franzosen ! C'est le vapeur Walküre qui n'a pu être tiré jusqu'à la passe pour l'obstruer que Destremau a coulé bas. Rien ne va normalement pour von Spee, la batterie du fort ne l'allume pas, rien ne bouge, il comprend subitement que le chenal a tout simplement été miné et qu'il va perdre un de ses bateaux pour rien, qui lui bloquera l'accès, en plus.
Destremau avait eu la juste intuition en ne dévoilant pas le faible calibre de ses pièces, se taisant comme la murène guettant l'imprudent et laissant l'imagination faire le reste. De rage, von Spee, amiral bien peu chevaleresque, tirera alors 48 obus sur la ville qui brûlera sur un bon tiers - tout le quartier commercial entre le front de mer et la cathédrale sera entièrement détruit - et par un 49ème, il coulera la Zélée à quai (compilation de Farrère et Chack les maudits).

Maxime Destremau
L'intelligence du lieutenant de vaisseau Maxime Destremau sauvera le point de charbonnage essentiel de Papeete, ce qui ne sera pas sans conséquence sur la suite de cette première guerre du Pacifique.
A l'âge de 40 ans, il mourra à Toulon en mars 1915, non sans avoir essuyé les critiques des pleutres de l'administration de Tahiti qui avaient voulu se rendre pour épargner la ville (déjà !). Il seront soutenus par l'amiral de Nouméa qui ne digérait pas d'avoir été mis en marge de cette glorieuse page d'histoire. 
A cause d'eux, Destremau n'aura sa rosette de la Légion d'honneur qu'en mars 1919, à titre posthume, avec une belle citation de l'amiral Ferdinand De Bon qui avait insisté: « Monsieur le lieutenant de vaisseau Destremau, commandant la défense de Tahiti a su, malgré le peu de concours des autorités locales, organiser la défense de l’île de manière à empêcher le Scharnhorst et le Gneisenau de s’en emparer.»

 
Les affaires étant lancées, Nouméa devint centre de recrutement pour tout le Pacifique. La colonie lèvera et formera deux unités coloniales avec des recrues calédoniennes, canaques, wallisiennes, néo-hébridaises, tahitiennes, tonkinoises, annamites, cochinchinoises, et cent Japonais enrôlés dans la Légion étrangère ! C'est le Bataillon mixte du Pacifique (son recrutement sur Grande Terre favorisa le déclenchement de la révolte de 1917) et le Bataillon d’Infanterie coloniale de la Nouvelle-Calédonie qui enverront des renforts aux divisions coloniales des fronts de la Somme et de l'Artois.
Un travail précieux a été compilé par le vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie sur la guerre de 14-18 et mis en ligne ici.


Epilogue

Les deux fleurons de la flotte impériale allemande, Scharnhorst et Gneisenau, seront coulés aux Falklands le 9 décembre 1914 par les Anglais avec deux de leurs croiseurs d'escorte, le Nürnberg et le Leipzig. Le calibre 305 de l'Amirauté britannique ne faisant pas de cadeaux, les Allemands laisseront 1800 marins et leur amiral dans cette bataille navale. Au départ, c'est l'obligation pour Maximilian von Spee de faire ses soutes à Port Stanley avant de remonter vers l'Atlantique-nord qui sera le point de rendez-vous fortuit aux Malouines, surprenant les deux escadres qui jouaient au chat et à la souris depuis la bataille de Coronel (Chili).

Le commandant Destremau a sa rue à Papeete. Sa fille Noëlle, agrégée d'histoire, est décédée au début de cette année en Haute Saône à l'âge de 101 ans. On lui doit plusieurs ouvrages² sur la période qui va de la Révolution à l'Usurpation.


Notes
(1) La Zélée était une canonnière de 680T (1899) en service dans les EFO avec 7 officiers, 97 hommes d'équipage pour une dépense moyenne annuelle de 250810 francs. Elle était armée de 2 affûts de 100, 4 de 65 et 4 de 37. Avec l'aviso Le Kersaint, elle était affectée à la police de la Polynésie, réelle gageure car c'était deux vieux navires lents dont le remplacement ne se faisait pas faute de moyens.
la Zélée

(2) Ouvrages de N. Destremau :
  • Martin le visionnaire et Marie-Caroline duchesse de Berry (NEL 2002)
  • La chapelle expiatoire et le cimetière de la Madeleine (2002)
  • La guerre de Vendée de la duchesse de Berry (2000)
  • Le baron de Batz : Un étonnant conspirateur (1999)
  • Le chevalier de Charette et l'épopée vendéenne (1997)
  • Adrienne de la Fayette : L'héroïsme de l'amour conjugal (1996)
  • Antoine et Marie-Jeanne Simon : Les instituteurs du petit roi Louis XVII (1995)
  • Madame Royale et son mystère (NEL 1991)
  • Le duc d'Enghien "erreur politique ou assassinat ?" suivi de "La vie de Louise Adélaïde de Bourbon Condé" (1990)
  • Varennes en Argonne (NEL 1987)
  • Une soeur de Louis XVI, madame Elizabeth (NEL 1983)
  • Trois journées pour détruire la monarchie (NEL 1968)




COMMUNIQUE ACTION FRANCAISE


Dimanche 11 novembre à 19h30, la jeunesse française, réunie autour de l'Association des anciens du 11 novembre 1940, déposera une gerbe sous la plaque commémorative, sise en haut des Champs-Elysées (face à l'Arc, trottoir de droite après la bouche de métro Etoile, la plaque bleue est scellée dans le mur).

PLUS NOUS SERONS NOMBREUX, PLUS NOUS NOUS MONTRERONS DIGNES DE NOS AÎNÉS ET RAPPELLERONS QUE LA PREMIÈRE DES LIBERTÉS EST L’INDÉPENDANCE DE LA PATRIE.



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